Mushoku Tensei (LN) – Tome 14 – Chapitre 7 – Partie 2

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Chapitre 7 : Une audience avec le Roi Démon Immortel

Partie 2

J’avais récité la phrase que j’avais préparée mentalement après le conseil de Moore. J’avais supposé que cette récompense n’était que pur formalisme. C’était probablement la raison pour laquelle il m’avait suggéré de la refuser.

Atofe tapa alors du pied.

« Veux-tu dire que tu ne veux pas de ma récompense ? »

Elle me lança un regard noir, meurtrier.

Mes jambes commencèrent à trembler. L’inimitié qu’elle dégageait n’était pas une blague. Elle était d’un tout autre niveau que celle de Linia et de Pursena. C’était la même animosité qui se lisait dans les yeux de Ruijerd quand il me fixait.

« N-Non, je serais heureux de recevoir votre récompense. »

Il était préférable de ne pas défier quelqu’un comme elle. Si elle voulait insister pour nous donner quelque chose, il valait mieux le prendre.

Oui, c’est tout ce que je peux faire. Moore me l’avait déconseillé, mais si l’alternative était de l’énerver intentionnellement, il valait mieux céder.

Je m’étais raclé la gorge et j’avais demandé : « Si je peux me permettre, qu’avez-vous l’intention de nous donner ? »

Les yeux d’Atofe s’étaient rétrécis, un sourire satisfait s’étirant sur son visage : « La puissance. »

La puissance, hein ? La puissance… Eh bien, je mentirais si je disais que je n’en voulais pas. Si c’était ce qu’elle offrait, ça valait le coup de prendre.

D’accord, mais M. Moore nous a dit qu’il valait mieux ne pas l’accepter. Je devrais peut-être tout annuler et lui dire qu’il a déjà accepté de nous donner quelques-unes de ces herbes dans la cave du château, alors nous allons juste prendre ça et rentrer chez nous.

« Je vous accorde à tous le privilège de rejoindre ma garde personnelle afin que vous puissiez entraîner vos corps ! »

« Vous quoi ?! »

Huh ? Donc elle n’allait pas simplement mettre sa main sur ma tête et réveiller un pouvoir latent en moi, ou m’accorder un œil de démon comme Kishirika ?

« Tu as l’air plutôt chétif. Mais bon, dix ans de mon entraînement te remettront à niveau. »

« Um, uh… »

« C’est vrai, pendant une décennie entière, je ne prendrai aucun repos pour t’aider à construire ton corps. Eh bien, qu’en penses-tu ? C’est un grand honneur, n’est-ce pas ? »

Dix ans sans aucun repos ?

Euh, non, j’ai deux femmes et un enfant qui m’attendent à la maison, j’aimerais donc laisser tomber le camp d’entraînement si ça ne vous dérange pas.

Bien sûr, dix ans d’entraînement me rendraient sûrement beaucoup plus fort, mais à quoi cela servirait-il si je devais tout abandonner pour y arriver ? Quel serait le but de devenir aussi fort ? Qui avais-je l’intention de vaincre ? D’accord, je pourrais peut-être mieux protéger mes proches si j’étais plus fort, mais cela valait-il la peine de les abandonner pendant une décennie ?

Alors, qu’est-ce que je fais ? Non, je veux dire, je n’ai pas d’autre choix que de la rejeter. Je ne peux pas rejoindre sa garde personnelle.

J’avais jeté un coup d’œil à Moore. Ce dernier secoua la tête, un air de résignation sur le visage.

« Je suis désolé, mais aussi grand que soit l’honneur qui m’est fait, je vais devoir m’abstenir. »

« C’est absurde ! Que quelqu’un aille maintenant lui apporter une armure noire supplémentaire et prépare un contrat qu’il devra signer ! »

Plusieurs gardes personnels d’Atofe s’étaient précipités hors de la pièce à son ordre.

« Je te donne la meilleure armure, le meilleur entraînement, et je te permets d’entrer dans la garde la plus renommée de tout le Continent Démon ! Il n’y a pas de plus grand honneur ! Tu ne pourras pas t’opposer à moi une fois que tu auras signé le contrat. Non pas que tu essayeras de le faire, j’en suis sûre, même sans une telle formalité. En fait, tu dois être aux anges en ce moment. »

Je ne suis vraiment pas du tout ravi.

Pourtant, de tous les démons de haut rang que j’avais rencontrés, c’était elle qui ressemblait le plus à un roi des démons. Pour une étrange raison, j’étais heureux d’avoir l’occasion de la rencontrer. Je n’étais peut-être pas le seul à qui elle avait offert cette récompense. Peut-être que d’autres membres de sa garde avaient également été contraints de signer un contrat.

« Je suis terriblement désolé, mais j’ai une famille qui m’attend à la maison. Je ne peux pas les laisser pendant 10 ans. », dis-je.

« Je ne vois pas le problème. Je n’ai pas vu mon fils une seule fois au cours des cent dernières années. Crois-moi, pas de nouvelle bonne nouvelle. C’est la preuve qu’ils sont toujours en vie. »

Quoi, pour la simple raison qu’elle avait abandonné son enfant pendant un siècle, elle voulait que je fasse la même chose à ma famille pendant une décennie ? Même pas en rêve.

« M-Mais dix ans est une période incroyablement longue pour un humain. De plus, j’ai promis à ma famille que j’y rentrerais, et… »

« Et ? »

Les veines s’agitaient sur son front. Elle commençait à s’énerver.

« Et j’ai une amie malade qui m’attend. Je dois trouver un remède pour elle le plus vite possible et rentrer chez moi. Et puis, j’ai tellement d’autres choses à faire en ce moment. Je ne peux pas rester ici et amasser de la puissance pour moi-même… »

« Tais-toi ! »

Atofe claqua la porte si fortement qu’elle résonna contre les murs.

Bon sang, c’était assez terrifiant. Ok, non, c’était tout simplement terrifiant. Qu’est-ce qui ne va pas chez elle ? Pourquoi elle me crie dessus ?

« Vas-tu entrer dans ma garde personnelle ou pas ? ! Arrête de tourner autour du pot et réponds ! »

« Je ne vais pas le faire ! »

Elle se figea sur place. Tout son visage devint rouge et son expression se déforma.

« Pourquoi ? ! Pourquoi me refuserais-tu ?! »

Huh ? Euh, n’avais-je pas littéralement énuméré toutes les raisons ?

« Euh, hum… »

C’était le bon moment pour laisser Zanoba s’occuper de tout. C’est du moins ce que j’avais prévu, mais au moment où je l’avais regardé, ce dernier avait pratiquement des points d’interrogation qui dansaient au-dessus de sa tête en me fixant d’un air perplexe.

Ah, merde, c’est vrai. On a parlé en langue démoniaque pendant tout ce temps. Il n’avait aucune idée de ce qu’on disait. Je ne peux pas compter sur lui.

J’étais censé faire quoi ? Comment allais-je la convaincre d’abandonner ?

Les chevaliers étaient de bonne humeur il y avait quelques instants, mais après mon échange avec Atofe, l’atmosphère était devenue hostile et tendue. C’était comme s’ils étaient une équipe sportive venue jouer sur le terrain de leur adversaire.

« Je te l’avais dit. C’est une vraie imbécile. Tu ferais mieux de ne pas t’impliquer avec elle. Tu ne peux même pas avoir une conversation correcte avec elle ! », lâcha Kishirika.

« Tais-toi ! Je ne suis pas une imbécile ! », cria Atofe brusquement tout en tirant son épée.

« Maintenant, je comprends. Tu te moques de moi ! C’est pour ça que tu as dit que tu n’accepterais pas ma récompense. Tu me prends pour une idiote, alors tu te moques de moi ! »

Elle s’était dirigée furieusement vers nous.

Euh, quoi ? Hé, attendez !

« Dame Atofe, essayez de vous calmer ! Vous allez casser quelque chose dans le château si vous continuez à balancer ce truc ! »

« Je ne suis pas une idiote, ok ? Je ne le suis pas ! »

Elle brandit son épée, le visage déformé par la colère, et se précipita vers nous. Ses gardes avaient essayé de la repousser et de l’arrêter.

« Dégagez ! »

Atofe les repoussa et fonça sur nous comme un taureau.

Oh, merde. Oh, merde ! Dois-je utiliser ma magie ? ! Non, je pourrais aggraver les choses si je l’attaque.

« Je m’en occupe », dit Zanoba.

Il s’était levé et s’était placé en face de moi : « Hmph ! » Il attrapa les bras d’Atofe qui s’était jetée sur nous. Elle essaya de l’écarter d’un coup de pied, mais il ne bougea pas, comme on pouvait s’y attendre avec la puissance d’un enfant béni.

« Hm, tu es plutôt fort ! »

Ses yeux s’écarquillèrent, intriguée, tandis qu’elle fixait Zanoba, un sourire se dessinant sur ses lèvres.

Ne comprenant pas ce qu’elle disait puisqu’il ne parlait pas la langue, Zanoba la réprimanda.

« Calmez-vous ! Nous ne voulons pas vous offenser. Nous voulons seulement l’herbe que vous avez dans votre sous-sol. »

« Arrête de me parler avec ces mots étrangers bizarres ! », lui avait-elle répondu, peu intéressée par ce qu’il avait à dire. En fait, il semblerait qu’elle ne comprenait pas du tout la langue humaine, même si Moore la parlait couramment.

Toujours en tenant son épée, Atofe essaya de frapper Zanoba à coups de poing et de pied, mais sans succès. Finalement, elle poussa un hurlement de mécontentement.

« Espèce de monstre, tu es aussi dur qu’une pierre ! Tu dois avoir une sérieuse aura de combat qui te protège. Intéressant ! »

Sur ce, elle trancha son bras avec son épée, se libérant de l’emprise de Zanoba.

Effectivement, Atofe coupa son propre membre sans la moindre hésitation. À ses yeux, ce n’était qu’une nuisance qui la retenait. Elle le coupa avec l’indifférence décontractée de quelqu’un qui coupait un fil perdu après que son pull se soit accroché.

« Hmph ! »

Au moment où son bras s’était séparé de son corps, il s’était transformé en un morceau de chair flasque. Zanoba le lâcha. Ce dernier fit un bruit sourd et humide contre le sol. Quelques secondes plus tard, il rampa vers Atofe et se reconnecta à son corps. Quelques instants plus tard, son bras était redevenu normal. J’avais vu Badigadi faire quelque chose de similaire. La blessure avait guéri sans laisser la moindre égratignure.

« Bien, alors. Je vais vous donner une présentation complète : Je suis le Roi Démon Immortel Atoferatofe Rybak, épouse de Kalman Rybak, le fondateur du style d’épée du Dieu du Nord. Je vais vous montrer à quoi ressemble vraiment ce style lorsqu’il est utilisé en combat ! »

Elle leva sa lame en l’air.

Zanoba se tenait debout, les poings serrés, comme s’il voulait l’affronter sans arme. Un frisson m’avait parcouru l’échine. Quelque chose me disait que ça n’allait pas bien se terminer. Zanoba pourrait mourir. Même s’il était un enfant béni, Zanoba n’était pas insensible aux blessures. Par exemple, j’avais réussi à égratigner le Dieu Dragon Orsted avec ma magie, aussi puissant soit-il. Il n’y avait rien d’absolu dans ce monde. Zanoba, par exemple, était faible face au feu. De même, s’il était résistant aux attaques physiques, cela ne signifiait pas qu’elles ne pouvaient pas le blesser.

« Urgh ! »

J’avais immédiatement commencé à déverser mon mana dans un sort, avec l’intention de le rendre aussi rapide et dense que possible. Lancer Canon de pierre prendrait trop de temps, malheureusement, mais j’avais plus d’expérience dans l’utilisation de la magie maintenant qu’avant.

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2 commentaires :

  1. merci pour le chapitre

  2. Merci pour le chapitre

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