Mushoku Tensei (LN) – Tome 5 – Chapitre 5 – Partie 2

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Chapitre 5 : Objectifs confirmés

Partie 2

Il était évident que Paul avait beaucoup de foi en moi. Peut-être qu’il en avait un peu trop. J’avais l’impression qu’il avait tendance à surestimer mes capacités. Mais ça n’avait pas vraiment d’importance. Quoi qu’il pense de moi, j’allais essayer d’être à la hauteur de ses attentes cette fois-ci.

« Bien sûr, je pourrais toujours lui affecter quelques gardes du corps si tu préfères rester ici à Millishion », dit Paul avec un sourire.

Oh, je t’en prie.

En termes purement rationnels, se séparer d’Éris ici était une option valable. Non pas que je resterais à Millishion pour cet événement, je pourrais simplement partir à la recherche de ma famille dans une autre partie du monde. Par exemple, retourner sur le continent des démons pourrait être une approche raisonnable.

Mais cela n’était vrai qu’à un niveau purement rationnel. Je ne pouvais pas abandonner Éris pour mon propre bénéfice. Je devais la ramener chez elle, saine et sauve.

De plus, l’idée de quitter mon travail à moitié fait pour pouvoir travailler sur autre chose me rappelait quelques souvenirs désagréables. Dans ma vie précédente, je n’avais jamais vraiment terminé ce que j’avais commencé. Je ne voulais pas retomber dans cette habitude destructrice. Me connaissant, il était probable qu’Éris ne parvienne pas à atteindre Fittoa en toute sécurité et que ma recherche en solo sur le Continent Démon ne donne absolument rien.

Mieux valait donc se concentrer sur une chose à la fois. Après tout, il y avait aussi la question de Ruijerd à prendre en compte. Il était difficile d’imaginer notre ami têtu s’entendre avec des membres de l’équipe de recherche et de sauvetage choisis au hasard, et il serait probablement furieux si j’essayais de quitter notre groupe maintenant. Sur son carnet, cela serait qualifié de conduite indigne d’un guerrier.

« C’est gentil à toi de le proposer, mais je pense qu’il serait préférable que je la raccompagne. »

« Oui, de toute façon ce n’est pas comme si nous avions quelqu’un de plus fort que toi dans l’équipe. Pas étonnant que tu ne veuilles pas nous confier le travail. »

Il y avait une sorte de grimace sur le visage de Paul lorsqu’il dit ces mots.

Peut-être était-il un peu gêné par le fait que je l’avais battu dans une bagarre ? Il était clairement ivre à ce moment, j’avais donc eu l’impression que ça ne comptait pas… mais si je le disais maintenant, ce serait probablement plus humiliant qu’autre chose. Parfois, la meilleure chose à faire était de se taire.

« De toute façon, combien de temps resteras-tu à Millishion ? »

« Eh bien, nous prévoyons de gagner de l’argent ici pour la prochaine étape de notre voyage, donc probablement environ un mois. »

« Nous pouvons couvrir vos frais de voyage », déclara Paul.

Se tournant vers les deux jeunes femmes qui l’attendaient derrière lui, il s’était adressé à la douce magicienne aux taches de rousseur.

« Nous en avons mis de côté, non ? »

« Oui, M. Alphonse nous a confié des fonds à utiliser au cas où nous trouverions des membres de la famille Boréas. »

De toute évidence, l’ancien majordome de la famille avait laissé à Paul une somme d’argent destinée à assurer un retour confortable à tout membre de la famille d’Éris qu’ils trouveraient à Millis.

« Exact. Donc tout t’appartient. »

« Je vois… Eh bien, je suis content que tu n’aies pas tout gâché pour de l’alcool. »

« Pourquoi penses-tu que j’ai confié la gestion de l’argent à Shierra ? »

Pour une raison inconnue, Paul avait l’air fier de lui. J’étais un peu triste, mais je n’allais rien dire.

« Quel est exactement le montant ? », avais-je demandé.

« C’est l’équivalent de vingt monnaies royales », avait instantanément répondu Shierra.

Les monnaies royales étaient la monnaie la plus précieuse sur le continent de Millis. Si l’on considère qu’une pièce de pierre vaut 1 yen, cela équivaut à environ 50 000 yens chacune. Donc, vingt d’entre eux donnaient…

« Un million de yens ! »

« … Un million de quoi ? » dit Paul en plissant les sourcils.

OK, peut-être que ma première réaction était un peu trop joyeuse. Cependant, peux-tu vraiment me blâmer ? Depuis un an et demi, j’étais obsédé par chaque pièce que nous dépensions, et maintenant, ils m’avaient fait tomber un million de yens de nulle part.

« Mais franchement ! Avec une telle somme, tu pourrais passer toute ta vie dans l’insouciance ! »

« Eh bien, je suppose que tu pourrais probablement te construire une maison dans le sud avec cette somme. Mais ça ne te durera pas toute une vie. »

Quoi ? Mais c’est un million ! Un million de yens ! C’est comme… quoi, mille pièces de minerai vert ? ! Tu pourrais même payer le passage d’un Superd sur un bateau avec ça !

Oh, maintenant que j’y pense.

« Hm. En fait, il y a encore un autre problème à régler. »

« Sérieusement ? Qu’est-ce que c’est ? »

« Lors de notre passage au Port Venteux, ils voulaient une somme d’argent ridicule pour laisser un Superd prendre le bateau pour Millis. Je ne suis pas sûr de savoir comment ça se passe au Port Ouest, mais je suppose qu’ils vont aussi exiger un prix énorme. Je ne sais même pas si vingt pièces de monnaie royales seront suffisantes… »

« Ah, effectivement… »

Paul plia les bras en signe de reconnaissance. Il n’allait certainement pas me suggérer de laisser Ruijerd derrière moi.

« Shierra, que font-ils payer pour amener un Superd sur le continent central ? »

D’un petit signe de tête, Shierra répondit aussitôt.

« Cent pièces de monnaie royales. »

Avait-elle mémorisé tous les tarifs ? Cette fille semblait vraiment être au top. À bien y penser, elle ressemblait un peu à une « secrétaire à l’esprit vif »…

Alors que je regardais dans la direction de Shierra, nos regards s’étaient brièvement croisés. Elle poussa un petit cri et regarda immédiatement le sol. L’ex-bikiniiste s’avança pour la cacher de ma vue. Je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir blessé.

« Je suis désolée, mais elle est un peu mal à l’aise avec le contact visuel. Pourrais-tu essayer de ne pas trop la regarder ? »

« Uhm, ok... »

Ma relation avec Paul était redevenue normale, mais apparemment, les autres membres de son équipe ne m’aimaient toujours pas trop. Il fallait que je vive avec ça.

Plus important encore… cent pièces de monnaies royales, hein ? On parlait là d’environ cinq millions de yens. Ce n’était pas vraiment le genre de liquidité qu’on pouvait rassembler à la hâte. C’était suffisant pour faire soupirer un homme.

« Mais pourquoi est-ce toujours aussi cher pour les Superds ? »

« C’est parce que les règles ont été établies il y a quelque temps, à l’époque où la persécution de cette tribu était à son apogée », répondit Shierra de quelque part derrière la dame en bikini.

Au ton de sa voix, on aurait pu penser que c’était de notoriété publique, mais même les personnes travaillant au poste de contrôle du Port Venteux n’avaient pas pu me le dire. La poitrine de la jeune fille était assez petite, mais apparemment, elle avait un cerveau massif.

« De plus, le noble qui dirige le poste de douane du Port Ouest est bien connu pour sa haine des démons. Même si vous trouvez l’argent, il pourrait trouver une raison de vous refuser le passage. », ajouta Paul.

« D’accord. Uhm… peut-être pourrions-nous demander à la famille de Mère de tirer quelques ficelles en notre nom ? »

« Désolé, mais en l’état actuel des choses, ils prennent déjà des risques pour nous. Nous ne pouvons pas les entraîner dans d’autres problèmes pour l’instant. »

En d’autres termes, nous devrions probablement nous tourner à nouveau vers les passeurs. Cela n’avait pas très bien marché la dernière fois, j’espérais donc trouver un autre moyen. D’abord, nous étions toujours sur le même continent que le groupe que nous avions attaqué. Si les escrocs locaux avaient des connexions avec des syndicats plus importants, nous pourrions être à ce stade sur une sorte de liste noire.

Plus je réfléchissais au problème, plus cela me donnait mal à la tête.

« Très bien. Nous allons juste trouver quelque chose par nous-mêmes. »

« Désolé, mon petit », dit Paul, puis il sourit et se tourna vers les femmes qui l’attendent derrière lui.

« Hé, alors que pensez-vous de mon petit gars ? Vous avez vu comment il est autonome ? »

« Uhm, bien sûr. »

« Err... »

Les deux filles se regardèrent en souriant maladroitement. Elles n’étaient pas sûres de ce qu’il attendait d’elles. Se souvenait-il au moins de cette histoire de « bagarre dans un bar » d’hier ?

« Père, tu ne devrais pas prendre l’habitude de demander aux jeunes femmes d’évaluer ton “petit gars”. Cela pourrait ternir la réputation de la famille Greyrat. »

« Tes sales blagues n’aident pas non plus, gamin ! »

Paul et moi avions tous les deux éclaté de rire. Les deux femmes dans la salle n’étaient visiblement pas amusées, mais on ne pouvait pas plaire à tout le monde.

« Très bien, Rudy. Il est temps pour moi d’y aller. »

« OK. »

Enfin, se levant de son siège, Paul déplaça ses épaules assez bruyamment. Je n’avais même pas remarqué, mais il semblerait que nous parlions depuis longtemps.

Lorsque j’avais jeté un coup d’œil au comptoir, le barman avait un sourire un peu ironique. Avions-nous pris une de ses tables pendant la ruée du déjeuner ? Il fallait que je laisse un bon pourboire quand je payerais.

« Une fois que tu auras élaboré tes plans, contactes-moi. On devrait au moins dîner avec Norn avant que tu prennes la route. »

« Ça me paraît bien. »

Sur ce, Paul sortit du bar, les deux jeunes femmes le suivant de près.

Il avait vraiment l’air d’un vieil homme obscène parfois, pas vrai ?

♥♥♥

Peu de temps après le départ de Paul, Éris et Ruijerd étaient revenus au bar. Éris avait un œil au beurre noir et Ruijerd affichait une expression de malheur évidente sur le visage.

« Vous deux, que s’est-il passé ? »

« Rien », dit Éris, en croisant les bras avec un petit grognement irrité.

« Comment ça s’est passé avec cet homme ? »

« Nous nous sommes réconciliés. »

Dès que ces mots quittèrent ma bouche, les sourcils d’Éris s’étaient fortement rapprochés : « Quoi !? Pourquoi !? » Elle ponctua sa question en tapant du poing sur la table si fortement qu’elle se brisa bruyamment.

Mon Dieu, quelle puissante jeune femme...

« Je vois. Je suis heureux d’entendre cela. », dit calmement Ruijerd.

« Rudeus ! »

Éris m’avait saisi avec force par les épaules. Et c’était vraiment fort. L’emprise de cette fille était vraiment quelque chose.

« Pourquoi ferais-tu ça !? »

« Comment ça, pourquoi ? » avais-je demandé, quelque peu déconcerté.

« Ne te souviens-tu pas à quel point tu étais déprimé hier !? »

« Bien sûr. Et j’apprécie ce que tu as fait pour moi. Cette étreinte m’a vraiment calmée. »

C’est seulement grâce à Éris que j’avais réussi à regarder Paul en face aujourd’hui. Si elle n’avait pas été là pour me réconforter, j’aurais pu rester enfermé dans ma chambre pendant des jours.

« Ce n’est pas de ça que je parle ! Cet homme n’est même pas venu pour ton dixième anniversaire, Rudeus. Et la façon dont il t’a traité hier était incroyable ! Tu as dû traverser tout le Continent Démon ! Tu as été enfermé dans une cellule de prison dans la Grande Forêt, bon sang ! Mais quand tu es enfin revenu à lui, il t’a dit en gros de te tirer ! Comment peux-tu pardonner à ce connard !? »

Wôw. C’était une sacrée diatribe.

J’avais compris où Éris voulait en venir. Quand tu le dis en ces termes, Paul avait l’air d’être un père vraiment minable. J’aurais même pu croire qu’il me détestait. Si j’avais été un enfant ordinaire, ses actes auraient été impardonnables.

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Un commentaire :

  1. Merci pour le chapitre

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