Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 9 – Chapitre 2 – Partie 5

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Chapitre 2 : Les errances d’un Grand Duc

Partie 5

Je pensais vraiment que cela prendrait plus de temps que ça. Mais c’était un bon timing. Je pourrais le présenter lors de la réunion de l’alliance de l’après-midi.

J’avais fait un bref au revoir à Spica et j’étais parti à Babylone avec Cesca.

« Intéressant, Touya… Cet artefact peut détecter la présence d’une activité de Phrase, non ? »

« Parie tout ce que tu veux, Relisha. Je vais l’appeler plaque de détection. »

C’était une sorte de cristal liquéfié qui avait été solidifié et transformé en une tablette noire.

L’outil pouvait prédire combien de Phases apparaîtraient, de quel type elles étaient exactement, à quelle heure elles apparaîtraient et leur emplacement exact.

Elle n’avait pas une grande portée, mais une seule suffisait pour couvrir Brunhild. Des pays plus grands comme Belfast, Regulus et Lestia auraient cependant besoin de plusieurs pour couvrir l’ensemble de leur territoire. Même Lihnea en aurait davantage besoin que Brunhild.

« J’aimerais que cela soit installé dans chaque guilde des nations enregistrées. Nous pouvons demander à des aventuriers de s’occuper des petites constructions qui apparaissent. Si des constructions intermédiaires apparaissent, nous en informerons le gouvernement et nous ferons déployer les Frame Gears. Si une construction encore plus puissante apparaît, nous pouvons faire appel à l’alliance pour obtenir de l’aide. À condition qu’on soit au moins suffisamment nombreux pour le gérer. »

« La guilde approuve de tout cœur ce plan. Après tout, nous aimerions éviter que l’incident de Yulong se reproduise. »

Le chef de guilde Relisha souriait en parlant. Elle était assise autour de la table ronde de l’alliance avec les dirigeants mondiaux.

J’avais sollicité la coopération de la guilde, car elle était très importante dans chaque nation. Cela incluait les nations qui ne faisaient pas partie de l’alliance. Leur réseau d’information était aussi quelque chose de souhaitable.

Le plan actuel était de demander la coopération du gouvernement de toute nation dont nous recevrions une alerte, s’ils ne faisaient pas partie de l’alliance, nous essaierions d’ouvrir une voie diplomatique et de les convaincre que nos Frame Gears étaient nécessaires. Bien sûr, ils pouvaient toujours choisir de ne pas nous croire. Mais ils auraient du mal à nier la vérité quand elles se trouveront dans leur pays et qu’elles feront de leurs citoyens de la chair à saucisse.

« Hmph… Merveilleux. Nous allons pouvoir nous préparer à leur invasion bien mieux qu’avant. »

« Cela me rappelle… Ces fragments de ceux qui sont cassés… Du phrasium, c’est ça ? Ça semble être une ressource assez utile à avoir. »

L’empereur de Regulus avait donné son approbation alors que le roi bestial s’interrogeait sur la façon d’utiliser les débris de cristal. Naturellement, j’avais parlé aux autres dirigeants de ce qui rendait le phrasium si unique. Ils avaient remarqué le matériau utilisé par notre ordre de chevaliers et certains de nos Frame Gears, alors j’avais dû le faire.

Nous avions également décidé que le pays qui « accueillait » l’invasion des Phases recevrait quatre-vingts pour cent du matériel, et que je recevrais les vingt restants comme frais de location pour les Frame Gears. Mais évidemment, je n’en recevrais pas s’ils supprimaient la Phase sans utiliser mon pouvoir.

Le Phrasium avait trois qualités qui le rendaient particulièrement utile.

Sa densité et sa dureté augmentaient de façon directement proportionnelle à la quantité de magie qu’on y versait.

Il se régénérait constamment jusqu’à ce que ses réserves de magie soient épuisées.

Il pouvait amplifier la puissance des sorts s’il était utilisé comme catalyseur magique.

Ce dernier point était particulièrement intéressant. Le corps d’une Phase agissait comme une pierre à enchantement, mais n’avait pas d’affinité de type particulière et était beaucoup plus propice à l’amplification magique.

La seule question était de savoir combien il pesait et de les produire en masse. Je ne pouvais pas réduire leur poids avec [Gravité], et je ne pouvais pas non plus les faire changer de forme à la volée avec [Modélisation].

Le matériau pouvait être coupé, donc ce n’était pas le problème. Le problème était de le réformer. Il semblait pourtant que les autres nations seraient capables d’en faire une armure de type écaille en combinant des morceaux plus petits et en les assemblant en boucle.

Mais il faudrait qu’ils produisent une tonne de pouvoir magique pour le rendre assez fort. Le matériau devenait aussi progressivement plus résistant à la magie, ce qui nécessitait d’y verser plus de pouvoir magique au fil du temps. Les rendements étaient de plus en plus faibles.

Un peu comme un RPG quand on montait en niveau. Il fallait plus de points d’expérience pour passer au niveau suivant.

Mais je n’avais jamais ressenti de résistance magique. Mon pouvoir s’écoulait librement dans n’importe quoi sans que je m’en aperçoive vraiment. Pour être honnête, je n’avais jamais rien rempli jusqu’à la limite absolue. Bien que cela m’avait fait me demander… Est-ce qu’un objet se briserait si vous y versiez trop de magie ?

« Alors, la réunion d’aujourd’hui… »

« Excusez-moi, mais j’ai quelque chose à signaler. »

Au moment où j’allais mettre fin à la réunion, la doge Audrey avait levé la main. Je m’étais demandé ce qu’elle voulait.

« J’ai pensé que je devais vous le faire savoir à tous. Il y a quelques jours, Edgar Bowman s’est échappé de son camp de prisonniers. Vous connaissez tous Bowman comme étant l’homme responsable du récent saccage des Golems dans Roadmare. »

Attendez, il s’est vraiment échappé !

« Il semblerait que son évasion ait été orchestrée de l’extérieur. Nous n’avons pas encore trouvé où il se trouve, donc j’ai pensé que vous devriez tous le savoir au cas où il aurait passé la frontière. »

Alors, attendez… Il ne s’est pas juste échappé, quelqu’un l’a laissé sortir ? Qui a fait ça… ? Eh bien, je suppose que c’est logique. Même s’il est irritant, il est toujours connu comme un génie. Il a probablement été sauvé par quelqu’un en échange de sa coopération.

« Lancez la recherche. Chercheur magique, Edgar Bowman. »

Une carte avait été projetée dans les airs, mais pas une seule épingle n’était tombée sur elle.

« Recherche terminée. Aucune correspondance. » Quoi...

« Est-il mort, ou… qu’est-ce que cela signifie ? »

« Il se peut qu’il soit mort et que son cadavre ne soit pas reconnaissable. Ou alors il se trouve dans un endroit avec une barrière magique. Ou qu’il transporte un talisman portatif qui bloque la magie. »

Je ne pouvais pas vraiment exprimer à quel point j’avais un mauvais pressentiment à ce sujet. Ce n’était pas exactement un sentiment de peur ou d’anxiété… C’était plutôt le sentiment que quelque chose allait certainement mal tourner.

Comme mon grand-père mort disait : « Il n’y a rien de plus dangereux qu’un imbécile bien-pensant. »

Je ne pouvais pas m’empêcher de ressentir la même chose.

◇ ◇ ◇

Trois jours seulement après que j’avais remis les détecteurs à la guilde, nous avions eu un message. Il s’agissait de la découverte de trois constructions de moindre importance, dans une ville portuaire au nord-ouest de Refreese. Un groupe d’aventuriers réfrésiens avait fini par les tuer.

Les petites constructions étaient gérables pour des aventuriers rouges. Mais cela serait probablement un défi.

Mais il y avait quand même un problème dans notre système. Même si les capteurs pouvaient détecter combien il y en avait et à quelle heure ils sortaient, il fallait être constamment vigilant jusqu’à ce qu’ils sortent, car nos outils étaient imprécis. C’était un peu pénible pour les aventuriers de rester si longtemps dans les zones de brèche.

D’autre part, la guilde leur achetait le phrasium à un prix très élevé. La guilde avait ensuite vendu le phrasium à des marchands d’une certaine nation naissante…

Personne ne pouvait non plus prendre de quêtes pour aller tuer les Phases. Elles n’étaient données qu’aux aventuriers que la guilde connaissait et en qui elle avait confiance.

Ce serait terrible si quelqu’un acceptait la mission à moitié et se retirait.

Quoi qu’il en soit, j’ai été heureux d’apprendre que les capteurs fonctionnaient. Je n’avais pas prévu de problèmes.

J’avais aussi livré certains des capteurs aux tribus de la Mer des Arbres en utilisant le réseau de la tribu Rauli. Ils recevaient des nouvelles des autres tribus par l’intermédiaire d’un oiseau porteur, puis Pam me transmettait le message par son Miroir Portail.

Ce serait vraiment mauvais si l’une des phases sortait dans la mer des arbres, mais ce n’était pas la problématique du jour.

Tout ce que je pouvais faire, c’était espérer que les dégâts seraient minimes avant que nous puissions réagir.

C’était tout ce qu’il y avait à faire.

« Alors, qu’est-ce que vous en pensez ? »

« Ohoho... Donc, c’était… Comment l’as-tu appelé, un chariot ? »

Je me tenais devant les dirigeants du monde libre, leur expliquant l’objet que j’avais récemment créé. J’avais étalé une voie ferrée dans une plaine de Brunhild et j’avais placé le chariot manuel de base dessus.

« Comme je l’ai dit, cette chose se déplace le long du rail si deux personnes se tiennent sur le dessus et déplacent la poignée de haut en bas. En gros, c’est un dispositif de transport. »

« Je vois, je vois. Cela ne semble pas si compliqué. Mais il ne peut pas transporter beaucoup de marchandises ? »

« Pour l’instant, vous avez raison. Mais je prévois de le remplacer par quelque chose qui peut transporter beaucoup de marchandises, rapidement. C’est juste un prototype, cela vous montre comment les choses peuvent se déplacer le long de ce rail. »

Si je faisais immédiatement un train à vapeur, les gens paniqueraient, ou je serais tenu responsable des blessures subies par les personnes qui ne savent pas se tenir à l’écart des voies. J’avais décidé que la meilleure chose à faire était d’introduire d’abord le chemin de fer lui-même. Ensuite, les gens se rendraient compte que des choses lourdes se déplaçaient le long du chemin de fer. Les accidents ne seraient pas si graves s’il s’agissait d’un simple chariot.

Cesca et les autres gynoïdes m’avaient dit que les trains existaient vraiment dans le monde antique. On avait fait que ramener une technologie perdue depuis longtemps qui était dans ce monde au départ. On n’avait donc pas introduit une technologie terrestre. Mais d’après ce que j’avais compris, ces trains étaient extrêmement bruyants et fonctionnaient grâce à la magie.

« Créer un itinéraire devrait être assez facile en aplatissant la terre avec la magie de la terre. Nous devrions aussi pouvoir transporter facilement le minerai des mines avec ces rails. »

« Hm… C’est vrai. »

« Mais il y a certaines règles que vous devez respecter. En particulier, les voies ferrées doivent avoir une certaine largeur, quel que soit le pays. Si nous avions une seule voie ferrée qui allait de Refreese à Roadmare, il serait plus facile d’échanger des marchandises et des finances. Vous ne voudriez pas perdre de temps à ajuster les voies et les véhicules. »

La largeur des rails était généralement mesurée en fonction de l’écartement… La largeur la plus couramment utilisée dans le monde était celle de la voie à écartement standard, soit environ mille trente-cinq millimètres. Celle utilisée au Japon était connue sous le nom de voie étroite, d’une largeur d’environ mille soixante-sept millimètres. Mais les trains de marchandises utilisant l’écartement standard, c’était donc celui que j’avais choisi dans ce monde.

Le travail de mon grand-père consistait en fait à mesurer la largeur des chemins de fer. Il me disait souvent à quel point c’était important. La chaleur ou le froid pouvaient provoquer l’expansion ou la contraction du métal du rail. Il fallait faire attention aux déformations les plus subtiles du matériau, sinon les trains pouvaient dérailler assez gravement. Il me répétait sans cesse à quel point son travail était important.

« Notre pays n’a cependant pas de frontières communes avec vos nations… »

Le roi Cloud de Lihnea leva la main. Il n’avait pas tort. Lihnea était sur une île isolée, et ne partageait ses frontières qu’avec Palouf au nord.

« C’est vrai, mais une taille de rail standardisée au niveau mondial sera utile si vous achetez des chariots ou des rails d’autres nations. Il n’est pas nécessaire de faire une largeur unique juste pour vos rails. »

« Eh bien, c’est juste. »

***

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4 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre.
    Y a une phrase qui ma fait tikée: "On n'avaient donc pas introduit une technologie extraterrestre" c'est en fait le cas car ce monde n'est pas la Terre.
    On devrai en faite dire: "On n'avaient donc pas introduit une technologie terrestre"

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