Mushoku Tensei (LN) – Tome 3 – Chapitre 7 – Partie 2

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Chapitre 7 : La guilde des aventuriers

Partie 2

Je venais juste de lire la moitié de la liste qu’Éris en avait de plus en plus marre. Ce genre de lecture rigide et formelle n’était pas vraiment son point fort. Je n’avais également pas beaucoup aimé ça, mais ce truc me semblait important. Je n’avais pas encore remarqué de problèmes particuliers, mais…

« Euh, mademoiselle ? J’ai une question… »

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Pouvons-nous remplir ce formulaire dans une autre langue ? »

« Une autre langue ? Comme… ? »

« La langue humaine, peut-être ? »

« Ah. Dans ce cas, ce ne sera pas un problème. »

D’après sa première clause, cela aurait pu être un problème si nous avions voulu utiliser un langage plus inhabituel. Bien évidemment, le japonais était définitivement proscrit. J’avais décidé d’opter pour la langue du Dieu Démon, cela m’avait semblé une bonne idée. Je pourrais leur donner l’impression que j’étais une sorte de démon à l’air juvénile, plutôt qu’un enfant humain.

« Vas-y, Éris. Tu devrais aussi remplir le tien. »

J’aurais probablement pu le faire pour elle, mais il était généralement préférable de signer personnellement des documents comme celui-ci.

Quoi qu’il en soit, toutes les conversations à l’intérieur de la guilde jusqu’à présent avaient eu lieu dans la langue du Dieu Démon. C’était probablement la seule raison pour laquelle Éris avait fait une moue silencieuse au lieu d’entrer dans la foule. Si elle avait vraiment compris ce qu’ils disaient, elle aurait pu sortir son épée afin de s’occuper de quelqu’un.

« Ce n’est pas qu’on ait l’intention de le faire, mais… que se passerait-il si on utilisait un faux nom là-dessus ? »

« Nous n’avons pas de règles particulières à ce sujet. Utilisez n’importe quel nom que vous voulez enregistrer. »

« Les criminels ne s’inscrivent pas sous des pseudonymes inventés ? »

« Eh bien, la définition d’un “criminel” n’est pas la même sur le Continent Démon que dans d’autres endroits. Tant que quelqu’un ne cause pas d’ennuis à la guilde, ce n’est pas vraiment un problème. Cependant, si vous êtes dépouillé de votre statut d’aventurier, il vous sera impossible de vous réinscrire… au moins sur ce continent. »

« Ça semble très… indulgent. »

« Ça nous cause des problèmes, c’est sûr. Mais beaucoup de personnes sur ce continent n’ont pas été nommées à la naissance, et une politique plus stricte les empêcherait de s’enregistrer. »

Intéressant. On aurait dit que la Guilde de ce continent avait un certain degré d’indépendance par rapport à l’organisation plus large si elle pouvait établir ses propres politiques de cette façon. J’avais imaginé toute cette histoire de « Royce » au cas où ils ne laisseraient pas s’enregistrer sous le nom de Superd, mais il semblerait que cela ne posait pas de problème.

« Si je m’inscris ici et que je me rends sur un autre continent, devrai-je me réinscrire auprès de la guilde là-bas ? »

« Ce ne sera pas nécessaire. »

Je m’en doutais, mais c’est bon à savoir.

« Si vous avez fini avec ce formulaire, posez votre main là-dessus. »

Cette fois, la greffière avait sorti un tableau transparent de la taille et de la forme d’une boîte de jeu érotique, avec un cercle magique gravé en son centre. Je pouvais voir une petite carte en métal sous sa surface.

Hmm. Qu’est-ce que c’est que tout ça ?

« Comme ça ? »

Tandis que j’appuyais ma main à plat contre le centre de la plaque, la greffière appuya sur le bouton sur son bord le plus éloigné.

« Nom, Rudeus Greyrat. Profession, Magicien. Rang F. »

Après avoir lu le contenu de mon formulaire d’une voix plate et régulière, elle appuya une seconde fois sur le bouton, et le cercle magique s’alluma légèrement en rouge pendant un court instant.

« La voilà. C’est votre carte d’aventurier. »

La carte en métal d’apparence ordinaire était maintenant marquée de lettres à peine brillantes :

Pour une raison quelconque, tout était écrit dans la langue humaine.

Ah, je vois. C’est une sorte de presse à imprimer magique, hein ? Hmm. Ne serait-il pas vraiment pratique de l’utiliser aussi pour les livres ? S’ils en avaient dans des établissements publics comme celui-ci, je me demandais pourquoi ils n’y en avaient pas partout…

D’un autre côté, peut-être que la plaque supérieure et la carte elle-même étaient aussi des objets spéciaux. On aurait dit que la greffière avait entré manuellement mon nom, mon grade et ma profession, mais l’appareil semblait avoir détecté ma race, mon âge et mon sexe à partir de ma main. C’était un peu dommage en fait. J’aurais voulu cacher le fait que j’étais un humain. Eh bien, peu importe. Je n’aurais qu’à m’y faire.

Pendant une seconde, j’avais sérieusement craint que cette chose puisse révéler que Ruijerd était vraiment un Superd, mais sa carte était accompagnée du mot vague « Démon ». C’était définitivement un soulagement. L’appareil avait exposé son âge réel, mais la greffière semblait l’accepter avec enthousiasme. Peut-être que les durées de vies absurdement longues n’étaient pas si rares chez les démons.

Le nom « Ruijerd Superdia » n’avait pas beaucoup entraîné de réactions. Elle avait probablement supposé que c’était un pseudonyme. En le disant grossièrement… Je lui avais juste dit qu’on n’avait pas l’intention de les utiliser. Mais peut-être que ce n’était pas de notoriété publique que le vrai nom de Dead End était « Ruijerd. » J’avais entendu les mots « Dead End » par-ci par-là, mais pas son vrai nom.

D’ailleurs, sa carte était écrite dans la langue du Dieu Démon…

Mais celle d’Éris avait aussi été écrite dans la langue humaine.

« Y a-t-il une raison pour que sa carte soit dans une langue différente de la nôtre, mademoiselle ? »

« Oui. Ça change en fonction de votre race. »

Ah. Donc les humains ont la langue humaine par défaut, quoi qu’il arrive.

« Que se passe-t-il si vous êtes métis ? »

« Parfois, il peut utiliser un peu des deux langues, mais typiquement, il vous épinglerait dans la race d’où viennent le plus grand nombre de vos ancêtres. »

« Hmm. Mais si vous êtes un humain qui ne peut parler que la langue du Dieu Démon ou quelque chose comme ça ? »

« Dans ce cas, vous pouvez poser votre doigt contre le centre de la carte et dire le nom de la langue que vous préférez. »

Pour l’essayer, j’avais posé mon doigt sur ma carte et j’ai dit : « Langue du Dieu Bestial. »

Les mots sur ma carte changèrent instantanément.

C’est plutôt amusant. « Langue du Dieu démon. Langue de Dieu Combattant… »

« Essayez de ne pas le faire trop souvent. Vous utiliserez l’énergie magique de la carte plus rapidement. », s’exclama la greffière.

« Et s’il n’y en a plus ? »

« Vous aurez besoin de le faire recharger dans une filiale de la guilde. »

Donc la carte elle-même était certainement un instrument magique. Il devait probablement y avoir quelque chose comme un minuscule cristal à l’intérieur.

« Les informations enregistrées disparaîtraient-elles ? »

« Non, heureusement. »

« Si vous continuez à utiliser la même carte pendant longtemps, la batterie se décharge-t-elle plus vite ? »

« La batterie… ? Si vous parlez de son énergie magique, alors non. L’approvisionnement peut tenir pendant environ un an, mais nous la réapprovisionnerons chaque fois que vous vous arrêterez pour signaler une tâche achevée, de sorte qu’elle ne sera généralement jamais à sec. »

« Combien coûte ce service ? »

« Eh bien, ce service n’engendrera aucuns frais… »

OK, alors pourquoi m’as-tu grondé pour avoir joué avec ça ? Hmm. Peut-être que les gens étaient connus pour se précipiter et crier après les employés quand leurs cartes manquaient de jus ? Les emplois du service relation client étaient toujours nuls, peu importe dans quel monde tu te trouvais.

« D’accord, j’ai compris. Je ferai plus attention à partir de maintenant. »

Je ne savais pas vraiment qui avait pu inventer ces choses, mais c’était un petit système intéressant. J’avais l’impression qu’il y avait probablement toutes sortes d’autres applications pour les outils magiques « rechargeables »… Mais peut-être que la guilde monopolisait la technologie ?

Ah eh bien. Inutile d’y penser maintenant.

« Hehe... »

Pendant ce temps, Éris regardait depuis un certain temps déjà sa petite carte avec un grand sourire sur son visage.

Je sais que tu es heureuse, mais ne perds pas ce truc, d’accord ?

« Voudriez-vous aussi enregistrer un groupe ? », demanda la greffière.

« Un groupe ? Oh ! Oui. S’il vous plaît. »

D’une façon ou d’une autre, cette partie m’avait complètement échappé, probablement parce qu’il n’y avait rien à ce sujet dans les documents initiaux. Dès le début, nous avions l’intention de nous organiser en groupe. Mais…

« Avant ça, pourriez-vous nous donner un aperçu du système des groupes ? »

D’un signe de tête poli, la greffière commença à expliquer les petits détails :

  • Un groupe peut compter un maximum de sept membres.

  • Seuls les aventuriers à moins d’un rang du chef du groupe peuvent s’y joindre.

  • Le rang de votre groupe est la moyenne des rangs de tous ses membres.

  • Dans le but d’obtenir une promotion, tous les membres du groupe reçoivent un crédit pour tout travail accompli en tant que groupe.

  • Les membres individuels du groupe peuvent toujours occuper d’autres emplois, indépendamment du groupe.

  • Pour se joindre à un groupe, il faut l’approbation du chef du groupe et de la guilde.

  • Pour quitter un groupe, il suffit d’obtenir l’approbation de la guilde.

  • Le chef du groupe a le droit d’expulser tout membre de son groupe.

  • Si le chef du groupe meurt, son groupe est automatiquement dissous.

  • Deux ou plusieurs groupes peuvent s’unir pour former un clan.

  • Les clans les plus performants sont éligibles pour recevoir une variété de récompenses spéciales de la guilde.

Les détails relatifs aux clans ne semblaient pas particulièrement pertinents pour le moment. Nous allions être un groupe agissant à petite échelle dans l’immédiat.

« Alors, quel nom voulez-vous utiliser pour votre groupe ? »

« Nous le nommerons Dead End. »

Le visage de la greffière avait un peu tremblé, mais elle avait réussi à retrouver le sourire en un rien de temps. Cette femme était clairement une pro.

« Très bien. Donnez-moi vos cartes un instant, s’il vous plaît. »

Nous avions repris les cartes que nous venions de ranger et nous les avons remises à la greffière de l’autre côté du comptoir. Elle s’était mise à l’arrière pendant un moment, puis elle est revenue.

« Et voilà. S’il vous plaît, assurez-vous que tout est en ordre. »

J’avais regardé ma carte et je vis qu’une nouvelle ligne avait été ajoutée en bas :

Groupe : Dead End (F)

Le « F » était probablement le rang de notre groupe.

Pour une raison quelconque, c’était un peu gênant de voir les mots « Dead End » écrits comme ça. Cela semblait intimidant quand vous le disiez à haute voix, mais c’était certainement une histoire différente quand ce n’était qu’écrit.

« À ce stade, nous avons terminé le processus d’inscription. Félicitations. »

« Merci pour votre temps, mademoiselle. »

« Si vous voulez faire un travail, il vous suffit d’arracher le papier du tableau et de l’apporter à nos comptoirs de réception. »

« Compris. »

« Aussi, nous nous occupons des achats derrière l’immeuble, donc assurez-vous d’y retourner quand vous aurez quelque chose à vendre. »

« Dehors, derrière. Compris. Merci. »

Phew. Au moins, on en avait fini avec la paperasse…

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