Mushoku Tensei (LN) – Tome 14 – Chapitre 7 – Partie 3

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Chapitre 7 : Une audience avec le Roi Démon Immortel

Partie 3

« Fwahahaha ! Meurs maintenant ! C’est l’ultime style du Dieu du Nord… »

« Foudre ! »

Des éclairs violets jaillirent de ma prothèse de bras. Ils crépitaient dans l’air, et étaient si brillants que nous avions été momentanément aveuglés.

« Ugyaah ! »

Atofe fut poussée en arrière, l’épée lui glissant entre les doigts.

Une sensation d’engourdissement et de picotement parcourut ma main jusqu’au coude, mais il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Je n’avais pas injecté assez de mana dans ce sort pour l’électrocuter.

« Hah ! »

Ne manquant pas une occasion lorsque son adversaire était sans défense, Zanoba lança sa propre attaque. Son poing toucha en plein dans son visage.

« Gyahaaaa ! »

Ses traits se déformèrent alors qu’elle s’élançait dans les airs, percutant le mur du château. Le mur se brisa sous la force de la collision, et Atofe tomba en même temps que les débris.

« Ah, Dame Atofe ! »

Les chevaliers s’étaient regroupés près du trou dans le mur comme un groupe de moineaux agités.

« Hm, j’ai fait une erreur. J’étais tellement concentré à te protéger, Maître, que je ne me suis pas retenu. Je me demande si ça l’a tuée. »

« Non, je suis sûr qu’elle est toujours en vie. »

Ils l’appelaient Roi Démon Immortel pour une bonne raison. Le problème était de savoir ce qui allait se passer maintenant.

« Oh, non, ils l’ont vraiment fait. »

« Oui, c’est mauvais… »

« Je n’arrive pas à y croire. »

Une vingtaine de gardes en armure noire nous encerclaient, marmonnant entre eux. J’étais sûr qu’ils n’allaient pas nous laisser partir après ce que nous avions fait à leur maître.

« Khh. »

J’avais levé mon bâton, prêt à les affronter. C’était ma faute. Si seulement j’avais écouté l’avertissement de Moore, cela n’aurait jamais…

Attendez, étais-je vraiment en faute ici ? En fait, je ne pense pas que ce soit le cas.

Je ne pouvais pas savoir qu’elle réagirait comme ça, et même si je l’avais repoussée dès le début, le résultat aurait probablement été le même.

De toute façon, je peux garder le jeu des reproches pour plus tard. Pour l’instant, je dois trouver un moyen de me sortir de cette situation.

Et pourtant, aussi inquiétant que cela puisse être de voir ces chevaliers nous entourer, ils n’avaient pas dégainé leurs épées. Ils s’étaient contentés de nous regarder fixement.

Zanoba leva ses poings vides. J’aurais peut-être dû lui faire apparaître une arme avant d’arriver ici. Mais je n’avais pas eu le temps. Peut-être y avait-il une bûche quelque part dans les débris du mur brisé.

« Vous deux… »

Moore s’était approché, agissant comme leur représentant. Il parlait en langue démoniaque cette fois.

« Je dois vous demander à nouveau, au nom de ma Dame, êtes-vous sûrs de ne pas vouloir vous joindre à nous ? »

« En aucune façon », avais-je répondu, sans hésiter cette fois-ci.

« Dame Atofe a une affinité pour les individus forts. Vu que vous avez pu l’arrêter avant qu’elle n’utilise sa technique ultime et que vous l’avez envoyée voler à travers les murs du château d’un seul coup de poing, je suis sûr qu’elle vous désire encore plus maintenant. »

C’était une grosse surprise. Tous les Rois-Démons que j’avais rencontrés ou dont j’avais entendu parler étaient comme ça. Pas un seul d’entre eux n’était sain d’esprit. Cela dit, aucun des gardes n’avait fait un geste pour nous appréhender, même s’ils savaient qu’Atofe voulait nous avoir. En fait, après avoir vu Atofe sortir du château, certains d’entre eux dirent des choses comme « Whoa, regardez-la voler », « Voilà ce qui lui arrive quand elle baisse sa garde » ou « Tsk, tsk ».

« Nous, membre de sa garde personnelle, ne bougeons pas sans ordre. Cependant, dès qu’elle nous donnera un ordre, nous ne pourrons pas vous laisser partir. », dit Moore.

À ce moment-là, plusieurs des gardes nous avaient jeté des regards acérés. Je n’allais pas me moquer d’eux parce qu’ils n’agissaient pas avant qu’on leur ordonne de le faire. Au contraire, j’étais reconnaissant.

« Que se passera-t-il si elle nous attrape ? », avais-je demandé.

« Elle vous provoquera en duel, j’en suis sûr. »

J’avais froncé les sourcils, confus.

« Si vous perdez dans le duel, elle vous assommera et vous forcera à signer un contrat avec elle. Une fois que ce sera fait, vous ne pourrez plus jamais la défier. »

« Et, hum, combien de temps dure ce contrat ? »

« Jusqu’à ta mort, bien sûr. »

J’avais avalé de travers, assez fortement pour que ceux qui m’entourent puissent entendre.

« Bien que vous puissiez avoir deux ans de congé tous les dix ans. »

En divisant cela en plus petits nombres, cela signifiait essentiellement un jour de congé tous les cinq jours. Mais pourquoi est-ce que ça semblait si décevant ?

« La majorité de ses gardes sont ici parce qu’ils le veulent, mais il y en a beaucoup qui ont été enrôlés de force. En particulier, beaucoup des humains parmi nous se lamentent sur leur sort. Même nous avons de la sympathie pour eux. »

Plusieurs chevaliers baissèrent le regard. Apparemment, beaucoup d’entre eux avaient été confrontés à notre dilemme et avaient été contraints de passer un contrat avec Atofe. Elle appelait ça une récompense, mais c’était en fait un contrat d’esclavage.

C’est pourquoi il a dit de ne pas accepter sa récompense. J’aurais aimé qu’il me donne plus de détails à l’avance.

Non, c’est ma faute. J’aurais dû lui demander plus de clarification. J’étais là à penser qu’il ne fallait pas baisser la garde, et c’était moi qui l’avais finalement fait.

Je m’étais alors léché les lèvres. « D-Donc… Que se passe-t-il si on gagne ce duel ? »

« Oh, vous pensez vraiment que vous pouvez gagner ? Au cours des 5 000 dernières années, pas une seule personne n’a battu notre maître en dehors du Dieu du Nord Kalman et du Dieu Démon Laplace. Croyez-vous vraiment que vous pouvez la battre ? »

« Oui, probablement pas. »

Ils la disaient immortelle et elle avait probablement autant d’endurance que Badigadi. Pour ne rien arranger, elle semblait bien plus habile au combat que lui. Badigadi n’était pas un acolyte du style d’épée du Dieu du Nord, du moins pas quand nous nous étions affrontés tous les deux.

« Que se passe-t-il si le duel se termine par un match nul ? »

« Si elle vous considère comme un ennemi, elle vous défiera à nouveau. Si elle vous considère comme un allié, elle vous reconnaîtra comme un égal. »

Je m’étais demandé comment elle se sentirait dans mon cas. Connaissant ma chance, elle me défierait probablement à nouveau. Il était assez clair qu’elle me voyait comme un ennemi. Et si elle continuait à me provoquer en duel encore et encore, je finirais forcément par perdre.

« Alors, qu’est-ce que je devrais… ? »

« Fuir. »

Moore n’avait pas mâché ses mots.

« En ce moment, vos amis devraient avoir fini de rassembler l’herbe de Sokas. Il y a un tunnel sous le château qui vous mènera hors de la ville, vous pouvez l’utiliser pour fuir. »

Les autres chevaliers avaient ajouté leur grain de sel :

« S’il vous plaît, ne finissez pas comme moi. »

« Hé, si vous vous rendez au Pays Sacré de Millis… »

« Idiot, tu pourras y retourner toi-même après trois ans de service. »

« Oui, mais quand même… »

D’autres voix douloureuses avaient rejoint le chœur, mais je les avais ignorées. Nous étions déjà enlisés avec nos propres problèmes en ce moment. Reconnaissant pour leur volonté de nous laisser partir, je m’étais dirigé vers la porte. Mais je m’étais arrêté quand j’avais aperçu Kishirika dans ma périphérie. Elle me fixait d’un air suppliant. Après tout ce qui s’était passé, nous étions tous les deux des compagnons de fugue.

« Ça ne vous dérange pas si j’emmène Dame Kishirika ? »

« … Eh bien, notre travail consistait seulement à l’attraper la première fois, alors allez-y. »

Ils étaient donc prêts à fermer les yeux. Atofe ne leur avait pas donné de nouveaux ordres depuis qu’ils avaient rempli le premier. Je m’étais demandé s’ils allaient être punis pour ça.

Oh, eh bien, ce n’est pas mon problème.

J’avais utilisé ma magie pour brûler les cordes qui liaient Kishirika et l’avais libérée.

« Ahh, j’apprécie beaucoup. Tu as ma gratitude ! »

Après cela, nous avions fui la salle du trône.

Nous avions rendez-vous avec Elinalise et Cliff à l’intérieur du château. Ils avaient tous deux des sacs à dos remplis de feuilles de thé ainsi que des plantes en pot dans chaque bras. Les feuilles étaient de couleur jaune ocre et ressemblaient à de l’aloe vera ratatiné.

« Ils ont dit que ces plantes sont vulnérables à la lumière du soleil, nous devrons donc les faire pousser sous terre. Ils nous ont donné un mémo à emporter chez nous, mais je n’arrive pas à lire ce qui est écrit dessus », dit Elinalise.

« Roxy ou moi pourrons le lire plus tard, mais nous devons nous dépêcher. »

« S’est-il passé quelque chose ? »

J’avais expliqué la situation. Elinalise n’avait pas l’air le moins du monde surprise.

« J’ai entendu quelque chose à ce sujet. Kishirika donne des yeux de démon, Badigadi donne le savoir, et Atoferatofe donne le pouvoir — ou quelque chose comme ça. »

« Tu aurais dû me le dire », avais-je grommelé.

« Je ne parle pas la langue des démons. Tu aurais dû l’interpréter correctement pour nous. »

Elle m’avait eu là. Je n’avais pas bien expliqué les choses aux autres. Pour ma défense, je n’étais pas un interprète diplômé, je savais donc à peine ce que je faisais.

« Nous n’avons pas le temps de rester là à nous chamailler. Allons-y. Alors, euh, on prend le tunnel souterrain ou on retourne par où on est venu ? »

Les mots de Cliff ramenèrent mon attention sur la question pertinente prioritaire. Atofe était probablement encore en train de se refaire une beauté après que Zanoba l’ait fracassée, mais elle pouvait nous attaquer à tout moment. Nul doute qu’elle serait encore plus énervée après ce qu’on lui avait fait.

« Vous devriez abandonner l’idée du tunnel », déclara une voix d’en bas.

J’avais regardé Kishirika vers le bas. Lors de notre première rencontre, nous étions à peu près de la même taille, mais j’avais grandi au cours des années suivantes et je devais redresser le cou pour la regarder.

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3 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

  2. (Abaisser le cou)

  3. merci pour le chapitre

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