Mushoku Tensei (LN) – Tome 5 – Chapitre 7 – Partie 2

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Chapitre 7 : Direction le Continent Central

Partie 2

Dès l’instant où les mots « branche familiale » avaient quitté ma bouche, j’avais pu voir la prudence dans les yeux de Bakshiel céder la place au dédain. Mais avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, j’avais indiqué Éris avec la paume de ma main.

« Cependant, Lady Éris ici présente est une membre de la famille Boreas Greyrat. »

Au moment où je lui avais donné une légère tape dans le dos, Éris fit un pas en avant elle aussi. Elle me regarda avec surprise pendant un moment, mais n’avait pas paniqué.

Au début, elle plia les bras à hauteur d’épaule et écarta les pieds, mais elle avait vite compris que ce n’était pas bien. Sa deuxième impulsion avait été d’atteindre les bords de sa jupe pour pouvoir faire une révérence, malheureusement, elle ne portait pas de jupe. Elle décida finalement de mettre sa main sur sa poitrine et de s’incliner comme je l’avais fait.

« Je suis Éris Boreas Greyrat, fille de Philip Boreas Greyrat. C’est un plaisir de vous connaître, monsieur. »

Sa salutation était un peu laborieuse. J’avais aussi l’impression qu’elle avait tout gâché.

J’avais jeté un coup d’œil au visage de Bakshiel. C’était difficile de dire comment il prenait ça, mais… peu importe. Il fallait juste s’appuyer sur l’influence de la famille d’Éris ici.

« Hmph. Et que fait la fille d’un noble d’Asuran ici, je t’en prie ? »

C’était certainement la question évidente à ce stade. Heureusement, nous n’avions pas eu besoin d’y répondre autrement qu’avec la vérité.

« Monsieur, connaissez-vous la calamité qui s’est abattue sur la région de Fittoa il y a deux ans ? »

« Bien sûr. De nombreux Asuriens ont été téléportés dans le monde entier, si j’ai bien compris. »

« C’est exact. La jeune femme et moi-même étions deux des personnes concernées. »

Comme je l’avais expliqué à Bakshiel, j’avais escorté Éris tout le long du continent des démons avec Ruijerd comme garde du corps engagé. Lors de la traversée vers le continent de Millis, nous avions à peine réussi à payer le voyage en vendant tous nos biens, mais nous n’avions pas assez de fonds pour payer le voyage de Millis au continent central. En particulier, le coût du passage de Ruijerd était tout simplement trop élevé.

En conséquence, nous nous étions tournés vers le Seigneur Galgard pour obtenir de l’aide, car il était à la fois une vieille connaissance de la famille Greyrat et un ami personnel de Ruijerd. Il avait eu la gentillesse de nous écrire une lettre.

Cette histoire n’était bien sûr pas tout à fait vraie. Mais elle était assez proche de la réalité.

« La jeune femme est peut-être habillée comme une aventurière en ce moment, mais c’est uniquement parce que nous ne voulions pas que des voyous se rendent compte qu’elle est de naissance noble. Je suis sûr que vous pouvez comprendre les dangers potentiels, Duc Bakshiel. »

« Je vois. Alors c’est comme ça. Vous êtes de mèche avec cette “équipe de recherche et de sauvetage de Fittoa” qui a causé des problèmes à Millishion récemment ? », dit Bakshiel, avec une expression aigre sur son visage.

« Euh… quoi ? Non, non. De quoi parlez-vous, monsieur ? »

« Je n’ai jamais entendu le nom d’Éris Boreas Greyrat avant. Cependant, je connais un certain Paul Greyrat, un petit voyou qui est censé voler des esclaves par la force. » déclara Bakshiel avec un grognement distinctement porcin

Oh, charmant. Papa a vraiment une sale réputation.

« Laissez-moi m’assurer que je vous comprends, Duc Bakshiel. Vous pensez que la lettre du Seigneur Galgard est une fausse et que Lady Éris n’est pas vraiment un membre de la noblesse asurienne, exact ? Et vous nous prenez pour de simples laquais de ce bon à rien lubrique de Paul Greyrat, qui boit toute la journée, qui s’en prend à son propre fils, qui a les pieds qui puent, et qui cause à sa pauvre fille des soucis sans fin ? »

« En effet. »

Honnêtement, quelle chose terrible à dire ! Paul faisait de son mieux. Certes, il avait ses défauts, et certaines de ses méthodes étaient peut-être loin d’être parfaites. Mais le rejeter comme étant « sans valeur » ? C’était tout simplement insultant !

« Puis-je vous demander pourquoi vous avez conclu que le sceau sur notre lettre était non authentique ? » avais-je dit, en montrant l’enveloppe sur le bureau de Bakshiel.

L’homme fronça légèrement les sourcils et hocha la tête.

« Il n’est pas rare que des contrefaçons du sceau du Chevalier missionnaire circulent au marché noir. »

Vraiment ? C’était la première fois que j’en entendais parler.

« Et pourquoi pensez-vous que mon employeur, Lady Éris, n’est pas celle qu’elle prétend être ? »

« Pah. Pensiez-vous vraiment que je croirais que cette épéiste rustre était la fille d’un noble asurien ? »

J’avais jeté un coup d’œil à Éris, qui avait pris sa pose habituelle de bras croisés. Ses bras n’étaient pas marqués par des cicatrices, mais ils étaient bronzés et plus musclés que ceux d’un jeune aventurier moyen. Ce n’était pas exactement ce que l’on pourrait s’attendre d’une petite princesse protégée.

« Ah. Il semblerait que vous ne connaissiez pas le Seigneur Sauros. », dis-je avec un petit rire.

« Sauros ? Voulez-vous parler du seigneur de la région de Fittoa ? »

Apparemment, il avait au moins reconnu ce nom. Bien.

« Effectivement. C’est aussi le grand-père d’Éris, et l’homme qui a choisi de cultiver ses talents à l’épée dès son plus jeune âge. »

« Quoi ? Pourquoi aurait-il fait une telle chose ? »

« C’est un peu un secret de famille, mais… il a été décidé il y a quelque temps que Lady Éris se marie dans la famille Notos. Et le Seigneur Sauros déteste le chef actuel de cette maison. »

« Je vois. »

Pour être parfaitement clair, j’insinuais qu’Éris avait été entraînée à devenir une petite guerrière sauvage afin qu’elle puisse un jour assassiner le chef de la famille Notos dans sa chambre. Heureusement, Éris avait semblé perplexe devant mes propos. Si elle avait compris ce que je disais, j’aurais probablement perdu quelques dents à ce moment-là.

« Pour cette raison, entre autres, la jeune femme doit retourner à Asura. Si vous insistez sur le fait qu’elle est une impostrice, nous devrons simplement retourner à Millishion et déposer un appel auprès des autorités compétentes. »

Je n’avais bien sûr aucune idée de qui serait ces autorités compétentes. Ce n’était pas quelque chose que j’avais pris la peine d’examiner.

« Hmph. Si vous voulez que je croie tout ça, alors montrez-moi une sorte de preuve. »

« La lettre du Seigneur Galgard est sûrement une preuve suffisante. »

« C’est absurde. Vous ne faites que tourner en rond. »

« Que vous importe si c’est le cas ? Écoutez, Duc Bakshiel, voulez-vous vraiment devenir un ennemi de la famille Asuran Greyrat ? »

Merde. Je ne savais même plus ce que je disais.

Heureusement, la menace que j’avais lancée semblait avoir un certain effet, à en juger par l’intensité du regard de Duke Bakshiel.

« Très bien. Je vais vous permettre, à vous et à la jeune femme, de réserver un passage. »

« Mais notre garde… »

« Par mon autorité de duc, j’assignerai quelques chevaliers pour vous escorter. Ce serait sûrement préférable à la protection de ce… démon. »

Plutôt que d’octroyer un passage pour les démons, Bakshiel préférait nous prêter deux de ses propres hommes. Il semblait obstinément déterminé à ne pas laisser passer Ruijerd, quoi qu’il arrive. Je n’avais jamais vu ce genre de chose de mes propres yeux auparavant, mais la discrimination contre les démons sur ce continent était manifestement pire que ce que j’avais imaginé.

Quelles étaient les options qui s’offraient à nous à ce stade ? Devrions-nous simplement essayer d’organiser le passage de Ruijerd séparément ? Je pouvais facilement voir que cela se traduirait par une autre bataille sanglante contre un groupe de contrebandiers. Cela ne m’avait pas semblé très attrayant…

Mais juste au moment où j’envisageais ma réponse, on frappa à la porte.

« Qu’est-ce que c’est ? Je suis en plein milieu d’une réunion », déclara Bakshiel, l’air un peu méfiant.

La personne à l’extérieur n’avait pas attendu la permission d’entrer. La porte s’était ouverte, et une femme blonde en armure bleue était entrée dans la pièce.

« Pardonnez-moi. On m’a dit qu’un certain “Ruijerd de Dead End” était ici. »

« … Mère ? »

C’était Zenith.

« Hein !? »

Toutes les autres personnes présentes dans la pièce s’étaient tournées à l’unisson pour la regarder.

La femme m’avait regardé fixement, l’air un peu fâché.

« Je suis une femme célibataire. Je n’ai pas d’enfants, encore moins un aussi vieux que vous. »

Comment ? Allons, maman. As-tu perdu la mémoire depuis la dernière fois que je t’ai vue ? Oh, peut-être qu’elle en a juste eu marre des bêtises de Paul…

Mais en regardant de plus près cette femme, j’avais commencé à remarquer quelques détails qui la distinguaient de ma mère. Après des années de séparation, je ne me souvenais pas parfaitement de Zenith… mais la forme du visage de cette femme et la couleur de ses cheveux étaient très subtilement différentes. Ce n’était donc pas elle.

« Je suis désolé. Ma mère a disparu, et vous lui ressemblez beaucoup. »

« … Je vois. »

Super. Maintenant, elle me regardait avec pitié dans les yeux. Peut-être m’avait-elle catalogué comme un enfant solitaire et perdu ou quelque chose comme ça. Les gens ne me traitaient pas trop souvent comme un enfant ces jours-ci, mais j’en avais au moins toujours l’air.

Avec un grognement, le Doc Bakshiel jeta un regard furieux sur la femme en armure.

« Eh bien, si ce n’est pas notre Chevalier du Temple fraîchement émérite. Avez-vous besoin de quelque chose de ma part ? »

« Un Superd est apparu sur le territoire de Millis. Tout membre diligent de mon ordre viendrait en courant à cette nouvelle. »

« Vous ne prendrez votre poste ici que dans dix jours. Ne fourrez pas votre nez là où il ne faut pas. »

« Là où il ne le faut pas ? Quelle chose étrange à dire, Duc Bakshiel ! Certes, je n’ai pas encore officiellement pris mes fonctions ici, mais mon prédécesseur est déjà parti pour Millishion. Lorsque des problèmes surviennent à un point de contrôle, il est de la responsabilité des Chevaliers du Temple de les régler. Et pourtant, il semble que je sois le seul chevalier du temple dans cette salle. Pourriez-vous m’expliquer cela ? »

Cette diatribe avait laissé l’homme sans voix. Il bégayait légèrement, son visage était un peu pâle.

« Une équipe de deux chefs devrait superviser la défense de chaque poste de douane. C’est une règle de fer établie par l’église de Millis, Duc Bakshiel. Vous n’avez sûrement pas l’intention de la défier ? »

« Bien sûr que non. Je pensais seulement… Eh bien, vous venez juste d’arriver ici. Pourquoi ne pas prendre quelques jours pour vous détendre et vous habituer à la ville ? »

« Ce ne sera pas nécessaire. »

À voir la tête du Duc Cochon, on aurait pu croire qu’il était sur le point d’être abattu. J’allais vraiment apprécier la prochaine fois que j’irai manger du porc.

« Maintenant, pouvez-vous nous expliquer de quoi il est question ici ? »

Dans l’ensemble, il semblerait que cette dame chevalier était sur un pied d’égalité avec Bakshiel ici. Normalement, un duc se trouve au sommet de l’ordre aristocratique, mais dans le pays Saint de Millis, l’Église était extrêmement puissante. Ce système avait probablement un rapport avec cela.

« Eh bien, il se trouve que… »

Le Duc Bakshiel avait ensuite résumé la situation. Parfois, il fit des remarques basées uniquement sur ses propres hypothèses, j’avais donc dû apporter quelques corrections.

Le chevalier écouta toute l’histoire en silence, puis il jeta un coup d’œil sur notre groupe.

« Hm. Cet homme est certainement un démon, hein… ? »

Elle plissa ses yeux pendant qu’elle étudiait Ruijerd, mais en se tournant vers Éris, son expression s’était instantanément adoucie.

Finalement, elle rencontra mon regard… et posa une main sur son menton avec délicatesse.

« Jeune homme, vous pensiez que j’étais votre mère, oui ? Puis-je vous demander son nom ? »

« C’est Zenith. Zenith Greyrat. »

« Et celui de votre père ? »

J’avais jeté un coup d’œil sur Bakshiel. Bordel, ça allait être gênant…

« Paul Greyrat. »

On pouvait comprendre que le duc ait eu les yeux grands ouverts. Il suffisait d’insister sur le fait que mon père était une personne totalement différente, et non cette ordure de Millishion. Mon père était fondamentalement un saint. Il vous donnait même de l’argent si vous le frappiez plusieurs fois.

« Je vois », murmura le chevalier.

Et puis, pour une raison inconnue, elle s’était accroupie et enroula ses bras autour de moi.

« Hein !? »

Cela avait été pour le moins une surprise.

« Je ne peux pas imaginer ce que tu as vécu… »

Non seulement elle m’avait pris dans ses bras, mais maintenant elle me caressait aussi la tête.

À cause de l’épaisse armure qu’elle portait, ce n’était pas la plus douce des étreintes, mais je sentais au moins une bonne odeur de parfum féminin. Naturellement, mon petit copain d’en bas… n’avait même pas bougé. Huh.

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6 commentaires :

  1. Merci bien, petite question, quelle est la fréquence de sortie des trad??🤔

  2. merci pour le chapitre

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