Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 9 – Chapitre 2 – Partie 4

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Chapitre 2 : Les errances d’un Grand Duc

Partie 4

« Vous avez l’air merveilleuse. Je suis sûre que vous êtes assez pure de cœur pour représenter Brunhild comme un magnifique chevalier. »

« Ah… Merci ? »

Spica s’était arrêtée et remercia Yumina de façon confuse. Elle ne comprenait pas tout à fait ce qui venait de se passer. Quoi qu’il en soit, elle avait obtenu son approbation.

« Testons ensuite tes capacités. Suis-moi. »

Nous étions sortis dans la cour et nous nous étions dirigés vers le terrain d’entraînement.

Comme d’habitude, tout le monde s’entraînait en travaillant dur. Les chevaliers qui avaient été renversés lors de leurs simulacres de combat s’étiraient et faisaient du cardio. Attendez… Attendez une seconde… Il y a beaucoup trop de monde ici ! Moroha ! Tu as encore battu trop de gars…

Tout le monde arrêta ce qu’il faisait quand ils nous virent, mais je leur avais dit de continuer à s’entraîner et de ne pas s’occuper de nous, ce qu’ils firent.

De toute façon, je pouvais sentir tous les chevaliers qui regardaient vers nous. Je suppose que c’était probablement à cause de Spica. Les elfes noirs étaient rares, et elle était particulièrement belle. Je n’avais pas été très surpris.

« Très bien, dans ce cas… Hé, Nikola. »

« Oui ? Vous avez besoin de moi pour quelque chose, Votre Altesse ? »

J’avais appelé le vice-commandant Nikola. Il était assis sur un banc voisin et polissait sa hallebarde.

C’était un test pour Spica, je voulais donc qu’il choisisse l’adversaire le plus approprié pour elle.

Après qu’il ait choisi le soldat, nous nous étions dirigés vers le hangar de stockage des armes. Spica prit une épée et un bouclier. Elle les mit en équilibre dans ses mains et elle avait bien senti les armes, puis nous étions revenus.

Elle et l’adversaire que Nikola avait choisi s’inclinèrent l’un devant l’autre et se préparèrent à se battre. Il brandissait une courte lance.

Le match commença, Spica s’était retrouvée à la réception d’une rafale de coups. Elle bloqua chacune d’entre elles avec son bouclier et, trouvant une brèche, enfonça son épée vers la poitrine de son ennemi.

Pas une seule attaque n’avait réussi à la toucher. Elle déplaça son bouclier en avant contre son ennemi pour l’étourdir, puis elle balaya son pied contre ses jambes, le faisant tomber à terre.

Elle avait maintenu son épée contre la gorge de son ennemi tombé. La victoire fut la sienne.

« La technique du Bouclier Humain, c’est ça. »

« Ouais, c’est cette technique. »

Yae et Hilde commencèrent à échanger l’une l’autre. Elles m’avaient pris au dépourvu. Je ne savais même pas qu’elles étaient à proximité !

Bouclier… humain… ? Enfin, bien sûr qu’elle est sur la défensive, mais qu’est-ce qu’elle a de spécial... ?

« C’est une technique spéciale employée par les gardes. Elle est différente du maniement de l’épée standard. L’accent est mis sur la défense et la parade. Ça, et empêcher les ennemis d’avancer. C’est une technique qui donne la priorité au contrôle sur l’attaque. »

« Ouais, c’est incroyable… Elle déplace son corps pour bloquer toutes les attaques, et rend les coups complètement inutiles. Elle ruine totalement la posture de l’ennemi et le fait tituber. C’est une technique difficile à maîtriser. »

Hmm, donc elle fait perdre à son ennemi de l’énergie et des efforts. Quelque chose comme ça, hein… ?

Tant qu’elle maintenait ses défenses, elle pouvait guider son ennemi dans une situation où la bataille lui serait favorable. Après avoir conduit son ennemi dans un coin, elle aurait le libre contrôle de ses mouvements. C’était une façon de neutraliser sans tuer, tout cela sans baisser sa garde. Mais même tuer l’ennemi serait facile après avoir comblé l’écart.

« Elle doit donc brandir un bouclier, ou… »

« Ou bien son pouvoir est diminué, et considérablement. »

Parer avec une épée était également possible, mais il serait beaucoup plus difficile de contrôler le déroulement de la bataille. Une technique construite autour des boucliers… Je dois avouer que j’étais intrigué.

« Les techniques à l’épée qui utilisent des boucliers sont peu courantes. Les Frennel sont l’une des familles de démons qui maîtrisent cet art. C’est l’une des cinq familles qui agissent comme conseillers auprès du seigneur suprême de Xenoahs. »

Sakura avait pris la parole en regardant le succès de Spica. Elle était certainement bien informée.

« Ou du moins, c’est ce que j’ai lu dans un livre. La famille Frennel est renommée. Il semble qu’elle ait un lien de parenté avec eux. »

« Ooh, je vois. Mais pourquoi quelqu’un d’une maison aussi noble viendrait-il jusqu’ici ? »

Il y avait probablement des raisons pour lesquelles elle ne pouvait pas en parler, alors je ne voulais pas m’en mêler. Quoi qu’il en soit, c’était fondamentalement une bonne personne, Yumina l’avait prouvé. Si elle essayait de commencer une nouvelle vie à Brunhild, alors je n’allais pas m’y opposer.

J’avais regardé Nikola. Celui-ci il me fit un signe de tête affirmatif. Spica avait été intronisée dans notre ordre des chevaliers le jour même. Elle y trouverait un nouveau départ, et une nouvelle vie.

◇ ◇ ◇

« Hm… Alors elle est de la famille Frennel ? Sss… »

« Vous les connaissez ? »

« Naturellement. C’est l’une des cinq familles de conseillers militaires de Xenoahs, et leur technique de Bouclier Humain est bien connue. Sss… »

Les deux sœurs lamia, Mulette et Charette, se reposaient un peu dans le château, alors je m’étais arrêté pour leur parler un peu. Elles travaillaient directement sous le vieux Naito. Il était responsable de l’agriculture et de la construction, donc elles s’occupaient des documents, des permis de construire et des plans.

Je pensais à Spica ces derniers temps, alors j’avais décidé de leur poser quelques questions à son sujet. Après tout, c’était des démons comme elle.

Elle était manifestement issue d’une famille prestigieuse, et sa capacité n’était pas à dédaigner non plus. J’étais curieux de savoir pourquoi elle avait quitté Xenoahs, même si je ne voulais pas m’en mêler directement.

« La famille Frennel est le garde du corps direct de la famille royale de Xenoahs. Sss… Chaque membre du sang royal, y compris le seigneur suprême, a un membre de la famille Frennel attaché à lui comme un gardien personnel de l’ombre. Du moins, c’est ce que disent les rumeurs. Sss… »

« Spica aurait donc pu être garde du corps d’un des membres de la famille royale de Xenoahs ? »

« Je ne suis pas sûre. Sss… À ma connaissance, les membres masculins de la famille Frennel sont affectés aux membres masculins de la famille royale. Pareil pour les femmes. Mais d’après ce que je comprends, il n’y a pas de femmes dans la famille royale en ce moment. Sss… »

Mulette croisa les bras et fronça les sourcils, comme si elle essayait de réfléchir. Sa queue tapait légèrement sur le sol.

Attendez… C’est Mulette ? Ou attendez, c’est Charette… Ces deux-là se ressemblent beaucoup trop…

Elze et Linze étaient jumelles, mais elles n’étaient pas identiques. Quand j’avais demandé aux deux lamias si elles étaient des jumelles, elles m’avaient regardé comme si j’étais un idiot et avaient dit que leurs écailles étaient complètement différentes. Mais je ne l’avais pas remarqué.

« Alors, attendez… Ça veut dire que le maître suprême n’a pas de femme ? »

« Si je me souviens bien, sa première et sa deuxième femme sont mortes de maladie. Sss… Chacune d’elles a donné naissance à un prince, mais pas à une princesse. Sss… »

C’était assez logique. En d’autres termes, il n’y avait pas de femmes royales à qui attribuer des Frennels féminines, ce qui signifiait que Spica n’avait probablement pas servi de garde du corps royal. Mais je ne comprenais toujours pas ce qu’elle voulait dire quand elle parlait de la disgrâce de sa famille…

« Savez-vous quelque chose qui aurait pu déshonorer la famille Frennel récemment ? »

« Aucune idée. Sss… Après tout, nous avons quitté Xenoahs il y a longtemps. Sss… »

Hmph. Mon enquête n’avait finalement pas vraiment porté ses fruits. Pourtant, cela n’avait pas trop d’importance. Je ne voulais pas envahir trop profondément sa vie privée.

J’avais dit au revoir aux sœurs lamia et je m’étais dirigé vers le terrain d’entraînement. Spica était là, elle respirait fort et se tamponnait le front avec une serviette.

« Yo. »

« Votre Altesse ? Avez-vous besoin de mes services ? »

Spica s’était levée du banc et s’inclina devant moi. Je détestais vraiment avoir affaire à des gens comme elle, qui avaient l’esprit militaire. Je lui avais dit d’arrêter ça immédiatement.

« Comment ça va ? L’installation se passe bien ? »

« Très bien, merci. Tout le monde me traite très gentiment. Ils se fichent que je sois un démon, que je sois une femme… C’est très rafraîchissant. »

Il y avait certainement plus de femmes chevalières dans l’ordre de Brunhild que dans d’autres nations. Nous avions aussi beaucoup de demi-humains en comparaison. Sans compter Mismede, bien sûr.

« Mais la puissance de l’armée de cette nation est certainement une merveille. J’ai été pris par surprise. »

C’est parce que nous travaillons si dur… Un peu comme à Sparte. Ils se tuent tous à la tâche. Franchement, j’aurais été surpris si mes soldats n’étaient pas particulièrement forts.

« Et le pouvoir de Dame Moroha est, eh bien… »

Spica frissonna légèrement, comme si elle revivait quelque chose de désagréable.

« Ah… Alors tu l’as déjà affrontée ? »

« Si je peux être honnête… elle a complètement brisé ma confiance en tant que soldate. Ma technique de Bouclier Humain était totalement inutile. Elle m’a fait réaliser à quel point je comptais sur sa chance… »

Mais Moroha n’était pas vraiment une personne à laquelle on peut se comparer. Si l’humanité la traitait comme la norme, elle relèverait un défi qu’elle ne pourrait jamais dépasser.

Mais le fait que Spica ait parlé de sa technique m’avait rappelé une chose que Sakura m’avait dite. Elle m’avait dit que la famille Frennel utilisait une sorte de bouclier unique.

« Ah, c’est un bouclier en forme de dôme avec une légère courbe. Il y a aussi une saillie au centre. Il est principalement utilisé pour poignarder. »

« Hm, je vois. »

J’avais sorti du phrasium de [Stockage] et j’avais aussi rapidement utilisé [Modélisation]. Voyons voir…

Spica avait été surprise par mon utilisation soudaine du sort, mais elle avait rapidement retrouvé son calme.

« Désolé de vous déranger, mais la courbe est un peu moins raide… Et pourrais-je vous demander de le rendre un peu plus petit également… ? »

« Hm… »

J’avais fait les ajustements qu’elle avait demandés. Ensuite, j’avais utilisé [Gravité] pour réduire son poids, et j’avais aussi mis quelques enchantements de renforcement génériques pour faire bonne mesure.

Spica prit le bouclier complet dans ses mains. Elle avait posé avec légèreté ses doigts dessus. Après cela, elle avait pris une position de combat et commença à le pousser et à le balancer ici et là.

« La matière cristalline du bouclier signifie que ma vue n’est pas obstruée… Il est aussi exceptionnellement léger et facile à manipuler. Merci, c’est merveilleux. »

« Ce n’est pas tout. Le matériau est extrêmement durable, il est donc peu probable qu’il soit endommagé par une arme ennemie. Je lui ai aussi donné un enchantement qui absorbe et contrecarre légèrement les attaques magiques qui le touchent. »

Je n’avais pas donné à Spica un équipement complet de chevalier Brunhild standard, alors j’en avais profité pour lui fabriquer une épée et une armure. Mais je n’avais rien fait de spécial.

« Cette armure… Cette lame… Si seulement j’avais quelque chose de si puissant à ce moment… À l’époque… »

Elle murmura quelque chose de triste. Et bien que j’aie entendu ses paroles clairement, j’avais décidé de ne pas approfondir le sujet.

« Maître. »

Quelqu’un avait soudainement parlé dans mon dos. Je m’étais retourné pour trouver Cesca, vêtue de sa tenue de femme de chambre habituelle.

« Un message prioritaire est arrivé de Rosetta. Le projet actuel est terminé. »

« Oh, wôw. C’est plus rapide que prévu. »

***

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