Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 8 – Chapitre 2 – Partie 9

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Chapitre 2 : Donjons et Dragons

Partie 9

Luli déploya ses ailes, laissant échapper un rugissement assourdissant alors qu’elle s’envolait vers le ciel. Presque en réponse, les dragons la regardèrent et se figèrent. Si je devais deviner, je dirais qu’elle leur avait crié quelque chose, mais je ne savais pas quoi.

Même mon sort de traduction ne pouvait pas déchiffrer le draconien, probablement parce que c’était une langue animale. J’aurais probablement besoin d’un sort de télépathie pour comprendre ce qu’ils disaient. Et pour être honnête… Je parie que je pourrais trouver un tel sort si je regardais.

Luli s’était envolée. Elle lançait des boulets de feu sur les dragons groupés. Quelques dragons avaient été soufflés au loin.

Hé, c’est mon argent ! N’en lance pas trop aussi loin !

Luli n’avait rien à dire non plus sur mon projet de vendre les cadavres, alors j’avais supposé qu’elle avait vraiment abandonné. J’avais pensé que c’était un peu froid de sa part, mais elle avait juste eu la mentalité la plus apte à la survie.

« Nous soutiendrons aussi tout le monde. »

« En effet. »

Linze et Yumina s’étaient tournées vers moi avant de lancer des sorts à large zone d’effet. Elles avaient fait plus de lecture à la bibliothèque que moi.

« Avancez, Feu ! Barrière brûlante : [Barrière de feu] ! »

« Avancez, Vents… Bénis soit les courants descendants : [Tourbillon] ! »

Tous les membres de l’ordre des chevaliers s’étaient retrouvés engloutis dans des lumières rouges et vertes. Ces deux sorts leur avaient conféré une résistance accrue aux flammes et une plus grande agilité.

« Aux boucliers lourds ! À ceux en première ligne ! À tous les corps d’assaut, foncer leur dedans ! »

« Compris ! »

Dix soldats ayant de grands boucliers formèrent une rangée et bloquèrent le souffle d’un dragon. Derrière eux, plusieurs chevaliers brandissant des lances de cristal enfoncèrent leurs armes dans les brèches des boucliers, poignardant la bête.

« Gwaruuugh !? »

L’écaille de dragon, plus dure que l’acier, n’était pas encore à la hauteur des armes au phrasium. Le dragon était plus confus que blessé, mais ne pas savoir pourquoi il était en train de mourir n’allait pas le sauver.

« Haaa ! »

Lain, utilisant ses qualités innées de lapin, sauta par-dessus les boucliers lourds et atterrit sur le dragon. Son épée de cristal plongea dans la tête du dragon, mettant fin à ses flammes.

Le dragon eut des spasmes et des convulsions à deux ou trois reprises, puis il s’immobilisa. Lain retira l’épée de la créature et transmit d’autres ordres.

« Au suivant ! »

« Aye ! »

Bon travail, Lain… et bon travail, chevaliers ! Mis à part la magie, qu’une dizaine de personnes puisse éliminer un dragon est tout simplement incroyable. De plus, l’aiguille dans leur cerveau les rend plus forts que les dragons adultes. Je suppose que l’entraînement de ma « sœur » commence enfin à porter ses fruits.

« Touyaaa… Veux-tu dire que je ne peux vraiment pas y aller aussi ? »

« Moroha. Ce ne sera pas un exercice d’entraînement si tu y vas et que tu les élimines tous en quelques secondes, pas vraies ? »

La déesse des épées se tenait à mes côtés, alors qu’elle était visiblement en colère de ne pas pouvoir se battre. Elle voulait se battre, mais elle n’avait même pas une épée de cristal. Son arme était ébréchée. Cela dit, j’avais le sentiment qu’elle allait frapper tous les dragons à mort avec la poignée de son épée ou quelque chose comme ça… Elle était ce genre de fille.

« On ne sait jamais, Touya. Ça pourrait se transformer en scénario catastrophe. Ne serait-il pas mieux si j’étais dans la mêlée ? »

« Argh… Très bien, peu importe. Tu peux aller… Mais seulement en tant que soutien, d’accord ? Compris ! Ne t’avise pas de leur faire la totale ! »

« Ahaha ! Bien, peu importe ! Donne-moi déjà une épée ! »

J’avais soupiré. J’ouvris [Stockage] et je lui donnais une grande épée en cristal à Moroha.

Elle sauta joyeusement vers les dragons, tranchant les pattes de toutes les bêtes malchanceuses qu’elle croisait. Je venais de lui dire de ne pas en faire trop, et elle leur causait déjà des blessures considérables… Mais au moins, cela signifiait que nous n’avions aucune chance de perdre. Après tout, je venais d’envoyer notre arme la plus meurtrière.

« Ne pouvons-nous sérieusement pas aider… ? »

« Maintenant que ma sœur est dehors, certainement pas. Aucun ordre de chevalier ne pourrait faire quoi que ce soit si vous y alliez tous. »

Elze, Yae, Lu et Hilde boudaient toutes à proximité. Mais j’avais pris ma décision, et leurs visages grognons ne pouvaient pas me faire changer d’avis. Moroha suffisait amplement.

Si j’envoyais n’importe qui là-bas, le combat se transformerait vite en mêlée générale. J’avais Kougyoku qui donnait des tirs d’appui, Sango et Kokuyou qui protégeaient tout le monde, et Kohaku et Luli menaient les chevaliers vers leurs cibles. C’était plus que suffisant.

Quant à moi, je traquais les blessés et les soignais avec de la magie de récupération. Comme Sango et Kokuyou neutralisaient les souffles du feu, je ne pouvais pas imaginer que quelqu’un soit trop gravement blessé, à moins qu’il ne soit touché directement par un coup.

« Hm ? »

J’avais vu une wyverne qui essayait de voler avec ses ailes en lambeaux. Elle avait fait une dizaine de mètres avant d’être frappée au visage par une des boules de feu de Kougyoku. Heh. Joli.

« HAAAH !! »

Le vieux Baba rugit comme un animal lorsqu’il plongea une lance dans la tête d’un dragon. Il l’avait écrasée en un seul coup.

Il était vieux, alors je le voulais à l’arrière comme soutien… mais il m’avait complètement ignoré et chargea sur les lignes de front. Yamagata était tout près, balançant son grand sabre sur une Wyverne alors qu’il taillait les talons d’un dragon à côté de lui.

« Hé, hé, hé ! Venez par ici, bande de crétins écailleux ! Sentez la puissance d’un vrai homme ! »

Le combat durait depuis un certain temps, alors les choses devenaient assez tendues.

Les deux vieux hommes refusaient de monter à bord des Frame Gears chaque fois que nous les utilisions. Ils avaient dit qu’ils n’avaient pas l’impression que c’était un vrai combat quand ils les pilotaient, mais ils sembleraient vraiment apprécier le combat rapproché et le fait de mettre leur vie en danger. J’étais une personne qui mettait la sécurité au premier plan, donc je ne comprenais pas vraiment leur attitude imprudente.

« Fuh ! »

« Hiyaaah ! »

Nikola secoua sa hallebarde, et Norn taillada avec ses deux lames. Je les avais empêchés d’apporter leurs montures, et naturellement cela s’était aussi étendu à Lain.

Je voulais qu’ils voient le champ de bataille depuis le sol. S’ils avaient monté un griffon ou un pégase, ils auraient eu une meilleure vue, mais une moins bonne défense. Ils auraient pu facilement dévier les attaques enflammées avec leurs boucliers, mais leurs montures auraient encaissé le coup.

Avant que je ne m’en rende compte, la plupart des dragons étaient à terre, décédés.

Un des dragons restants semblait crier quelque chose, mais je n’avais aucune idée de ce qu’il essayait de dire. J’avais demandé à Kokuyou, qui était enroulé autour des jambes de Sango.

« Qu’est-ce qu’il dit, celui-là ? »

« Juste une tirade d’abus, mon chéri. Il vous traite de créatures inférieures, et vous critique pour les avoir attaquées en groupe. C’est misérable, si vous voulez mon avis. »

Bon sang… Ce sont eux qui sont venus nous attaquer en groupe !

Luli s’était soudainement tournée vers le dragon gémissant et déclencha un torrent de flammes bleues qui le réduisirent en cendres. Eh bien, voilà comment part mon profit.

« La petite Luli est positivement furieuse. Mais c’est tout naturel… Je serais moi aussi enragé si mes proches agissaient de la sorte. »

Kohaku gifla un dragon qui était sur le point de mordre un membre de mon ordre de chevalier, puis lui arracha les yeux avec ses griffes. Après cela, elle le laissa incapable de se battre, mais toujours vivant. C’était presque comme si elle disait qu’il était indigne de lui faire face.

« Ce sera bientôt fini. »

« Ces types sont-ils vraiment plus forts que les dragons adultes ? Ils semblent trop faibles. »

« Peut-être qu’ils sont simplement plus forts dans le cas d’un contre un, chéri. Il se peut qu’ils ne soient pas bons contre les groupes. Ils ne travaillent pas en tandem, alors ils attaquent comme ils veulent. Leur grande force n’a pas permis de tempérer leurs faibles esprits. Il n’y a pas de remède à l’idiotie. S’il n’y avait qu’un seul dragon aîné parmi tous, ils auraient pu avoir une chance de se battre. »

Les dragons n’étaient pas des créatures qui chassaient en groupe, donc c’était logique. Ils attaquaient simplement comme ça, de façon non coordonnée.

Comme l’avait dit Kokuyou, c’était à peu près terminé. Les dragons qui restaient étaient abattus un par un.

Finalement, ils étaient tous morts. Notre équipe avait également souffert de blessures mineures. Ce fut une victoire complète et décisive.

« Élevez vos cris de guerre, Victoire ! »

« HOOORAAAAAAAH !! »

Un cri de victoire explosa à travers les plaines.

Eh bien, nous avons gagné. Je ne peux pas m’empêcher d’être un peu déçu de la façon dont cela s’est passé.

Je ne l’avais pas remarqué pendant le combat, mais nous avions fini par rassembler une foule de spectateurs. Ce n’était pas trop surprenant, car notre combat avait généré beaucoup de bruit. C’était surtout des gens de la ville qui étaient venus voir l’agitation. J’avais aussi reconnu beaucoup d’aventuriers venus de l’extérieur de la ville parmi la foule.

« Votre Majesté… Que s’est-il passé ici… ? »

Le chef de guilde Relisha se précipita vers moi en dehors de la foule. Plusieurs membres du personnel de la guilde la suivirent de près. Elle jeta un bref regard à Sango et Kokuyou, la peur peinte sur son visage. Au bout d’un moment, elle comprit qui ils étaient et se calma un peu.

« Je suis allée au château parce que nous avions entendu parler d’une horde de dragons se dirigeant vers Brunhild, mais vous n’étiez pas là… Les chevaliers non plus, alors je ne savais pas quoi faire ! »

« Ahaha... Désolé pour ça. On dirait qu’on vient de se manquer. Mais ne t’inquiète pas, on s’en est occupé. »

« Je… peux voir ça, oui. »

Relisha regarda le champ de dragons morts avec un regard émerveillé sur son visage. J’avais décidé de faire jouer aux aventuriers leur rôle dans cette petite histoire. Ils seraient capables de faire connaître à d’autres pays ce qui s’était passé ce jour-là.

« Oui, nous l’avons bien fait. Alors, la guilde pourra-t-elle les acheter ? »

« Qu — Vous voulez dire tous ! Je… Je veux dire, nous pouvons certainement les acheter, oui… Mais s’il vous plaît, laissez-moi arranger les fonds avant que je les achète tous… Au premier coup d’œil, je pourrais probablement en payer dix en utilisant notre trésorerie actuelle de Brunhild… »

« C’est bien. Je vais stocker le reste. Pour le moment, au moins. »

J’avais invoqué [stockage] pour éviter qu’ils ne se décomposent entre-temps. Il ne restait plus qu’à découper quelques cadavres et à les faire cuire. La viande de dragon rôtie était censée être un mets délicat, alors j’avais voulu la partager avec tous les habitants de Brunhild.

J’utilisais mon smartphone pour projeter une image de moi-même au-dessus de tous les chevaliers sur le terrain.

« Bon travail, tout le monde ! Vous avez fait vos preuves en tant que grands chevaliers de Brunhild aujourd’hui. Je vais faire rôtir un tas de viande de dragon, alors mangez à votre faim ! Et bien sûr, je vous donnerai un petit bonus financier à tous. »

« Hourra ! Nous l’avons fait ! »

« On dirait que la viande est de retour au menu, les gars ! »

« Mec, je suis affamé… »

« Dieu merci, maintenant je peux payer mes dettes de jeu. »

« Brunhild pour toujours !! »

Les chevaliers se réjouirent. J’étais heureux pour eux aussi.

« De plus, nous allons tous emmener les Frame Gears sur l’île des dragons demain. Le plan est d’exterminer jusqu’au dernier dragon là-bas, alors assurez-vous de bien dormir, et je vous verrai tous demain matin. »

« ATTENDEZ, QUOI !? »

Tous les chevaliers étaient aux taquets. Honnêtement, c’était sacrément amusant.

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