Mushoku Tensei (LN) – Tome 4 – Chapitre 4 – Partie 2

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Chapitre 4 : Un démon dans l’entrepôt

Partie 2

J’avais fait un signe de tête ferme. Si je le disais à quelqu’un, il me traquerait et me tuerait, non ? Gallus me l’avait déjà dit à Port Venteux. Ils auraient mieux fait de me faire signer avec du sang plutôt que s’en tenir à une promesse uniquement verbale. Alors pourquoi ne l’avaient-ils pas fait ? Parce qu’il y avait des races qui n’avaient pas d’empreintes digitales. En outre, il était probable que personne ne voulait s’engager à écrire quelque chose comme ça. Cela ne laisserait que des preuves de leurs actes répréhensibles.

« … »

Mohawk frappa à la porte d’entrée. Bang, bang, bang. Bang, bang, bang. Il devait y avoir une règle sur la façon de la frapper.

Au bout d’un moment, un homme aux cheveux blancs et à l’uniforme de majordome apparut de l’intérieur. Il vérifia nos deux visages avant de dire sèchement : « Entrez. »

C’est ce qu’on fit. Devant nous, un escalier conduisait au deuxième étage. De chaque côté se trouvait un autre ensemble qui menait au sous-sol. Il y avait des portes à droite et à gauche. Franchement, ça ressemblait à un hall d’entrée d’un manoir. Dans un coin, des hommes à l’air louche avaient les coudes croisés sur une table ronde.

J’avais commencé à me sentir nerveux.

C’est alors que le majordome aux cheveux blancs me regarda, des soupçons dans ses yeux, en me demandant : « Et qui tu as envoyé ? »

« Ditz. »

C’était le nom que Gallus nous avait dit de dire.

« Lui, hein ? Pourtant, je ne m’attendais pas à ce qu’il utilise un enfant pour ça. Il est vraiment prudent. »

« Telle est la nature des marchandises que nous manipulons. »

« Hm, en effet. Prends-le vite, alors. C’est terrifiant et au-delà de notre pouvoir. »

Le majordome sortit un anneau de clés de sa poche de poitrine et en passa une à Mohawk.

« Chambre 202. »

Le Mohawk hocha tranquillement la tête. Nous avions commencé à marcher.

J’entendais le grincement du plancher sous ses pieds, ainsi que le bruit de quelqu’un qui gémissait quelque part dans le bâtiment. L’odeur d’un animal s’échappait parfois. C’est alors que j’avais remarqué qu’il y avait une pièce adjacente à la zone principale avec des barres de fer en travers. J’avais jeté un coup d’œil à l’intérieur. Dans la faible lumière qui filtrait, je pouvais voir un cercle magique sur le sol. Dans ses limites se trouvait une grande bête enchaînée et étalée. Il faisait trop sombre pour en être certain, mais je n’avais jamais vu ce genre de créature sur le Continent Démon auparavant. Ça devait être quelque chose d’indigène sur le Continent Millis.

Où étaient ces esclaves qui avaient été emmenés captifs ? On nous avait dit de les libérer, mais on ne nous avait pas dit où ils se trouvaient. Peut-être que Ruijerd le saurait.

Mohawk descendit des escaliers situés plus profondément à l’intérieur du manoir. Le majordome avait dit chambre 202, alors j’avais supposé qu’elle ce situerait à l’étage, mais il semblerait qu’elle se trouvait au sous-sol.

« Elle est donc au sous-sol, hein ? »

« Le deuxième étage n’est qu’un leurre pour tromper les gens. »

Cela signifiait donc que les objets du deuxième étage ne posaient aucun problème si quelqu’un les trouvait. Les marchandises qui étaient fortement taxées ou qui, si elles étaient passées en contrebande, seraient passibles d’une peine sévère étaient gardées au rez-de-chaussée.

« Ça y est. »

Mohawk s’arrêta devant une porte avec une plaque qui disait « 202 ». Quand je jetais un coup d’œil à l’intérieur, j’avais vu Ruijerd avec les mains menottées derrière le dos, des brins de cheveux d’émeraude commençant à apparaître sur sa tête. Il n’était pas surprenant qu’après l’avoir laissé comme ça pendant une semaine, il avait maintenant l’air d’avoir de la mousse qui poussait sur le dessus de sa tête.

« Merci pour votre aide. »

Mohawk hocha la tête et prit son poste devant la porte d’entrée. Je supposais que c’était un guetteur.

« N’enlève pas ses menottes ici. Il n’y a rien qu’on puisse faire pour arrêter un Superd si ça devient incontrôlable. »

Mohawk avait l’air un peu pâle quand il dit ça.

Il semblerait que les cheveux de couleur émeraude, malgré le fait qu’il y en ait peu sur la tête de Ruijerd, étaient efficaces. Mohawk serait encore plus terrifié si j’enlevais les liens de Ruijerd et commençais à le commander. Non, il n’était pas nécessaire de faire un numéro comme ça, prétendant être le faible génie maléfique qui contrôlait le monstre.

Où ai-je mis la clé de ses menottes ? J’avais fouillé ma poche de poitrine, mais elle était introuvable. Je l’avais peut-être laissée à l’auberge. C’était trop dérangeant, alors j’avais décidé d’utiliser ma magie. En m’approchant de Ruijerd, j’avais remarqué un regard sinistre sur son visage.

Ouais, je le savais. Les gens s’énervent quand ils ont faim. Attends encore un peu et on te donnera à manger, pensais-je

« Rudeus, rapproche ton oreille », chuchota Ruijerd.

« Qu’est-ce que c’est ? »

Alors que je rapprochais mon visage plus près du sien, Mohawk sembla paniquer et dit :

« H-hey ! Arrête ça ! Il va te l’arracher ! »

Non, ne t’inquiète pas. C’est de Ruijerd qu’on parle, il me laissera partir en un seul morceau, pensai-je en me penchant plus près.

« Ils ont kidnappé des enfants. Sept au total. »

Oh ? C’était plus que ce à quoi je m’attendais.

« Des enfants de races bestiales. Pris contre leur volonté. Je les entends pleurer, même d’ici. »

« C’est peut-être eux qu’on est censés sauver ? »

« Je ne sais pas. Mais il n’y a personne d’autre ici. »

Les enfants. Des esclaves, je suppose. Parmi eux se trouvait la personne dont Gallus disait qu’elle leur causerait des ennuis à l’avenir. Ou peut-être que c’était quelqu’un d’autre, quelqu’un d’important.

« Nous allons les sauver, bien sûr. Pas vrai ? »

« Eh bien, après tout c’est un travail que nous avons accepté », lui avais-je répondu.

Quoi qu’il en soit, on pourrait vérifier chaque pièce pour s’en assurer. Il ne restait qu’un seul problème.

« Il y a beaucoup de gardes du corps dans cette bâtisse. »

« Je le sais », dit-il.

« Alors qu’est-ce qu’on va faire d’eux ? »

Même si c’était de Ruijerd que nous parlions, il lui serait toujours difficile de passer inaperçu et de libérer tous ces esclaves.

« Tuons-les tous. »

Effrayant !

« Tuons-les tous, hein… ? »

« Ils ont kidnappé des enfants. »

Il avait un regard d’incrédulité sur son visage. Comme si je l’avais trahi.

Ce n’était pas comme si j’avais exprimé mon opposition. Gallus n’avait jamais précisé quelles méthodes nous pouvions et ne pouvions pas utiliser. À en juger par sa façon de parler, il avait probablement supposé que je laisserais Ruijerd les massacrer tous. Mais j’avais initialement prévu de le relâcher et de partir, puis de m’infiltrer furtivement afin de libérer les captifs. J’avais l’impression que mes plans étaient trop naïfs. Les tuer tous ne sera peut-être pas une manière d’honorer le nom de la tribu de Ruijerd, du moins à mon avis, mais nous n’avions pas le choix cette fois-ci.

« N’en laisse pas un seul vivant. »

Je n’avais pas dit ça pour être impitoyable ou cruel. Une organisation de contrebande récompenserait un client qui les avait trahis en envoyant des assassins qu’ils avaient élevés depuis leur naissance. La seule chose qui attendait les traîtres était une mort impitoyable.

Je n’étais pas sûr de ce que Gallus ferait après ça. Il pourrait envoyer des assassins à nos trousses pour nous faire taire. Tant que Ruijerd était avec nous, nous n’avions pas peur des assassins, mais nous ne pourrions pas dormir en paix. Rien ne garantissait non plus que Ruijerd soit toujours avec nous.

« OK, laisse-moi faire. »

Ouah, c’était exactement la réponse à laquelle je m’attendais, Ruijerd ! Ce sont des mots réconfortants.

« Je ne laisserai personne en vie. Pas une seule. »

Effrayant. Une veine bleue s’était formée sur son front. Dernièrement, je pensais qu’il s’était un peu adouci, mais aujourd’hui, il avait soif de sang. Qu’est-ce que ces contrebandiers avaient fait pour l’énerver à ce point ?

« Puis-je demander ce qu’ils ont fait à ces enfants ? »

« Tu le sauras quand tu les verras. »

Cela ne me disait vraiment rien

« Ne t’inquiète pas. Tu n’auras pas besoin de te salir les mains », dit Ruijerd, en comprenant mal mon comportement.

Mon corps s’était figé et je lui avais dit : « Non. » Ses paroles étaient comme une épine qui me piquait le cœur.

« Je vais… aussi le faire. »

C’était vrai qu’au cours de l’année écoulée, j’avais évité de prendre la vie de qui que ce soit. J’avais tué des bêtes sans me poser de questions, même celles qui étaient humanoïdes. Mais je n’avais pas commis de meurtre. En partie parce que je n’en avais pas besoin, mais il y avait aussi beaucoup de raisons pour que je ne le fasse pas. Je n’avais jamais eu l’envie de tuer quelqu’un.

Ce monde était impitoyable. C’était un monde où les gens se battaient quotidiennement à la vie à la mort. Un jour ou l’autre, je devrais tuer quelqu’un. C’était une situation que je vivrais un jour. Je pensais m’y être préparé mentalement, mais ce que j’avais fait n’était pas de la préparation mentale. Tout ce que j’avais fait, c’était de réduire la force de mon canon de pierre à un niveau tel qu’il ne pouvait tuer personne.

En fin de compte, j’avais des scrupules à prendre la vie de quelqu’un. Je pourrais prétendre le contraire si je le voulais, mais la vérité était que je ne voulais pas briser le tabou du meurtre. Je ne m’étais pas préparé, je ne pouvais pas me préparer. Ruijerd l’avait senti. C’était pour ça qu’il avait dit ce qu’il avait dit. Il veillait sur moi.

« Ne fais pas cette tête. Tes mains servent à protéger Éris. »

Eh bien… Je suppose qu’il avait raison. Ça ne servait à rien de me forcer à tuer. J’avais décidé aujourd’hui de laisser le travail à Ruijerd. S’il pouvait le faire tout seul, il valait mieux le lui confier. Peu importe si cela fait de moi une mauviette. Il valait mieux se concentrer sur ce que j’étais capable de faire que sur ce que je n’étais pas.

« Très bien alors. Je vais libérer les enfants. Sais-tu où ils sont ? »

« La porte d’à côté. »

« Très bien alors. Essaye de rassembler les cadavres. Nous les brûlerons tous après. »

« Compris. »

Sans plus tarder, j’avais enlevé ses menottes. La porte grinça lorsque Ruijerd se leva lentement.

« Hé, toi ! Comment diable as-tu pu enlever tes menottes !? », dit le Mohawk, paniqué.

« Ne t’inquiète pas. Il écoutera ce que je dis. »

« Vraiment ? »

Mohawk semblait un peu soulagé de m’entendre dire ça.

Je passais la lance à Ruijerd.

« Même s’il va quand même devenir fou, de toute façon. »

« Hein… ? »

Mohawk avait été la première victime. Ruijerd l’avait tué sans faire de bruit. Puis, tout aussi silencieusement, il courut vers les escaliers. Je m’étais déplacé dans la direction opposée à la pièce où les enfants étaient détenus.

« Gaaaaaah ! »

« Un Superd ! Il a enlevé ses menottes ! »

« Merde ! Il tient une lance ! »

« C’est un démon ! Aaaaah, c’est un démon, aaah ! »

Les cris au rez-de-chaussée commencèrent dès que j’avais atteint la porte.

 

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