Mushoku Tensei (LN) – Tome 4 – Bonus – Partie 3

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Bonus : Fitz garde du corps

Partie 3

Des armes à l’armure, l’équipement était parfait. Ariel les avait toutes obtenues après son incident précédent. Seule la baguette que Fitz tenait était différente. C’était une petite baguette, du genre de celle qu’on donnait à un apprenti qui commençait à peine à apprendre la magie. Ce n’était ni un objet magique ni un instrument magique.

« Eh bien, Seigneur Pilemon, merci pour votre temps. »

« Oui. Au fait Princesse Ariel, ça pourrait être l’occasion parfaite pour que quelqu’un puisse découvrir ce que nous planifions, alors assurez-vous de ne laisser rien transpirer. »

« En effet. »

Tandis que Luke et Fitz les gardaient, Ariel et Pilemon conclurent leur réunion. Ils semblaient tous les deux satisfaits lorsqu’ils traversèrent la pièce et se dirigèrent vers la porte. En réponse, Luke suivit le rythme d’Ariel et se mit en ligne directement derrière elle. Fitz était un peu plus lent, mais suivait l’exemple de Luke.

« Luke, assure-toi de protéger Madame. »

« Ha ha ha. »

Pilemon laissa ce message à son fils avant son départ. Tandis qu’il regardait son père s’en aller, Luke s’inclina comme le voulait la coutume.

« Ouf… ça a pris pas mal de temps. Mangeons, d’accord ? »

« Oui, Princesse. »

Luke sonna la cloche pour appeler les serviteurs. Il sonna trois fois. Lorsqu’une dame d’honneur apparue, il lui demanda de préparer la nourriture, puis il retourna à sa place derrière Ariel.

Fitz avait suivi toute l’interaction avec beaucoup d’intérêt.

« Y a-t-il une sorte de système avec cette cloche ? Est-ce que tu dois sonner un certain nombre de fois pour demander à manger ? »

« Bien sûr que non. C’est juste une cloche normale », dit Luke avec exaspération.

Fitz fit la moue avec ses lèvres et hocha la tête.

« Ah, d’accord. Je suppose que c’est logique. »

Dernièrement, Fitz posait tout le temps des questions comme celle-là à Luke, y compris des questions sur les bonnes manières à l’heure des repas et sur l’étiquette des salutations. Fitz lui-même n’avait guère plus qu’une vague connaissance de ces choses, c’est pourquoi d’autres nobles riaient à ses dépens chaque fois. Chaque fois, il se mettait dans l’embarras et demandait à Luke l’étiquette appropriée pour qu’il puisse le faire parfaitement la prochaine fois.

« Hee hee. »

Ariel riait de leur conversation.

« Fitz, tu as enfin commencé à t’habituer à l’étiquette de la cour dernièrement, n’est-ce pas ? »

« Pas du tout. J’ai encore un long chemin à parcourir. »

« Voir à quel point tu travailles dur réchaufferait le cœur de n’importe qui. »

« Je n’en suis pas si sûr. Les autres nobles semblent me détester. »

Fitz fit une autre moue avec ses lèvres et se retourna pour regarder Luke. Ce dernier détourna simplement le regard comme si l’affaire n’avait rien à voir avec lui.

« Les ragots de la populace ne te concernent pas. Je t’aime bien », dit la princesse.

« … Merci. »

Fitz n’avait pas l’air très content, mais il inclina la tête devant Ariel.

« À propos, Princesse, avez-vous trouvé ma famille ou mon maître ? »

Ariel secoua la tête faiblement.

« Non… »

Fitz avait accepté de devenir le gardien d’Ariel en lui imposant ses propres conditions. La première était qu’elle pardonnerait son crime : son intrusion dans le palais sans autorisation. Fitz était apparu soudainement le jour de l’incident. Même si ce n’était pas de son plein gré, il était entré dans ces lieux sans autorisation, ce qui était un délit punissable selon les lois du Royaume Asura. À la discrétion d’Ariel, il avait été épargné de la punition, bien que cela se serait sûrement produit de toute façon, étant donné qu’il lui avait sauvé la vie dans le processus.

L’autre condition était qu’elle cherche les amis et la famille dont il avait été séparé. Étant donné que l’incident s’était produit dans la région de Fittoa, le seigneur de cette région (Boreas) aurait dû s’en charger. Mais la famille Boreas avait perdu toutes ses terres et les gens sous son commandement avec elle.

Ces nobles qui considéraient la famille Boreas comme leurs ennemis y avaient vu une occasion parfaite et lancèrent leur attaque avec empressement. C’était tout ce que la famille pouvait faire pour essayer de préserver sa position. Ils n’avaient pas le luxe de chercher des résidents disparus. Ils avaient organisé quelque chose qui ressemblait plus ou moins à une équipe de recherche, mais ils l’avaient fait uniquement pour sauver les apparences. Ariel utilisa donc son argent personnel pour réunir une équipe et leur ordonner de chercher.

Par ailleurs, le ministre de haut rang Darius, qui soutenait le premier prince, allait prendre plus tard la famille Boreas sous sa protection et investirait dans une équipe de recherche. Une équipe de recherche qui prendrait de l’ampleur, mais… eh bien, tout ceci sera pour une prochaine fois.

Avec ces deux conditions, Fitz était devenu le gardien et le protecteur d’Ariel.

« Je ne sais pas où se trouve ta famille. Comme tu le sais, ils ont été dispersés dans le monde entier. »

« Oui… Je comprends. »

Le visage de Fitz s’effondra, suffisamment pour que quiconque le voyait ait pitié de lui.

Ariel le remarqua et eut un rare regard de détresse sur son visage.

« Fitz… Je m’excuse. Pour l’instant, je n’ai pas beaucoup de pouvoir. »

« Non, je n’aurais rien pu faire tout seul, alors je vous suis reconnaissant pour ce que vous avez fait. »

L’expression d’Ariel devint pensive en voyant le courage avec lequel Fitz répondit. Puis elle applaudit soudainement.

« C’est vrai ! Fitz, viens dans ma chambre ce soir. »

« Hein !? »

Sa proposition soudaine provoqua un grincement inhabituellement fort de la part de Fitz.

« J’ai entendu dire que tu faisais des cauchemars ces derniers temps, tu faisais même beaucoup de bruit dans ton sommeil. Si tu dors à côté de quelqu’un, ça pourrait atténuer le problème, non ? »

« Mais je ne suis que votre garde du corps, un paysan, et vous êtes une princesse… Luke, dis quelque chose ! »

Alors que la conversation se tournait soudain vers Luke, celui-ci lui fit un sourire primitif et correct et dit : « Pourquoi ne pas accepter son offre ? Considère ça comme une récompense. »

« Une récompense… ? »

« Eh bien, je suis sûr que ça va faire courir d’étranges rumeurs, mais ça devrait aller. Tu as bien enduré leurs ragots jusqu’à présent, n’est-ce pas ? »

Fitz n’avait pas d’alliés ici. Il poussa un soupir au moment où il s’en était rendu compte.

◇ ◇ ◇

Alors qu’Ariel et Pilemon conspiraient l’un avec l’autre, ailleurs dans le palais impérial, une autre conspiration prenait forme.

« Quels sont les derniers mouvements d’Ariel ? »

Deux hommes conversaient dans une pièce. L’un d’eux était un jeune homme aux cheveux blonds et doux, dans la vingtaine. Dans une main, il tenait une coupe à vin en verre de Begaritt, qui contenait du vin frais de la région de Milbotts.

L’autre homme était un homme corpulent qui avait l’air d’avoir une cinquantaine d’années. Une fille à moitié nue était assise sur ses genoux, et sa main était tendue vers ses fesses.

« Je dirais qu’ils sont un peu suspects. »

Sa voix était froide et ses yeux brûlaient de convoitise alors qu’il regardait la fille. Elle rougit et baissa les yeux pendant qu’il lui frottait les fesses.

Le jeune homme n’avait pas l’air de s’en faire. Il appréciait juste le goût de son vin en barattant le liquide dans son verre.

« Ça ne me dit rien. »

« J’ai appris qu’elle a inséré ses propres hommes dans la Guilde des Chevaliers et dans la Garde Impériale. »

« La Guilde des chevaliers et la Garde impériale ? Au diable cette Ariel. A-t-elle l’intention de faire un coup d’État ? »

L’homme plus âgé glissa sa main dans la culotte de la fille tout en secouant la tête.

« Impossible. Elle n’est pas si impatiente. Je suis sûr qu’elle a simplement l’intention d’augmenter le nombre de ses alliés. »

« Mais la Guilde des chevaliers et la Garde impériale n’ont aucune influence politique. »

« Oui, en effet. Mais il y a beaucoup de gens du peuple au sein de la Guilde des Chevaliers et de la Garde Impériale. Ce sont les gens avec qui la princesse Ariel peut le plus facilement travailler. Je suis sûr que ce n’est que le début de ses plans. »

« Hum… »

L’homme plus âgé poursuivi : « De plus, ce n’est pas comme si elle avait sa propre armée privée. »

Le jeune homme se mit à réfléchir. La Guilde des chevaliers et la Garde impériale n’avaient aucun pouvoir politique. Le royaume d’Asura avait sans aucun doute la plus grande force militaire de toutes les nations, mais la moitié de leurs soldats étaient des gens du peuple. Ceux qui étaient au sommet étaient ses nobles et ses partisans, donc les remplacer ne serait pas facile.

Néanmoins, la guilde et la garde seraient les premiers à bouger si quelque chose arrivait dans la capitale impériale. Si les capitaines et les commandants étaient tous remplacés par des gens qui soutenaient Ariel, alors les soldats et les chevaliers sous leur commandement s’allieraient aussi à elle, étant donné qu’elle était très populaire. Dans ce cas, il ne pouvait exclure la possibilité d’un coup d’État.

« C’était un peu un angle mort pour moi. On dirait que ma petite sœur est très intelligente. »

Il y avait de l’admiration dans sa voix lorsqu’il parlait.

Le gros homme se mit à rire en jouant avec le corps de la fille.

« C’est absurde. C’est juste un acte désespéré, j’en suis sûr. »

Un sourire courba ses lèvres alors que les gémissements étouffés de la jeune fille commençaient à grandir.

« Aussi désespéré que cela puisse être, c’est une bonne décision. Je pensais que ce néophyte de Notos n’était rien de plus qu’un rat sournois, mais il semblerait que ce soit après tout quelqu’un de très prévoyant. »

« Que devrions-nous faire ? », demanda le jeune homme.

L’homme gros retira sa main du corps de la fille. Il trempa le bout de son doigt dans un verre de vin et le bloqua dans sa bouche, tout en le faisant dégouliner de liquide violet. La fille n’avait pas essayé de l’arrêter, mais l’avait simplement léché.

« Il n’y a rien à faire. Je les ai observés tranquillement l’année dernière. S’ils doivent être les ennemis de Votre Majesté, prince Grabel, nous devons naturellement nous en débarrasser. », a-t-il dit

« Par quels moyens ? »

L’homme volumineux mit son doigt, que la jeune fille léchait, sur ses lèvres et fit tournoyer sa langue autour de lui.

« Au lieu de cueillir les bourgeons, débarrassons-nous de celui qui sème les graines. »

« D’accord, Darius. Je te laisse faire. »

« Comme vous l’ordonnez, mon prince. »

Le premier prince Grabel et le ministre de haut rang Darius ressemblaient à deux fonctionnaires corrompus de l’époque d’Edo, qui conspiraient secrètement dans une pièce privée. La seule personne qui les entendit parler était la femme esclave qui se reposait sur les genoux de Darius. Et il se trouvait que cette fille était…

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