Mushoku Tensei (LN) – Tome 3 – Chapitre 9 – Partie 2

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Chapitre 9 : Le premier emploie : La valeur d’une vie

Partie 2

« Par ici. »

Tournant sur ses talons, Ruijerd reprit la tête. J’avais l’impression qu’Éris et moi étions juste de la figuration. Tu parles d’un travail peu stressant.

Nous étions passés par quelques rues secondaires, avions coupé à travers un boulevard et nous nous étions dirigés vers une autre rue secondaire. De là, nous nous étions dirigés vers une ruelle, puis nous étions passés sur une autre rue latérale. Etc.

Après avoir parcouru les rues de la ville à vive allure pendant un certain temps, nous avions soudainement pris un virage vers un quartier très différent. Tout ici était délabré et désolé. Les bâtiments étaient grossiers, non peints et s’effritaient par négligence. Certains des hommes que nous avions croisés nous avaient lancé des regards de mauvais augure, il y avait des gens étendus le long de la rue, et beaucoup d’enfants étaient en haillons sales.

On était dans un bidonville maintenant. Le changement n’avait pas été progressif non plus. C’était plutôt comme si nous y étions tombés en plein cœur. En quelques instants, j’étais en état d’alerte.

« Éris, sois prête à sortir ton épée à tout moment. »

« … Pourquoi ? »

« Simple mesure de précaution. Surveille aussi les gens qu’on croise dans la rue et essaye de surveiller tes arrières. »

« Euh… OK ! »

C’était une bonne idée de mettre aussi Éris sur ses gardes. Nous n’étions probablement pas vraiment en danger avec Ruijerd dans les parages, mais je ne voulais pas que nous fassions des erreurs par complaisance. Nous deux, on devrait vraiment se protéger.

Avec cette pensée en tête, j’avais tendu la main dans la poche intérieure de ma poitrine et je m’étais agrippé étroitement à mon portefeuille. Je n’avais pas tant d’argent à perdre, mais ce serait quand même un désastre si quelqu’un le volait.

« … Tch. »

Parfois, certains des gars les plus durs que nous croisions fixèrent Ruijerd d’un air menaçant, mais alors qu’il le regardait fixement, ils avaient tendance à claquer leur langue et à détourner le regard. Dans ce genre de quartier, les gens qui pouvaient donner un bon coup de poing inspiraient probablement plus de respect que les aventuriers.

« C’est vraiment là que le chat est allé, Ruijerd ? »

« On verra bien. »

Cette réponse n’était pas particulièrement rassurante. On n’errait pas sans but ici, n’est-ce pas ?

Non, non. Je dois continuer à me dire que Ruijerd n’est qu’une personne ne parlant peu, que je suis sûr qu’il nous a mis sur la bonne voie.

Nous avions fini par marcher dans les bidonvilles pendant un certain temps. Ruijerd avait fini par se faufiler devant un certain bâtiment.

« C’est juste ici. »

Une volée d’escaliers grossiers devant nous menait à une porte indéfinissable. On aurait dit l’entrée d’un bar souterrain habité par des punk-rockers avec des coupes de cheveux bizarres. Mais il n’y avait pas de musique bruyante flottant d’en bas ni de chauves avec des lunettes de soleil à la porte pour surveiller la clientèle.

D’un autre côté, il y avait une épaisse odeur d’animal qui venait d’en bas, le genre d’odeur qu’on pouvait sentir en passant devant une grande animalerie.

Dans un sens moins littéral, on pourrait pratiquement sentir le crime dans l’air.

« Combien y a-t-il de gens à l’intérieur, Ruijerd ? »

« Personne. Mais il y a un grand nombre d’animaux. »

« Très bien. On y va ? »

S’il n’y avait personne là-dedans en ce moment, il n’y avait aucune raison d’hésiter.

La porte en bas de l’escalier était verrouillée, naturellement, mais je l’avais ouverte assez facilement avec un peu de magie de terre.

En jetant un coup d’œil rapide dans la zone pour m’assurer que personne ne regardait, je m’étais glissé dedans, j’avais attendu que Ruijerd et Éris suivent, puis j’avais fermé et verrouillé la porte de l’intérieur. J’avais l’impression qu’on était des cambrioleurs ou quelque chose du genre.

Au premier coup d’œil, tout ce que je pouvais voir, c’était un long couloir sombre qui s’étendait devant nous.

« Peux-tu surveiller nos arrières pour nous, Éris ? »

« Pas de problème. »

Ruijerd saurait probablement si quelqu’un venait après nous, mais ça ne pouvait pas faire de mal d’être très prudent.

Nous nous étions tous les trois enfoncés plus profondément dans le bâtiment, avec Ruijerd en tête une fois de plus. La seule porte au bout du couloir principal donnait sur une petite pièce, avec une autre porte à son extrémité. Mais alors que nous passions cette deuxième porte, un chœur assourdissant de cris d’animaux avait instantanément rempli l’air.

Nous avions atteint la pièce toute à l’arrière du bâtiment. Elle était entièrement remplie de cages.

Il y avait d’innombrables animaux enfermés dans cette pièce, des chats, des chiens et une grande variété de créatures que je n’avais jamais vus auparavant, tous entassés dans un espace de la taille d’une classe de lycée.

« Qu’est-ce que c’est ? », dit Éris d’une voix tremblante.

Mes premières pensées allaient à peu près dans le même sens… mais il m’était aussi venu à l’esprit qu’étant donné le nombre d’animaux ici, il y avait de fortes chances que celui que nous recherchions se trouvait parmi eux.

« Ruijerd, le chat est là ? »

« Oui. C’est celui-là. », avait-il répondu instantanément.

Il montrait quelque chose qui ressemblait beaucoup à une panthère noire.

L’animal était énorme. Absolument énorme. Il devait être deux fois plus grand que ce que Meicel avait indiqué avec ses bras.

« C’est vraiment celui qu’on cherche ? »

« Bien sûr que c’est lui. Regarde son collier. »

La bête avait, en fait, un collier. Et le nom « Mii » y était imprimé.

« Wôw. Je suppose que… c’est vraiment Mii, hein ? »

Techniquement, nous avions maintenant terminé notre tâche. Une fois qu’on aura sorti cette panthère de sa cage et qu’on l’aura ramenée à la petite fille, ce sera fini.

Cela dit, euh… Qu’en est-il de tous ces autres animaux ?

Il y en avait un bon nombre avec des colliers autour du cou ou des bracelets sur les jambes, et certains d’entre eux avaient des noms écrits dessus. En d’autres termes, tout un tas de ces animaux était manifestement des animaux de compagnie. J’avais aussi remarqué un gros tas de cordes et de choses qui ressemblaient à des muselières dans un coin de la pièce. Les cordes, en particulier, semblaient indiquer qu’il y avait eu des captures ici.

Peut-être que quelqu’un enlevait des animaux de compagnie uniques dans la rue et les vendait-il à d’autres personnes ? C’était un plan parfaitement plausible.

Je ne savais pas s’il y avait des lois précises sur ce genre de choses dans ce monde, mais il fallait que ce soit une sorte de crime… Je veux dire que c’était à minima une forme de vol.

« Mm… »

Soudainement, Ruijerd tourna sa tête vers l’entrée.

Éris avait réagi presque exactement au même moment.

« Quelqu’un est en approche. »

Les animaux faisaient tellement de bruit que je n’avais rien entendu. Ruijerd mis à part, j’avais été vraiment impressionné qu’Éris l’ait remarqué.

Cela dit, qu’allons-nous faire à ce sujet ? Ça ne leur prendrait pas beaucoup de temps pour arriver ici depuis l’entrée. Était-ce une option ? Non, pas vraiment, la seule issue étant ce couloir.

« Je suppose qu’on devra d’abord les capturer. »

Je n’avais pas vraiment envisagé l’option de la discussion. On était quand même entrés ici par effraction comme une bande de voleurs. Cela semblait être une scène de crime, mais il était toujours possible qu’elle ait un motif légitime, ce qui ferait de nous les criminels.

Pour l’instant, nous avions besoin d’arrêter ces gens. S’ils étaient innocents, on pouvait les cajoler pour qu’ils se taisent, mais s’ils étaient coupables, on pouvait les frapper jusqu’à ce qu’ils promettent de ne pas parler.

◇ ◇ ◇

Quelques minutes plus tard, j’étais debout devant trois personnes, deux hommes et une femme, qui étaient allongées inconscients sur le sol, dans un coin de la pièce.

Après les avoir attachés avec des menottes que j’avais faites avec la magie de la Terre, je leur avais aspergé le visage d’eau pour les réveiller. L’un des hommes s’était immédiatement mis à japper et à hurler, alors je l’avais bâillonné avec un chiffon qui gisait à proximité.

Les deux autres restèrent silencieux, mais j’avais fini par les bâillonner aussi tous les deux. Il valait mieux être juste et impartial avec ces choses.

« … Hm. »

Avec tout cela, je m’étais retrouvé à me poser une certaine question : comment en était-on arrivé là ?

Je veux dire, nous avions pris un simple travail de rang E : trouver un chat perdu. Rien de trop dramatique. Ruijerd avait dit qu’il pouvait s’en charger, alors je lui avais demandé de prendre les choses en main et j’avais fini par le suivre dans une sorte de bidonville. Dans ce bidonville, nous étions entrés par effraction dans un bâtiment avec des tonnes d’animaux à l’intérieur. À ce moment-là, nous nous étions retrouvés à emmener plusieurs personnes en captivité… ce qui n’était absolument pas notre raison d’être.

C’est la faute de l’Homme-Dieu, non ? De toute évidence, il avait prévu ce qui allait se passer.

Quel mal de tête ! J’aurais vraiment dû choisir un autre boulot.

… Quoi qu’il en soit, regardons un peu plus attentivement nos prisonniers.

Homme A :

Peau orange. Des yeux composés comme une mouche, sans blancs. Il était un peu dégoûtant à regarder. C’était lui qui s’était mis à crier comme une cigale quand je les avais réveillés. Il avait l’air d’une personne brutale… le genre de gars qui se trouverait probablement dans une bagarre de bar.

J’étais presque sûr d’avoir vu une photo de sa race dans le dictionnaire de Roxy, mais je n’arrivais pas à me rappeler comment on les appelait. Leur salive était apparemment empoisonnée, je me souvenais m’être demandé s’ils pouvaient même s’embrasser.

Homme B :

Celui-ci avait une tête de lézard, de forme et de couleur légèrement différente de la tête des serpents que nous rencontrions à l’entrée de la ville. Étant donné ses traits reptiliens, il était difficile de lire son expression. Mais je pouvais voir de l’intelligence dans ses yeux, ce qui me faisait me méfier de lui.

Femme A :

Un autre type d’œil d’insecte. Sa tête ressemblait à celle d’une abeille, mais je pouvais pourtant voir qu’elle avait très peur en ce moment. Je supposais que son visage était aussi dans la catégorie « grossier », mais elle avait une jolie silhouette, ce qui permettait d’oublier le reste.

Eh bien, alors. Nous n’avancerons pas si je reste là à les regarder. C’est l’heure d’une petite discussion… Non, non, soyons honnêtes. Ce sera un interrogatoire.

Mais par qui commencer ? Qui allait cracher des informations plus rapidement, la femme ou l’un des hommes ? La femme avait vraiment peur. Si je la menaçais un peu, elle pourrait tout me dire tout de suite.

D’un autre côté, on savait que les femmes mentaient. Certaines d’entre elles étaient parfaitement capables de vous dire des bêtises ridicules et incohérentes pour se sortir d’affaire. Toutes les femmes n’étaient pas comme ça, bien sûr, mais ma grande sœur l’était. Avant, ça me mettait tellement en colère que j’avais du mal à découvrir la vérité.

Peut-être que je commencerais par un des hommes à la place.

Par l’homme A ? C’était la personne la plus gênante du groupe, il avait une cicatrice sur le visage… Il était probablement leur meilleur combattant. Il était aussi agité en ce moment. Ce n’était probablement pas une lumière, à en juger par la façon dont il criait : « Qui êtes-vous ? » et « Enlevez-moi ces foutues menottes ! »

Ou bien l’homme B ? Il était difficile de lire beaucoup de choses sur son visage, mais il semblait nous observer attentivement tous les trois. Ça voulait dire qu’il n’était pas stupide. Et s’il n’était pas stupide, il avait probablement de bons mensonges élaborés à l’avance au cas où quelque chose comme ça arriverait.

Alors, j’avais décidé de commencer par l’homme A.

C’était plus facile de manipuler quelqu’un qui avait perdu son sang-froid. Avec un peu d’encouragement et un peu de provocation, il fera probablement une erreur et me dira tout ce que je voudrais savoir. Et si ça ne marchait pas, on pourrait toujours essayer les deux autres.

« J’ai quelques questions à te poser. »

Quand j’avais enlevé le bâillon de l’homme A, il m’avait regardé d’un air féroce… mais il n’avait pas dit un mot.

« Si tu nous dis ce qu’on veut savoir, on n’aura pas besoin d’être brutal… compris !? »

Au milieu de ma phrase, le type me donna un coup de pied. Je m’étais accroupi pour lui parler, alors le coup me déséquilibra. Lancé en arrière, j’avais roulé sur le sol, ne m’arrêtant que lorsque l’arrière de ma tête s’était cogné contre le mur. Des étoiles brillaient dans mon champ de vision.

Oh ! Putain de merde !

Sérieusement, à quel point ce type était-il stupide ? Pourquoi donner un coup de pied à quelqu’un qui vous avait déjà capturé ? Il n’avait même pas dû penser à ce qui pourrait arriver s’il nous mettait en colère.

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Un commentaire :

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