Mushoku Tensei (LN) – Tome 12 – Chapitre 12 – Partie 2

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Chapitre 12 : Rentrons à la maison

Partie 2

J'étais inquiet pour Zenith, mais ce problème fut rapidement résolu. Geese avait acheté une calèche pour une personne tirée par une bête qui ressemblait à un tatou. Il semblait avoir été conçu spécialement pour les voyages dans le désert. Geese avait bien fait.

Le « tatou » était apparemment une bête domestiquée qui vivait dans les régions orientales du Continent de Begaritt. Il semblait à la fois coûteux et inutile d'en acheter un et de s'en débarrasser plus tard, mais comme le dit le proverbe, on ne peut pas faire d'omelette sans casser des œufs.

Néanmoins, si nous devions aller aussi loin, nous pourrions tout aussi bien faire passer la bête par le cercle de téléportation et l'emmener chez nous. Tant que nous pouvions lui faire passer les escaliers, tout irait bien. Mais si elle mourait à cause des différences de climat quand nous arriverions de l'autre côté… Non, elle mourrait à coup sûr si nous la laissions dans le désert. Nous pourrions tout aussi bien le ramener et le vendre à quelqu'un ayant une affinité avec de tels animaux.

Ainsi, nos préparatifs furent terminés. Nous étions donc partis.

Le voyage s’était déroulé sans encombre. Nous avions facilement évité les bandits. Nous avions croisé quelques monstres en chemin, mais avec notre nombre, ils ne représentaient pas le moindre danger. Nous avions deux guerriers, deux magiciens, un mage guerrier et une guérisseuse. Il y avait une nette différence de puissance entre chaque personne, mais nous étions bien équilibrés. Bien qu'il nous manquait un épéiste qui aurait dû faire ce voyage avec nous…

Voyager sans main gauche s’était avéré plus gênant que je ne l'avais imaginé. Je n'avais pas mal, mais j'essayais souvent de l'utiliser sans réfléchir, et mon bras ne faisait que balayer l'air vide. Beaucoup de choses s’étaient avérées difficiles sans deux mains. Heureusement, Roxy était là pour m'aider à chaque fois. Depuis cette nuit-là, elle était collée à moi et me soutenait. Elle prit l'habitude de marcher à ma gauche. Ainsi, dès qu'il se passait quelque chose, elle était là pour m'aider. Presque comme une amante.

« ... »

J'étais stupide. Je m’étais dit que je ne le serais pas, mais je l'étais. Mais même moi, je ne pouvais pas m'empêcher de le réaliser à ce stade : Roxy avait des sentiments pour moi.

« Hum, Professeur ? »

Je l'avais appelée un soir où nous étions tous les deux de garde.

Il y avait un feu crépitant devant nous, et elle s’était assise à côté de moi. Tous les autres étaient à l'intérieur de l'abri, en train de dormir. L'abri était assez solide, mais nous avions tout de même maintenu une garde de deux personnes par roulement, juste pour être sûrs.

« Oui, qu'y a-t-il, Rudy ? »

Roxy était assise tout près. Elle était en fait juste à côté de moi, et avait son corps pressé contre le mien. Je pouvais sentir la douceur et la chaleur de ses petites épaules à travers le tissu de sa robe. Presque comme si nous étions amants.

Je voulais dire, nous avions fait quelque chose que les amants faisaient. La nuit que j'avais passée avec elle, à m'appuyer sur elle, à profiter de sa gentillesse, avait pu donner lieu à un malentendu sur le fait que nous étions amants. Ou du moins, c’était peut-être ce qu'elle voulait.

Je m’étais demandé si elle savait que j'étais marié. Peut-être qu'elle ne le savait pas. Je n'avais pas l'impression qu'elle aurait été aussi audacieuse si elle l'avait su.

Non, le problème n'était pas du côté de Roxy. Il était de mon côté. Ce que je faisais en ce moment était de la tromperie. J'avais juré fidélité à Sylphie, et pourtant j'étais là, à briser ce vœu. Peut-être que ce serait mieux pour moi d'être clair avec elle, genre, « Merci, mais je vais bien maintenant. Mettons un terme à tout ça parce que sinon, ce serait manquer de respect à ma femme. »

Depuis que j'avais rencontré Roxy après mon arrivée dans ce monde, je m’étais beaucoup reposé sur elle. Elle m'avait appris la magie et le langage. D'une certaine manière, c’était grâce à elle que j'avais pu me lier d'amitié avec Zanoba. Sylphie était bien celle qui avait soigné mes problèmes d'érection, mais au cours de ces trois années d’enseignements, Roxy avait été une source de soutien mental pour moi. Je lui devais beaucoup.

En plus, elle était allée jusqu'à utiliser son corps pour me réconforter cette fois. Même si c'était sa première fois, elle s'était offerte pour m'aider, pour me sortir des ténèbres dans lesquelles j'avais sombré. Quand j'étais le plus faible, à genoux, elle m'avait tendu la main. Même maintenant, elle gardait ses vrais sentiments pour elle afin de m'aider.

Alors, de quoi aurais-je l'air si je la rejetais une fois que tout serait terminé ? N'était-ce pas horriblement irrespectueux ?

Non. Ça suffit. Plus d'autosatisfaction. Parler de la manière ou de comment elle m'avait sauvé, ce n'était que des excuses. J'aimais Roxy. C'est vrai, je l'aimais. Si vous me demandiez laquelle j'aimais le plus entre elle et Sylphie, je ne pourrais pas vous répondre. Mon amour pour chacune d'elles était différent, mais égal.

C’était pour ça que j'hésitais ici, en cet instant. En cet instant, j'aimais Sylphie, mais j'aimais aussi Roxy. Mais c’était à Sylphie que j'avais juré fidélité. Et même si j'avais brisé ce serment, une promesse restait une promesse, même si elle avait été brisée une fois auparavant.

Oui, d'accord, Sylphie avait dit : « ça ne me dérange pas si tu ramènes une deuxième femme à la maison ». Mais c’était moi qui avais rejeté ces mots, jurant que je ne serais qu'avec elle. Sylphie fut sans l’ombre d’un doute si heureuse quand j'avais dit ça. Je ne pouvais pas la trahir.

« Hum, tu vois… la vérité est que je suis actuellement marié et que je vais bientôt avoir un enfant. Donc, je me sens mal de dire ça, mais pourrais-tu arrêter de faire des choses pour moi comme si tu étais mon amante ? »

Son épaule fit un bond.

« Je savais déjà que tu étais marié. Je l'ai appris par Mlle Elinalise. », murmura-t-elle.

« Oh, c’est vrai ? »

Elle le savait et elle agissait encore comme ça. Alors ça devait vouloir dire… Attends, ça voulait dire quoi exactement ?

« C'est bon, je comprends. Tu n'as pas à t'inquiéter. C'est moi qui ai profité de toi quand tu te sentais faible. De plus, je sais que dans des circonstances ordinaires, tu ne t'engagerais jamais avec quelqu'un d'aussi petite et peu attirante que moi. », poursuivit-elle, le ton complètement plat.

« Petite et sans attrait ? C'est absurde », avais-je protesté.

« Tu n'as pas besoin de me réconforter, je suis parfaitement consciente de mon apparence. »

Il était vrai que son corps n’était pas grand. Elle n'avait pas de courbes et elle était mince comme un bâton. Dans le domaine de la féminité, elle aurait probablement perdu contre Sylphie. Mais on pouvait aussi dire qu'elle avait simplement le corps d'une loli, et j'étais du genre à apprécier ça.

« Ne t’inquiète pas. Je n'ai pas l'intention de faire irruption dans ta vie. Je vais juste être ta main gauche pour la durée de ce voyage. Ignore-moi une fois le voyage terminé et occupe-toi plutôt de ta femme », dit Roxy tout en levant les yeux vers moi avec hésitation.

« D'accord. »

« ... »

Mais quand même, elle m'avait vraiment sauvé. Ne rien faire en retour ne pouvait pas être juste.

« Me permettras-tu au moins de te rembourser ? »

« Me rembourser ? », Roxy eu l'air surprise.

« Oui, s'il y a quelque chose que je peux faire, dis-le. N'importe quoi. »

Ses yeux vacillèrent.

Ah, merde. Peut-être que j'avais dit la mauvaise chose. « N'importe quoi » n'était pas bien. N'importe quoi était exactement ce qu'elle avait fait pour m'aider.

« Hm, bien, alors… », commença-t-elle.

« Oui ? »

« … Alors voudrais-tu entendre mon excuse ? Tout ce que tu as à faire, c'est écouter. »

Une excuse ? Une excuse pour quoi ?

« Bien sûr, vas-y. », dis-je.

Roxy était restée silencieuse un court moment après ça, mais finalement, les mots étaient sortis, les uns après les autres.

« Je suis... tombée amoureuse au premier regard. »

« De qui ? »

« Huh ? »

Roxy était tout aussi confuse par ma question.

« Ne me dis pas que tu es tombée amoureuse de mon père ? »

« Non, pas du tout ! De toi, Rudy, quand tu m'as sauvée dans ce labyrinthe. »

Quand on s'est retrouvés ? À l'époque, elle m'avait traité comme un parfait inconnu, je ne pouvais même pas retenir ma nausée. Je l'avais prise dans mes bras, puis j'avais vomi. Je ne voyais pas comment on pouvait tomber sous le charme après ça. Je m’étais dit que ses sentiments avaient évolué après ça.

« Tu peux difficilement me blâmer. J'étais aux portes de la mort, sur le point d'abandonner tout espoir, et ce beau et fringant jeune homme est apparu et m'a sauvée. N'importe qui aurait été secoué par ça. », dit-elle.

« Suis-je beau ? »

« L'image même de mon partenaire idéal. », dit Roxy en hochant la tête.

Vraiment ? Son partenaire idéal ? Je devais m'empêcher de sourire.

« Pendant toute la durée de notre exploration dans ce labyrinthe, je fixais ton visage », dit-elle.

« En y réfléchissant, nos regards se sont souvent croisés. Mais tu détournais toujours le regard immédiatement. »

Roxy hésita : « C'est parce que, eh bien… Allez, c'est embarrassant de regarder quelqu'un d'aussi beau que toi droit dans les yeux. »

Elle était donc embarrassée ?

« Je me suis dit que c'était impossible. Mlle Elinalise et les autres discutaient au pub. Qu'est-ce que Rudy va faire après ce qui s'est passé avec Paul, ce genre de choses. Mlle Elinalise et M. Geese ont dit que ça irait, que tu pourrais te relever tout seul. Mais je me suis souvenue du temps que nous avions passé ensemble au village de Buena. », dit-elle.

Ses mots continuaient à venir.

« Je me suis souvenue vous avoir vu, toi et Monsieur Paul, vous entraîner ensemble à l'épée. Vous vous entendiez si bien à l'époque. Et puis je me suis soudainement souvenue d'autre chose : la première fois que tu es monté à cheval. À l'époque, tu étais si terrifié. Ton corps était si tendu, et tu ne pouvais pas du tout bouger. Je me suis dit : Ahh, ce gamin est si mature et a tant de talent, mais il est en fait très faible. »

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2 commentaires :

  1. merci pour le chapitre

  2. Merci pour le chapitre

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