Mushoku Tensei (LN) – Tome 8 – Chapitre 3 – Partie 1

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Chapitre 3 : Premier jour d’école

Partie 1

L’Université de Magie de Ranoa était la plus grande école de magie du monde. Elle occupait un vaste terrain et était parrainée par trois pays distincts ainsi que par la Guilde des Magiciens. Le directeur actuel était l’un des plus hauts responsables de la Guilde des Magiciens. C’était le magicien Georg, mage de vent de niveau Roi. Le corps étudiant comptait plus de dix mille membres, et de nombreux professeurs étaient employés par l’université.

Et malgré son nom « Université de Magie », on pouvait y apprendre une foule de choses différentes.

Les étudiants étaient accueillis sans discrimination de race, cela incluait les démons, qui étaient encore profondément ostracisés par la foi de Millis, ou les hommes bêtes, qui avaient tendance à être isolationnistes. Ils acceptaient même les membres de la royauté qui avaient été chassées de leur pays en raison de conflits de pouvoir, ou les enfants nobles qui naissaient maudits. Si vous aviez du mana et pouviez faire de la magie, vous pouviez vous inscrire, quel que soit votre historique.

D’après ce que j’avais entendu, cette politique avait suscité une certaine opposition, mais seul le royaume d’Asura pouvait s’opposer à la puissance unie de l’alliance et de la guilde des magiciens. Ce dernier avait investi des sommes considérables dans la guilde des magiciens elle-même.

Soit dit en passant, une certaine secte du pays saint de Millis — les Chevaliers du Temple, comme on les appelait — s’était positionnée en opposant à l’université et à tout ce qu’elle représentait. Cependant, étant donné qu’ils se trouvaient à l’autre bout du monde, il semblerait qu’ils ne s’en souciaient pas assez pour déclencher une guerre à ce sujet.

Le cursus universitaire était de sept ans. Et comme on pouvait passer deux fois une année à l’étranger, on pouvait faire au maximum neuf ans d’étude. Si vous deveniez un chercheur affilié à la Guilde des Magiciens, vous pouviez continuer à utiliser les équipements de l’université après l’obtention de votre diplôme.

L’école disposait d’un immense dortoir de cinq étages, mais y loger n’était pas obligatoire. Ceux qui avaient une maison en ville faisaient la navette entre leur domicile et l’école. Cependant, la plupart des étudiants vivaient dans le dortoir.

Une chambre m’avait été préparée. C’était un simple espace d’environ vingt tatamis de large, avec un lit superposé. Il y avait également une table et une chaise. En général, deux étudiants partageaient une chambre, mais les étudiants spéciaux vivaient seuls. Je pouvais demander un colocataire si je voulais, mais je m’étais opposé à cette idée. Je n’étais pas venu ici pour me faire des amis.

Apparemment, vous pouviez aussi payer pour être transféré dans une chambre exclusive pour les nobles, qui était plus spacieuse et plus sûre. Mais ce n’était pas quelque chose dont j’avais besoin pour l’instant, étant donné que je n’étais pas visé par des assassins pour le moment.

Les toilettes étaient dans le couloir. Étonnamment, elle était équipée d’une chasse d’eau. Certes, ce n’était pas comme si vous pouviez tirer un levier et whoosh ! Il y avait une cruche d’eau à côté et vous deviez en verser pour faire une chasse d’eau manuelle, qui envoyait la merde jusqu’aux égouts. Bien sûr, des étudiants comme moi étaient encouragés à utiliser la magie de l’eau pour la faire descendre. Sur ce point, la tâche de remplir la cruche d’eau revenait à la personne de service, mais en tant qu’étudiant spécial, j’en étais exempté.

Des uniformes étaient également fournis. Les hommes recevaient un costume tandis que les femmes recevaient ce qui ressemblait à un blazer et une jupe. Honnêtement, j’avais trouvé les motifs assez mignons. Il devait y avoir des shorts de sport pour les vêtements d’exercice, non ? C’était ce qu’on pourrait croire, mais malheureusement, il n’y avait que des robes. L’école ne les fournissait pas, et ne précisait aucune restriction ou préférence. Les étudiants qui n’avaient pas encore leur propre robe avaient probablement acheté ce qu’ils voulaient. J’avais la robe que je portais depuis un certain temps déjà, je n’avais donc pas besoin d’en acheter une autre.

« Eh bien, est-ce que ça me va bien ? »

Elinalise, dans sa nouvelle tenue d’école, était en train de poser pour moi. La forme de ses cheveux en rouleaux lustrés donnait à la robe qu’elle portait une allure plus cosplay, mais l’uniforme lui allait bien en fait.

Cela me faisait penser à du cosplay car je connaissais son vrai caractère.

« Si tu relèves la jupe et la raccourcis un peu, tu aurais peut-être plus de facilité à attraper les hommes. Assure-toi qu’elle soit juste assez longue pour qu’ils puissent presque voir ta culotte. »

Elinalise me regarda comme si j’étais un génie.

« Mais n’aurais-je pas un peu froid comme ça ? », demande-t-elle.

« Mets des collants à hauteur de cuisse et ça devrait aller, non ? »

« Je vois. J’aurais dû m’attendre à autant de ta part, Rudeus. Tu es un génie. »

Elinalise suivit mon conseil et plia sa jupe comme une lycéenne. Puis elle remonta la taille jusqu’à ce qu’on puisse presque apercevoir ses sous-vêtements fantaisistes.

Hmm… oui, une culotte sexy comme ça ne va pas avec un uniforme, avais-je décidé.

◇ ◇ ◇

Nous nous étions rendus à la cérémonie d’ouverture, qui était apparemment un rituel dans cette école. Les nouveaux élèves de l’année avaient été rassemblés dans la cour froide. Une fille semblait s’ennuyer toute seule, tandis qu’un autre garçon écoutait attentivement le discours du directeur. Des connaissances s’étaient rassemblées en vrac et certains bavardaient même sans rien faire. Personne n’était aligné de manière ordonnée. S’il s’agissait d’une école japonaise, le professeur d’orientation civique leur crierait sans doute dessus.

Le directeur se tenait devant notre groupe hétéroclite, au sommet d’un podium construit en briques résistantes à la magie, et prononçait son discours.

« Mesdames et Messieurs, de nombreuses lunes sont passées depuis que ceux que l’on appelle les magiciens ont été considérés comme inférieurs aux épéistes. Il est vrai que les styles de maniement de l’épée créés par les dieux de l’épée sont suprêmes. Néanmoins, la magie est tout aussi inégalable ! Après tout, l’art du sabre n’est rien d’autre qu’un outil avec lequel on peut tuer. La magie est différente. La magie a un avenir ! Nous allons reprendre ce que nous avons perdu, et le combiner avec les styles d’incantation actuels pour faire naître un nouveau… »

Je me tenais tranquillement aux côtés d’Elinalise. Le sermon du directeur était aussi long dans ce monde que dans le mien, mais celui-ci était plus tolérable. Peut-être parce que son discours débordait de passion pour la magie !

… Non, ce n’était pas ça. C’était parce que c’était hilarant de le voir essayer frénétiquement de retenir la perruque sur sa tête.

Elinalise surveillait la zone, évaluant les hommes qu’elle voyait. On aurait dit qu’elle avait du mal à décider avec qui commencer.

« C’est tout. Mesdames et messieurs, le chemin de la magie s’étend devant vous ! »

L’hymne de l’école n’avait pas été chanté. De toute façon, l’école n’avait pas d’hymne, malgré le fait que le pays avait le sien.

« Et maintenant, quelques mots pour les nouveaux élèves de la part du président du conseil des élèves. »

Sur les paroles du vice-principal, trois personnes, une fille et deux garçons étaient montés sur scène. Au premier plan, une jeune fille aux beaux cheveux dorés, aux longs cheveux soyeux et aux tresses tissées. Ses vêtements — un uniforme scolaire tout neuf — étaient les mêmes que les miens, mais même sa façon de marcher était pleine de grâce.

« Ô, mon Dieu, n’est-ce pas le gamin que tu as fait pleurer il n’y a pas si longtemps ? », me dit Elinalise.

À ses mots, j’avais regardé les deux garçons qui marchaient derrière la fille. L’un d’eux avait les cheveux blancs et des lunettes de soleil, Fitz. Il était sur ses gardes et surveillait les alentours alors qu’ils montaient sur scène. Et d’après ce que je voyais, je ne pensais pas qu’il avait pleuré quand je l’avais battu.

L’autre garçon était quelqu’un que je ne connaissais pas. Il semblait un peu plus âgé que moi. Avec ses cheveux bruns lissés vers l’arrière, il avait un regard frivole et une épée suspendue à son côté. Il n’avait pas l’air d’un magicien, et à en juger par la façon dont il se portait, c’était probablement un épéiste. La seule autre chose digne d’intérêt à son sujet était sa belle apparence.

D’ailleurs, d’après mes recherches, des traits bien définis, que je considérais comme beaux, étaient populaires dans les pays du continent central. Cela mis à part, ce type ressemblait un peu à Paul. Dans le même ordre d’idées, on me disait souvent que je n’étais pas si mal que ça, sauf quand je souriais. Et comme personne ne le complimentait, le seul sourire que je faisais était un faux.

Lorsque le trio était monté sur scène, la jeune foule qui nous entourait éclata en murmures.

« N’est-ce pas la princesse Ariel… »

« Alors celui-là doit être Fitz le Silencieux ! »

« Aaah, c’est le Seigneur Luc ! »

À en juger par les cris, ils étaient célèbres. Luc était probablement le sosie de Paul. Il leva la main pour leur faire signe de se calmer au moment où les filles l’acclamaient. Tch, et il avait un nom typique d’une star masculine du cinéma pour adultes.

« Mon Dieu, c’est un homme bien. »

Il semblerait qu’Elinalise ne savait pas non plus bien juger les gens.

« Silence ! La princesse Ariel a quelque chose à dire ! »

Sur l’ordre (vraisemblablement) de Luc, la clameur se tut. Impressionnant, vu qu’il n’avait pas utilisé de micro.

« Allez-y, Princesse Ariel. »

Elle attendit que les choses se tassent avant de venir sur le devant de la scène.

« Je m’appelle Ariel Anemoi Asura. Je suis la deuxième princesse du royaume d’Asura, et la présidente du conseil des étudiants de l’Université de Magie ! »

Sa voix retentit dans le silence. Mon esprit tremblait en entendant le son de sa voix. C’était probablement ce que les gens appelaient le charisme. Ce n’était pas seulement dû à sa voix forte et claire, mais aussi au fait que ces choses étaient agréables à écouter.

« Vous êtes tous réunis ici, venus du monde entier. Beaucoup d’entre vous ont des idées différentes des nôtres sur ce qui constitue la normalité. Cependant, ici, dans cette université, nous maintenons un sens de l’ordre qui diffère de vos lieux d’origine. »

Le reste de son discours portait principalement sur les règles de l’école, et se résumait au fait que même si les règles ici diffèrent de celles de votre pays d’origine, vous devez quand même les respecter. Mais il y avait quelque chose dans ses paroles qui s’enfonçaient dans votre âme et y restaient. Nous devons obéir aux règles, pensais-je.

Et cela n’avait rien à voir avec le fait que j’avais été japonais dans ma vie précédente. Je me sentais obligé de le faire parce que c’était elle qui le disait.

« Maintenant, j’espère que vous passerez tous un bon moment en tant qu’étudiants. »

Ariel avait conclu son discours par ces derniers mots et descendit de la scène.

À ce moment-là, je fus soudainement attiré par le regard de Fitz. Je n’aurais pas dû pouvoir dire qu’il me regardait à travers ses lunettes de soleil, mais j’en étais certain en raison de la force de son regard.

C’est mauvais. Je ferais mieux de me dépêcher et d’acheter ce gâteau.

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