Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 9 – Interlude 2 – Partie 1

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Interlude 2 : Les filles de Babylon

Partie 1

« Goo-goo… Ga-ga… »

Je berçais le prince Yamato dans mes bras, alors qu’il tendait les mains et marmonnait de façon incompréhensible.

« Il est définitivement devenu plus lourd. »

« Les enfants grandissent vite. Il ne fera que grandir avec le temps. »

Le roi de Belfast fit un large sourire en regardant son fils babiller joyeusement dans mes bras. La reine Yuel, qui était assise à côté de lui, sourit avec ironie.

Le fait de tenir le bébé dans les bras m’avait vraiment fait comprendre à quel point il était adorable. J’étais fiancé, j’avais donc beaucoup de beaux-frères et belles-sœurs, mais ce bébé était le seul qui était plus jeune que moi.

Il y avait beaucoup d’enfants plus jeunes chez Elze et Linze, mais techniquement, c’était mes cousins.

« Il est si mignon. J’ai tellement envie d’avoir un petit frère ou une petite sœur. », chuchota Sue en regardant du côté de Yamato.

Ses parents, le Duc Ortlinde et Dame Ellen, détournèrent maladroitement le regard. L’innocence pouvait certainement être cruelle.

Puis, j’avais remis le prince Yamato à Yumina, qui attendait patiemment de le recevoir. Berçant son petit frère, Yumina se mit à le tenir dans ses bras.

« Yamato. C’est moi, ta grande sœur. »

Sa famille ne venant pas souvent, elle craignait probablement qu’il ne l’ait oubliée. Cependant, elle n’avait pas à s’inquiéter. Il souriait plus largement que dans mes bras.

« Dans quelques années, vous pourriez bien tenir votre propre enfant dans vos bras comme ça. »

« Le petit Yamato sera un oncle avant qu’il ne le sache. Ou du moins, je l’espère. »

« Hahaha, en effet… »

J’avais ri à gorge déployée, en essayant d’éviter les paroles suggestives du couple royal.

Mais qu’est-ce qu’ils disent !? Yumina s’était retournée, faisant semblant de ne pas avoir entendu ce qu’ils disaient, mais elle était visiblement rouge jusqu’aux oreilles.

« Je vais aussi porter l’enfant de Touya ! Et si ça finit par être une fille, elle peut être la mariée de Yamato ! », proclama fièrement Sue tout en s’accrochant à moi avec joie.

As-tu une idée de ce que tu dis !? Tu ne peux pas promettre à un enfant qui n’est même pas encore né de se marier !

« … Hmm. En fait, ça n’a pas l’air trop mal. La famille Belfast serait incluse dans la lignée de Touya… Bonne idée, ça. »

Le roi marmonna pour lui-même.

Hein ? Il est d’accord avec ça !? Je m’étais alors demandé ce qu’il adviendrait de leur relation si cela arrivait. Yamato était le cousin de Sue, donc cela voudrait dire qu’il allait épouser l’enfant de sa cousine. Le mariage de cousins ne m’étant pas inconnu, je m’étais donc dit que ce ne serait pas si mal. Dans mon cas, ce serait mon beau-frère qui épouserait ma fille, et du point de vue du roi, ce serait son fils qui épouserait le petit-fils de son jeune frère. C’était un peu compliqué pour moi.

Le plan était que j’épouserais tout le monde quand j’aurais dix-huit ans, mais je ne pouvais pas m’empêcher de me demander ce que je ferais pour Sue. Se marier avec une fille de douze ans était un peu problématique. Je tiendrais évidemment ma promesse et je l’épouserais, mais il faudrait attendre quelques années. Attends, mais elle serait la seule à être laissée de côté…

« Il faudra encore quatre, peut-être cinq ans avant que tu puisses accoucher, Sue. Et ce genre d’écart d’âge n’est pas un problème si important… Hmm. »

« Hé là. Et si tu arrêtais tout de suite ? Ça ne sert à rien de penser aussi loin. »

« Oops, haha. Je ne faisais que plaisanter. »

Réprimandée par la reine, Sa Majesté avait souri en s’excusant.

Non, ce n’était certainement pas une blague. Il était sérieux. Totalement sérieux.

« Fwah... Gwah… Mah… »

« Oh ? Maman, je crois que Yamato a sommeil. »

« Voyons voir… Oui, il semblerait que ce soit le cas. Très bien, c’est l’heure de la sieste. »

Prenant son enfant des mains de Yumina, la reine le mit dans un lit se trouvant dans une chambre adjacente. Yumina la suivait avec Ellen et Sue.

Comme il ne restait plus que les hommes dans la chambre, le duc baissa la voix et chuchota pour moi.

« Ah, Touya… À propos de cette affaire… »

« Oh oui. J’ai vérifié que l’utilisation est sans danger, et il semble que tout va bien. C’est assez puissant, alors assure-toi de n’en prendre qu’un par jour, d’accord ? En prendre trop ne changera rien à l’effet et tu seras léthargique le lendemain à cause de l’excès de mana. » J’avais prévenu le duc en lui remettant un flacon rempli de pilules. J’avais souhaité qu’il n’ait pas à s’en remettre à eux. Quand je lui avais dit cela, le duc répondit que la jeunesse peut vraiment être une chose amère. Je m’étais demandé ce qu’il voulait dire.

« Qu’est-ce que c’est ? », demanda Sa Majesté en remarquant notre conversation.

Ce n’était pas un grand secret à cacher à un autre homme, mais dire la vérité était un peu trop gênant.

« Oh, c’est, euh… ce qu’ils appellent, une médecine énergisante… Pour faire simple, c’est un aphrodisiaque. »

« Quoi !? »

« Sssh ! Pas besoin de crier, mon frère ! »

Le duc couvrit la bouche de Sa Majesté. Si les dames entendaient cela, il aurait une honte sans fin. Surtout que la fille du roi était là.

« L’autre jour, le duc me posa une question et me demanda si je pouvais l’aider, j’avais donc demandé à Flora de le faire pour lui. Nous l’avons testé en offrant des échantillons aux clients d’un bordel, et c’était assez efficace. Ils ont pu le faire une multitude de fois… »

« J’ai… C’est vrai… A-Al ! Partages-en avec moi ! »

« Tu n’en as pas besoin, mon frère ! En revanche, je dois produire l’héritier d’Ortlinde ! »

« Parlez moins fort ! Silence ! Il y a une autre bouteille ! »

« Taisez-vous ! »

On entendit des cris de colère depuis l’autre pièce. Comme je m’y attendais, nous les avions irritées…

Les deux hommes, par contre, tenaient les bouteilles avec excitation et souriaient largement. Je ne comprenais toujours pas pourquoi tout ce remue-ménage.

« Cela fait longtemps que je n’ai pas visité la capitale de Belfast. »

Je m’étais promené dans la capitale royale avec Yumina à mes côtés. Je n’y avais même pas passé un an, mais c’était pourtant un endroit très nostalgique pour moi. Après tout, c’était là que j’avais acheté mon manteau omnirésistant,

Yumina marchait à mes côtés dans sa tenue d’aventurière. La tenue était plus confortable pour elle, et elle n’avait pas besoin de s’habiller comme ça à Brunhild. Elle s’y était donc aussi habituée.

Après tout, notre pays n’avait rien qui puisse être comparé à la noblesse. J’étais évidemment le grand-duc, mais j’étais plutôt une sorte de président d’association de quartier.

« Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu l’occasion d’être ainsi. »

« Vraiment ? Je suppose que oui… C’était assez mouvementé ces derniers temps. »

Je m’étais promené dans les rues de la capitale royale avec Yumina. J’étais un peu gêné, car ses bras étaient collés aux miens.

Nous étions très occupés ces derniers temps, j’avais dû par exemple aller à Eashen pour vaincre un dieu servile, j’avais aussi construit un pont à Felsen. Je racontais à Yumina tout ce qui s’était passé, mais…

« Je pense qu’il n’y a que toi qui aies fait le tour du monde comme ça, Touya. Je me sens en fait un peu seule. »

« Je suis désolé. Je veux aussi passer autant de temps que possible avec vous toutes. »

« Je sais cela. Alors même si je me sens un peu mal pour les autres filles, tu ne seras rien qu’à moi pour toute la journée. »

Cela dit, nous avions du travail à faire.

En marchant le long de la route, j’avais vu plusieurs personnes à bicyclette. Les vélos étaient devenus très populaires dans la capitale royale. Ils étaient encore assez chers, seuls quelques citoyens aisés pouvaient se les payer.

Nous avions trouvé notre objectif à un coin de la route principale. Le café de lecture, « Lecteur Lunatique ». En entrant, nous avions été accueillis par la préposée, Wendy.

« Bienvenue… Oh, patron ! Ça fait trop longtemps ! »

« A-Attends, Wendy! C’est un monarque, tu ne peux pas l’appeler comme ça ! »

La directrice, Sylvie, l’avait grondée, mais je lui avais assuré que cela ne me dérangeait pas. Être appelé Grand-Duc ici serait très gênant.

« J’ai demandé à la société d’Olba de s’occuper de l’achat de nouveaux livres. Est-ce que ça se passe bien ? »

« Il a fallu du temps pour les recevoir, mais on n’a rencontré aucun problème. »

Tous les livres étaient imprégnés du sort [Paralysie] pour éloigner les voleurs et les cambrioleurs. Cela dit, Sylvie se dirigea vers l’arrière du comptoir, vers un appareil qui ressemblait presque à une photocopieuse. Il avait été programmé pour appliquer le sort [Paralysie] à tous les livres achetés.

« Les livres se vendent bien, et notre cuisine a aussi acquis une bonne réputation ces derniers temps. »

Comme l’avait dit Wendy, le Lecteur Lunatique semblait bien se porter. Pour être franc, même si le café ne gagnait pas beaucoup d’argent, cela ne me dérangerait pas trop, car cet endroit était un peu comme un passe-temps pour moi. Néanmoins, entendre que les affaires étaient florissantes me rendait heureux.

« Oh, j’ai apporté de nouveaux livres. J’ai pris quelques titres populaires de Felsen, Roadmare, Lestia et Lyle. Mais ils sont assez difficiles à trouver par ici. »

« Wôw, merci beaucoup ! »

Les livres que j’avais sortis du [Stockage] s’étaient empilés sur le comptoir. Et comme toujours, il y avait aussi des livres « destinés aux femmes ».

Après cela, j’avais dit bonjour à tout le monde, j’avais ajusté les sièges inclinables du magasin et j’avais laissé le Lecteur Lunatique derrière moi.

Nous avions terminé nos courses, j’avais donc passé le reste du temps à traîner avec Yumina.

« Cet endroit est vraiment énorme comparé à Brunhild. »

« Effectivement. Mais plus une ville est grande, plus il y a d’endroits qui sont hors de vue. »

C’était certainement vrai. Les hors-la-loi et la vilenie pouvaient prospérer dans des endroits qui échappaient au regard de la loi. Cette pensée me fit penser qu’il était peut-être grand temps que je commence à renforcer les rangs de l’ordre des chevaliers de mon pays.

Hm… ?

« Qu’est-ce que c’est ? »

Je m’étais arrêté devant un certain magasin, et Yumina m’avait appelé. Devant moi, il y avait une affiche collée sur la vitrine du magasin.

« Un spectacle d’amour et d’aventure ! L’histoire épique du héros Toyya, qui a défié le mortel Dragon noir pour sauver la princesse Yuina… Le grand succès de Refreese, qui vous est livré à grande échelle, arrive enfin à Belfast… Touya, n’est-ce pas… ? »

L’affiche était une publicité pour une pièce de théâtre exagérée et dramatique. Je pensais que c’était juste une coïncidence, mais en lisant les noms, je m’étais rendu compte que je n’imaginais pas des choses.

« Regarde ici, Yumina. »

« Qu’est-ce que c’est… ? Scénario de Lil Refres, auteur de L’Ordre de la Rose… Ah ! »

Yumina avait été choquée.

Lil Refres? La personne derrière ce nom de plume n’était sûrement autre que la première princesse de l’Imperium Refreese, Reliel Rehm Refreese ! La princesse perverse elle-même.

« Cette petite… Je n’arrive pas à croire qu’elle nous ait utilisés comme matériau pour son histoire. »

« Il s’agit de nous, n’est-ce pas Touya ? À en juger par la publicité, ça ressemble à une histoire parfaitement normale… »

Je n’en sais rien. C’est un peu suspect. Je parierais qu’il y a de beaux épéistes ou quelques ducs dandy dedans. Eh bien, je suppose que je vais devoir le voir pour le savoir. Selon le contenu, nous pourrions devoir leur interdire de faire de nouvelles représentations.

La prochaine représentation dans le théâtre de la capitale était dans une vingtaine de minutes.

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