Mushoku Tensei (LN) – Tome 3 – Chapitre 8 – Partie 2

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Chapitre 8 : L’auberge des aventuriers

Partie 2

Un cri strident, assez fort pour secouer l’auberge jusqu’à ses fondations, servies de clochette de départ. En tournoyant, Éris lui envoya un uppercut à la Boreas. Ce fut un coup dur qu’elle avait appris de Sauros et perfectionné au cours de sa formation avec Ghislaine, le pauvre enfant ne l’avait jamais vu venir. Son poing lui toucha au visage, et sa tête rebroussa chemin si loin qu’il semblait presque qu’elle lui avait brisé le cou.

Le gamin tomba en tournant vers l’arrière, se cogna la nuque contre le sol avant d’instantanément s’évanouir.

J’étais un amateur total, mais même moi, je pouvais dire que ce coup avait un sérieux pouvoir destructeur en lui. On pouvait presque entendre le plus fort condamné à mort du monde murmurer : « Quel coup de poing ! » C’est bien fait pour toi, tu étais si arrogant, mec. J’espérais que le gamin avait retenu la leçon et qu’il ne ferait plus jamais rien d’aussi téméraire que de parler à Éris. Parfois, l’éducation peut être un processus douloureux.

Quoi qu’il en soit, ses deux amis allèrent probablement se ruer ici à ce moment-là. J’avais probablement besoin d’intervenir…

« Pour qui te prends-tu !? Tu as du culot de me toucher ! »

Mais à ma grande surprise, Éris n’avait pas encore fini. Cette fois, elle envoya un coup de pied Boreas… une autre technique très sophistiquée qu’elle avait apprise de Sauros et perfectionnée sous Ghislaine. Son pied heurta le plexus solaire de sa deuxième victime.

« Gah ! »

Quatre bras gémirent d’agonie et s’agenouillèrent. Éris avait rapidement enfoncé son genou dans son menton, l’envoyant en arrière.

« Hein ? Quoi ? Hein !? »

Il ne semblerait pas que l’homme oiseau ait encore complètement traité ce qui se passait, mais comme Éris se précipitait vers lui, il s’était penché par réflexe pour prendre l’épée à sa hanche. Cela semblait un peu exagéré, alors j’avais rapidement essayé d’intervenir avec la magie.

Mais il s’était avéré qu’Éris était la seule à vraiment exagérer ici. Avant même que l’homme oiseau n’ait pu tirer son arme, elle avait violemment enfoncé son poing dans son menton. Je n’avais jamais vu les yeux d’un oiseau se retourner dans sa tête auparavant, mais apparemment il y avait une première fois pour tout.

En quelques secondes, Éris avait totalement immobilisé ses trois adversaires.

Elle traqua jusqu’à l’endroit où l’homme cornu gisait inconscient et lui donna un coup de pied dans la tête comme un ballon de football. Le premier coup réveilla le garçon, mais il n’avait rien pu faire d’autre que de se recroqueviller en position fœtale. Éris continua à lui donner des coups de pied.

« C’était… le… premier… vêtement… que… Rudeus… m’a… achetée ! »

Oh mon Dieu ! Mlle Éris ! Est-ce que je compte tant que ça pour toi !? C’était juste une petite chose bon marché pour couvrir tes cheveux, tu sais… Bon sang, tu vas faire rougir ce vieil homme !

Éris donna un coup de pied au garçon sur le dos et se tendit vers le bas pour saisir l’une de ses jambes. Son visage était tordu de rage.

« Tu le regretteras jusqu’au jour de ta mort ! Je vais transformer ton truc en bouillie ! »

De quelle chose parlait-elle, vous vous demandez peut-être ? J’avais trop peur de demander.

L’homme cornu ne savait pas ce qu’elle disait, bien sûr, mais il semblait comprendre ce qu’elle avait l’intention de faire. Il s’était mis à crier des excuses, à mendier de l’aide et à essayer désespérément de s’éloigner en se tortillant. Mais ses paroles n’avaient aucun sens pour Éris, et cela n’aurait fait aucune différence de toute façon. Éris finissait toujours ce qu’elle commençait. La fille faisait toujours les choses minutieusement. Ce gosse était sur le point de subir le même sort que j’aurais pu subir trois ans plus tôt, si je n’avais pas réussi à échapper à sa colère.

« Arrête, Éris ! »

C’est alors que j’ai finalement réussi à m’interposer afin d’intervenir. Tout s’était passé si vite que j’avais été trop surpris pour réagir immédiatement.

« C’est bon, ma fille ! C’est bon ! Calme-toi ! »

« C’est quoi ton problème, Rudeus !? Pourquoi m’arrêtes-tu !? »

J’avais attrapé Éris par-derrière, mais elle se débattait encore dans mes bras, essayant de mettre le pied sur la chose du garçon. Quelle partie du garçon en particulier, pourrait-on se demander ? La réponse était trop horrible pour être envisagée.

« On peut réparer le capuchon ! Je vais te le recoudre, d’accord ? Alors, lâche-le un peu ! Tu vas beaucoup trop loin actuellement ! »

« Oh, peu importe ! Hmph ! »

Heureusement, mes supplications désespérées avaient finalement été entendues par Éris. Elle arrêta de se battre et retourna vers Ruijerd, la furie pouvait encore se voir sur son visage.

Ruijerd, soit dit en passant, était assis sur une chaise au comptoir et regardait tout cela se dérouler avec un petit sourire sur son visage.

« Ruijerd, allez ! Ne reste pas assis là la prochaine fois que ça arrivera ! »

« Hm ? Ce n’était qu’un combat d’enfants, n’est-ce pas ? »

« Ouais, mais les adultes sont censés arrêter ça ! »

Surtout quand il y a une telle différence de force…

◇ ◇ ◇

« Est-ce que ça va ? »

« Oui, je suis en pleine forme… »

Sentant un peu de sympathie pour eux malgré moi, j’avais lancé un sort de guérison sur le garçon battu et je l’avais aidé à se relever.

« Désolé pour tout ça. Elle ne peut pas parler la langue du Dieu Démon. »

« Qu’est-ce qu’elle m’a foutu la trouille… Mais de toute façon, pourquoi s’est-elle énervée ? »

« Elle n’aime pas être harcelée, et je pense que ce capuchon est très important pour elle. »

« D’accord… Euh, pourrais-tu lui dire que je suis désolé ? »

Je jetais un coup d’œil à Éris. Elle avait enlevé son capuchon et regardait l’énorme déchirure qu’il présentait tout en grinçant des dents furieusement. Elle était définitivement dans son mode « ne pardonne jamais, n’oublie jamais » en ce moment. Je ne l’avais pas vue comme ça depuis le premier jour de notre rencontre. Je m’attendais à voir des petits nuages de fumée de dessin animé sortir de ses oreilles.

« Désolé, mais si je lui parlais maintenant, je pense qu’elle me frapperait aussi. »

« Euh, wôw. Elle est mignonne, mais un peu effrayante, hein… »

Honnêtement, je pensais que la fille était devenue plus civilisée récemment, mais ce n’était peut-être qu’un numéro. C’était un peu déprimant, puisque je me vantais du chemin qu’elle avait parcouru.

« Eh bien, oui, elle est vraiment mignonne. Et c’est pourquoi tu ne devrais probablement pas lui parler à moins d’avoir une bonne raison, OK ? »

« Bien sûr… »

« Aussi, si jamais tu ressens le besoin d’essayer de te venger, je te le déconseille. Je suis intervenu aujourd’hui, car ce n’était qu’un accident, mais la prochaine fois, tu pourrais mourir. »

Pas vraiment subtil, mais je voulais m’assurer qu’il savait où était sa place.

Les yeux du garçon s’élargirent et il se frotta le nez, puis il vérifia s’il y avait des bosses à l’arrière de la tête. Après quelques instants, il semblait se calmer.

« Je m’appelle Kurt. C’est quoi ton nom ? »

« Je m’appelle Rudeus Greyrat. Oh, et voici Éris. »

À ce moment, les deux autres qu’Éris avait punis pour les méfaits de leur ami vinrent aussi se présenter. Le musclor à quatre bras se nommait Bachiro, et le vrai nom de l’homme oiseau était Gablin.

Une fois que nous avions fini d’échanger nos noms, ces deux-là avaient pris position de part et d’autre de Kurt, et le petit groupe prit une pose dramatique.

« Ensemble, nous sommes… les Coriaces du village de Tokurabu ! »

« … »

Ces gamins essayaient de faire une exclamation d’Athéna ou quoi ? Tu parles d’une nullité. Et vous vous dites « coriaces » ? Sérieusement ? Vous êtes quoi, un gang de motards d’il y a 50 ans ou quoi ? En fait, est-ce que cet endroit Tokurabu est sur toutes les cartes ?

« Nous sommes sur la bonne voie pour atteindre bientôt le rang D ! On pensait qu’il était temps de trouver une fille magicienne pour compléter le groupe, vois-tu ? C’est pour ça que je suis venu. »

« Une fille magicienne… ? »

Ça n’avait pas beaucoup de sens. J’étais le seul magicien de notre groupe. Ce n’était pas comme si Éris portait une robe de sorcier ou quoi que ce soit… oh. Attends une seconde…

« As-tu supposé qu’Éris était magicienne à cause du capuchon qu’elle portait ? »

« Eh bien, oui. Seuls les magiciens portent ce genre de choses, hein ? »

« Tu sais, elle porte une épée… »

« Hein ? Oh, wôw. Tu as raison. »

Apparemment, Kurt ne l’avait même pas remarqué. Il avait l’air du genre à ne voir que ce qu’il voulait voir.

« Mais tu es magicien, non ? Je veux dire, tu peux utiliser des sorts de guérison et tout. C’est plutôt génial. »

« Ouais, en gros je ne fais que lancer des sorts. »

« Hé, alors pourquoi ne pas te joindre à nous tous les deux ? »

Attends, tu crois qu’on va rejoindre ton gang ? Sérieusement ? N’as-tu rien appris de l’épisode de tout à l’heure ?

« Juste pour que tu saches… si je m’engageais, ce type là-bas viendrait aussi. »

J’avais pointé du doigt Ruijerd, qui était occupé à donner des leçons à Éris sur un sujet ou un autre, elle avait l’air un peu boudeuse, mais elle hochait la tête à ses paroles.

« Hein ? Ce type est aussi dans ton groupe ? »

« Oh, absolument. Il s’appelle Ruijerd. »

« Ruijerd… ? Comment s’appelle ton groupe ? »

« Dead End. »

Les garçons me regardèrent d’un air perplexe et non déguisé. Ils se demandaient ce qu’ils devraient en penser.

« Est-ce vraiment une bonne idée d’utiliser un nom comme ça ? »

« Eh bien, nous avons eu l’approbation de l’homme lui-même. »

« Bien sûr… »

Ouais, je sais que ça a l’air d’une blague, mais en fait je disais réellement la vérité ici…

« C’est juste un nom, non ? Le fait est qu’Éris et moi sommes déjà pris, donc on ne peut pas vous rejoindre. »

De toute façon, il était difficile d’imaginer qu’on obtiendrait quoi que ce soit en faisant équipe avec ces enfants. On n’était pas là pour jouer à faire semblant.

« Ah ouais ? Je suppose que tu as fait le mauvais choix. Sais-tu qu’on va faire des vagues dans cette ville ? Ne viens pas nous supplier de te laisser entrer dans le groupe une fois que nous serons célèbres. »

Il est sérieux ? Il n’y avait rien de mal à ce qu’une bande de jeunes gens au visage frais se dirigeaient vers la grande ville avec la tête pleine de rêves, non ? Quand ces vétérans grisonnants seront rencontrés à la Guilde des aventuriers, ils allaient probablement accueillir ces enfants avec des sourires chaleureux et indulgents.

« Pour quelqu’un qui vient de se faire botter le cul par un gamin, tu es bien sûr de toi… »

« Hé ! Elle m’a pris par surprise, mec. »

« Vas-tu aussi sortir cette excuse quand un monstre te tendra une embuscade dans la nature ? »

« Gah... »

Ouais, je crois que j’ai gagné celle-là. Ça fait du bien, mec. Difficile de contester l’image mentale d’un Coyote Pax qui vous arrache la gorge, non ?

Je quittais les « Coriaces du village de Tokurabu » afin qu’ils soignent leur ego meurtri.

◇ ◇ ◇

Après le dîner, nous nous étions dirigés vers notre chambre, où trois lits de fourrure nous attendaient.

« Ouf… »

En soupirant doucement, j’avais pris place sur mon lit. La journée d’aujourd’hui avait été épuisante. Je n’étais pas dans la meilleure condition pour commencer, et nous avions rencontré tant de gens, entendu beaucoup de rires et enduré tant de moqueries. Même lorsque vous jouiez consciemment un rôle, ce genre de chose avait un impact sur vous.

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