Mushoku Tensei (LN) – Tome 10 – Chapitre 5 – Partie 3

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Chapitre 5 : Organisation de la réception de mariage

Partie 3

Pursena s’était directement attaquée à la viande de sanglier qui était encore fumante il y a quelques instants. Je me demandais s’il était de coutume que les hommes bêtes mangent d’abord les proies qu’ils avaient eux-mêmes capturées… Non, c’était vraiment un truc de Pursena. Linia était près de la cheminée, en train de grignoter des nanahoshiyaki, une imitation du poulet frit.

Nanahoshi prit une assiette de chips et se retira dans un coin de la pièce où elle put grignoter. Julie prit soudainement place à côté d’elle. Nanahoshi avait l’air abasourdie, mais Julie l’avait ignorée et elle s’était enfilé des chips dans la bouche. L’autre jour, elle en avait mangé pour nous en tant que goûteuse. Elle avait dû en réclamer depuis.

Nanahoshi et Julie. Elles formaient une image intéressante côte à côte. Peut-être que Badigadi pensait la même chose, vu qu’il s’était approché d’elles. Nanahoshi paniqua et sortit l’une de ses bagues. Quelle idiote ! Elle avait prétendu ne pas vouloir d’ennuis, mais elle avait gardé sa nourriture comme une lionne.

J’avais remarqué que Zanoba me regardait. Je n’étais pas sûr de ce qu’il voulait, mais il semblait attendre qu’Ariel fasse un geste — et elle le fit peu après, en guidant son entourage jusqu’à Sylphie et moi.

« Sylphie, félicitations. »

« Princesse Ariel, merci. »

Sylphie fit son habituel sourire carnassier et inclina la tête.

« Alors, est-ce que Rudeus et cette maison répondent à tes attentes ? »

« Ils sont encore plus incroyables que ce que j’avais espéré. La maison a même une baignoire ! »

« Oh ? Très peu de maisons personnelles ont des baignoires à Asura. Je suis envieuse. Sylphie, tu sais que tu peux arrêter d’être mon garde du corps pendant un an si tu veux. »

« Je-je vais garder ça pour le jour où on aura des enfants. »

Ariel gloussa. Sylphie continua à discuter avec Luke et les assistantes de la princesse, dont je n’avais appris les noms qu’aujourd’hui. Apparemment, elles avaient un lien fort avec Sylphie. Elles semblaient proches, et la fille louve bleu avait les larmes aux yeux. C’était comme si je regardais les filles du club d’athlétisme se dire au revoir.

« Eh bien, je suppose que tu ne m’aimes toujours pas, mais essayons de nous entendre », dit Luke, en me tendant soudainement la main.

Malgré ce qu’il avait dit, je n’avais aucune animosité envers lui. J’étais prêt à être amical s’il l’était.

« Ça me paraît bien, Luke… monsieur. »

« Prends bien soin de Sylphie. »

Il avait lâché ma main après cette courte remarque. Pour être honnête, j’avais l’impression que c’était Luke qui ne m’aimait pas. Qu’est-ce que c’était exactement ? Ce n’était pas vraiment de la jalousie, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus.

Zanoba s’était approché une fois qu’Ariel fut partie. Il semblait faire attention aux hiérarchies sociales, ce qui était logique, étant donné qu’il était de la famille royale.

« Encore une fois, Maître, je te présente mes félicitations. »

« Merci, Zanoba. »

Il s’était tourné vers Sylphie et s’était incliné.

« Madame. Je pensais sincèrement que vous étiez un homme. Pardonnez-moi d’avoir commis une erreur aussi honteuse. »

Sylphie s’était empressée d’agiter la main.

« Oh, non, s’il vous plaît, levez la tête. Vous êtes de la famille royale. Vous ne pouvez pas vous incliner devant quelqu’un comme moi. »

« Quelqu’un comme vous ? Je respecte profondément mon maître, et vous êtes sa femme. Votre Sainteté n’a d’égal que celle de Dieu. »

« Mais même Rudy m’a prise pour un homme, alors c’est bon, d’accord ? »

Elle m’avait regardé pour avoir du soutien. Aussi embarrassant que ce soit, c’était vrai, alors j’avais acquiescé.

Une fois Zanoba parti, Linia et Pursena étaient arrivées.

« Est-ce que c’est bien vu chez les humains de se saluer au milieu d’un repas, miaou ? »

« C’est mal élevé. »

C’était tout ce qu’elles avaient dit. De plus, elles ne nous avaient même pas félicités. J’aurais certainement besoin d’enquêter à l’avance sur le déroulement des mariages des hommes bêtes quand le moment sera venu pour ces deux-là de se marier. Bien que je ne sache même pas si elles pourraient trouver des partenaires.

« Mais c’est logique que vous vous mariiez tous les deux. C’est bien quand les gens forts s’unissent, miaou. »

« C’est vrai. Les enfants forts apportent la tranquillité à la tribu. »

À mon avis, c’était « mal vu » de parler si franchement au milieu d’un repas.

La prochaine à s’approcher était Nanahoshi, qui avait réussi à s’éloigner de Badigadi… qui avait fait on ne sait quoi, puisque ses cheveux étaient en désordre. J’avais regardé dans sa direction et je l’avais vu s’amuser à laisser Julie monter sur ses épaules.

« Félicitations. »

« Merci. »

Elle avait commencé à se retirer après cette courte remarque, mais Sylphie l’avait arrêtée.

« Hum, Mlle Nanahoshi, puis-je vous demander quelque chose ? »

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Vous avez dit tout à l’heure que vous veniez tous les deux du même endroit. Mais qu’est-ce que cela signifie ? Hum, corrige-moi si je me trompe, mais vous venez d’un monde différent, non ? »

La voix de Sylphie était devenue un chuchotement dans la dernière partie de sa question.

Nanahoshi m’avait regardée comme si elle voulait savoir ce que je voulais faire. Je n’avais pas fait attention à la façon dont elle avait répondu.

Je n’essayais pas de cacher quoi que ce soit à Sylphie… bien qu’elle puisse me regarder bizarrement si elle le découvrait. Ce serait délicat à expliquer.

« J’ai mal compris, puisqu’il parle la même langue que moi », dit Nanahoshi. Eh bien, c’était décidé.

Les derniers à s’approcher de nous étaient Cliff et Elinalise. Cliff nous avait fait nous aligner, puis il avait tracé une forme de croix dans l’air avec une main, offrant une simple prière.

« Vous n’êtes pas des disciples de Millis, mais c’est la seule bénédiction que je connaisse. »

J’étais vraiment heureux de ce sentiment. Après tout, il était extrêmement courant pour les gens de célébrer Noël sans participer à la messe. J’avais un dieu en qui je croyais, mais elle ne m’en voudrait pas si j’acceptais les bénédictions d’une autre religion.

« Rudeus, je suis heureuse de ton rétablissement », dit Elinalise, avec un air légèrement boudeur.

C’est vrai. Je ne lui avais pas dit que mon impuissance avait été guérie jusqu’à présent.

« Tu aurais quand même pu me le dire un peu plus tôt. »

« Et si je te l’avais dit, tu aurais fait un pas vers moi. “Laisse-moi voir par moi-même si c’est vrai”, etc. etc. »

« Je ne le ferais jamais. Je te l’ai déjà dit, n’est-ce pas ? Je n’ai pas l’intention de devenir la belle-fille de Paul. »

C’était donc comme ça. J’aurais peut-être dû le lui dire plus tôt. Parmi tous ces gens, c’était celle que je connaissais depuis le plus longtemps. D’accord, je ne la connaissais que depuis six mois environ.

« Mais encore une fois, si Cliff n’était pas avec moi, j’aurais pu envisager l’idée de le faire avec toi une fois. »

« J’aurais pu ressentir la même chose si je n’avais pas eu Sylphie. »

« Eh bien, c’est malheureux, n’est-ce pas ? Puisqu’on n’était pas destiné à faire ça, continuons à être amis. »

« Oui, restons-en là. »

Elinalise tourna son attention vers Sylphie, une expression douce sur le visage.

« Mlle Sylphiette, félicitations. Je prie pour… pour ton… bonheur du… du fond du… »

Des larmes commencèrent à rouler sur les joues d’Elinalise. Elle avait continué à regarder Sylphie tandis qu’un sanglot s’échappait de sa gorge.

J’étais abasourdi. Je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle elle pleurait tout d’un coup.

Elinalise tendit la main pour toucher la joue de Sylphie d’une main tremblante. Puis ses jambes avaient commencé à trembler et à se dérober sous elle. Son visage était complètement défait, mais elle continuait à regarder Sylphie.

« Je suis désolée. Je n’arrive pas à croire que je fais ça… »

Sylphie avait aussi dû être choquée. Ou du moins, je pensais qu’elle le serait, mais au lieu de ça, elle avait l’air légèrement perplexe, pas surprise.

« Hum. Ça fait un moment que je veux vous demander ça, mais, Mlle Elinalise… êtes-vous peut-être ma grand-mère ? », dit Sylphie.

Je n’étais pas le seul à être sidéré. Cliff et Elinalise avaient l’air complètement abasourdis, eux aussi.

« Père m’a dit que ma grand-mère était l’un des membres du groupe du père de Rudy », expliqua Sylphie.

Il avait vraiment dit ça ? Attendez… c’est logique, en fait. Laws avait dit que Paul et lui étaient devenus amis pendant qu’il aidait à garder le village. Peut-être avait-il découvert le lien entre Paul et Elinalise au fil de leurs conversations, même si je doutais que Paul le sache.

Le monde était petit. Maintenant que j’y pensais, le pendentif en bois sculpté que Sylphie m’avait fabriqué avait la même forme que le pendentif de l’épée d’Elinalise. En fait, les traits de leur visage étaient également similaires.

« Mlle Elinalise, c’est vraiment le cas ? », avais-je demandé.

« Tu te trompes. Il est impossible que ta grand-mère soit une pute comme moi. »

« Mon père m’a dit que c’était à cause de vous qu’il avait été chassé de la Grande Forêt, et que les gens s’opposaient à ce qu’il épouse ma mère », dit Sylphie.

« Quoi… ?! »

« Il a dit que vous étiez dévastée par la culpabilité, et que vous pourriez ne pas révéler qui vous êtes vraiment, même si nous nous rencontrions. »

Je n’aurais jamais deviné qu’Elinalise et Laws avaient une telle histoire… même si je pouvais comprendre pourquoi les gens s’étaient opposés à son mariage avec la mère de Sylphie. J’avais aussi hésité lorsque Cliff m’avait demandé de le présenter à Elinalise. Je pouvais comprendre que le fait d’être le fils d’Elinalise ait pu ternir la réputation de Laws.

« Je… Je… ! »

Elinalise éclata en sanglots. Elle essaya de dire quelque chose, mais les mots ne voulaient pas se former. Sylphie avait l’air un peu troublée, comme si elle craignait d’avoir dit quelque chose de mal.

« Maître Cliff ? », avais-je dit.

Il avait aussi l’air très agité.

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Emmene Mlle Elinalise dans une des chambres du deuxième étage pour qu’elle puisse se reposer. »

« D-D’accord. Oui, j’ai compris. »

« Sylphie, et si tu continuais ta conversation avec elle après qu’elle se soit calmée ? »

« O-okay », dit-elle.

Cliff tirait Elinalise par la main au moment elle me regarda, terrifiée.

« R-Rudeus, je-je sais que tout cela peut te troubler, mais, hum, Laws était un garçon tout à fait normal. Et bien sûr, son enfant, Sylphie, l’est aussi. Alors s’il te plaît… »

Alors s’il te plaît quoi ? Ne les regarde pas avec des préjugés. Elle n’avait donc vraiment aucune confiance en moi. Pour être honnête, je l’avais évitée ces derniers temps. Peut-être que cela avait causé un certain malentendu.

J’avais approché ma bouche de son oreille.

« S’il te plaît, ne t’inquiète pas. Je ne vais pas rompre avec Sylphie à cause de toi. »

« Mais… »

« Plus important encore, ne penses-tu pas que tu devrais être plus préoccupée par le fait que tu es maintenant liée à ce Paul que tu détestes tant ? »

Elinalise sourit faiblement.

« Heh, Rudeus. Tu dis vraiment des choses amusantes parfois. »

Je m’étais un peu détendu. Elle avait probablement juste besoin de se calmer un peu.

« Tu peux prendre ton temps et parler à Sylphie, rien que vous deux, un peu plus tard. »

« Oui. J’apprécie que tu sois si prévenant. »

Après ça, Cliff guida Elinalise. Ils s’étaient retirés à l’étage. Il est temps de passer à la vitesse supérieure, Cliff. Fais un bon travail pour la réconforter, avais-je pensé.

Badigadi n’était jamais venu nous féliciter. Il s’était installé dans un coin de la pièce, en poussant son habituel rire « Bwahaha ! », et avait maintenu l’ambiance joyeuse. J’étais reconnaissant pour sa présence.

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Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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