Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 8 – Interlude 1 – Partie 3

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Interlude 1 : L’épreuve des Fées

Partie 3

« Je vais te le dire ! Ça fait 400 ans ! Depuis que tu as quitté la ville après avoir fait sauter la maison d’Ermela… »

« Je ne me souviens pas de choses insignifiantes comme ça. »

Leen fixa légèrement Sureigis. Qu… Elle a fait sauter la maison de quelqu’un !?

« Mon Dieu… La méchante fée Leen s’est enfin montrée pour affronter les anciens… As-tu enfin accepté ton… rôle… de… matri… arche… ? »

La voix de l’homme se ralentit peu à peu et devint plus calme. Leen le dévisageait, faisant claquer des boules de feu entre ses doigts comme s’il s’agissait de simples jouets. Paula frissonna dans une sorte de fausse peur.

Je me souvenais que Leen était douée avec la magie du feu, ce qui était rare pour une fée.

« Bonté divine, Sureigis… Veux-tu tellement qu’on te fasse cuire ? »

« N, non ! A-Ah, regarde l’heure ! Je ferais mieux d’aller informer tout le monde de ton arrivée, hahaah ! »

Sureigis s’était enfui comme si le vent le portait. Il savait courir…

Leen poussa un petit soupir. Comme elle le fit, les boules de feu disparurent.

Elle était un peu gênée quand elle remarqua que je la regardais fixement.

« Ah… Eh bien… Il y a eu un incident il y a quelque temps, je… Je n’étais qu’une enfant ! Aaagh ! Je ne suis plus si excitée maintenant, je te le promets ! C’était le passé, le passé ! »

Les joues de Leen devenaient rouges alors qu’elle s’énervait. Je me demandais si c’était la raison pour laquelle elle hésitait à rencontrer les aînés. Peut-être ne connaissaient-ils Leen que comme une fouteuse de troubles.

Elle détourna le visage et essaya de se ressaisir. Elle avait l’habitude de montrer une expression calme et froide, alors la voir comme ça était une rare surprise.

« Ne ris pas… »

« Désolé, désolé. Mais tu ne devrais pas t’énerver. Tout le monde fait des choses stupides quand ils sont gosses. Même moi, j’en ai fait. »

« Hmph. De mon point de vue, tu es encore un enfant. »

« Oh, tais-toi. Je suis beaucoup plus mature qu’avant. Quand j’avais treize et quatorze ans, j’étais particulièrement pénible… »

C’était amusant de penser à… C’était seulement un an ou deux avant que Dieu ne m’envoie dans ce monde nouveau… Mais j’avais l’impression que c’était il y a une éternité.

J’avais l’habitude de m’amuser avec des bandes de motards, et j’avais aidé à ruiner la vie sociale d’un professeur remplaçant qui essayait de se faire une petite amie parmi ses élèves…

En y repensant, j’avais fait des conneries imprudentes. Même si j’avais de bonnes intentions, il y avait de meilleures façons de procéder… Je ne savais pas vraiment à quel point j’avais mûri… Mais je savais que j’étais un homme différent dans ce monde.

« Mes sentiments pour toi ne changeront pas, Leen. En fait, je suis content du passé que tu as eu et le passé que j’ai eu. Sans l’un ou l’autre, nous ne nous serions jamais rencontrés. »

« Hehe... J’… J’aime ça… Merci, mon chéri. »

Leen me serra doucement dans ses bras. C’était rare. Quand les autres fiancés étaient là, Leen restait généralement en arrière-plan. On aurait dit qu’elle prenait ses chances dès qu’elle pouvait les avoir.

« Qu’est-ce que vous faites tous les deux !? Arrêtez de vous enlacer en public ! Dégoûtants ! Perdants ! »

Éris gâcha le moment en nous séparant physiquement, Leen et moi. Paula me serra doucement dans ses bras. M,merci…

« Wôw, c’est vraiment Leen… »

« Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu, tu vas bien ? »

« Nena, Ati… Je suis contente de vous voir. »

Une fille qui avait l’air d’avoir une vingtaine d’années, et une fille qui avait l’air d’avoir huit ans se sont toutes deux précipitées vers nous.

Nena ressemblait à une petite villageoise typique. Ses cheveux étaient blancs et tressés, ceux-ci coulaient le long de son front. Je me demandais si cette enfant était une aînée.

Ati, par contre… Elle était aussi plate qu’une planche. Si ses cheveux n’étaient pas longs, on l’aurait facilement prise pour un homme. Elle semblait distante, un peu comme une sœur aînée sévère.

« Nous avons appris la nouvelle ! Félicitations ! »

« La rumeur est-elle vraie ? On a entendu dire que tu t’étais pris un petit ami. »

« Gh — ! Comment le sais-tu déjà !? On vient juste de le dire au Roi ! »

Leen avait l’air complètement décontenancée, Ati lui répondit en retour.

« Heh… Sais-tu que les aînés ont leurs propres sources d’information ? Tout le monde est déjà au courant. »

« Quoi !? »

Leen semblait un peu ennuyée. Mais, avant même de nous en rendre compte, nous avions été emmenés à un grand banquet aux côtés des anciens du village.

« Applaudissez Leen et le Grand-Duc de Brunhild ! Santé ! »

« Santé ! »

Des lucioles illuminaient la nuit comme des lanternes magiques alors je saluais chaque aîné un par un. Leen me suivait. J’avais fini par entendre beaucoup d’histoires sur son passé. Mais Leen en était souvent gênée ou irritée. C’était marrant.

Étonnamment, tout le monde était heureux. Nous avions célébré toute la nuit. Personne ne s’était opposé au mariage. Eh bien. Personne à part Éris, qui grognait encore dans son coin.

« Hrmph... »

Apparemment, tout avait été réglé depuis un moment. Les anciens avaient oublié depuis longtemps les tracas qui avaient poussé Leen à quitter le village.

« Éris… »

« Mlle Leen… »

Leen était allée parler à Éris. Elle posait problème, mais elle tenait beaucoup à Leen. Elles étaient en un sens de la même famille.

« Allez… N’est-ce pas suffisant ? Tu sais que je ne suis pas idiote… Ne me fais-tu pas confiance ? Hé, Éris… Tu sais… Ton approbation était plus importante pour moi que celle des anciens. »

« Je… Je… Je ne veux pas que tu nous quittes, Leen… Tout le monde s’en va… Alors que nous avons enfin formé une nation pour les gens de notre race… Elle n’existe que depuis vingt ans, et… Et tu t’en vas ! »

Leen soupira, puis fit un petit câlin à Éris.

« Hey maintenant… C’est ma maison, Éris. Et j’ai confiance en toi pour ces responsabilités. Je te confie ça à cause de ce que tu représentes pour moi, d’accord ? Tu es la matriarche, et tu seras merveilleuse. Un jour, tu transmettras aussi le titre… Nous transmettons nos sentiments de cette façon. Je veillerai sur toi, et je te guiderai aussi. Tout comme les anciens. »

« Mlle Leen… »

« Prends soin de toi, Éris… Il ne faut pas être têtu. Tu es dans une position importante maintenant, et tu dois diriger notre peuple avec soin et grâce. Promets-moi que tu te battras contre l’injustice. Dans ou hors de Mismede. Si tu ne le fais pas… Je vais… Pincer ton nez ! »

« Gah ! »

Leen sourit en serrant doucement le nez d’Éris. Paula, qui était aux pieds de Leen, s’était graduellement déplacée pour faire ses propres choses.

Au bout d’un moment, Éris était venue me voir. Elle pointa un doigt dans ma direction.

« Toi… J’… J’admets à contrecœur que tu comptes beaucoup pour Mlle Leen ! Mais sache que je viendrais te voir si tu ne la rends pas heureuse ! »

« Cela va sans dire… Mais je te le promets que je rendrai Leen aussi heureuse que possible. »

« Hmph ! »

Éris s’était retirée avec un peu de rougeurs sur son visage. Je croyais l’avoir surprise en train de sourire quand elle était retournée vers les anciens.

« Mec, je suis fatigué… »

« Eh bien hé… On a sa bénédiction. »

Leen s’était assise à côté de moi. Nous avions traversé beaucoup de choses, mais nous avions finalement tout réglé.

« J’aurais aimé qu’elle soit honnête depuis le début. Cette fille a une personnalité troublante… Mais son cœur est bon. »

Leen sourit et soupira. J’étais tout à fait d’accord avec cela. Je me demandais si elle sera bien en tant que nouvelle matriarche.

« J’ai demandé aux anciens de la surveiller de près. C’est à Éris et aux fées de décider, pas à nous. »

Leen posa sa tête sur mon épaule. J’étais un peu gêné, mais… On était fiancés, donc c’était bien.

Éris l’avait accepté, tout comme les autres.

{... Mon seigneur, vous m’entendez ? Vous m’entendez ?}

« Que se passe-t-il... »

J’entendais la voix de Kohaku dans ma tête. Je me demandais s’il s’était passé quelque chose.

{Euh… Attendez, comment dois-je dire ça encore une fois... Ah… Ah oui ! Oui, je vous entends !}

{Touya ! Où es-tu en ce moment ?}

La voix de Yumina entra dans ma tête, mon sang avait refroidi.

Oh merde. Je ne leur avais pas dit que je rentrerais tard ! Je l’avais encore fait !

« A, ah… Yumina… Uhm. En ce moment, je suis au village des fées avec Leen. »

{D’accord, merci. On devrait tous y aller un jour ou l’autre ! J’espère que tu t’amuses bien. Il se fait tard, alors n’oublie pas de nous tenir au courant la prochaine fois.}

Putain de merde. J’avais vraiment besoin de me rappeler le fait que je peux utiliser la messagerie télépathique… Paula frissonnait comme une folle. Calme-toi, ça va…

{Quoi qu’il en soit, je dois te dire…}

« C’est bon ! On rentre à la maison tout de suite ! Je serai là dans 30 secondes ! »

Je ne voulais pas d’une autre conférence, alors j’avais coupé la transmission, j’avais dit aux aînés que nous devions partir, j’avais attrapé Leen et Paula, puis j’avais ouvert une [Porte] dans laquelle je fonçais à toute vitesse.

« … je te souhaite le meilleur ! »

Alors que nous traversions le portail, j’entendis les mots de séparation d’Éris. Elle semblait un peu ivre, mais… Nous avons souri tous les deux.

« Oui, soyons heureux ensemble, chéri… »

« C’est prévu au programme. »

Paula mima un petit rire pendant que je répondais à Leen.

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3 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre.

  2. Monsieur jouait les motards a 13/14 ans ? Et ben, je ne serait pas douté qu'il faisait le rebelle 😂

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