Mushoku Tensei (LN) – Tome 13 – Chapitre 2 – Partie 1

***

Chapitre 2 : Troisième année

Partie 1

Le premier jour de ma troisième année à l’Université était arrivé.

Quand je m’étais réveillé et que j’étais descendu dans le salon, j’avais trouvé Sylphie déjà là, donnant le sein à Lucie.

« Oh, bonjour, Rudy. »

« Bonjour, Sylphie. »

Lucie n’avait encore que quelques mois, mais elle semblait être forte et en bonne santé jusqu’à présent. Sylphie se portait bien elle aussi. Néanmoins, j’avais comme l’impression qu’elle était différente, qu’elle était devenue plus féminine. Peut-être était-ce dû à la façon dont elle avait laissé pousser ses cheveux ? Ou l’aura de « nouvelle mère » ? Ou simplement le fait qu’elle avait un peu vieilli ?

Quoi qu’il en soit, elle s’épanouissait dans un style de beauté digne d’Hollywood. Elle pouvait s’asseoir en silence sur le canapé, sans rien faire de particulier, et on avait toujours l’impression qu’elle posait pour un portrait. Parfois, j’hésitais même à lui parler, tellement j’étais impressionné.

Pourtant, quand j’arrivais à attirer son attention, elle restait toujours la Sylphie que je connaissais et que j’aimais — avide d’attention et d’affection. C’était toujours rassurant.

« Lucie est de nouveau pleine d’énergie aujourd’hui », dit-elle en me souriant.

Je baissais les yeux vers notre bébé, qui était en train de téter furieusement le sein de ma femme. Elle le faisait avec autant de vigueur que moi au lit. Tel père, telle fille.

Lucie était un bébé en bonne santé, mais elle était un peu plus calme. Elle ne pleurait pas beaucoup. Pendant un moment, j’avais eu peur qu’elle soit malade ou qu’elle ait un problème physique. Mais à chaque fois que j’abordais le sujet, Sylphie se contentait de sourire et de me traiter « d’anxieux ». Je ne me souvenais pas avoir été aussi nerveux à la naissance de mes sœurs, mais je suppose que c’était différent quand le bébé était votre propre enfant.

Malgré mes inquiétudes, Lucie grandissait régulièrement et restait en bonne santé. Elle était encore un peu silencieuse pour un bébé de son âge, mais son corps semblait assez robuste. Un jour, alors que Lilia regardait ma petite fille calme, elle me fit cette observation : « Elle me rappelle vous à cet âge, Maître Rudeus. »

Cela me fit évidemment sursauter. Le mot « réincarnation » me traversa l’esprit.

Franchement, j’étais une personne assez merdique dans ma vie antérieure. Cette idée m’avait inquiété. Et si Lucie était la réincarnation d’un bon à rien du Japon ?

L’idée me rongea pendant un moment. Finalement, je m’étais résolu à parler à ma petite fille en japonais et en anglais pour voir si elle réagissait.

Quiconque passait par là m’aurait vu marmonner à mon nouveau-né des choses comme « Tu as compris depuis le temps, n’est-ce pas ? C’est un univers parallèle… » et « Tu es mon rayon de soleil ! Je suis un stylo ! »

J’étais sûr que cela devait être un spectacle comique. J’avais le souvenir d’une Aisha me ricanant dessus depuis l’ombre.

Mes méthodes n’étaient pas vraiment les meilleures, mais je m’en étais sorti en pensant que ma fille n’était probablement pas la réincarnation de quelqu’un. Quand je lui parlais, elle ne faisait que sourire et bafouiller de façon incohérente.

Il était possible qu’elle cache sa vraie nature, bien sûr, mais je ne sais pas combien d’adultes pourraient maintenir une imitation parfaite d’un bébé pendant si longtemps. Et même si c’était le cas, le fait d’imaginer quelqu’un prétendant désespérément être un enfant était en quelque sorte mignon.

Oui. D’une manière ou d’une autre, Lucie était à tous les coups mignonne. Je pourrais m’asseoir à côté de son berceau toute la journée sans jamais me lasser de la regarder. En fait, je me fichais pas mal de savoir si elle était la réincarnation de quelqu’un. J’allais de toute façon prendre soin d’elle. Paul avait bien fait la même chose pour moi, non ?

« Je vois que notre fille est toujours aussi adorable. »

« Sans blague. Pourquoi est-elle si mignonne, d’ailleurs ? »

« Elle tient probablement de sa mère. »

Glissant mes bras sur les épaules de Sylphie par-derrière, je la serrai doucement contre moi. J’avais baissé la tête, comme pour déposer un baiser à l’arrière de son crâne… mais j’avais continué et j’avais enfoui mon visage dans ses cheveux.

Elle sentait légèrement le lait. C’était un peu comme un parfum naturel.

« Hee hee… merci, Rudy. »

Sylphie sourit timidement tout en frottant son visage contre ma main.

Et puis, elle repéra Roxy qui se tenait derrière moi.

« Um… bonjour, Roxy. Comment était Rudy hier soir ? »

Roxy tressaillit de surprise.

« Euh… oh. Eh bien, euh, il était très attentif. »

« Vraiment ? Je sais qu’il peut être assez brutal parfois. Il ne t’a au moins pas fait peur ? »

« Non, pas vraiment. Après tout, c’était la deuxième fois, et il était doux avec… Euh, désolée. Peut-être que je ne devrais pas dire ça… »

« Tu n’as rien à te faire pardonner. »

« … Je n’ai rien à me reprocher ? »

« Rien. »

Elles étaient encore un peu maladroites l’une envers l’autre, mais il n’y avait aucune trace d’hostilité entre elles. On pouvait voir qu’elles essayaient d’être respectueuses et prévenantes. Cela me montrait bien qu’elles voulaient que ça marche.

Une relation à trois comme celle-ci n’était pas aussi simple qu’une relation monogame. Cela allait probablement demander des efforts de notre part à tous. Nous allions ainsi beaucoup nous appuyer sur Sylphie. Son ouverture d’esprit était la seule chose qui avait rendu cet arrangement possible.

J’étais revenu sur la parole que je lui avais donnée et j’avais pris Roxy comme seconde épouse. Elle aurait eu raison de me gifler avec mes papiers de divorce.

« Petit-déjeuner, petit-déjeuner, il est temps de prendre un petit-déjeuner… »

À ce moment-là, Aisha entra dans le salon en chantant pour elle-même.

C’était franchement une chanson merdique. Peut-être qu’elle l’avait inventée sur place. Je suppose que même les génies avaient leurs points faibles.

« Bonjour, Rudeus ! Bonjour, Mlle Sylphie et Mlle Roxy ! Le petit-déjeuner d’aujourd’hui est à peu près le même que d’habitude ! »

Elle apporta du pain blanc, de la soupe verte et du lait de cheval chaud. Dans cette région, il était traditionnel pour les nouvelles mères d’en boire beaucoup. Soi-disant, cela les aidait à allaiter.

« Ça ne marchera pas, Aisha. Dis à tout le monde ce que tu vas servir. »

Lilia était entrée dans la pièce derrière sa fille. Apparemment, elle était aussi dans la cuisine.

Aisha avait répondu docilement : « Nous avons une soupe de pommes de terre et de haricots Yoko, servie avec du pain blanc et du lait de cheval très nutritif ! »

Bien sûr, nous le savions déjà, puisque c’était ce que nous mangions plus ou moins tous les matins. Mais je suppose qu’il y avait une certaine valeur à respecter les petites formalités.

« Très bien. S’il vous plaît, attendez juste un moment, tout le monde. », dit Lilia tout en hochant la tête avec satisfaction.

Sur ce, elle se dirigea vers le deuxième étage.

« Merci de votre patience. »

Quelques instants plus tard, elle était revenue avec Zenith derrière elle.

Ma mère était entrée dans le salon, s’était arrêtée pour me regarder, puis s’était dirigée en silence vers son siège habituel à la table.

« … Bonjour, maman. »

Des mois s’étaient écoulés, mais les souvenirs de Zénith ne lui étaient pas revenus. Cependant, elle changeait de façon minime, mais perceptible. Elle se comportait d’ailleurs très différemment lorsque Norn était là. Elle caressait la tête de sa fille, ou essayait de la nourrir avec sa propre assiette, ce genre de choses. Presque comme si elle pensait que la fille n’avait que deux ou trois ans.

Norn semblait parfois déstabilisée par cela, mais elle acceptait les attentions de Zenith. Je ne savais pas exactement ce qu’elle en pensait. Je devais cependant supposer qu’elle avait des sentiments très partagés à ce sujet.

Elle était encore à l’âge où il était naturel pour une fille d’être attachée à sa mère… ou prête à se rebeller contre elle. Quoi qu’il en soit, c’était une période de votre vie où votre relation avec vos parents était très importante.

Pourtant, Norn comprenait l’état de Zenith, et elle essayait clairement de faire passer les sentiments de sa mère avant les siens. Je n’aurais jamais attendu ce genre de maturité de sa part il y a quelques années, mais je suppose que les gens changent.

« … »

Il était difficile de savoir ce que cela signifiait vraiment pour Zenith. Est-ce qu’elle ressentait simplement un lien avec sa fille à un niveau instinctif ? Ou commençait-elle lentement à retrouver des morceaux de sa mémoire ?

Pour le moment, il semblerait préférable d’attendre et de voir ce qui se passait.

« OK, tout le monde. Mangeons. »

Nous avions tous pris notre petit-déjeuner ensemble. Sylphie était assise à ma droite, et Roxy à ma gauche. De l’autre côté de la table se trouvaient Aisha, Lilia, et Zenith, dans cet ordre. Norn aurait été assise à côté de sa mère, mais elle n’était pas là aujourd’hui.

Est-ce que quelqu’un avait travaillé activement sur ce sujet… je ne le savais plus, mais nous étions quand même arrivés à cette disposition.

« Je suis sûr que vous vous souvenez, mais je serai de retour à l’Université à partir d’aujourd’hui. Prends bien soin de Lucie pour moi, d’accord ? »

« Bien sûr, Mlle Sylphiette. Laissez-nous nous occuper de tout. »

Sylphie et moi allions retourner à nos cours en tant qu’étudiants à partir d’aujourd’hui. Lilia et Aisha s’occuperaient de notre enfant pendant notre absence de la maison.

Lucie était pourtant encore un bébé. Elle ne pouvait pas survivre sans avoir accès aux seins de sa maman.

Attendez. Est-ce que ça faisait de moi un nourrisson, aussi ? Hmm.

Mettant cela de côté pour le moment, nous avions décidé d’engager une nourrice. Il s’agissait d’une dame nommée Suzanne qui vivait dans le quartier, une ancienne aventurière et mère de deux enfants. C’était une de mes vieilles connaissances, mais pas besoin d’en parler maintenant.

« Merci pour la nourriture. »

Il était temps pour moi de commencer ma troisième année à l’université.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

2 commentaires :

  1. merci pour le chapitre

  2. Merci pour le chapitre

Laisser un commentaire