Mushoku Tensei (LN) – Tome 14 – Chapitre 6 – Partie 4

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Chapitre 6 : À la recherche de Kishirika

Partie 4

Je m’étais rapproché et m’étais inséré dans la conversation.

« Dans ce cas, veux-tu encore manger ? »

« Ooh ! Vraiment ? Vous êtes vraiment généreux, les garçons. Oui, généreux en effet ! Vous irez loin dans la vie, croyez-moi ! »

Kishirika engloutit d’autres brochettes de grande tortue. La façon dont elle les ingéra me fit me demander où elle stockait tout cela dans ce tout petit corps. Et elle continua, les unes après les autres.

« Ouf ! Ça m’a bien remplie. Maintenant, je vais pouvoir continuer pendant une autre année. »

Ayant terminé son repas, Kishirika tapa sa main contre son ventre avec satisfaction.

Nous avions acheté jusqu’à la dernière brochette que le propriétaire du stand avait à vendre. Au moins, il était heureux d’avoir fait autant d’affaires.

Maintenant, venons-en au fait…

« Ça fait longtemps, Dame Kishirika », avais-je dit.

« Hm ? Et toi, qui es-tu ? »

Au moment où je baissais la tête, celle-ci renifla et me fixa.

« Mm ? Oh ? »

Un de ses yeux tourna, passant d’un œil normal à un œil de démon. Puis elle tapa du poing dans sa paume.

« Aha ! C’est toi ! Tu es le garçon humain avec ce mana dégoûtant. Bien sûr que je me souviens de toi ! Je t’ai donné un de mes yeux. Je crois que ton nom était, euh… Roo… Roomba ? Roombaus ! Oui, c’est ça ! Ça fait un bail. »

« Rudeus Greyrat », avais-je corrigé. Je ne suis pas un foutu robot de nettoyage, merci beaucoup.

« Oui, Rudeus. Cela fait un long moment, en effet. Tu as bien grandi. Alors, comment ça s’est passé après notre séparation ? Tu t’en sors bien ? »

Elle tapota alors ma cuisse, allant aussi haut qu’elle puisse atteindre. Cela me rappelait un chef de section dans un emploi de bureau qui tapotait l’épaule de ses subordonnés.

« Oui, l’œil que vous m’avez donné la dernière fois m’a vraiment sauvé la vie à de nombreuses reprises. »

« Fwahaha ! Oui, je suis sûr qu’il l’a fait ! »

Elle hocha alors la tête, satisfaite.

Elle est vraiment trop facile à manipuler.

« Cependant, je n’accorderai ma récompense qu’à l’un d’entre vous ! Un seul ! »

Elle se retourna et pointa son doigt vers Cliff.

« Toi, Cliff Grimor. Exprime ton désir, quel qu’il soit. »

Il déglutit tout en l’a regardant fixement. À ce moment, le doute s’était insinué dans mon esprit. Il ne le fera pas ça ?

Il était de notoriété publique que Kishirika Kishirisu offrait des yeux de démon comme récompense aux gens, et Cliff avait ses propres objectifs. Un œil de démon pourrait grandement l’aider à créer des instruments magiques. Même moi, je l’avais compris. C’était pourquoi j’espérais avoir tort…

« Dans ce cas, dites-moi comment guérir du syndrome de Dryne », dit finalement Cliff.

« Oh ? »

« Une de mes connaissances l’a contracté. Elle a réussi à survivre jusqu’à présent, mais rien n’indique qu’elle va se rétablir d’elle-même. Si vous connaissez un moyen de l’aider, dites-le-moi. »

Mes épaules s’étaient affaissées de soulagement. Mes inquiétudes étaient totalement infondées et, honnêtement, un peu offensantes pour Cliff. Je devrais lui offrir un repas quand nous rentrerons à la maison.

« Hm, le syndrome de Dryne, dis-tu. Ce nom me rappelle des souvenirs. J’avoue que je suis un peu surprise d’entendre parler de quelqu’un qui en est atteint à notre époque. »

Zanoba et moi avions échangé un regard et avions hoché la tête. Il semblerait que Kishirika connaissait bien la maladie.

« Peut-on la soigner ? »

« Question idiote. Bien sûr que oui ! Tout ce que tu as à faire, c’est de trouver de l’herbe de Sokas, d’en faire du thé, de le boire, et tu élimineras le problème en même temps que ton caca. »

J’avais souri. C’était parfait. Il y avait une chance que la mémoire de Kishirika soit défaillante et que cette herbe ne fonctionne pas, mais au moins nous avions maintenant quelques informations. Par « faire du thé », elle voulait probablement dire faire une décoction des feuilles dans de l’eau et la boire.

« L’herbe de Sokas ? Je n’ai jamais entendu parler de ça avant. Où peut-on en trouver ? »

« Maio, la Cité Fantôme. »

« Euh, la Cité Fantôme ?! »

Oups. Lorsque le mot « fantôme » était utilisé dans la même phrase que « ville », cela signifiait généralement que l’endroit en question était difficile à trouver. C’était comme si vous ne pouviez la visiter que dans vos rêves, ou que vous deviez traverser un désert pour l’atteindre, quelque chose comme ça.

« Juste au nord de cette ville, à l’extrémité des montagnes du Wyrm rouge, se trouve une grotte dans les profondeurs d’un ravin connu sous le nom de Queue du Wyrm rouge. Dans ses replis les plus profonds et les plus sombres se trouve un abondant champ d’herbe de Sokas. »

« On doit donc aller dans une grotte dans cette Queue de Wyrm ? »

On se serait cru dans un jeu de rôle. Après avoir fait tout ce chemin, elle allait vraiment nous envoyer faire une quête pour récupérer l’herbe ? Et nous devions nous rendre dans une grotte située dans un endroit appelé la Queue du Wyrm ? Si l’on en croit le nom, nous devrions probablement combattre des dragons en chemin. C’était un grand défi.

Non, ce n’était franchement pas si mal. Le pire scénario serait de ne pas trouver Kishirika et de passer les prochaines années à chercher.

OK, mais attendez. Je connaissais les montagnes du Wyrm rouge, mais je n’avais jamais entendu parler d’un endroit appelé la Queue du Wyrm rouge.

« Où se trouve exactement la Queue du Wyrm ? »

« Question judicieuse. Vous voyez, à la fin de la deuxième Grande Guerre Humains-Démons, la bataille du Dieu Dragon et du Dieu Combattant s’est terminée par un trou dans le continent, effaçant l’endroit qui s’appelait autrefois la Queue du Wyrm. »

« … Quoi ? »

Euh, donc l’endroit où nous devions nous rendre n’existait plus ? De plus, l’histoire qu’elle nous racontait était complètement différente de ce que j’avais entendu. L’histoire disait que l’énorme trou dans le continent était le résultat de la bataille de Kishirika contre le chevalier d’or. Cela dit, Kishirika ne semblait pas être du genre à se battre… Enfin, peu importe. C’était après tout une légende, et les gens racontent souvent ces histoires de la manière qui leur convient le mieux. Pour l’instant, ma priorité était l’herbe de Sokas.

« Ça veut dire que l’herbe de Sokas n’existe plus ? »

« Non, j’expliquais simplement que la grotte de la Queue du Wyrm est l’endroit où elle a été découverte pour la première fois. », dit Kishirika tout en secouant la tête.

Si c’était là qu’elle fut découverte, cela voulait-il dire qu’elle poussait aussi ailleurs ?

« L’herbe de Sokas pousse dans les grottes, là où le soleil ne brille pas. »

D’après cette description, on pourrait trouver cette herbe dans les labyrinthes. Mais pouvait-on aller dans n’importe lequel d’entre eux ? Si oui, nous devions repenser la composition de notre groupe avant de nous y aventurer. Il nous faudrait une vingtaine de personnes… Non, nous pourrions offrir une récompense, recruter quelques aventuriers, et envoyer une centaine de personnes.

« Et c’est pour cela que j’ai ordonné à chaque Roi-Démon de cultiver cette herbe sous leur château ! », continua Kishirika.

« … »

« Après tout, cette herbe est délicieuse. Ceux qui la boivent ont une espérance de vie exceptionnellement longue. Notamment parce que ceux qui la boivent sont des rois démons immortels. Fwahaha ! »

« … »

Donc, pour résumer, ce qu’elle nous disait était que chaque roi démon avait ce truc qui poussait sous son château ? Et comme c’était considéré comme un thé de luxe, on pouvait trouver des marchands qui en vendaient ?

« Fwahahahaha ! Vous pensiez que vous alliez devoir aller en chercher vous-mêmes ? Je parie que oui, n’est-ce pas ? Vous êtes pitoyables ! Elle pousse juste là, dans mon château ! Fwahahahaha ! »

Personne ne me blâmerait s’il sait jusqu’à quel point je veux frapper cette idiote, non ?

Cliff semblait avoir la même idée. Il chargea en avant avec ses mains en forme de poings.

« Espèce de petit… ! »

« S’il te plaît, attends, Maître Cliff ! Ne nous précipitons pas. Nous devons d’abord lui faire dire tout ce qu’elle sait. »

« O-oui, tu as raison. »

Oups, peut-être que je n’aurais pas dû dire cette dernière partie à voix haute.

S’il y avait vraiment de l’herbe de Sokas dans le château… il n’y avait pas de quoi être en colère. En fait, c’était parfait. Bien sûr, elle nous avait inquiétés pour rien et ça m’avait un peu énervé, mais c’était une leçon en soi.

OK, calme-toi. Tu peux juste te mettre à genoux et la supplier pour ça.

« Très bien, Dame Kishirika, alors je vous implore de partager un peu de votre herbe de Sokas avec nous. »

« Bien sûr ! Il y a juste un petit problème. »

« Quel est ce problème ? »

« Eh bien, vous voyez, il y a un individu détestable qui séjourne dans mon château en ce moment. Il est plutôt difficile à gérer et pas très intelligent, j’ai donc passé les six derniers mois à fuir… Uh-oh. »

Ses mots s’étaient arrêtés alors qu’elle fixait quelque chose derrière nous.

« Hm ? »

J’avais suivi son regard.

Plusieurs soldats vêtus d’une armure noire se tenaient là. Cinq, six, sept... vingt au total. Pire, un autre groupe s’était rassemblé dans la rue en face de nous, et d’autres avaient débordé d’une ruelle voisine. Très vite, nous avions été entourés par une trentaine d’hommes. Ils nous regardaient fixement, comme s’ils essayaient de nous intimider.

Elinalise s’était avancée, la main sur l’épée à sa hanche. Une sueur froide recouvrait son front. Avec leur nombre, il n’y avait aucun moyen de fuir.

Que devrions-nous faire ?

Je pourrais attraper deux d’entre eux, Zanoba dans mon bras droit et Cliff dans mon bras gauche, et utiliser ma magie pour faire un saut en l’air. Mais qu’en était-il de Kishirika et d’Elinalise ?

L’homme apparemment en charge des soldats s’était avancé vers nous. Sa voix était rauque, mais vibrante quand il dit : « Nous sommes la garde personnelle du Roi Démon Immortel Atoferatofe, qui règne sur le Territoire de Gaslow. Par ordre royal, veuillez remettre Dame Kishirika et nous accompagner au château. »

Il parlait couramment la langue humaine.

Derrière lui, les autres chevaliers sortirent leurs croquis et les comparèrent à la vraie Kishirika. Leurs visages étaient remplis de confusion. Comme Nokopara le soupçonnait, l’image ne ressemblait pas du tout à Kishirika, et ceci parce qu’Atofe n’y avait pas mis beaucoup de détails. Mais même si elle ne ressemblait pas à la femme qu’ils avaient pour mission d’appréhender, le fait de crier à tue-tête qu’elle était le Grand Empereur du Monde Démoniaque suffisait à attirer l’attention de tous.

« Et si on dit non ? », dit Elinalise en plaisantant.

Les gardes dégainèrent immédiatement leurs épées. Le fracas assourdissant des lames quittant leurs fourreaux résonna dans toute la zone.

« Nous n’aurons aucune pitié pour vous. »

Je n’avais pas la capacité de déterminer la force d’une personne en un coup d’œil, mais même moi, je pouvais voir que ces gens étaient expérimentés au combat. Il y avait une différence marquée entre un novice et ceux qui avaient traversé de nombreux combats auparavant, et ces soldats faisaient sans aucun doute partie de cette dernière catégorie. Je sentais qu’ils étaient bien plus capables qu’une bande de chevaliers ordinaires.

« V-vous ne devez pas les écouter. Si vous les laissez vous emmener au château, vous ne savez pas ce qui peut vous arriver. C’est du Roi-Démon Atoferatofe que nous parlons. Elle n’est rien d’autre qu’une imbécile complète ! », dit Kishirika.

Mes sourcils s’étaient froncés. Elle n’avait pas tort. Pourquoi devrions-nous accepter de laisser cette supposée idiote nous appréhender ? Nous n’avions rien à faire avec Atofe. On devait trouver un moyen de s’en sortir.

Ah, mais attendez une seconde, l’herbe dont on a besoin n’est pas sous leur château ? Peut-être pouvons-nous nous faufiler à l’intérieur… Non, soyons réalistes, je n’ai jamais vu cette herbe avant, je ne saurais même pas quoi chercher.

Alors que j’hésitais, le chef des chevaliers retira son casque.

« Je vous l’implore. Si vous ne venez pas, j’ai peur que ma dame ne nous punisse. Je jure que nous ne vous traiterons pas mal, alors s’il vous plaît… »

Ses cheveux étaient d’un rouge flamboyant, et son visage était buriné par l’âge. Il nous fit un doux sourire et baissa la tête.

La manière dont il s’était incliné montrait bien qu’il était sincère. Avant, j’étais le genre de Japonais qui ne se souciait pas de refuser les gens, mais plus maintenant. Quand quelqu’un parlait si sérieusement comme ça, il était difficile de ne pas se sentir obligé de lui faire plaisir.

« Ne croyez pas un mot de ce qu’il dit ! Atofe n’est pas le genre de personne avec qui on peut avoir une conversation raisonnable ! »

Kishirika avait des perles de sueur froide qui coulaient sur son visage. Il y avait manifestement plus de choses dans cette affaire qu’elle ne le laissait entendre.

« J’ai entendu ce dont vous parliez. Nous cultivons également l’herbe de Sokas dans le territoire de Gaslow, donc nous savons comment la cultiver. Si vous le souhaitez, nous pouvons vous en fournir un pot que vous pourrez ramener. Alors, s’il vous plaît, venez avec nous. », dit le vieux capitaine chevalier.

Il continua à garder la tête baissée. Je n’avais ressenti que de l’honnêteté de sa part. Lui et ses subordonnés auraient tout aussi bien pu nous capturer par la force, mais il faisait tout pour que ce soit une demande. Je ne savais rien du tout d’Atofe. Le seul Roi-Démon que je connaissais était Badigadi. Mais avoir un supérieur comme Atofe était sans doute difficile.

« Pendant que nous y sommes, qu’est-ce que Dame Atofe a contre Dame Kishirika ? Si possible, j’aimerais connaître la raison pour laquelle elle poursuit Dame Kishirika depuis six mois. », dis-je.

« Il y a un an, ma Dame est venue dans cette ville pour une flasque spéciale de liqueur produite sur le territoire de Gekura, mais Dame Kishirika l’a chipée et a bu toute la bouteille. »

« Aha. »

« Ma dame attendait avec impatience cette bouteille, elle fut donc furieuse de cet affront. Elle nous fit venir de nos postes et nous ordonna de chercher le coupable. Malheureusement, nous ne connaissions pas l’apparence actuelle de Dame Kishirika, et le croquis que nous avions d’elle n’était pas assez précis pour être utile, donc nous n’avons pas eu de chance jusqu’à présent. », dit le capitaine de la vieille garde en soupirant.

« Très bien. Je comprends votre situation. »

J’avais passé des menottes à Kishirika, en utilisant ma magie.

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2 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

  2. merci pour le chapitre

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