Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 8 – Chapitre 2 – Partie 6

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Chapitre 2 : Donjons et Dragons

Partie 6

« Si je peux me permettre, puis-je suggérer que nous fassions appel au monarque d’azur et que nous nous renseignons sur des questions de nature draconienne ? »

Attendez… Le monarque d’azur ? Comme… l’un autre des quatre monarques ? Le Dragon d’azur de l’est, n’est-ce pas ? Kohaku règne sur les bêtes, Sango et Kokuyou règnent sur les créatures aquatiques et à écailles… et Kougyoku est le maître des oiseaux, n’est-ce pas… ? Ensemble, ils forment les Bêtes célestes, mais je ne pensais pas qu’ils contrôlaient les bêtes magiques…

« Strictement parlant, les dragons ne sont pas vraiment des bêtes magiques. Ce sont des créatures indépendantes et elles sont toutes liées au monarque d’azur. Les ramifications de leur espèce comprennent les lézards, les crocodiles, etc... Mais ces créatures relèvent davantage du domaine du monarque noir. En tout cas, j’ai pensé que nous pourrions faire appel au monarque d’azur si nous nous opposons aux dragons. Je n’ai pas non plus vu son visage depuis un certain temps, donc ça pourrait être une réunion agréable. »

« Seigneur, je refuse humblement ! » 

Kohaku fit soudainement irruption dans la pièce, claquant les portes à pleine puissance sous la forme d’un tigre blanc.

Allez, mec ! Je t’avais dit de ne pas te montrer comme ça dans le château !

« Le Seigneur Touya peut absolument résoudre ce problème sans avoir à faire appel à ce misérable, Kougyoku ! Mon seigneur, je vous demande humblement de reconsidérer votre décision. »

Whoa, du calme ! Et ne t’approche pas de moi sous cette forme avec ces yeux ! Tu es terrifiant en ce moment ! Ne me mange pas !

« Allons, le monarque d’azur nous aiderait bien, n’est-ce pas ? »

« La petite chatte est toujours en mauvais termes avec Bluey-wuey, hm… ? Quel délicieux désespoir, mon chéri... Hehehehee... »

Sango et Kokuyou avaient rapidement suivi, nageant gracieusement dans les airs. Soudainement, j’avais compris pourquoi Kohaku flippait.

« Ghh… C’est vrai, mais quand même… Les choses iraient mal si cette stupide bête à grosse cervelle s’interposait entre nous, mon seigneur ! Ce n’est rien d’autre qu’un bavardage mélancolique, comprenez-vous !? Même me souvenir du monarque d’azur me fait bouillir le sang ! »

Kohaku avait réduit sa taille, mais ne s’était pas moins fâché. Honnêtement, il ressemblait à un gamin faisant une énorme crise de colère… J’avais été étonné de voir Kohaku y apporter des sentiments, surtout après avoir été d’habitude si cool et si recueilli.

« Le monarque d’azur est sage et rationnel… C’est un mélange terrible pour Kohaku qui est impétueux et impulsif. Les deux sont comme de l’eau et de l’huile. Mais plutôt que d’être en mauvais termes tous les deux, je pense que c’est plutôt qu’ils ont du mal à coopérer. Ils reconnaissent sûrement les qualités de l’autre, et ils sont tous les deux aussi têtus. »

« Assez, Kougyoku ! La seule chose que je reconnais chez cet idiot bleu stupide, c’est son incapacité totale à lire l’ambiance ! »

Kohaku sauta sur la table et se mit à crier sur Kougyoku.

Très bien, ça suffit. On n’arrivera à rien comme ça.

« Kohaku, je comprends tes sentiments… mais je vais quand même essayer la convocation. »

« Nooon ! »

« Oui. Je ne vais pas vous forcer à vous entendre, donc vous n’avez pas besoin d’être amis. Mais je veux saisir cette chance, alors au moins tolérez-vous les uns les autres. Je vais m’énerver si vous vous disputez, compris ? »

Je m’étais dirigé vers la cour, Kohaku m’avait suivi tranquillement, la queue entre les jambes. Il n’y avait personne autour, alors j’avais immédiatement commencé la convocation.

Je dessinais le cercle d’invocation en utilisant une pierre de magie comme craie, et j’y avais versé de la magie élémentaire noire.

Un nuage noir s’était formé et commença à s’épaissir progressivement. Nous avions alors mélangé la magie de Kohaku et des trois autres. Ainsi, la préparation était bel et bien terminée.

« Le maître du printemps, des arbres, du domaine de l’Est et des rivières à grand débit… Tenez compte de mon appel. Apparaissez devant moi ! »

En réponse à mes paroles, le brouillard noir commença à se gonfler puis se dispersa. À sa place se trouvait un énorme dragon azur. Ses écailles étaient comme des saphirs, ses yeux étaient du plus profond des bleus. Contrairement à la wyverne, il était clairement à quatre pattes et avait de magnifiques ailes qui dépassaient de son dos. Compte tenu de ses similitudes mythologiques avec les légendes de mon monde, je m’attendais à ce qu’il ait l’air d’un dragon chinois, mais c’était plutôt un dragon d’apparence plus typiquement occidentale.

« … Hmhm. J’ai cru sentir un soudain élan de nostalgie m’envahir. Quand je pense que c’était vous… Pourquoi m’avez-vous appelé ici ? »

Le dragon d’azur parla d’une voix calme et sereine. On aurait dit une gentille maîtresse. Ou du moins une femme en position de pouvoir.

« Ça fait un moment, monarque d’azur. »

« Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu, Bluey. »

« Tu as l’air en forme, monarque d’azur. »

Sango, Kokuyou et Kougyoku saluèrent le nouvel arrivant, mais Kohaku tourna la tête et il grogna légèrement.

Allons… N’est-ce pas un peu grossier ?

« Hm, bien alors… Il semblerait qu’il y ait une voix calme qui ne veut pas parler. Mais ça n’a pas d’importance. Je suis celle qui s’élève au-dessus de telles questions. »

« Tais-toi ! Espèce de lézard bleu insolent ! Tu n’es au-dessus de rien, compris !? »

« Hm ? Il a décidé de parler après tout ? Dommage… Si tu n’as rien de gentil à dire, tu ne devrais rien dire du tout. »

« Quoi !? »

« Très bien, vous deux, calmez-vous. »

J’avais soupiré, en ramassant le mini-Kohaku. Les yeux du dragon d’azur étaient intenses, mais elle ne bougeait pas. Finalement, elle se tourna vers moi et me parla.

« C’est vous qui m’avez convoqué ici, humain ? Nommez-vous, si vous le voulez bien. »

« Je suis Mochizuki Touya. Je suis le grand-duc de cette nation. »

« Intéressant. Je pourrais comprendre le cas de Kougyoku ici, mais je me demande comment vous avez réussi à obtenir la coopération du duo Tigre blanc et Tortue noire. »

« Ce n’est pas une question de coopération. C’est notre adorable maître, comprends-tu ? »

« … Pardon ? »

Le dragon d’azur s’arrêta net. Elle me regardait avec des yeux larges et curieux.

En un éclair, elle commença à dégager une aura intimidante. Cela ne m’avait pas vraiment affecté, mais j’avais senti l’atmosphère changer. Cela m’avait rappelé la force que j’avais ressentie lorsque j’avais invoqué Kohaku pour la première fois. Finalement, elle s’arrêta et poussa un petit soupir.

« … Pour résister à ma pression spirituelle à ce point… Qui donc êtes-vous, mon garçon ? »

Avant que j’aie pu répondre au Dragon d’azur, Kohaku avait soudain pris la parole.

« Pourquoi ne pas le découvrir par toi-même, lézard bavard ? Après tout, notre seigneur ici présent veut conclure un contrat avec toi. Ne veux-tu pas goûter par toi-même au pouvoir auquel nous obéissons ? »

« Hmph… Bien que je déteste tes bavardages, petit chaton, je suis certainement curieuse. Très bien. Je vais tester vos capacités, humain. »

Je n’avais pas manqué le sourire qui se formait sur le visage de Kohaku. Je pouvais dire exactement ce que le petit tigre espérait.

Comme la cour était un peu exiguë pour qu’un événement majeur se produise, j’avais tracé un autre cercle de convocation dans les plaines de l’ouest et j’avais appelé le monarque d’azur.

Nous avions décidé que nous allions nous affronter dans un combat. Les plaines étaient suffisamment éloignées de la ville pour ne déranger personne, et les seules personnes ici étaient les autres Bêtes célestes.

« D’accord, c’est bon ? Êtes-vous prêts ? »

« Hmph. Je suppose que c’est le cas. En tout cas, tout ce que je souhaite, c’est de mesurer vos compétences. Ne vous inquiétez pas, humain. Je ne vous tuerai pas. »

En réponse à l’audacieuse déclaration du Dragon d’azur, les bêtes célestes spectateurs éclatèrent de rire.

Oh mec, c’est plutôt bien, en fait. Incroyable, même…

« Très bien, alors, allons-y. Je vais venir. Es-tu sûr que tu es prête ? »

« Il n’est pas nécessaire d’attendre davantage. Venez vers moi, humain. »

« Très bien. Je ne me retiendrai pas, alors. [Accélération]. »

Je donnais un coup de pied au sol et je courais à fond vers le dragon. Je ne voulais pas qu’elle s’envole, après tout. J’avais décidé de mettre fin à la bataille aussi vite que possible.

« Quoi !? »

« [Gravité]. »

« Gwuagh !? »

J’avais touché le corps du dragon et j’avais déclenché mon sort de modification du poids. En quelques secondes, elle avait été clouée au sol, en tremblant violemment. Ma stratégie était bonne. Je l’avais simplement battue avant qu’elle ne puisse battre des ailes. C’était facile comme bonjour.

« Guh… Quel genre de… m-magie est-ce… !? Comment pouvez-vous… manier quelque chose de ce… niveau !? »

« Gaahahahahaha !! Tu l’as vraiment mal jugé, sale lézard bavard ! Tu n’as pas pensé à lire l’ambiance ? Nous sommes tous ici, nous sommes tous matérialisés, et nous sommes tous maintenus par la magie de notre seigneur. Es-tu si stupide ? Ne réalises-tu pas ce que cela signifie ? »

« Oh… ! »

Le dragon d’azur ouvrit les yeux en état de choc. Kohaku continua à la taquiner tout en faisant des cercles autour de son corps immobilisé. Il semblait un peu trop content, en toute honnêteté.

« En y repensant… Non, ce n’est pas possible ! Pour que vous restiez tous matérialisés dans le royaume des mortels… et moi aussi… ! Combien de magie possède cet homme !? »

« Huhuhu… Laisse-moi te dire quelque chose, grosse tronche. La magie de notre seigneur ne s’est même pas un peu affaiblie, même avec nous tous ici. Même si nous étions des centaines, ça ne ferait aucune différence ! »

« I-Impossible… ! »

« Bwahahaaa ! Tu as l’air désolée maintenant ! C’est le pouvoir de notre seigneur ! Du Seigneur Mochizuki Touya ! Qu’est-ce que tu disais à propos de ne pas le tuer ? ! Bwahaha ! Idiote, idiote ! »

je veux dire, c’est vrai, mais… tu ne devrais pas faire le con sur ce sujet, allez. De toute façon, tu ne devrais pas faire de l’esbroufe comme si c’était toi qui avais le pouvoir… Je veux dire, je suppose que tu as beaucoup de pouvoir toi-même, mais quand même !

« Tu sembles heureux, petit tigre… Heheh... »

« Eh bien, tes sentiments sont certainement compréhensibles, Kohaku. »

« Je pense que vous devriez vous calmer un peu. Laissez-la tranquille, hein ? »

Tu vois, non ? Même les autres pensent que tu vas un peu trop loin.

Le dragon d’azur semblait frustré par les taquineries constantes de Kohaku, alors elle fit une nouvelle tentative pour se lever. Lentement mais sûrement, ses genoux et sa queue tremblèrent lorsqu’elle se leva. J’avais été impressionné.

Mais ensuite, j’appliquais plus de poids, et elle s’effondra à nouveau comme un essuie-tout mouillé.

« G-Gaaah ! »

« Alors, vas-tu déjà abandonner ? »

« … O-Oui, je vais… Je cède. Formons un contrat, humain. »

Après avoir parlé, je l’avais libéré des liens de la [Gravité]. Libéré du poids écrasant, le dragon d’azur s’était lentement levé.

« … C’était mon erreur de vous sous-estimer. Très bien, Mochizuki Touya. Donnez-moi un nom, et je serai à votre service. »

« Un nom… Oh, c’est vrai. Kohaku, Sango, Kokuyou et Kougyoku sont tous nommés d’après des pierres et des minéraux précieux, alors… je vais t’appeler Luli. »

« … Luli ? Je… vois. »

« Ouep. C’est une contraction de Lapis Lazuli. C’est une pierre bleue précieuse, comprends-tu ? »

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