Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 9 – Chapitre 4

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Chapitre 4 : Le royaume Magique, Felsen

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Chapitre 4 : Le royaume Magique, Felsen

Partie 1

« Désolé si cela semble déraisonnable. »

« Non, tu n’as pas à t’inquiéter. »

Le roi de Lestia sourit en faisant un signe de la main. Il était toujours le même. J’étais heureux d’avoir une gentille personne comme beau-frère. Eh bien, je n’étais pas encore marié à Hilde, mais quand même…

Nous nous rendions en calèche de Lestia au palais royal de Felsen. Le roi Reinhard avait gracieusement organisé une rencontre avec le roi de Felsen pour moi.

Je ne voulais pas apparaître soudainement à Felsen avec la [Porte], alors j’avais décidé que la meilleure solution serait de prendre un convoi officiel avec Reinhard. Mais j’avais un peu triché. J’avais raccourci notre voyage en nous transportant tous à une courte distance de la capitale.

J’avais montré à Reinhard mes découvertes concernant le vol de Frame Gear, mais celui-ci fronça les sourcils. Je lui avais demandé pourquoi il semblait si perplexe.

« Non pas que je doute de toi, Touya… Mais je ne suis pas sûr de croire que le Roi de Felsen ferait une telle chose. »

Felsen était l’une des deux seules nations qui bordaient Lestia. L’autre était le Royaume de Ryle. En raison de cette proximité, ils avaient une histoire riche et entrelacée.

D’après ce que j’avais compris, les nations de Lestia et de Felsen étaient autrefois en guerre, mais ces dernières années, elles avaient bénéficié de contacts et d’échanges commerciaux pacifiques.

Reinhard m’avait informé que le roi de Felsen était équilibré, ouvert d’esprit, qu’il ne se souciait pas de problèmes mineurs et qu’il n’était pas du tout tatillon. Il n’avait pas la personnalité que l’on pouvait attendre d’un mage. Il était également un fanatique de la forme physique et aimait soulever des poids.

L’ancien chef de Felsen était un chercheur obsessionnel, et il était même mort suite à un accident sur des recherches magiques. Le roi actuel était son frère cadet, il lui avait immédiatement succédé.

Il s’appelait Boulanger Frost Felsen, et dès son plus jeune âge, ses activités étaient différentes de celles de son frère aîné. Il avait toujours donné la priorité à la forme physique et aux arts martiaux plutôt qu’à la recherche spirituelle et aux techniques magiques. Cela n’avait pas également beaucoup changé après son accession au trône.

La raison officielle de la visite à Felsen concernait l’île d’Enlush. C’était un endroit situé entre Roadmare, Felsen, Ryle et Lestia. Elle se trouvait au milieu de la mer du Rondo, une petite étendue d’eau dans laquelle se jetait la rivière Grand Gau.

L’île était techniquement la propriété de Lestia, mais de nombreuses bêtes magiques puissantes y vivaient. À cause de cela, elles ne pouvaient pas vraiment profiter des ressources qui s’y trouvaient. Apparemment, le sol n’y était pas très fertile. Et les bêtes magiques aquatiques attaquaient tous les bateaux de pêche ou les voiliers qui passaient par là. C’était une île dont personne ne pouvait faire bon usage.

J’avais regardé cette île et j’avais fait une certaine proposition au roi de Lestia.

Ma proposition était simple. Nous pourrions construire des ponts pour relier les quatre nations en utilisant cette île comme un lien central.

Les ponts seraient bien sûr longs. Cependant, les construire n’était pas du tout impossible. Si nous les construisions, le commerce entre les quatre nations serait considérablement facilité. De plus, avec l’île comme centre, elle pourrait même devenir un centre commercial prospère.

Chaque pays serait naturellement en mesure d’établir ses propres règles commerciales. Et les exportations, tout comme les importations, seraient strictement contrôlées.

Je construirais les ponts vers chaque nation, en échange d’un droit de péage. En plus de cela, j’éliminerais toutes les créatures dangereuses qui vivaient sur le territoire central.

Les gouvernements de Roadmare et de Ryle avaient tous deux accepté le projet. Il ne nous restait plus qu’à voir si Felsen voulait aussi y participer. Si Felsen n’était pas d’accord, je me contenterais de créer une route commerciale entre les trois autres nations, mais je ne voyais pas vraiment de raison pour qu’ils refusent.

« J’ai entendu dire que Felsen est à la pointe du développement de la technologie magique, est-ce vrai ? »

« C’est exact. Ils font des recherches sur toutes sortes de choses, y compris les artefacts, les technologies anciennes, les enchantements, les talismans, le ninjutsu d’Eashen et la nature. »

La magie possède sept grands attributs élémentaires dans ce monde, mais il existe aussi des ramifications inhabituelles qui font appel au pouvoir magique. On les appelait « arts ». Le ninjutsu que Tsubaki employait était un exemple de ce style.

Ils n’étaient pas déterminés par des affinités élémentaires comme les sorts conventionnels, donc n’importe qui ayant de la magie en lui pouvait les utiliser. Cependant, il fallait s’entraîner comme un fou pour les utiliser. Même s’il fallait environ cinq ans pour comprendre les bases, vous ne pouviez pas utiliser les capacités les plus élémentaires avant au moins cinq ans de plus. Donc, en réalité, le chemin des arts prenait beaucoup plus de temps et de dévouement que le maniement de la magie.

Certains arts étaient gardés secrets et limités à des familles spécifiques, de sorte qu’on ne pouvait jamais vraiment maîtriser tous les arts disponibles. Les Daoshi de Yulong, par exemple, étaient des maîtres des arts du talisman.

« Environ soixante pour cent de tous les objets enchantés dans le monde ont été produits par les artisans magiciens de Felsen. Leur taux de réussite est cependant en deçà de celui de votre sort [Enchantement], qui semble toujours fonctionner… ils n’ont donc aucun moyen de les produire en masse. »

« Ils échouent tant que ça ? Quel est leur taux de réussite ? »

« Environ une tentative sur dix fonctionne, je crois… Dans un bon jour. »

Moins de dix pour cent… ? Pas étonnant que les marchandises enchantées soient si chères.

La Bibliothèque de Babylone possédait quelques livres détaillant comment améliorer vos chances d’enchantement et d’autres techniques… mais je n’avais pas de livres sur les autres arts qui s’étaient développés depuis l’époque du Docteur Babylone. Le ninjutsu, par exemple, s’était développé à Eashen, mais personne ne vivait dans cette région du monde il y a cinq mille ans, donc il n’y avait pas de livres qui en parlaient.

J’avais réalisé que je pouvais très facilement utiliser mon propre sort [Enchantement] pour produire en masse toutes sortes de biens et faire fortune, mais cela aurait eu un impact considérable sur les revenus de Felsen… l’idée était donc vouée à l’échec.

Alors que je réfléchissais à divers arts magiques, notre carrosse traversa la ville du château et s’était rendu à la demeure royale.

Le château de Felsen ne ressemblait pas à la forteresse française que j’avais imaginée au départ. Il ressemblait plutôt à un château britannique classique. Il était très digne et rustique. Il dégageait une telle aura traditionnelle qu’il était facile d’imaginer que c’était la forteresse d’un mage.

Nous avions monté les marches jusqu’à l’entrée principale. Le chevalier roi Reinhard était passé devant et j’avais suivi derrière lui. Puis, j’avais levé les yeux et je vis un homme qui nous attendait à l’entrée.

Il avait l’air d’avoir au moins la quarantaine. Il était extrêmement grand et costaud, et il portait une armure étincelante. Il me rappelait un lutteur professionnel, ou un joueur de football américain.

Sa barbe couvrait la moitié inférieure de son visage, et ses cheveux gris-noir étaient mal coiffés. Il portait une belle cape blanche avec des coutures dorées et, dans sa main droite, un magnifique sceptre d’argent.

Mais ce qui m’avait le plus frappé, c’était la cicatrice sur son visage.

Il s’est battu contre un tigre ou quoi ?

« Chevalier Roi de Lestia, Grand Duc de Brunhild… Bienvenue à Felsen, les gars. »

L’homme géant, le roi Boulanger Frost Felsen, nous avait souri à tous les deux.

« Ohoho... Des ponts sur l’île d’Enlush ? Oui, je pourrais voir les profits grimper en flèche si nous établissions tous le commerce de cette façon. Mais… »

J’avais raconté le plan au roi, mais celui-ci caressa sa barbe et semblait appréhensif.

« Quelque chose ne va pas ? »

« Oui, regardez… Même si nous construisons ce pont, l’île d’Enlush est sur le territoire de Lestia, n’est-ce pas ? Et si Lestia décide d’arrêter le passage sur l’île selon ses propres caprices, hein ? »

« Ce n’est pas un problème. Lorsque les ponts seront terminés, l’île sera divisée en quatre territoires. Chaque pays sera propriétaire de ce segment de l’île, et dix pour cent des péages commerciaux iront à Brunhild. Après tout, la nation du Grand-Duc construira les ponts et éliminera les monstres. »

Reinhard avait rapidement calmé les inquiétudes du roi de Felsen.

J’aurais été heureux de construire les ponts gratuitement et de les lui laisser, mais le Doge Audrey de Roadmare m’avait dit que je devrais prendre la responsabilité des ponts au cas où des problèmes se poseraient à l’avenir, alors j’avais accepté.

Les coûts ne seraient pas très élevés, mais ils s’additionnaient, car les ponts finiraient par être assez longs. Les pays me rembourseraient tous les frais en me donnant dix pour cent des péages des ponts. J’avais également dit que je ne leur prendrais plus d’argent une fois qu’ils m’auraient payé la totalité du montant. Cela prendrait au maximum dix ans si les ponts étaient fréquemment utilisés. Mais je n’aurais pas hésité à ce qu’ils me paient plus rapidement s’ils en avaient les moyens.

Au départ, j’avais juste prévu d’installer des portails de transfert instantané pour tous les pays, mais s’ils tombaient en panne, je serais le seul à pouvoir les réparer. Les ponts étaient le choix le plus sage, si je voulais au moins penser à l’avenir.

« Eh bien, Grand-Duc… je vous demande si vous pensez pouvoir construire quatre ponts de cette taille. »

Un homme que je ne connaissais pas bien avait pris la parole. Il était assis à la même table que nous. Ses yeux étaient d’un bleu profond, et ils me regardaient avec une intensité de faucon. Cet homme était le Premier ministre de Felsen. Si je me souvenais bien, il s’appelait Amond.

« Je peux le faire en trois jours environ, une fois que j’aurai le matériel. Je ne fais rien d’extrêmement flashy, juste des ponts. »

« Je doute que vous puissiez faire une telle chose en trois jours seulement… Même si vous utilisiez ces engins géants nommés Frame Gear, quatre ponts en si peu de temps, c’est absurde, non ? »

Amond dirigea un regard empreint de doute dans ma direction. Je ne lui avais pas vraiment reproché d’avoir eu tort, mais je n’allais pas du tout utiliser mes Frame Gears.

J’allais simplement utiliser l’Atelier pour fabriquer les ponts, comme je l’avais fait pour le château de Brunhild. C’était plus de travail que d’habitude, mais l’Atelier était alimenté par le réacteur de la Tour, donc il était vraiment à la hauteur de la tâche.

« Mes Frame Gears ne seront pas impliqués. J’ai quelque chose qui peut prendre les matériaux et les déplacer au bon endroit. Pour faire simple, c’est quelque chose qui peut prendre un tas de pierres et les déposer en forme de pont. »

« … Est-ce un artefact ? »

« Euh, quelque chose comme ça. Mais je suis le seul à pouvoir l’utiliser. »

L’homme qui venait de parler était un type maigre et effrayant. Je ne pouvais pas dire à quoi il pensait. Ses yeux étaient morts et vitrés jusqu’à il y a un instant, mais ils étaient revenus à la vie au moment où j’avais mentionné mes capacités. C’était le magicien de la cour de Felsen. Je crois qu’il se nommait Ludo.

***

Partie 2

« Pourquoi vous seul pouvez l’utiliser, Grand-Duc ? »

« La seule chose que je puisse vous dire, c’est que l’artefact fonctionne ainsi. Même dans mon propre pays, les détails sont confidentiels… Désolé. »

« Je… vois… Comme c’est malheureux. »

Ludo soupira un peu et ses yeux avaient retrouvé leur glaceur mortel. On aurait dit qu’il ne se souciait pas beaucoup des choses qui n’étaient pas excitantes.

Le roi de Felsen m’avait fait un petit sourire.

« Pardonnez son manque de manières. Il a fait beaucoup de recherches ces derniers temps, ça le fatigue beaucoup. »

« Oh, ne vous inquiétez pas. Je ne suis pas offensé. »

J’étais de toute façon habitué à ce que les gens agissent comme lui. J’avais Charlotte, la magicienne de la cour de Belfast, et Leen dans mon château. Elles s’illuminaient toutes les deux chaque fois que je mentionnais des choses inhabituelles, mais n’étaient pas si enthousiastes autrement.

Les personnes assises à la table, autres que moi, étaient le chevalier roi de Lestia, le roi de Felsen, le Premier ministre Amond, le magicien de la cour Ludo, et une autre personne qui avait finalement décidé de prendre la parole.

« Grand-Duc… Vous possédez de nombreux artefacts fascinants, et ces guerriers géants aussi. Les avez-vous peut-être trouvés dans un certain ensemble de ruines ? »

« … Certains d’entre eux, mais pas tous. Certains sont de ma propre fabrication. »

« Je vois, je vois… En effet, vous pouvez utiliser le sort [Enchantement]… Sans parler du fait que vous avez la maîtrise de tous les éléments. C’est une position enviable. »

L’homme qui commentait et riait doucement était Easeus, directeur de la Chambre de commerce et d’industrie magique de Felsen. Il était responsable de tous les mages, artisans et marchands du pays. Il avait les cheveux gris ondulés et portait une paire de lunettes de soleil. Je ne savais pas que les lunettes de soleil existaient dans ce monde… Elles avaient aussi certainement un effet magique sur elles, bien que je ne puisse pas dire lequel. En tout cas, je savais pertinemment qu’il s’agissait de lunettes de soleil enchantées.

Pour être honnête, j’avais trouvé cela suspect. Mais je ne pouvais pas vraiment accuser un type d’être suspect juste parce qu’il portait des lunettes de soleil lisses.

Après avoir rencontré le roi de Felsen, je ne pensais certainement pas que c’était lui qui était responsable du vol du Frame Gear. Reinhard avait ses raisons pour le considérer comme un homme bon. Il y avait toujours la possibilité qu’il joue double jeu, mais j’en doutais fortement.

Quant au Premier ministre Amond, au magicien de la cour Ludo, ou à l’officier en chef Easeus…

N’importe lequel d’entre eux aurait pu être le cerveau que je cherchais. Il était après tout possible que le coupable opérait à l’insu du Roi. Tous les trois avaient un pouvoir considérable dans le pays, ce n’était donc pas une hypothèse déraisonnable.

Mais j’avais dû chasser de telles pensées de ma tête. Il n’aurait pas été juste de ma part de juger sans fondement les gens autour de moi.

« Eh bien, un pont me semble très bien. Tout comme les autres, nous paierons notre part à Brunhild pour couvrir les frais. »

« Votre Majesté… Est-ce la décision à laquelle nous sommes arrivés ? »

Le Premier ministre Amond s’était tourné vers le Roi, comme pour confirmer le choix.

« Je parie que le pays qui ne respecte pas cet accord perdra beaucoup d’argent. De plus, je suis sûr que les trois autres ne conspireraient pas pour nous attaquer. Le grand-duc de Brunhild s’occupe des détails, donc il nous aiderait en cas de problème, non ? »

« Effectivement. »

Les quatre pays avaient des relations d’amitié communes, mais je n’étais pas tout à fait sûr que cette paix serait éternelle. Il était tout à fait possible que les ponts puissent servir de voies d’invasion. C’était pourquoi j’avais prévu de mettre des fortifications défensives le long de chaque pont pour essayer d’empêcher cela.

« Bon, maintenant qu’on a réglé ça… Hé, Grand-Duc. Vous voulez bien venir avec moi ? Je veux vous montrer quelque chose. »

Le roi de Felsen fit un large sourire dans ma direction pendant qu’il parlait. Quelque chose dans ses yeux semblait terriblement audacieux. Huh… Que pouvait-il vouloir ?

◇ ◇ ◇

« Whoa… »

« Eh bien ? Plutôt sympa, hein ? »

Le roi de Felsen m’avait amené à sa salle du trésor. Il y avait des armes sur des piédestaux fantaisistes, et encore plus sur les murs.

Des épées, des lances, des arcs, des haches, des grandes épées, des poignards, des katanas, des faux, des chaînes, et bien d’autres encore… J’avais regardé autour de moi et j’avais remarqué que chaque arme exposée était forgée dans une sorte de métal rare, et que la grande majorité d’entre elles était également pourvue d’enchantements.

Il y en avait beaucoup trop… Le chevalier-roi et moi-même étions restés sans voix. En général, on trouvait ce genre d’objets dans une armurerie, pas dans la réserve personnelle du Roi.

« Cette hache ici a environ 500 ans. Elle a été maniée par un légendaire tueur de dragons nommé Buckram. Elle est même envoûtée par un sort de feu ! Voyez-vous, Buckram était incapable d’utiliser la magie, donc cette hache était une grande bénédiction pour le héros. »

La hache qu’il tenait à la main était d’un rouge éclatant. Le roi la tenait fièrement. Elle avait certainement l’air bien trempée.

« Vous aimez beaucoup les armes, hein ? »

« Ah zut… Ne vous méprenez pas, c’est juste que, euh… plutôt que d’amasser des armes… J’aime les histoires derrière les armes. Les grands héros et les héroïnes, leur vie, leur maîtrise de leur art. Ce sont ces histoires qui me font vraiment haleter. »

C’était certainement compréhensible. Il semblerait que le roi de Felsen avait amassé toute une collection d’histoires.

« Je sais que cela ne doit pas être très courant pour un homme de mon âge, mais je suis rempli d’une telle excitation quand je pense aux gens qui les tenaient autrefois dans leurs mains. J’adore leurs histoires, et chacun d’entre eux avait une détermination unique. Enfant, je lisais pendant des heures des histoires sur les grands héros d’antan. »

Cet homme n’était certainement pas fait pour être roi d’un pays magique. Honnêtement, je me demandais si ce royaume serait bien géré sous sa direction.

« Quand j’étais un petit enfant, je pensais que je serais moi aussi un héros. Je suis allé dans les forêts et je me suis battu avec une profusion de monstres. Une fois, j’ai même eu une rencontre particulièrement désagréable avec un ours tigre. C’est comme ça que j’ai eu ça. »

Il avait montré les cicatrices sur son visage avec un sourire amusé.

Un ours tigre… Ce sont des ours normaux avec des rayures de tigre, non ? Il y a longtemps, Yae en avait effectivement tué un à la suite d’une quête de guilde. Mais, quand j’étais enfant, je me battais contre un de ces ours… Ce type est à un tout autre niveau.

« Honnêtement, Grand-Duc… Je suis sacrément jaloux de vous. Tueur de dragons, démolisseur de Golems, tueur de démons ? Vous vous aventurez tout le temps. Si mon grand frère n’était pas mort, j’aurais aimé vivre une vie comme la vôtre. »

Eh bien, ma situation était un peu différente… J’étais après tout un aventurier avant d’être un membre de la famille royale.

« Oh oui, vous utilisez une arme inhabituelle, n’est-ce pas ? Puis-je y jeter un coup d’œil ? »,

Le roi avait timidement montré du doigt ma taille. Brunhild n’étant pas un secret, je l’avais donc sortie afin de le lui montrer.

« Voici Brunhild. Elle porte le même nom que ma nation. Je peux utiliser cette arme de près ou à distance. J’ai aussi conçu cette arme moi-même. »

J’avais transformé l’arme en épée. Il sauta presque de surprise pendant un moment quand il la vit s’étendre, mais ses yeux étaient pleins de curiosité.

« Vous avez vraiment fait ça vous-même… Je n’arrive pas à y croire… C’est incroyable. »

« Le grand-duc de Brunhild est un formidable artisan. L’épée que je porte aujourd’hui est en fait un cadeau de sa part. »

Le chevalier roi Reinhard dégaina l’épée à sa taille et la posa délicatement sur une table voisine. C’était la lame de cristal que je lui avais faite, celle qui ressemblait à la Sainte Épée de Lestia.

« Oh ! Incroyable… Quel chef-d’œuvre... »

Les deux armes avaient été forgées à partir de phrasium, et personne d’autre au monde que moi ne pouvait les forger en armes.

« Avez-vous dit que vous l’avez reçu comme un cadeau… ? »

« Effectivement. C’était un cadeau pour mon couronnement. Je la porte depuis sur mon côté. C’est une lame extrêmement tranchante, et elle est aussi remarquablement légère. Sa seule faiblesse est le sentiment de victoire qu’elle vous procure, haha… »

Je doute fort qu’il ait beaucoup utilisé l’épée en combat réel. Elle était assez forte pour tuer n’importe quoi ayant un niveau inférieur à une Construction Haute, donc il pouvait probablement vraiment battre n’importe quoi avec elle.

Le roi de Felsen regarda la lame avec des yeux envieux, puis il se tourna vers moi.

« Hé, Grand Duc… Pourriez-vous aussi me faire quelque chose ? Comme une sorte de cadeau entre pairs. »

Hmm… Eh bien, je suppose que ce serait bien. Ce n’est pas comme si le phrasium était quelque chose comme un secret d’État de nos jours. Et même si j’en fais une de plus, je doute qu’ils puissent en faire quelque chose. Le pire qu’il puisse se produire était qu’il allait ajouter une arme cool de plus à sa collection.

« Bien sûr, je ne vois aucune raison de refuser. Qu’est-ce que vous avez en tête ? »

« Qu — vraiment !? Merci ! Laissez-moi réfléchir… Ce sera sûrement une épée, oui… Et pouvez-vous l’enchanter ? »

« Euh, bien sûr. Mais n’en demandez pas trop, ce serait problématique. »

Je ne voulais pas que ce soit une arme trop puissante. Si je l’enchantais avec un de ces trucs anciens que j’avais étudiés, ce serait monstrueux. Mais ses réserves de mana seraient probablement réduites… Il s’effondrerait après un seul coup. Il était quand même possible de concevoir des armes qui exploitaient la magie de plusieurs personnes, ce qui permettait de les utiliser plus que d’habitude.

« Peut-être… quelque chose qui pourrait protéger contre le poison ou la paralysie… Vous avez quelque chose qui puisse guérir des maux comme ça ? »

Poison… Paralysie ? Ça semble assez dangereux… J’avais décidé qu’une lame ayant [Récupération] ferait probablement l’affaire.

« Je peux faire ça, mais êtes-vous certain que c’est ce que vous voulez ? »

« Oui, c’est ce que je veux. Quant à la largeur de la lame… Elle devrait être, euh… Vous voyez ici ? Ça devrait être à peu près la largeur de cette lame. Oh, au fait, celle-ci a été maniée par le l’épéiste magique errant Gandal. Il conjurait les tempêtes de sable avec ce puissant… »

Il était sur le point de commencer une conférence complète sur l’histoire de l’épée, alors j’étais rapidement allé lui fabriquer l’arme.

J’avais sorti quelques fragments de phrasium de mon [Stockage] et j’avais utilisé la [Modélisation] pour leur donner une forme similaire à celle de l’épée de Gandal. J’avais parfaitement copié le dessin de la lame, mais j’avais changé la poignée, décidant de l’orner également de l’emblème royal de Felsen. De mon point de vue, c’était bien.

Après cela, je l’avais enchantée avec [Gravité] pour en réduire le poids et j’ajoutais la [Récupération] qu’il voulait.

***

Partie 3

Le roi de Felsen la prit dans ses mains et l’agita un peu. Il avait dit que c’était un peu trop léger. Je pensais que le poids était bien, mais il ajouta qu’il aimait avoir un peu de poids sur ses lames, sinon il ne les sentait pas trop bien. Je n’avais pas bien compris, mais j’avais accepté.

« Heheh... C’est merveilleux… Quelle épée puissante ! »

« Si vous versez votre magie à travers le manche de la lame, le sort de récupération devrait se déclencher. Il faudra cependant beaucoup de pouvoir magique, donc l’inconvénient est qu’elle ne peut pas être utilisée par n’importe qui, et que vous ne pourrez pas l’utiliser de manière soutenue. »

« Entendu. Je vais essayer. »

Hein ? Comment ? Le roi de Felsen avait répondu à mon intervention en prenant un poignard en or et en se tranchant le bras gauche avec. Son visage devint immédiatement blanc maladif et il commença à transpirer abondamment. Il avait l’air de souffrir atrocement.

« Ce… Ce poi… gn… poignard était manié par… par Alejandro le… le vaillant… vo-voleur ! Ah… C-c-comme, ngh… tu p-peux voir… elle est enchantée av... avec… du poison ! Al-Alejandro a utilisé… khh… cette lame, pour… la… »

« Ce n’est pas le moment de faire une leçon d’histoire ! »

Est-ce que ce type est un idiot !? Le vieil homme versa son pouvoir magique dans la poignée de l’épée, et la [Récupération] s’était finalement déclenchée. Son corps avait immédiatement perdu tout signe de fatigue.

Moi-même et le Roi Chevalier avions poussé des soupirs de soulagement. S’il était mort comme ça, nous aurions eu de gros problèmes. Il y avait des chevaliers de Felsen et de Lestia dans la pièce avec nous, mais… J’avais été surpris qu’aucun des deux ne soit intervenu pour l’arrêter.

« Ouah… Je suis vraiment guéri, hein… ? C’était incroyable ! »

« … Attendez une minute. Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas assez de magie ? »

« Je suis un membre de la famille royale, mon garçon. Une puissante et profonde réserve de magie coule dans mes veines. En plus, même si je n’en avais pas assez, vous m’auriez guéri, non ? »

Bien sûr que je l’aurais fait, mais cela ne vous a-t-il pas traversé l’esprit que j’aurais pu avoir des intentions malveillantes ? J’aurais pu mentir à propos de l’épée ou sur le fait que je vous guérisse ! Le Roi Chevalier m’avait regardé avec un petit sourire complice. Je me rendais compte que ce type était un grand idiot. Je ne pouvais pas le désigner comme le voleur de Frame Gear.

« Pourtant… le fait que vous ayez demandé une épée pour guérir des maux… Avez-vous peur d’être victime d’un empoisonnement ? »

« Hm ? Non, non… C’est juste qu’il vaut mieux prévenir que guérir. »

Le roi de Felsen semblait joyeux, mais cette joie me semblait être de façade. Une partie de moi sentait que la vie de l’homme était en danger, mais je ne savais pas comment… Je me demandais si tout allait bien à Felsen.

« Passons à autre chose ! Il y a un autre sujet dont je voudrais discuter avec vous, Grand-Duc, si vous avez le temps. »

« Bien sûr, c’est à quel sujet ? »

Est-ce le moment où il me parlera du Frame Gear volé ? Sais-tu qui en est responsable, mon vieux !? Ou est-ce à propos de votre paranoïa d’être empoisonné ? Quel est le complot ici ?

« Aha… B-B-Bien… Euh... . Je vais avoir quarante-deux ans cette année, mais… Je ne suis pas encore mariée. »

« … OK. »

« Mon grand frère a été celui qui a succédé au trône, donc je ne me suis pas marié quand j’étais jeune, et je ne me souciais pas vraiment du mariage. De plus, je n’ai pas vraiment trouvé quelqu’un qui me correspondait, alors j’ai fini par abandonner… Mais je me suis trouvé béni par le destin, je crois. Une rencontre fortuite qui a dû être ordonnée. »

Voir un vieux type musclé qui avait l’air si timide était un peu dégouttant. Je voulais juste savoir où il voulait en venir.

« Allez-vous donc vous marier ? »

« O-Oui, Chevalier Roi Reinhard. »

Le Roi Chevalier lui lança la perche.

Oh, c’est donc ce qu’il voulait dire. Ce type n’est pas doué pour être direct quand il s’agit de romance, hein ? Quand même, un gars qui peut sourire comme ça en étant tout agité ? C’est un peu effrayant…

« Ah, eh bien… Félicitations, alors. Alors, de quoi vouliez-vous me parler ? »

« Aye, bien… C’est juste que, euh… En fait, pouvez-vous attendre ? Il serait peut-être mieux que vous la rencontriez… »

Le roi de Felsen avait dit quelque chose à un garde, et le garde en question quitta immédiatement la pièce. Je m’étais demandé de quoi il s’agissait.

Au bout d’un moment, on frappa à la porte. Le roi répondit « Entrez ! » et une femme vêtue d’une robe bleu pastel apparut.

Hein… ? Elle doit avoir mon âge. Est-elle peut-être plus âgée ? Je dois avoir dix-sept ou dix-huit ans… Elle avait de beaux cheveux courts et argentés. J’avais aussi senti une force de caractère dans ses yeux.

Attendez… n’ai-je jamais rencontré cette fille avant ?

« C’est un grand plaisir de vous rencontrer tous les deux pour la première fois, Grand Duc de Brunhild, Chevalier Roi de Lestia… Merci de m’honorer de votre présence. »

« Hehe... Oh, uhm. C’est ma fiancée, Ellicia. »

Attendez, attendez… C’est la fiancée… ? N’y a-t-il pas vingt-cinq ans de différence ? Vous ressemblez à un parent et à un enfant quand vous êtes l’un à côté de l’autre ! Ne me dites pas que le Roi de Felsen aime les minaudes…

« Je vous suis redevable, Grand-Duc, pour les merveilleux soins que vous avez accordés à ma petite sœur. Je suis heureuse d’avoir enfin la chance de vous rencontrer. »

« Hein ? » Mes pensées avaient été coupées par le sourire éblouissant d’Ellicia. Euh… Sa sœur ?

« Pardonnez-moi pour mon autoprésentation tardive. Mon nom est Ellicia Leah Regulus. Comment va Lucia ? »

« Oh. Ohhh ! »

Je me demandais d’où je vous connaissais ! Vous ressemblez à une version un peu plus âgée de Lu ! Elle m’avait dit que sa sœur étudiait à Felsen, mais ce fut une surprise. Cette rencontre m’avait complètement aveuglé.

Mais attendez… la princesse de Regulus et le roi de Felsen… ? Ils sont bien assortis socialement, mais… n’est-ce pas un peu criminel ?

J’avais tranquillement censuré ces réflexions une fois que je m’étais rappelé que j’étais en fait fiancé à sa sœur de treize ans.

Bien que notre différence d’âge ne soit que de quatre ans… C’est tout à fait normal… C’est très bien… Je me disais que c’était bien. Attendez, attendez une seconde… Si Ellicia est ma belle-sœur grâce à mon mariage avec Lu… alors son mariage avec le vieux roi ne fera-t-il pas de lui mon beau-frère !? Quoi ?

« Est-ce que quelque chose ne va pas ? »

Le Roi Chevalier, un de mes futurs beaux-frères, me demanda si j’allais bien.

« Je… je vais bien… Je suis juste heureux d’avoir Jutaro et Reinhard comme beaux-frères… »

« Hm ? » J’avais murmuré mes remerciements d’une voix si basse que personne d’autre ne pouvait entendre.

Attendez, j’ai complètement oublié le prince héritier de Regulus.

Ce n’est cependant pas ma faute… Il est tellement inoubliable ! Il s’appelait euh… Lux, c’est ça… N’est-ce pas ?

Bon sang. En fait, j’ai oublié son visage. C’est un gars sympa, mais il ne m’avait fait aucune impression.

Je m’étais excusé mentalement auprès de Lux, puis j’étais passé à autre chose.

« Alors, vous aviez quelque chose à me demander ? »

« Bien, oui… Uhm, ahaha… C’est à propos de mon mariage avec Ellicia, voyez-vous… Nous n’en avons pas vraiment parlé à Regulus. »

« Pardon ? Ne serait-ce pas typiquement la première chose que vous feriez ? »

Quoi, lui avez-vous fait votre demande hier ? Je suppose que je peux vous emmener là-bas si vous voulez.

« Je suis venu dans ce pays pour étudier la mécanique de la magie. Le roi de Felsen a volontiers décidé de me conseiller, et… avec le temps, comme je suis venue le voir pour lui demander conseil, eh bien… »

Ma belle-sœur regarda vers le bas avec un visage rouge. Je ne comprenais toujours pas exactement ce qui s’était passé. Est-ce qu’elle était vraiment tombée amoureuse de ce vieux fanatique d’armes juste parce qu’il n’arrêtait pas de lui apprendre ? Je connais l’expression « du moment que votre bateau flotte », mais le bateau de cette fille flottait dans une direction inhabituelle.

Pourtant, il était peu fréquent qu’une princesse étudie la mécanique magique dans un pays étranger.

Le roi de Felsen se tourna vers moi et, avec une expression étonnamment douce, prit la parole.

« Regarde, mon garçon… Sa Majesté l’empereur de Regulus m’a confié sa fille. Elle a été envoyée ici pour de vraies et légitimes raisons académiques. Je ne regrette pas de l’avoir prise comme fiancée, mais… Je ne peux pas m’empêcher de penser que j’ai en quelque sorte trahi sa confiance. C’est pourquoi j’ai pensé que vous pourriez peut-être m’aider à arranger les choses, vous comprenez. »

J’avais assez bien compris. Il y avait toujours la possibilité que l’empereur dise quelque chose comme « Comment osez-vous corrompre ma petite fille ! C’est la guerre ! C’est la guerre, bon sang ! » Mais je ne m’attendais pas à ce genre de réaction de la part de la personne calme et recueillie que je connaissais.

Mais quand même, il devait voir la situation sous deux aspects. Il devait y penser comme un empereur et comme un père. Les choses s’étaient arrangées assez simplement quand je m’étais fiancé avec Lu, mais la situation était un peu différente.

« En fin de compte, vous ne pouvez pas ne pas lui dire. Il n’y a pas vraiment le choix. Vous devez juste vous ressaisir et lui raconter toute l’histoire. Je peux vous envoyer à Regulus tout de suite. »

« J-juste comme ça !? M-Mon cœur… Mon cœur n’est pas préparé ! »

« Si vous continuez à rester au même endroit, vous ne ferez jamais aucun pas en avant. N’avez-vous jamais entendu l’adage selon lequel il n’y a pas de meilleur moment que maintenant ? »

« N-Non, jamais entendu… »

Oh… Ce proverbe n’existe-t-il pas ici ? Eh bien… J’avais envoyé une lettre à travers un Portail Miroir pour organiser une visite à Regulus.

Le chevalier roi me regardait avec une légère inquiétude dans les yeux.

« Êtes-vous sûr que c’est bien ? Pouvez-vous vraiment emmener le Roi de Felsen comme ça ? »

« Ce serait dommage que l’administration de Felsen fasse comme si je l’avais kidnappé, oui… Peut-être que je devrais faire venir ici l’Empereur de Regulus ? »

« Mais alors, qu’en est-il de la sécurité de l’empereur ? »

« Aucun souci, rien de tel n’arrivera tant que je serai là. »

Naturellement, j’avais prévu de faire aussi venir leurs gardes.

J’avais demandé au roi de Felsen s’ils avaient des salles adaptées pour accueillir une petite audience. Il fit préparer une salle immédiatement par ses hommes.

Nous l’avions finalement laissé dire : « S’il vous plaît, confiez-moi votre fille ! »

Son partenaire n’était cependant pas beaucoup plus âgé que moi… Pour être franc, c’était un peu bizarre.

Le roi de Felsen s’était enfui, paniqué, désespéré de se changer en quelque chose de plus fantaisiste. Mais, pour une raison quelconque, il s’était retrouvé coincé à la porte.

« La-La porte ! La porte ! Il y a un problème avec la porte ! »

« Votre Majesté… P-Poussez la porte, ne tirez pas ! »

« Qu-Quoi !? Oh, c’est vrai ! »

Il ouvrit la porte avec une force furieuse et se mis à courir dans le couloir. Il avait l’air absolument frénétique.

« Est-ce qu’il va s’en sortir… ? »

« Hehe... Ne t’inquiète pas, c’est son petit côté agréable. »

J’avais forcé un sourire dans la direction d’Ellicia. Elle s’était confiée à propos de son amour, ce qui était bien, mais…

Je pense que vous et moi avons des critères différents pour juger ce qui est adorable, mademoiselle…

Après y avoir réfléchi un peu plus, j’avais réalisé que ces deux excentriques étaient probablement parfaits l’un pour l’autre.

***

Partie 4

« Je vois… Alors c’est ça l’histoire ? »

Le roi de Felsen et la deuxième princesse de Regulus, dont les visages étaient tout rouge, regardaient fixement le sol. Ils étaient assis devant l’empereur de Regulus.

« Si vous aviez pris ma fille comme maîtresse ou concubine, je n’aurais certainement pas réagi de la même façon… Mais un mariage légal et contraignant qui lie les destins de nos nations entre eux ? Je comprends. »

« Père ? »

« Alors vous voulez dire… »

« Je n’ai aucune raison de refuser cela, non. Mais… Touya ? »

« Oui ? »

L’Empereur tourna son regard vers moi. J’étais assis à une autre table avec le Roi Chevalier.

« Pourrais-tu utiliser ta magie pour empêcher le son de s’échapper de cette pièce ? »

« Hein ? Bien sûr… ? »

Je lançais [Silence] pour insonoriser complètement la zone. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de me demander ce que l’Empereur voulait dire.

« C’est fait. Pas un mot ne sortira. »

« Très bien. Alors, Touya… As-tu déjà discuté de cette affaire avec le roi de Felsen ? »

Celle… affaire ? Oh, le Frame Gear volé ?

« Non. Je n’en ai pas encore parlé. Je n’ai pas vraiment pensé que c’était approprié, étant donné les circonstances. »

Personnellement, je ne pensais pas que le roi de Felsen était à l’origine du vol, mais je m’étais dit qu’il y avait encore une toute petite chance. Je n’avais pas encore pris ma décision, mais il semblerait que l’Empereur tenait à ce que nous en discutions.

« Eh bien, je dois dire que je ne peux pas permettre qu’Ellicia soit fiancée à cet homme tant que la question n’est pas résolue. Tu comprends ? »

« Eh bien… Je veux dire, je comprends, mais quand même… »

« Euh… Quel est donc le problème ? V-Vous ne nous permettez pas de nous marier ? Si j’ai fait quelque chose de mal, s’il vous plaît, dites-le-moi ! Je vais le réparer immédiatement ! »

Le roi de Felsen se leva et commença immédiatement à paniquer. Je lui avais dit de s’asseoir. J’avais commencé à lui expliquer la situation.

Je lui avais parlé de la bataille de Roadmare, du vol de pièces de Frame Gear et de la route commerciale qui menait à Felsen.

« Quoi… ? Je vous assure que ma nation ne ferait jamais une telle chose ! Nous ne tirerions jamais profit d’une telle bataille… Je vous en prie, croyez-moi ! »

« Nous vous croyons. Je ne pense pas que vous en soyez personnellement responsable. Mais nous croyons que les coupables vivent dans cette nation. Avez-vous une idée de qui pourrait être derrière tout ça ? »

Cette fois, Reinhard s’était levé pour rassurer l’homme. Cela semblait fonctionner. Ce qui était important, c’était que le roi ne pensait pas que nous le suspections.

En réponse, le roi de Felsen se mit à caresser sa barbe et à penser tout seul.

« Si je devais penser aux gens qui veulent utiliser les technologies anciennes… mon esprit se tournerait immédiatement vers Gordien, l’Ordre doré… Peut-être… ? »

« C’est quoi ce gordien ? »

Je m’étais soudainement interposé, car ce mot m’était venu à l’esprit. Après tout, j’avais entendu parler du nœud gordien dans mon propre monde.

« Felsen est le royaume magique parce que nous faisons des recherches sur toutes sortes de techniques magiques. Cependant, il existe aussi de la magie que la société qualifierait de tabou… »

« La magie taboue… ? »

« En effet. La magie taboue comprend les malédictions incassables et la magie sacrificielle qui peuvent provoquer des catastrophes de grande ampleur. C’est une forme de magie qui ne peut mener qu’à la ruine. D’où le nom, tabou. Interdit. »

Malédictions et cataclysmes, h-huh… ?

« Felsen interdit explicitement la recherche de la magie taboue, mais il y a toujours ceux qui s’y adonnent. Ces gens tentent de faire revivre des techniques anciennes et de les utiliser, à l’abri des regards. C’est le but de Gordien, l’Ordre doré. »

« Je crois que je comprends… Donc vous dites que ces gars sont les plus susceptibles d’avoir pris le Frame Gear de Touya ? »

« Peut-être, mais tout ce que je peux faire, c’est de le supposer. Leur but n’est pas seulement de faire revivre des techniques taboues, mais aussi de recréer des artefacts puissants et dangereux de l’ancien monde. On m’a dit que leurs membres comprennent des mages, des artisans, des ingénieurs, des marchands et d’autres types de chercheurs. »

L’empereur de Régulus et le roi de Felsen se firent un signe de tête en parlant l’un à l’autre. Pendant ce temps, je commençais à me sentir un peu mal à l’aise.

La raison en était simple… Je… peux utiliser la magie taboue, j’en ai même beaucoup…

Après tout, la bibliothèque de Babylone contenait beaucoup de ces anciens tomes.

Je n’avais pas réalisé à quel point ces livres étaient dangereux… J’avais même utilisé certains de ces sorts… En plus, j’avais aussi maudit des gars…

J’avais décidé de ne rien dire. Je savais qu’il valait mieux que je me la ferme et que je sois à l’affût de tout ce qui était inhabituel dans mes propres recherches sur la magie. Une grande partie de moi pensait cependant qu’il était un peu trop tard pour être prudent à ce stade.

Pourtant, les sorts cataclysmiques que je connaissais n’exigeaient pas de faire des sacrifices. Ils nécessitaient une quantité monstrueuse de pouvoir magique, c’était certain, donc ils ne pouvaient pas être utilisés normalement à moins que des milliers de personnes ne les canalisent en même temps. Dans une telle foule, il ne serait pas surprenant que quelques personnes s’effondrent d’épuisement à cause de la magie. J’avais eu l’impression que les gens avaient probablement exagéré ces histoires au fil des ans, donnant aux sorts la réputation moderne qu’ils avaient maintenant. Pourtant, ils étaient certainement assez forts pour faire couler de petites îles.

« Touya, peux-tu utiliser ta magie de pistage pour trouver les membres de cette organisation gordienne ? »

« Seulement si je connais leurs visages… Sinon, il faudrait que ce soit des traits que je puisse reconnaître d’un seul coup d’œil. »

J’avais répondu rapidement à la question de l’empereur. La question principale était de savoir combien de barrières magiques ils avaient à Felsen. Même les maisons ordinaires en avaient des rudimentaires. Ce n’était pas non plus comme si je pouvais faire du porte-à-porte, et je ne savais même pas si le coupable se trouvait réellement dans la région.

« Je pense qu’il sera difficile de les trouver. Ils ne se déplacent pas à l’air libre parce qu’ils ont été surveillés de près à un moment donné. Ou plutôt, il serait plus approprié de dire que Gordien… l’Ordre doré… a déjà été détruit dans le passé. »

« Que voulez-vous dire par là ? »

« Il y a vingt ans, Gordien fit une tentative audacieuse de ressusciter d’anciens rituels tabous. Mais mon grand frère, Leold Frost Felsen, donna sa vie pour les empêcher d’acquérir trop de pouvoir. Cela avait été officiellement rapporté comme un accident magique aux autres nations, mais… la vérité est que mon frère est mort dans la bataille avec Gordien. Ils se sont fait exploser et ils ont pris sa vie avec la leur. »

« Le défunt roi y est allé seul ? »

Reinhard s’était exprimé de manière curieuse. Je pouvais comprendre pourquoi il s’interrogeait. Je ne voyais pas pourquoi le dirigeant d’un pays se rendrait directement dans un endroit aussi dangereux. C’est typiquement quelque chose qu’on laissait à ses gardes.

« Eh bien, pour vous dire la vérité… le responsable de Gordian était un ami proche de mon grand frère. Il ne s’attendait pas à ce qu’un homme qu’il considérait comme un membre de la famille soit à la tête d’un ordre aussi maléfique… Mon frère était un homme ayant un fort sens de la justice. Il voulait probablement corriger les erreurs dont il se sentait responsable. »

Je pouvais sentir la tristesse dans sa voix. Ellicia le regardait avec des yeux tristes. Je pouvais certainement sentir l’amour et l’inquiétude qu’elle avait pour lui… mais j’avais toujours l’impression qu’ils étaient plus comme un parent et un enfant.

« Mais attendez… si vous croyez que Gordien a ressuscité, alors qui pourrait être à leur tête ? »

« Qui, eh bien... Une seule personne me vient à l’esprit. Je ne sais pas où il est en ce moment ni ce qu’il a fait de sa vie… »

« Qui ? »

« Galzeld Goldie. C’est le fils de l’ancien chef gordien, Garland Goldie. »

« Le fils, hein… ? Il ne serait pas improbable qu’il succède à son père. »

Toute l’idée d’une société dédiée à la résurrection des artefacts et des sorts tabous… Honnêtement, c’était un peu bizarre pour moi.

L’ancien Ordre doré avait peut-être ce genre d’objectif, mais… Il y avait un sentiment étrange au fond de mon esprit qui me disait que ce néo-gordien ne travaillait pas dans le même sens. Ce n’était cependant qu’un simple jugement personnel.

Je murmurais en moi-même, alors l’empereur de Regulus prenait la parole.

« Rien ne peut sortir de cette discussion si nous ne savons rien de l’ennemi. Cependant, je crois qu’il est dans votre intérêt de vous préoccuper de ces individus dans votre nation. »

« Oui, vous avez raison… Felsen les surveillera, je vous le promets. Si j’entends quoi que ce soit, je vous le ferai savoir. »

J’avais donné trois miroirs portail au roi de Felsen au cas où il aurait besoin de nous contacter d’urgence. Grâce à eux, il pourrait envoyer des messages à Brunhild, Regulus ou Lestia. J’avais aussi donné à l’Empereur et au Roi Chevalier des Miroirs portails correspondants.

Les objets que j’avais distribués attirèrent l’attention de la princesse Ellicia. Elle ne cessait de faire passer des papiers et s’émerveillait chaque fois qu’ils revenaient.

Que faites-vous ? Je n’avais pas le droit d’être trop surpris, puisqu’elle est venue à Felsen à la recherche de connaissances magiques.

« Très bien… Maintenant que j’ai la permission de tout le monde, je commence la mise en place des ponts ? »

Je fis connaître mes intentions aux autres.

« Oui, mais… Je sais que c’est audacieux de ma part de demander, mais… ça ne prendra vraiment que trois jours ? »

Heh… Je suppose qu’il a vraiment eu du mal à y croire.

L’île d’Enlush était en plein milieu de la mer du Rondo, et elle grouillait de monstres. Heureusement, le courant n’était cependant pas trop fort. Mon plan était de remonter le fond de la mer dans des zones stratégiques clés et de faire en sorte que ces piliers servent de fondations. Ensuite, j’utiliserais Babylon pour faire passer les pièces du pont afin de les construire.

Les ponts seraient très longs, donc je m’étais dit que je devrais aussi y placer quelques aires de repos, donc j’ajouterais des zones où le pont serait un peu plus large. De cette façon, ils pourraient installer des stations avec de la nourriture et autres. Si les pays y plaçaient des gardes, ils pourront maintenir la paix le long des routes commerciales. L’installation de toilettes serait probablement aussi une bonne idée.

Franchement, je voulais que les trains puissent circuler le long de ces voies, mais ce n’était pas à l’ordre du jour. Mais j’allais certainement faire en sorte que les ponts soient suffisamment larges pour permettre l’installation de voies ferrées à l’avenir.

Très bien, mettons les fondations en place pour l’instant. Je devais aussi faire quelque chose au sujet des monstres et des bêtes magiques, j’avais donc décidé d’y travailler pendant que l’Atelier préparait les pièces du pont.

Ce n’était pas comme lors de la fondation de Brunhild, je ne pouvais pas les tuer tous. De plus, il y en avait des tonnes.

Je m’étais dit que la meilleure chose à faire serait d’en déplacer plusieurs dans mes donjons, et de mettre le reste sur l’île Dragoness. Les Dragons seraient probablement reconnaissants pour la nourriture, et cela les empêcherait de se déplacer vers d’autres territoires. Mais la moitié d’entre eux avaient été tués par des membres de mon ordre de chevaliers, ils n’avaient donc probablement pas trop souffert pour les ressources.

Bon, au travail !

***

Partie 5

« I-Incroyable… »

« Pas possible… »

Les dirigeants de Lestia, Roadmare, Ryle et Felsen étaient tous réunis au bord du pont. Ils regardaient fixement l’horizon apparemment sans fin avec des bouches grandes ouvertes.

Cela faisait trois jours que j’avais commencé. Les ponts étaient tous terminés dans les délais prévus. Tout le monde s’était rassemblé à Lestia pour l’inauguration.

« J’ai amélioré les matières premières que vous avez tous fournies et je les ai utilisées pour les ponts. Ils sont extrêmement robustes, ils devraient donc pouvoir supporter le temps et les intempéries. »

« Combien d’années pensez-vous qu’ils vont durer ? »

« Je ne sais pas exactement, mais je pense qu’ils devraient tenir pendant un millier d’années environ. »

« Mille… !? » Le doge Audrey regardait avec incrédulité.

Le pont de pierre devant nous était très solide et il était construit avec une arche simple. J’étais absolument certain que même plusieurs mages tirant un barrage de magie d’[Explosion] sur lui ne le feraient pas s’effondrer. Après tout, j’avais pris grand soin de le renforcer.

J’avais téléporté tout le monde sur l’aire de repos, qui était une grande zone qui s’étendait dans toutes les directions. Il y avait diverses structures, dont des bancs, des toilettes et des petites maisons.

« Il y a des aires de repos comme celle-ci tous les quelques kilomètres. Vous pouvez facilement y installer des vendeurs de nourriture et de boissons. Si vous y postez des gardes, les voyageurs devraient pouvoir se détendre et se reposer aussi. »

« Effectivement, les voyageurs et les commerçants vont après tout payer pour le traverser. Il est peu probable que nous ayons des voleurs ou des bandits, mais les gardes devraient patrouiller pour éviter les disputes. »

Le roi de Felsen acquiesça légèrement. Chacun emmena ses gardes personnels et se promena librement dans l’aire de repos. Il y avait aussi de petites parcelles d’arbustes et de fleurs ici et là. J’avais aménagé le tout dans un look naturel et réconfortant.

Une fois que tout le monde avait fini, je les avais tous emmenés sur l’île d’Enlush.

« Voyez-vous ça en bas ? Je n’ai pas mis des pierres dans le sol sans raison. Ces bornes en pierre marquent les limites territoriales. Cet endroit appartenait à Lestia, mais maintenant tout le monde en a un morceau. J’ai placé ces marqueurs ici pour désigner les différents territoires, alors ne l’oubliez pas. »

J’avais projeté une carte en l’air et j’avais montré une image de toute l’île. Ils étaient bien sûr libres de construire des colonies sur leur propre territoire. C’était leur terre. Je n’avais pas vraiment envie de m’immiscer dans ces affaires. S’ils construisaient des colonies, ou s’ils combinaient les quatre en une seule grande colonie, alors cela n’avait rien à voir avec moi. Mais je pensais que ce serait bien s’ils pouvaient faire un centre d’échanges.

« N’y avait-il pas beaucoup de bêtes magiques féroces sur l’île d’Enlush… ? »

Le roi de Ryle jeta un regard nerveux sur les lieux pendant qu’il parlait. C’était un homme petit et gros, avec une longue barbe blanche. Je me souvenais d’avoir été informé qu’il était partiellement nain. Lorsque j’avais imaginé un homme nain dans mon esprit, cela me fit apparaître l’image d’un homme rustique et têtu qui travaillait bien avec ses mains et qui pouvait boire sous la table. Le roi de Ryle, cependant, était complètement différent. Il était gentil, doux, ne supportait pas l’alcool et était assez maladroit.

Je n’avais jamais rencontré de nains dans ce monde, mais j’avais entendu dire que beaucoup d’entre eux vivaient à Ryle. Ceux-là, m’avait-on dit, correspondaient davantage à l’image traditionnelle que j’avais à l’esprit. J’avais vraiment envie de les rencontrer un jour.

« J’ai éliminé à peu près toutes les bêtes magiques de l’île d’Enlush. Celles qui restent ne sont pas très menaçantes. »

« Toutes… éliminées ? »

« J’ai téléporté la plupart d’entre elles vers une île pleine de dragons. Elles sont probablement en train d’être mangées en ce moment même. »

Le roi de Ryle secoua la tête, incrédule.

L’absence de bêtes magiques sur l’île avait peut-être eu un impact négatif sur l’écosystème, mais c’était mieux que de voir la vie des gens menacée. J’avais aussi convoqué un Kraken et l’avais lâché dans la mer de Rondo, pour que les eaux environnantes soient sûres.

« Hm… Eh bien, puisque les quatre dirigeants sont ici… Allons-nous discuter des accords commerciaux de base et des montants des péages ? Je suis sûr que ça ne nous prendra pas beaucoup de temps. »

« Oh, si vous faites ça… Je vais vous chercher une table et des chaises, si vous voulez bien m’excuser. »

« Merci. Désolé pour le dérangement. »

Le doge Audrey fit un sourire d’excuse, mais je lui avais dit de ne pas s’en faire. J’avais sorti un ensemble de chaises et une table de mon [Stockage]. Les quatre s’étaient assis et avaient commencé à travailler sur leurs projets de commerce et de construction sur l’île. J’avais enfin du temps libre pour moi, mais ce n’était pas comme si je pouvais rentrer chez moi, puisqu’il fallait aussi les ramener dans leurs nations respectives.

J’avais eu une idée. J’avais gardé entre autres de la viande de dragon dans mon [Stockage]. J’avais décidé de préparer le déjeuner pour tout le monde.

J’avais sorti les ingrédients, un petit support de cuisson et les ustensiles. Je m’étais dit que j’allais juste faire des brochettes de dragons.

J’avais coupé la viande de dragon en tranches et j’avais mis les morceaux sur quelques brochettes avec des légumes. Ensuite, j’avais appliqué de l’assaisonnement à base de sel et de poivre, et j’avais étalé les assiettes. J’avais ensuite sorti un set de barbecue et j’avais allumé le charbon de bois à l’intérieur. Après cela, il ne me restait plus qu’à faire tenir le grillage.

J’avais décidé de sortir un autre plat juste après. La spécialité de Mismede, le curry. Ils l’appelaient cully, mais… C’était à peu près la même chose. J’avais demandé à Créa de me le cuisiner plus tôt. En fait, c’était un mois plus tôt, mais le temps était bloqué dans mon espace de [Stockage], il était donc encore frais.

Quoi qu’il en soit, j’avais continué à le préparer jusqu’à ce que je puisse créer mon opus magnum… Le repas de luxe de Mismede-Eashen, le riz au curry. J’en avais préparé deux types, épicé et sucré. Le cully de Mismede était après tout super épicé par défaut.

J’avais finalement préparé quelques pichets d’eau fruitée… J’aurais aimé avoir des cornichons, mais il n’y en avait pas dans les environs.

« Euh… Touya ? »

Je m’étais retourné quand Reinhard m’avait appelé, et j’avais vu qu’ils me regardaient tous.

« Tu fais quelque chose… Ça a l’air vraiment bien, qu’est-ce que c’est ? »

« Je me suis dit que j’allais préparer le déjeuner pour tout le monde. C’est de la viande de dragon grillée avec du riz au curry. Vous avez déjà fini de parler ? »

« Eh bien… pas vraiment… on dira plutôt qu’on est arrivée à une conclusion après t’avoir vu. Nous avons mis au point quelques éléments de base… Mais, euh, c’est quoi ce “riz au curry” dont tu parles là ? »

« Oh, c’est la fusion d’Eashen. J’ai combiné le riz d’Eashen avec le cully de Mismede. C’est beaucoup plus doux, donc les gens qui ont une faible tolérance aux épices peuvent aussi en profiter. »

J’avais servi une portion du riz au curry sucré et je l’avais mise dans une assiette. Ensuite, je l’avais remis à la garde personnelle du Doge Audrey, le Chevalier Commandant Limit.

Je ne l’avais naturellement pas donné à Audrey elle-même. Cette nourriture avait été préparée par un roi étranger, il fallait donc en tester le goût.

Elle l’avait ramassé avec une cuillère et sourit largement.

« C’est incroyable… J’ai déjà mangé du cully à Mismede, mais c’était vraiment beaucoup plus épicé… J’aime vraiment cette version-là. »

« Ne vous inquiétez pas, les gars. Il y en a assez pour tout le monde. Vos gardes aussi. »

J’avais sorti une tonne de tables et de chaises de mon [Stockage]. J’avais continué à faire griller d’autres brochettes de dragons sur le barbecue, et tout le monde s’était assis pour prendre son nouveau repas.

« Mm ! Super bouffe ! »

« Incroyable… Ce n’est qu’un peu épicé, j’aime ça. »

« Mmh… Ça ne me dérangerait pas d’avoir ça à la maison… »

« Touya, tu as la recette… ? »

« Ce n’est pas difficile à faire, mais pour le moment, on ne peut obtenir le riz qu’à Eashen. Je compte bientôt en cultiver moi-même à Brunhild. »

Il semblerait que le riz au curry ait eu un grand succès. Leyahsu m’avait donné une tonne de riz en remerciement de mon aide, mais je voulais vraiment commencer à en cultiver moi-même.

Tout le monde avait fini ses portions, puis était même allé en chercher d’autres ! Il y en avait heureusement plus qu’il n’en fallait.

De plus, ils semblaient tous aussi aimer les brochettes. Mais je n’avais fait que faire cuire la viande et ajouter un peu d’assaisonnement… Ce n’était même pas moi qui avais préparé le curry…

J’avais donné à tout le monde la recette et quelques sacs de riz et d’épices pour qu’ils puissent en faire pour leur famille. Ils semblaient satisfaits de la nourriture, alors j’étais satisfait aussi. Cela allait probablement finir par augmenter la demande de riz et d’épices sur le marché mondial. En vérité, le curry était une chose magnifique.

***

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