Mushoku Tensei (LN) – Tome 10 – Chapitre 5

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Chapitre 5 : Organisation de la réception de mariage

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Chapitre 5 : Organisation de la réception de mariage

Partie 1

Quelques jours plus tard…

Nous avions prévu d’organiser la réception de mariage l’après-midi, puisque cela tombait un jour férié. Jenius avait décliné notre invitation, tout comme Soldat, parce qu’ils étaient occupés par des réunions. Je pensais que Badigadi serait également trop occupé pour venir, mais étonnamment, il était libre et avait indiqué qu’il viendrait. Les onze autres invitations que nous avions envoyées avaient toutes été acceptées. Oui, même Nanahoshi viendrait.

Le jour de la réception, Sylphie était toute excitée dès son réveil.

« C’est le travail d’une épouse, alors laisse-moi faire ! », disait-elle tout en s’affairant dans la maison.

Nous avions préparé une chambre vide au deuxième étage pour l’occasion, c’est-à-dire que nous l’avions meublée d’un lit modeste, d’une armoire et d’une table, ainsi que d’une carafe d’eau au cas où quelqu’un tomberait malade et en aurait besoin.

Linia et Pursena avaient été les premières à se présenter, au beau milieu de nos préparatifs qui ne cessaient de progresser. Elles étaient arrivées avec deux heures d’avance.

Ne me dis pas qu’elles se sont trompées d’heure, avais-je pensé.

« Dans notre culture, la coutume veut que les participants arrivent tôt et apportent leur propre part, mew. »

« C’est exact. Nous sommes arrivés en premier. C’est une preuve de notre loyauté. »

Un sanglier géant était placé sur le traîneau à neige qu’elles avaient traîné derrière elles. Apparemment, la tradition des hommes bêtes, lorsqu’ils assistent à un mariage, était d’aller chasser le matin et d’offrir leur butin à l’hôte. L’heure à laquelle on partait chasser, où on tuait et où on revenait avec était une mesure du respect qu’ils avaient de leur l’hôte.

« Incroyable. Mais que prévoyiez-vous de faire si vous n’étiez pas en mesure de chasser quoi que ce soit ? »

« Dans ce cas, nous avions prévu d’acheter quelque chose sur les marchés, mew. »

« Oui, on utiliserait plutôt de l’argent. »

Je suppose que cela avait du sens.

Elles portaient toutes les deux l’uniforme de l’école. C’était une décision que j’avais prise. Il y avait une grande disparité de richesse parmi les invités, si les riches en faisaient trop avec leurs tenues, les autres participants ne se sentiraient pas à leur place. Heureusement, tous les participants avaient leur propre uniforme — sauf Julie, à qui nous en avions acheté un.

Je leur avais demandé de se détendre dans le salon jusqu’à ce que les festivités soient prêtes à commencer. L’accueil des invités était la tâche du mari. Elles étaient dehors depuis ce matin, et elles étaient gelées. Elles s’étaient donc installées sur le canapé le plus proche de la cheminée et s’étaient blotties l’une contre l’autre.

« Tout le reste mis à part, je n’aurais jamais imaginé que toi et Fitz vous marieriez, patron, miaou. »

« Fitz était donc bien une fille. Je m’en doutais, vu son odeur. »

« Oui, mew. Mais maintenant, tout a un sens, miaou. »

Les deux se caressaient la queue tout en parlant. Nous avions partagé la véritable identité de Fitz avec les invités, en leur demandant de la garder pour eux pour le moment, bien qu’il soit inévitable que la vérité devienne publique maintenant.

« Qu’est-ce qui a du sens ? », avais-je demandé en leur servant du thé chaud.

« Tu as une préférence pour les poitrines plates », dit Pursena.

« Même si l’odeur de l’excitation se dégage de toi, si tu ne nous as pas attaqués, c’est parce que nous ne sommes pas ton genre, miaou. »

D’après ce qu’elles disaient, j’étais une sorte de pervers qui attaquait sans discernement toutes les femmes que je voyais. C’était franchement impoli de leur part. Peut-être que je devrais les tripoter en représailles ? Bien sûr que non, vu que je m’étais déjà rassasié avec Sylphie la veille. Tout mon désir reposait en elle maintenant. Aujourd’hui, j’étais un sage.

À ma grande surprise, les prochains à arriver étaient Zanoba et Julie. Ils étaient arrivés environ une heure avant la fête.

« Pardon. J’ai vu une figurine intéressante en chemin, et ça m’a distrait. J’aurais eu des ennuis si Julie n’avait pas été avec moi », avait-il dit.

Julie portait elle aussi son uniforme. Il était de la taille d’un nain et lui allait si bien qu’elle était toute mignonne.

« Grand-Maître, merci de nous avoir invités aujourd’hui », dit-elle en soulevant légèrement le bord de sa jupe en signe de politesse. Oh, comme c’est mignon.

Zanoba s’était à nouveau incliné au moment où j’avais jeté un regard dans sa direction. Puis, d’un ton profondément respectueux, il ajouta : « Maître Rudeus Greyrat. Je te suis profondément reconnaissant de ton invitation. »

Ouah. Zanoba était normal. Très bien. Alors je devrais peut-être suivre son exemple et répondre avec le même niveau de sincérité.

« Zanoba, Votre Altesse, vous avez toute ma gratitude pour… »

« Oh, Maître. Il n’y a pas besoin de me montrer une telle courtoisie. De toute façon, je sais que tu fais uniquement ça pour sauver les apparences. Je préférerais que tu sois grossier avec moi, comme d’habitude. »

« Oh, d’accord. Alors, va traîner dans cette pièce. »

« Ha ha, très bien. Viens donc, Julie, on s’en va. »

C’est quoi ce bordel ? Et moi qui essayais d’être sérieux. Quel gâchis, avais-je pensé en préparant plus de thé.

J’étais toujours l’hôte et il était toujours un invité, même si je le traitais grossièrement. Alors que j’étais ainsi préoccupé, j’avais entendu les voix arrogantes de Linia et Pursena qui provenaient du salon. Elles se vantaient d’être arrivées les premières. Je pouvais entendre la frustration dans les réponses de Zanoba, mais j’étais content qu’ils s’amusent.

Le troisième à arriver avait été Ariel et son groupe, trente minutes avant le début de la fête. Il y avait Ariel, Luke, et deux autres étudiantes que j’avais déjà vues quelque part. Ces deux-là étaient donc les préposées de la princesse ? Ce qui signifiait qu’elles étaient aussi les camarades de combat de Sylphie. Je ne pouvais pas me permettre de les ignorer.

« Je vous suis très reconnaissant de votre invitation aujourd’hui. Malheureusement, je ne suis pas très familière avec l’étiquette des gens du peuple, alors je vous prie de me pardonner pour tout manque de courtoisie », dit Ariel en s’inclinant.

J’aurais pensé que Luke ou les assistants auraient été les premiers à s’incliner, mais peut-être qu’elle essayait d’être polie.

« Il y a des invités de nombreuses races différentes rassemblés ici, alors s’il vous plaît ne vous inquiétez pas de l’étiquette. En fait, je suis plus préoccupé par le fait que ce soit nous qui soyons impolis. », avais-je dit.

« Je vous remercie. Mesdames ? »

Elle fit un signe des yeux. Les deux préposées s’étaient alors avancées.

« Nous sommes les préposés de la Princesse Ariel. Je suis Ellemoi Bluewolf. »

« Et je suis Cleane Elrond. »

Leurs prénoms mis à part, leurs noms de famille étaient au moins faciles à retenir. Un loup bleu et un elfe de légende. Mon nom était « Grey Rat », alors peut-être qu’il y en avait beaucoup parmi la noblesse d’Asura dont le nom était une combinaison d’une couleur et d’un animal. Peut-être même y avait-il quelqu’un avec un nom comme… Hum, quel était l’autre mot pour âne déjà ? Oh oui, ass. Peut-être que quelqu’un avait Whiteass comme nom de famille.

« S’il vous plaît, acceptez ceci. »

Les deux femmes m’avaient offert une boîte enveloppée dans un tissu coûteux.

« C’est un cadeau pour célébrer votre mariage. »

« Merci, c’est très attentionné », avais-je répondu.

« Nous avons apporté des choses que nous pensions pouvoir être utiles à un couple marié. Voyez par vous-même. »

À sa demande, j’avais jeté un coup d’œil à l’intérieur, et j’étais resté sans voix. À l’intérieur se trouvaient une bouteille familière de liquide rose et une tige en bois. Pour dire les choses plus crûment, c’était un aphrodisiaque et un long gode. C’est quoi ce délire ?

« Je suis sûr que, en tant que membre de la famille Greyrat, vous êtes parfaitement capable de satisfaire les femmes. Mais si le besoin s’en fait sentir, veuillez utiliser ceci. »

« Bien sûr. »

Ariel était complètement calme. Peut-être que c’était considéré comme un cadeau normal ? Luke et les deux autres semblaient également imperturbables. Cela doit être une différence culturelle.

Je les avais guidés tous les quatre dans la salle de séjour. L’atmosphère autour de Linia et Pursena était devenue tendue dès que nous étions entrés.

« … »

Il n’y avait pas moyen qu’elles se battent, n’est-ce pas ? Oui, ce sont des femmes bêtes, mais elles ne perturberaient pas une fête à laquelle elles avaient été invitées, hein ? Je leur avais jeté un regard significatif. Elles semblaient comprendre ce que je pensais.

« Ravi de vous voir, Mlle Linia, Mlle Pursena. Je m’excuse pour le dérangement précédent. »

« Moi aussi, miaou. »

« On vous a aussi causé des problèmes, alors ça va », ajouta Pursena.

Ariel les salua gentiment et s’assit à proximité. Les trois autres étaient restés debout. J’avais lancé un regard à Zanoba, lui indiquant qu’il devra intervenir au cas où quelque chose se produirait. Ce dernier fit un signe de tête brusque et, comme s’il n’avait rien compris, s’était levé et s’était incliné vers Ariel.

« C’est un plaisir de faire votre connaissance, Princesse Ariel. Je suis le troisième prince du royaume de Shirone et l’élève bien-aimé de Maître Rudeus Greyrat, Zanoba Shirone. »

« C’est un plaisir de vous revoir, Prince Zanoba. Je suis heureuse de voir que vous êtes en bonne santé. Je vous ai rendu visite peu après votre entrée à l’université. Auriez-vous oublié ? »

« Ah. Je m’excuse de mon impolitesse. Il semblerait que j’ai été doté d’une force exceptionnelle, mais que je manque d’intelligence. »

« Vraiment ? J’ai entendu dire que vous aviez les meilleures notes dans votre classe de magie de Terre », répondit la princesse.

« C’est entièrement grâce aux enseignements de mon maître. »

J’avais écouté pendant qu’ils préparaient leur thé, choqué par les compétences sociales raffinées de Zanoba.

***

Partie 2

Cliff et Elinalise s’étaient présentés dix minutes seulement avant le début de la fête. Nanahoshi les accompagnait. Quelle combinaison inhabituelle ! Je m’attendais à ce que Nanahoshi vienne seule.

« Elle se tenait devant votre porte, l’air agité. C’est une de vos connaissances, non ? », avait demandé Elinalise.

« Oui, bien sûr. C’est Mlle Silent Sevenstar. »

Au moment où j’avais dit son nom, Cliff l’avait regardée, choqué. Apparemment, ils ne s’étaient jamais rencontrés.

« O-oh ! Alors c’est toi qu’ils appellent Silent, hein ? Hmph. Je suis Cliff. Je suis sûr que tu as au moins entendu parler de moi avant, non ? »

« Oui, j’en ai entendu parler. Ils disent que tu es incroyable. Et oui, je suis Silent. »

Son discours semblait guindé et peu naturel, probablement parce qu’elle faisait seulement semblant de savoir qui était Cliff. Cliff avait l’air d’être d’une humeur joyeuse, alors je n’allais rien dire.

« Enchanté de faire votre connaissance. Je suis Elinalise Dragonroad. C’est un masque incroyable. »

« Un plaisir. Votre coiffure est également étonnante », répondit Nanahoshi sur un ton complètement plat. À la manière dont elle interagissait avec eux… cela me rendait nerveux. Pourtant, elle n’allait sûrement pas commencer quoi que ce soit, puisqu’elle voulait éviter les problèmes.

Honnêtement, je n’avais pas pensé qu’elle viendrait. Je lui avais envoyé une invitation au cas où, et elle l’avait acceptée. Mais même là, je n’avais pas pensé qu’elle viendrait vraiment. Elle avait juste répondu, d’une voix dénuée d’émotion :

« Mariage ? Je suppose que tu es vraiment sérieux à propos de la vie dans ce monde. »

« C’est rare de te voir en dehors de cette pièce. », lui avais-je dit à voix basse.

« N’est-ce pas toi qui m’as invitée ? »

« C’est vrai. Eh bien, détends-toi aujourd’hui. Nous avons fait des chips pour toi. »

« Des chips ? Tu en as vraiment fait ? », demanda-t-elle, surprise.

« Nous nous sommes procuré de l’huile de cuisson assez facilement, et ceci grâce à toi. »

« C’est remarquable. »

« Pas vraiment. Tout ce que nous avons fait, c’est trancher finement une pomme de terre, la faire frire dans l’huile, puis la recouvrir de sel. Comme les ingrédients viennent de ce monde, la saveur est légèrement différente de celle des chips que nous avons appréciées dans notre précédent. »

« Eh bien, si vous voulez bien nous excuser. »

Elinalise fonça dans le salon, entraînant Cliff et Nanahoshi sans une once d’hésitation. En tant qu’aventurière sans titre de noblesse, elle se situait juste au-dessus de Julie en termes de statut, mais visiblement, elle s’en fichait. Il était vrai que les notions de statut ne se traduisaient pas facilement d’une race à l’autre.

Ces deux-là étaient comme d’habitude : Cliff menaçant de ruiner l’ambiance avec sa vantardise, Elinalise adoucissant son comportement. Cliff voulait bien faire, mais il était souvent acerbe. Nanahoshi était généralement silencieuse, mais elle répondait si quelqu’un lui parlait. J’avais pensé qu’elle était renfermée et avait des problèmes de communication, mais il semblerait que ce ne soit pas le cas.

Après un moment, Sylphie était venue m’informer que les préparatifs étaient terminés. Nous n’attendions maintenant plus que Badigadi. La nourriture allait refroidir s’il arrivait trop tard, mais au moment où je commençais à m’inquiéter, Elinalise prit la parole.

« Il n’y a absolument aucune chance que Badigadi arrive maintenant. Les êtres qui ont vécu des milliers d’années n’ont aucune idée de la façon dont le temps passe pour nous autres, mortels. Vous devriez probablement l’attendre dans un mois. »

Et donc, nous avions décidé d’aller de l’avant et de commencer la fête à l’heure. Désolé, Badi.

◇ ◇ ◇

La fête consistait en un buffet de style cocktail. Nous avions décidé de ne pas attribuer de places, mais heureusement, la salle était suffisamment spacieuse pour que les gens puissent se déplacer, même avec la table au milieu. Nous avions tout de même laissé quelques chaises au bord de la salle au cas où quelqu’un en aurait assez de rester debout. Le menu était composé d’aliments qui pouvaient facilement être mangés debout. Nous avions commencé par offrir à chacun une tasse d’alcool. Nanahoshi avait refusé l’alcool, nous lui avions donc donné du jus de fruits à la place.

J’étais responsable du discours pour notre toast. Sylphie et moi étions debout l’un à côté de l’autre, nous étions le centre d’attention. Onze paires d’yeux nous fixaient avec impatience. Il n’y avait rien de désagréable dans leurs regards, mais je me sentais quand même nerveux, même si j’avais préparé un discours.

Sylphie m’avait serré la main. Elle me fit alors un grand sourire et me murmura : « Tu peux le faire. »

Ah, elle me donne envie de l’emmener dans la chambre tout de suite, avais-je pensé.

« Et bah, le visage de Rudeus est rouge vif. Héhé, héhé. »

Elinalise se mit à rire et, pour une fois, Cliff n’avait pas plombé l’ambiance.

« Lise, tais-toi. »

Très bien alors, c’est parti.

« Ahem. Merci d’avoir trouvé une place dans vos emplois du temps chargés pour être avec nous aujourd’hui. Permettez-moi de faire cette déclaration une fois de plus. Sylphie et moi sommes… »

« Bwahaha ! Et maintenant, j’entre avec un ba-bang ! »

J’avais cru que mon cœur allait traverser ma poitrine sous l’effet de la surprise. J’avais regardé derrière moi, et il était là. Ce corps noir et cette grande silhouette. Les six bras, tous fourrés dans un uniforme d’école aux coutures éclatantes. Le Roi-Démon Immortel Badigadi était entré avec fracas… par la porte arrière de la cuisine.

Son arrivée avait laissé tout le monde sans voix, même Cliff. Moi aussi, je ne savais pas quoi dire.

« Badgadi, tu es en retard », avait judicieusement lancé Elinalise.

Mais Badgadi n’était pas le moins du monde inquiet.

« Hmph. C’est vrai que je suis en retard, mais dans ma tribu, lorsqu’un Roi-Démon assiste à une fête, il doit attendre le moment parfait pour étonner et perturber les participants avec son entrée. C’est notre façon de faire. »

« Tu plaisantes, n’est-ce pas ? »

« Pas du tout. Bien que Kishirika ait inventé cette coutume particulière sur un coup de tête, je reconnais que c’est ridicule ! »

Et il l’avait quand même fait ? Quelle personne irrationnelle ! C’était pourquoi tu as été éradiqué par les humains tant de fois…

« J’ai même fait un détour pour entrer par la porte de derrière. Soyez reconnaissants ! Bwahaha ! »

Enfoiré, avais-je commencé à penser, puis je m’étais arrêté.

Non, calme-toi. Il est comme ça, c’est tout. Tu le savais déjà, n’est-ce pas ?

« Ha ha ha, très bien alors. Merci. »

« Pas besoin de remerciements. Maintenant, allez-y et mariez-vous devant moi. Après tout, peu de gens ont l’occasion de se marier en présence d’un Roi-Démon. Je ne fournis pas ce genre de services ! », dit Badigadi, avant de se jeter à terre.

Nous avons des chaises, protestai-je intérieurement. Mais beaucoup parmi le peuple démon préféraient s’asseoir sur le sol, j’avais donc supposé que c’était bon.

« Bien, pour en revenir à notre ordre du jour précédent… »

Je m’étais alors raclé la gorge.

« Merci d’avoir pris le temps, malgré vos emplois du temps chargés, d’être avec nous aujourd’hui. Permettez-moi de faire cette déclaration une fois de plus. Sylphie et moi allons nous marier. Je suis conscient que nous sommes tous les deux encore jeunes et que nous manquons de beaucoup de choses, mais j’espère que nous aurons une vie fructueuse ensemble. Euh, vous douze qui êtes réunis ici avaient été particulièrement proches de nous au cours de ces deux dernières années. Nous avons passé moins de temps avec certains d’entre vous qu’avec d’autres, mais d’une manière ou d’une autre, nous avons tous réussi à nous entendre, et je vous considère comme des amis. Si vous vous trouvez un jour en difficulté, j’espère être là pour vous soutenir, en tant qu’ami. Si jamais vous avez des problèmes entre vous, j’espère que vous vous souviendrez de nous et que vous essayerez d’être la plus grande personne et de laisser les choses aller. Um… »

Oh merde, ce discours était beaucoup trop rigide. Ils avaient tous des regards interrogateurs sur leurs visages.

Ce fut alors que Badigadi m’avait donné une petite tape sur l’épaule.

« Pas besoin d’une telle formalité. Vous vous aimez tous les deux et vous voulez que tout le monde ici le reconnaisse, non ? »

Oh ! Oui, exactement. C’était ça. Ok !

« Eh bien, comment dire ? Sylphie et moi allons aller de l’avant dans notre relation. J’espère que vous serez là pour nous si nous avons besoin de vous. Merci à tous. »

« D’accord, maintenant trinquons à l’avenir du jeune couple ! »

« Santé ! »

Badigadi avait levé un gobelet de vin qu’il avait piqué à un moment donné sans que je le remarque. Tout le monde l’avait rejoint en levant la sienne. Un peu d’alcool avait été renversé alors que la fête commençait.

***

Partie 3

Pursena s’était directement attaquée à la viande de sanglier qui était encore fumante il y a quelques instants. Je me demandais s’il était de coutume que les hommes bêtes mangent d’abord les proies qu’ils avaient eux-mêmes capturées… Non, c’était vraiment un truc de Pursena. Linia était près de la cheminée, en train de grignoter des nanahoshiyaki, une imitation du poulet frit.

Nanahoshi prit une assiette de chips et se retira dans un coin de la pièce où elle put grignoter. Julie prit soudainement place à côté d’elle. Nanahoshi avait l’air abasourdie, mais Julie l’avait ignorée et elle s’était enfilé des chips dans la bouche. L’autre jour, elle en avait mangé pour nous en tant que goûteuse. Elle avait dû en réclamer depuis.

Nanahoshi et Julie. Elles formaient une image intéressante côte à côte. Peut-être que Badigadi pensait la même chose, vu qu’il s’était approché d’elles. Nanahoshi paniqua et sortit l’une de ses bagues. Quelle idiote ! Elle avait prétendu ne pas vouloir d’ennuis, mais elle avait gardé sa nourriture comme une lionne.

J’avais remarqué que Zanoba me regardait. Je n’étais pas sûr de ce qu’il voulait, mais il semblait attendre qu’Ariel fasse un geste — et elle le fit peu après, en guidant son entourage jusqu’à Sylphie et moi.

« Sylphie, félicitations. »

« Princesse Ariel, merci. »

Sylphie fit son habituel sourire carnassier et inclina la tête.

« Alors, est-ce que Rudeus et cette maison répondent à tes attentes ? »

« Ils sont encore plus incroyables que ce que j’avais espéré. La maison a même une baignoire ! »

« Oh ? Très peu de maisons personnelles ont des baignoires à Asura. Je suis envieuse. Sylphie, tu sais que tu peux arrêter d’être mon garde du corps pendant un an si tu veux. »

« Je-je vais garder ça pour le jour où on aura des enfants. »

Ariel gloussa. Sylphie continua à discuter avec Luke et les assistantes de la princesse, dont je n’avais appris les noms qu’aujourd’hui. Apparemment, elles avaient un lien fort avec Sylphie. Elles semblaient proches, et la fille louve bleu avait les larmes aux yeux. C’était comme si je regardais les filles du club d’athlétisme se dire au revoir.

« Eh bien, je suppose que tu ne m’aimes toujours pas, mais essayons de nous entendre », dit Luke, en me tendant soudainement la main.

Malgré ce qu’il avait dit, je n’avais aucune animosité envers lui. J’étais prêt à être amical s’il l’était.

« Ça me paraît bien, Luke… monsieur. »

« Prends bien soin de Sylphie. »

Il avait lâché ma main après cette courte remarque. Pour être honnête, j’avais l’impression que c’était Luke qui ne m’aimait pas. Qu’est-ce que c’était exactement ? Ce n’était pas vraiment de la jalousie, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus.

Zanoba s’était approché une fois qu’Ariel fut partie. Il semblait faire attention aux hiérarchies sociales, ce qui était logique, étant donné qu’il était de la famille royale.

« Encore une fois, Maître, je te présente mes félicitations. »

« Merci, Zanoba. »

Il s’était tourné vers Sylphie et s’était incliné.

« Madame. Je pensais sincèrement que vous étiez un homme. Pardonnez-moi d’avoir commis une erreur aussi honteuse. »

Sylphie s’était empressée d’agiter la main.

« Oh, non, s’il vous plaît, levez la tête. Vous êtes de la famille royale. Vous ne pouvez pas vous incliner devant quelqu’un comme moi. »

« Quelqu’un comme vous ? Je respecte profondément mon maître, et vous êtes sa femme. Votre Sainteté n’a d’égal que celle de Dieu. »

« Mais même Rudy m’a prise pour un homme, alors c’est bon, d’accord ? »

Elle m’avait regardé pour avoir du soutien. Aussi embarrassant que ce soit, c’était vrai, alors j’avais acquiescé.

Une fois Zanoba parti, Linia et Pursena étaient arrivées.

« Est-ce que c’est bien vu chez les humains de se saluer au milieu d’un repas, miaou ? »

« C’est mal élevé. »

C’était tout ce qu’elles avaient dit. De plus, elles ne nous avaient même pas félicités. J’aurais certainement besoin d’enquêter à l’avance sur le déroulement des mariages des hommes bêtes quand le moment sera venu pour ces deux-là de se marier. Bien que je ne sache même pas si elles pourraient trouver des partenaires.

« Mais c’est logique que vous vous mariiez tous les deux. C’est bien quand les gens forts s’unissent, miaou. »

« C’est vrai. Les enfants forts apportent la tranquillité à la tribu. »

À mon avis, c’était « mal vu » de parler si franchement au milieu d’un repas.

La prochaine à s’approcher était Nanahoshi, qui avait réussi à s’éloigner de Badigadi… qui avait fait on ne sait quoi, puisque ses cheveux étaient en désordre. J’avais regardé dans sa direction et je l’avais vu s’amuser à laisser Julie monter sur ses épaules.

« Félicitations. »

« Merci. »

Elle avait commencé à se retirer après cette courte remarque, mais Sylphie l’avait arrêtée.

« Hum, Mlle Nanahoshi, puis-je vous demander quelque chose ? »

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Vous avez dit tout à l’heure que vous veniez tous les deux du même endroit. Mais qu’est-ce que cela signifie ? Hum, corrige-moi si je me trompe, mais vous venez d’un monde différent, non ? »

La voix de Sylphie était devenue un chuchotement dans la dernière partie de sa question.

Nanahoshi m’avait regardée comme si elle voulait savoir ce que je voulais faire. Je n’avais pas fait attention à la façon dont elle avait répondu.

Je n’essayais pas de cacher quoi que ce soit à Sylphie… bien qu’elle puisse me regarder bizarrement si elle le découvrait. Ce serait délicat à expliquer.

« J’ai mal compris, puisqu’il parle la même langue que moi », dit Nanahoshi. Eh bien, c’était décidé.

Les derniers à s’approcher de nous étaient Cliff et Elinalise. Cliff nous avait fait nous aligner, puis il avait tracé une forme de croix dans l’air avec une main, offrant une simple prière.

« Vous n’êtes pas des disciples de Millis, mais c’est la seule bénédiction que je connaisse. »

J’étais vraiment heureux de ce sentiment. Après tout, il était extrêmement courant pour les gens de célébrer Noël sans participer à la messe. J’avais un dieu en qui je croyais, mais elle ne m’en voudrait pas si j’acceptais les bénédictions d’une autre religion.

« Rudeus, je suis heureuse de ton rétablissement », dit Elinalise, avec un air légèrement boudeur.

C’est vrai. Je ne lui avais pas dit que mon impuissance avait été guérie jusqu’à présent.

« Tu aurais quand même pu me le dire un peu plus tôt. »

« Et si je te l’avais dit, tu aurais fait un pas vers moi. “Laisse-moi voir par moi-même si c’est vrai”, etc. etc. »

« Je ne le ferais jamais. Je te l’ai déjà dit, n’est-ce pas ? Je n’ai pas l’intention de devenir la belle-fille de Paul. »

C’était donc comme ça. J’aurais peut-être dû le lui dire plus tôt. Parmi tous ces gens, c’était celle que je connaissais depuis le plus longtemps. D’accord, je ne la connaissais que depuis six mois environ.

« Mais encore une fois, si Cliff n’était pas avec moi, j’aurais pu envisager l’idée de le faire avec toi une fois. »

« J’aurais pu ressentir la même chose si je n’avais pas eu Sylphie. »

« Eh bien, c’est malheureux, n’est-ce pas ? Puisqu’on n’était pas destiné à faire ça, continuons à être amis. »

« Oui, restons-en là. »

Elinalise tourna son attention vers Sylphie, une expression douce sur le visage.

« Mlle Sylphiette, félicitations. Je prie pour… pour ton… bonheur du… du fond du… »

Des larmes commencèrent à rouler sur les joues d’Elinalise. Elle avait continué à regarder Sylphie tandis qu’un sanglot s’échappait de sa gorge.

J’étais abasourdi. Je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle elle pleurait tout d’un coup.

Elinalise tendit la main pour toucher la joue de Sylphie d’une main tremblante. Puis ses jambes avaient commencé à trembler et à se dérober sous elle. Son visage était complètement défait, mais elle continuait à regarder Sylphie.

« Je suis désolée. Je n’arrive pas à croire que je fais ça… »

Sylphie avait aussi dû être choquée. Ou du moins, je pensais qu’elle le serait, mais au lieu de ça, elle avait l’air légèrement perplexe, pas surprise.

« Hum. Ça fait un moment que je veux vous demander ça, mais, Mlle Elinalise… êtes-vous peut-être ma grand-mère ? », dit Sylphie.

Je n’étais pas le seul à être sidéré. Cliff et Elinalise avaient l’air complètement abasourdis, eux aussi.

« Père m’a dit que ma grand-mère était l’un des membres du groupe du père de Rudy », expliqua Sylphie.

Il avait vraiment dit ça ? Attendez… c’est logique, en fait. Laws avait dit que Paul et lui étaient devenus amis pendant qu’il aidait à garder le village. Peut-être avait-il découvert le lien entre Paul et Elinalise au fil de leurs conversations, même si je doutais que Paul le sache.

Le monde était petit. Maintenant que j’y pensais, le pendentif en bois sculpté que Sylphie m’avait fabriqué avait la même forme que le pendentif de l’épée d’Elinalise. En fait, les traits de leur visage étaient également similaires.

« Mlle Elinalise, c’est vraiment le cas ? », avais-je demandé.

« Tu te trompes. Il est impossible que ta grand-mère soit une pute comme moi. »

« Mon père m’a dit que c’était à cause de vous qu’il avait été chassé de la Grande Forêt, et que les gens s’opposaient à ce qu’il épouse ma mère », dit Sylphie.

« Quoi… ?! »

« Il a dit que vous étiez dévastée par la culpabilité, et que vous pourriez ne pas révéler qui vous êtes vraiment, même si nous nous rencontrions. »

Je n’aurais jamais deviné qu’Elinalise et Laws avaient une telle histoire… même si je pouvais comprendre pourquoi les gens s’étaient opposés à son mariage avec la mère de Sylphie. J’avais aussi hésité lorsque Cliff m’avait demandé de le présenter à Elinalise. Je pouvais comprendre que le fait d’être le fils d’Elinalise ait pu ternir la réputation de Laws.

« Je… Je… ! »

Elinalise éclata en sanglots. Elle essaya de dire quelque chose, mais les mots ne voulaient pas se former. Sylphie avait l’air un peu troublée, comme si elle craignait d’avoir dit quelque chose de mal.

« Maître Cliff ? », avais-je dit.

Il avait aussi l’air très agité.

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Emmene Mlle Elinalise dans une des chambres du deuxième étage pour qu’elle puisse se reposer. »

« D-D’accord. Oui, j’ai compris. »

« Sylphie, et si tu continuais ta conversation avec elle après qu’elle se soit calmée ? »

« O-okay », dit-elle.

Cliff tirait Elinalise par la main au moment elle me regarda, terrifiée.

« R-Rudeus, je-je sais que tout cela peut te troubler, mais, hum, Laws était un garçon tout à fait normal. Et bien sûr, son enfant, Sylphie, l’est aussi. Alors s’il te plaît… »

Alors s’il te plaît quoi ? Ne les regarde pas avec des préjugés. Elle n’avait donc vraiment aucune confiance en moi. Pour être honnête, je l’avais évitée ces derniers temps. Peut-être que cela avait causé un certain malentendu.

J’avais approché ma bouche de son oreille.

« S’il te plaît, ne t’inquiète pas. Je ne vais pas rompre avec Sylphie à cause de toi. »

« Mais… »

« Plus important encore, ne penses-tu pas que tu devrais être plus préoccupée par le fait que tu es maintenant liée à ce Paul que tu détestes tant ? »

Elinalise sourit faiblement.

« Heh, Rudeus. Tu dis vraiment des choses amusantes parfois. »

Je m’étais un peu détendu. Elle avait probablement juste besoin de se calmer un peu.

« Tu peux prendre ton temps et parler à Sylphie, rien que vous deux, un peu plus tard. »

« Oui. J’apprécie que tu sois si prévenant. »

Après ça, Cliff guida Elinalise. Ils s’étaient retirés à l’étage. Il est temps de passer à la vitesse supérieure, Cliff. Fais un bon travail pour la réconforter, avais-je pensé.

Badigadi n’était jamais venu nous féliciter. Il s’était installé dans un coin de la pièce, en poussant son habituel rire « Bwahaha ! », et avait maintenu l’ambiance joyeuse. J’étais reconnaissant pour sa présence.

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