Mushoku Tensei (LN) – Tome 13 – Chapitre 2 – Partie 3

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Chapitre 2 : Troisième année

Partie 3

« C’était pour quoi ça ? ! Ne tire pas sur la queue d’une dame ! »

Je lui avais lancé un regard noir en réponse.

« Ne répands pas de rumeurs exagérées, compris ? Sinon, je vais t’arracher ce truc ! »

« Hein ?! J’ai compris ! Je suis désolée ! »

Ces deux-là aimaient vraiment propager des rumeurs. Elles avaient répandu la nouvelle de mes problèmes au lit sur tout le campus, ce que je pouvais leur pardonner, puisque c’était vrai à l’époque. Mais là, c’était un cas totalement différent. Ça pourrait me causer de vrais problèmes. Je pourrais même finir par mourir.

C’était le genre de rumeur qu’il fallait étouffer dans l’œuf.

Ce fut alors que Pursena s’immisça dans la conversation.

« Zanoba nous a raconté ce qui s’est passé. Tu as combattu une hydre immunisée contre la magie, non ? Il disait qu’il aurait dû être là. Il pensait qu’il aurait pu t’empêcher d’être blessé. »

« C’est vrai, miaou. Mais on est impressionné… que tu puisses réussir à battre cette chose. Alors je me disais qu’on pourrait s’assurer que tout le monde sache à quel point tu es un dur à cuire… »

« Merci, mais cela ne sera pas nécessaire. »

J’étais assurément devenu un peu plus fort au fil des ans. Mais quand ça comptait vraiment, j’étais toujours péniblement trop faible. Je ne voulais pas que les gens aient une opinion exagérée de moi. Je ne la méritais pas.

« Mais tu sais, patron… même si on ne dit rien, les gens inventent déjà des choses. Tout le monde peut voir que tu as une main artificielle maintenant. »

« Elle a raison, miaou. Ça ne fera pas beaucoup de différence si on raconte aussi notre histoire. »

« … »

J’étais apparemment une personne avec une petite notoriété sur le campus, il était donc inévitable que les gens spéculent. Pourtant, je voulais garder les Sept Grandes Puissances en dehors de ça. C’était un territoire dangereux. J’avais encore un souvenir très vif du jour où Orsted avait failli me tuer.

« Quelles autres rumeurs avez-vous entendues ? »

« Il y en a un paquet. Laisse-moi voir… »

Linia commença à énumérer une série d’histoires. Certains disaient que j’avais combattu un guerrier Superd jusqu’à la mort, d’autres que j’avais affronté une horde de cent monstres, seul. D’autres encore prétendaient que j’avais réussi à lancer un ancien sort interdit, mais que j’avais perdu ma main dans le processus.

Aucune d’entre elles ne semblait particulièrement crédible, je devais donc supposer qu’elles allaient disparaître assez rapidement.

« Hmm… »

En y réfléchissant, les Sept Grandes Puissances étaient probablement habituées à ce que les gens inventent des histoires absurdes à leur sujet, elles aussi. Elles étaient incroyablement célèbres pour leurs prouesses au combat. Peut-être ne feraient-ils pas attention à une histoire idiote qui circulait dans une université, même s’ils en avaient eu vent.

« Bon, d’accord. Désolé pour la queue. »

« Vous, les humains, ne pouvez pas comprendre à quel point ça fait mal, miaou. C’est impardonnable de tirer sur la queue d’une femme ! »

« Très bien, très bien. Je t’achèterai du poisson un de ces jours, ok ? »

« Hee hee, c’est gentil ! Je devrais essayer de me plaindre plus souvent… »

« Ce sera de la viande pour moi. »

Et ainsi, nous étions repartis tous les trois dans le couloir.

Notre classe était la même que d’habitude.

Les cinq autres étaient assis en groupe autour de mon bureau. Zanoba jouait avec ses figurines, sa fidèle assistante Julie à ses côtés. Linia était occupée à limer ses griffes, Pursena mâchonnait de la viande et Cliff étudiait sérieusement un livre épais. Il y avait aussi Ginger qui, bien qu’elle ne soit pas vraiment une élève, se tenait tranquillement au fond de la pièce.

Cela faisait longtemps que je n’étais pas venu dans cette classe, mais tout me semblait immédiatement familier. Il était difficile d’imaginer que nous allions perdre deux des nôtres en un an seulement. En supposant évidemment que Linia et Pursena réussissent à obtenir leur diplôme.

« Au fait, Rudeus… pourquoi n’es-tu pas passé me saluer, moi et les autres ? »

Cliff leva les yeux de son livre et me lança un regard.

Je pouvais comprendre son humeur grincheuse. Je n’avais pas encore pris le temps d’aller le voir.

« Désolé pour ça, Cliff. Je suis passé te voir juste après mon retour, mais il me semblait que toi et Elinalise étiez occupés ailleurs. »

« Euh… je vois. Oui, je suppose que j’étais avec elle ce soir-là. Bon, ce n’est pas grave alors. Toutes mes excuses. »

Cliff fit heureusement marche arrière assez rapidement. Mais même ainsi, je commençais à avoir l’impression que les gens de son espèce étaient vraiment particuliers sur ce genre de formalités. Ariel avait aussi été mécontente de la façon dont j’étais parti sans un mot.

Quand j’étais un aventurier, tout le monde était beaucoup plus décontracté à ce sujet.

« Cependant, ton premier enfant est né, oui ? Tu aurais pu au moins me contacter à ce sujet. Je suis encore en formation, mais j’aurais au moins pu lui offrir la bénédiction. »

« … Oui, je suppose. »

« Ah, d’accord. Tu n’appartiens pas à l’église de Millis, je suppose donc que ce n’est pas nécessaire. Pourtant, j’ai presque l’impression que tu m’évites. Je suis sûr que tu es occupé avec ton enfant, mais n’aurais-tu pas pu trouver le temps de passer à mon laboratoire au moins une fois ? »

Il avait raison. Peut-être que je l’avais évité.

Mais il y avait une raison à cela. Une raison qui s’appelait Roxy. J’avais deux femmes maintenant, et Cliff était un membre dévoué de l’église de Millis. Il n’allait probablement pas réagir très favorablement à la nouvelle.

« Y a-t-il une raison pour laquelle tu ne voulais pas me voir, peut-être ? Si c’est le cas, j’aimerais l’entendre de ta bouche personnellement, si cela ne te dérange pas. »

Il était étrangement tenace à ce sujet aujourd’hui. J’avais l’impression qu’Elinalise l’avait déjà mis au courant. La connaissant, elle l’avait probablement un peu travaillé aussi. Je l’imaginais dire quelque chose comme « Je sais que tu es passionné par ta foi, Cliff, mais si tu lui pardonnes ses offenses, tu montreras à tout le monde à quel point tu es tolérant et gentil ! »

Bien sûr, je n’avais pas besoin du pardon de Cliff ou de sa permission pour épouser Roxy. Mais cela ne voulait pourtant pas dire que je voulais ruiner notre amitié. Il serait donc préférable de jouer franc jeu ici. Je pouvais avouer la vérité, laisser Cliff me pardonner, et ensuite complimenter longuement son ouverture d’esprit. J’aurais ainsi soigneusement caressé son ego, et nous aurions mis l’affaire derrière nous. Ce serait vraiment un gagnant-gagnant.

Très bien. Je suppose que je vais suivre la voie que tu as tracé, Elinalise…

« En fait, Cliff… »

« Excusez-moi. »

Mais avant que je puisse finir ma phrase, quelqu’un ouvrit la porte de notre classe.

Deux personnes entrèrent. L’une d’elles était la professeur en charge de notre classe, qui dirigeait habituellement nos cours.

L’autre était une adorable jeune femme vêtue d’une robe, aux yeux somnolents et à l’expression sérieuse, qui semblait légèrement nerveuse. Le genre de fille qui faisait manifestement de son mieux à tout moment, et qu’on ne pouvait s’empêcher de vouloir serrer dans ses bras. Je veux dire… c’était Roxy.

« Bonjour, tout le monde. J’aimerais vous présenter le professeur assistant qui va m’aider avec la classe spéciale. »

« Ravi de vous rencontrer, je suis Roxy M. Greyrat. », dit Roxy tout en faisant un pas en avant et en inclinant légèrement la tête.

Zanoba et les autres restèrent bouche bée, surpris, mais notre professeur était allé de l’avant.

« Le professeur Roxy peut sembler très jeune, mais c’est simplement une caractéristique de son peuple. Elle a en fait plus de cinquante ans. Étant donné qu’il semblerait qu’elle ait déjà des liens personnels avec certains d’entre vous, nous avons donc décidé de la placer ici. Pour l’instant, elle sera mon assistante, mais nous avons l’intention de lui confier entièrement la classe dès l’année prochaine. »

« Miaou ? ! Que va-t-il vous arriver, Professeur Samson ?! »

Le professeur hocha la tête à cette question. Apparemment, il s’appelait Samson ? C’était une nouvelle pour moi. Le fait qu’il soit resté un sans-nom jusqu’à ce jour était en soi impressionnant.

« Je vais retourner dans mon pays natal l’année prochaine. Après tout, je n’ai plus de parent à charge dans cette classe. »

« Ah oui. Où donc Ren est-elle allée après avoir obtenu son diplôme ? »

« Ma petite sœur sert en tant que chevalier magique dans le duché de Neris. Il semblerait qu’elle se débrouille plutôt bien pour le moment, mais on ne sait pas ce qu’elle fera si je ne suis pas là pour garder un œil sur elle. »

« Ooh. Je comprends. »

Je n’apprendrais tout cela que plus tard, mais apparemment, il était courant que le professeur d’une classe spéciale soit un individu ayant un lien personnel avec un ou plusieurs des étudiants. Ça avait probablement quelque chose à voir avec le fait qu’ils étaient imprévisibles. On voulait quelqu’un qui puisse les contrôler un peu, ou au moins faire preuve de retenue.

Le professeur Samson, qui était chargé de nous jusqu’à présent, était le frère d’une étudiante qui avait été diplômé l’année précédant l’inscription de Cliff ici. Elle faisait partie de la famille ducale de Neris, l’une des trois nations magiques, et était censée avoir un talent remarquable pour la magie.

En tout cas, Roxy avait des liens personnels avec moi et Zanoba. Elle était le choix idéal pour ce travail.

S’avançant à nouveau, Roxy regarda la pièce et commença à parler.

« Je sais que j’ai déjà été présentée à certains d’entre vous, mais encore une fois, je m’appelle Roxy M. Greyrat. Je suis la seconde épouse de Rudeus Greyrat, là-bas. Je vais essayer de ne pas laisser cela influencer mes actions en tant que professeur, mais j’espère que vous serez compréhensifs. »

« … »

Cliff fit la moue à ce moment-là.

Il aurait probablement voulu entendre l’histoire de la « deuxième femme » directement de moi. De cette façon, il aurait pu accepter la situation avec grâce, et gagner ma gratitude. Mais maintenant, ses plans étaient ruinés.

« Hum, Cliff… »

« Hmm. Une seconde épouse, c’est ça ? Le mot fidèle ne fait pas partie de ton vocabulaire, Rudeus ? »

Au moment où je lui avais parlé, il s’était immédiatement passé en mode-conférence.

« Je sais, je sais. J’admets que j’ai prouvé mon manque de loyauté. »

« J’ai béni ton mariage avec Sylphie parce que tu m’as dit que tu l’aimerais, et seulement elle. Te souviens-tu de ça ? »

« Bien sûr. Et je t’en suis très reconnaissant. »

« Eh bien, je suppose que je savais dès le début que tu ne partageais pas ma foi. Je n’insisterai pas davantage sur ce point. Pour ce que ça vaut, tu as mes félicitations. J’espère que tu seras heureux ensemble. »

« Merci, Cliff. »

Cliff ricana à ce sujet.

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2 commentaires :

  1. merci pour le chapitre

  2. Merci pour le chapitre

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