Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 9 – Interlude 2

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Interlude 2 : Les filles de Babylon

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Interlude 2 : Les filles de Babylon

Partie 1

« Goo-goo… Ga-ga… »

Je berçais le prince Yamato dans mes bras, alors qu’il tendait les mains et marmonnait de façon incompréhensible.

« Il est définitivement devenu plus lourd. »

« Les enfants grandissent vite. Il ne fera que grandir avec le temps. »

Le roi de Belfast fit un large sourire en regardant son fils babiller joyeusement dans mes bras. La reine Yuel, qui était assise à côté de lui, sourit avec ironie.

Le fait de tenir le bébé dans les bras m’avait vraiment fait comprendre à quel point il était adorable. J’étais fiancé, j’avais donc beaucoup de beaux-frères et belles-sœurs, mais ce bébé était le seul qui était plus jeune que moi.

Il y avait beaucoup d’enfants plus jeunes chez Elze et Linze, mais techniquement, c’était mes cousins.

« Il est si mignon. J’ai tellement envie d’avoir un petit frère ou une petite sœur. », chuchota Sue en regardant du côté de Yamato.

Ses parents, le Duc Ortlinde et Dame Ellen, détournèrent maladroitement le regard. L’innocence pouvait certainement être cruelle.

Puis, j’avais remis le prince Yamato à Yumina, qui attendait patiemment de le recevoir. Berçant son petit frère, Yumina se mit à le tenir dans ses bras.

« Yamato. C’est moi, ta grande sœur. »

Sa famille ne venant pas souvent, elle craignait probablement qu’il ne l’ait oubliée. Cependant, elle n’avait pas à s’inquiéter. Il souriait plus largement que dans mes bras.

« Dans quelques années, vous pourriez bien tenir votre propre enfant dans vos bras comme ça. »

« Le petit Yamato sera un oncle avant qu’il ne le sache. Ou du moins, je l’espère. »

« Hahaha, en effet… »

J’avais ri à gorge déployée, en essayant d’éviter les paroles suggestives du couple royal.

Mais qu’est-ce qu’ils disent !? Yumina s’était retournée, faisant semblant de ne pas avoir entendu ce qu’ils disaient, mais elle était visiblement rouge jusqu’aux oreilles.

« Je vais aussi porter l’enfant de Touya ! Et si ça finit par être une fille, elle peut être la mariée de Yamato ! », proclama fièrement Sue tout en s’accrochant à moi avec joie.

As-tu une idée de ce que tu dis !? Tu ne peux pas promettre à un enfant qui n’est même pas encore né de se marier !

« … Hmm. En fait, ça n’a pas l’air trop mal. La famille Belfast serait incluse dans la lignée de Touya… Bonne idée, ça. »

Le roi marmonna pour lui-même.

Hein ? Il est d’accord avec ça !? Je m’étais alors demandé ce qu’il adviendrait de leur relation si cela arrivait. Yamato était le cousin de Sue, donc cela voudrait dire qu’il allait épouser l’enfant de sa cousine. Le mariage de cousins ne m’étant pas inconnu, je m’étais donc dit que ce ne serait pas si mal. Dans mon cas, ce serait mon beau-frère qui épouserait ma fille, et du point de vue du roi, ce serait son fils qui épouserait le petit-fils de son jeune frère. C’était un peu compliqué pour moi.

Le plan était que j’épouserais tout le monde quand j’aurais dix-huit ans, mais je ne pouvais pas m’empêcher de me demander ce que je ferais pour Sue. Se marier avec une fille de douze ans était un peu problématique. Je tiendrais évidemment ma promesse et je l’épouserais, mais il faudrait attendre quelques années. Attends, mais elle serait la seule à être laissée de côté…

« Il faudra encore quatre, peut-être cinq ans avant que tu puisses accoucher, Sue. Et ce genre d’écart d’âge n’est pas un problème si important… Hmm. »

« Hé là. Et si tu arrêtais tout de suite ? Ça ne sert à rien de penser aussi loin. »

« Oops, haha. Je ne faisais que plaisanter. »

Réprimandée par la reine, Sa Majesté avait souri en s’excusant.

Non, ce n’était certainement pas une blague. Il était sérieux. Totalement sérieux.

« Fwah... Gwah… Mah… »

« Oh ? Maman, je crois que Yamato a sommeil. »

« Voyons voir… Oui, il semblerait que ce soit le cas. Très bien, c’est l’heure de la sieste. »

Prenant son enfant des mains de Yumina, la reine le mit dans un lit se trouvant dans une chambre adjacente. Yumina la suivait avec Ellen et Sue.

Comme il ne restait plus que les hommes dans la chambre, le duc baissa la voix et chuchota pour moi.

« Ah, Touya… À propos de cette affaire… »

« Oh oui. J’ai vérifié que l’utilisation est sans danger, et il semble que tout va bien. C’est assez puissant, alors assure-toi de n’en prendre qu’un par jour, d’accord ? En prendre trop ne changera rien à l’effet et tu seras léthargique le lendemain à cause de l’excès de mana. » J’avais prévenu le duc en lui remettant un flacon rempli de pilules. J’avais souhaité qu’il n’ait pas à s’en remettre à eux. Quand je lui avais dit cela, le duc répondit que la jeunesse peut vraiment être une chose amère. Je m’étais demandé ce qu’il voulait dire.

« Qu’est-ce que c’est ? », demanda Sa Majesté en remarquant notre conversation.

Ce n’était pas un grand secret à cacher à un autre homme, mais dire la vérité était un peu trop gênant.

« Oh, c’est, euh… ce qu’ils appellent, une médecine énergisante… Pour faire simple, c’est un aphrodisiaque. »

« Quoi !? »

« Sssh ! Pas besoin de crier, mon frère ! »

Le duc couvrit la bouche de Sa Majesté. Si les dames entendaient cela, il aurait une honte sans fin. Surtout que la fille du roi était là.

« L’autre jour, le duc me posa une question et me demanda si je pouvais l’aider, j’avais donc demandé à Flora de le faire pour lui. Nous l’avons testé en offrant des échantillons aux clients d’un bordel, et c’était assez efficace. Ils ont pu le faire une multitude de fois… »

« J’ai… C’est vrai… A-Al ! Partages-en avec moi ! »

« Tu n’en as pas besoin, mon frère ! En revanche, je dois produire l’héritier d’Ortlinde ! »

« Parlez moins fort ! Silence ! Il y a une autre bouteille ! »

« Taisez-vous ! »

On entendit des cris de colère depuis l’autre pièce. Comme je m’y attendais, nous les avions irritées…

Les deux hommes, par contre, tenaient les bouteilles avec excitation et souriaient largement. Je ne comprenais toujours pas pourquoi tout ce remue-ménage.

« Cela fait longtemps que je n’ai pas visité la capitale de Belfast. »

Je m’étais promené dans la capitale royale avec Yumina à mes côtés. Je n’y avais même pas passé un an, mais c’était pourtant un endroit très nostalgique pour moi. Après tout, c’était là que j’avais acheté mon manteau omnirésistant,

Yumina marchait à mes côtés dans sa tenue d’aventurière. La tenue était plus confortable pour elle, et elle n’avait pas besoin de s’habiller comme ça à Brunhild. Elle s’y était donc aussi habituée.

Après tout, notre pays n’avait rien qui puisse être comparé à la noblesse. J’étais évidemment le grand-duc, mais j’étais plutôt une sorte de président d’association de quartier.

« Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu l’occasion d’être ainsi. »

« Vraiment ? Je suppose que oui… C’était assez mouvementé ces derniers temps. »

Je m’étais promené dans les rues de la capitale royale avec Yumina. J’étais un peu gêné, car ses bras étaient collés aux miens.

Nous étions très occupés ces derniers temps, j’avais dû par exemple aller à Eashen pour vaincre un dieu servile, j’avais aussi construit un pont à Felsen. Je racontais à Yumina tout ce qui s’était passé, mais…

« Je pense qu’il n’y a que toi qui aies fait le tour du monde comme ça, Touya. Je me sens en fait un peu seule. »

« Je suis désolé. Je veux aussi passer autant de temps que possible avec vous toutes. »

« Je sais cela. Alors même si je me sens un peu mal pour les autres filles, tu ne seras rien qu’à moi pour toute la journée. »

Cela dit, nous avions du travail à faire.

En marchant le long de la route, j’avais vu plusieurs personnes à bicyclette. Les vélos étaient devenus très populaires dans la capitale royale. Ils étaient encore assez chers, seuls quelques citoyens aisés pouvaient se les payer.

Nous avions trouvé notre objectif à un coin de la route principale. Le café de lecture, « Lecteur Lunatique ». En entrant, nous avions été accueillis par la préposée, Wendy.

« Bienvenue… Oh, patron ! Ça fait trop longtemps ! »

« A-Attends, Wendy! C’est un monarque, tu ne peux pas l’appeler comme ça ! »

La directrice, Sylvie, l’avait grondée, mais je lui avais assuré que cela ne me dérangeait pas. Être appelé Grand-Duc ici serait très gênant.

« J’ai demandé à la société d’Olba de s’occuper de l’achat de nouveaux livres. Est-ce que ça se passe bien ? »

« Il a fallu du temps pour les recevoir, mais on n’a rencontré aucun problème. »

Tous les livres étaient imprégnés du sort [Paralysie] pour éloigner les voleurs et les cambrioleurs. Cela dit, Sylvie se dirigea vers l’arrière du comptoir, vers un appareil qui ressemblait presque à une photocopieuse. Il avait été programmé pour appliquer le sort [Paralysie] à tous les livres achetés.

« Les livres se vendent bien, et notre cuisine a aussi acquis une bonne réputation ces derniers temps. »

Comme l’avait dit Wendy, le Lecteur Lunatique semblait bien se porter. Pour être franc, même si le café ne gagnait pas beaucoup d’argent, cela ne me dérangerait pas trop, car cet endroit était un peu comme un passe-temps pour moi. Néanmoins, entendre que les affaires étaient florissantes me rendait heureux.

« Oh, j’ai apporté de nouveaux livres. J’ai pris quelques titres populaires de Felsen, Roadmare, Lestia et Lyle. Mais ils sont assez difficiles à trouver par ici. »

« Wôw, merci beaucoup ! »

Les livres que j’avais sortis du [Stockage] s’étaient empilés sur le comptoir. Et comme toujours, il y avait aussi des livres « destinés aux femmes ».

Après cela, j’avais dit bonjour à tout le monde, j’avais ajusté les sièges inclinables du magasin et j’avais laissé le Lecteur Lunatique derrière moi.

Nous avions terminé nos courses, j’avais donc passé le reste du temps à traîner avec Yumina.

« Cet endroit est vraiment énorme comparé à Brunhild. »

« Effectivement. Mais plus une ville est grande, plus il y a d’endroits qui sont hors de vue. »

C’était certainement vrai. Les hors-la-loi et la vilenie pouvaient prospérer dans des endroits qui échappaient au regard de la loi. Cette pensée me fit penser qu’il était peut-être grand temps que je commence à renforcer les rangs de l’ordre des chevaliers de mon pays.

Hm… ?

« Qu’est-ce que c’est ? »

Je m’étais arrêté devant un certain magasin, et Yumina m’avait appelé. Devant moi, il y avait une affiche collée sur la vitrine du magasin.

« Un spectacle d’amour et d’aventure ! L’histoire épique du héros Toyya, qui a défié le mortel Dragon noir pour sauver la princesse Yuina… Le grand succès de Refreese, qui vous est livré à grande échelle, arrive enfin à Belfast… Touya, n’est-ce pas… ? »

L’affiche était une publicité pour une pièce de théâtre exagérée et dramatique. Je pensais que c’était juste une coïncidence, mais en lisant les noms, je m’étais rendu compte que je n’imaginais pas des choses.

« Regarde ici, Yumina. »

« Qu’est-ce que c’est… ? Scénario de Lil Refres, auteur de L’Ordre de la Rose… Ah ! »

Yumina avait été choquée.

Lil Refres? La personne derrière ce nom de plume n’était sûrement autre que la première princesse de l’Imperium Refreese, Reliel Rehm Refreese ! La princesse perverse elle-même.

« Cette petite… Je n’arrive pas à croire qu’elle nous ait utilisés comme matériau pour son histoire. »

« Il s’agit de nous, n’est-ce pas Touya ? À en juger par la publicité, ça ressemble à une histoire parfaitement normale… »

Je n’en sais rien. C’est un peu suspect. Je parierais qu’il y a de beaux épéistes ou quelques ducs dandy dedans. Eh bien, je suppose que je vais devoir le voir pour le savoir. Selon le contenu, nous pourrions devoir leur interdire de faire de nouvelles représentations.

La prochaine représentation dans le théâtre de la capitale était dans une vingtaine de minutes.

***

Partie 2

« D’accord, allons voir ça. »

« Bien sûr, ça fait un peu bizarre, mais ça devrait être amusant. »

Oui, regarder une pièce de théâtre qui s’inspire ouvertement de vous était étrangement déconcertant. Pourtant, tant que mon nom n’était pas traîné dans la boue, je me moquais de savoir si l’histoire était intéressante ou non.

J’avais passé les deux heures suivantes à regarder la pièce avec Yumina. Heureusement, mes inquiétudes n’étaient pas fondées, et c’était une histoire assez moyenne. Bien que, bien sûr, elle était assez éloignée de ce qui s’était réellement passé.

Je n’avais pas combattu le Dragon noir en tête-à-tête, et Yumina s’était réfugiée dans le palais de Belfast. Ce n’était pas tant une dramatisation qu’une toute nouvelle histoire. Autant que ce ne soit pas moi, mais un autre héros. Le type qui jouait le rôle de Toyya était cependant vraiment beau. Et la fille qui jouait la princesse Yuina était mignonne, mais loin d’être aussi mignonne que Yumina.

C’était une histoire pleine d’aventures déchirantes et de romance excitante. Dans l’ensemble, ça valait vraiment la peine d’être regardé. À la fin de la pièce, le public avait beaucoup applaudi. Il semblerait que cette princesse pourrie pouvait écrire une histoire décente après tout. Étonnant. Vraiment étonnant.

Il faisait déjà nuit quand nous avions quitté le théâtre, et les étoiles avaient déjà commencé à pointer dans le ciel.

« C’était vraiment amusant ! Surtout la scène où il se confesse à la princesse avant de combattre le Dragon Noir ! Je retenais mes larmes ! »

Ayant entendu Yumina dire cela, j’avais imité le héros de la pièce et m’étais agenouillé devant elle, prenant sa petite main dans la mienne. Yumina avait été choquée par mon geste soudain.

« Quoi qu’il arrive, je m’engage à te protéger et à devenir ton épée et ton bouclier. Alors, s’il te plaît, fais-moi la grâce de ton sourire. Je ne connaîtrais pas de plus grande joie que de t’avoir à mes côtés, souriante. Mon amour est le tien. Maintenant et pour toujours. »

J’avais récité la tirade du héros. Je m’en étais peut-être un peu mal souvenu, mais ça sonnait bien.

J’avais levé les yeux vers Yumina, pour ne trouver que des larmes dans ses yeux.

Quoi, hein !? Est-ce que j’ai dit quelque chose qui l’a bouleversée ? Je m’étais empressé de m’excuser, mais Yumina secoua la tête et essuya ses larmes.

« C’est bon. J’étais juste heureuse d’entendre ces mots venant de toi, Touya… »

O-Oh. Dans ce cas, c’est bien. J’ai eu peur pendant une seconde.

Mais utiliser les répliques d’une pièce pour la faire pleurer me semblait honnêtement un peu pathétique. J’aurais dû exprimer mes propres sentiments à la place.

« Ces mots… sont ce que je ressens vraiment pour toi. Je veux toujours que tu souries, Yumina. Au début, c’était un peu ambigu, mais maintenant je peux le dire avec certitude. Je t’aime vraiment, Yumina. S’il te plaît, reste à mes côtés. Je veux que nous soyons ensemble pour toujours, toujours souriants. Je suis si reconnaissant de t’avoir rencontrée. Je te remercie beaucoup. »

« Touya… »

Yumina s’était accrochée à moi. Tout en serrant doucement son petit corps, je m’étais baigné dans la joie. Ces filles étaient mon trésor. Je ne pardonnerais à personne de leur faire du mal. J’avais donc juré de les protéger avec tout ce que j’avais.

Après nous être enlacés un moment, nous nous étions naturellement embrassés, puis nous nous étions souri.

« Rentrons à la maison. »

« Oui. »

Nous étions ainsi rentrés sous un ciel nocturne, main dans la main.

◇ ◇ ◇

Le lendemain…

« Tu es donc sorti avec ta fiancée et tu as complètement oublié ma demande. »

« Tu as raison. Je suis désolé. »

Nous étions dans la bibliothèque de Babylone. Fam était assise sur une chaise, et devant elle, il y avait moi, m’excusant à genoux.

Elle n’était pas visiblement en colère, mais elle me faisait subir une certaine pression qui ne m’avait pas permis de dire un mot.

« Et pendant ton rendez-vous, ta tête était pleine de pensées cochonnes, n’est-ce pas, Maître ? Dans ces conditions, je suppose qu’il est logique que tu oublies. »

« Ce n’est pas ça ! »

Cesca, qui se tenait à côté d’elle, nous avait servi du thé.

Et d’abord, qu’est-ce que tu peux bien foutre-là !?

D’un autre côté, il était vrai que j’avais oublié cette promesse, alors je m’étais excusé auprès de Fam.

« Je l’achèterai la prochaine fois, je te le promets. »

« Je ne peux pas attendre aussi longtemps. »

Elle m’avait abattu immédiatement. Je savais que c’était tout à fait le genre de fille, mais elle n’avait vraiment rien pour elle en termes de compétences sociales.

Elle m’avait fait promettre que je lui apporterais ses livres, mais apparemment, elle avait trop hâte. Maintenant, elle ne me pardonnerait pas.

Cela devait être identique au fait que vous vous attendiez à ce que les livres que vous aviez commandés vous soient livrés, mais qu’ils aient été retardés et ne soient pas arrivés à temps. Je pouvais comprendre son irritation.

« En tant que tel, j’attends que le Maître m’accompagne aujourd’hui. Nous irons faire des courses. Nous allons acheter au moins un millier de volumes aujourd’hui. »

« Mille !? »

« Je fais référence à dix séries de titres qui comptent plus d’une centaine de volumes. Ce n’est pas beaucoup, numériquement parlant. »

Attends, hein ? Vraiment ? En y réfléchissant bien… Quand je considère qu’il y a certainement plus de dix séries de manga qui ont plus de cent volumes dans mon ancien monde, ça ne semble pas si étrange.

Je n’avais pas d’affaires urgentes à régler ce jour-là, alors ça ne me dérangeait pas d’aller faire du shopping. Mais n’était-ce pas la première fois que Fam quitte la bibliothèque ?

« Je vois. Impressionnant, Fam. Tu vas avoir un rendez-vous avec le Maître. Je ne peux pas laisser passer cette chance. Je t’accompagnerai aussi, Maître. »

« Hein ? Pas question, tu viens aussi… ? »

J’ai un mauvais pressentiment à propos de tout ça…

« Ah, tu ne serais pas satisfait avec moi seule. Très bien alors, appelons les sœurs. »

« Attends. Cela ne fera qu’aggraver le désordre, alors s’il te plaît, ne le fait pas. »

« Je crains que ce ne soit trop tard. Tant que nous sommes à Babylone, nous sommes continuellement en liaison, partageant toute information te concernant, Maître. Les sœurs ont déjà été informées. »

Quel genre de système est-ce donc ? ! Je commence à avoir peur, là !

« Il semble que Noël de la Tour et Liora du Rempart se soient abstenues de participer. Flora du Laboratoire d’Alchimie est également trop occupée en ce moment. »

Fam confirmait déjà la présence des sœurs depuis le terminal situé sur son bureau.

Attendez, vous avez déjà décidé ? Noël a probablement juste dit qu’elle était trop fatiguée, et Liora s’est retrouvée coincée à s’occuper d’elle. Flora doit fabriquer la drogue que le Duc Ortlinde a demandée l’autre jour.

Si vous y réfléchissez bien, il était tout à fait logique que la noblesse et la royauté soient si occupées à produire des héritiers. Ils avaient une deuxième ou une troisième épouse, voire une maîtresse si besoin est, car il n’y avait pas de véritable avenir pour eux sans héritier. En d’autres termes, cette drogue était quelque chose qui était désespérément recherché par la noblesse et la royauté.

Je savais donc qu’il n’y aurait pas de mal à en avoir davantage sous la main, j’avais donc demandé à Flora d’en produire davantage la veille. En fait, l’empereur de Régulus en avait demandé aussi. Mais ce n’était pas pour lui. C’était pour son fils, le prince Lux.

Après tout, Lux n’avait pas d’enfants… C’était un problème sérieux pour l’empire Regulus.

Pendant que je réfléchissais à cela, Rosetta, Monica et Parshe étaient toutes apparues dans le cercle de téléportation de la Bibliothèque.

« Est-ce qu’on sort, monsieur ? ! Ça va nous faire du bien de prendre l’air, monsieur oui monsieur ! »

« Trouvez-moi quelque chose de vraiment délicieux à manger, Maître. »

« Cela fait trop longtemps que je n’ai pas touché la surface du monde. Cela devrait être très amusant. »

Fam, Cesca, Rosetta, Monica et Parshe… Est-ce que je vais devoir les emmener toutes les cinq ? J’ai l’impression d’être un professeur qui emmène une école maternelle en excursion. J’espère que rien de mal n’arrivera…

« Commençons par tout acheter, de cette étagère jusqu’à celle-là. »

« Tout !? »

Je les avais emmenés dans une grande librairie de Belfast, c’était à ce moment-là que Fam m’avait dit soudainement cela. Elle préférait lire des livres d’histoires et des manuels techniques. Elle lisait aussi des choses comme des livres d’apprentissage, des livres illustrés et des dictionnaires, mais elle ne semblait pas les aimer autant.

L’étagère était remplie de livres d’histoires, de tomes historiques, de journaux de voyage et de livres de théorie magique. Cependant, la bibliothèque avait probablement des livres beaucoup plus avancés sur la théorie de la magie.

Quoi qu’il en soit, les livres demandés par Fam s’empilaient sur le comptoir. La jeune fille au comptoir regardait tout cela avec des yeux écarquillés, mais lorsque Fam plaça une pièce de platine sur le comptoir, elle lui avait immédiatement souri comme elle le ferait pour un invité d’honneur et commença à fixer le prix des livres avec un sourire.

Les livres étaient extrêmement précieux dans ce monde. Ils étaient assez chers, de sorte que les roturiers avaient rarement l’occasion de les acheter. Comme la plupart de leurs clients étaient des nobles, les librairies avaient tendance à être très sécurisées. Ils étaient aussi méfiants que nous, l’attention des gardes était fixée sur nous. C’est nous qui payons. Détendez-vous !

« Maître, Maître. J’ai trouvé ce manuel sur l’amour, Le Garma Sudra. Pourrais-tu l’acheter et l’essayer sur moi ? »

« Remets-le à sa place ! »

J’avais chassé Cesca, qui s’était précipitée vers moi avec un livre rose douteux dans les mains.

Les sœurs de Babylone m’avaient toutes accompagné dans leur uniforme de bonne. Elles avaient tout fait pour se faire remarquer. Après tout, les tenues de bonne n’étaient pas très subtiles.

« J’ai recueilli ce que je voulais d’ici. Maître, continuons. »

« Tu vas en acheter plus… ? »

Fam semblait être de bonne humeur. Son expression était toujours aussi vide, mais ses gestes étaient en quelque sorte plus vivants. Vient-elle de sauter ? La voir faire ça avec son regard vide était un peu effrayant.

Après avoir payé les livres et reçu ma monnaie, j’avais rangé les livres dans mon [Stockage] et nous étions partis. Quand j’avais regardé sur le côté, j’avais remarqué que Cesca avait réussi à acheter en douce ce manuel sur le sexe. Elle travaillait au château comme bonne, je lui versais donc évidemment un salaire. Ce n’était pas une surprise qu’elle ait de l’argent sur elle, mais ce livre était assez cher… Je m’étais demandé si c’était bien de la laisser faire.

« Maître. Je dis que si c’est le prix qui vous dérange, alors achetez-le. Mais laissez-moi faire si le prix ne vous dérange pas. »

Pas besoin d’être aussi suffisante. Je ne t’ai même rien dit ! De toute façon, elle était libre d’utiliser son argent comme bon lui semblait. Je m’étais contenté de me taire.

Rosetta et Monica ne semblaient pas du tout intéressées par les livres. J’avais jeté un coup d’œil perplexe à Parshe, qui avait pris un livre sur l’architecture. Si cette maladroite renversait une étagère, les choses tourneraient très mal.

« Très bien, allons maintenant voir la librairie de la capitale impériale. »

***

Partie 3

Après avoir quitté le magasin, j’avais ouvert une [Porte] dans une ruelle menant à la capitale impériale de Regulus, Gallaria.

De là, nous étions allés à la capitale de Refreese, Bern, puis à la capitale de Mismede, Berge, à la capitale de Ramissh, Isla, à la capitale de Lihnea, Nimue, à la capitale centrale de l’Union Roadmare, Paneramea, à la capitale de Lestia, Lestin, et enfin à la capitale de Felsen, Pharma. Nous étions allés de pays en pays, en achetant chaque livre spécifié par Fam. J’étais presque sûr d’avoir acheté plus d’un millier de livres.

« Maître, je commence vraiment à avoir faim… Nourrissez-moi, si vous le pouvez. »

Alors que nous marchions dans les rues de la capitale de Felsen, Monica murmura cela avec une expression fatiguée, contrastant avec la démarche vive, bien que sans expression, de Fam.

« Je suis bien nourrie depuis que je suis entrée à votre service, Maître. Donc, sauter un repas pour la première fois depuis un moment et tout ça me fait beaucoup de mal. »

« Bien nourri… Sais-tu que c’est juste de la nourriture ordinaire ? »

À proprement parler, les sœurs pouvaient générer de l’énergie à partir de la magie et de la lumière, elles n’avaient donc pas besoin de manger pour se nourrir.

Cependant, je pensais que les faire travailler comme des forçats et ne rien leur donner à manger serait terriblement cruel, alors je leur avais fourni les mêmes repas que nous. Elles pouvaient toujours ingérer de la nourriture, et pouvaient discerner ce qui avait bon goût et ce qui n’avait pas bon goût, alors chacune avait progressivement développé ses propres goûts en cuisine.

« C’était assez mauvais quand nous travaillions avec le Docteur Babylon… Tout ce que nous avions à manger, c’était des barres de calories et de la nourriture liquide. »

« C’était… assez désagréable… »

Rosetta et Parshe avaient parlé de tout cœur.

Alors c’est comme ça qu’elle les a traitées… C’était vraiment un être cruel.

« Non, c’est le docteur qui n’avait aucun intérêt pour la nourriture, monsieur ! C’était le genre d’individu qui disait toujours que tout allait bien tant que ça calmait sa faim, oui, c’est vrai. Elle ne voulait pas perdre de temps à manger, elle ne prenait donc qu’un seul repas par jour. Il y a même eu un moment où elle a essayé de vivre des pilules de Flora. »

« Et nous devions avoir le même régime qu’elle. Après tout, seules Cesca et Liora pouvaient cuisiner. »

« Ce n’est pas parce que nous pouvions le faire que nous étions motivées pour le faire. Peu importe ce que nous faisions, le professeur disait toujours que tout lui convenait. »

« C’était une personne qui nous rendait vraiment la vie difficile, pas vraie… ? »

En entendant cela, je m’étais senti mal pour elles, et vu que nous étions à Felsen, je les avais emmenées dans un bon restaurant. C’était un lieu agréable et élégant. Et comme ils n’exigeaient pas de code vestimentaire, nous étions entrés sans problème.

Ils nous avaient donné un menu et avaient pris nos commandes, et bien vite, la table s’était remplie de délices.

« C’est délicieux ! Vraiment délicieux ! »

« J’ai compris, j’ai compris. Installe-toi et mange. »

J’avais répondu à Monica avec un sourire ironique alors qu’elle mâchait une bouchée de viande. Alors que je réfléchissais à la chance que j’avais de m’asseoir près du bord de la table, un steak de la taille d’une sandale m’avait éclaboussé le côté du visage.

« Aïe ! »

« Ahaaa, je suis désolée ! J’ai pourtant tout essayé, mais le steak… ! Il ne peut pas être coupé ! »

Parshe, qui était assise en face de moi, s’était excusée tout en m’arrachant le steak du visage et en le remettant dans son assiette.

Cette petite maladroite… Ne le fait-elle pas exprès ? Tout à l’heure, elle m’a dit « permets-moi » et a versé dans ma salade une salière entière.

« Parshe n’est pas en faute ici, monsieur ! C’est juste sa façon d’être. S’il vous plaît, permettez-moi de m’en charger et de vous essuyer à sa place, monsieur ! »

Rosetta, qui était assise à côté de moi, m’avait offert un mouchoir noir. C’était prévenant de sa part. Je l’avais pris et j’avais commencé à essuyer la sauce qui s’accrochait à mon visage et… j’avais immédiatement remarqué une odeur bizarre. J’avais étalé le mouchoir et j’avais découvert que ce n’était pas un mouchoir, mais un chiffon huileux.

« Oh ? Ai-je donc changé le mouchoir de place pendant que je me changeais ? »

Rosetta commença à fouiller les poches de son uniforme de bonne, pendant que je sortais en silence une serviette humide de mon [Stockage]. Je l’avais utilisée pour essuyer la sauce et l’huile de mon visage. Être près d’elles était épuisant…

D’ailleurs, Fam commença à lire les livres qu’elle avait achetés plus tôt, et n’avait pas du tout touché à sa nourriture.

« Sais-tu que cela va refroidir ? »

« Il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Elle est encore parfaitement comestible même si elle est froide. »

Cette fille… Le moins que tu puisses faire est de quitter le livre des yeux quand tu me parles.

Pourquoi sa personnalité était-elle comme ça ? Oh, quand j’y ai pensé…

« Vos personnalités sont-elles en partie basées sur celles du Docteur Babylon ? »

« C’est exact, monsieur ! Le professeur a divisé sa personnalité, et a accordé à chacune d’entre nous une émotion pour nous servir de noyau. J’ai moi-même l’envie de créer mon propre noyau, monsieur ! »

Je vois… Le désir du professeur de « créer des choses » est l’émotion au cœur de Rosetta.

J’avais jeté un coup d’œil à Fam, qui était encore absorbé par son livre.

« Cela signifie donc que celle de Fam est… »

« La soif intellectuelle. »

C’était logique. Le désir de « savoir beaucoup de choses » était à la base du cœur de Fam.

« Celle de Parshe est l’ambition tandis que celle de Monica est la sincérité. »

Donc Parshe possède l’ambition… Je suppose qu’elle n’abandonne jamais, peu importe combien de fois elle se plante. Et Monica à la sincérité. Eh bien, elle est vraiment honnête. À la fois envers les autres et envers elle-même.

J’avais tourné les yeux vers la servante perverse, qui continuait à haleter tout en lisant avec zèle le manuel sexuel qu’elle avait acheté.

« Je suppose que chez elle c’est la luxure ou le désir charnel… »

« Pour être exact, son émotion est la curiosité… Je crois que le choix des mots serait beaucoup moins répréhensible… »

Même Rosetta semblait quelque peu déconcertée par le comportement de Cesca.

D’ailleurs, l’émotion de Flora était la « dévotion », celui de Noël était la « somnolence » tandis que Liora avait la « compassion. »

Ce docteur fou avait en fait de la dévotion et de la compassion pour les autres… ? Bien sûr, les sœurs n’étaient pas toutes constituées d’émotions uniques. D’autres émotions diverses qui s’étaient détachées du professeur entouraient leurs noyaux, et chacune d’elles avait développé sa propre personnalité.

« Donc le Docteur Babylone est comme la somme de vous toutes, ou votre base… Elle a l’air d’être une personne vraiment impressionnante. »

« Si elle était un peu plus normale, monsieur ! Elle aurait sûrement laissé sa marque dans l’histoire. Cependant, comme elle était sujette aux sautes d’humeur et qu’elle ne se souciait pas du tout de la célébrité ou de la réputation, il n’y avait guère de gens qu’elle pouvait considérer comme des amis, monsieur. »

C’était donc une solitaire… Je suppose qu’étant donné sa personnalité, personne n’aurait fait d’efforts pour se lier à elle.

« Il y avait ces nobles idiots qui n’arrêtaient pas d’ennuyer le professeur pour ses inventions. Mais elle leur donna ensuite une leçon. »

« Cela me rappelle des souvenirs. Elle les avait tous attachés nus aux piliers du palais. »

« Oui, ils étaient aussi à l’envers. C’était vraiment génial, hah… »

… Hein ? Pour une raison inconnue tout ceci avait comme un air de déjà-vu. Est-ce que je m’imagine des choses ? Elle a certainement fait des choses horribles dans le passé. C’était honnêtement plutôt effrayant.

« Au fait, il manque une partie de Babylone… le laboratoire de recherche. Comment est la personne qui le gère ? »

Elles ont une partie de la personnalité du professeur, ce qui devrait déjà les rendre anormaux. Dans ce cas, je devrais probablement apprendre quel genre d’individus elle est.

« Je ne l’aime pas. », dit Monica tout en mâchant sa viande.

Bizarre. Je ne m’attendais pas à entendre Monica parler comme ça de quelqu’un.

« C’est parce que le directeur du laboratoire de recherche aime choyer Monica, monsieur ! »

« N’est-ce pas une bonne chose ? »

« Tu sais, c’est vraiment du genre… très ennuyeux. Elle n’arrête pas d’essayer de me faire un câlin. Je ne supporte pas quand les gens me collent comme de la colle. »

« Le gynoïde terminal du laboratoire de recherche est cependant une travailleuse acharnée et responsable. Elle a souvent travaillé comme assistante du professeur. Elle était également chargée de l’entretien de notre corps. » répondit Parshe tout en réussissant finalement à couper un morceau de viande de son steak.

Sérieuse et travailleuse, hein… Peut-être que ça ira bien… Liora, Rosetta et Monica sont aussi du côté de la diligence, mais elles ont chacune leurs propres problèmes.

« Le gynoïde du laboratoire de recherche a aidé… le professeur dans beaucoup de ses expériences. Elle a même aidé à faire la plupart de nos expériences, à l’exception de celles de Liora et Flora. C’est la troisième sœur, après tout. »

La troisième sœur, hein ? Chaque sœur avait un numéro qui lui était assigné. Si je me souviens bien, ça donnait quelque chose comme :

#20 — Preliora

#21 — Flora Bell

#22 — ??

#23 — Francesca

#24 — Irisfam

#25 — Pamela Noël

#26 — Lileleparshe

#27 — Rosette

#28 — Fredmonica

Cela semblait correct.

« N’y a-t-il pas d’unités d’avant l’époque de Liora ? »

« Il y en avait, mais tous ceux qui avaient précédé le numéro dix-huit étaient des types d’animaux, et les numéros dix-huit et dix-neuf étaient faits pour être éphémères, contrairement à nous. »

« Je vois… »

C’est une histoire datant d’il y a cinq mille ans. Je ne pouvais pas les blâmer. Je suppose donc qu’elle a dû utiliser des cellules spéciales pour assurer la longévité de ces filles. C’est après tout un croisement entre une forme de vie magique et une machine.

« Hmm, mais n’y avait-il pas une capsule numérotée après la mienne dans le laboratoire de recherche ? La Numéro vingt-neuf ? J’ai hâte que quelqu’un soit plus nouvelle que moi, mais Babylone s’est complètement séparée avant qu’elle se réveille… Qu’est-il arrivé à ça ? »

« Il y avait une capsule là-bas, mais elle était vide. »

« Était-ce peut-être une pièce de rechange ? »

« Le penses-tu vraiment ? Il y a beaucoup de capsules dans le laboratoire de recherche… Pourquoi se donner la peine de mettre un numéro dessus sans raison ? »

« Peut-être que le professeur pensait à nous faire une nouvelle sœur ! »

« Une nouvelle petite sœur… J’espère qu’elle est dans le laboratoire de recherche. »

Elles s’excitaient toutes les trois, je m’étais donc tourné vers Cesca et Fam, qui étaient encore plongées dans la lecture.

Je me demande pourquoi elles ne participent pas à la conversation… Elles ne devraient pas lire tout le temps. Eh bien, l’une d’entre elles lit bien un livre pervers…

J’avais dû les suivre toute la journée, mais honnêtement, de temps en temps ce n’était pas si mal.

Mais les événements de la journée m’avaient rappelé qu’il restait encore une Babylone à trouver. Nous avions trouvé les Frame Gears, je ne savais donc pas si nous avions besoin de beaucoup plus, mais si leurs sœurs étaient là, alors je voulais les aider à se rencontrer. Après tout, être seul était assez triste. Et il y avait même une chance pour qu’il y ait deux autres sœurs dans le laboratoire de recherche.

Alors que je me demandais qui j’allais rencontrer ensuite, j’avais tranquillement bu mon jus de fruits.

***

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