Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 9 – Chapitre 3

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Chapitre 3 : La gourde dorée

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Chapitre 3 : La gourde dorée

Partie 1

« C’est assez rapide… »

« N’est-ce pas ? »

Le hangar de Babylone contenait un bateau volant super rapide, j’avais donc décidé de le sortir pour faire un tour. J’étais dans le ciel au-dessus de Regulus. Monica pilotait pour moi.

Le nom que j’avais donné à ce bateau volant était Gungnir. C’était un véhicule assez long qui ressemblait presque à un roseau de bambou. En naviguant dans les airs, il rappelait un peu une lance ailée, d’où son nom.

Même s’il était en vol, je ne pouvais pas vraiment comprendre comment il fonctionnait en termes de science ou d’aérodynamique… J’avais donc supposé qu’il était alimenté par une source magique.

Comme son nom l’indiquait, le bateau volant était capable de s’élever dans les airs au-dessus du sol ou sur l’eau. Il était aussi très rapide, mais j’étais presque sûr de pouvoir aller plus vite en utilisant [Vol].

Il pouvait néanmoins transporter un maximum de douze passagers à la fois. L’intérieur spacieux était vraiment un point positif.

À l’origine, il était alimenté par de l’éther liquide, mais nous l’avions remodelé et ajouté de nouvelles fonctions motorisées afin qu’il absorbe passivement la magie de l’atmosphère environnante, un peu comme le nouveau modèle de Frame Gear.

« Ce truc peut se combiner avec le Frame Gear de Sue, non ? »

« Hum, oui, c’est tout à fait possible ! L’arrière peut faire la partie transformation. Notre présence ne sera pas nécessaire, car il possède un système de pilotage automatique totalement autonome. »

Gungnir avait aussi un pilotage automatique, que nous avions récemment installé. Il était également doté d’une reconnaissance vocale complète. Il suffisait de monter dans le véhicule et d’indiquer où vous vouliez qu’il vous emmène, et c’était fait ! Mais c’était un système rudimentaire qui ne pouvait pas s’adapter à la volée, donc il ne serait pas sage de trop s’y fier.

« Nous avons aussi installé un manteau furtif autour du bateau volant. Bien que ses bruits puissent encore être entendus… »

« Gungnir est-il équipé de quelque chose ? »

« Uhhm… Non ! Mais c’est une construction assez solide. Vous pourriez facilement briser une phase en vous y enfonçant. »

Peut-être que cela fonctionnera avec les petites constructions… Je ne veux pas vraiment mener d’attaque suicide contre les Hautes Construction.

Gungnir passa au-dessus de Roadmare et vola dans le ciel de Yulong.

« … Cet endroit est toujours en désordre, hein ? »

J’avais regardé en bas et je vis les vestiges du saccage de la Phase. J’avais vu de la terre brûlée, des maisons en ruine, des arbres déracinés et des ravages carbonisés.

Mais même au milieu des décombres, je pouvais voir des signes de vie qui continuaient. J’avais vu certains villages en pleine reconstruction. Il semblerait qu’il y avait des gens bons et sérieux, désespérés de vivre leur vie dans leur pays d’origine.

Penser que certaines de ces personnes pourraient me considérer comme leur ennemi m’avait rendu un petit peu triste.

{Mon Seigneur.}

« Hein ? Kohaku ? »

Alors que je regardais en bas, un message télépathique était arrivé de Kohaku. Je m’étais demandé ce qu’elle voulait.

{Dame Yae dite qu’elle souhaite vous parle — Ghah ! « Touya-dono, tu m’entends ? ! »}

« Oui, je t’entends… Sois gentille avec Kohaku, d’accord ? »

La voix de Yae s’était soudainement mêlée à la télépathie de Kohaku. Kohaku criait vraiment, ce qui signifiait que Yae avait fait irruption. Mais qu’est-ce qui avait bien pu l’énerver à ce point ?

{Je viens de recevoir une lettre de ma mère à travers le Miroir Portail ! L’armée de Hashiba est en train d’envahir Oedo au moment où nous parlons ! L’armée a deux cent mille hommes, et l’alliance Tokugawa-Date en a que soixante mille ! Sans parler du fait que Ieyahsu-sama a été blessé lors de l’assaut initial !}

« Attendez, quoi !? »

L’armée dont m’avait parlé Tsubaki était déjà en train d’entrer en scène. Il semblerait qu’il prévoyait d’unifier de force Eashen avant de se rendre à Yulong.

{Je… Je vais monter sur Schwertleite et éliminer l’armée de Hashiba !}

« Attends ! Ne t’avance pas trop ! »

Je ne voulais pas que les Frame Gears soient impliqués dans des conflits entre humains. Yae était trop paniquée pour penser correctement. Mais c’était normal. Sa famille était en grand danger.

« Monica, mets le cap sur Eashen. »

« Très bien, entendu. »

Je ne savais pas où se trouvait le champ de bataille, alors nous nous étions dirigés tout droit vers Oedo. Il fallait environ dix minutes pour y arriver.

« J’ouvre une [Porte], d’accord ? »

J’avais jeté le sort, permettant à Yae et Kohaku de me localiser sur le bateau volant. Mais j’avais eu l’impression que Yae avait forcé Kohaku à passer avec elle.

« Touya-dono ! Je… Attends, où sommes-nous ? »

Yae lâcha Kohaku et regarda nerveusement dans la pièce. Kohaku était tombé par terre et regarda autour de lui avec étourdissement.

« Guh… »

Kohaku laissa échapper un petit gémissement et se mit à grogner faiblement. Pauvre petite chose…

« Nous sommes actuellement dans le bateau volant. Je l’ai pris pour faire un vol d’essai. Nous sommes en route pour Eashen. »

« Merci beaucoup… Mon père et mon frère aîné sont allés au champ de bataille. »

Cela me rappelait un peu la dernière fois. Mais à l’époque, ils combattaient une armée beaucoup plus petite, dirigée par Takeda.

Je me demandais quand même ce qui se passait. Il aurait été préférable que j’aide un pays allié, mais c’était un conflit interne. Ieyahsu n’était qu’un seigneur féodal… Je ne pensais pas vraiment que Brunhild avait le droit de lui donner un soutien officiel. Si nous utilisions un Frame Gear dans le combat, nous serions certainement exposés nous aussi…

On pourrait finir par penser que j’essayais de faire d’Eashen un vassal ou quelque chose comme ça. Yulong répandrait certainement des rumeurs de ce genre.

« D’accord… Je vais me déguiser en cavalier masqué qui se trouve être au bon endroit au bon moment. »

« … masqué ? »

J’avais sorti des morceaux de Mithril du [Stockage] afin d’en faire un masque rudimentaire. Le masque ne couvrait que la moitié supérieure de mon visage, un peu comme ces masques que l’on portait lors d’une mascarade. Je m’étais demandé si je devais attacher des sortes de cornes sur le front.

Heureusement pour moi, j’avais acheté des vêtements de style Eashen chez Zanac. Si je portais ces vêtements, je ressemblerais à un natif d’Eashen. La tenue était composée de plusieurs éléments, dont des chaussettes blanches, des sandales en bois, une veste haori, ainsi qu’un pantalon hakama et un uwagi pour couvrir mon torse. J’aurais pu utiliser [Mirage], mais cela aurait posé des problèmes.

J’avais jeté [Invisiblilité] sur moi et je m’étais vite changé. Yae était ma fiancée, mais j’étais encore un peu réticent à me déshabiller devant elle.

J’avais aussi un katana avec moi. C’était un prototype fabriqué à l’époque où je créais la lame Touka de Yae. Je l’avais rapidement emboîté dans la ceinture obi autour de ma taille.

J’avais mis le masque pour compléter l’ensemble. Avec cela, j’avais l’air d’un guerrier de passage avec un masque en forme d’oni. Je trouvais que j’avais l’air sacrément cool.

« De quoi ai-je l’air ? »

« Pour moi, Touya-dono… Tu ressembles vraiment à une personne d’Eashen. »

Elle avait dit cela, mais elle m’avait quand même lancé un drôle de regard.

Quoi ? Le masque est-il trop singulier ? Eh bien… Je suppose que quiconque porte un masque aurait l’air un peu suspect.

« Maître. Nous sommes actuellement au-dessus des cieux d’Eashen. »

La voix de Monica était venue du cockpit, me faisant regarder par les fenêtres. Il y avait des plaines et des forêts vertes qui s’étendaient de loin en loin, un contraste saisissant avec le Yulong dévasté que j’avais regardé plus tôt.

« J’aperçois de lourds signes de vie détectés dans les plaines du nord-ouest d’Oedo. Il est tout à fait probable que ce soient eux, en train de se battre juste là. »

« Allons-y tout de suite. En avant tout. »

« On y va. Cela prendra environ une minute. »

Il n’avait pas fallu longtemps avant que l’on voie un château s’élever de derrière une colline. Il ressemblait vraiment à un château japonais traditionnel, mais je pouvais voir une certaine influence occidentale ici et là. Il y avait aussi un fossé autour.

Je pouvais voir des dizaines de milliers de soldats tirer des flèches. Certains des soldats de la dernière rangée portaient des drapeaux ayant comme symbole une gourde d’or.

Ce doit être l’armée de Hashiba… Il n’y en a certainement pas deux cent mille ici… Des dizaines de milliers, c’est sûr… Mais ces gars ne sont probablement que l’avant-garde.

Divers soldats chargèrent sur le pont des douves, portant dans leurs mains un bélier en bois. Ils le frappaient contre la porte intérieure. Il y avait des gens à l’intérieur du château qui tiraient des flèches sur les attaquants, mais le vent s’était soudainement levé et détourna le flux de leurs tirs. Je parie qu’il y a un mage du vent dans les rangs ennemi…

Le vent continuait à rugir tandis que le bélier continuait son travail. Rester assis à regarder n’aidait pas. Il fallait que je me déplace rapidement.

« Yae. Entre dans le château. Trouve Jutaro et Jûbei et dis-leur que je suis là. Que personne d’autre ne le sache. Kohaku et moi allons arrêter les gens devant la porte. »

« Je comprends ! … Est-ce que ça ira si je descends là-bas sans masque ? »

« Ça devrait aller. Contrairement à Yumina et aux autres, notre engagement n’a jamais été annoncé officiellement. Pourquoi ? Veux-tu un masque ? »

« Ce n’est pas le moment de plaisanter. Cela causerait des soucis à ma famille. »

Comment ? J’avais utilisé une [Porte] pour envoyer Yae dans la tour du château. Puis j’avais pris Kohaku, j’avais attendu qu’elle prenne sa véritable forme et j’avais ouvert mon propre portail pour atteindre le sommet de la porte du château.

« Hein !? »

« Qu’est-ce que c’est !? »

J’avais sauté de la porte, sans faire attention aux hommes désorientés. Les deux camps avaient été brièvement surpris par l’apparition soudaine d’un énorme tigre blanc et d’un homme au masque d’argent.

« Dégages le passage, ordure ! »

L’un des membres de l’armée s’était mis à crier. On aurait dit qu’il voulait nous écarter du chemin le long de la porte.

Le rondin s’était approché de moi, j’avais tendu la main vers lui.

« [Augmentation de puissance]… [Gravité] ! »

Un bruit sourd résonnait dans la cour alors que j’arrêtais le rondin tout seul. Puis je le soulevais, lui et les gens qui s’y accrochaient, tout en haut dans les airs. Ils avaient été jetés dans les douves. J’avais alourdi mon corps avec la [Gravité], et renforcé ma force physique avec [Augmentation de puissance].

« Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel !? »

L’armée alliée Tokugawa-Date avait prudemment pointé ses arcs sur moi, mais il semblerait qu’ils aient finalement réalisé que je n’étais pas leur ennemi. Ils retournèrent leurs armes vers l’armée d’invasion.

Kohaku poussa un rugissement monstrueux, faisant fuir les soldats d’Hashiba qui restaient sur le pont.

« Ceci est un avertissement. Quittez cet endroit. Ou sinon. »

« O-Ou sinon quoi, hein !? »

Le commandant me cria dessus alors qu’il faisait lentement marche arrière. J’avais calmement sorti mon smartphone de ma poche de poitrine, et j’avais vérifié si le verrouillage du ciblage était déjà terminé. C’était le cas. Naturellement, ma cible était l’armée ennemie.

« [Glissade] ! »

« Waugh ! »

En un éclair, ce qui ressemblait à un léger tremblement de terre avait lentement grondé sous mes pieds. C’était logique, vu le grand nombre de personnes que j’avais fait tomber en même temps. J’aurais aimé avoir une vue d’ensemble, car je parie que cela aurait été hilarant.

***

Partie 2

Les soldats à cheval restaient cependant debout. C’était probablement parce que la cible spécifique du sort était « Le sol sous les pieds des soldats d’Hashiba », et rien d’autre. Mais ça me convenait bien. Ce n’était pas comme si leurs chevaux avaient fait quelque chose de mal.

« Qu’est-ce que vous faites ? ! Levez-vous, idiots ! »

« C’est un champ de bataille ici, les gens ! Allez ! »

Les officiers supérieurs étaient tous à cheval, hurlant de colère contre leurs propres hommes. Ces idiots ne semblaient même pas se rendre compte de ce qui se passait. Des gens comme eux, qui n’avaient aucun sens du danger, méritaient d’être frappés très durement.

« Je suppose que je devrais bouger un peu. »

J’avais sorti un Naginata du style d’Eashen de mon [Stockage], puis j’avais retiré la lame. Après cela, je m’étais jeté une [Augmentation de puissance].

Ce serait bien de tous les paralyser (sauf ceux ayant des talismans), mais cela poserait des problèmes. Il y en avait beaucoup trop pour en faire des prisonniers de guerre, et le fait de laisser l’armée de Tokugawa-Date tuer facilement des hommes immobilisés ne me mettrait pas trop à l’aise.

Mon plan était de les battre si fortement qu’ils seraient obligés de battre en retraite. J’avais donc sauté sur le dos de Kohaku.

« Prêt, Kohaku ? Nous nous dirigeons droit dans le ventre de la bête. »

« Comme vous le souhaitez. »

J’avais fait tourner ma lance et je l’avais bien serrée.

« Préparez-vous à recevoir l’Oni d’argent, Eashen ! C’est parti pour le show ! »

Mec… C’est trop cool.

◇ ◇ ◇

Nous avions chargé à travers le camp ennemi. J’avais terrassé d’innombrables ennemis avec ma lance. Kohaku envoya une onde de choc avec son rugissement, faisant fuir les ennemis par douzaines. Puis, nous traversâmes facilement une foule d’ennemis.

Après cela, nous avions fait demi-tour. J’avais alors pris une nouvelle fois une pose de combat.

Bon sang… Il en reste tout un tas. Tout un foutu tas de ces gars !

Une pluie soudaine de flèches sifflaient dans l’air dans notre direction.

« [Bouclier]. »

J’avais déployé une magie défensive, qui fit rebondir toutes les flèches sur moi. Elles tombèrent au sol en claquant.

Je suppose que j’allais les recharger. Alors que Kohaku se préparait à faire une nouvelle course, un jeune guerrier apparut à cheval.

« Salutations à vous, je suis l’un des serviteurs de Hashiba. Vous pouvez vous adresser à moi en tant que Fukushima Massanori ! Soyez prévenu, étranger ! Mes prouesses avec le naginata sont inégalées. Je vous dis, sombre et mystérieux Oni, que je ne m’inclinerai pas devant l’aura de terreur que vous avez jetée sur notre fin… »

« [Glissade]. »

« Gwaugh ! »

Son introduction était beaucoup trop longue, alors je l’avais raccourcie. J’avais lancé glissade sur sa selle. Celui-ci glissa donc et tomba sur le derrière.

Quel genre de monologues idiots lançait-on au milieu d’un combat ? Je pensais que les gens pouvaient se nommer sur le champ de bataille dans le lointain passé de mon monde, mais je n’en étais pas si sûr.

J’avais entendu des murmures autour de moi, certains me traitant de lâche, d’autres disant que je me battais injustement. Cependant, je ne m’en souciais pas vraiment.

Personnellement, je me trouvais courageux ! J’avais chargé tête baissée dans la bataille et dispersé l’armée ennemie, en leur faisant dire des « Waaah ! Sauvez-nous ! » et tout le reste. C’était eux les lâches ! Ils n’avaient pas le droit de me traiter de tous les noms quand ils étaient bien pires.

Même si je les envoyais voler, d’autres soldats se précipitaient sur moi.

Ce Massanori s’était relevé et s’était jeté sur moi. J’avais esquivé son attaque et je l’avais renversé. J’étais un peu irrité par l’affluence, mais j’avais une solution…

« Viens Tornade, ô vent ! Coup de vent tempétueux : [Tempête cyclonique] ! »

« Gaaaaaah !! »

Une tornade s’était abattue sur le camp ennemi, projetant plusieurs soldats dans le ciel. J’avais gardé les yeux sur la tempête alors que je continuais à battre d’autres soldats d’Hashiba.

« Attendez, attendez ! Je suis Katou, un des vassaux de Hashiba ! Vous ne pouvez pas… »

« [Tempête cyclonique]. »

« Nooon ! »

Katou, ou quel que soit son nom, s’était envolé dans le ciel. Je n’avais pas vraiment fait attention à qui que ce soit ici ni à leurs monologues.

« Qu’est-ce que vous faites, bande d’idiots ? Ce n’est qu’un homme et son animal ! Embroche-les ! Poignardez-les ! »

Le commandant ennemi, au sommet d’un cheval brun, ordonna aux fantassins de m’encercler sous tous les angles. Ils s’étaient tous élancés en même temps.

Mais Kohaku était bien plus rapide qu’eux. Il sauta haut dans les airs et évita leurs lances.

« Viens ô Sable! Tempête de poussière aveuglante : [Sable aveuglant] ! »

« MES YEUX ! »

Les soldats s’étaient agrippés à leurs yeux et s’étaient effondrés, Kohaku avait alors émis une autre onde de choc et les avait fait partir.

Dès qu’il avait atterri, il s’était mis à courir. J’avais suivi son rythme en lançant ma lance sur les ennemis.

« Viens, ô Vent ! Lance Hélix : [Lance tempétueuse] ! »

J’avais lancé une lance de vent devant nous, et il s’était mêlé à la tempête pour traverser directement toute l’armée de Hashiba.

« C’est un Oni ! Il y a un Oni ici qui vient nous tuer ! »

« Fuyez ! Il est là pour prendre nos âmes ! »

Ne tirez pas de conclusions hâtives… Ils semblaient morts, mais je me suis donné beaucoup de mal pour les paralyser ou les assommer.

Soudainement, j’avais entendu un grondement de voix venant de la porte du château.

« Armée Tokugawa, avancez ! Tenez bon ! »

« C’est inutile ! Le flanc droit s’effondre ! On ne peut pas l’intercepter ! »

Aha... Yae l’a-t-elle déjà dit à son père ? L’armée de Hashiba, autrefois unifiée, devint rapidement une foule désorganisée. Démoralisée, aussi. Je pouvais l’entendre dans leurs voix.

« Retraite ! Repliez-vous ! Repliez-vous, bon sang ! »

« Fuyez ! »

Les commandants pouvaient à peine être entendus par-dessus le clip-clop des sabots de leur cheval. Les fantassins les avaient poursuivis dans la peur. De l’armée de Hashiba, il ne restait plus que les soldats paralysés au sol.

J’avais entendu les cris de victoire de l’armée de Tokugawa-Date. Ils avaient décidé de ne pas poursuivre les soldats en fuite.

« Il semblerait que nous les ayons repoussés pour l’instant, hein ? »

« Il semblerait, mon seigneur. »

J’avais sauté du dos de Kohaku et j’avais glissé la lance dans mon [Stockage]. Puis, j’avais remarqué que Yae et son père se précipitaient vers moi depuis les portes du château.

« Tou — »

« Chut ! »

Yae était sur le point de crier négligemment mon nom, alors je lui avais dit de se calmer. Les deux s’étant rapprochés, je leur avais parlé d’un ton feutré.

« Ça fait un moment, Jutaro. »

« Touya-dono, merci pour votre aide. Nous vous sommes vraiment redevables. »

Le frère aîné de Yae s’était incliné devant moi. Il était plus raide que jamais.

« Mais qu’est-ce que vous portez… ? »

« Ce serait problématique si Brunhild était officiellement impliquée dans cette affaire. C’est pourquoi je ne suis pas Touya. Je suis le mystérieux Oni. »

« Ah… Très bien. Mais comment devrions-nous vous appeler ? »

« Uhh… Appelez-moi Shirogane. »

C’était un nom simple, mais peut-être pas tout à fait approprié, étant donné les connotations argentées. Tout était noir, après tout, sauf mon masque.

« Plus important encore, comment va Ieyahsu ? J’ai entendu dire qu’il était blessé. »

« Ah, oui. Il avait été frappé par une flèche à l’épaule, mais il va bien. »

« Pouvez-vous me conduire à lui ? Je vais le guérir. »

La plupart des habitants d’Eashen, y compris Yae, n’avaient pas beaucoup d’aptitudes pour la magie. Il n’y avait presque personne dans le pays qui pouvait rassembler le pouvoir de la lumière ou de l’obscurité.

Ils avaient cependant leurs propres techniques spécialisées qui utilisaient d’une certaine manière le pouvoir magique. Le ninjutsu, par exemple. Tsubaki projetait sa voix dans les animaux du voisinage, ce qui était une application de cette technique.

« Nous apprécierions beaucoup cela. Il est avec son père dans le château en ce moment. Partons immédiatement, Tou — Shirogane-dono. »

Yae sauta sur Kohaku et nous nous étions tous dirigés vers les portes du château. Les soldats Tokugawa nous avaient regardés avec un mélange de choc et de crainte.

« Pardonnez-moi, vraiment… Il semble que je vous sois redevable encore une fois, Tou-Shirogane-dono… »

J’avais guéri Ieyahsu avec l’aide de ma magie, puis j’avais également aidé les autres soldats blessés.

Il m’avait remercié, puis nous nous étions assis ensemble dans une salle du château. Les principaux vassaux de Tokugawa étaient également présents. Le père de Yae, Jubei, était parmi eux.

« Vous savez, des histoires vous concernant sont même parvenues à Eashen… Et aussi vos grandes et extravagantes actions. »

Ses yeux étaient remplis d’une curieuse sorte de lumière lorsqu’il me fixait. Il était généralement émerveillé. Il ressemblait un peu au roi de Belfast, ainsi qu’au Roi bestial de Mismède…

« Quel genre d’histoires… ? »

« Nous avons entendu dire que vous vous êtes emparé violemment des princesses de nombreuses grandes nations, que vous avez anéanti une armée de monstres démoniaques tout seul, et que vous avez un certain contrôle sur des géants métalliques… Et que vous avez utilisé ce pouvoir pour anéantir un pays ! »

J’avais souri maladroitement pendant qu’il parlait. Ces histoires étaient… au mieux en partie vraies. C’était un téléphone arabe… Les histoires avaient probablement commencé par être vraies, mais elles s’étaient progressivement déformées de conteur en conteur.

J’avais décidé de mettre cela de côté pour le moment.

« Mon seigneur. Qui est-ce… ? »

Ses serviteurs avaient commencé à murmurer entre eux. Il était naturel de se méfier d’un homme incroyablement puissant qui apparaissait de nulle part et refusait de se montrer.

« Ah, bien. C’est Shirogane-dono. C’est un invité de Jûbei et de la famille Kokonoé. Comme vous pouvez le voir, sa force est tout simplement inégalée. Ce seul Oni à la puissance d’un millier d’hommes. Il a appris notre situation désespérée et est venu à notre secours. »

Après l’intervention de Leyahsu, tout le monde regarda Jubei. Celui-ci fit un signe de tête. Son affirmation semblait les rassurer, au moins un peu. Yae s’était elle aussi assise à côté de lui. Kohaku avait repris sa forme miniature et était confortablement blotti sur les genoux de Yae.

« Mais dis-moi, Leyahsu. Comment se porte le front ? »

« En ce moment, nous sommes largement dépassés. Hashiba nous dépasse de loin en termes de nombre. Pour réussir, nous devons profiter de la faible loyauté de notre ennemi. »

« Que veux-tu dire ? »

« Eh bien, j’ai dit que c’était l’armée de Hashiba… Cependant, les soldats étaient pour la plupart originaires d’Oda, de Mori, de Shimazu et de Chosokabe. La majorité ne le suit pas par loyauté ou par respect. Ils craignent simplement le pouvoir de Hideyooshi. »

Et moi qui croyais que le contrôle par la peur était la méthode brevetée d’Oda Nobunaga… Pourtant, le Hideyoshi qui avait vécu sur Terre était certainement capable de cruauté. Si je me souviens bien, après la naissance de son fils, il a fait en sorte que son propre neveu, Hidetsugu, se suicide. De plus, il a fait tuer la femme, les concubines et les enfants de Hidetsugu…

Pourtant, la cruauté n’était pas si inhabituelle à l’époque des états en guerre. Même Tokugawa Leyasu avait historiquement puni l’un de ses vassaux traîtres, Oga Yashiro, en le sciant à mort avec une scie à bambou. Le type avait cependant essayé de le vendre à Takeda.

Ce Leyasu ne ressemblait pas beaucoup au Leyahsu devant moi… Et le Hideyoshi… ou plutôt, le Hideyooshi de ce monde semblait différent aussi.

***

Partie 3

« Alors pourquoi tout le monde lui obéit-il ? Est-il vraiment si fort ? »

« Non. Il porte avec lui une gourde d’or qui commande un puissant jutsu. Avec elle, dit-on, il peut faire obéir n’importe qui avec son pouvoir. Les rumeurs disent que l’assassin de Nobunaga, Mitsuhide, a été tué par la gourde. »

Une gourde en or, hein… ? C’est peut-être un autre artefact. Pourrions-nous avoir à nouveau une autre situation comme ce bijou d’immortalité ? Il a intérêt à ne pas être tombé de l’entrepôt ! J’avais sorti mon smartphone avec inquiétude et j’avais commencé à faire défiler une liste d’objets dont la disparition avait été confirmée. Mais non. Pas de gourde. Cependant, c’était peut-être un nouvel artefact. Peut-être juste un artefact fabriqué par un autre chercheur, comme lors de l’incident du Roi Dragon.

« Donc si je prenais cette gourde, penses-tu que l’ennemi s’effondrerait ? »

« Probablement, oui. Mais Hideyooshi ne quitte jamais son château. Même moi, je n’ai jamais vu son visage, bien qu’il soit un seigneur féodal. Les rumeurs disent qu’il n’aime pas être vu parce qu’il ressemble à un singe. »

Une sorte de seigneur féodal à tête de singe ? Je me demande de quoi il aurait l’air sans cheveux… Heh.

Pourtant, avoir un seigneur qui vivait autant enfermé est inhabituel. Le fait qu’on lui ait accordé ce titre est déjà assez suspect.

Un homme à tête de singe qui a trouvé une gourde d’or et s’est infiltré dans Oda… Il a dû manipuler l’empereur et utiliser cette influence pour devenir lui aussi un seigneur féodal. L’Empereur n’était pas une existence spéciale à Eashen. La plupart des gens font ce qu’ils veulent, il n’est donc pas surprenant qu’il soit capable de manipuler si facilement.

Après cela, il avait écrasé Oda et avait pris la relève, je suppose. Je n’avais pas vraiment une bonne idée du plan de ce type ou de la façon dont tout cela était lié.

« Alors… où se trouve exactement Hideyooshi ? »

« A Oosaka. Il y a construit un château d’or. »

Est-il vraiment fait d’or ? Je suppose que ça correspond au genre de gars qu’il est… Mais c’est quand même un peu trop.

J’avais projeté la carte de mon smartphone en l’air et j’avais jeté un coup d’œil. Les personnes présentes dans la pièce s’exclamèrent, choquées, mais je n’avais pas fait attention à elles.

Tsk… Ils ont mis des barrières magiques partout… Cela signifie que je ne peux pas simplement utiliser la [Porte]. J’avais décidé que dans ce cas l’utilisation de Gungnir serait la meilleure option.

« Tou — Shirogane-dono. Qu’est-ce que vous préparez ? »

« Je vais attaquer Hideyooshi de front… Hmm… Je me demande si s’écraser dans son château avec Gungnir serait trop salissant. Ça allait probablement faire exploser l’endroit en morceaux. Mais je ne peux pas vraiment penser à un autre moyen d’y entrer. »

Leyahsu marmonna simplement d’étonnement devant moi alors que je planifiais mon plan d’attaque.

« … Êtes-vous capable de faire quelque chose comme ça ? »

« Je peux le faire. Après tout, j’ai beaucoup de pouvoirs étranges. Pour ce qui est de le trouver, je vais juste regarder autour de moi après avoir fait une brèche dans le château. Ensuite, je dois juste m’occuper de cette gourde… »

« Alors pourrais-je venir ? »

Une voix s’était soudain fait entendre dans le couloir. Tout le monde s’était tourné vers la source.

Il y avait là un garçon d’environ mon âge. Un grand homme se tenait à côté de lui. Il portait une armure noire avec un hakama noir, et un manteau violet. Cependant, ce qui m’avait frappé, ce n’était pas son vêtement voyant, mais l’écusson sur son œil droit.

Je m’étais soudain demandé qui pouvait bien être ce guerrier borgne…

« Êtes-vous celui qu’on appelle Shirogane-dono ? La bataille de tout à l’heure était incroyable, vraiment incroyable… Je m’excuse d’être en retard. Permettez-moi de me présenter. Je suis le seigneur féodal qui préside la maison de Date. Date Jiro Massamune. »

Je le savais !

« Date… Massamune… ? Alors ce type doit être… »

« Mon serviteur, Katakura Kohjuro Kagetsunna. »

« Un plaisir. »

Le grand homme aux yeux fendus baissa la tête. C’était à peu près ce à quoi je m’attendais. Si Date Masamune était dans le coin, alors il devait être avec Katakura Kagetsuna. Les deux étaient inséparables.

Mais il y avait des choses plus urgentes qui me préoccupaient.

« En venant… Vous voulez dire venir à Oosaka avec moi ? »

« Oui. J’ai envie de rencontrer Hideyooshi avant sa mort, et je suis très intéressé par sa gourde. »

Masamune sourit un peu trop largement. C’était un peu taquin, en toute honnêteté. Je n’avais aucun doute sur le fait que ce jeune complotait quelque chose.

Leyahsu s’en était rendu compte aussi. Il poussa un soupir et fit un commentaire.

« Massamune-dono... Si votre intention est de garder la gourde d’or pour vous, alors je vous demande d’oublier une idée aussi stupide. »

« Quoi !? Comment avez-vous su ce que je pensais !? »

« Massamune-sama... Vos pensées étaient là, sur votre charmant visage. »

Kohjuro prit la parole et donna un avertissement voilé à son intention. Massamune avait certainement laissé filer les choses un peu trop tôt.

« Je vais juste clarifier les choses maintenant. Je vais détruire cette gourde. Ça ressemble à un très mauvais artefact pour moi. »

« Hmph… Très bien, alors. Comme vous voulez, Shirogane-dono. Je m’en tiendrai à votre choix. »

Massamune avait dit cela, mais il recommença à sourire.

Vous ne trompez personne !

« … Vous pensez le lui enlever avant qu’il ne puisse le détruire, pas vrai ? »

« Quoi !? Comment avez-vous su ce que je pensais !? »

« Massamune-sama... Comme je l’ai déjà dit… vos pensées étaient là, sur votre charmant visage. »

Le maître et le subordonné répétaient leur précédent échange. Mais ils n’avaient pas nécessairement l’air de mauvaises personnes. Le Date Masamune de mon ancien monde employait aussi des stratégies astucieuses tout le temps. Bien que je ne me souvienne pas qu’il avait été exposé si souvent.

« Leyahsu, est-il permis d’emmener le seigneur féodal de Date en territoire ennemi ? »

« Eh bien, je dis que le fait qu’il veuille aller avec vous n’est pas un problème pour moi. C’est à sa maison de le déterminer. »

Leyahsu n’avait clairement pas l’intention d’intervenir, même s’ils étaient des alliés. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de craindre que si Date mourait, leur alliance ne soit dissoute.

« En fait… j’aimerais moi aussi venir au château d’Oosaka. Je ne suis pas si paresseux au point où je voudrais que mes invités fassent tous les combats pour moi. »

Hmph… Je suppose que faire ça tout seul n’est pas juste.

« Alors… vous et vos hommes pouvez opérer en dehors du château d’Oosaka pour éloigner leurs soldats ? Pendant que vous faites ça, je peux m’occuper de la gourde, et vous laisser le reste. Qu’est-ce que vous en dites ? »

« Ça me paraît bien, mais Oosaka est assez loin… Ah, mais… Tou — Shirogane-dono, j’ai entendu dire que vous utilisiez de la magie de transport. »

Laisser le château sans surveillance serait mauvais, alors nous avions décidé de prendre avec nous trente mille soldats de l’alliance combinée Tokugawa-Date. Il s’agissait d’un raid, et ce nombre nous semblait plus que suffisant.

« Si nous traitons avec Hideyooshi, la guerre civile s’arrêtera-t-elle ? »

« Eh bien, la situation a vraiment explosé une fois que Hashiba a pris en charge les problèmes qu’Oda avait amenés… Si nous vainquons Hashiba, alors les combats devraient aussi se terminer… J’espère. »

« Mais l’Empereur n’est pas capable de soutenir notre pays. À qui sera passé le flambeau du contrôle ? »

Massamune croisa les bras en marmonnant.

Qu’est-ce que c’est que ce visage méchant ? Vous le rendez bien trop évident ! Vous ne pourrez rien obtenir contre un vieux chien comme Leyahsu si vous restez si facile à lire…

Hashiba avait détruit Oda, donc si je les détruisais… Tokugawa serait le plus fort des seigneurs féodaux en place.

Huh… Attendez. Est-ce que cela fait de ce monde l’équivalent de la bataille de Sekigahara ? Ou est-ce le siège de la campagne d’été d’Osaka ? Mais attendez… C’est l’hiver… Et Hideyoshi est mort quand c’est arrivé. Mais c’est bientôt le printemps…

J’avais décidé qu’il était inutile de tout comparer. Ce serait vraiment pénible si Hideyooshi unissait la nation et envahissait Yulong, alors il fallait que cela cesse le plus vite possible. Sans plus d’hésitation, j’avais sauté dans Gungnir et j’étais parti pour Oosaka.

◇ ◇ ◇

« Est-ce que c’est le château d’Oosaka… ? »

Whoa, c’est brillant… C’est tout brillant et doré ! Les murs, les poutres de soutien et les tuiles du toit étaient tous dorés et brillants. Pour moi, ça ressemblait plus au temple de Kinkaku-ji. Il a aussi une forme différente de celle du château d’Osaka que je connaissais. Je ne pouvais même pas imaginer combien cela avait coûté.

Yae, Kohaku et moi avions marché le long du château, en regardant la lumière du soleil briller sur la grande construction.

Je suppose qu’Hideyooshi est là-dedans. Il n’est pas apparu sur ma carte, mais ce n’est pas surprenant. Je suppose que je n’ai pas d’autre choix que d’y aller.

Pour l’instant, je vais faire venir l’armée…

J’avais jeté mon sort, et les soldats de l’alliance Tokugawa-Date étaient apparus des quatre côtés, entourant entièrement le château.

Une trompette de guerre sonna tout d’un coup, puis un battement de tambours de guerre suivit. L’armée continua à charger et prépara ses arcs.

La garnison d’Oosaka ne semblait pas avoir mis en place quelque chose de spécial pour préparer le raid.

« Très bien, il est temps de faire irruption. »

« Ah, eh bien… Le château d’Oosaka a une barrière magique ? La téléportation à l’intérieur ne devrait pas être possible… Comment comptes-tu... Attends, pourrais-tu avoir l’intention de… ? »

« Nous allons prendre la voie des airs, bien sûr. »

Yae fit une grimace à ce sujet. J’avais oublié à quel point elle n’aimait pas voler. Rosetta était dans le ciel en train de piloter Gungnir, mais j’avais décidé qu’il serait plus facile d’utiliser ma magie de vol pour envahir directement.

« Si tu veux attendre ici, et trouver un autre moyen… »

« Non, je te rejoindrai. Nous sommes fiancés, et nous devrions donc partager le même destin. »

Ma future femme se motivait tranquillement, les deux mains sur la poitrine. Elle était heureuse de m’entendre parler comme ça, mais elle n’avait pas à parler comme si nous allions être accusés d’avoir causé nos morts.

« Très bien, alors. Tu veux monter Kohaku, Yae ? »

« Oh, c’est comme ça que ça marche ? »

J’avais attendu que Yae monte sur le dos de Kohaku, puis je les avais tous les deux mis en lévitation.

Ensuite, j’avais jeté [Vol] sur moi et je les avais fait flotter tous les deux à côté de moi vers le château. Naturellement, j’avais aussi jeté [Invisiblilité] sur tout le monde. Après tout, je ne voulais pas être frappé par des flèches.

Nous étions entrés dans le château et nous nous étions retrouvés dans une large pièce avec un plancher en bois stratifié. Mais qu’est-ce que… Il y a même de l’or à l’intérieur… ? J’avais regardé dans la pièce, et rien n’était terne. Tout scintillait.

« C’est plutôt désagréable… »

« Oui, c’est sacrément ringard… »

Je sais qu’on dit que les gens qui aiment l’or sont ceux qui ont des idéaux élevés, mais il en a fait un peu trop.

Hideyooshi ne semblait pas être dans le coin, alors nous avions descendu quelques escaliers à proximité.

Il n’y avait personne en bas des escaliers non plus. Cependant, alors que nous descendions un long couloir, j’avais senti une présence inhabituelle. C’était difficile à comprendre, mais c’était vraiment quelque chose de bizarre. Yae et Kohaku n’avaient pas du tout semblé le remarquer.

J’avais lentement avancé vers cette présence inconnue. Nous avions traversé plusieurs portes coulissantes en or, jusqu’à ce que nous arrivions enfin…

***

Partie 4

« Hein ? »

« Qu’est-ce qui ne va pas, Touya-dono ? »

Je m’étais arrêté devant une porte coulissante et je l’avais ouverte juste un peu pour jeter un coup d’œil de l’autre côté. Dès que j’avais regardé à travers, je l’avais refermée immédiatement. Sérieusement ? ! J’avais cru que mes yeux me jouaient des tours, alors j’avais ouvert la porte à nouveau…

Il y avait quelqu’un assis sur un oreiller au milieu d’une grande pièce. Il portait des vêtements de soie rayonnants de violet et de rouge. Il portait aussi un hakama doré. Il se grattait le dos d’une manière très grossière. Et, sur son dos… il y avait une gourde en or. Elle avait à peu près la taille d’une bouteille de soda de deux litres.

Pas possible… C’est Hideyooshi !? Yae jeta également un coup d’œil, et elle était tout aussi abasourdie. Elle marmonnait.

« … C’est un singe, ça. »

« … Donc mes yeux ne me jouaient pas de tours. »

J’étais un peu soulagé que Yae voie la même chose que moi, car cela signifiait que mes yeux allaient bien et que j’étais complètement sain d’esprit.

Mais il y avait vraiment un singe ici. Un singe qui se détendait dans cette pièce. Et ce n’était pas un homme avec un visage de singe. C’était littéralement un singe bien habillé.

Il était un peu plus petit que Yae. Il ressemblait vaguement à un macaque japonais, mais il avait la taille d’un orang-outan. Je n’avais pourtant jamais vu un macaque japonais de cette taille. Je m’étais demandé si c’était une sorte de bête magique.

« Mais qu’est-ce que… ? Est-ce l’un des animaux de compagnie de Hideyooshi ? »

« Ook. Il y a quelqu’un ? »

Il a parlé. Ce foutu singe a parlé ! J’avais remarqué qu’il avait un éventail en papier dans la main. Il le tapa contre sa paume en nous regardant.

Nous avions été découverts, alors cela ne servait à rien de se cacher. J’avais ouvert la porte coulissante et j’étais entré dans la lumière.

« Hoo hoo. Un Oni, une dame, et un tigre blanc… Des invités étranges, des invités étranges en effet. Vous êtes des amis de ceux qui sont dehors ? Ook. »

 

 

« … Êtes-vous... Êtes-vous Hideyooshi ? »

« Hoohoohoo ! Effectivement. Le seul et unique Hashiba Chikuzen no Kami Hideyooshi ! »

Je pouvais entendre sa voix, mais je pouvais aussi vaguement entendre des bruits de singe sous ses paroles.

C’est quoi ce bordel ? Ça fait bizarre de l’entendre parler. C’est comme si je regardais un mauvais doublage de film.

« Vous avez fait du bon travail pour arriver à cet endroit. Félicitations. Ook. En récompense, vous pouvez devenir mes assistants personnels. »

« Non merci. Je ne suis le préposé de personne. »

« Hoo ! Je n’ai pas dit que vous auriez le choix ! »

Les yeux de Hideyooshi étaient soudainement devenus rouge éclatant. C’est alors que je remarquais la chose qui sortait de la gourde sur son dos.

Yae et Kohaku s’étaient soudain raidis. Leurs yeux étaient flous et brouillés. On aurait presque dit qu’ils avaient été mis en transe.

« … Salaud. Qu’est-ce que tu as fait ? Non, plus important que ça, qu’est-ce que… »

« Ook ook !? Pourquoi es-tu capable d’y résister !? »

Le singe se leva, visiblement en colère contre moi. Ses yeux brillèrent à nouveau, et ce quelque chose s’échappa de la gourde une fois de plus. C’était exactement ce que je soupçonnais…

« Pourquoi !? Pourquoi ça ne marche pas !? »

« Je le savais. Tu n’es pas qu’un singe, n’est-ce pas ? Tu utilises juste le corps d’un singe ! Et cette gourde… C’est ton vrai corps, n’est-ce pas ? Révèle-toi, dieu servile. »

« Espèce de misérable petit… Qui es-tu !? »

Les yeux du singe devinrent entièrement rouge sang. Le truc qui fuyait sans cesse de la gourde ? C’était de la divinité. L’essence divine. L’énergie portée par quiconque venant du royaume des dieux. Cependant, contrairement à l’essence que mes sœurs et le Dieu Tout-Puissant détenaient, celle-ci était plus trouble.

Pour autant que je sache, les dieux serviles étaient au bas de l’échelle. Mais, quel que soit le statut, un dieu était un dieu. Manipuler les humains était insignifiant.

J’avais pu y résister grâce à la divinité inhérente à mon corps. Kohaku ne pouvait probablement pas, car il n’était là que grâce à ma magie.

J’avais envoyé un message à Luli, au château de Brunhild.

{Luli, vous me recevez ?}

{Parfaitement, mon seigneur. Comment puis-vous servir ?}

{J’ai besoin que vous trouviez Karen ou Moroha immédiatement. Dites-leur que j’ai trouvé le dieu servile. Elles sauront ce que cela signifie. Merci.}

{À vos ordres.}

Mes sœurs m’avaient dit qu’elles sauraient quand des dieux utiliseraient leurs pouvoirs, mais il semblerait que ce type en avait utilisé juste assez pour éviter d’être détecté. Il semblerait que ce pouvoir ne durait qu’un court instant, et c’était tout ce qu’il fallait.

J’avais l’impression que ma divinité s’échappait aussi, alors j’avais été surpris que ce type ne l’ait pas remarqué. J’avais pensé ensuite que j’avais peut-être une sorte de contrôle subconscient sur cette fuite, alors peut-être que c’était simplement un filet. Attendez, et si j’essayais de me concentrer…

J’avais fermé les yeux, en me concentrant profondément sur ma vision.

Hm… Ce sentiment… C’est un peu comme de la magie, mais… en plus lumineux ? C’est difficile à décrire… C’est un peu comme un tout autre type de pression dans l’air… Gh… Voyons si je peux… le faire ressortir…

Ça n’avait pris qu’un instant. Un flash de lumière m’éblouissait. Mon corps s’était illuminé comme un arbre de Noël alors que j’étais englouti dans un vortex brillant. La lumière s’était réfléchie sur la pièce dorée, provoquant un éclat éblouissant partout.

« Wuh... »

Le vortex s’était progressivement calmé, mais je pouvais encore sentir la lumière couler sur ma peau. Je regardais mes mains avec surprise, et je sentais quelque chose de tangible reposer sur mes épaules.

Hein ? Mes… cheveux ? J’avais posé mes mains sur ma tête et je les avais suivis… jusqu’à ma taille. Mais qu’est-ce que… ? J’ai des cheveux dorés ? Ou euh… blond platine ? Je ne sais pas comment exprimer ça !

« Ook-eek ! Ce… ce pouvoir ! Tu viens du royaume des dieux !? »

Le singe fit un pas en arrière avec crainte. La gourde était alors tombée de son dos et roula sur le sol. Peu à peu, elle commença à cracher une couleur dorée, jusqu’à ce que le tout prenne la forme d’un homme.

 

 

Un vieil homme mince gisait sur le sol. Il avait une barbe hirsute et me fixait du regard avec des yeux pleins de haine.

Alors que je me tenais là, avec de longs cheveux dorés et une lumière divine émanant de chaque pore de mon corps… il m’était difficile de réprimer l’envie de crier « Ce n’est même pas ma forme finale ! » J’avais aussi été à moitié tenté d’essayer un Kamehameha. Mais à tout bien considéré, j’étais assez calme. J’étais surpris par la façon dont j’avais géré cette soudaine transformation.

Quelque chose de similaire était arrivé au vieil homme qui se trouvait devant moi. Une aura divine émanait de son corps et l’enveloppait de lumière. Bien que sa lumière soit en quelque sorte plus boueuse que la mienne. C’était un peu similaire à de l’or sombre. Tout à coup, il fit un mouvement.

« Hyaaah ! »

Le vieil homme, qui ressemblait un peu à une mante religieuse dans ses mouvements, tira un rayon de lumière divine tout droit de sa paume. J’avais immédiatement réagi en l’attrapant de ma propre main. L’onde de choc qui en résulta fit trembler le château. Les planchers, les murs et les plafonds s’étaient mis à s’effriter et à trembler. Moi-même et le vieil homme étions au centre de l’explosion.

Kohaku et Yae risquaient d’être renversés, alors j’avais utilisé ma magie pour les suspendre en l’air.

« Ook, eek, hooooooh !? »

Alors que le sol en dessous de nous disparaissait, le singe vêtu d’or avait disparu dans les restes du bâtiment. Les singes peuvent survivre en tombant des arbres, n’est-ce pas… ? Eh bien, c’est un château, en tout cas.

Le vieil homme et moi flottions dans les airs. Nous nous étions regardés fixement.

Attendez, comment puis-je voler sans utiliser [Vol] ou [Lévitation]… ? Est-ce un effet secondaire de ma propre divinité ? Alors que je pensais à quel point c’était bizarre, le vieux ouvrit la bouche.

« Misérable… Qui donc es-tu ? Un dieu inférieur ? Un dieu servile ? Est-ce que quelqu’un t’a demandé de me capturer ? »

« Je ne suis ni l’un ni l’autre, et je ne suis pas ici pour ce genre de travail. Pourquoi ne pas rentrer tranquillement ? Ne penses-tu pas que c’est égoïste de venir dans le monde des mortels comme ça ? Ne penses-tu pas que c’est mal de causer le chaos dans le dos d’Eashen comme ça !? »

« Silence ! Peux-tu même seulement comprendre l’ennui que je ressentais jour après jour ? Comprends-tu le vide qui m’habite ? ! La grisaille monotone et ennuyeuse de ce monde !? »

Huh… Les dieux serviles n’ont donc pas de position ? Karen est le Dieu de l’Amour, et Moroha est le Dieu des Épées, mais… est-ce que ce type serait au chômage ? ! C’est un NEET !

« Je n’ai même pas encore eu la chance de vivre ma vie ! Je vais faire de grandes choses, m’entends-tu !? Je vais devenir un dieu merveilleux, et beaucoup de gens vont m’adorer… ! »

On dirait bien un NEET. Un type comme lui ne peut-il pas devenir quelque chose comme le Dieu des fainéants ?

Alors ce type en avait marre de ne pas être reconnu dans le royaume des dieux, et il était venu ici pour faire de ce monde son terrain de jeu…

Donc il veut devenir un dieu ayant des devoirs importants, hein… ? Quel emmerdeur.

« N’as-tu pas violé les règles du royaume divin ? Tu devrais maintenant te rendre. Rentre tranquillement. »

« Hmph… Je le sens, mon garçon. Ta divinité est encore déséquilibrée. Es-tu peut-être nouveau dans ce domaine ? J’ai l’impression que tu viens juste de débuter… Une sorte de nouveau venu. Crois-tu vraiment que tu peux me manipuler comme ça ? »

« Non, comme je l’ai dit, ce n’est pas mon travail… »

Au moment où j’avais commencé à parler, le paysage autour de nous deux commença à se tordre et à se déformer.

En quelques instants, tout était d’un étrange blanc cassé. Le monde autour de moi était un vide pur, avec d’étranges perles de lumière flottant ici et là. Il n’y avait pas de terre en dessous de nous ni de ciel au-dessus de nous. Nous flottions simplement dans un abîme laiteux et sans fin.

« Qu’est-ce que… »

« C’est le royaume des esprits. Nous pouvons librement utiliser nos pouvoirs divins ici sans interférer dans le monde des mortels. »

Karen était soudainement apparue à côté de moi sans prévenir. Elle avait dû nous amener ici. Attendez, qu’est-il arrivé à Yae et Kohaku !?

« Ne t’inquiète pas pour ces deux-là. J’ai désactivé l’hypnose sur elles et je les ai mises en sécurité. »

Moroha était également apparu, tout aussi soudainement et sans explication. Le dieu servile les vit et devint immédiatement pâle. Le choc couvrit son visage.

« Le Dieu de l’amour… et le Dieu des épées ! Que faites-vous ici !? »

« Allez, mec… Tu as fait ce que tu voulais ici, tu pensais qu’on ne le remarquerait pas ? Tu t’es bien caché jusqu’ici, mais ton petit jeu est fini maintenant ! »

Moroha dégaina sa lame du fourreau de sa taille. C’était juste une lame d’acier standard. Mais cela n’avait pas d’importance, car l’important était de savoir qui la maniait. Même une épée en bois pouvait détruire des montagnes si elle était entre ses mains.

***

Partie 5

« Sais-tu que tu as enfreint les règles ? Même si tu es au chômage, tu ne peux pas utiliser les pouvoirs divins dans le monde des mortels… »

« Gh… Chômeur… Chômeurs ! Chômeur ? ! Tout le monde dit ça ! Arrêtez, ce n’est pas juste… ! »

Le dieu servile serra les dents et grogna. D’après ce que j’avais entendu, mes sœurs n’étaient pas autorisées à utiliser des pouvoirs liés à autre chose que leurs domaines respectifs, et même cela était limité. Mais j’avais l’impression d’être dans une situation particulièrement étrange par rapport à ces règles.

Je n’étais pas un dieu, et pourtant j’avais le pouvoir d’un dieu. Je n’étais pas un dieu, donc je n’étais pas lié par les règles de leur monde. Cela devait être probablement quelque chose comme ça.

Je m’étais dit que si le Dieu Tout-Puissant décidait que j’étais assez approprié pour devenir le dieu de quelque chose, alors je serais accepté comme l’un d’entre eux dans leur monde… Mais je n’avais pas vraiment envie de devenir une sorte de Dieu.

« Maintenant, vas-tu venir facilement ? Bien que, étant donné la gravité de tes crimes, nous ne pouvons pas te donner une peine plus douce. »

« Ouais. Tu vas te réincarner en une créature de moindre importance pour une centaine de millions d’années. »

« Pour qui me prenez-vous ? »

Le dieu servile tira un autre faisceau concentré de sa propre divinité. Mais Moroha était plus rapide. En un seul coup, elle trancha le bras levé de l’homme au niveau du coude.

« Gwugh… ! »

Je m’attendais à voir du sang, mais… rien n’était sorti de la blessure. Son bras avait juste flotté.

Après tout, un dieu restait un dieu. Il semblait être complètement différent des créatures de chair et de sang comme moi. Je m’étais demandé pourquoi il avait pris la forme d’un vieil homme… Cela reflétait-il ses sentiments, ou était-ce juste le look qu’il voulait avoir ? Je m’étais demandé s’il était plus concentré sur une esthétique particulière que sur le fait de faire quelque chose d’utile.

« Si tu continues à rendre cela plus ennuyeux qu’il ne faut, ta tête va suivre. Une fois que tu auras payé pour tes crimes, tu redeviendras peut-être comme l’un des nôtres… Mais ce ne sera pas une option si je mets fin à ton existence dès maintenant. »

Huh, je suppose que les dieux pouvaient être tués. Même s’ils pouvaient vivre éternellement. On dit que la curiosité est un vilain défaut, mais peut-être que l’ennui tue un dieu… On dirait que tous les dieux étaient probablement morts un jour ou l’autre. Peut-être.

« Si vous voulez me forcer à avoir un tel déshonneur, alors laissez-moi au moins me battre ici ! Haaah ! »

« Ça n’arrivera pas ! »

Dès que la lumière sombre commença à émaner du dieu servile, Moroha le coupa en deux en plein milieu.

Oof… Je sais qu’il n’y a pas de sang mais c’est, euh… assez intense…

« Gahh… Tu n’auras pas autant de chance la prochaine fois… »

« La prochaine fois… ? »

« M-Moroha ! Son bras ! »

Le dieu servile laissa échapper un rire méchant quand Karen se mit à crier à propos de son bras.

C’est alors que j’avais remarqué son bras coupé, quelques secondes avant qu’il ne disparaisse de l’espace dans lequel nous flottions. Peu de temps après, le reste de son corps avait commencé à se dissoudre en grains de sable.

« Bordel de merde… Il était plus intelligent que je ne le pensais. »

« Ce n’est pas bon. Sa divinité a disparu. »

« Hein ? Que vient-il de se passer ? »

J’étais un peu confus, j’avais besoin de quelques éclaircissements.

« Il a canalisé la plus grande partie de son essence divine dans son bras droit et s’est échappé dans le monde des mortels. De plus, sa divinité a encore disparu de notre radar, donc nous l’avons perdu. »

« Nous sommes de retour à la case départ… Ce qui veut dire qu’on va devoir rester dans le coin. »

Sérieusement… ? Comment s’est-il échappé alors qu’on l’avait coincé ? Ce n’est pas juste.

Sa divinité était à nouveau masquée, et je ne pouvais pas utiliser [Recherche] pour le retrouver, car je n’avais aucune idée de la forme qu’il prendrait.

Il me rappelait un peu un lézard. Même si on lui coupait la queue, il pouvait encore la faire repousser…

« Bref, Touya… ? C’est quoi ce costume ? Sais-tu que tu as l’air bizarre ? »

Karen plia les bras en me regardant de haut en bas. Je portais toujours le masque d’Oni, j’avais donc probablement l’air bizarre.

« Je me suis déguisé parce que je ne voulais pas que Brunhild soit affiliée à la guerre civile d’Eashen. Mais euh… plus important que ça, c’est quoi ces cheveux ? Pourquoi ont-ils poussé et changé de couleur !? »

« Hmph… Tu t’es réveillé à ta propre divinité, imbécile. Tu n’as probablement pas remarqué, mais tes yeux sont aussi dorés. C’est ta vraie forme. »

Quoi !? J’avais sorti un miroir de mon [Stockage]. Moroha avait raison, mes yeux étaient d’un or étincelant.

« … Est-ce que ça va changer à nouveau ? »

« Si tu supprimes ta propre divinité, tu devrais te retransformer. Le fait que tu te sois réveillé signifie que tu devrais être capable de le contrôler. »

« … Mais ne le supprime pas tant que nous sommes dans le royaume des esprits. Pour l’instant, la zone est claire puisque nous exerçons notre divinité, mais si des Esprits ou des Spectres sentent la présence d’un humain ici, ils viendront. Et ce ne sera pas beau à voir. »

Huh, d’accord… Dans ce cas, je vais garder cela pour plus tard.

Mon smartphone s’était soudainement mis à vibrer. Le choc de la sensation me fit sursauter. J’avais regardé l’écran, et celui-ci m’informa que Dieu lui-même appelait.

« Allô ? »

« Hé, Touya ? On dirait que ta divinité s’est réveillée… »

« Oui. Il n’y aura pas d’effets secondaires bizarres, hein ? »

« Hmm ? Tu n’es pas exactement devenu un dieu, donc il n’y en aura pas… Mais c’est moi qui t’ai amené dans le royaume des dieux, et c’est moi qui ai forgé ton corps… Il est probable que ton essence ait la même étincelle divine que la mienne. »

Huh… Il y a différents types ? Ah oui, c’est vrai… Celui de l’autre gars semblait plus sombre.

J’essayais de me concentrer sur Karen, et j’avais soudainement remarqué que sa lumière dorée avait de faibles traces de rose à l’intérieur. Moroha avait aussi une lumière bleue. J’avais deviné que cette étincelle divine était probablement liée à la couleur qui émanait de vous.

« Hmhm… Je me demande ce que je devrais faire à ce sujet. Si tu as la même étincelle divine que moi, alors tu vas probablement devenir mon disciple… Eh bien, c’est très bien. Je ne vois pas pourquoi je ne te prendrais pas comme disciple, Touya. »

« Que veux-tu dire ? »

« Tu as le pouvoir d’un dieu, mais tu es toujours humain, Touya. Je dois définir clairement ta position avec les autres dieux… Mais je ne peux pas te nommer dieu de quoi que ce soit en particulier, et tu n’es pas non plus en position de devenir un dieu servile… C’est pourquoi tu seras mon disciple, et tu seras sous ma protection directe. »

« Cela signifie que nous formons une famille. »

Karen m’avait souri et me fit un clin d’œil. J’étais surtout confus.

Une famille, hein… ? Attendez ! N’écoutez pas mon appel téléphonique !

Quand même… Être de la même famille que le Dieu Tout-Puissant… ? Le Dieu des mondes ? Ça a l’air plutôt sympa.

« N’y réfléchis pas trop. Après tout, tu as deux sœurs aînées… Considère-moi comme ton nouveau grand-père. »

Ha. C’est une barre assez haute à passer, tu sais ? Mais bon…

« Mais euh… Sais-tu où est allé ce dieu fugueur ? »

« J’ai bien peur de dire que je ne le sais pas. Sa présence est devenue aussi indétectable que la poussière. Et le trouver n’est pas mon travail, jeune homme. Je suis celui qui doit être informé par ceux qui le chassent, non ? »

J’avais été un peu troublé par ce qu’il voulait dire. Moroha s’était soudain penché pour clarifier.

« Tant que ce type court partout, on a des raisons d’être ici, tu te souviens ? Après tout, je suis ici pour aider Karen à le trouver. »

Huh… Je vois… Attendez !

J’avais soudain regardé Moroha, un soupçon brûlant dans mon regard. Elle baissa ses bras et cria de panique.

« Non, non ! Ne te méprends pas ! Nous n’avons pas laissé le gars filer intentionnellement ! Nous ne mélangerons jamais le travail et le plaisir, promis ! »

Hmph… Je suppose que je dois te croire… Mais je me demande si d’autres dieux ont essayé de descendre, et si j’en verrai d’autres descendre grâce à cette excuse commode…

« En tout cas, jeune Touya… Voici la situation telle qu’elle est maintenant. Je te reparlerai bientôt, prends soin de toi. »

Dieu Tout-Puissant me raccrocha au nez avant que je puisse parler.

Hmm… De toute façon, qu’est-ce que je peux faire avec le mode Dieu activé ? Après un peu d’expérimentation, je découvris que je pouvais jeter des sorts sans prononcer leur nom ou leurs incantations. Exercer ce genre de pouvoir était un peu effrayant.

J’avais quitté le royaume des esprits, en marmonnant et en réfléchissant à mes nouveaux pouvoirs.

◇ ◇ ◇

Nous nous étions retrouvés dans le royaume des mortels. Nous nous trouvions dans le château d’Oosaka en feu. Il semblerait que la bataille était décidée. Nous avions entendu des cris de victoire ici et là. L’alliance Tokugawa-Date avait triomphé.

Le raid soudain était tout simplement trop important pour l’armée Hashiba non préparée.

Avant d’aller au camp de Leyahsu, j’avais désactivé ma propre divinité. Mes cheveux retrouvèrent leur lustre habituel, mais ils n’avaient pas raccourci… Est-ce que ça va se produire chaque fois que je l’activerai ? J’espère que je n’ai pas une quantité limitée de cheveux là-dedans…

Je marmonnais anxieusement en rentrant au camp de Leyahsu pour rencontrer Yae et Kohaku.

« Qu’est-il arrivé à tes cheveux, Touya-dono ? ! »

« Beaucoup de choses se sont passées, Yae. Mais Hideyooshi est mort. »

Leyahsu, qui écoutait aux portes, avait soudainement poussé un cri de joie. Après tout, la défaite de Hideyooshi consolidait la victoire qui avait été remportée ce jour-là.

L’armée de Hideyooshi allait s’effondrer, et Tokugawa allait désormais détenir la plus grande faction du pouvoir à Eashen. C’était semblable à l’histoire de mon monde, mais aussi complètement différent.

J’avais soigné les blessés grâce à ma magie, puis j’avais décidé de rentrer chez moi. Après tout, c’était à Eashen de s’occuper de tout à partir de ce moment-là. Tous ceux qui étaient sous le contrôle de Hideyooshi allaient probablement retrouver leurs esprits bientôt, eux aussi.

En guise de dernier conseil, j’avais dit à Leyahsu de se méfier d’un homme nommé Ishida Mitsunari, au cas où. Mais il ne semblait pas savoir qui c’était, il semblerait donc que ce type n’existait pas dans ce monde.

Oh, je suppose que tout n’est pas identique.

Yae, Kohaku, moi-même et mes sœurs avions tous embarqué dans Gungnir. Puis, Rosetta nous emmena à Brunhild.

J’étais extrêmement fatigué, je m’étais donc vite présenté et j’étais allé directement au lit. Beaucoup de gens m’avaient demandé en passant pourquoi mes cheveux étaient si longs.

Un jour plus tard, ma situation était désastreuse. J’avais attrapé une grosse fièvre et je n’avais plus de force physique. Je n’avais pas faim et je me sentais léthargique. Même [Récupération] ou [Rafraîchissement] n’avaient eu aucun effet sur moi.

« Ouah… Ce sont les symptômes du rhume, mais c’est aussi très différent. Vous avez de la fièvre, mais votre corps n’a pas augmenté de température. »

Flora, vêtue d’une tenue d’infirmière, regarda le thermomètre avec un froncement de sourcils. J’étais alité, bien sûr, enveloppé dans des couvertures et je la regardais grogner.

« Qu’est-ce que c’est que cette maladie !? Que devrions-nous faire !? »

Yumina s’était assise à côté du lit en proie à la panique.

Heh… C’est plutôt mignon de la voir comme ça.

Mes huit fiancées étaient toutes dans la chambre et se tenaient debout ou assises près du lit. Yumina, Elze, Linze, Yae, Lu, Sue, Hilde et Leen étaient toutes là pour s’occuper de moi. Mais aussi… Kousaka, Laim, Lain, Lapis, Renne, Cesca, Flora, Karen, Kohaku, Luli, Kougyoku, Kokuyou, Sango et Paula étaient tous là aussi. Il y avait beaucoup trop de monde à mon goût.

J’étais heureux qu’ils se soient rassemblés pour me protéger, mais c’était vraiment un peu excessif.

« Bon, maintenant… Touya va très bien. Que tout le monde retourne au travail. Il n’y a pas de problème ici, pas de problème du tout. C’est juste la fatigue d’hier. Tu devrais me laisser faire. »

Karen frappa ses mains et fit sortir tout le monde de la pièce. Elle disait à tout le monde que le fait de s’entasser ne me ferait aucun bien, mais je n’entendais pas grand-chose. Mon corps était si lourd que je ne pouvais même pas me lever.

***

Partie 6

La porte s’était refermée en claquant jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Karen. Elle s’était assise sur la chaise voisine et elle m’avait regardé avec un froncement de sourcils.

« Tu es avec moi, Touya ? Sais-tu que cette maladie est juste due à ton corps qui souffre des effets de ton pouvoir divin ? Tu te remettras si tu te reposes un jour, et tu t’habitueras lentement à la puissance qui est en toi, je te le promets. Alors, dors pour l’instant, d’accord ? »

Oh, je vois… Alors, c’est à cause de ma divinité… C’est ce que je pensais… J’étais juste soulagé de connaître la cause réelle. En plus, ce n’était pas comme si je souffrais d’une douleur physique… je ne pouvais tout simplement pas exercer d’activité physique. J’avais aussi la tête floue, comme si je rêvais.

Mais Karen m’ayant dit de dormir, c’était donc ce que j’allais faire. J’avais dérivé tranquillement vers le pays du sommeil. Que les angoisses soient damnées.

« Mmh… »

Quand je m’étais réveillé, mon corps était encore lourd. J’avais ouvert les yeux, le regard fixé sur le plafond. C’était un spectacle auquel je m’étais peu à peu habitué.

« Ah… Tu es réveillé ? »

Linze lisait un livre à mon chevet, mais elle s’était arrêtée pour me regarder. Je me demandais depuis combien de temps elle était assise là. J’avais fait semblant de ne pas remarquer la… La nature rose du livre qu’elle lisait.

Elle m’avait versé un verre d’eau de la cruche sur la table de chevet et me l’avait remis, puis elle me tamponna le front avec une serviette mouillée.

 

 

J’avais levé un peu mon corps, j’avais pris le verre et j’avais bu, puis je m’étais aussitôt affalé sous les couvertures.

Ahh…

« Ta fièvre semble avoir baissé, mais… Eh bien, te sens-tu mieux ? »

« Ah… Je vais bien… Sais-tu que ma situation s’améliorera après avoir bien dormi ? »

« Je suis quand même contente de savoir qu’il y a des moments où tu restes vraiment au lit, Touya. C’est un peu soulageant, hehe… »

Mon Dieu, qui est-ce que je suis, un monstre… ? Je suppose que je devrais m’expliquer bientôt, cependant… D’un point de vue extérieur, ça a l’air vraiment bizarre.

« C’est un peu drôle, c’est tout… Quand je t’ai rencontré dans cette ruelle de Reflet, je suis resté avec toi et je t’ai vu grandir en tant que personne. Maintenant, tu es grand-duc de ta propre nation… Tu m’as semblé être comme une personne supérieure à moi parfois, Touya… Et un peu distant. Alors, pardonne-moi, mais… quand je te vois dans un état aussi vulnérable, ça me fait plaisir de savoir que… tu n’es pas toujours aussi loin. »

« … Tu sais, rien n’a changé. Je suis toujours avec toi, Linze. Et les autres aussi. Je veux aussi que tu sois à mes côtés pour toujours. Après tout, vous êtes la raison pour laquelle je suis allé si loin… Mh… Je vous promets… Je… Je vous rendrai heureuse, alors… Ngh... »

Zzz… J’avais été à nouveau soudainement frappé par la fatigue. En me rendormant, j’avais senti la sensation de lèvres pressées contre ma joue. Le petit baiser m’avait guidé vers le pays des rêves.

Le lendemain matin, j’avais ouvert les yeux, et mon corps était léger comme une plume. Je m’étais senti complètement revigoré. J’avais dormi toute une journée, et j’étais guéri !

Je voulais que Lu me coupe les cheveux tout de suite, mais j’avais décidé de me retenir un peu. S’ils allaient repousser après avoir puisé dans ma divinité, alors il était inutile de se précipiter pour les faire couper.

« Oi! Ça va, mon pote… ? »

Renne me vit sortir de ma chambre. Elle portait un panier de linge dans le couloir. J’étais vraiment fier de la diligence dont elle faisait preuve.

« Oui, je vais bien. Merci de t’en soucier, Renne. »

Je lui donnais une petite tape sur la tête et je m’étais retourné pour partir. Il devait y avoir beaucoup de gens qui s’inquiétaient pour moi.

Je voulais en savoir plus sur la divinité en moi. Pourtant Karen dormait… Je n’avais donc pas d’autre choix que d’aller voir Moroha. Je m’étais dit qu’elle serait sur le terrain d’entraînement.

Naturellement, j’avais raison. Elle s’était entraînée dur toute la matinée. Je l’avais emmenée dans un endroit tranquille pour obtenir des réponses.

« Ah, bien… C’est un peu compliqué… Tu peux poser des questions sur la divinité, mais euh… Eh bien, vois-tu, chaque dieu a sa propre marque particulière. »

Moroha semblait un peu vaincue, comme si elle ne pouvait pas me donner les réponses que je cherchais.

« Et toi, alors ? Comment utilises-tu la tienne ? »

« Moi ? Ma divinité fonctionne en moi comme un outil de combat. Je frappe les ennemis avec, et je me protège. Mais la meilleure façon d’utiliser ma divinité est de créer des armes à partir d’elle. »

Moroha sortit un poignard d’un fourreau et, en quelques instants, enveloppa la lame d’une lumière divine. Le poignard devint rapidement un couteau brillant. La lumière s’étendait au-delà de la lame physique de l’arme, créant une arme plus longue.

Whoa, c’est une épée lumineuse !

« Pour être franc, il n’y a euh… aucune règle réelle sur la façon d’utiliser ta divinité. Après tout, c’est le pouvoir d’un dieu. Il te vient naturellement. Tu t’y habitueras, mais je te déconseille de t’y fier souvent. »

« Pourquoi cela ? »

« Eh bien, tout d’abord, c’est un pouvoir qui n’est pas utilisé dans le monde des mortels. Ce n’est clairement pas de la magie, donc tu risques de dévoiler ton identité. Deuxièmement, c’est une contrainte majeure pour ton corps. Tu t’y habitueras lentement et les effets secondaires s’atténueront à la longue, mais tu ne dois pas continuer à l’utiliser. Troisièmement, il n’y a aucune raison pour que tu embrasses complètement ton côté divin si tôt, n’est-ce pas ? Chaque fois que tu l’utiliseras, tu te rapprocheras de la divinité. »

Moroha souleva quelques points justes. Cela m’avait aussi rappelé ce que Linze avait dit. Sur le fait que j’étais distant. Le pouvoir d’un dieu n’était pas nécessaire dans ma vie.

Malgré cela, je ne voudrais pas que ce pouvoir me soit retiré si j’en avais vraiment besoin. C’était pourquoi j’avais voulu acclimater mon corps à la nouvelle situation.

J’avais laissé le pouvoir magique et la divinité couler à travers mon corps, et j’avais déclenché l’étincelle divine en moi.

Mon corps s’était à nouveau transformé en une lumière brillante et mes cheveux étaient devenus dorés. Ils avaient repoussé, eux aussi… Jusqu’à mes foutus genoux. J’avais râlé doucement en déplaçant mes cheveux en désordre vers mon dos.

« Mais je ne peux pas au moins couper les cheveux ? »

« Hmph… Je ne prendrais pas ce risque. Il y a une chance que tu puisses avoir tes cheveux qui poussent chaque fois que tu déclenches ta divine étincelle. »

« Ça va aller, alors… »

Je n’avais aucune intention de rejoindre un monastère. J’avais décidé de me faire couper les cheveux par Lu après.

« Ah oui, autre chose… Tu déclenches le pouvoir de la Divine Providence chaque fois que tu prends cette forme. Les petits animaux, ou les gens qui ne sont pas particulièrement forts risquent de s’évanouir en ta présence… »

« C’est un peu gênant… »

J’avais pris la dague et j’avais essayé de rassembler la divinité dans ma paume comme elle l’avait fait.

Ghh… C’est bien plus dur que de verser de la magie dans des trucs…

Finalement, j’avais réussi à créer une lame divine comme Moroha l’avait fait. Par rapport à Moroha, qui l’avait fait en quelques secondes, cela m’avait pris beaucoup trop de temps.

Il semblerait que la manipulation de la divinité était une question de travail acharné et de pratique répétée.

« En t’habituant à ta propre étincelle divine, tu seras capable de la maîtriser. »

« Oh, c’est vrai. Je peux utiliser la magie sans chanter sous cette forme. Sais-tu de quoi il s’agit ? »

« Je n’en sais rien. Te souviens-tu que les dieux comme moi n’utilisent pas la magie ? »

Oh, c’est vrai… Merde. Je suppose qu’elle ne me sera d’aucune utilité sur ce sujet. Je vais juste devoir le découvrir par moi-même.

J’avais pointé le ciel et invoqué mentalement une [Flèche de feu], sauf qu’au lieu d’une simple attaque d’une flèche enflammée, un torrent de flammes monstrueux avait jailli du bout de mes doigts.

Bon sang. Est-ce que quelqu’un survivrait à ça ? ! Oh… Oh, whoa… Bizarre… Ma divinité vient de… s’effondrer ? Elle ne se rétablit pas deux fois plus vite que ma magie… C’est parce que je ne suis pas entraîné ? C’est bizarre d’être aussi faible… Ugh, on dirait que j’ai beaucoup à apprendre.

J’avais choisi de donner à ma transformation le nom d’Apothéose. Celle-ci me semblait être problématique. Je l’avais désactivée, revenant ainsi à ma forme normale. Comme je m’y attendais, je m’étais senti léthargique et lourd, mais pas autant que la dernière fois.

J’étais retourné sur le terrain d’entraînement avec Moroha et lui avais fait signe de partir. Puis, j’avais remarqué que Lu faisait son entraînement du matin. Je l’avais appelée sur un banc voisin, car je devais certainement me faire couper les cheveux.

J’avais pris des ciseaux de mon [Stockage] et je les lui donnais.

« N’étaient-ils pas plus courts que ça hier !? »

« Ahaha... Oui… C’est vraiment mystérieux, hein… ? »

Lu commença à me couper les cheveux avec précaution. Une coupe de cheveux. Ça ne me dérangeait pas vraiment qu’elle fasse une erreur ou autre. Même si elle se trompait, je pouvais lancer l’Apothéose une fois de plus afin de faire repousser le tout.

Je ne veux cependant pas devenir chauve… Si la transformation fait pousser mes cheveux à partir des racines, ils pourraient finir par s’épuiser… J’avais pris la décision de passer au laboratoire d’alchimie et de demander à Flora un tonique capillaire infini.

 

 

« Quelque chose ne va pas, Touya ? »

« Pas du tout. J’avais juste peur de devenir chauve. »

« Heheh. Ça ne me dérangerait pas. Chauve ou gros, tu es toujours Touya pour moi. »

Lu avait souri gentiment, mais je ne voulais surtout pas être chauve ou gros… Même si la calvitie était inévitable, je m’engageais à ne jamais faire d’excès de poids…

« Oh, c’est vrai ! Touya… Tu enquêtais sur Felsen, n’est-ce pas ? S’est-il passé quelque chose ? »

« Oh, oui. Il s’est passé certaines choses. Tu en sais beaucoup sur eux ? »

« Eh bien, j’étais en fait un peu inquiète. Te souviens-tu que ma sœur aînée étudie là-bas ? S’il se passait quelque chose à Felsen, je préférerais vraiment qu’elle rentre à la maison. »

Hm… ? Oh, c’est vrai. Je ne l’avais jamais rencontrée, mais je me souviens que Lu avait dit quelque chose à propos de sa sœur aînée qui étudiait à Felsen.

Felsen était connu comme le Royaume magique, alors j’avais imaginé que la deuxième princesse de Regulus avait une sorte d’aptitude ou d’intérêt pour la magie.

Mais cela me mettait un peu mal à l’aise… Je n’avais pas décidé si Felsen était un mauvais endroit ou non, mais c’était certainement l’endroit où les pièces du Frame Gear volées avaient été emportées… Je ne pensais quand même pas qu’il puisse arriver quelque chose à une princesse de Regulus là-bas.

« Oh, attends. Est-ce que ça veut dire que Regulus et Felsen sont en bons termes ? »

Je ne pouvais pas imaginer le fait qu’une famille royale envoie une de ses filles dans une nation hostile.

« Oui, je pense que c’est le cas. Nous avons des relations amicales… Ou il serait plus sûr de dire que Regulus et Felsen ont une relation mutuellement bénéfique. Ils ont des artefacts magiques et de nouvelles techniques, tandis que nous avons des matières premières et des biens de valeur comme des pierres à sorts et des armures. Nous avons un accord commercial. »

« As-tu déjà rencontré leur roi, Lu ? »

« Une seule fois. J’ai été invité à un gala officiel à Felsen. C’est un peu difficile à dire, mais… il n’avait pas du tout l’air d’un mage. Je le sentais plus comme un mercenaire grisonnant, un homme endurci. »

Un mercenaire ? ! Je ne peux pas dire que c’était le genre d’image que je me faisais de leur roi…

Hm… Felsen a aussi un accord commercial avec Lestia ? Peut-être que nous devrions utiliser ça comme moyen d’entrer… Après tout, s’il n’y a pas d’appât, on ne peut pas attraper un poisson.

Après que Lu ait fini ma coupe de cheveux, j’étais retourné au château avec elle. Ensuite, j’avais ouvert une [Porte] pour Lestia. Je savais maintenant que je devais agir.

***

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