Mushoku Tensei (LN) – Tome 12 – Chapitre 1 – Partie 1

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Chapitre 1 : Arrivée

Partie 1

La ville labyrinthique de Rapan était unique en son genre.

Rapan se trouvait au milieu d’un vaste désert, piégée dans une étrange et énorme cage blanche. Une personne curieuse qui s’approcherait découvrirait que cette cage est en fait construite en os, ceux d’un mastodonte mort depuis longtemps. Les côtes à elles seules étaient assez grandes pour contenir la ville entière.

À un moment donné, la ville n’était rien de plus qu’une petite oasis. Les restes du béhémoth l’avaient transformée, et elle était maintenant entourée d’un nombre impressionnant de labyrinthes, ce qui en faisait une destination attrayante pour d’innombrables aventuriers. Grâce à ces aventuriers venus du monde entier pour s’enrichir rapidement, la ville était devenue une scène où se jouaient aussi bien des fins heureuses que des tragédies.

Cette ville, enveloppée dans un tourbillon de chaos, était actuellement l’une des plus grandes et des plus importantes du Continent Begaritt.

Extrait de « Voyages à travers le Monde ».

par l’aventurier et auteur Bloody Kant

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J’avais un vague souvenir des informations contenues dans Voyages à travers le Monde. Rapan était une grande ville de couleur terre, nichée au milieu de ses douze piliers blancs caractéristiques, avec des bâtiments faits de boue et de matériaux obtenus à partir de bêtes régionales. J’avais vu beaucoup de villes ayant la même esthétique sur le Continent Démon.

Cela dit, cet endroit était étonnamment verdoyant, peut-être grâce à l’oasis située près des piliers d’os. Même de loin, je pouvais voir une ligne de ce qui ressemblait à des palmiers. L’atmosphère était également unique. Il y avait quelque chose comme une odeur grossière dans l’air, un peu comme dans les marchés d’esclaves bondés.

« Surpris ? Ces piliers sont en fait les côtes d’un béhémoth. »

Nous étions toujours en train de marcher pendant que j’examinais la zone. Galban m’avait parlé à ce moment-là avec arrogance. Grâce à la formation actuelle de notre groupe, je lui avais beaucoup parlé ces derniers temps. L’homme aimait se vanter. Ses histoires étaient toujours incroyables et flatteuses, d’une véracité douteuse, mais facile à apprécier si vous suspendiez votre incrédulité.

« Lorsque le grand héros Kalman, Dieu du Nord de deuxième génération, visita cette terre, lui et ses compagnons ont vaincu un béhémoth qui sévissait dans le désert. Ils se sont régalés d’une partie de sa viande et ont laissé le reste pourrir, laissant ce que tu vois maintenant — des os qui refusent de se décomposer, témoignant du passage du temps. »

« Wow. »

Cette terre avait donc un lien avec le Dieu du Nord Kalman, hein ? Je connaissais quelques contes à son sujet, mais je n’avais jamais entendu dire qu’il avait tué un béhémoth. J’avais moi-même vu un béhémoth au cours de notre voyage, mais il était bien trop gros pour que je puisse envisager de l’affronter. Il fallait être fou pour même essayer. Je me demandais comment il avait fait. Le Dieu du Nord avait apparemment vaincu un Roi-Démon immortel et un énorme dragon, alors peut-être que vaincre des monstres avec des quantités colossales de points de vie était juste un passe-temps.

« Les fourmis faisaient partie des nombreux monstres qui se sont régalés de la chair du mastodonte déchu, et elles sont à l’origine des nombreux labyrinthes de la ville. Lorsque des monstres dévorent d’autres monstres plus forts qu’eux, ils donnent naissance à leur tour à une progéniture puissante. Ces fourmis mutantes ont creusé d’innombrables nids, et ces nids se sont tous transformés en labyrinthes. »

« Oh, je vois. »

Quand le béhémoth fut mort, les insectes avaient afflué vers lui. Puis ils avaient commencé à se reproduire et à créer des nids. Au fil des ans, ces insectes commencèrent à mourir, les nids commencèrent à muter, et ainsi naquirent les labyrinthes.

C’est donc comme ça que ça s’est passé, avais-je pensé.

Mais l’histoire de manger des monstres puissants et de donner naissance à une progéniture puissante… Ce n’était qu’un conte populaire, pas plus crédible que les histoires selon lesquelles manger la chair d’une sirène vous donnerait l’immortalité. Si c’était vrai, alors les habitants du Continent Démon, qui consommaient quotidiennement de la viande de monstre, auraient dû être beaucoup plus forts qu’ils ne l’étaient. Les monstres étaient peut-être une exception à la règle, mais je n’y croyais pas.

Attendez. En fait, cela pourrait-il expliquer le taux plus élevé de personnes fortes, telles que Badigadi et Kishirika, nés là-bas ? Les monstres eux-mêmes n’étaient que des versions mutantes d’animaux normaux. Cela aurait un certain sens si les gens pouvaient aussi donner naissance à de tels mutants…

Oh, merde. J’avais moi-même mangé un peu de viande de monstre. Qu’est-ce que je ferais si mon enfant avec Sylphie naissait et déclarait soudainement, « Je suis l’empereur du monde des démons ! » ? Je pourrais me trouver une parenté soudaine avec les oiseaux qui avaient fait éclore leurs œufs pour trouver la progéniture d’un coucou cachée parmi eux.

« Des aventuriers et des marchands du monde entier se rassemblent ici, » continua Galban qui se parlait à lui-même.

Les objets magiques étaient sortis en masse. Les outils et armures magiques s’envolaient des étagères. Peu importe le nombre de cristaux magiques — également connus sous le nom de pierres magiques — ou de cristaux imprégnés de magie que vous aviez, il n’y en avait jamais assez. Tant que votre stock était d’une certaine qualité, vous pouviez être sûr que tout se vendrait à des prix élevés. C’était un pays où les rêves des marchands devenaient réalité.

Il était vrai que pour y arriver, il fallait déjà savoir traverser le désert. Seuls quelques privilégiés pouvaient en faire une habitude. Les autres trouveraient sûrement un commerce plus rentable et plus sûr en allant sur le Continent Central.

Mais là encore, un poisson dans une petite mare ne connaît rien de l’océan. Galban semblait assez ivre de son propre narcissisme, je n’allais donc pas gâcher son plaisir. L’économie ne fonctionnait que grâce à des marchands comme lui.

Nous avions fait nos adieux à Galban après notre arrivée à Rapan. Son groupe allait apparemment monter sa tente dans les faubourgs de la ville. Notre temps ensemble avait été court, mais j’avais beaucoup appris d’eux, et ils avaient pris soin de nous.

« Merci pour tout. »

« De même. Si vous avez encore besoin de quelque chose, dites-le. »

C’était une séparation rapide. J’avais fait des adieux minimaux, saluant juste Balibadom et Carmelita. Les choses avaient été un peu tendues à la fin, mais j’espérais qu’il n’y avait pas de mauvaise volonté entre nous.

Maintenant, nous devions chercher Geese, ou Paul. J’espérais qu’ils étaient ici, vu que nous avions fait tout ce chemin. Il restait encore un peu de temps avant le coucher du soleil, et d’ordinaire, nous aurions d’abord cherché une auberge, mais peut-être devrions-nous plutôt donner la priorité à la recherche de ces deux-là.

« Comment allons-nous procéder ? », avais-je demandé.

« Excellente question. Cette ville est suffisamment grande pour qu’il y ait une guilde d’aventuriers, alors allons-y en premier. », répondit Elinalise.

« Compris. »

J’aurais préféré déposer nos bagages en premier, mais bon, cela me convenait. De toute façon, je voulais si possible rester dans la même auberge que Geese et Paul.

Lorsque nous nous étions renseignés sur l’emplacement de la guilde, on nous avait indiqué le centre de la ville, l’endroit habituel pour ce genre de choses. Les gens qui naviguaient dans les rues étaient principalement des marchands. La plupart portaient les mêmes vêtements que les Galban : un turban, un tissu simple et fluide qui enveloppait tout leur corps, et une barbe fournie. Ils marchaient dans les rues, tirant des chameaux avec eux, étalant leurs marchandises pour les vendre au bord de la route. Nombre d’entre eux étaient si bien vêtus que leur peau était à peine visible.

Parmi ceux qui érigeaient des avant-toits de tissu, il y avait un individu en particulier qui portait un costume tout droit sorti d’Aladin. Sa boutique était un magasin général. Il vendait des lampes en métal et des pots avec de curieux motifs dessinés dessus. Tout cela avait une saveur très arabe. Je parie que si vous jouiez de la flûte, un serpent rouge sortirait sa tête d’un vase pour jeter un coup d’œil.

Alors que nous approchions de la guilde des aventuriers, j’avais vu un certain nombre de personnes vêtues de vêtements d’aventuriers familiers. Il devait y avoir beaucoup de personnes originaires du Continent Central dans cette région. Ils avaient tous des visages usés par le combat, probablement des aventuriers de rang S spécialisés dans la plongée dans les labyrinthes. La plupart portaient des vêtements plutôt légers. Il était dangereux de sortir sous la lumière aveuglante du soleil sans un vêtement suffisant pour protéger sa peau, mais cela ne posait pas de problème tant qu’ils ne s’aventuraient pas trop longtemps dehors.

Le bâtiment de la Guilde des Aventuriers avait été taillé dans un énorme rocher, très probablement par magie. Je m’en étais immédiatement rendu compte, car il ressemblait à un bâtiment que j’aurais pu moi-même fabriquer, bien que la complexité de sa construction dépassait de loin mes capacités. Un relief exquis était sculpté dans l’entrée, et l’intérieur, une fois qu’on y était entré, était suffisamment bien ventilé pour être rafraîchissant.

L’ambiance au sein de la guilde était à peu près la même que dans le reste de la ville, mais étant donné le genre de ville qu’elle était, il n’y avait pas de nouveaux aventuriers visibles. Tout le monde avait l’air puissant. Ceux qui avaient particulièrement attiré mon attention avaient des cicatrices sur le visage et le corps. Ils semblaient tous avoir un passé mouvementé. Ce qui n’était cependant pas mon cas. J’avais mené une vie protégée, pas de cicatrices, pas de rayures, pas de taches.

« Bon, commençons à nous renseigner sur Paul et Geese », dit Elinalise.

« C’est bien. Je suis sûr que nous trouverons quelque chose si nous demandons. », dis-je en acceptant

« Geese doit déjà avoir un réseau d’information ici, alors je suis sûre qu’il en entendra parler si nous allons fouiner en utilisant son nom… Oh, on dirait que ce ne sera pas nécessaire. »

J’avais suivi le regard d’Elinalise pour découvrir un homme à tête de singe dans un coin de la guilde. Il était en pleine conversation avec un homme bête armé d’une épée.

« Allez, je te le demande. Tu lui en dois aussi une, je le sais. », plaida Geese

« Tu demandes l’impossible. »

« Ne peux-tu pas reconsidérer ça au moins une fois ? C’est une course contre la montre. »

« Ça fait déjà un mois, non ? Elle est morte. »

« Non. C’est impossible. Même si elle l’est, on doit au moins y aller et vérifier, trouver ses restes. Allez, je t’en supplie. J’ai moi-même vu tes compétences, c’est pourquoi je suis ici. Je te paierai même le double, si c’est ce que tu désires », dit Geese en secouant la tête.

Il avait un regard désespéré sur son visage. Je ne savais pas que la petite fouine pouvait faire ce genre de visage.

« Désolé, mais essaye avec quelqu’un d’autre. Je n’ai pas envie de mourir. »

Geese essaya pendant un moment de persuader l’homme, mais finalement, l’homme bête secoua la tête. Geese fit alors claquer sa langue assez fortement pour qu’on puisse l’entendre de là où nous étions.

« Tch, espèce de lâche ! Je ne peux pas croire que tu te donnes la peine de t’appeler un aventurier avec cette attitude ! »

« Oui, oui, dit ce que tu veux. »

L’homme franchit alors la porte sans même un regard en arrière.

C’était rare de voir Geese maudire quelqu’un. Non, honnêtement, je ne savais pas grand-chose sur lui. Le Geese que j’avais rencontré dans le passé était cependant plus léger.

« On dirait qu’il est vraiment acculé dans un coin. », dis-je

« Oh là là, c’est pourtant comme ça qu’il est d’habitude », dit Elinalise.

« Vraiment ? J’avais une autre impression de lui. »

« Il a dû essayer d’avoir l’air plus mature devant toi. Hé, Geese ! »

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2 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

  2. merci pour le chapitre

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