Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 9 – Interlude 2 – Partie 3

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Interlude 2 : Les filles de Babylon

Partie 3

Après avoir quitté le magasin, j’avais ouvert une [Porte] dans une ruelle menant à la capitale impériale de Regulus, Gallaria.

De là, nous étions allés à la capitale de Refreese, Bern, puis à la capitale de Mismede, Berge, à la capitale de Ramissh, Isla, à la capitale de Lihnea, Nimue, à la capitale centrale de l’Union Roadmare, Paneramea, à la capitale de Lestia, Lestin, et enfin à la capitale de Felsen, Pharma. Nous étions allés de pays en pays, en achetant chaque livre spécifié par Fam. J’étais presque sûr d’avoir acheté plus d’un millier de livres.

« Maître, je commence vraiment à avoir faim… Nourrissez-moi, si vous le pouvez. »

Alors que nous marchions dans les rues de la capitale de Felsen, Monica murmura cela avec une expression fatiguée, contrastant avec la démarche vive, bien que sans expression, de Fam.

« Je suis bien nourrie depuis que je suis entrée à votre service, Maître. Donc, sauter un repas pour la première fois depuis un moment et tout ça me fait beaucoup de mal. »

« Bien nourri… Sais-tu que c’est juste de la nourriture ordinaire ? »

À proprement parler, les sœurs pouvaient générer de l’énergie à partir de la magie et de la lumière, elles n’avaient donc pas besoin de manger pour se nourrir.

Cependant, je pensais que les faire travailler comme des forçats et ne rien leur donner à manger serait terriblement cruel, alors je leur avais fourni les mêmes repas que nous. Elles pouvaient toujours ingérer de la nourriture, et pouvaient discerner ce qui avait bon goût et ce qui n’avait pas bon goût, alors chacune avait progressivement développé ses propres goûts en cuisine.

« C’était assez mauvais quand nous travaillions avec le Docteur Babylon… Tout ce que nous avions à manger, c’était des barres de calories et de la nourriture liquide. »

« C’était… assez désagréable… »

Rosetta et Parshe avaient parlé de tout cœur.

Alors c’est comme ça qu’elle les a traitées… C’était vraiment un être cruel.

« Non, c’est le docteur qui n’avait aucun intérêt pour la nourriture, monsieur ! C’était le genre d’individu qui disait toujours que tout allait bien tant que ça calmait sa faim, oui, c’est vrai. Elle ne voulait pas perdre de temps à manger, elle ne prenait donc qu’un seul repas par jour. Il y a même eu un moment où elle a essayé de vivre des pilules de Flora. »

« Et nous devions avoir le même régime qu’elle. Après tout, seules Cesca et Liora pouvaient cuisiner. »

« Ce n’est pas parce que nous pouvions le faire que nous étions motivées pour le faire. Peu importe ce que nous faisions, le professeur disait toujours que tout lui convenait. »

« C’était une personne qui nous rendait vraiment la vie difficile, pas vraie… ? »

En entendant cela, je m’étais senti mal pour elles, et vu que nous étions à Felsen, je les avais emmenées dans un bon restaurant. C’était un lieu agréable et élégant. Et comme ils n’exigeaient pas de code vestimentaire, nous étions entrés sans problème.

Ils nous avaient donné un menu et avaient pris nos commandes, et bien vite, la table s’était remplie de délices.

« C’est délicieux ! Vraiment délicieux ! »

« J’ai compris, j’ai compris. Installe-toi et mange. »

J’avais répondu à Monica avec un sourire ironique alors qu’elle mâchait une bouchée de viande. Alors que je réfléchissais à la chance que j’avais de m’asseoir près du bord de la table, un steak de la taille d’une sandale m’avait éclaboussé le côté du visage.

« Aïe ! »

« Ahaaa, je suis désolée ! J’ai pourtant tout essayé, mais le steak… ! Il ne peut pas être coupé ! »

Parshe, qui était assise en face de moi, s’était excusée tout en m’arrachant le steak du visage et en le remettant dans son assiette.

Cette petite maladroite… Ne le fait-elle pas exprès ? Tout à l’heure, elle m’a dit « permets-moi » et a versé dans ma salade une salière entière.

« Parshe n’est pas en faute ici, monsieur ! C’est juste sa façon d’être. S’il vous plaît, permettez-moi de m’en charger et de vous essuyer à sa place, monsieur ! »

Rosetta, qui était assise à côté de moi, m’avait offert un mouchoir noir. C’était prévenant de sa part. Je l’avais pris et j’avais commencé à essuyer la sauce qui s’accrochait à mon visage et… j’avais immédiatement remarqué une odeur bizarre. J’avais étalé le mouchoir et j’avais découvert que ce n’était pas un mouchoir, mais un chiffon huileux.

« Oh ? Ai-je donc changé le mouchoir de place pendant que je me changeais ? »

Rosetta commença à fouiller les poches de son uniforme de bonne, pendant que je sortais en silence une serviette humide de mon [Stockage]. Je l’avais utilisée pour essuyer la sauce et l’huile de mon visage. Être près d’elles était épuisant…

D’ailleurs, Fam commença à lire les livres qu’elle avait achetés plus tôt, et n’avait pas du tout touché à sa nourriture.

« Sais-tu que cela va refroidir ? »

« Il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Elle est encore parfaitement comestible même si elle est froide. »

Cette fille… Le moins que tu puisses faire est de quitter le livre des yeux quand tu me parles.

Pourquoi sa personnalité était-elle comme ça ? Oh, quand j’y ai pensé…

« Vos personnalités sont-elles en partie basées sur celles du Docteur Babylon ? »

« C’est exact, monsieur ! Le professeur a divisé sa personnalité, et a accordé à chacune d’entre nous une émotion pour nous servir de noyau. J’ai moi-même l’envie de créer mon propre noyau, monsieur ! »

Je vois… Le désir du professeur de « créer des choses » est l’émotion au cœur de Rosetta.

J’avais jeté un coup d’œil à Fam, qui était encore absorbé par son livre.

« Cela signifie donc que celle de Fam est… »

« La soif intellectuelle. »

C’était logique. Le désir de « savoir beaucoup de choses » était à la base du cœur de Fam.

« Celle de Parshe est l’ambition tandis que celle de Monica est la sincérité. »

Donc Parshe possède l’ambition… Je suppose qu’elle n’abandonne jamais, peu importe combien de fois elle se plante. Et Monica à la sincérité. Eh bien, elle est vraiment honnête. À la fois envers les autres et envers elle-même.

J’avais tourné les yeux vers la servante perverse, qui continuait à haleter tout en lisant avec zèle le manuel sexuel qu’elle avait acheté.

« Je suppose que chez elle c’est la luxure ou le désir charnel… »

« Pour être exact, son émotion est la curiosité… Je crois que le choix des mots serait beaucoup moins répréhensible… »

Même Rosetta semblait quelque peu déconcertée par le comportement de Cesca.

D’ailleurs, l’émotion de Flora était la « dévotion », celui de Noël était la « somnolence » tandis que Liora avait la « compassion. »

Ce docteur fou avait en fait de la dévotion et de la compassion pour les autres… ? Bien sûr, les sœurs n’étaient pas toutes constituées d’émotions uniques. D’autres émotions diverses qui s’étaient détachées du professeur entouraient leurs noyaux, et chacune d’elles avait développé sa propre personnalité.

« Donc le Docteur Babylone est comme la somme de vous toutes, ou votre base… Elle a l’air d’être une personne vraiment impressionnante. »

« Si elle était un peu plus normale, monsieur ! Elle aurait sûrement laissé sa marque dans l’histoire. Cependant, comme elle était sujette aux sautes d’humeur et qu’elle ne se souciait pas du tout de la célébrité ou de la réputation, il n’y avait guère de gens qu’elle pouvait considérer comme des amis, monsieur. »

C’était donc une solitaire… Je suppose qu’étant donné sa personnalité, personne n’aurait fait d’efforts pour se lier à elle.

« Il y avait ces nobles idiots qui n’arrêtaient pas d’ennuyer le professeur pour ses inventions. Mais elle leur donna ensuite une leçon. »

« Cela me rappelle des souvenirs. Elle les avait tous attachés nus aux piliers du palais. »

« Oui, ils étaient aussi à l’envers. C’était vraiment génial, hah… »

… Hein ? Pour une raison inconnue tout ceci avait comme un air de déjà-vu. Est-ce que je m’imagine des choses ? Elle a certainement fait des choses horribles dans le passé. C’était honnêtement plutôt effrayant.

« Au fait, il manque une partie de Babylone… le laboratoire de recherche. Comment est la personne qui le gère ? »

Elles ont une partie de la personnalité du professeur, ce qui devrait déjà les rendre anormaux. Dans ce cas, je devrais probablement apprendre quel genre d’individus elle est.

« Je ne l’aime pas. », dit Monica tout en mâchant sa viande.

Bizarre. Je ne m’attendais pas à entendre Monica parler comme ça de quelqu’un.

« C’est parce que le directeur du laboratoire de recherche aime choyer Monica, monsieur ! »

« N’est-ce pas une bonne chose ? »

« Tu sais, c’est vraiment du genre… très ennuyeux. Elle n’arrête pas d’essayer de me faire un câlin. Je ne supporte pas quand les gens me collent comme de la colle. »

« Le gynoïde terminal du laboratoire de recherche est cependant une travailleuse acharnée et responsable. Elle a souvent travaillé comme assistante du professeur. Elle était également chargée de l’entretien de notre corps. » répondit Parshe tout en réussissant finalement à couper un morceau de viande de son steak.

Sérieuse et travailleuse, hein… Peut-être que ça ira bien… Liora, Rosetta et Monica sont aussi du côté de la diligence, mais elles ont chacune leurs propres problèmes.

« Le gynoïde du laboratoire de recherche a aidé… le professeur dans beaucoup de ses expériences. Elle a même aidé à faire la plupart de nos expériences, à l’exception de celles de Liora et Flora. C’est la troisième sœur, après tout. »

La troisième sœur, hein ? Chaque sœur avait un numéro qui lui était assigné. Si je me souviens bien, ça donnait quelque chose comme :

#20 — Preliora

#21 — Flora Bell

#22 — ??

#23 — Francesca

#24 — Irisfam

#25 — Pamela Noël

#26 — Lileleparshe

#27 — Rosette

#28 — Fredmonica

Cela semblait correct.

« N’y a-t-il pas d’unités d’avant l’époque de Liora ? »

« Il y en avait, mais tous ceux qui avaient précédé le numéro dix-huit étaient des types d’animaux, et les numéros dix-huit et dix-neuf étaient faits pour être éphémères, contrairement à nous. »

« Je vois… »

C’est une histoire datant d’il y a cinq mille ans. Je ne pouvais pas les blâmer. Je suppose donc qu’elle a dû utiliser des cellules spéciales pour assurer la longévité de ces filles. C’est après tout un croisement entre une forme de vie magique et une machine.

« Hmm, mais n’y avait-il pas une capsule numérotée après la mienne dans le laboratoire de recherche ? La Numéro vingt-neuf ? J’ai hâte que quelqu’un soit plus nouvelle que moi, mais Babylone s’est complètement séparée avant qu’elle se réveille… Qu’est-il arrivé à ça ? »

« Il y avait une capsule là-bas, mais elle était vide. »

« Était-ce peut-être une pièce de rechange ? »

« Le penses-tu vraiment ? Il y a beaucoup de capsules dans le laboratoire de recherche… Pourquoi se donner la peine de mettre un numéro dessus sans raison ? »

« Peut-être que le professeur pensait à nous faire une nouvelle sœur ! »

« Une nouvelle petite sœur… J’espère qu’elle est dans le laboratoire de recherche. »

Elles s’excitaient toutes les trois, je m’étais donc tourné vers Cesca et Fam, qui étaient encore plongées dans la lecture.

Je me demande pourquoi elles ne participent pas à la conversation… Elles ne devraient pas lire tout le temps. Eh bien, l’une d’entre elles lit bien un livre pervers…

J’avais dû les suivre toute la journée, mais honnêtement, de temps en temps ce n’était pas si mal.

Mais les événements de la journée m’avaient rappelé qu’il restait encore une Babylone à trouver. Nous avions trouvé les Frame Gears, je ne savais donc pas si nous avions besoin de beaucoup plus, mais si leurs sœurs étaient là, alors je voulais les aider à se rencontrer. Après tout, être seul était assez triste. Et il y avait même une chance pour qu’il y ait deux autres sœurs dans le laboratoire de recherche.

Alors que je me demandais qui j’allais rencontrer ensuite, j’avais tranquillement bu mon jus de fruits.

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