Mushoku Tensei (LN) – Tome 1 – Chapitre 7 – Partie 2

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Chapitre 7 : Amis

Partie 2

« Tais-toi, tais-toi ! Se liguer contre un gamin à trois contre un, vous êtes les pires ! », avais-je répondu en retour.

Leurs visages étaient tombés dans la confusion. Ugh. Putain de merde.

« Hé, c’est toi qui cries maintenant, crétin ! », cria l’un d’entre eux.

J’étais énervé, alors j’avais lancé une autre boule de boue à leur façon. Je les avais ratés.

« Petit morveux ! »

« D’où est-ce qu’il sort cette boue !? »

« Ça n’a pas d’importance ! Jetez-lui de la boue en retour ! »

Ce que j’avais réussi à faire, c’était de voir trois boules de boue venir vers moi, mais grâce au jeu de jambes que Paul m’avait appris, ainsi qu’à un peu de magie, j’avais été capable d’esquiver les boules de boue avec un peu de grâce.

« Hé ! Arrête ça ! »

« Ouais, tu n’es pas censé esquiver ! »

Heheheheh. Si vous ne pouvez pas me toucher, c’est votre problème, les gars !

Les trois garçons avaient continué à me lancer des boules de boue pendant un petit moment, mais quand il était devenu évident qu’ils n’allaient pas me toucher, ils avaient levé les mains comme s’ils avaient soudainement trouvé quelque chose de mieux à faire.

« Oh, c’est ennuyeux ! »

« Ouais, allons-y. »

« Et on va faire savoir à tout le monde que le fils du chevalier est un ami des démons ! »

Ils avaient essayé de faire croire qu’ils n’avaient pas perdu, qu’ils avaient simplement décidé d’arrêter. Sur ce, les petits voyous étaient partis à l’autre bout du terrain.

Je l’avais fait ! Pour la première fois de ma vie, j’avais battu les brutes !

Euh, je ne disais pas cela pour me vanter.

Whew. De tels arguments n’étaient pas vraiment mon point fort après tout. J’étais content que les choses n’aient pas mal tourné. Pour l’instant, j’avais besoin d’aller voir le gamin sur qui ils jetaient de la boue. Je m’étais tourné vers lui et lui avais demandé :

« Hé, ça va ? Tes affaires vont bien ? »

Whoa…

Le garçon était si beau qu’il était difficile de penser que nous avions à peu près le même âge. Il avait des cils assez longs pour quelqu’un d’aussi jeune, avec un petit nez délicat, des lèvres fines et une mâchoire un peu pointue. Sa peau était blanche comme de la porcelaine et ses traits se combinaient pour lui donner l’apparence d’un lapin effrayé, en plus de ce sentiment de beauté indescriptible.

Si seulement Paul avait été plus beau. Peut-être que j’aurais un visage comme ça.

Non, Paul n’était pas moche. Et Zenith avait l’air vraiment belle. Ce qui voulait dire que mon visage était beau. Évidemment, si je le comparais à mon visage dans ma vie passée, tout mou et marqué de boutons. Donc, oui, j’étais plutôt beau. Ouais.

Le garçon avait tourné son regard timide vers moi.

« Oui, oui, je… je vais bien. »

Il m’avait donné envie de le protéger et de prendre soin de lui, comme s’il était un petit animal. Si vous étiez une femme qui aimait le shota, vous seriez impuissante devant lui… eh bien, si vous pouviez mettre de côté le fait qu’il était entièrement couvert de boue.

Ses vêtements étaient sales et la boue s’accrochait à la moitié de son visage. Le sommet de sa tête était d’un brun uniforme. Avoir réussi à garder son panier en sécurité était un vrai petit miracle.

Il n’y avait qu’une seule chose à faire pour moi.

« Pose ça là-bas et agenouille-toi près du fossé d’irrigation », avais-je dit.

« Hein ? Quoi ? »

Le garçon cligna des yeux, tout confus, alors même qu’il commençait à faire ce que je disais. Je supposais que c’était le genre de gamin qui faisait ce qu’on lui disait. S’il avait été du genre provocateur, il se serait défendu plus tôt contre ces brutes.

Il rampa jusqu’au fossé d’irrigation, courbé à quatre pattes en regardant dans l’eau. Un gars qui aimait les jeunes garçons serait dans cette situation, lui aussi.

« Bien, maintenant ferme les yeux. », avais-je dit. J’avais utilisé un peu de magie du feu pour chauffer l’eau à une température appropriée : ni trop chaude ni trop froide, mais une température agréable de quarante degrés Celsius. J’en avais ensuite pris une partie et j’avais arrosé la tête du garçon.

« Gwah ! »

J’avais attrapé son col quand il s’était tordu et avait essayé de s’enfuir, j’avais ainsi commencé à lui retirer la boue. Il s’était d’abord débattu, mais lorsqu’il s’était habitué à la température de l’eau, il avait commencé à se calmer. Quant à ses vêtements, il faudra les laver à la maison.

« D’accord, ça devrait suffire », avais-je dit.

Une fois la boue dégagée, j’avais utilisé la magie du feu pour créer un vent chaud, comme un séchoir à air, puis j’avais pris un mouchoir pour essuyer soigneusement les traces restantes sur le visage du garçon.

Ce faisant, j’avais enfin pu voir ses oreilles pointues, semblables à celles d’un elfe, ainsi que les cheveux vert émeraude qu’il arborait. Je m’étais tout de suite souvenu de quelque chose que Roxy m’avait dit.

« Si jamais tu vois quelqu’un aux cheveux vert émeraude, ne t’approche pas d’eux. »

Hm ? Attendez, attendez. Ce n’était pas tout à fait exact. Je crois que c’était…

« Si jamais tu vois quelqu’un ayant des cheveux vert émeraude et ce qui ressemble à un bijou rouge sur le front, assure-toi de ne pas t’approcher d’eux. »

Oui, c’était ça ! J’avais oublié le bijou rouge. Le front de ce gamin, cependant, n’était rien d’autre qu’un blanc lisse et joli.

Whew. Je suis en sécurité. Ce n’était pas l’un de ces méchants Superds.

« Merci… »

Les mots de gratitude du garçon m’avaient ramené à l’instant présent. Mince. Il me faisait des picotements.

J’avais décidé de lui donner quelques conseils.

« Écoute, si tu ne te défends pas contre des gens comme ça, ils ne te laisseront jamais tranquille, tu sais. »

« Je ne peux pas battre ces types… »

« Tu dois pouvoir te défendre, c’est la clé. »

« Mais ils ont toujours des enfants plus grands avec eux. Et je ne veux pas être blessé… »

Ah, c’était donc ça. S’il se défendait, ces gamins appelleraient leurs amis, et ils lui donneraient une raclée. Peu importe dans quel monde tu vivais, c’était toujours la même chose. Roxy avait fait beaucoup d’efforts, donc les adultes semblaient avoir accepté les démons, mais pas les enfants. Les enfants pourraient être très cruels.

On n’était pas très loin du sectarisme pur et simple.

« Ça doit être dur de se faire intimider parce que la couleur de tes cheveux te donne l’air d’un Superd. »

« Ça ne te dérange pas ? »

« Mon professeur était un démon. À quelle race appartiens-tu ? », avais-je demandé.

Roxy m’avait dit que les Migurd et les Superds étaient étroitement liés. Peut-être que sa race l’était aussi.

Mais le garçon secoua la tête.

« Je ne sais pas. »

Il ne savait pas ? À son âge ? C’était étrange.

« De quelle race est ton père ? »

« Il m’a dit que c’était un demi-elfe, son autre moitié était humaine. »

« Et ta mère ? »

« Elle est humaine, mais elle a aussi du sang d’homme-bête. »

L’enfant d’un demi-homme et d’un quart de bête ? Cela expliquait donc la couleur de ses cheveux ?

Des larmes coulèrent dans les yeux du garçon.

« Et alors ils… mon père, il… il me dit que je ne suis pas un démon, mais… mes cheveux ne sont pas de la même couleur que les siens ou ceux de ma mère… »

Il s’était mis à sangloter, je lui avais tapoté la tête avec une caresse rassurante. Si sa couleur de cheveux ne correspondait pas à celle de ses parents, c’était grave. La possibilité que sa mère ait eu une liaison m’était venue à l’esprit.

« Est-ce que ta couleur de cheveux est la seule chose qui est différente ? »

« Mes oreilles sont aussi plus longues que celles de mon père. »

« Je vois. »

Une race de démons aux longues oreilles et aux cheveux verts semblait assez plausible. Je ne voulais pas m’immiscer trop dans les affaires de la famille d’un étranger, mais j’avais moi-même été un enfant intimidé, alors je voulais faire quelque chose pour lui. Aussi, je me sentais tellement mal pour lui, être intimidé juste parce qu’il avait les cheveux verts.

Certaines des brimades que j’avais subies étaient le résultat de choses stupides que j’avais faites. Mais pas ce gamin. Aucun effort de sa part ne pouvait changer la façon dont il était né. Dès sa naissance, il était destiné à recevoir des boules de boue sur le bord de la route juste parce que ses cheveux étaient un peu verts. Ugh. Rien que d’y penser, ça m’avait encore énervé.

« Ton père te traite-t-il bien ? », avais-je demandé.

« Oui. Il est effrayant quand il est en colère, mais il ne se fâche pas si je me comporte bien. »

« Et ta mère ? »

« Elle est gentille. »

Hmm. Son ton de voix indiquait qu’il disait la vérité. Mais encore une fois, je ne pouvais pas vraiment savoir avec certitude sans le voir par moi-même.

« Très bien. Allons-y, d’accord ? », avais-je dit.

« Aller où ? »

« Dans l’endroit que tu veux. »

Hey, reste avec un enfant, et ses parents vont forcément se montrer. C’est une loi de la nature.

« Pourquoi viens-tu avec moi ? »

« Eh bien, ces gars d’avant pourraient revenir. Je vais les faire partir. Rentres-tu chez toi ? Ou apportes-tu ce panier quelque part ? »

« Je suis, ah, en train de livrer le déjeuner de mon père… »

Son père était à moitié elfe, non ? Quand les elfes étaient apparus dans les histoires, on disait que c’était un peuple ayant une longue vie et isolationniste, avec des dispositions hautaines qui méprisaient les autres races. Ils étaient habiles avec l’arc et aussi avec la magie. La magie de l’eau et du vent était leur point fort. Oh, et ils avaient bien sûr de longues oreilles.

Roxy avait dit : « C’est en grande partie exact, bien qu’ils ne soient pas particulièrement isolationnistes. »

La majorité des hommes et des femmes elfes étaient-ils aussi superbes dans ce monde ? Non, non. Penser que les elfes étaient tous superbes était une idée préconçue japonaise grossière. Les elfes des jeux occidentaux avaient des visages trop anguleux et pointus et n’avaient pas du tout l’air particulièrement beaux. Je supposais que les otakus1 japonais et les étrangers lambda avaient des sensibilités différentes.

Dans le cas de ce garçon, cependant, il était évident que ses parents étaient sexy.

« Alors, euh… pourquoi… pourquoi me protèges-tu… ? », demanda-t-il haletant, ses manières évoquant davantage cet instinct protecteur en moi.

« Mon père m’a dit que je devais être un allié des faibles. »

« Mais… les autres enfants pourraient t’exclure à cause de ça… »

Cela allait peut-être être le cas. C’était une histoire courante : se faire intimider pour avoir aidé une victime d’intimidation.

« Si ça arrive, je jouerai avec toi. À partir d’aujourd’hui, nous sommes amis. », avais-je dit.

« Quoi !? »

Nous étions donc maintenant du même côté. La chaîne de l’intimidation s’était développée lorsque la personne aidée s’était retournée contre son bienfaiteur au lieu d’être reconnaissante et de lui rendre la pareille. Certes, la raison pour laquelle cet enfant avait été victime d’intimidation était enracinée dans quelque chose de plus profond que cela, alors je doutais qu’il se range du côté des intimidateurs.

« D’habitude, es-tu trop occupé à aider à la maison ? », avais-je demandé.

« N-Non, pas vraiment… »

Il me montra une expression timide tout en me faisant un signe de la tête.

« Oh, c’est vrai. Je ne t’ai pas encore donné mon non. Je m’appelle Rudeus. »

« Je… Je m’appelle Sylph. »

Sa voix était si calme qu’il était difficile de distinguer la deuxième partie. Sylph, hein ?

« C’est un joli nom. C’est le même qu’un esprit du vent. »

À ce moment-là, le visage de Sylph devint rouge, et il hocha la tête.

« Oui. »

Notes

  • 1 Ce terme désigne une personne qui consacre tout son temps libre à une activité d’intérieur. Bien souvent, l’otaku reste cloîtré chez lui pour assouvir sa passion, et se désocialise donc peu à peu. Aujourd’hui en France, on a tendance à associer ce terme aux personnes lisant beaucoup de mangas ou regardant énormément d’animés… à tort ! Car au Japon, le terme ne se restreint pas à ces deux catégories, mais à tout un panel d’activités, allant des jeux vidéo ou au culte d’une idole.

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