Mushoku Tensei (LN) – Tome 1 – Chapitre 7 – Partie 3

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Chapitre 7 : Amis

Partie 3

Le père de Sylph était un homme très séduisant. Il avait des oreilles pointues et des cheveux blonds qui brillaient presque, et il était mince tout en ayant une très belle musculature. Il s’était ainsi montré à la hauteur de son nom, ayant hérité des meilleures caractéristiques des l’elfes et des hommes.

Il montait la garde dans une tour de guet à l’orée de la forêt, un arc dans une main.

« Père, j’ai apporté ton déjeuner. », avait dit Sylph

« Ah, comme d’habitude, merci Phi. T’es-tu encore fait intimider aujourd’hui ? »

« Je vais bien. Quelqu’un m’a aidé. »

Sylph se tourna vers moi et je m’inclinai légèrement.

« Enchanté de vous rencontrer, je suis Rudeus Greyrat. », avais-je dit.

« Greyrat ? Comme dans Paul Greyrat ? »

« Oui, monsieur. C’est mon père. »

« Ah, oui, j’ai entendu parler de toi ! Quel garçon poli tu es ! Oh, tu vas devoir me pardonner. Je suis Laws. Je chasse généralement dans ces forêts. »

D’après ce que j’avais entendu dire, cette tour de guet avait été érigée en poste de surveillance, afin d’empêcher les monstres de sortir de la forêt, et elle était occupée par des hommes du village 24 heures sur 24. Naturellement, Paul était aussi sur la liste, ce qui expliquait pourquoi Laws le connaissait. Je suis sûr qu’ils avaient parlé de leurs enfants respectifs.

« Je sais de quoi doit avoir l’air mon enfant, mais c’est quelque chose qui remonte à plus loin dans notre ascendance. J’espère que vous serez amis. », avait dit Laws.

« Bien sûr, monsieur. Et même si Sylph était un Superd, ça ne changerait pas mon attitude. Je parie l’honneur de mon père dessus. »

Laws avait émis un bruit d’étonnement.

« Ce sont des mots impressionnants pour un garçon de ton âge. Je suis jaloux que Paul ait un enfant si intelligent. »

« Le fait d’être bon en tant qu’enfant ne signifie pas que cette personne continuera d’être bonne en tant qu’adulte. Vous n’avez pas besoin d’être jaloux maintenant vu que Sylph a encore tout son temps pour grandir. »

Je m’étais dit que je devrais dire un mot gentil.

« Heh. Maintenant je vois de quoi Paul parlait. »

« Qu’a dit mon père ? »

« Le fait de te parler donne l’impression d’être un parent sous-qualifié. »

Pendant qu’on parlait, j’avais senti une traction à l’ourlet de ma chemise. J’avais regardé, et Sylph s’y accrochait, la tête baissée. J’avais deviné qu’une conversation d’adulte comme celle-ci était ennuyeuse pour les enfants.

« M. Laws, peut-on aller jouer un petit peu tous les deux ? »

« Oh, oui, bien sûr. Mais ne t’approche pas trop de la forêt. »

Eh bien, ça allait sans dire. J’avais l’impression qu’il devrait y avoir plus de règles de base que ça.

« En venant ici, il y a une colline avec un grand arbre au sommet. Je me suis dit qu’on pourrait aller jouer là-bas. Je promets que Sylph rentrera chez lui avant la nuit. Et une fois que votre enfant sera rentré, pourriez-vous regarder en direction de cette colline ? Si je n’ai pas l’air de vouloir rentrer chez moi, il y a de fortes chances qu’il y ait un problème. Pourriez-vous mettre en place une recherche si cela se produit ? »

Après tout, il n’y avait pas de téléphone portable dans ce monde. Il était important d’établir une bonne communication. Il était impossible d’éviter tous les problèmes potentiels, mais il était également important de se remettre rapidement des problèmes. Ce royaume semblait assez sûr, mais on ne savait pas où se cachaient les dangers.

En jetant un coup d’œil sur Laws, qui était un peu abasourdi, Sylph et moi étions retournés vers l’arbre au sommet de la colline.

« Alors, à quoi voulais-tu jouer ? », avais-je demandé.

« Je n’en sais rien. Je n’ai jamais joué avec un ami avant. »

Sylph avait lutté afin de pouvoir dire le mot « ami ». Je supposais qu’il n’en avait jamais vraiment eu avant. Je me sentais si mal pour lui… mais je n’avais pas d’amis non plus.

« Oui. Jusqu’à récemment, je n’avais moi-même jamais vraiment quitté la maison. Mais de toute façon, à quoi voulais-tu jouer ? », dis-je

Sylph se serra les mains et me regarda. Nous avions à peu près la même taille, mais parce qu’il se tenait courbé, il avait dû pencher sa tête vers le haut.

« Alors, euh, comment se fait-il que tu n’arrêtes pas de changer ta façon de parler ? »

« Hm ? Oh ! Selon à qui tu parles, c’est impoli de ne pas parler correctement. Tu dois faire preuve de déférence envers tes aînés. »

« Déf-er-ence ? »

« Comme la façon dont je parlais à ton père avant. »

« Hmm… »

Il avait l’air de ne pas comprendre, mais il finirait par comprendre. Ça faisait partie de l’enfance.

« Plus important, pourrais-tu m’apprendre ce que tu as fait tout à l’heure ? », dit Sylph

« Quelle chose ? »

Les yeux de Sylph brillaient de mille feux. Il se posa et agita les mains tandis qu’il l’expliquait :

« Comment as-tu fait couler l’eau chaude de tes mains, et la manière dont tu as fait ce beau vent chaud, avec ce whoosh ? »

« Ah, oui. Ça. »

C’était la magie que j’avais utilisée pour enlever la boue.

« Est-ce difficile ? »

« C’est difficile, mais probablement qu’avec de l’entraînement, tout le monde peut le faire. »

Dernièrement, mes réserves magiques avaient tellement augmenté que je n’étais même pas sûr de ce que je dépensais, sans parler du fait que je ne connaissais pas la base de référence pour les gens d’ici. Mais alors, si c’était juste pour chauffer de l’eau avec du feu. Les gens ne pouvaient probablement pas se contenter de se lever et de faire apparaître de l’eau chaude sans incantation, mais avec la magie combinée, n’importe qui pourrait reproduire les effets. C’était pourquoi cela devait être une bonne chose. Probablement.

« D’accord alors ! Aujourd’hui, nous allons commencer ton entraînement ! », avais-je annoncé

Sylph et moi avions joué jusqu’au coucher du soleil.

◇ ◇ ◇

Quand j’étais rentré chez moi, Paul était furieux.

Il se tenait majestueusement dans l’entrée, les mains posées sur ses hanches, exprimant ainsi sa colère. J’avais immédiatement essayé de penser à ce que j’avais fait de mal. La première chose qui m’était venue à l’esprit, c’était qu’il avait découvert les précieuses culottes que j’avais cachées.

« Père, je suis rentré », avais-je dit.

« Sais-tu pourquoi je suis contrarié ? »

« Je ne sais pas. »

J’avais d’abord dû faire l’idiot. Je ne voulais pas m’attirer des ennuis inutiles au cas où mon bien précieux n’aurait pas été découvert.

« La femme de M. Eto est passée plus tôt et m’a dit que tu avais frappé leur fils, Somal. »

Qui diable étaient M. Eto et Somal ? Les noms ne me disaient rien, alors j’avais dû réfléchir. Je n’avais pas eu beaucoup d’interaction avec les gens de la ville, à part des présentations de base. Je leur avais donné mon nom et obtenu le leur en retour, mais je ne me souvenais pas s’il y avait eu ou non un « Eto » parmi eux.

Attends. Attends.

« C’était aujourd’hui ? », avais-je demandé.

« Oui. »

Les seules personnes que j’avais rencontrées aujourd’hui étaient Sylph, Laws et ces trois voyous. Somal était un de ces trois garçons, non ?

« Je ne l’ai pas frappé. Tout ce que j’ai fait, c’est lui jeter de la boue dessus. »

« Te souviens-tu de ce que je t’ai dit tout à l’heure ? »

« Que les hommes ne deviennent pas forts juste pour s’en vanter ? »

« C’est exact. »

Aha. Maintenant, j’ai compris. En y repensant, ce gamin avait dit quelque chose sur la façon dont il allait faire savoir à tout le monde que j’étais un amoureux des démons. Je ne savais pas comment il avait pu mentir sur le fait que je l’avais frappé, mais quoi qu’il en soit, il était déterminé à me faire du mal.

« Je ne suis pas sûr de ce que tu as entendu, mon Père, mais »

« Oh, non, pas de ça ! Quand tu as fait quelque chose de mal, la première chose que tu dois faire est de t’excuser ! »

Quel que soit le mensonge de ce gamin, mon père l’avait clairement cru. Merde. À ce stade, même si je disais la vérité sur le fait que j’avais sauvé Sylph de ces brutes, ça ressemblerait à un mensonge.

Tout ce que j’avais pu faire, c’était d’expliquer ce qui s’était passé depuis le tout début.

« OK, donc je marchais sur la route quand... »

« Pas d’excuses ! »

Paul devint encore plus furieux. Il n’avait pas l’intention de m’écouter.

J’aurais pu m’excuser, mais j’avais l’impression que ça ne serait pas non plus juste pour Paul. Je ne voulais pas qu’il prenne l’habitude de se comporter ainsi avec un frère ou une sœur plus jeune qu’il pourrait bien me faire dans le futur.

Cette méthode de punition n’était pas juste. J’avais fermé ma gueule.

« Pourquoi ne dis-tu rien ? », demanda Paul.

« Parce que si je le fais, tu vas juste me crier dessus pour que je ne puisse pas te donner d’excuse. »

Les yeux de Paul se rétrécirent.

« Quoi ? »

« Avant même qu’un enfant puisse dire quoi que ce soit, tu lui cries dessus et tu le fais s’excuser. Tout est si rapide et facile avec vous, les adultes. Ça doit être sympa. »

« Rudy ! »

Whap! Une décharge douloureuse brûlante me traversa la joue.

Il m’avait frappé.

Je veux dire, je m’y attendais. Je lui avais parlé comme à une merde, et je m’étais fait frapper.

C’était pourquoi j’avais tenu bon. Je n’avais probablement pas été frappé depuis une vingtaine d’années. Non, je m’étais fait botter le cul quand on m’avait viré de chez moi, alors je suppose que ça ne fait que cinq ans.

« Père, j’ai toujours tout mis en œuvre pour être un bon fils. Je n’ai jamais répondu ni à toi ni à maman, et j’ai toujours fait de mon mieux pour faire tout ce que tu me dis. »

« Ça… ça n’a rien à voir avec ça ! »

Paul n’avait pas l’air d’avoir l’intention de me frapper. Je pouvais voir une lueur de consternation dans ses yeux.

Peu importe. C’était bon pour moi.

« Oui, c’est vrai. J’ai toujours fait de mon mieux pour te rassurer et pour que tu me fasses confiance, Père. Tu n’as pas écouté un mot de ce que j’ai dit, et non seulement tu as cru la parole de quelqu’un que je ne connais pas, mais tu m’as crié dessus, tu as même levé la main vers moi. »

« Mais ce Somal a été blessé… »

Blessé ? C’était nouveau pour moi. Est-ce que je lui avais fait ça ? Si je l’avais fait, peut-être qu’il l’aurait utilisé pour vendre son histoire. Eh bien, tant pis. J’avais raison dans ce que j’avais fait. En supposant que tout ce truc sur le fait qu’il soit blessé n’était pas qu’un stupide mensonge de toute façon.

« Même si c’est de ma faute s’il a été blessé, je ne vais pas m’en excuser. Je n’ai pas été à l’encontre de ce que tu m’as appris, et je suis fier de ce que j’ai fait. »

« Attends. Que s’est-il passé ? »

Oh, il était maintenant devenu curieux ? C’était de sa faute s’il avait décidé de ne pas m’écouter.

« Que s’est-il passé pour que tu ne veuilles pas t’excuser ? »

Le visage de Paul s’était tordu en un froncement de sourcils. J’avais l’impression d’être proche du but maintenant.

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