Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 9 – Chapitre 3 – Partie 4

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Chapitre 3 : La gourde dorée

Partie 4

« Hein ? »

« Qu’est-ce qui ne va pas, Touya-dono ? »

Je m’étais arrêté devant une porte coulissante et je l’avais ouverte juste un peu pour jeter un coup d’œil de l’autre côté. Dès que j’avais regardé à travers, je l’avais refermée immédiatement. Sérieusement ? ! J’avais cru que mes yeux me jouaient des tours, alors j’avais ouvert la porte à nouveau…

Il y avait quelqu’un assis sur un oreiller au milieu d’une grande pièce. Il portait des vêtements de soie rayonnants de violet et de rouge. Il portait aussi un hakama doré. Il se grattait le dos d’une manière très grossière. Et, sur son dos… il y avait une gourde en or. Elle avait à peu près la taille d’une bouteille de soda de deux litres.

Pas possible… C’est Hideyooshi !? Yae jeta également un coup d’œil, et elle était tout aussi abasourdie. Elle marmonnait.

« … C’est un singe, ça. »

« … Donc mes yeux ne me jouaient pas de tours. »

J’étais un peu soulagé que Yae voie la même chose que moi, car cela signifiait que mes yeux allaient bien et que j’étais complètement sain d’esprit.

Mais il y avait vraiment un singe ici. Un singe qui se détendait dans cette pièce. Et ce n’était pas un homme avec un visage de singe. C’était littéralement un singe bien habillé.

Il était un peu plus petit que Yae. Il ressemblait vaguement à un macaque japonais, mais il avait la taille d’un orang-outan. Je n’avais pourtant jamais vu un macaque japonais de cette taille. Je m’étais demandé si c’était une sorte de bête magique.

« Mais qu’est-ce que… ? Est-ce l’un des animaux de compagnie de Hideyooshi ? »

« Ook. Il y a quelqu’un ? »

Il a parlé. Ce foutu singe a parlé ! J’avais remarqué qu’il avait un éventail en papier dans la main. Il le tapa contre sa paume en nous regardant.

Nous avions été découverts, alors cela ne servait à rien de se cacher. J’avais ouvert la porte coulissante et j’étais entré dans la lumière.

« Hoo hoo. Un Oni, une dame, et un tigre blanc… Des invités étranges, des invités étranges en effet. Vous êtes des amis de ceux qui sont dehors ? Ook. »

 

 

« … Êtes-vous... Êtes-vous Hideyooshi ? »

« Hoohoohoo ! Effectivement. Le seul et unique Hashiba Chikuzen no Kami Hideyooshi ! »

Je pouvais entendre sa voix, mais je pouvais aussi vaguement entendre des bruits de singe sous ses paroles.

C’est quoi ce bordel ? Ça fait bizarre de l’entendre parler. C’est comme si je regardais un mauvais doublage de film.

« Vous avez fait du bon travail pour arriver à cet endroit. Félicitations. Ook. En récompense, vous pouvez devenir mes assistants personnels. »

« Non merci. Je ne suis le préposé de personne. »

« Hoo ! Je n’ai pas dit que vous auriez le choix ! »

Les yeux de Hideyooshi étaient soudainement devenus rouge éclatant. C’est alors que je remarquais la chose qui sortait de la gourde sur son dos.

Yae et Kohaku s’étaient soudain raidis. Leurs yeux étaient flous et brouillés. On aurait presque dit qu’ils avaient été mis en transe.

« … Salaud. Qu’est-ce que tu as fait ? Non, plus important que ça, qu’est-ce que… »

« Ook ook !? Pourquoi es-tu capable d’y résister !? »

Le singe se leva, visiblement en colère contre moi. Ses yeux brillèrent à nouveau, et ce quelque chose s’échappa de la gourde une fois de plus. C’était exactement ce que je soupçonnais…

« Pourquoi !? Pourquoi ça ne marche pas !? »

« Je le savais. Tu n’es pas qu’un singe, n’est-ce pas ? Tu utilises juste le corps d’un singe ! Et cette gourde… C’est ton vrai corps, n’est-ce pas ? Révèle-toi, dieu servile. »

« Espèce de misérable petit… Qui es-tu !? »

Les yeux du singe devinrent entièrement rouge sang. Le truc qui fuyait sans cesse de la gourde ? C’était de la divinité. L’essence divine. L’énergie portée par quiconque venant du royaume des dieux. Cependant, contrairement à l’essence que mes sœurs et le Dieu Tout-Puissant détenaient, celle-ci était plus trouble.

Pour autant que je sache, les dieux serviles étaient au bas de l’échelle. Mais, quel que soit le statut, un dieu était un dieu. Manipuler les humains était insignifiant.

J’avais pu y résister grâce à la divinité inhérente à mon corps. Kohaku ne pouvait probablement pas, car il n’était là que grâce à ma magie.

J’avais envoyé un message à Luli, au château de Brunhild.

{Luli, vous me recevez ?}

{Parfaitement, mon seigneur. Comment puis-vous servir ?}

{J’ai besoin que vous trouviez Karen ou Moroha immédiatement. Dites-leur que j’ai trouvé le dieu servile. Elles sauront ce que cela signifie. Merci.}

{À vos ordres.}

Mes sœurs m’avaient dit qu’elles sauraient quand des dieux utiliseraient leurs pouvoirs, mais il semblerait que ce type en avait utilisé juste assez pour éviter d’être détecté. Il semblerait que ce pouvoir ne durait qu’un court instant, et c’était tout ce qu’il fallait.

J’avais l’impression que ma divinité s’échappait aussi, alors j’avais été surpris que ce type ne l’ait pas remarqué. J’avais pensé ensuite que j’avais peut-être une sorte de contrôle subconscient sur cette fuite, alors peut-être que c’était simplement un filet. Attendez, et si j’essayais de me concentrer…

J’avais fermé les yeux, en me concentrant profondément sur ma vision.

Hm… Ce sentiment… C’est un peu comme de la magie, mais… en plus lumineux ? C’est difficile à décrire… C’est un peu comme un tout autre type de pression dans l’air… Gh… Voyons si je peux… le faire ressortir…

Ça n’avait pris qu’un instant. Un flash de lumière m’éblouissait. Mon corps s’était illuminé comme un arbre de Noël alors que j’étais englouti dans un vortex brillant. La lumière s’était réfléchie sur la pièce dorée, provoquant un éclat éblouissant partout.

« Wuh... »

Le vortex s’était progressivement calmé, mais je pouvais encore sentir la lumière couler sur ma peau. Je regardais mes mains avec surprise, et je sentais quelque chose de tangible reposer sur mes épaules.

Hein ? Mes… cheveux ? J’avais posé mes mains sur ma tête et je les avais suivis… jusqu’à ma taille. Mais qu’est-ce que… ? J’ai des cheveux dorés ? Ou euh… blond platine ? Je ne sais pas comment exprimer ça !

« Ook-eek ! Ce… ce pouvoir ! Tu viens du royaume des dieux !? »

Le singe fit un pas en arrière avec crainte. La gourde était alors tombée de son dos et roula sur le sol. Peu à peu, elle commença à cracher une couleur dorée, jusqu’à ce que le tout prenne la forme d’un homme.

 

 

Un vieil homme mince gisait sur le sol. Il avait une barbe hirsute et me fixait du regard avec des yeux pleins de haine.

Alors que je me tenais là, avec de longs cheveux dorés et une lumière divine émanant de chaque pore de mon corps… il m’était difficile de réprimer l’envie de crier « Ce n’est même pas ma forme finale ! » J’avais aussi été à moitié tenté d’essayer un Kamehameha. Mais à tout bien considéré, j’étais assez calme. J’étais surpris par la façon dont j’avais géré cette soudaine transformation.

Quelque chose de similaire était arrivé au vieil homme qui se trouvait devant moi. Une aura divine émanait de son corps et l’enveloppait de lumière. Bien que sa lumière soit en quelque sorte plus boueuse que la mienne. C’était un peu similaire à de l’or sombre. Tout à coup, il fit un mouvement.

« Hyaaah ! »

Le vieil homme, qui ressemblait un peu à une mante religieuse dans ses mouvements, tira un rayon de lumière divine tout droit de sa paume. J’avais immédiatement réagi en l’attrapant de ma propre main. L’onde de choc qui en résulta fit trembler le château. Les planchers, les murs et les plafonds s’étaient mis à s’effriter et à trembler. Moi-même et le vieil homme étions au centre de l’explosion.

Kohaku et Yae risquaient d’être renversés, alors j’avais utilisé ma magie pour les suspendre en l’air.

« Ook, eek, hooooooh !? »

Alors que le sol en dessous de nous disparaissait, le singe vêtu d’or avait disparu dans les restes du bâtiment. Les singes peuvent survivre en tombant des arbres, n’est-ce pas… ? Eh bien, c’est un château, en tout cas.

Le vieil homme et moi flottions dans les airs. Nous nous étions regardés fixement.

Attendez, comment puis-je voler sans utiliser [Vol] ou [Lévitation]… ? Est-ce un effet secondaire de ma propre divinité ? Alors que je pensais à quel point c’était bizarre, le vieux ouvrit la bouche.

« Misérable… Qui donc es-tu ? Un dieu inférieur ? Un dieu servile ? Est-ce que quelqu’un t’a demandé de me capturer ? »

« Je ne suis ni l’un ni l’autre, et je ne suis pas ici pour ce genre de travail. Pourquoi ne pas rentrer tranquillement ? Ne penses-tu pas que c’est égoïste de venir dans le monde des mortels comme ça ? Ne penses-tu pas que c’est mal de causer le chaos dans le dos d’Eashen comme ça !? »

« Silence ! Peux-tu même seulement comprendre l’ennui que je ressentais jour après jour ? Comprends-tu le vide qui m’habite ? ! La grisaille monotone et ennuyeuse de ce monde !? »

Huh… Les dieux serviles n’ont donc pas de position ? Karen est le Dieu de l’Amour, et Moroha est le Dieu des Épées, mais… est-ce que ce type serait au chômage ? ! C’est un NEET !

« Je n’ai même pas encore eu la chance de vivre ma vie ! Je vais faire de grandes choses, m’entends-tu !? Je vais devenir un dieu merveilleux, et beaucoup de gens vont m’adorer… ! »

On dirait bien un NEET. Un type comme lui ne peut-il pas devenir quelque chose comme le Dieu des fainéants ?

Alors ce type en avait marre de ne pas être reconnu dans le royaume des dieux, et il était venu ici pour faire de ce monde son terrain de jeu…

Donc il veut devenir un dieu ayant des devoirs importants, hein… ? Quel emmerdeur.

« N’as-tu pas violé les règles du royaume divin ? Tu devrais maintenant te rendre. Rentre tranquillement. »

« Hmph… Je le sens, mon garçon. Ta divinité est encore déséquilibrée. Es-tu peut-être nouveau dans ce domaine ? J’ai l’impression que tu viens juste de débuter… Une sorte de nouveau venu. Crois-tu vraiment que tu peux me manipuler comme ça ? »

« Non, comme je l’ai dit, ce n’est pas mon travail… »

Au moment où j’avais commencé à parler, le paysage autour de nous deux commença à se tordre et à se déformer.

En quelques instants, tout était d’un étrange blanc cassé. Le monde autour de moi était un vide pur, avec d’étranges perles de lumière flottant ici et là. Il n’y avait pas de terre en dessous de nous ni de ciel au-dessus de nous. Nous flottions simplement dans un abîme laiteux et sans fin.

« Qu’est-ce que… »

« C’est le royaume des esprits. Nous pouvons librement utiliser nos pouvoirs divins ici sans interférer dans le monde des mortels. »

Karen était soudainement apparue à côté de moi sans prévenir. Elle avait dû nous amener ici. Attendez, qu’est-il arrivé à Yae et Kohaku !?

« Ne t’inquiète pas pour ces deux-là. J’ai désactivé l’hypnose sur elles et je les ai mises en sécurité. »

Moroha était également apparu, tout aussi soudainement et sans explication. Le dieu servile les vit et devint immédiatement pâle. Le choc couvrit son visage.

« Le Dieu de l’amour… et le Dieu des épées ! Que faites-vous ici !? »

« Allez, mec… Tu as fait ce que tu voulais ici, tu pensais qu’on ne le remarquerait pas ? Tu t’es bien caché jusqu’ici, mais ton petit jeu est fini maintenant ! »

Moroha dégaina sa lame du fourreau de sa taille. C’était juste une lame d’acier standard. Mais cela n’avait pas d’importance, car l’important était de savoir qui la maniait. Même une épée en bois pouvait détruire des montagnes si elle était entre ses mains.

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