Mushoku Tensei (LN) – Tome 6 – Chapitre 4 – Partie 1

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Chapitre 4 : Dieu n’était pas là

Partie 1

Aisha pleura pendant un certain temps après notre fuite, de gros sanglots secouant tout son corps. Elle s’était même pissée dessus. Je comprenais ce qu’elle ressentait. Si deux hommes effrayants avaient attrapé mon bras et m’avaient menacé, je tremblerais probablement aussi.

Mais pas suffisamment pour me pisser dessus.

Ces deux soldats étaient probablement plus courtois que la plupart des autres, mais cela avait dû être une expérience terrifiante pour un enfant de cinq ou six ans. Les écarts d’âge étaient d’autant plus prononcés que l’on était jeune, les lycéens pouvaient être aussi intimidants que les adultes pour les écoliers. Et c’était similaire pour les soldats envers les adultes.

Au moins, je voulais croire que c’était la raison pour laquelle elle pleurait et non le craquement de mes deux jambes lorsque nous avions atterri. J’avais rapidement utilisé la magie de guérison pour les soigner, mais cela avait fait très mal.

Actuellement, j’évitais de mentionner son petit accident en lavant silencieusement ses sous-vêtements. Nous étions de retour à l’auberge. Éris et Ruijerd étaient tous les deux partis quand nous étions revenus, et ils avaient dit qu’ils allaient partir à la chasse aux informations, donc ils ne reviendraient probablement pas avant le soir.

Il y avait quelques instants, Aisha avait enlevé sa petite tenue de femme de chambre ample. Une fois qu’elle avait retiré ses sous-vêtements bien trempés, je l’avais essuyée avec une serviette humide et lui avais donné une des chemises que je portais normalement.

Je m’étais retrouvé avec un seau en bois, du savon et une culotte de jeune fille. Mon ancien moi aurait été incroyablement excité par cette situation et l’objet que je tenais dans ma main. Je voulais dire, pensez-y. Dans le lit se trouvait une jeune fille en pleurs, vêtue seulement de mon t-shirt ample. Tout pervers qui se trouverait dans une telle situation serait excité, non ?

Oh, pourquoi ne lui avais-je pas donné des sous-vêtements propres à enfiler ? C’était évident, je n’en avais pas pour elle. Après tout, on m’avait donné pour instruction de ne jamais toucher la culotte d’Éris, et, quelle que soit l’urgence de la situation, je ne pouvais pas enfreindre ce qui était l’une des règles de base de Dead End. Rien que d’y penser me terrifiait.

Quoi qu’il en soit, revenons à nos moutons.

Mon cœur était aussi calme que la surface immobile d’un lac. Oubliez l’excitation, il n’y avait même pas une vague dans l’eau. Elle était aussi polie et immobile qu’un miroir. La seule chose qui me dérangeait était les sanglots sans fin d’Aisha. Étais-je devenu une sorte de saint homme alors que je n’y faisais pas attention ? Ou bien étais-je devenu si terrifié à l’idée d’attiser la colère d’Éris que mon monstre lubrique était désormais incapable de se battre ? Tu es bien là-dessous, n’est-ce pas, mon pote ?

Ces pensées troublantes me préoccupaient alors que je lavais et séchais la culotte en lin uni d’Aisha et son uniforme de domestique, qui semblaient tous deux être faits de matériaux de haute qualité. Je les avais remis à Aisha, qui avait finalement arrêté de pleurer à un moment donné, et elle les avait heureusement enfilés.

En y repensant, je n’avais jamais été intéressé par les seins de Zenith. Je ne m’étais pas beaucoup soucié du sexe ou de l’âge dans ma précédente incarnation, mais apparemment la famille de mon corps actuel était hors limites dans celle-ci. La vie était une chose mystérieuse.

♥♥♥

« Mon nom est Aisha Greyrat ! Merci beaucoup ! »

Vêtue de son uniforme de bonne, Aisha s’était inclinée devant moi. Sa queue de cheval se balançait avec le mouvement.

Les queues de cheval étaient vraiment étonnantes. Éris faisait parfois des queues de cheval, mais elle avait l’air d’une fille d’un club sportif. Aisha, en revanche, ressemblait davantage à une poupée incroyablement adorable. Mais ses yeux étaient injectés de sang, elle ressemblait peut-être plus à une poupée maudite ?

« Seigneur Chevalier, si vous ne m’aviez pas sauvée, ils m’auraient traîné là-bas ! »

Quand elle m’appela « Seigneur Chevalier », je m’étais souvenu que je m’étais présenté comme le Chevalier de la Lune Noire. De la sueur me coula dans le dos. Peut-être m’étais-je trop emporté dans ma conversation avec Éris. Quand j’avais pensé à la façon dont ce nom pourrait être utilisé pour se moquer de moi dans dix ans, j’avais un peu regretté de l’avoir utilisé.

« Vraiment, merci beaucoup. »

Elle s’était à nouveau inclinée profondément. Quel âge avait-elle, déjà, environ six ans ? Elle était bien élevée pour quelqu’un de si jeune.

« Vu que vous m’avez sauvée, je n’ai qu’une seule demande égoïste à vous faire ! »

« Laquelle. »

« S’il vous plaît, donnez-moi du papier et un crayon pour que je puisse écrire une lettre ! Et dites-moi aussi où se trouve la Guilde des Aventuriers ! J’apprécie votre aide. »

Une fois qu’elle eut fini de parler, Aisha baissa à nouveau la tête.

Au moins, elle savait comment dire « s’il vous plaît » quand elle demandait de l’aide. C’était une petite fille intelligente. Ah, c’est vrai, Paul avait mentionné quelque chose à propos du fait que Lilia donnait à Aisha une éducation extrarigoureuse.

« Est-ce tout ce dont tu as besoin ? As-tu de l’argent ? »

« Je n’ai pas d’argent ! »

« On ne t’a pas appris que tu avais besoin d’argent pour envoyer des lettres et acheter du papier et du crayon ? »

Il était essentiel d’enseigner aux enfants l’importance de l’argent dès leur plus jeune âge. Je doutais que Lilia puisse sauter quelque chose d’aussi important, même s’il y avait des choses qu’il ne fallait pas enseigner aux enfants avant qu’ils ne soient plus grands.

« Ma mère m’a appris que si une fille comme moi regarde quelqu’un avec un regard suppliant et dit : “Je veux envoyer une lettre à mon père”, alors je n’aurai pas à dépenser d’argent. »

Aha, Lilia, espèce de canaille. As-tu appris à ta fille à utiliser sa féminité comme une arme ? Quand j’avais réalisé cela, les manières d’Aisha me firent croire que tout cela était une mise en scène. Non, sérieusement, que lui apprenait Lilia ?

« J’essaie de contacter mon père depuis longtemps, mais les gens du château me disent non et ne me laissent pas envoyer de lettres ! »

J’avais déjà entendu dire que Lilia était détenue. Maintenant, je savais qu’ils ne la laissaient pas non plus ni elle ou Aisha, envoyer des lettres. Peut-être que les choses étaient assez graves ici. Quand l’Homme-Dieu m’avait dit que je devais les « sauver », j’avais soupçonné que Paul était cocu.

« Y a-t-il quelqu’un d’autre que ton père à qui tu pourrais demander de l’aide ? »

« Il n’y en a pas ! »

« Par exemple, quelqu’un que ta mère connaît, comme une fille un peu plus âgée que toi et qui a les cheveux bleus ? Ou, peut-être… un de tes frères ? » avais-je demandé avec une totale nonchalance.

Aisha fronça les sourcils. Mais pourquoi avait-elle un visage consterné ?

« J’ai un frère, mais… »

« Mais ? »

« Je ne peux pas lui demander de l’aide. »

Pourquoi cela!? Il est pourtant venu te sauver tout à l’heure.

« Est-ce que ça te dérange si je t’en demande les raisons ? »

« Mes raisons ! Bien sûr ! Ma mère m’a parlé de mon frère avec beaucoup de détails. »

« D’accord. »

Aisha continua.

« Mais je ne pouvais pas croire tout ça ! Le fait de pouvoir utiliser la magie de niveau intermédiaire à trois ans et devenir un magicien de l’eau de niveau Roi à cinq ans ? Et puis, en plus de tout ça, devenir précepteur de la fille du seigneur de la région ? Il n’y a rien de crédible à cela ! Elle ment, c’est sûr ! »

Je ne pouvais pas lui reprocher de penser cela.

« Mais peut-être que si tu le rencontres, tu verras que c’est vraiment un bon grand frère ? »

« C’est peu probable ! »

« Pourquoi ? »

« Ma mère avait cette petite boîte qu’elle chérissait, à la maison. Elle m’a toujours dit de ne pas y toucher, alors je lui ai demandé pourquoi. Apparemment, il y avait quelque chose de très important pour mon frère à l’intérieur. »

Une petite boîte… En y repensant, j’avais l’impression d’avoir déjà entendu quelque chose de similaire de la part de Paul.

Aisha continua. « Une fois, quand ma mère n’était pas là, j’ai jeté un coup d’œil en douce. Que pensez-vous qu’il y avait à l’intérieur !? »

« Je-je ne sais pas, quoi ? »

« Une culotte. Une culotte de fille. D’après mes calculs, une culotte de fille assez jeune, en plus. Pendant un moment, j’ai pensé que mon frère aîné était en fait une sœur, mais elles auraient été trop grandes pour elle. Il n’y avait donc qu’une seule personne à qui elles pouvaient appartenir, et c’était la tutrice de mon frère. Il n’avait que quatre ou cinq ans et il gardait déjà la culotte d’une fille plus âgée pour l’avenir. »

Des calculs ? Attends une seconde. Cette enfant était bien trop intelligente pour son âge. C’est quoi ce délire ? N’avait-elle que cinq ou six ans ?

« Peut-être que tu fais juste un mauvais calcul ? » avais-je suggéré.

« Non. J’ai recueilli plus d’informations auprès de ma mère. Il semblerait que mon frère épiait cette fille pendant qu’elle prenait son bain, et qu’il surveillait aussi mes parents pendant qu’ils s’amusaient. Ma mère essayait de le dissimuler, mais je savais qu’il n’y avait pas de malentendu : mon frère est un pervers ! »

Un pervers ! Un pervers ! Un pervers ! Il n’y a pas d’erreur, mon frère est un pervers ! Allez, juste par plaisir, encore une fois : un pervers !

OK, arrête ! Pensais-je... Ma capacité mentale est déjà à zéro !

« O-oh, ok, donc ton frère est un pervers. C’est vraiment dur, ha ha ha… »

Je m’en étais rendu compte par moi-même, mais j’étais vraiment sous le choc. Je n’avais jamais imaginé que quelque chose comme ça puisse… Merde. Maintenant, je comprenais. C’est pourquoi l’Homme-Dieu m’avait dit de ne pas utiliser mon vrai nom.

« Au fait, Monsieur le Chevalier, quel est votre vrai nom ? »

« C’est un secret. Dans la rue, on m’appelle le maître du chenil de Dead End », répondis-je en gardant un air calme et posé. Il valait probablement mieux pour l’instant que j’attende avant de révéler que j’étais son grand frère.

« Ooh ! Monsieur le maître du chenil ? Comme c’est cool ! Je suppose que vous pouvez utiliser la magie d’invocation et tout ça, non ? »

« Non. Tout ce que je peux faire, c’est exercer un contrôle sur deux chiens très féroces. », avais-je dit.

« C’est incroyable ! »

Aisha avait une étincelle dans les yeux quand elle me regardait, presque comme un chiot.

À vrai dire, comme un chiot qui était trompé. Cela m’avait fait un peu mal au cœur, mais si je lui révélais que j’étais son frère aîné, elle ne serait peut-être pas prête à m’écouter. Tout ce que j’avais à faire était de cacher ma véritable identité jusqu’à ce que je puisse sauver Lilia. Une fois que j’aurais fait cela, cela améliorerait grandement la perception qu’elle avait de moi.

« Très bien, je vais sauver ta mère ! »

« Hein ? »

Elle me regarda droit dans les yeux après que je fis cette déclaration.

« Mais… »

« S’il te plaît, laisse-moi faire ! »

Et c’était ainsi qu’Aisha et moi nous nous étions rencontrés. Elle avait la pire impression de moi, mais pas autant que Norn, vu que j’avais frappé notre père sous ses yeux. En ce moment, elle pensait que j’étais un pervers qui s’accrochait à la culotte de Roxy, mais elle avait fini par comprendre que les gens avaient parfois besoin de quelque chose à quoi s’accrocher.

Cela mis à part, pourquoi assimilerait-elle le fait de garder une culotte à celui d’être un pervers ? Elle n’était pas encore assez âgée pour associer les sous-vêtements au désir sexuel. Elle n’était même pas encore assez âgée pour comprendre ce qu’était l’excitation sexuelle. Si quelqu’un enseignait des choses bizarres à ma petite sœur, cela ne resterait pas impuni.

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