Mushoku Tensei (LN) – Tome 3 – Chapitre 7 – Partie 1

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Chapitre 7 : La guilde des aventuriers

Partie 1

La guilde des aventuriers était un lieu de rassemblement pour certains des clients les plus difficiles de la ville. Certains étaient physiquement puissants, d’autres étaient des magiciens chevronnés et expérimentés. Certains préféraient l’épée. D’autres utilisaient des haches, des douelles ou même leurs mains nues au combat. Certains se vantaient haut et fort de leurs prouesses, tandis que d’autres se moquaient silencieusement des fanfaronnades. Il y avait des guerriers vêtus d’armures lourdes, mais aussi des sorciers légèrement vêtus. Il y avait des hommes qui ressemblaient à des cochons et des femmes-serpents, des hommes aux ailes d’insectes et des femmes aux jambes de chevaux. Toutes sortes de gens de toutes sortes de races formaient une seule foule grouillante.

C’était ainsi que les choses se passaient habituellement dans les guildes du Continent Démon. La succursale de Rikarisu ne faisait certainement pas exception à la règle.

Soudainement, quelqu’un déplaça ses immenses portes battantes qui s’ouvrirent d’un coup sec.

Beaucoup de ceux qui se trouvaient à l’intérieur tournèrent leurs yeux vers l’entrée, curieux. Il n’était pas inhabituel pour les gens d’ouvrir ces portes de façon spectaculaire, mais les raisons pour lesquelles ils l’avaient fait variaient. Est-ce qu’un groupe venait de rentrer victorieux ? Peut-être qu’un groupe de monstres lançait une attaque et que les gardes à la porte avaient appelé à l’aide ? Ou était-ce juste le vent qui jouait des tours à tout le monde ? Bien sûr, il y avait aussi eu des rumeurs selon lesquelles Dead End errait dans cette zone récemment, mais sûrement…

Avant que quelqu’un ne puisse suivre ce cheminement de pensée jusqu’à sa conclusion, trois personnes avaient franchi la porte ouverte.

Le premier dans la file était un garçon avec un sourire étrangement confiant sur son visage. Il portait des vêtements crasseux, mais d’allure chère et portait un bâton enveloppé dans du tissu. Malgré sa jeunesse évidente, la foule d’adultes à l’intérieur de la guilde, marquée par les combats, ne semblait pas l’intimider le moins du monde. Qui diable était ce gamin ? se demandaient beaucoup de gens. Il n’avait pas l’air à sa place ici. Appartiendrait-il à une race démoniaque qui avait l’air plus jeune qu’il ne l’était vraiment ?

Suivait de près cet étrange garçon, comme pour se cacher dans son ombre, une autre jeune personne. Celui-ci semblait être une fille. Son visage était caché par un capuchon, mais ses yeux brillaient à l’intérieur. Il y avait quelque chose dans ses mouvements qui suggéraient qu’elle savait comment utiliser cette épée à sa hanche. Quelques vétérans à l’intérieur de la guilde l’avaient tout de suite cataloguée comme une combattante habile.

Le dernier du groupe à entrer était un homme grand et imposant, avec une gemme rouge sur le front et une cicatrice en diagonale sur le visage. C’était les mêmes traits distinctifs que l’infâme monstre connu sous le nom de Dead End, certains aventuriers avaient failli donner l’alarme, pour remarquer au dernier moment que les cheveux de cet homme étaient bleus et non verts. Ce devait être quelqu’un qui ressemblait beaucoup au meurtrier superd.

Au final, ces trois-là formaient un groupe étrange. Étrange… et troublant. Il n’y avait pas un seul aventurier ordinaire parmi eux trois. Personne ne pouvait deviner ce qu’ils faisaient ici.

Le trio s’était soudainement arrêté et le garçon cria sur la foule vigilante :

« Hé, allez ! Pourquoi nous regardez-vous fixement tout en étant bouche bée, les amis !? Vous ne savez pas qui est cet homme. »

Euh non. Pourquoi le saurions-nous ? pensa tout le monde en même temps.

« C’est l’infâme monstre superd, Ruijerd lui-même ! Ne restez pas plantés là, idiots ! Faites pousser des cris et fuyez pour sauver vos vies ! »

Allez, crois-tu vraiment qu’on va gober ça ? pensait tout le monde à l’unisson. Tout le monde savait que les cheveux des Superds étaient d’un vert vif et non d’un bleu sale.

« Peux-tu croire ces péquenauds de la campagne, Patron ? Ils ne savent même pas reconnaître le visage de la terreur quand ils le voient ! C’est une blague. Toutes ces rumeurs qui circulent, mais nous sommes entré ici et personne ne t’a reconnu ! »

Apparemment, ce gamin est déterminé à prétendre que son pote est un diable vicieux et sanguinaire. Plus ils y pensaient, plus sa petite tirade aiguë semblait hilarante. L’aura troublante que ce petit groupe avait projetée jusque-là s’était dissipée presque instantanément.

Le « Patron » du gamin avait le bijou rouge sur le front, bien sûr. Et aussi la cicatrice sur son visage. Ces deux choses avaient même l’air assez convaincantes. Mais il s’était trompé sur des détails fondamentaux.

« Sniff… »

À ce moment-là, un aventurier anonyme avait laissé échapper le premier rire de l’après-midi.

« Hé, c’est quoi ton problème !? » cria férocement le garçon, se tournant dans la direction du son.

« Ai-je dit quelque chose de drôle, voyou !? »

C’était trop ridicule. Les rires étouffés avaient commencé à se répandre dans la foule. Après un long moment, quelqu’un avait finalement offert une réponse.

« Sniff… Héhé. Juste un conseil, gamin… les Superds ont les cheveux verts… »

Avec cela, une explosion d’hilarité remplit la salle de la guilde d’un bout à l’autre.

◇ ◇ ◇

À en juger par les éclats de rire qui nous secouaient de tous côtés, notre numéro avait bien démarré.

Au premier coup d’œil, la guilde des aventuriers semblait être un endroit encore plus difficile que ce à quoi je m’attendais. La foule était incroyablement diversifiée, même si c’était probablement typique de n’importe quel lieu de rassemblement aussi profond dans le Continent Démon. J’avais remarqué un homme avec une tête de cheval, un type avec les bras du genre faux d’une mante religieuse, une femme avec des ailes de papillon, et une fille qui avait la forme d’un serpent de la taille vers le bas. Ils étaient pour la plupart d’apparence humaine, mais il y avait toujours au moins une caractéristique étonnamment inhabituelle à trouver. Même les gens qui n’avaient pas de parties de corps d’animaux n’étaient pas des êtres humains normaux. J’avais vu des gens avec des épines pointues qui poussaient sur leurs épaules, et d’autres avec une peau totalement bleue, il y en avait même quelques-uns avec quatre bras ou deux têtes. D’après ce que je voyais, les Migurds et les Superds étaient probablement les démons les plus humanoïdes, en termes d’apparence.

« Stupides crétins ! Ne vous moquez pas de notre boss ! Il a abattu toute une bande de monstres qui nous attaquaient dans les terrains sauvages… tout seul ! »

Plutôt que de broncher sous l’œil attentif de la foule, je m’étais aventuré plus loin dans le hall, essayant d’agir avec une furie convaincante.

« Vous entendez ça, les gars ? Dead End sauve des enfants perdus apparemment ! »

« Ahahahah ! Merde, je ne savais pas qu’il était si tendre ! »

« Sérieusement ? Peut-être qu’il viendra sauver mon bacon un jour aussi ! Gahahaha ! »

Normalement, j’aurais gelé face à toutes ces moqueries, mais cette fois, ça ne m’atteignait pas vraiment. Était-ce parce que je ne jouais qu’un rôle ? Parce que la foule autour de moi était si… surréaliste ? Ou peut-être… que je devenais un être humain plus confiant ?

Non, ne nous emballons pas.

Ils se moquaient surtout de Ruijerd, pas de moi. Il n’y avait aucune raison de me féliciter jusqu’à ce que je puisse me défaire de la cruauté qui me visait.

Un rapide tour d’horizon de la pièce m’avait permis de constater que personne ne soupçonnait Ruijerd d’être un véritable Superd. Cela signifiait qu’il était temps pour moi de sortir la scène A, l’un des morceaux de dialogue que nous avions préparés.

« J’en ai assez de ces crétins ! Allez, boss, donne-leur une leçon ! »

« Hmph… Laisse les idiots rire s’ils le veulent. »

D’ailleurs, nous avions aussi répété une scène B, au cas où il n’y aurait pas eu de rires avant.

« Laisse ces idiots rirent… Oh mec, quel dur à cuire ! »

« Bordel de merde, il se comporte déjà comme un gros bonnet ! »

« Gahaha ! Pauvre gars ! Je veux presque m’excuser… »

Tu serais probablement en train de t’excuser si tu savais la vérité, mec. Et avec des larmes qui couleraient sur ton visage.

« Hmph ! Bande d’idiots, vous avez de la chance que notre patron ait un si grand cœur ! » avais-je annoncé, puis m’étais rapidement tourné pour examiner la pièce.

À notre gauche, il y avait un énorme tableau d’affichage recouvert de morceaux de papier. À notre droite, il y avait quatre comptoirs en bois, occupés par une poignée de commis qui nous regardaient avec étonnement. Ça ressemblait à notre destination initiale.

Je m’étais dirigé avec confiance vers le côté droit du hall d’entrée avec mes compagnons me suivant… pour me rendre compte qu’ils utilisaient de sacrés comptoirs assez hauts.

J’avais fait un signe de tête à Ruijerd, celui-ci m’avait rapidement hissé.

« Hé, toi là-bas ! Nous voulons nous inscrire comme aventuriers ! »

J’avais délibérément parlé assez fort pour que toute la foule entende. Il y avait eu une autre explosion de rires immédiats.

« Dead End est un putain de débutant, hein !? »

« Hack, wheeze… Agh, mon estomac me fait mal ! »

« Oh mec ! Vais-je devoir montrer les ficelles du métier à Dead End !? »

« Ça, c’est quelque chose que je vais écrire à la maison ! »

Ok, je pense que s’en est assez pour l’instant.

« Vous allez la fermer !? Je n’entends pas le greffier ! »

Après que je leur aie crié dessus, la foule commença à se calmer, bien que les sourires sur leurs visages ne montraient aucun signe d’atténuation.

« Bien sûr, petit. Pas de problème… »

« Il faut faire attention aux règlement et tout, hein… ? Rire… »

« Hehehehe... »

J’entendais encore des ricanements silencieux derrière mon dos, mais ce n’était pas vraiment un problème.

Pour l’instant, tout allait bien.

◇ ◇ ◇

Ainsi, après environ quarante-quatre ans de lutte acharnée, j’avais finalement réalisé mon rêve de longue date : mettre les pieds dans un bureau de placement… en quelque sorte.

J’avais dans ma manche mes « références » de magicien d’eau de rang saint, un nouveau compagnon de confiance qui n’avait pas travaillé depuis des siècles à mes côtés, et une petite femme un peu gâtée derrière moi pour laquelle je devais subvenir à ses besoins. Au bout du compte, un homme doit travailler s’il veut manger…

Mais de toute façon. Commençons tout de suite.

« Je suis désolé pour l’agitation, mademoiselle. Pouvez-vous nous aider ? »

La commis de l’autre côté du comptoir, en face de moi, avait les cheveux oranges et une paire de crocs frappants dépassant de sa bouche. Son haut présentait un assez gros décolleté, et il se trouvait qu’elle avait trois seins, ce qui signifie un double décolleté. Quelle innovation efficace !

« Hein ? Oh, bien sûr. Vous voulez… vous inscrire comme aventuriers, c’est ça ? »

La greffière semblait un peu décontenancée par mon ton qui devenait soudainement beaucoup plus poli. Pourtant, il n’était probablement pas sage d’essayer de maintenir l’acte de belligérance éternellement, il serait beaucoup trop facile de faire une erreur et de me trahir à un moment donné. Elle supposerait que j’avais juste essayé de montrer à la foule que je n’étais pas une fripouille.

« C’est exact. En fait, on est totalement novice sur ce sujet. »

« Dans ce cas, pourriez-vous commencer par remplir ces formulaires ? »

La greffière, qui se tenait sous le comptoir, récupéra trois feuilles de papier et trois minces bâtonnets de charbon de bois, qu’elle m’avait remis. Les formulaires étaient tous identiques. Il y avait une ligne pour votre nom, une ligne pour votre profession et un texte décrivant la guilde et résumant ses règles.

« Je peux le lire à haute voix pour vous, si vous ne pouvez pas le lire vous-même », déclara la greffière, au moment même où je commençais à me demander comment un guerrier analphabète d’un village de campagne allait faire face à tout cela.

« Merci, mais cela devrait aller. »

J’avais pris l’un des formulaires et je l’avais lu à voix haute dans la langue humaine pour qu’Éris puisse comprendre.

◇ ◇ ◇

  1. Utilisation de la guilde des aventuriers

L’inscription auprès de la Guilde des aventuriers (« la guilde ») vous donne droit à l’utilisation de ses services.

  1. Services de la Guilde

Les aventuriers inscrits peuvent se rendre dans n’importe laquelle de nos succursales, situées dans le monde entier, pour accepter des emplois, être payés pour le travail accompli, vendre des matières premières et échanger des devises.

  1. Votre dossier d’inscription

Toutes les informations relatives à votre inscription à la guilde seront enregistrées exclusivement sur votre Carte d’Aventurier, dont vous êtes personnellement responsable.

Si votre carte est perdue ou détruite, une nouvelle carte peut être émise. Cependant, votre rang sera réinitialisé à F, et des frais spécifiques à la région vous seront imposés.

  1. Quitter la guilde

Les aventuriers inscrits peuvent se retirer de la guilde dans n’importe quelle succursale.

La réinscription à une date ultérieure est permise, mais votre rang sera rétabli à F.

  1. Conduite interdite

Il est strictement interdit aux aventuriers de :

  • Violer des lois locales

  • De mener toute action portant gravement atteinte à la réputation de la guilde

  • D’entraver un autre aventurier dans l’exécution de ses tâches

  • D’acheter ou de vendre des emplois de guilde

Toute violation de cette politique entraînera l’imposition d’une amende et la révocation de votre statut d’aventurier.

  1. Rupture de contrat

Tout aventurier ne parvenant pas à terminer un travail qu’il entreprend est tenu de payer un cinquième de la récompense indiquée à titre de pénalité pour rupture de contrat.

Cette taxe doit être payée en totalité dans un délai de six mois. Le défaut de paiement dans ce délai entraînera la révocation de votre statut d’aventurier.

  1. Rang

Les aventuriers sont classés en sept niveaux en fonction de leur expérience et de leurs capacités, en commençant par le rang F jusqu’à atteindre le rang S. En règle générale, les aventuriers ne peuvent entreprendre des emplois cotés qu’à un seul grade de leur rang actuel.

  1. Promotion/Rétrogradation

En remplissant un nombre prédéfini d’emplois (en fonction de leur rang actuel), les aventuriers peuvent obtenir une promotion à un rang supérieur.

Si un aventurier ne se sent pas prêt à prendre un rang plus élevé, il peut refuser une promotion.

De plus, le fait de ne pas remplir un certain nombre d’emplois consécutifs peut entraîner une rétrogradation à un grade inférieur.

  1. Obligation et responsabilité

Si les autorités locales demandent de l’aide en cas d’attaque de monstre ou d’une crise similaire, tous les aventuriers sont obligés d’offrir leur aide.

De plus, les aventuriers sont tenus d’obéir aux ordres de leur guilde locale en cas d’urgence.

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