Mushoku Tensei (LN) – Tome 10 – Chapitre 3 – Partie 3

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Chapitre 3 : Drama

Partie 3

Ce fut ainsi que j’avais présenté à Sylphie notre nouvelle maison, comme un documentaire.

Elle s’était assise sur le lit et s’était blottie contre moi. Elle était de bonne humeur, avec un grand sourire sur le visage. La voir apprécier l’endroit me rendait heureux. Je voulais la pousser vers le bas et passer aux affaires entre mari et femme, mais il y avait un petit quelque chose dont je voulais parler d’abord.

« Sylphie, cela fait environ trois semaines que j’ai annoncé nos fiançailles. Je réalise que c’était comme si c’était hier, mais nous avons fait une petite pause pour ne pas en discuter. »

« O-oui. »

La raison pour laquelle je parlais de manière si raide était parce que cette conversation était sérieuse.

Sylphie avait dû s’en rendre compte aussi, car elle s’était redressée.

« Même si j’ai dit qu’on allait se marier, pour être honnête, je ne sais pas ce que je suis censée faire. J’ai acheté cette maison, mais honnêtement, je ne peux pas m’empêcher de penser que je me suis précipité. »

« Je… je ne me sens pas du tout comme ça. Je suis vraiment heureuse de tout ce que tu as fait. En fait, c’est moi qui me demande si c’est vraiment bien pour moi de vivre dans un endroit aussi luxueux. »

« Vraiment ? Je suis heureux d’entendre que cela ne te pose aucun problème, mais je souhaite discuter de ce qui se passera dans le futur. »

Le futur. Quand j’avais dit ça, son visage était devenu rouge, et pour une raison quelconque, elle avait commencé à s’agiter.

« Hum, j’aurais autant d’enfants que tu le souhaiteras. Mais le sang d’elfe coule fortement dans mes veines, donc ça pourrait être difficile de me mettre enceinte. »

« O-oui. »

C’était incroyablement sexy à entendre. Après tout, on n’était pas dans le Japon de l’ère moderne. J’aurais été déçu d’entendre qu’elle voulait repousser les enfants pour des raisons financières alors qu’on venait de se marier. C’était vrai. J’étais fidèle à mes instincts. Et par là, je voulais dire l’instinct animal naturel de se reproduire. En d’autres termes, faire des bébés.

Malgré tout, j’avais l’intention d’être compréhensif à propos de sa carrière.

« Mais que vas-tu faire de ton travail pour la princesse Ariel ? »

Je ne savais pas ce que la princesse pensait de tout ça, mais je ne voyais pas comment Sylphie pourrait continuer son travail de garde du corps si elle tombait enceinte. Je suppose que moi ou quelqu’un d’autre pourrions la remplacer sur le front, mais ce n’était pas le seul aspect du métier de garde du corps.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? », avait-elle demandé.

« Ne serait-il pas difficile de faire les deux en même temps ? »

« J’en ai déjà parlé avec la princesse. »

Huh. C’était logique.

« Nous prévoyons de rester dans ce pays pour les deux prochaines années au moins, et même dans ce cas, ce n’est pas comme si nous allions nous diriger vers le Royaume d’Asura dès que nous serons diplômés. Nous allons rester ici encore environ cinq années supplémentaires. Donc, hum… »

Sylphie ne semblait pas avoir l’intention d’abandonner son travail de garde du corps. Le fait qu’il n’avait jamais été question de démissionner en disait long sur la force de ses liens avec Ariel et Luke. Je me demandais ce que l’ancienne Sylphie, celle qui dépendait entièrement de moi, dirait. Peut-être qu’elle proposerait de tout laisser tomber pour me suivre. Ça me rendrait heureux aussi, mais…

« Désolé. Maintenant que j’y pense, c’est injuste pour toi, non ? Tu m’as offert une maison si magnifique, mais je ne pourrai pas y passer beaucoup de temps à cause de mon travail avec Ariel. Je suppose que je ne mérite pas vraiment d’être ta femme, hein ? »

Elle baissa la tête, le visage plein de chagrin.

Aucune règle ici n’obligeait l’homme à travailler pendant que la femme restait à la maison, peut-être parce qu’il n’y avait pas dans ce monde autant d’écart de pouvoir social entre les hommes et les femmes. Pourtant, c’était généralement plutôt la norme.

« Je ne suis donc finalement pas assez bien ? », demanda Sylphie, les yeux remplis de larmes.

Je me sentais un peu coupable. J’avais passé deux ans dans l’abstinence. Une fois ma libido enfin rétablie, l’émotion chauffée à blanc qui avait été refoulée pendant ces deux — non, trois ans — avait jailli, et la seule pensée que j’avais en tête était Sylphie. C’était la seule personne qui me laisserait faire l’amour avec elle.

Je ne pensais pas que c’était nécessairement une mauvaise chose. Après tout, c’était Sylphie qui avait pris l’initiative, elle m’avait même donné un aphrodisiaque et m’avait laissé faire ce que je voulais avec elle, même si c’était sa première fois.

J’étais un obsédé sexuel que même les hommes-bêtes étaient dégoûtés par moi. Si elle m’avait trouvé effrayant, elle n’en avait montré aucun signe. Quand je m’étais réveillé le lendemain matin, elle m’avait regardé et avait souri.

Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? Si ce n’est pas Sylphie, alors qui ? Si j’hésitais encore, et qu’elle finissait par épouser quelqu’un d’autre, j’étais sûr que je le regretterais pour le reste de ma vie. Si elle m’était enlevée — attendez, c’était vrai. Sylphie m’appartenait déjà.

« Tu es à moi, Sylphie. »

« Eh ? ! Euh, oui. Je suis à toi, Rudy. »

« Alors s’il te plaît, épouse-moi. »

Maintenant que j’y pensais, c’était peut-être la première fois que je le lui demandais explicitement.

« … Oui. »

Ses joues chauffèrent tandis qu’elle hochait la tête. Puis elle avait laissé échapper un petit soupir de soulagement.

« Ne t’inquiète pas pour ton travail de garde du corps. Je m’occupe de la maison. Fais donc simplement ce que tu as à faire. »

« Oui. »

« Eh bien, j’aimerais quand même que tu dormes avec moi une fois de temps en temps si possible. »

« Huh ? »

Ooops. Mes désirs sexuels avaient débordé.

« Par dormir, tu veux dire ça ? », avait-elle demandé.

« Non, non, seulement si tu en as envie. Si tu n’en as pas envie, laisse-moi juste tripoter tes petits seins et tout ira bien. »

« Hum, je vais faire de mon mieux, ok ? Je ne veux pas que tu te restreignes, ok ? »

« Ouais, mais ne te force pas non plus. Quand tu es épuisée, tu as besoin de récupérer. Si tu me laisses juste te toucher un peu, soit avant de nous coucher, soit après nous être levés, je m’en occuperai moi-même. »

Mes désirs sortaient tout droit de ma bouche. Mais bon, ça ne servait à rien de la jouer cool pour Sylphie. C’était comme ça que j’étais.

« Tu aimes tant que ça mes seins ? »

« Je les aime », avais-je dit.

« Mais Luke a dit qu’ils n’avaient rien d’attirant. »

« Ne fais pas confiance à ce que dit un jeune freluquet comme lui. »

Plus un gars était jeune, plus il était obsédé par des seins plus gros ou plus petits. Ce n’était pourtant pas la partie la plus importante. C’était le cœur. Pas vrai, ermite amoureux des seins ?

« Mais ma poitrine n’est pas très différente de la tienne ? »

« C’est faux. Les miens sont des pectoraux ciselés, les tiens sont de petits et beaux seins. Ils sont totalement différents. Si tu ne me crois pas, pourquoi n’essaies-tu pas de toucher les miens ? »

« Bien sûr, d’accord. »

J’avais gonflé ma poitrine et Sylphie s’était approchée doucement pour la toucher.

« Tu as raison, ils sont complètement différents. Les tiens sont un peu durs. »

« Hmph ! », avais-je grogné.

« Ouah ! »

J’avais fléchi ma poitrine, ce qui poussa Sylphie à paniquer et à rétracter sa main.

« Ces pectoraux t’appartiennent, donc tu es libre de les toucher quand tu veux. »

« Les miens t’appartiennent aussi, mais garde à l’esprit le moment et le lieu où tu les touches. »

« Pourquoi pas maintenant ? »

« M-mais nous avons une conversation i-importante en ce moment, non ? »

Oh ouais. On s’est un peu éloigné du sujet.

« Revenons-en à nos moutons. Communiquons ouvertement l’un avec l’autre quand nous avons besoin de quelque chose ou quand nous serons mécontents de quelque chose, d’accord ? Cela permettra à notre vie de couple de rester paisible », avais-je résumé à la hâte.

Sylphie hocha la tête.

« Oui, je suis d’accord. »

« Et à ce propos, il y a quelque chose que tu veux me dire maintenant ? »

Sylphie considéra la question un instant, puis baissa les yeux. Avec un air triste sur le visage, elle sourit et dit : « Ne disparais pas soudainement, d’accord ? »

« Oui. »

C’était vrai. Le fait de voir partir quelqu’un précipitamment était déchirant.

« Je comprends. Je ne disparaîtrai pas soudainement. »

Je savais bien moi-même à quel point il était douloureux de voir quelqu’un à qui on tenait disparaître soudainement.

Avec ça, notre importante conversation était pratiquement terminée. Il y avait probablement encore des choses dont nous devions parler et que nous devions régler, mais pour le moment, c’était suffisant.

« Bon, alors, je peux ? »

« Vas-y. »

Elle avait un regard nerveux sur son visage au moment où elle pressa sa poitrine vers moi.

J’avais tendu une main pour les toucher, mais je m’étais arrêté. La dernière fois, je l’avais attaquée comme une bête. Cette fois, je voulais privilégier la douceur avec elle plutôt que mes propres désirs. Je l’avais donc doucement prise dans mes bras et l’avais lentement poussée sur le lit.

« T-tu ne vas pas te tripoter ? »

« C’est pour le matin et le soir. »

« O-okay. »

Nous nous étions regardés, les visages rapprochés. Je pouvais voir mon visage se refléter dans ses yeux humides. Elle les avait doucement fermés. Je lui avais tapoté la tête et lui avais donné un baiser maladroit.

◇ ◇ ◇

Cette nuit-là, j’avais traîné mon corps léthargique jusqu’au sous-sol. Il n’y avait rien dans l’entrepôt souterrain, puisque nous venions d’emménager. Il était nu, à l’exception de quelques étagères qui avaient été installées. Je m’enfonçai plus profondément à l’intérieur et posai ma main sur la porte cachée qui avait été restaurée par l’artisan nain.

AVANT :

C’était une porte bruyante qui grinçait et gémissait lorsqu’elle était ouverte ou fermée. Bien qu’elle soit appelée porte cachée, les bords étaient si sales qu’on pouvait la repérer au premier coup d’œil.

MAINTENANT :

Le dispositif d’ouverture et de fermeture de la porte avait été remplacé par du métal neuf, avec une application abondante d’huile pour s’assurer qu’elle soit silencieuse. Les panneaux muraux du sous-sol avaient également été complètement restaurés. Personne n’aurait la moindre idée qu’une porte était cachée ici.

J’avais doucement ouvert la porte. À l’intérieur se trouvait un petit autel en bois non verni. C’était là, à l’intérieur d’un autel construit en pierre noire lustrée, que mon idole était enchâssée. La vieille salle de recherche poussiéreuse avait été nettoyée à fond et transformée en un lieu de culte. Là, dans le calme de la nuit, alors que tout le monde dormait, j’avais offert une prière à mon dieu depuis cette nouvelle terre sainte.

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