Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 9 – Interlude 1

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Interlude 1 : Des dieux et des hommes

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Interlude 1 : Des dieux et des hommes

Partie 1

« Hmm… Je pense qu’il est dans le faux ici. Vous n’avez pas à vous excuser. »

« Je sais. »

« C’est tout à fait exact. Autrement dit, cela montre le peu de confiance qu’il a en vous. En d’autres termes, il n’a pas confiance en vous. Il ne peut pas croire en vous parce qu’il pense que s’il était à votre place, c’est ce qu’il ferait. Il sait qu’il échouerait définitivement dans votre position, alors comment pourrait-il vous faire confiance ? »

« Vous avez raison… Je pense que cela a aidé à dissiper mes doutes. Je vais rompre avec lui. Je ne peux pas être avec quelqu’un qui n’a pas confiance en moi. »

« Oui, je suis d’accord, ce serait mieux ainsi. Il y a beaucoup de meilleurs partis parmi lesquels choisir. »

« Oui ! Merci beaucoup, Lady Karen ! »

La femme chevalière se leva de son siège, baissant respectueusement la tête en quittant la pièce. Karen l’avait vue partir d’un geste de la main.

Ce belvédère situé à l’angle du terrain d’entraînement était un lieu de détente très apprécié des chevaliers féminins. À midi, on pouvait les voir y porter leur déjeuner.

Cependant, il arrivait parfois que Karen y soit assise. À ce moment-là, le belvédère devenait un refuge où les personnes troublées demandaient conseil. Il allait sans dire que ses conseils ne portaient que sur des sujets d’ordre romantique.

Même si c’était surtout les femmes qui lui demandaient conseil, il arrivait aussi que des hommes s’adressent à elle pour obtenir des conseils. Ce n’était pas surprenant, car l’amour troublait tout le monde sans égard au sexe. Mais recevoir des conseils de la Déesse de l’Amour elle-même était quelque chose dont on ne pouvait normalement que rêver.

« Je pense qu’écouter aux portes n’est pas digne d’un roi. »

« Ha, donc tu m’avais remarqué. »

Je m’étais révélé, en levant mon sort [Invisibilité]. Son expression était si sérieuse qu’elle avait quelque peu éveillé mon intérêt.

« Tu écoutes les problèmes des gens plus sérieusement que je ne l’aurais cru. »

« C’est après tout mon domaine de compétence. Savoir ce que l’on désire, quels conseils on souhaite entendre, est une seconde nature pour la Déesse de l’Amour. »

Karen s’était enflammée de fierté.

« Hmm ? Donc ce que tu viens de dire n’était pas vraiment ton opinion ? »

« Bien sûr que non. Pour être tout à fait honnête, je ne sais pas si cela justifiait une rupture, mais c’était ce qu’elle voulait. Elle ne pouvait tout simplement pas se résoudre à aller jusqu’au bout. Je lui ai simplement donné le coup de pouce dont elle avait besoin. »

Est-ce vraiment bien… ? Mais, bon, quand les gens viennent chercher des conseils, c’est qu’ils ont déjà trouvé leurs réponses en eux-mêmes. Ils souhaitent simplement que quelqu’un juge et renforce ces réponses. Et grâce à cela, ils peuvent affirmer qu’ils ne se trompent pas. Peut-être que c’est réellement ce que signifient les conseils amoureux. Il n’y a pas une seule bonne réponse. Tout se résume à la personne en question.

« L’ordre ici a beaucoup de femmes chevalières, ce qui signifie autant de cœurs troublés. Mais cela inclut aussi les hommes. »

« Ne me dis pas… Que cela fait donc de toi une sorte de conseillère ici, hein ? »

Environ trente pour cent des membres de notre ordre de chevaliers étaient mariés. Il s’agissait pour la plupart de soldats qui nous avaient été donnés par Eashen, à l’origine des shinobi de Takeda sous le commandement de Tsubaki, en plus des hommes sous le commandement des quatre élites de Takeda. C’étaient, pour la plupart, des hommes.

Les nouveaux chevaliers, cependant, étaient pour la plupart célibataires.

Dans ce monde, on arrivait à l’âge adulte à quinze ans, et à vingt ans, la plupart étaient mariés.

Mais cela ne s’appliquait qu’aux habitants des villes. Les aventuriers en quête de gloire ne pensaient au mariage qu’après la retraite, et se mariaient plus tard dans la vie. Mais ils pouvaient aussi se marier plus jeunes.

Beaucoup d’habitants de Brunhild étaient d’anciens aventuriers, et à ce titre, il n’était pas rare qu’ils se marient avant l’âge de vingt ans.

Avec autant d’hommes et de femmes célibataires au même endroit, on pourrait s’attendre à ce qu’ils se mettent ensemble et qu’ils se marient, mais naturellement, les choses ne s’étaient pas passées aussi bien qu’on aurait pu le souhaiter.

Pour dire les choses simplement, nos femmes ne cherchaient pas à se marier.

Et dans notre ordre, elles avaient des raisons de s’opposer à la perspective du mariage. En général, un ordre de chevaliers était composé principalement d’hommes. Les femmes chevaliers ne s’engageaient pas, et si certaines le faisaient, elles étaient soit nobles, soit rejoignaient l’ordre grâce à des faveurs et des relations.

Mais Brunhild n’avait aucune considération pour le sexe, de sorte que les femmes chevalières étaient plus nombreuses ici que dans d’autres pays. Les femmes qui ne pouvaient pas devenir chevalières dans d’autres pays se rassemblaient ici. Venant d’un tel milieu, elles s’efforçaient de ne pas être inférieures aux hommes. Le mariage n’était pas pour elles une priorité. La chef de notre ordre, Lain, était en fait une femme.

Beaucoup d’entre elles cherchaient des amants, mais évitaient le mariage, comme la femme chevalière d’autrefois.

« Mais n’est-ce pas mauvais pour eux ? »

« Pas particulièrement, non. Mais il est vrai que les femmes sont désavantagées si elles donnent la priorité à leur position au point que leur âge les rattrape. Beaucoup d’hommes préfèrent les jeunes mariées, un peu comme une certaine personne. »

Karen fit un large sourire. Je l’avais bien cherchée celle-là. Bien qu’il soit vrai que mes fiancés étaient tous plus jeunes que moi, à part Leen.

« Évitent-elles le mariage parce qu’elles ne veulent pas fonder un foyer ? »

« Eh bien, ça en fait partie. Elles sont enfin devenues chevalières, alors elles ne veulent pas renoncer à leur carrière. Même si le mari et la femme travaillent tous les deux, une fois que les enfants entrent en jeu, tout change. C’est une affaire compliquée. »

Même si l’ordre permettait à ses chevaliers de se marier, cela restait un problème. Nous n’avions aucun scrupule à ce que les femmes mariées deviennent chevalières. Nous pouvions les nommer dans une brigade plus sûre qui s’occupait des tâches du château si elles le souhaitaient.

Mais il était vrai que les enfants compliquaient les choses. Ils ne pouvaient pas laisser leurs enfants à la garde des voisins tout le temps.

« Nous avons besoin d’une crèche… »

Une crèche, ou un jardin d’enfants. Je devrais consulter Naito pour construire quelque chose.

« Cela dit, il n’y a pas grand-chose à faire s’ils ne peuvent pas se mettre d’accord dès le départ sur un mariage. »

« Choisir quelqu’un à épouser, hein… ? Les gens se marient généralement par amour dans ce monde, non ? »

« Pas nécessairement. Les nobles se marient par convenance politique, leurs partenaires leur sont donc imposés. Les parents décident aussi souvent pour leurs enfants. Les roturiers se marient généralement par amour, mais ils sont souvent présentés à leurs partenaires par leurs connaissances. »

« Des entremetteurs, hein… ? »

Entremetteurs ou non, les hommes et les femmes avaient besoin d’occasions de se rencontrer. En règle générale, les chevaliers étaient enfermés dans le château, à l’exception de ceux qui étaient en patrouille. Il n’y avait aucun moyen pour eux de rencontrer quelqu’un comme c’était le cas auparavant.

« Ne pourrait-on pas organiser une fête ou quelque chose de ce genre ? »

« Dans l’ordre ? Si c’est juste parmi nos chevaliers, ils se voient tout le temps. Cela n’apportera rien de nouveau. »

« Je suppose que ce ne sera pas le cas. Après tout, ce sont tous des collègues. S’il n’en fallait pas plus pour qu’ils se marient, ils seraient déjà tous ensemble. »

En pratique, nous avions déjà des couples parmi nos chevaliers, et certains qui s’étaient séparés aussi. Travailler aux côtés de son ex-amant peut s’avérer difficile, certains devaient donc être réaffectés à des postes différents.

« Il faudrait donc faire venir des gens de l’extérieur du château, hein… ? Et la ville du château ? »

« Il y a beaucoup d’aventuriers qui viennent pour les donjons, mais ce sont des vagabonds, il serait difficile de les faire s’installer. Je doute qu’ils aient l’intention de se marier. »

Ce serait en effet difficile. Je ne pensais pas qu’il serait si difficile de trouver un partenaire pour nos chevaliers masculins. Après tout, la chevalerie était une profession respectable. Ils recevaient une allocation de logement s’ils se mariaient, et pouvaient construire une maison grâce à un prêt. En ce qui concerne les professions, ils étaient plutôt bien lotis.

« Je me demande s’il est difficile pour les femmes chevalières de trouver quelqu’un… »

« Ce n’est pas un problème que l’on peut résoudre du jour au lendemain, de toute façon. Il faudrait faire de l’ordre un lieu où les chevaliers peuvent se marier en toute tranquillité, sans que cela nuise à leur carrière. »

C’était douloureusement vrai, même si je n’aimais pas ça.

L’ordre ne ferait qu’augmenter au fil du temps. Et avec cela, nous aurions de plus en plus de femmes chevalières par rapport aux autres pays. Nous avions besoin d’une solution. Je savais qu’il ne fallait pas faire des femmes des ennemies.

« Yo, de quoi vous parlez tous les deux ? »

Moroha s’était approchée de nous, portant une épée en bois sur son épaule. Même si elle avait aidé nos chevaliers à s’entraîner toute la matinée, elle ne semblait pas avoir transpiré.

Eh bien, c’est une déesse…

Moroha avait pris place aux côtés de Karen. J’avais sorti des boissons froides, avec des pailles, de mon [Stockage], et je les avais placées devant les dames.

« Hmph… Le mariage, c’est ça ? À première vue, c’est la dernière chose à laquelle elles pensent en ce moment. Tout le monde est debout, essayant d’animer ce pays. »

Moroha avait pris la parole, en sirotant du jus de fruits avec la paille. J’étais heureux que tout le monde fasse de son mieux pour le pays, mais je ne pouvais pas supporter la perspective qu’ils abandonnent leurs chances de se marier pour cela.

« Faire de l’ordre un lieu de travail plus facile pour les chevaliers mariés est une bonne idée, mais ils peuvent trouver quelqu’un à marier par eux-mêmes. Ce n’est pas à toi d’essayer de les aider pour cela. »

« Je suppose que tu as raison. »

Je suppose que jouer les entremetteurs convient mieux à la grand-mère qu’à son chef. Après tout, certaines personnes se marient sans aucune incitation, alors que celles qui ne le font pas ne le feraient probablement pas, même si vous essayez de les aider.

« Et toute aide venant de vous, avec vos huit fiancés, sonnerait probablement très creux. »

« Définitivement. »

Les deux dames avaient acquiescé de la tête. Une fois de plus, je l’avais bien cherché.

« Au fait, tout le monde se pose des questions, mais vas-tu vraiment avoir neuf enfants ? »

« Eh bien, je n’en suis pas vraiment… sûr, mais apparemment c’est ce qui va se passer. »

« Nous allons être tantes dans quelques années, Moroha. Le temps passe vraiment en un clin d’œil… »

Non, je vous connais que depuis moins d’un an. Et vous dites déjà que vous ne laisserez jamais personne vous appeler « tante ». Vous prenez de l’avance…

« Les choses vont devenir assez mouvementées une fois que tes enfants seront nés, Touya. De nombreux dieux vont leur offrir leurs bénédictions. »

« Aucun doute là-dessus. Le Dieu du monde est très intéressé. Moroha et moi allons les aider. Même les spectateurs de là-haut vous donneront sûrement leurs bénédictions. »

« Y a-t-il vraiment autant de dieux prêts à nous bénir ? »

Le Dieu du monde m’a dit que les Dieux de l’agriculture et de la chasse s’intéressaient à moi, mais combien sont-ils ?

« Eh bien, nous avons moins de dieux par rapport aux autres mondes. Dans ton monde d’origine, le Dieu de l’Amusement et le Dieu de l’Invention ont donné leur protection divine à gauche et à droite. »

Dans ce cas, il ne s’agissait pas tant de « protection divine » que de prêt de talent. Il semblerait que la Terre était très aimée des dieux. De nombreux génies, héros et grands hommes étaient nés et avaient contribué à rendre le monde meilleur.

Ils avaient peut-être provoqué des conflits par moments, mais ces actes étaient nécessaires au développement de la société.

Le Dieu de la magie ne semblait cependant pas s’intéresser à mon monde d’origine. Je suppose qu’étant donné que ce monde n’avait pas de mana pour servir de fondement à la magie, il était logique qu’il ne s’y intéresse pas.

« À l’origine, ce monde n’attirait pas beaucoup l’attention des dieux comparée à la multitude d’autres mondes. Le Dieu du divertissement s’y est tout de suite désintéressé. Les autres dieux n’ont commencé à s’intéresser à ce monde qu’une fois que tu es arrivé, Touya. Jusqu’alors, ce monde était assez négligé. »

Je pourrais en dire autant. Il n’y avait pas beaucoup d’activité religieuse dans ce monde, et pour avoir une histoire aussi longue, la plupart de ses cultures avaient stagné. Le Dieu du monde avait dit que s’il ne m’avait pas jeté dans ce monde, il l’aurait laissé pour encore dix mille ans environ.

Un monde oublié par les dieux… Ça sonne vraiment déprimant.

« Nous ne l’avons pas oublié. C’est irrespectueux. Nous n’avons pas vérifié. »

« Hé, j’ai gardé un œil dessus. Si je devais choisir, je préfère ce monde au monde original de Touya. »

« Eh bien, étant la Déesse des épées, tu choisiras ce monde plutôt qu’une Terre qui préfère les armes et les missiles. »

Je parie que le Dieu de la magie préférait aussi ce monde au mien. J’étais certain qu’il avait donné sa protection divine aux gens d’ici dans le passé. En y repensant, le professeur Babylon pourrait bien être l’un d’entre eux…

Mais en fin de compte, les dieux étaient inconstants. Les mondes qui avaient reçu leur amour et leur attention avaient prospéré, tandis que ceux qui ne l’avaient pas stagnaient. Et si quelque chose devait attirer leur intérêt vers un monde abandonné, peut-être cela accélérerait-il son développement.

Je veux croire que si ma présence ici a attiré l’attention des dieux, ne serait-ce qu’un peu, ce sera en faveur de ce monde.

« Je viens de me rappeler d’une chose : la fille qui a récemment rejoint l’ordre n’a-t-elle pas aussi reçu une protection divine ? »

« Qui ? Ah, tu veux dire Spica. »

L’elfe noir Spica, qui avait failli mourir de Demoderma. J’avais entendu dire que depuis qu’elle avait rejoint l’ordre, elle avait fait preuve de beaucoup de talent. Vu qu’elle passait jour et nuit à être entraînée par Moroha, il n’était pas surprenant qu’elle devienne plus forte.

***

Partie 2

« Donc son don divin est le Bouclier Humain ? »

« Oui. Elle ne le sait probablement pas elle-même, mais elle a reçu la protection… le talent du Dieu des Boucliers. Comme moi, le Dieu des Boucliers a un penchant pour ce monde. »

S’il y a une épée, il y a forcément un bouclier. Et comme un bouclier est quelque chose qu’on ne peut pas couper.

« Je me demande si le Dieu des boucliers nous regarde aussi en ce moment. »

Je m’étais retrouvé à regarder le ciel. Les autres dieux ne nous regardaient sûrement pas tout le temps.

« Le Dieu des Boucliers ne semblait pas très intéressé par toi. Après tout, tu n’utilises pas de bouclier. »

« Eh bien, j’utilise le sort [Bouclier] assez souvent. »

« Cela relève de la juridiction du Dieu de la Magie. Le Dieu des Boucliers est difficile à satisfaire et ne te donnera sa bénédiction que s’il s’intéresse vraiment à toi. »

Cela signifie qu’il devait beaucoup aimer Spica. Cela dit, si les dieux pouvaient bénir quelqu’un avec un talent, c’était à la persévérance et aux efforts de cette personne de le faire éclore.

Même si les dieux devaient bénir mes enfants, ces talents seraient gâchés s’ils finissaient par devenir des fainéants qui refusaient de faire des efforts pour quoi que ce soit.

Cela se résumerait à la façon dont je les élèverais… Mais ils n’étaient même pas encore nés. Il ne m’appartenait pas encore de leur imposer ce genre d’attentes.

Je m’étais tourné pour retourner au château, un soupçon de malaise pesant sur mon cœur. Mais en même temps, j’avais senti une poussée d’énergie magique venant des terrains d’entraînement du nord. La zone disposait d’un terrain désigné pour l’entraînement à l’utilisation des Frame Gears, et d’un terrain dédié à l’entraînement à la magie. Il n’était pas rare que quelqu’un l’utilise, mais qui cela pouvait-il être ? J’y étais allé pour vérifier et j’avais trouvé Leen et Linze, aux côtés de Sue et Renne, notre femme de chambre en formation.

« Ah, Touya. »

Ayant remarqué ma présence, Linze courut pour me saluer. Dans ses mains se trouvait une sorte de livre.

« Hé. Qu’est-ce que vous faites ici ? »

Sue et Renne concentrèrent leur magie sur la cible devant eux, et Leen s’assura que leur énergie magique ne s’emballait pas. Paula courait aussi… en lançant une sorte de cri.

« Nous pratiquons notre magie. Sue travaille sur sa magie de Lumière, et Renne sur sa magie de Vent. Et je pratique ça. »

Linze me présenta l’épais volume qu’elle tenait dans ses mains, mais je n’avais pas pu lire les lettres de la couverture.

Est-ce que c’est écrit dans la langue ancienne spirituelle… ? J’avais activé [Lecture] pour essayer d’en comprendre le sens.

« Encyclopédie de la magie composite… ? »

La magie composite ? C’est un domaine dont je n’ai jamais entendu parler. Est-ce une sorte de technique ancienne ?

« La Magie Composite est une école qui se concentre sur la combinaison de deux types de magie et leur utilisation simultanée. Par exemple, il y a un sort appelé [Tempête de feu]. À l’origine, c’était un sort composé d’une magie de feu et d’une magie de vent. Au fil du temps, elle a été simplifiée pour devenir ce que l’on appelle aujourd’hui le sort [Tempête de feu] de l’élément feu. Dans sa forme originale, il était bien plus puissant. »

« Ah, donc il s’est dégradé. »

Pour être exact, il ne s’était pas dégradé au point de se transformer en un sort qu’un praticien ordinaire puisse le lancer.

Même si vous deviez mettre en vente une voiture de course que seul un pilote de F1 pourrait conduire, les gens du commun ne pourraient jamais l’utiliser. Il vaudrait mieux leur vendre une voiture légère et facile à manier.

Et au bout du compte, la voiture de course perdrait sa place au profit d’un modèle par ailleurs inférieur, et avec le temps, serait complètement oubliée.

« Hmm… C’est certainement intéressant. Ce sort [Flèche invisible] semble utile. »

J’avais nommé un sort qui avait attiré mon attention lorsque j’avais feuilleté les pages du tome. Mais cela ressemblait presque à de la triche.

« Oui. C’est un sort composé de magie de lumière et d’un sort de type flèche. Je crois que même moi je peux le lancer. »

Linze s’était exprimée avec enthousiasme, mais cela semblait être un sort de haut niveau. Pour utiliser la magie composite, il fallait maîtriser plusieurs types de magie, sinon cela ne fonctionnait pas.

« Viens, ô Lumière ! Duo resplendissant : [Flèche de Lumière] ! »

« Viens, ô vent ! Duo tourbillonnant : [Flèche de vent] ! »

« Impressionnant. »

Sue et Renne avaient jeté leurs sorts. Plusieurs flèches de Lumière et de Vent, peut-être trop faibles pour être appelées barrage, avaient été tirées sur les cibles. Et pour les deux, une seule avait atteint sa cible et l’avait détruite. Les autres flèches n’avaient pas atteint leur cible et s’étaient dispersées.

« Pas mal. Vous voyez, la magie de barrages n’exige pas de viser trop soigneusement, car l’une d’entre elles atteindra probablement la cible. Mais quand même, si vous tirez ce genre de barrages, essayez de faire en sorte que chaque flèche puisse toucher. Comme ceci. »

Leen récita un sort de barrage de glace, et toutes les flèches s’écrasèrent sur la cible les unes après les autres, réduisant la cible en morceaux en un clin d’œil.

« Wôw, impressionnant ! Pas étonnant qu’elles aient fait de vous le magicien de la cour de Brunhild… Oh, Touya ! »

« Hé là. Joli travail, vous deux. »

Sue et les autres s’étaient précipités vers moi, ayant remarqué que j’étais là. Sue avait une aptitude pour la magie de la lumière, mais avant de me rencontrer, elle n’avait pu lancer qu’un sort élémentaire [Orbe de lumière].

En voyant qu’elle travaillait si dur pour s’améliorer, je m’étais rendu compte qu’elle cherchait ce qu’elle pouvait faire.

« Je vois que tu travailles aussi dur, Renne. »

« Yep ! Je veux dire, oui ! Lapis a dit qu’une servante de première classe doit aussi savoir se battre. »

 

 

Mais qu’est-ce que notre chef de ménage enseigne à un enfant… ? Mais c’est peut-être normal, vu qu’elle a déjà servi dans cette unité de renseignement.

Leen s’était aussi approchée de nous, et avait soudainement fait cette suggestion.

« Tu es venue au bon moment, chéri. Pourrais-tu téléporter un sanglier Fang ici ? »

« Hein ? Bien sûr, mais pour quoi faire ? »

« Pour terminer la session d’aujourd’hui. Ce sera un entraînement au combat qui illustrera la différence entre une cible mobile et une cible statique. Et aussi, le château manque de certains ingrédients. »

Un sanglier Fang était une bête magique aussi connue sous le nom de sanglier à longue queue. Comme son nom l’indiquait, il avait de longues défenses et constituait un défi digne d’être relevé par les jeunes aventuriers. Sa viande se vendait bien, à tel point que les nouveaux venus dans la guilde se bousculaient pour avoir la chance de poser leurs mains dessus.

Mais sa charge violente était une force sur laquelle il fallait compter. On pouvait être gravement blessé si on la prenait à la légère.

« Juste eux deux contre un sanglier Fang ? Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée… »

Je jetais sur elle un regard inquiet. Leen poussa un soupir et écarta les lèvres pour parler.

« Ce n’est pas bon d’être trop protecteur. Elles sont devenues plus fortes et plus mûres de jour en jour. Et si les choses tournent mal, on peut s’en occuper à deux. »

C’était vrai. Leen était vraiment une professeur plus dure que je ne le pensais.

« Tout ira bien, Touya. Crois en nous. »

« C’est vrai ! Tout le monde nous a enseigné et nous sommes vraiment devenues plus fortes ! »

Hmm… Elles insistent vraiment sur ce point, alors peut-être que je devrais les laisser essayer. Comme Leen l’a dit, si ça devient trop dangereux, je le vaincrai moi-même.

J’avais cherché l’emplacement d’un sanglier dans mon smartphone, et j’en avais trouvé un dans une forêt voisine. Il se promenait dans le pays, donc je pouvais utiliser le sort [Porte] pour le ramener de n’importe où.

Alors, allons-y.

Je m’étais téléporté dans la forêt où j’avais trouvé le sanglier. Le sanglier Fang surprit par mon apparition soudaine, mais j’avais ouvert une [Porte] sur le sol en dessous de lui et je l’avais fait tomber dans le terrain d’entraînement.

À mon retour, j’avais trouvé Sue et Renne qui l’attaquaient déjà.

« Viens, Vent ! Rempart de Bourrasques : [Mur aérien] ! »

« Bugah ! »

Le mur de vent que Renne avait créé repoussa la charge du sanglier Fang.

« Maintenant, Sue ! »

« OK ! Viens, o Lumière ! Duo lumineux : [Flèche de lumière] ! »

La flèche de Sue avait manqué sa cible d’un rien. Le sanglier Fang récupéra et se précipita, évitant les trois flèches tirées vers lui.

« Pourquoi tu… ! »

Elles tirèrent quelques coups supplémentaires, mais aucun n’avait touché.

Il n’y a pas moyen qu’elles puissent le vaincre comme ça. Elles ne pensent pas à l’avenir.

« Viens, ô Vent ! Duo tourbillonnant : [Flèche de vent] ! »

Renne lança de son côté un barrage de flèches, mais les flèches manquèrent leurs cibles, comme celles de Sue. Même si elles essayent de tirer sans discernement, elles ne toucheront jamais…

« Qu’est-ce… !? »

Alors que le sanglier Fang passait à toute vitesse, une flèche siffla juste à côté de moi.

J’ai failli y passer ! Le duo s’énerve tellement qu’elles ne voient même pas ce qui se passe autour d’elles.

Le sanglier était passé de la fuite au combat, et commença à charger vers le duo. Je m’étais concentré sur Renne et Sue, mes sorts défensifs étaient prêts.

Sue commença à lancer son sort.

« Brille, Lumière ! Brillance éclatante… ! »

Oh non…

« … [Flash] ! »

« Buah !? »

Un éclair aveuglant jaillit des mains de Sue.

J’allais bien puisque j’avais instinctivement protégé mes yeux avec mon bras, mais le sanglier Fang avait été directement aveuglé et s’était enfui, paniqué.

Sue avait alors tiré d’autres flèches vers lui. Comme avant, aucune d’entre elles n’avait touché, mais les mouvements du sanglier s’étaient atténués.

« Buahoh ! »

Une des flèches avait finalement touché sa cible, et fit tomber le sanglier Fang. Alors qu’il essayait de se relever, Renne lui tira ses flèches magiques dans le cou, faisant taire le sanglier.

Whoa, elles l’ont vraiment battu.

« Oui ! Je l’ai fait ! »

« Très bien ! Beau travail, Sue ! »

« … Je dirais, soixante points. »

Leen avait brusquement interrompu leurs acclamations.

Elle était stricte… Je pense qu’au moins soixante-dix seraient justes.

« Soixante-dix points, je dirais. »

Linze était elle aussi assez stricte. Il est vrai que la chasse ne s’est pas déroulée aussi bien qu’elle aurait dû, mais c’est ce qu’on attend des débutants.

« Qu’avons-nous fait de mal ? »

« Pour commencer, vous prenez trop de temps pour invoquer vos sorts. Vous devez tenir compte de votre temps d’invocation si vous voulez abattre votre proie. Il n’y a pas moyen de contourner cela. Renne doit mieux tenir compte de son environnement. Tu as failli toucher Chéri là-bas. Et puis il y a Sue. Lancer [Flash] n’était pas une mauvaise idée, mais tu devrais en informer tes compagnons à l’avance. Tu as été aveuglée et tu n’as pas pu réagir aussi, n’est-ce pas, Renne ? »

« O-Oui. Tout était subitement devenu lumineux… »

« O-Oh… Je suis désolée, Renne. »

Sue s’était tristement excusé.

« Atteindre une cible en mouvement exige une vitesse d’invocation beaucoup plus grande et un contrôle précis. Vous devez avoir une bonne compréhension de la situation, surtout lorsque vous vous battez en groupe. Un mage doit toujours rester calme et concentré. »

« Compris ! »

« Oui, je comprends. »

Le duo acquiesça aux paroles de Leen. Elles n’étaient pas offensées… C’était bien.

J’avais sorti un chariot de [Stockage] et j’y avais placé le sanglier Fang.

Il était toujours vivant, mais il ne pouvait pas bouger.

« Très bien, emmenons-le à Créa. Nous allons proprement le cuisiner. »

Nous devions nous en débarrasser avant la fin de la journée. Je ne voulais pas qu’il se gâte. Sue et Renne poussèrent le chariot ensemble et se précipitèrent joyeusement vers le château.

« Ces deux-là ont bien grandi. »

« Nous devons continuer à travailler dur pour qu’elles ne nous dépassent pas avant que nous le sachions. »

Linze pompa ses bras, comme pour s’enflammer. Elle travaillait dur, donc je ne pensais pas qu’elles la dépasseraient aussi facilement, mais elle avait raison. Nous devions aussi continuer à nous améliorer.

« Au fait, vas-tu lui faire un Frame Gear maintenant que tu en as fini avec celui de Yae et de Hilde ? De quel genre ? »

« Ouais, Rosetta s’occupe de ça, mais… Je me suis dit que j’allais prendre la cellule de l’unité centrale et la combiner avec une unité de soutien… Ah… Pour faire simple, ce sera une grosse unité. »

Je doutais qu’elles puissent vraiment comprendre ce que je voulais dire, alors je l’avais expliqué succinctement. À bien y penser, je ne leur avais jamais montré cet anime.

« Quelles unités voulez-vous toutes les deux ? »

« Je n’ai pas vraiment de préférences… Oh, mais une unité basée sur la frappe, comme celui de ma sœur, est un peu… »

Oui, c’était probablement trop pour elle. Le « Frame Gear » de Linze allait en être un plus orienté vers le rôle de soutien.

« Je préfère une unité qui soit douée pour tirer d’énormes frappes magiques. Mais la magie ne fonctionne pas sur la Phase, donc c’est un peu inutile… J’aimerais une unité qui combatte directement, plutôt qu’une unité de soutien. »

Dans le cas de Leen, sa magie ne consistait pas à frapper directement la Phase, mais de booster ses attaques. Comme faire tomber un [Rocher de glace] du haut, ou propulser des projectiles avec une [Explosion].

Oui… C’est certainement possible. Rosetta peut s’occuper de ça. Hmm ? J’avais senti un tiraillement à l’ourlet de mon pantalon. Je regardais vers le bas, et je vis Paula à mes pieds, faisant des gestes comme pour me demander « Et moi, et moi ? ».

« Hé, toi aussi… Tu n’as pas le droit de piloter. »

De déni, Paula secoua la tête, et s’était même mise à quatre pattes pour supplier.

Quand diable Leen a-t-elle programmé ça...

« Non, je veux dire… tes membres ne s’étendent pas jusqu’aux pédales et aux commandes. »

Paula tomba avec un bruit sourd, comme si elle s’en rendait compte.

Tu ne le savais vraiment pas ? Ses talents d’acteur devenaient progressivement plus impressionnants. J’avais pensé qu’on pourrait peut-être gagner un peu d’argent en la faisant participer à une sorte de spectacle. Nous ne pouvions pas le copier, car l’Atelier ne copiait pas les enchantements, mais si nous pouvions produire Paula en série, nous pourrions créer une troupe de théâtre ou quelque chose comme ça. Ils ne pouvaient pas parler, alors il nous faudrait un narrateur…

Comme j’entretenais des pensées aussi stupides, j’avais laissé Paula derrière moi. Elle continua son numéro alors que je me dirigeais vers le château.

Finalement, elle remarqua qu’on l’ignorait et elle nous suivit en titubant.

Heh… Quelle drôle de petite chose...

***

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