Mushoku Tensei (LN) – Tome 4 – Chapitre 6

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Chapitre 6 : Appartement libre

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Chapitre 6 : Appartement libre

Partie 1

Bonjour. Mon nom est Rudeus, j’ai l’habitude de vivre en reclus.

En ce moment, je suis en train de visiter un appartement neuf et gratuit dont tout le monde parle en ville. Pas de caution, pas de clé, pas de loyer. Un espace constitué d’une pièce avec deux repas et du temps libre pour la sieste. Le lit est fait de paille infestée d’insectes, ce qui est un inconvénient, mais son prix est bon marché. Après tout, le loyer est gratuit!

Les toilettes sont constituées d’un grand pot situé dans un coin de la pièce. Une fois que votre travail est terminé et que le pot est rempli d’excréments, vous devez le jeter dans un trou situé de l’autre côté de la pièce. Il n’y a pas d’eau courante, c’est donc un peu insalubre. Mais vous pouvez vous débrouiller avec la magie. Si vous êtes un magicien comme moi, qui peut faire de l’eau chaude, vos problèmes seront complètement résolus!

Il n’y a que deux repas. Pour les gens modernes, cela pourrait être trop peu. Il n’empêche que cette nourriture est assez incroyable. C’est composé de spécialités régionales : des fruits et des légumes venus d’une terre luxuriante. Il y a de la viande aussi. L’assaisonnement est léger, faisant ressortir la saveur naturelle des ingrédients, ce qui suffis à donner à tous ceux qui sont habitués à la vie sur le Continent Démon une bouchée de plaisir.

Passons maintenant à la fonction principale de l’appartement : sa sécurité. S’il vous plaît, jetez un coup d’œil à ces barres de fer durables. Vous pouvez les frapper autant que vous le souhaitez, tirez-les comme vous le souhaitez, ils ne bougeront pas d’un pouce. Leur seule faiblesse est qu’ils peuvent être ouverts avec de la magie.

Il n’y a sûrement pas un voleur vivant qui regarderait ces barreaux et penserait : Hé! Je pense que je veux y aller! Pourtant, à l’intérieur, ils iront, car cet appartement gratuit est une cellule de prison.

◇ ◇ ◇

Accroché sur le dos de Gyes, j’avais continué ma promenade dans la forêt. Incapable de bouger, je n’avais pas d’autre choix que de me laisser porter. Alors que nous traversions l’ombre des bois à une vitesse folle, j’avais vu quelque chose dans le coin de l’œil. Là, entre le flou des arbres qui passaient, il y avait une tache de cheveux argentés qui nous suivait.

Ce n’était qu’un chiot, et pourtant il avait une bonne endurance. Nous étions en déplacement depuis probablement deux ou trois heures à ce moment-là. Le guerrier de la race démoniaque connu sous le nom de Gyes courait depuis assez longtemps. Il ne s’était arrêté que lorsque nous étions finalement arrivés à destination.

« Bête sacrée, veuillez retourner à la maison. »

« Woof ! »

La boule de fourrure d’argent aboya une fois avant de se glisser dans l’obscurité.

J’avais fait un tour d’horizon de l’environnement en utilisant mes yeux. Les arbres étaient regroupés et je n’avais senti personne d’autre dans les environs. Cependant, j’avais vu des lumières ici et là au-dessus de nous dans les arbres. Gyes continua de marcher un peu, s’approchant de l’un des arbres.

Comme je me tenais toujours par-dessus son épaule, il accrocha ses mains à une échelle que je ne voyais pas et grimpa rapidement. J’avais l’impression qu’on m’emmenait à la cime des arbres.

De là, nous étions entrés dans un bâtiment. Personne d’autre n’était présent. C’était une cabane déserte en bois. C’était là que Gyes me dépouilla de tous mes vêtements.

Qu’est-ce qu’il me faisait ? Je ne pouvais même pas bouger mon corps !

Il me souleva par la peau du cou et me jeta à l’intérieur de… quelque chose. Un instant plus tard, quelque chose tomba, j’en entendis le grincement du fer suivi d’un cliquetis. Puis Gyes partit, sans aucune explication. Il ne m’avait même pas interrogé.

Au bout d’un moment, je pouvais à nouveau bouger mon corps. Je produisis une petite flamme sur le bout de mon doigt et je l’utilisais pour vérifier mon environnement. Je vis les barreaux en fer, réalisant ainsi que c’était une cellule. J’avais été jeté dans une cellule.

C’était très bien. À en juger par la conversation qu’ils avaient eue, je savais que ça allait arriver. Ils m’auraient pris pour un contrebandier. C’était pour ça que je n’avais pas paniqué. Ce malentendu serait bientôt résolu. Mais pourquoi me déshabiller ? Maintenant que j’y pense, ces enfants avaient aussi été dépouillés de tous leurs vêtements.

C’était peut-être leur coutume ici. Peut-être que les races bestiales se sentaient humiliées d’être complètement exposées. Bien que se sentir gêné d’être exposé n’était pas une qualité unique à leur race. Dépouiller un captif pour le briser mentalement était une pratique immémoriale. C’était peut-être un monde imaginaire, mais même dans mon livre préféré ici, la chevalière avait été déchargée de ses vêtements quand elle avait été faite prisonnière. Il semblerait que tous les mondes avaient ça en commun.

« Maintenant… »

Enveloppé dans l’obscurité, j’avais commencé à réfléchir.

Pour l’instant, je me garderais bien de leur parler demain. Même s’ils ne me croyaient pas, ça irait quand même. L’homme plus âgé était apparemment parti après Ruijerd, auquel cas il aurait déjà dû rencontrer les enfants. Ruijerd était une personne facile à mal comprendre, mais les enfants n’abandonneraient sûrement pas le guerrier qui était venu à leur secours. Les enfants rentreraient sains et saufs, et je ne serais plus confondu avec un contrebandier.

Le fait que je n’étais pas un contrebandier, mais que j’avais une relation de travail compliquée avec eux, était probablement une chose que je devrais taire. Ruijerd n’avait jamais voulu travailler avec les contrebandiers non plus, il n’aura sûrement rien dit qui pourrait nous attirer des ennuis. Pour l’instant, la principale préoccupation était ma propre sécurité. Le guerrier plus âgé avait dit de ne pas lever la main sur moi avant son retour. Ça voulait dire que j’étais en sécurité. Ils n’auraient probablement pas mis de monstres tentaculaires sur moi… n’est-ce pas ?

Quoi qu’il en soit, j’avais l’impression d’avoir enfin compris le sens des mots de Gallus. Si c’était ce qui devait leur arriver, ils auraient sûrement eu beaucoup de problèmes.

◇ ◇ ◇

Une journée entière s’écoula pendant que j’étais occupé à penser à ces choses. Le temps était éphémère. Le lendemain matin du jour où j’avais été jeté dans cette cellule, un garde était apparu. C’était une femme. Elle avait la carrure d’une guerrière, et pourtant elle était plus mince que Ghislaine. Bien que sa poitrine était tout aussi énorme.

Je lui avais dit : « J’ai été accusé à tort, je n’ai rien fait. »

J’avais ensuite expliqué que je n’étais pas associé à cette organisation de contrebande, que j’avais appris par hasard que ces enfants étaient détenus dans cet immeuble et que, alimenté par une indignation justifiée, j’avais entrepris de les libérer.

La femme n’entendit pas un mot de ce que j’avais dit. Au lieu de cela, elle apporta un seau d’eau dans ma cellule et le jeta sur ma tête pendant que je protestais. Il faisait un froid glacial, et maintenant j’avais l’air d’un rat noyé. La femme me regarda alors comme si je n’étais rien d’autre qu’une ordure.

« Pervers… ! »

Un frisson me traversa. J’étais là, nu, avec cette belle femme âgée aux oreilles d’animaux qui me ravageait de ses yeux. Non seulement elle m’avait versé de l’eau glacée, mais elle m’avait aussi insulté. C’était donc ainsi que l’on pouvait briser psychologiquement quelqu’un.

Il semblerait qu’ils n’avaient pas l’intention de suivre le commandement du guerrier plus âgé. Que m’arriverait-il maintenant… ? Ahh, Dieu (Roxy), donne-moi ta protection ! Et non, Homme-Dieu, je ne parle pas de toi !

« Achoo! »

Blague à part, je voulais vraiment des vêtements. Pour l’instant, j’utilisais un sort de feu pour me tenir au chaud afin de ne pas attraper froid.

Deuxième jour.

Ruijerd n’était toujours pas venu me sauver. Après deux jours entiers à poil, mon anxiété commençait à se faire sentir. Je me demandais si quelque chose était arrivé à Ruijerd. Avait-il fini par combattre ce guerrier plus âgé ? Ou est-ce que les choses avec Gallus avaient mal tourné ? Ou peut-être que quelque chose était arrivé à Éris et qu’il s’en occupait ?

J’étais anxieux. Incroyablement anxieux. C’est pour cette raison que je construisais un plan d’évasion. En début d’après-midi, une fois que j’avais fini de manger, j’avais commencé à utiliser tranquillement ma magie. J’avais mélangé le feu et le vent, créant un courant d’air chaud qui secoua la pièce et rendait toute la zone agréable et chaude. La garde amplement dotée s’endormit et commença à s’assoupir, puis s’endormit rapidement. Comme c’était facile.

J’avais déverrouillé la porte de la cellule et vérifié qu’il n’y avait personne d’autre au moment où je sortais du bâtiment.

« Ooh… »

La vue qui s’étendait devant moi était comme quelque chose qui sortait tout droit d’un rêve. Il y avait une colonie construite au-dessus des arbres. Les bâtiments étaient tous disposés entre les cimes des arbres, avec des échafaudages autour de chaque arbre pour donner de l’espace pour marcher. Il y avait aussi des ponts qui reliaient les arbres entre eux pour que vous puissiez aller et venir sans avoir à monter et descendre des échelles.

Il n’y avait vraiment rien sur le sol en dessous. Je pouvais voir ce qui semblait être une simple cabane et les traces d’un champ, mais ils ne semblaient pas être utilisés. Apparemment, personne n’y vivait.

Il n’y avait pas beaucoup de monde. Je pouvais voir quelques bêtes s’agiter ici et là sur les échafaudages. Si une personne traversait un pont à pied, elle serait entièrement exposée à toute personne se trouvant en contrebas, et toute personne se déplaçant en contrebas serait entièrement exposée à celles se trouvant au-dessus.

En ce moment, j’étais, dans tous les sens du terme, pleinement exposé. Il serait difficile de s’échapper sans être vu. Mais si on m’attrapait, je pourrais encore m’enfuir. Si je ne pensais pas aux conséquences, je pourrais mettre le feu à un arbre voisin et m’échapper dans la forêt dans le chaos qui s’ensuivrait.

Ah, la forêt. Je ne connaissais pas mon chemin. Gyes avait couru à toute allure pendant longtemps, donc nous devrions être assez loin de la ville. Même si je courais de toutes mes forces, à vol d’oiseau, cela me prendrait probablement environ six heures. Et j’étais sûr que j’allais me perdre en chemin.

Je pourrais utiliser la magie de terre pour construire une tour, ce qui me donnerait un point de vue surélevé d’où je pourrais regarder. C’était une option. Bien sûr, si je faisais quelque chose qui attirait l’attention, Gyes me suivrait immédiatement.

Je ne savais toujours pas ce qu’il y avait derrière cette magie qu’il avait utilisé. Si je n’arrivais pas à trouver un moyen de la contrer dans un combat, je pourrais perdre. En plus, la prochaine fois, il pourrait me couper les jambes afin que je ne puisse pas courir. Il valait peut-être mieux que j’attende un peu plus longtemps que ma situation change.

Ça ne faisait que quelques jours. Ce guerrier plus âgé n’était pas encore revenu. Ruijerd cherchait peut-être encore les parents de ces enfants. Il n’y avait pas besoin d’être impatient, décidai-je. Je retournais ainsi dans ma cellule.

Troisième jour.

La nourriture que ce garde apportait était délicieuse. C’était comme prévu, la terre étant naturellement si riche. C’était une différence remarquable par rapport au Continent Démon. Les repas se composaient soit d’une soupe d’herbes sauvages ou de morceaux de viande grillés qui étaient difficiles à déchirer, mais les deux étaient délicieux. C’était peut-être parce que je m’étais habitué à la nourriture du Continent Démon. Si c’était la bouffe qu’ils offraient à quelqu’un dans une cellule, il ne fait aucun doute que le reste de la colonie mangeait des festins.

Alors que je complimentais la nourriture, le garde fit un geste de la queue et m’apporta du rab. D’après sa réaction, c’était probablement elle qui l’avait fait. Bien qu’elle n’ait toujours pas voulu me dire un mot, comme d’habitude.

Quatrième jour.

Je m’ennuyais. Il n’y avait rien à faire. Je pourrais peut-être créer quelque chose avec ma magie, mais si je le faisais, ils pourraient me bâillonner ou me lier les poignets. Il n’y avait vraiment rien que je puisse faire. Il n’y avait aucune raison de risquer de me priver du peu de liberté que j’avais.

Cinquième jour.

J’avais un colocataire aujourd’hui. Il avait été porté par deux hommes bêtes de chaque côté. Ils l’avaient rapidement jeté à l’intérieur, en lui donnant d’un coup de pied rapide dans l’arrière.

« Bordel de merde ! Vous devriez me traiter mieux que ça ! »

L’homme bête avait ignoré ses cris et était parti.

L’homme se frotta doucement le derrière, sifflant de douleur alors qu’il se retournait lentement. Je l’avais salué dans une pose couchée de Bouddha, allongé sur le côté avec ma tête appuyée contre ma main.

« Bienvenue à la destination de la vie. »

Bien sûr, j’étais complètement nu.

L’homme me regarda fixement, bouche bée. On aurait dit un aventurier. Ses vêtements étaient tous noirs, avec des protections en cuir attachées aux articulations. Il n’était pas armé, bien sûr. Il avait de longues pattes et un visage de singe comme Lupin III. Appeler ça un visage de singe n’était pas une métaphore. C’était un démon.

« Qu’est-ce qui ne va pas, bizut ? Tu vois quelque chose qui cloche ? » avais-je demandé.

« N-non, ce n’est pas exactement de cette manière que je le décrirais. »

Il m’avait regardé, confus.

Allez, je serai gêné si tu me regardes comme ça, m’étais-je dit.

 

 

« Tu es nu, mais tu es terriblement imbu de toi-même. »

« Hé, bizut, tu ferais mieux de faire gaffe à ce que tu dis. Je suis ici depuis plus longtemps que toi. Ça veut dire que je suis le maître de cette cellule, ton aîné. Fais preuve d’un peu de respect », avais-je ordonné.

« O-ouais. »

« Ta réponse devrait être “oui, monsieur” ! »

« Oui, monsieur. »

Pourquoi, me demandez-vous, me comportais-je de façon si arrogante devant quelqu’un que je venais de rencontrer pour la première fois ? Parce que je m’ennuyais, bien sûr.

« Malheureusement, il n’y a pas de tapis sur lequel tu peux t’asseoir, alors assieds-toi quelque part. »

« Oui, monsieur. »

« Maintenant, bizut. Pourquoi t’a-t-on jeté ici ? »

J’avais essayé d’avoir l’air dur quand je le lui demandais.

Je m’attendais à ce que mon impertinence, malgré le fait que je sois plus jeune, puisse l’enrager, mais il répondit simplement avec un air abasourdi :

« Ils m’ont surpris en train d’essayer de les escroquer. »

« Oho, le jeu, c’est ça ? Pierre-Feuille-Ciseaux ? »

« Qu’est-ce que c’est que ça ? Non, dés. »

« Dés, hein ? »

Il avait probablement utilisé des dés truqués qui n’atterrissaient que sur quatre, cinq ou six.

***

Partie 2

« Un crime ennuyeux pour lequel il faut se faire prendre. »

« Et toi ? », demanda-t-il.

« Cela se voit rien qu’en me regardant, hein ? L’indécence publique. »

« Qu’est-ce que c’est que ça ? »

« Tout nu, j’ai mis mes bras autour d’un chiot de couleur argentée, puis ils m’ont jeté là-dedans », avais-je expliqué.

« Ah ! J’ai entendu les rumeurs. Un démon du sexe a agressé la bête sacrée de Doldia ! »

Quelqu’un dehors avait eu le toupet de dire ses mots. Pour commencer, c’était une fausse accusation. Non pas que je gagnerais quoi que ce soit en revendiquant ces choses ici.

« Bizut, si tu es un homme, tu comprends, non ? Le désir que l’on ressent pour une créature adorable. »

« Aucune idée. »

Ses yeux changèrent, et maintenant il me regardait avec suspicion. Ils n’avaient pas vraiment changé. Ses yeux étaient comme ça depuis le début.

« Alors, bizut, c’est quoi ton nom ? »

« Geese », répondit-il.

« Es-tu un militaire ? As-tu mangé plus de repas en tant que soldat qu’il n’y a d’étoiles dans le ciel ? »

« Militaire ? Non, je suis simplement un aventurier. Ça fait un moment que j’en suis un. »

Geese. Voyons voir, j’avais l’impression d’avoir déjà entendu ce nom. Mais où ? Je ne m’en souvenais pas. On aurait dit qu’il y avait beaucoup de gens qui portaient ce nom, alors il n’était probablement pas le Geese que je connaissais.

« Je suis Rudeus. Je suis plus jeune que toi, mais ici, je suis ton patron. »

« Bon d’accord. »

Geese haussa les épaules, bascula sur l’endroit où il se tenait et releva la tête.

« Hm ? Rudeus… J’ai déjà entendu ce nom. »

« Je suis sûr que beaucoup de gens ont ce nom. »

« Eh, cela doit être probablement ça. »

Maintenant, nous faisions tous les deux la pose du Bouddha couché alors que nous nous faisions face l’un à l’autre, bien que l’un de nous soit nu. N’est-ce pas un peu étrange ? Pourquoi étais-je, moi, la plus grande personne qui occupait cette cellule, nu alors que le novice portait encore ses vêtements ? Étrange. Très étrange en effet.

« Hé, bizut. »

« Qu’y a-t-il, patron ? », demanda-t-il.

« Ton gilet a l’air chaud. Donne-le-moi. »

« Quoi… ? »

Geese avait l’air mécontent quand il me répondit : « Très bien, le voici ». Il retira donc le gilet avant de me le jeter à la figure. Il était peut-être doué pour s’occuper des gens, contrairement à ce que pensais de lui au départ.

« Ah, merci beaucoup », avais-je dit en prenant un ton poli.

« C’est pour que tu puisses montrer ta gratitude », avait-il ajouté.

« Bien sûr. Ça fait des jours que je fais du freestyle. Pour la première fois depuis un moment, je me sens à nouveau comme une personne. »

« Patron, tu n’as pas besoin de parler d’une manière si fantaisiste. »

J’avais ainsi obtenu l’apparence d’un morveux au nez d’un morveux tout droit sorti de l’époque Edo.

Notre garde nous regarda, un regard maussade sur son visage, mais elle n’avait rien dit.

« Maintenant, je peux sentir ta chaleur rayonner de ce gilet. »

« Hé, ne me dis pas que tu aimes aussi les hommes ? », me demanda Geese.

« Bien sûr que non. Avec les femmes, j’irai jusqu’à la quarantaine, mais à moins que tu ne ressembles à une femme, je n’ai aucun intérêt pour les hommes. », répondis-je.

« Donc ça ne te dérange pas du moment qu’ils ressemblent à des femmes… »

Geese me regardait avec incrédulité. Mais s’il rencontrait une femme de son genre, une femme qui extrayait son Excalibur comme Arthur, alors il deviendrait aussi un Merlin. Au sens sexuel, bien sûr.

« Au fait, bizut, j’ai quelque chose à te demander. »

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Quel est cet endroit ? », avais-je demandé.

« C’est une cellule située dans le village de Doldia, dans la Grande Forêt. »

« Et qui suis-je ? »

« Rudeus. Le pervers nu qui a posé ses mains sur un chiot », répondit-il.

Aha ! Mais je n’étais plus nu ! Aussi, c’était une fausse accusation. Je n’étais pas un pervers.

« Et qu’est-ce qu’un démon comme toi fait dans le village de Doldia, à parier ta vie ? »

Geese m’expliqua tout.

« Une de mes connaissances d’il y a longtemps était une Doldia, alors je suis venu au cas où je la rencontrerais. »

« Vraiment ? »

« Je ne l’ai pas vu », dit-il.

« Alors même si elle n’était pas là, as-tu joué ? Escroqué ? » avais-je continué.

« Je ne pensais pas me faire prendre. »

Ce type était sans espoir. Mais peut-être qu’il n’était pas inutile.

« Bizut. Que peux-tu faire d’autre à part escroquer ? »

« Je peux tout faire », a-t-il dit.

« Oho, comme si tu pouvais faire un dragon à main nue et frapper quelqu’un avec ? »

« Non, c’est impossible. Je suis nul au combat. », avait-il répondu

« Pourrais-tu t’occuper d’une centaine de femmes à la fois ? » avais-je demandé.

« Une, c’est beaucoup, deux tout au plus. »

Pour ma dernière question, j’avais baissé la voix assez pour que le garde ne puisse pas nous entendre et j’ai dit :

« Pourrais-tu aller en ville si tu sors d’ici ? »

Il se redressa, jeta un coup d’œil rapide à la garde, puis se gratta la tête. Il rapprocha son visage du mien et parla à voix basse.

« Essaies-tu de t’enfuir ? »

« Mon compagnon ne viendra pas, alors oui. »

« Ahh, ouais, c’est… Eh bien, ça craint. »

Hé toi, ça suffit. Si tu le dis comme ça, on dirait que mes amis m’ont abandonné, pensais-je

Ruijerd ne me laisserait jamais comme ça. J’étais sûr qu’il cherchait partout les parents de ces enfants en ce moment. Mais il se pourrait aussi que quelque chose se soit produit et qu’il eût des ennuis. Peut-être qu’il attendait mon aide.

« Fuis tout seul alors. Ça n’a rien à voir avec moi », dit M. Geese.

Je m’étais expliqué : « Je ne connais pas le chemin vers la ville la plus proche d’ici. »

« Alors comment es-tu arrivé ici ? »

« J’ai sauvé des enfants kidnappés par des trafiquants », lui avais-je dit.

« Tu les as sauvés ? »

« Et pendant que nous étions là, j’ai enlevé le collier qui avait été mis sur ce chiot, et après l’avoir fait cette bête m’est soudainement tombée dessus, tout en criant sur moi. Puis je ne pouvais plus bouger et ils m’ont amené ici. »

Déconcerté, Geese se grattait encore la tête. Je ne l’avais peut-être pas assez bien expliqué.

« Ahh, c’est donc ce qui s’est passé. Tu as été accusé à tort ? »

« Exactement. »

« Je vois. Ouais, alors je comprends mieux ton envie de t’enfuir. »

« C’est pour ça que j’aimerais que tu m’aides », avais-je dit.

« Je ne veux pas. Fuis par toi-même si tu le veux tellement. », avait-il répondu.

Il pouvait dire tout ce qu’il voulait, mais ça ne m’avait pas aidé à trouver le chemin. Ce ne serait pas drôle si je me perdais dans les bois en allant aider Ruijerd.

« Mais si c’est vraiment une fausse accusation, ça devrait aller. Ils comprendront. »

« J’espère que tu as raison », avais-je dit.

De mon point de vue, Gyes n’était pas du genre à écouter les gens. Même s’il était vrai que j’avais aidé ces enfants à s’échapper. S’ils revenaient, les fausses accusations contre moi seraient abandonnées.

« Alors je ferais mieux d’attendre encore un peu. »

« Oui, tu devrais. Fuir ne résout rien », déclara-t-il. Geese se retourna sur le côté.

J’avais décidé d’attendre comme il l’avait suggéré. Heureusement, il me restait encore des options. Si c’était le cas, je pourrais engloutir toute cette région dans une mer de flammes et m’échapper. Je me sentais mal pour la tribu Doldia, mais c’était eux qui m’avaient arrêté sur la base de fausses accusations, donc nous étions quittes.

Malgré tout, Ruijerd prenait son temps. J’avais supposé qu’il mettait tout ce temps pour trouver les parents des enfants, mais c’était quand même trop.

Sixième jour.

Cet appartement était vraiment confortable à vivre. De la nourriture nous avait été fournie. Il était équipé d’un bon climatiseur (quoiqu’artificielle), et bien qu’au début je pensais que c’était ennuyeux parce qu’il n’y avait rien à faire, maintenant j’avais un partenaire de conversation.

Le lit était infesté d’insectes, mais grâce à l’air chaud que j’avais créé avec ma magie, ils avaient tous été éradiqués. Les toilettes étaient dans leur triste état habituel, mais c’était titillant de penser à cette jolie femme aux oreilles d’animaux plus âgés qui nettoyait après moi.

Pourtant, je me sentais anxieux de ne pas avoir de nouvelles. Cela faisait près d’une semaine que j’avais été amené ici. Ruijerd n’était-il pas vraiment en retard ? N’était-il pas normal de supposer qu’il s’est passé quelque chose ? Des ennuis que Ruijerd ne pouvait pas gérer tout seul ?

Je n’avais aucune idée de l’aide que je pourrais donner si j’y allais. Il était peut-être déjà trop tard. Malgré tout, j’avais besoin d’y aller. Demain. Non, après-demain. J’attendrais jusqu’à après-demain.

Ce jour-là, je réduirais ce village en champ de flammes. Ou pas, parce que je me sentirais mal à l’aise après avoir fait ça. Au lieu de cela, je prendrais la garde comme prisonnière et je m’enfuirais.

Septième jour.

C’était mon dernier jour dans cette cellule. Dans les profondeurs de mon esprit, j’étais en train d’élaborer soigneusement un plan, tandis qu’à l’extérieur, je mangeais et dormais paresseusement. Je n’arrivais pas à garder cette mentalité de reclus de ma vie antérieure, qui réapparaîtrait. Demain, j’aurais besoin de renforcer mon esprit.

« Yo, bizut… » J’avais crié sur Geese dans mon style habituel de voyou alors que je m’installais au sol.

« Quoi ? »

« Est-ce la seule cellule du village ? »

« Pourquoi demandes-tu ça ? », répondit-il.

« C’est juste qu’ils ne jettent pas deux personnes dans la même cellule sans raison, non ? » avais-je raisonné.

« Normalement, ils n’utilisent pas cette cellule. Les criminels sont généralement envoyés au port de Zant. »

Expédié au port de Zant, hein ? La tribu Doldia ne jetait donc que des criminels spéciaux dans cette cellule ? On m’avait pris pour un contrebandier et on m’avait accusé à tort de tentative de bestialité sur leur Bête Sacrée. Ça devait être très important pour le village d’avoir un titre aussi spécial. Cela faisait de moi un criminel encore plus extraordinaire.

Mais attendez.

« Alors pourquoi t’a-t-on mis ici ? Tu as été arrêté pour escroquerie, n’est-ce pas ? »

« Ne me le demande pas. Probablement parce que c’était arrivé au village et que ce n’était pas grave. »

« Alors c’est pour ça ? »

« C’est la raison de ma présence ici », répondit-il.

Quelque chose m’avait paru un peu bizarre. Je m’étais gratté le côté, puis l’estomac. Pendant que j’y étais, je m’étais gratté le dos. Pour une raison ou une autre, j’avais des démangeaisons. Dès que j’avais réalisé cela, j’avais regardé vers le bas et j’avais vu quelque chose sauter. Je vis une puce sauter.

« Gaaah ! Ce gilet, il y a des insectes qui en sortent ! »

« Hm ? Oh oui, je ne l’ai pas lavé depuis un certain temps », déclara Geese.

« Alors, lave-le ! » J’ôtais le gilet et je le lui jetais. Il l’attrapa en plein vol, envoyant des insectes se disperser sur le sol. Je les avais aussitôt exterminés avec la chaleur de ma magie de l’air. Saletés de parasites… !

« Ça fait un moment que je te regarde faire ça. C’est vraiment incroyable. Mais comment fais-tu ça ? »

« Incantation silencieuse, j’utilise la magie sans incantation », expliquai-je.

« … Huh. Sans incantation. C’est vraiment incroyable. »

Oui, et maintenant que je pensais à la façon dont ces insectes avaient essaimé à l’intérieur de ce gilet, tout mon corps s’était soudainement senti extrêmement irrité. Je devrais guérir chaque morsure une par une. C’était peut-être parce que je ne portais rien sous le gilet, mais mon dos semblait avoir une quantité ridicule de morsures. C’est ça, mon dos. Un endroit que ma main ne pouvait pas atteindre. Gaah !

« Yo, bizut. »

« Quoi ? »

« Viens ici et gratte-moi le dos, ces démangeaisons sont infernales », avais-je ordonné.

« Oui, oui. »

Je m’étais assis, les jambes croisées. Geese était arrivée par-derrière. Il s’était mis à me gratter.

« Oui, là, juste là. Oh ouais, tu es vraiment douée pour ça. »

« Je te l’ai dit, non ? Je peux tout faire. Si tu veux, je peux aussi te masser les épaules. », avait-il dit.

Comme l’avait dit Geese, celui-ci bougea ses mains sur mes épaules. Mince. Il était vraiment bon à ça.

J’avais instinctivement redressé mon dos.

« Ooh, tu es vraiment bon. Ça fait du bien. Ahh, la prochaine fois va un peu plus bas. Mm, ouais, juste là… hm ? »

C’est à ce moment que je réalisais que quelque chose n’allait pas du tout. Mais quoi ? Quelque chose était différent des autres jours.

« He, bizut… »

« Et maintenant ? Tu veux que j’aille plus bas ? Tu veux que je te gratte aussi le cul ? »

« Non, n’as-tu pas l’impression que quelque chose est bizarre ? »

« Oui, patron, c’est ce qui est dans ta tête qui est bizarre », avait-il répondu.

« À part ça ! »

J’avais craqué. Comme c’était grossier.

« Eh bien, ouais… cette gardienne n’est pas entrée. »

Oui, exactement. Normalement, c’était l’heure de notre repas de midi. Un moment où nous mangions nos délicieux et succulents plats avant de mettre nos mains ensemble en remerciement. Mais nous n’avions pas d’horloge, donc il était possible que je me sois trompé d’heure. Pourtant mon ventre douloureux semblait penser que c’était l’heure du déjeuner.

« De plus, on dirait qu’il y a beaucoup de bruit dehors. »

« Vraiment ? »

J’avais écouté attentivement et effectivement, j’avais entendu de l’agitation au loin. Mais j’avais aussi l’impression que ça pouvait être mon imagination.

« Il fait aussi un peu chaud. »

« Maintenant que tu le dis, c’est vrai, il fait terriblement chaud aujourd’hui », avais-je réalisé.

« Et puis, n’y a-t-il pas un peu de fumée ici ? »

« Maintenant que tu le dis… »

Il avait raison. Un mince voile de fumée grise s’était infiltré. La fumée s’échappait de la lucarne et de l’entrée principale.

« Bizut, prête-moi ton épaule. »

« Je suppose que je n’ai pas le choix. Voilà pour toi. »

Geese me mit sur ses épaules, et de la vue légèrement plus haute de la lucarne, j’avais jeté un coup d’œil à l’extérieur.

La forêt brûlait.

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