Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 8 – Chapitre 2 – Partie 5

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Chapitre 2 : Donjons et Dragons

Partie 5

Il s’agissait de Barral, le propriétaire de l’armurerie des Huits Ours. C’était une surprise. Mais, avant même que je puisse réagir à l’imposante entrée dramatique de l’homme…

« Z-Zanac ! Il y a un dragon ! Un Dragon attaque Reflet, tu dois sortir d’ici ! »

« Quoi !? »

Un dragon !? J’étais sorti en trombe et je levais les yeux. Je vis une créature verte qui tournait au-dessus de moi.

Elle avait des yeux rouges profonds, une peau rugueuse et des épines qui dépassaient de sa queue. Elle était à peu près de la même taille que le dragon noir que j’avais affronté à Mismede.

La seule différence était que ce dragon vert avait deux pattes arrière, et que ses ailes fusionnaient avec les deux membres de devant. Contrairement au dragon noir que j’avais combattu auparavant, qui avait quatre pattes et un ensemble d’ailes séparé, celui-ci était visuellement distinct. C’était une wyverne !

« Groaaargh ! »

La ville était tombée dans la panique lorsque la bête poussa un terrible rugissement. Elle se couvrit le cou et commença à lancer des germes de flamme de sa bouche.

« Gh… ! »

J’utilisais [Vol] pour m’envoler et, me faufilant habilement entre les projectiles enflammés, je m’étais approché de la créature. Puis, j’avais tendu mon bras droit.

« [Absorption]. »

Les boules de feu se dissipèrent rapidement, s’écoulant dans mon corps comme une énergie magique brute. [Absorption] était une autre de mes récentes acquisitions de la magie Néant. Elle transformait les effets magiques en énergie magique, et l’accordait à celui qui lançait le sort d’absorption. Le souffle d’un dragon était simplement la conversion de l’énergie magique en flammes, il était donc naturellement affecté.

Mais c’était encore très proche. Si l’une de ces explosions avait touché la ville, cela aurait été une catastrophe totale.

« GRAUUUUUUURGH !! »

Les yeux de la Wyverne se braquèrent sur moi. Il me regardait avec des yeux qui disaient : « Ne t’approche pas de moi, peste ».

Hé, ne me regarde pas comme ça ! C’est toi qui es le fauteur de troubles ici !

J’accélérais vers la wyverne. Je lui donnais un coup de pied sévère dans les tripes. J’avais aussi appliqué un certain effet magique à côté du contact.

« [Gravité]. »

La créature s’était soudainement précipitée vers le bas en raison de l’amplification de son propre poids. Il s’écrasa dans la rue principale. Heureusement pour moi, l’endroit avait été complètement évacué. La bête n’avait plus maintenant aucun moyen de s’échapper.

Je regardais la wyverne avec un ricanement. Elle luttait désespérément pour s’envoler, mais son corps était bien trop lourd. J’invoquais [Gravité] sur moi-même pour augmenter massivement mon propre poids et, d’une hauteur de plusieurs dizaines de mètres, je m’étais effondré sur la pathétique créature. J’avais entendu un bruit de craquement distinct lorsque la colonne vertébrale de la créature se brisa et éclata. Elle était morte.

« Purée… Quel emmerdeur ! »

Des acclamations jaillirent de tous les côtés alors que j’examinais le corps draconique qui tremblait. Peu à peu, une fois le danger passé, les habitants de la ville étaient venus se rassembler autour de moi.

« Bonté divine… Incroyable… Vous avez tué un dragon comme ça, un dragon en l’air en plus… Dieu merci, vous étiez en visite aujourd’hui, Votre Altesse… »

Zanac marmonnait doucement en regardant de haut en bas la wyverne morte. Barral me regardait fixement, perdu dans ses mots. Micah et Dolan se précipitèrent hors de la foule.

« Ce… Seigneur, vous êtes parti et vous avez encore fait quelque chose de fou. Je suis content que la ville aille bien, mais… qu’est-ce que vous allez faire avec ça ? »

« Je n’en ai pas vraiment besoin. Tu peux prendre la viande, Dolan. D’après ce que j’ai entendu, la chair de dragon est censée être très savoureuse. Zanac, tu peux avoir sa peau. Si tu la tannes, tu devrais pouvoir faire de bonnes vestes et ainsi de suite. Barral, tu peux avoir les os. Ils feront de bons matériaux pour la fabrication d’armes. »

Tout le monde dans les environs avait été choqué par mes paroles, mais c’est Micah qui avait vraiment pris la parole.

« A-A-Attendez une seconde ! Vous savez que les matériaux de dragon sont de première qualité, n’est-ce pas ? ! Êtes-vous sûr que ça ne vous dérange pas de le donner comme ça ? »

« Oui, comme je l’ai dit, je n’en ai pas besoin. Cela devrait aider un peu tout le monde. Je serais heureux que vous le preniez tous. Après tout, vous avez été gentils avec moi quand je suis arrivé. »

Je n’avais passé qu’un peu de temps à Reflet, mais c’étaient vraiment des gens bien. J’avais une dette envers eux. Alors s’ils acceptaient quelque chose comme ça, cela m’aiderait à donner l’impression de redonner un peu.

« Ah, fais attention quand tu enlèves la queue, d’accord ? Ces barbes ont l’air venimeuses. »

« Oh ? J’ai compris. Merci. »

Après mon avertissement, Dolan commença à enlever soigneusement les barbes de la queue de la bête.

Pourtant… Pourquoi y avait-il une wyverne ici ? Si elle avait faim, il y avait une bande de loups solitaires dans la forêt du sud… On dirait qu’elle visait directement cette ville.

Relisha m’avait dit que des témoins oculaires avaient rapporté d’autres attaques de dragons ces dernières semaines.

De faibles dragons étaient apparus dans Yulong, Sandora et Roadmare. Les wyvernes étaient une sous-espèce de dragon, mais étaient toujours classées comme des dragons faibles. Je m’étais cependant demandé pourquoi elles attaquaient les gens. Il devait sûrement y avoir une raison cachée à tout cela.

« Hm. Qu’est-ce que c’est... »

Dolan leva le front en pelant quelques écailles. Il avait enlevé la tête, mais s’arrêta quand il remarqua quelque chose d’inhabituel sous la peau.

J’avais regardé ce qui préoccupait Dolan, et j’avais trouvé quelque chose enfoncé profondément dans le crâne du dragon.

Je le retirais. C’était une sorte d’objet pointu, d’une trentaine de centimètres de long. Cela ressemblait vaguement à une brochette, c’était assez épais. D’après l’aspect des choses, il avait creusé dans le crâne du dragon et pénétré dans son cerveau. Je pouvais sentir une très faible, mais très réelle impulsion de pouvoir magique parcourir l’étrange dispositif.

« … Ne me dites pas que le dragon était contrôlé par cette chose. »

Je regardais ce pieu étrange, en fronçant un peu les sourcils. Une idée m’était venue. C’était peut-être un autre objet qui était tombé de l’entrepôt. Cette pensée m’avait troublé pendant un moment. Je mis l’objet dans le [Stockage]. J’avais décidé de demander à Cesca et aux autres gestionnaires si elles le reconnaissaient plus tard. Si c’était un objet de l’entrepôt, elles le connaîtraient sûrement.

Mais quand même, la présence de cette chose était troublante en soi. Si le dragon était manipulé par cet artefact, alors il y avait une sorte de personne qui le contrôlait. Un marionnettiste qui tirait potentiellement les ficelles de toute une espèce.

J’étais inquiet. Surtout parce que je le sentais dans mes os. C’était un sentiment sombre, le sentiment que quelque chose, quelque part, était sur le point de mettre en danger beaucoup de gens. À mon grand regret, j’avais su à ce moment-là que mes sentiments n’étaient pas faux. Quelque chose de terrible allait se produire. J’aurais parié ma vie là-dessus.

◇ ◇ ◇

« Je peux dire avec une absolue certitude que ce n’est pas l’une des créations du Docteur Babylone. »

« Sérieusement, Cesca ? Ça ne vient pas de l’entrepôt ? »

« C’est exact. »

Une wyverne avait attaqué Reflet. Il avait une étrange aiguille dans le cerveau, alors j’avais décidé de la montrer à Cesca. Elle avait immédiatement rejeté ma théorie. Rosetta prit alors l’aiguille dans sa main, et l’étudia avec soin.

« Monsieur ! Il semble que ce soit une Aiguille à Résonance Dominante ! Sûrement l’œuvre du Professeur Elks, oui, messieur ! »

« Euh… Professeur Elks ? »

« Professeur Deborah Elks. Au temps de la splendeur de Partheno, elle était connue comme un maître des artefacts magiques. Elle était cependant plusieurs degrés inférieurs à notre cher Docteur Babylone. »

Huh… Je suppose qu’il ne m’est jamais venu à l’esprit qu’il pourrait y avoir plus de gens comme elle. Je suis quand même content de savoir que ça ne vient pas de l’Entrepôt. Je me sens un peu moins responsable de ça, maintenant. En fin de compte, un outil n’est pas plus méchant que son possesseur, donc le responsable est évidemment celui qui a mis ce truc dans la tête de cette wyverne !

Le bracelet protecteur, le bracelet draineur, et ce bijou bizarre qui rendait les gens immortels… Ils étaient tous maniés par des gens méchants qui finissaient par être consumés par leurs désirs. L’Épée Sainte Lestienne, par contre, était justement maniée par un roi juste qui était aimé de tous ceux qui le suivaient. Il ne s’agit en fait que de la personne qui se trouve derrière l’objet. Mais même si c’est le cas… ce n’est pas comme si j’allais rater le gynoïde terminal à l’entrepôt. C’est de sa faute, elle a été si négligente au départ !

« Il y a beaucoup à dire sur le professeur Elks, monsieur ! Elle tenait madame Babylone en très basse estime, oui monsieur ! Elle fabriquait beaucoup d’artefacts, et Madame Babylone disait toujours qu’ils étaient solides, mais elle négligeait toujours les dispositifs de sécurité, ou les imprégnait d’effets étranges qui finissaient par causer des ennuis à leurs utilisateurs ! Chaque fois que le Professeur Elks apportait des objets à Madame Babylone, elle lui disait que ses objets étaient intéressants, mais sans inspiration ! »

« Oui, le Docteur Babylone a eu une relation tendue avec Elks. Les créations du docteur étaient toujours de bien meilleure qualité, au grand dam d’Elks. »

Mais c’est probablement comme ça que ce satané docteur était. Elle a probablement pris un réel plaisir à taquiner Elks. Ça me rappelle un peu le cas d’Akechi Mitsuhide et Oda Nobunaga. Un génie et un jeune prodige ne sont pas du tout dans la même classe. Babylone ne considérait probablement même pas Elks comme un adversaire ou une rivale… Ça devait être nul d’être le moindre des deux.

« Alors, c’est quoi cette histoire d’aiguille à résonance dominante ? »

« Ah, oui monsieur ! Une Aiguille de Résonance Dominante est un artefact conçu pour prendre le contrôle de bêtes magiques, monsieur ! Elle est remplie de magie et une fois transpercée à travers le crâne, permet à l’utilisateur de contrôler la créature affectée à volonté ! Elle fait ressortir le plus grand potentiel de la créature affectée, mais diminue aussi rapidement sa durée de vie. Il y avait également des risques associés à l’atteinte de l’esprit de l’utilisateur, puisqu’il force un lien mental entre les deux, monsieur ! C’est pourquoi il a finalement été jeté à la poubelle ! »

Je vois… C’est solide, mais aussi extrêmement dangereux. J’ai compris. Quiconque essaierait de l’utiliser finirait par porter un fardeau incroyable. Mais je ne pense pas que Babylone était en mesure de juger, vu qu’elle a fabriqué ce gros bijou d’immortalité… Mais attendez, cela signifie-t-il que la personne qui contrôlait la wyverne ne savait pas ce qu’elle faisait ? Ou peut-être qu’il est toujours conscient du risque. Quand bien même, contrôler un dragon est mauvais. Ils sont censés être les plus forts, donc en avoir un tas sous votre contrôle est un danger certain… Si un dragon rouge comme celui que nous avons rencontré à Mismede était sous le contrôle de ce mystérieux homme… Ce serait terrible. Pourtant, je ne pense pas qu’une créature intelligente comme ça puisse être si facilement influencée, artefact ou pas.

« Est-ce que je vous dérange ? »

« Hein ? Kougyoku ? Quoi de neuf ? »

Kougyoku était entré en volant par une fenêtre voisine. Après s’être perchée sur la table, elle tourna la tête vers moi.

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