Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 8 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Les Archives de la Sagesse

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Chapitre 1 : Les Archives de la Sagesse

Partie 1

Depuis que Lestia avait rejoint l’alliance occidentale, le nom officiel avait été changé en Alliance est-ouest pour refléter son nouveau statut.

Et à partir d’aujourd’hui, le Roi Chevalier Reinhard prendra sa place au conseil.

« Je suis honoré d’être parmi vous, même si j’espère que mon inexpérience en la matière ne sera pas un trop lourd fardeau. »

« Vous n’avez pas besoin de vous inquiéter pour ça. Le but de ce rassemblement est de partager nos opinions d’égal à égal et de s’entraider, alors n’hésitez pas à dire ce que vous avez en tête. »

Le Pape rencontra le Roi Chevalier avec un sourire doux et courtois. Avant même que je m’en rende compte, tout cela s’était transformé en une sorte de club, mais techniquement, nous l’utilisions pour discuter de choses importantes, alors je fis plutôt comme si de rien n’était.

« J’ai moi-même succédé au trône qu’il y a peu, voyez-vous. J’espère que nous pourrons nous entendre. »

« Tout comme moi, Votre Majesté. »

Les nouveaux rois de Lihnea et de Lestia partagèrent une poignée de main ferme. Il y avait sûrement beaucoup de choses à apprendre les uns des autres. Je veux dire, techniquement, j’étais moi-même un membre de la royauté, mais j’étais presque sûr que je ferais un terrible modèle, alors j’avais pensé qu’il était dans l’intérêt de tous qu’ils ne suivent pas trop mon exemple.

« Voir Lestia nous rejoindre en tant qu’alliée est déjà assez surprenant, mais j’ai entendu dire que tu as récemment conquis les tribus de la mer des arbres. Tu ne manques jamais de me prendre par surprise, Touya. »

Le Roi Bestial de Mismede décida de se joindre à la conversation des jeunes Rois. Mec, la rumeur s’était déjà si vite répandue, hein ? Mais je ne devrais pas être trop surpris vu le nombre d’hommes bêtes à Mismede. D’après ce que j’avais entendu dire, ils étaient restés en contact avec les tribus qui habitaient la mer des arbres depuis un certain temps, alors il l’avait probablement entendu directement de source sûre, pour ainsi dire.

« Je ne sais pas si je dirais que je les ai convaincus ou quelque chose comme ça. J’ai fini par les aider et ils m’en ont remercié. Je n’ai pas vraiment l’intention de fourrer mon nez dans leurs affaires. »

Je ne voyais pas vraiment de raison de le cacher, alors j’avais continué en expliquant ce qui s’était passé exactement.

Nous avions parlé de tout, de l’état des réfugiés qui avaient dérivé de Yulong jusqu’à un incident récent au cours duquel j’avais prêté un Frame Gear pour aider à dégager le passage qui s’était bloqué à cause d’un glissement de terrain. Une fois tout cela terminé, tout le monde emmena Reinhard au stade de baseball pour assister à l’événement principal du jour : Un match d’exhibition pour souhaiter la bienvenue à notre nouveau membre, le match du jour opposait Refreese à Regulus.

Alors que les gardes et les soldats se dirigeaient tous vers l’arène, je m’étais soudainement souvenu de quelque chose que je devais probablement mentionner au Pape. Je l’appelai à voix basse pour ne pas trop attirer l’attention de notre entourage.

« Votre Sainteté, j’ai juste senti que je devrais mentionner ceci, mais euh… En fait, il y a deux dieux ici présents, sous forme humaine, bien sûr, mais quand même… Veux-tu que je te les présente ? »

« Eh, vraiment !? »

Incapable de cacher sa surprise, elle acquiesça vigoureusement à ma proposition. Je l’avais emmenée voir mes sœurs aînées, Karen et Moroha, qui buvaient du thé à une table voisine. J’avais présenté une Pape très nerveuse aux deux Déesses, et à leur tour, les deux Déesses à une Pape très nerveuse.

« Ces filles sont mes sœurs aînées… Ou, eh bien, c’est l’histoire qu’on raconte. Elles sont en fait respectivement la Déesse de l’Amour et le Déesse de l’Épée. »

« Touya, tu nous traites pour une fois comme des dieux ? C’est assez flippant, vois-tu ? »

« Ouais, je ne sais vraiment pas comment réagir quand tu me mets dans cet état. Prenons ces choses moins au sérieux, d’accord ? C’est valable pour toi aussi, ma petite dame. C’est dur de te voir aussi nerveuse. »

Mes sœurs attrapèrent la Pape au moment où elle était sur le point de se prosterner sur le sol devant elles, et l’avaient amenée à s’asseoir à table à la place. Après les présentations, la Pape commença à poser toutes sortes de questions sur les Dieux et le Royaume divin, trébuchant sur ses mots de temps en temps, mais quand même, voir mes sœurs répondre avec tant de légèreté en mangeant des friandises aurait dû l’aider à se calmer un peu, car elles semblaient au moins avoir une conversation plutôt animée entre elles. Je ne pouvais m’empêcher de me demander si les femmes s’adaptaient plus rapidement à des groupes du même sexe comme celui-ci.

Je m’étais brièvement demandé si cela entrait dans la catégorie de l’ingérence dans les affaires du royaume humain, mais je m’étais dit que c’était probablement bien puisqu’elles n’utiliseraient pas leurs pouvoirs divins juste pour avoir une conversation légère.

Je veux dire, je suppose que cela pourrait techniquement être interprété comme le fait qu’elle reçoive une sorte de Révélations Divines… Mais je n’ai jamais entendu parler de révélations aussi stupides que « Le Dieu du commerce est bien trop mesquin » ou « Le Dieu des liqueurs a besoin de se détendre en buvant beaucoup » avant dans ma vie. Les laisser à leur conversation pendant que je vais regarder le match était probablement une bonne chose.

Ayant jugé sûr de laisser la Pape avec mes sœurs, je m’étais rendu au stade.

Le stade entier commençait déjà à chauffer pour le premier vrai match en un mois.

J’avais pu voir des gens de notre pays, mais aussi des gens qui avaient l’air d’avoir fait le chemin depuis Refreese et Regulus pour voir le match. Les gens qui vendaient du pop-corn et de la bière faisaient d’énormes profits, tandis que le public se balançait entre acclamations de joie et cris de déception à l’unisson. Je n’aurais jamais pu prévoir à quel point cela allait bien se passer avec les gens de ce monde quand j’en avais eu l’idée pour la première fois.

Dans l’espace VIP, Reinhard était déjà complètement subjugué par le jeu. Il me rappela la fois où Cloud avait vu son premier match. En parlant de Cloud, on pouvait parfois voir Reinhard lui poser des questions sur le jeu alors que les deux partageaient leurs opinions sur le match qui se déroulait comme une sorte de commentaire en cours.

Était-ce dû au fait qu’ils n’avaient obtenu leurs trônes respectifs que très récemment, mais tous les deux semblaient déjà s’entendre. Ce serait bien qu’ils deviennent de bons amis comme le roi de Belfast et l’empereur de Refreese.

En parlant de Refreese, je pouvais déjà imaginer cette princesse saignant du nez tout en écrivant toutes sortes de livres indécents si elle pouvait entrevoir cette scène. Je veux dire, merde, ils sont tous les deux le portrait craché du livre d’histoire Les Charmes du Prince (Les charmes du Roi dans ce cas, le fait est que)… Tch. Même avec plein de filles prêtes à devenir mes femmes, un homme a le droit d’être jaloux de beaux gars comme ça. Quoi ? Quoi ? Ne me jugez pas.

Un son fort et clair, suivi d’une formidable acclamation, m’avait ramené à la raison. Le frappeur de l’équipe Régulus venait de frapper un home run. Les joueurs qui pouvaient frapper un home run à un moment aussi critique n’avaient jamais manqué d’enthousiasmer le public.

Reinhard sauta même de son siège avec excitation. D’un autre côté, le roi de Belfast, ami de l’empereur de Refreese, à cette vue, baissa sa tête, consternée, presque comme si la balle qui s’envolait dans les airs lui avait sauté dans les tripes.

Toutes rivalités sportives amicales mises à part, j’étais heureux de voir que tout le monde s’entendait bien. J’avais décidé de faire un kit complet d’équipement de baseball à donner à Reinhard une fois le match terminé.

◇ ◇ ◇

Le lendemain, je m’étais réveillé face à une vague de froid mordante et une véritable merveille hivernale qui s’étendait devant ma fenêtre.

Oui, c’était vrai. Il neigeait. Et en plus à gros flocons. Ce n’était pas assez pour pouvoir bloquer les portes, mais cela devait mesurer au moins dix centimètres de haut.

Le terrain d’entraînement des soldats était pratiquement inutilisable dans cet état, cependant, les chevaliers déblayaient la neige hors du terrain d’entraînement et de la caserne. J’avais suggéré de simplement faire fondre tout cela avec de la magie du feu, mais on m’avait dit de réfléchir un peu à la façon dont la transformation de la neige en eau allait résoudre le problème. Rétrospectivement, cela n’aurait certainement pas été le bon moment.

J’avais décidé d’aller vérifier l’état des habitations de la ville et, tout comme les chevaliers, les adultes étaient occupés à pelleter la neige devant leurs maisons. Pendant ce temps, les enfants s’amusaient à mener des batailles de boules de neige.

On m’invita à jouer avec eux et, n’ayant aucune raison de refuser, j’avais décidé de leur enseigner d’autres choses amusantes à faire pour jouer dans la neige. J’avais d’abord pris une caisse en bois vide et des planches de bois pour construire un simple petit traîneau. Ensuite, j’avais pris toute la neige pellée et j’en avais fait une petite colline pour permettre aux enfants de glisser. Une fois qu’ils avaient appris à s’en servir, ils devinrent tout de suite accros à ce nouveau jeu.

Laissant les enfants s’amuser avec leur nouveau jouet, j’étais sorti pour vérifier l’état des routes principales. Comme je le pensais, les routes étaient enneigées au point où je pouvais à peine dire que c’était censé être une route. Je supposais que cela signifiait que nous ne verrions plus aucun commerçant passer pendant un certain temps. Eh bien, en supposant qu’il ne neigeait plus, les routes seraient probablement à nouveau très praticables lorsque la neige aura fondu au cours des deux ou trois jours suivants.

Ce n’était pas tous les jours qu’il y avait de la neige comme ça, alors j’avais décidé de me rendre au stade de baseball pour voir s’il y avait quelque chose d’amusant que je pouvais en tirer.

Voici les 3 étapes nécessaires pour construire votre propre patinoire de fortune : d’abord, niveler les monticules du terrain de baseball enfouis sous la neige. Ensuite, faites fondre légèrement une fine couche de neige jusqu’à l’obtention d’une couche uniforme d’eau dans le champ. Enfin, recongeler la neige fondue tout en maintenant la surface aussi plate que possible. Et comme ça, c’est fini !

« Ouais, ça a l’air plutôt bien. Voyons si c’est assez solide pour rest-EEEEER WAH ! »

J’avais à peine fait un pas sur la patinoire que je perdais complètement pied et que je tombais sur le dos. Était-ce une sorte de vengeance karmique pour tous ces gens que j’ai tourmentée avec mon sort [Glissade] jusqu’à maintenant !? Ça fait vraiment mal !

« … Qu’est-ce que vous faites cette fois ? », demanda Logan, qui, à en juger par les pelles qu’il portait et les chevaliers derrière lui, était probablement venu creuser le terrain du stade de baseball.

Et le pire, c’est qu’ils avaient l’air d’avoir tout vu… Je n’allais probablement pas m’y tenir pendant un moment, mais bon.

« Oh, tu sais, je pensais juste faire une simple patinoire. »

« Une patine noire ? Est-ce une sorte de nouvelle magie ? »

« Hein ? Il n’y en a aucune par ici ? Tu sais, c’est un endroit où tu glisses sur la glace avec des bottes ayant des petites lames attachées au fond. »

« Oh, vous voulez dire les arts du vol à voile. Maintenant que j’y pense, ils utilisent beaucoup cette technique dans le nord du royaume d’Elfrau. J’ai entendu dire que les cours d’eau ont tendance à geler l’hiver là-haut, alors ils en tirent le meilleur parti en glissant sur leur surface pour se déplacer plus rapidement. »

En d’autres termes, ce monde avait quelque chose de semblable, mais ils ne l’avaient jamais vu que comme un moyen de transport alternatif. C’était logique, car c’était certainement une façon rapide de se déplacer, mais ils n’avaient pas l’air d’avoir pensé que cela pouvait être assez amusant de simplement profiter de la sensation de glissade sur la surface de l’eau. Maintenant, je devais leur présenter ça.

***

Partie 2

J’avais commencé par créer une simple paire de bottes de patinages en attachant des lames de fortune au bas de mes chaussures, puis j’avais marché sur la patinoire pour faire une démonstration. Contrairement à avant, j’avais glissé cette fois-ci un peu plus gracieusement sur la surface glacée.

J’entendais des voix émerveillées à plusieurs reprises, mais tout ce que je faisais vraiment, c’était de patiner en ligne droite… Mais cela me donnait envie de me vanter un peu, alors je fis quelques tours du périmètre extérieur de l’arène tout en faisant de simples petits tours et cascades ici et là. Ne sous-estimez pas un enfant élevé dans le nord, wahahaha ! Eh bien, je dis cela, mais ma ville natale était du côté du Japon, plus près de l’océan Pacifique, alors je n’ai pas la résistance folle au froid que l’on trouve chez les gens plus au nord…

J’avais ensuite fabriqué un jeu complet de lames pour Logan ainsi que les autres personnes présentes et je les avais donné. C’était une sorte de pince que vous attachez au bas de vos chaussures, par opposition au type de chaussures de patinage fournies avec les lames fixées en permanence. Alors que les gars entraient timidement sur la patinoire, ils commencèrent à dégringoler, comme une scène tout droit sortie d’un vieux dessin animé. Ha ha ha ha ha ! Je parie que tu ne riras plus de ma petite erreur de tout à l’heure, pas vraie !?

Mais avant que je puisse pleinement profiter de ce spectacle stupide, tout le monde s’y était progressivement habitué avec un peu de pratique.

Les gens de ce monde n’avaient jamais manqué de trouver de nouveaux moyens de me surprendre par la rapidité avec laquelle ils s’habituaient à mes nouveaux jouets et astuces. Encore une fois, ils étaient dès le départ tous assez sportifs, alors je devrais vraiment avoir vu cela venir. Avant même que je le sache, même les citadins avaient commencé à se montrer pour regarder notre ordre des chevaliers glisser gracieusement sur ma patinoire. Je m’étais dit que ce serait plus amusant de laisser tout le monde participer à volonté. J’avais donc préparé un grand lot de lames de patinage amovibles et les avais laissées de côté pour que les gens puissent les utiliser gratuitement, car cela aurait été pénible d’en remettre une paire à chacun.

« Urgh ... Qu’est-ce que j’ai fait ? »

Je m’étais mis à grogner en m’asseyant sur l’un des bancs du stade. Peu de temps après, ma patinoire s’était lentement mais sûrement remplie de jeunes couples et de couples mariés. Mon terrain de jeu amusant s’était transformé en un point de rencontre pour couples d’amoureux juste sous mon nez.

Les célibataires désespérés par cette vue commencèrent peu à peu à partir, les uns après les autres, leurs patins étant repris par de nouveaux couples arrivés pour rejoindre les autres au-dessus de la glace. C’était un cercle vicieux pour les célibataires.

Parmi ceux-ci, cependant, les héros présents dans les rangs des célibataires solitaires y virent une occasion d’inviter les filles à venir sur la patinoire afin de leur apprendre à patiner.

En ce moment, l’endroit n’était plus qu’un grand lieu pour rencontre amoureuse. Eh bien, les plus jeunes semblaient s’amuser de façon innocente et enfantine, ce n’était donc pas seulement un événement pour les couples.

En regardant de plus près, j’avais remarqué un nombre disproportionné de filles qui ne semblaient pas capables de patiner, inévitablement invitées sur la patinoire par des gars qui avaient déjà complètement maîtrisé les bases et qui leur proposaient de les enseigner. Juste comme ça, ils seraient ensemble pour s’amuser ensemble… En d’autres termes, les gars y voyaient l’occasion parfaite de draguer les filles.

Quand j’y réfléchissais, c’était logique. Sous le couvert d’un noble acte de gentillesse dans l’enseignement du patinage aux filles, les garçons avaient l’excuse parfaite pour donner la main à de jolies filles sans attirer l’attention de leur entourage. En regardant les choses de cette manière, j’avais trouvé ceci plutôt rusé.

Parmi les filles, il y avait aussi celles qui avaient compris cela et qui simulaient très clairement qu’elles étaient incapables de patiner pour attirer des hommes. Eh bien, tant que les deux parties étaient d’accord, je me suis dit que c’était l’une de ces fois où la bonne ligne de conduite était d’éviter d’en parler, car cela ruinerait le plaisir de tous.

« J’avais le sentiment que je te trouverais au cœur de toute cette agitation, Touya. »

« Je ne sais pas ce que je dois ressentir à l’idée d’être ton suspect numéro un chaque fois que des foules se rassemblent pour une raison quelconque, mais je ne peux nier que c’était mon œuvre. »

Alors que Yumina était sortie de nulle part pour me taquiner une fois de plus, j’avais décidé qu’il était plus sage de laisser glisser. Je veux dire, je ne pense pas être à l’origine de tout le vacarme dans ce monde, mais elle a raison cette fois-ci, m’étais-je dit.

Maintenant que j’avais moi-même une partenaire, je ne voyais aucune raison réelle de sauter l’expérience d’un rendez-vous de patinage sur glace moi-même. J’avais donné à Yumina une paire de lames de patin et nous étions allés directement sur la patinoire.

« Tu veux te joindre à moi pour faire du patinage, ma princesse ? »

« … Tu crois que je pourrai le faire ? Ça a l’air plutôt difficile… » demanda nerveusement Yumina.

Je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir, puisque c’était sa première fois. Pour l’instant, je l’avais emmenée sur la patinoire en lui tenant la main et je lui appris les astuces, une petite étape à la fois.

 

 

Au début, elle ne semblait pas sûre de savoir comment garder son équilibre, mais elle s’était peu à peu habituée à cette nouvelle sensation et elle glissa dans tous les sens avant que je ne m’en rende compte. J’étais prêt à mettre cela sur le compte de la nature naturellement athlétique des gens de ce monde, mais en y réfléchissant de façon plus critique, je m’étais demandé si la raison pour laquelle cela me surprenait toujours était peut-être parce que mon ancien monde avait été un endroit tellement pratique que les gens étaient devenus de plus en plus suffisants au fil des ans.

À cette époque, je n’avais aucun moyen de savoir que les séances de patinage sur glace deviendraient l’une des attractions hivernales standard de mon propre duché de Brunhild.

***

« Tu as trouvé d’autres ruines de Babylone ? Où ça ? »

« Effectivement. Elle est située au milieu du Royaume Démon de Xenoahs, dans une zone montagneuse. »

Kougyoku me rapporta cette information, j’étais alors tombé dans une profonde réflexion.

Le Royaume Démon de Xenoahs… C’était une nation isolée habitée par des démons.

Sous la domination du Seigneur, c’était un pays qui évitait fortement d’interagir avec le monde extérieur. Bien qu’il s’agisse d’une région dangereuse avec de nombreuses défenses naturelles en raison de sa géographie unique, il avait été dit que toutes sortes de races y vivaient en paix. Non seulement des races démoniaques, mais de nombreuses sous-espèces de monstres et de bêtes magiques erraient dans la région en grand nombre. Il y avait toutes sortes de rumeurs dangereuses sur cet endroit.

J’hésitais à charger aveuglément en territoire inconnu, alors j’avais appelé l’un des démons de mon ordre de chevalerie pour voir s’il pouvait me donner des informations utiles sur le lieu.

« Xenoahs, dites-vous ? »

Le garçon que j’avais appelé était un jeune vampire aux yeux rouges, à la peau blanche claire et aux oreilles pointues. Il s’appelait Lushade.

Bien qu’étant un vampire, il était un peu excentrique et ne supportait pas vraiment la vue du sang. Selon lui, le sang était plus un aliment de luxe pour les vampires qu’un élément essentiel à leur survie.

C’était un type qui avait détruit à lui seul l’image des vampires que j’avais toujours gardée dans ma tête. D’abord, le soleil ne le dérangeait pas du tout. Il avait beaucoup apprécié les repas préparés avec de l’ail, certains étaient même ses plats préférés. Il savait très bien manier les croix ou les crucifix, et les armes en argent étaient à peu près aussi efficaces sur lui qu’elles le seraient sur à peu près n’importe qui d’autre. Il ne pouvait pas se transformer en chauve-souris, et pour couronner le tout, il ne pouvait même pas supporter la vue du sang.

Mis à part le dégoût excessif de Lushade pour le sang, il semblait que tous les vampires de ce monde étaient à peu près les mêmes que lui. Les gens dont le sang était aspiré par des vampires ne se transformeraient même pas en vampires dans ce monde.

Apparemment, ils étaient encore bénis avec de nombreuses capacités puissantes, telles qu’une vision nocturne incroyable, une force surhumaine, et d’énormes capacités d’autorécupération pour n’en nommer que quelques-unes… Mais en regardant ce jeune homme, j’avais trouvé ça plutôt difficile à imaginer dans ma tête.

Quoi qu’il en soit, j’avais entendu dire que les vampires avaient tendance à avoir un statut social très élevé dans le royaume de Xenoahs, c’était pourquoi j’avais appelé Lushade, en espérant que je pourrais obtenir des informations utiles de lui.

Jusqu’à ce jour, je ne comprenais toujours pas pourquoi quelqu’un d’aussi haut placé socialement était venu jusqu’ici juste pour rejoindre mon Ordre de Chevaliers. Lorsque nous l’avions interviewé pour le poste, j’avais eu l’impression qu’il avait dit quelque chose au sujet de son désir de pouvoir mener sa vie de manière autonome.

« Alors, il n’y a pas d’humains à Xenoahs ? »

« Non, il y en a quelques-uns. Même des demi-humains y vivent. Ce n’est pas parce que Xenoahs ne s’implique pas dans les affaires des autres pays qu’elle s’isole totalement du monde extérieur. C’est juste que c’est un endroit où il est difficile de survivre pour n’importe quelle race. »

« Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Eh bien, tout d’abord, et ce n’est pas le moins important, le climat y est quelque peu extrême. La température à midi est très élevée, tandis que les nuits peuvent facilement atteindre des températures inférieures à zéro. Sans parler du fait que des bêtes magiques habitent le pays en masse. Il suffit de sortir de la ville pour être quasiment certain d’être attaqué par des paquets entiers de monstres. En plus, il y a le problème de l’approvisionnement alimentaire. Il n’y a pas grand-chose que la plupart des humains mangeraient volontiers s’ils n’avaient pas d’autre choix. Je veux dire, mangeriez-vous volontairement de la gelée de slime ou de la viande d’orc ? »

De la viande d’orc ? Par Orc, il veut dire ces orcs, n’est-ce pas ? Ceux avec des têtes de cochons et des corps humanoïdes ? Tu peux vraiment manger ces trucs ? Je veux dire, allez ! Tu devrais au moins manger du porc ordinaire dans ce cas ! Quant à la gelée de slime… Ouais, non merci. C’est tout simplement dégoûtant. Comme il l’a dit, je peux comprendre pourquoi il est difficile pour des humains ordinaires de s’habituer à leur cuisine locale.

« … Les Orcs ne comptent-ils pas comme race démoniaque ? »

« Bien sûr que non. Ils ne peuvent même pas communiquer avec les mots, vous en souvenez-vous ? Les démons se réfèrent à des races suffisamment intelligentes pour avoir au moins une conversation cohérente. Tout le reste est classé comme bêtes magiques ou monstres. »

Son explication avait du sens.

J’avais demandé à Lushade s’il y avait un peu plus… d’aliments appétissants à choisir. Il me parla alors de la soupe Mini-Wyrm et de chauves-souris géantes grillées, etc. Je sentais mon estomac se retourner rien qu’en entendant ça. Il était impossible que je puisse me résoudre à manger ça, même si tu me payais 100 pièces de platine dans un défi. Pour autant que je sache, cela pouvait être délicieux, mais l’apparence à elle seule me coupait l’appétit.

« Cela dit, il m’a aussi fallu un peu de temps pour m’habituer à la cuisine d’ici. C’est bien maintenant que j’y suis habitué, mais il m’arrive parfois d’avoir envie de retrouver la cuisine de mon pays natal », déclara Lushade en souriant de force.

J’imagine que ce qu’on dit sur le désir ardent de retrouver le goût de son terroir natal est vrai, m’étais-je dit.

Poussant ce discours troublant sur les aliments horribles hors de mon esprit, j’avais rappelé mon objectif principal. S’il y avait déjà des humains vivants dans ce pays, je supposais que je ne me démarquerais pas autant que je le pensais au départ si j’allais y faire un voyage. Je m’étais dit que je pourrais peut-être me faufiler dans le pays assez facilement pour aller enquêter sur ces ruines de Babylone.

Si je me faisais prendre, je pourrais trouver une excuse. Je prétendrais être un noble errant sans le sou. Je n’avais pas l’intention de semer le trouble, et ce n’était pas comme si mon apparence me donnait l’impression d’être quelqu’un de particulièrement important.

***

Partie 3

Sur ce, j’avais décidé de partir en expédition rapide à la recherche des lieux. Malheureusement, Lushade n’était jamais allé directement sur les ruines lui-même, alors je n’avais qu’à sauter à Yulong et utiliser mon sort [Vol] pour couvrir le reste de la distance.

Comme je voyagerais en volant cette fois-ci, j’avais fait attendre le reste du groupe au château. Au cas où quelque chose se produirait et que je devais contacter quelqu’un pour obtenir de l’aide, j’avais décidé d’emmener Kohaku ou l’une des autres bêtes avec moi, mais comme je ne pouvais emmener qu’un seul d’entre eux, cela avait failli provoquer une dispute. Briser leur petite dispute était vraiment chiant.

Yumina organisa une loterie pour rendre la décision la plus juste possible, et c’était Kohaku qui m’accompagnait cette fois-ci. Une fois cette décision prise, j’avais ouvert une [Porte] vers Yulong. Au même endroit où nous avions déjà combattu la Phase la dernière fois.

Comme d’habitude, c’est toujours un vieux terrain vague, me suis-je dit. N’ayant rien à faire ici, nous nous étions mis en route sans hésitation vers notre objectif initial. Après avoir lancé [Lévitation] sur Kohaku, j’avais lancé mon sort [Vol]. Nous nous étions dirigés directement vers Xenoahs.

Pour plus de sécurité, pour que nous ne soyons pas pris et/ou retenus comme des individus suspects, je m’étais assuré de jeter le sort [Invisibilité] sur nous deux. On n’était jamais trop prudent en territoire inconnu.

Dès que nous étions entrés dans l’espace aérien de Xenoahs, quelque chose s’était dirigé droit sur nous. Pendant un moment, j’avais craint que nous ayons déjà été repérés, mais à y regarder de plus près, cela n’avait pas semblé être le cas. Juste pour éviter tout risque inutile, j’avais ralenti notre vitesse de vol et j’avais décidé d’observer à distance pendant un moment. C’était alors que j’avais remarqué que ce qui se dirigeait vers nous, c’était deux races démoniaques. Les moitiés supérieures de leur corps étaient celles d’une femme, tandis que leurs bras et leurs jambes étaient de type oiseaux.

« Ce sont des harpies. Les serres sur leurs pieds ont assez de force pour déchiqueter les ours, mais il est peu probable qu’elles nous attaquent si nous ne les provoquons pas d’abord. »

Comme Kohaku l’avait dit, les harpies nous avaient dépassés sans même jeter un regard dans notre direction. En y réfléchissant bien, elles n’auraient même pas pu nous traquer par la magie à cause de la sphère magique que nous avions et qui nous aidait à dissimuler complètement notre présence.

D’après ce que j’avais pu voir, les harpies devaient être une espèce de démon. Elles n’avaient certainement pas l’air de bêtes magiques, du moins pour moi. Je ne savais pas encore très bien ce qui séparait les démons des bêtes magiques, mais selon Lushade, tout humanoïde avec lequel on pourrait avoir une conversation cohérente serait un démon, alors que des créatures comme le Dullahan, où la communication avec eux était totalement impossible, étaient des monstres. Mais dans le même temps, les créatures non humanoïdes avec lesquelles vous pouviez encore communiquer, comme les licornes, faisaient toujours partie de la catégorie des bêtes magiques. Je ne comprenais pas encore parfaitement toutes les distinctions entre eux, mais j’avais l’impression d’avoir au moins une compréhension de base de la logique qui les sous-tend maintenant.

« Essayons d’être prudents juste au cas où. On ne sait pas quelles sortes de bêtes magiques étranges on peut rencontrer jusqu’ici, et je suis prêt à parier qu’il y en a beaucoup avec lesquelles nous n’avons jamais eu à faire face auparavant. »

Une fois les harpies hors de vue, nous avions poursuivi notre vol vers notre destination. En contemplant le paysage en contrebas, nous n’avions rien vu d’autre que des terrains vagues, des montagnes dangereuses et d’épaisses zones boisées à perte de vue. Je commençais à comprendre pourquoi vivre dans un tel endroit serait un réel défi pour une personne moyenne.

Il y avait des routes qui ressemblaient à des chemins parsemés ici et là, mais même ceux-là semblaient assez traîtres, comme s’ils étaient juste là parce qu’ils avaient été bien foulés au fil des ans, au lieu d’être fait délibérément pour rendre le passage entre deux zones spécifiques plus facile ou plus sûr.

« Cet endroit a l’air assez impitoyable pour les non-initiés. Je veux dire, je m’attends à ce que la capitale ne ressemble pas du tout à ces routes d’arrière-pays, mais je peux voir d’où ces terres tirent leur réputation intimidante. »

« Les particules magiques sont épaisses dans l’air ici, ce qui attire peut-être les bêtes magiques en si grand nombre. C’est certainement le genre d’endroit où les humains auraient du mal à survivre même quelques jours, d’après ce que je peux voir. Cela pouvait parfaitement convenir aux races démoniaques, qui avaient une résistance contre nature et une bonne résilience physique, mais d’autres races ne s’en sortiraient probablement pas aussi bien dans ces conditions… »

D’une certaine manière, cette description me donnait l’impression que c’était exactement le genre d’environnement idéal pour établir un royaume pour les races démoniaques.

Ne fait-il pas encore un peu trop chaud ici ? J’aurais juré qu’on était au plein milieu de l’hiver quand on a quitté Brunhild… Je veux dire, le soleil affiche sa pleine puissance et pourrait même m’aveugler si je ne faisais pas attention. Est-ce que les cieux de cette région ont obtenu un statut spécial ou quelque chose comme ça ? Serait-ce dû à la densité de particules magiques dans l’air par ici, ou est-ce que cela a quelque chose à voir avec les esprits de la Terre présents dans cette partie du monde ?

C’est dans ces moments-là que je suis content que ma veste résiste aux éléments naturels, me suis-je dit, tout en remerciant secrètement mon partenaire de longue date.

Alors que je continuais mon excursion, je remarquais que quelque chose d’autre volait dans notre direction. D’autres harpies, me demandais-je ? En y regardant de plus près, c’étaient de grands oiseaux bleus ressemblant à des condors. Ça devait être des partisans de Kougyoku.

En dissipant mon sort [Invisibilité], les oiseaux semblaient nous avoir reconnus. Ils changèrent de direction pour voler vers l’est comme pour nous guider vers l’endroit où nous allions.

Finalement, nous avions atteint une région montagneuse. Les oiseaux nous avaient emmenés dans une petite vallée.

« Qu’est-ce que c’est... »

Niché dans un recoin entre les montagnes, il y avait une grande structure qui ressemblait à l’Arc de Triomphe.

J’étais descendu afin de vérifier la composition de la structure. Il était certainement fait avec les mêmes matériaux que les autres. Il semblerait que nous avions raison d’y croire.

Cela mesurait environ trois mètres de haut, et quand j’étais passé en dessous, je m’étais retrouvé dans une petite pièce avec des lettres gravées sur le mur. À ma gauche, il y avait cinq objets différents empilés les uns sur les autres.

(NdT : des casse-têtes vont se succéder à partir de là, je vous conseille de les résoudre avant de regarder la solution donnée. Attention il y a des pièges !!)

Le milieu de la pièce avait un petit pilier de pierre qui montait jusqu’à ma taille. Il y avait une pierre magique de feu au sommet. Cela ressemblait à un hokora, un petit sanctuaire shintoïste pour les offrandes. Il avait été cependant fait avec les mêmes matériaux que le reste de la structure.

« Hm… C’est vraiment nouveau. De quoi s’agit-il ? »

J’avais canalisé la magie dans la pierre, mais ça n’avait pas marché. J’entendis une forte sonnerie, signifiant que j’avais fait quelque chose de mal. C’était comme le genre de son que l’on entendait dans un jeu-questionnaire si quelqu’un donnait une mauvaise réponse. Je m’étais dit que c’était la façon de me dire que je faisais mal les choses.

« Hm… Peut-être que ces symboles sont un indice. Oh… Je devrais lire les lettres…  [Lecture] : Ancien language magique. »

C’était ainsi que les lettres devinrent lisibles.

« Voyons voir… Alignez les formes à droite dans le bon ordre, de haut en bas. Vous n’avez pas besoin de les déplacer physiquement. Il suffit de l’imaginer en canalisant votre magie dans la pierre de feu. Quoi… »

Que se passe-t-il… ? Un quizz ? Ces formes de style bizarre s’empilent sur le mur à gauche ?

Il y avait un carré, un demi-cercle, une étoile, un cercle entier et un triangle. Tous avaient des points sur eux aussi. Cinq pour le carré, trois pour le demi-cercle, un pour l’étoile, quatre pour le cercle et deux pour le triangle.

« Si ces points sont la clé… Cela pourrait-il vraiment être aussi simple ? »

J’imaginais les formes dans mon esprit dans l’ordre suivant. Étoile, triangle, demi-cercle, cercle, carré. Puis j’avais versé mes pouvoirs magiques dans la pierre. Bzzt. J’avais tort. Ça aurait été trop facile.

« … Peut-être que c’est par le nombre de côtés droits ? »

Le cercle n’avait pas de bords droits, le demi-cercle en avait un, le triangle en avait trois, le carré en avait quatre… et l’étoile en avait cinq. Mais il n’y avait pas de forme à deux. C’était un peu ennuyeux. Mec, je ne comprends rien à tout ça… Quoi qu’il en soit, j’avais essayé l’ordre suivant : cercle, demi-cercle, triangle, carré, étoile.

Bzzt. Encore faux !

« Bon sang… Dans ce cas, est-ce les points ? »

« Peut-être que les formes ont des significations particulières. »

« Euh… Signification ? Le cercle… C’est peut-être le soleil… ? Alors le demi-cercle est la lune… Alors l’étoile est… une étoile… une étoile… C’est une sorte de truc astrologique ? Et le triangle et le carré ? »

Peut-être que si je les arrange de haut en bas… C’est leur distance par rapport à la planète ? Donc le plus éloigné, ce sont les étoiles, puis le soleil… Puis la lune… Si le triangle est une maison… ? Alors sa place est sur la planète elle-même ! J’avais essayé de les aligner comme ça.

Bzzt.

« Argh… Allez… Les points doivent être l’indice, mais qu’est-ce que ça veut dire !? »

Après cela, j’avais passé un peu de temps à regarder les formes. C’est devenu un processus fastidieux d’essais et d’erreurs. Mais surtout d’erreurs. Un long moment s’était écoulé, jusqu’à ce que…

Ding ding ding !!

« QUOI !? DONNEZ-MOI UNE PUTAIN DE CHANCE ! »

« Mon seigneur… Je comprends votre frustration, mais calmez-vous. »

Un fort grondement se fit entendre alors que le mur de formes se déplaçait sur le côté, s’ouvrant pour moi. Franchement, j’aurais aimé pouvoir le faire tomber. Mais l’imploration de Kohaku m’avait arrêté.

« C’était une question stupide ! Qu’est-ce que c’était censé être comme réponse !? »

« Je suis d’accord, mais quand même… »

Kohaku soupira de résignation. La réponse au puzzle m’avait mis en colère. Et c’était tellement simple…

« Il n’y a pas de formes à droite. »

C’était tout ce que j’avais à dire. Je me suis senti idiot, mais c’était vrai. Les formes étaient à ma gauche, et la question me demandait de trier les formes à ma droite… C’était juste une devinette stupide ! Je m’étais calmé et j’avais progressé vers l’intérieur jusqu’à la pièce d’à côté. Je m’étais retrouvé face à un spectacle familier. Un mur avec des lettres gravées dessus, et un pilier avec une pierre magique bleue au milieu de la pièce.

ENCORE !

***

Partie 4

« Il y a huit pièces de monnaie et une seule balance. L’une des pièces est contrefaite. La pièce contrefaite est plus légère qu’une pièce légitime, il est donc facile de la découvrir en la pesant. La question est toutefois de savoir quel est le nombre le plus faible de tentatives nécessaires pour déterminer la fausse pièce de monnaie. Une réponse incorrecte vous ramènera à l’entrée. »

Celle-ci est un peu plus délicate… Je vais devoir y réfléchir.

Mais ça ne devrait pas être difficile à résoudre ! C’est exact, la réponse est… Attendez… Attendez un peu, euh…

J’avais canalisé mes pouvoirs magiques dans la pierre bleue en imaginant la réponse dans mon esprit. 

Ding ding ding, nous avons un gagnant !

Comme je m’y attendais… Elle essayait de me piéger. J’avais légèrement rétréci les yeux quand le mur suivant se fut ouvert. 

« Monseigneur, quelle était la réponse ? »

Kohaku me regarda, curieux. Hm ? Tu ne l’as pas trouvé ?

« Eh bien, réfléchis-y. Combien d’essais faut-il faire ? »

« Eh bien, à la première tentative on devra peser quatre pièces de chaque côté. Ensuite, on utilisera une deuxième tentative en divisant les quatre pièces et en les pesant par piles de deux. Et au troisième essai on pèse à nouveau les deux dernières pièces du côté le plus léger. Il faudra trois tentatives au total. »

« Je vois… Oui, c’est effectivement le cas. Mais tu pourrais prendre six pièces de monnaie et les peser en deux piles de trois. Si la balance est à l’équilibre, cela signifie que l’une des deux restantes était fausse. Tu n’auras besoin que d’une seconde tentative pour confirmer la réponse. Si la balance n’est pas équilibrée, il suffira de placer une pièce de la pile la plus légère de chaque côté. Si la balance est à l’équilibre, la dernière est la fausse. Si la balance est déséquilibrée, la fausse sera la plus légère. Quoi qu’il en soit, il faudrait deux mesures. Je pense que c’est la réponse généralement acceptée. »

L’accent est mis sur…

« Alors veux-tu dire que ça pourrait être fait en moins de deux ? »

« La réponse est qu’il en faut une. Tu peux prendre au hasard deux pièces sur les huit, et mesurer leur poids. Si tu as de la chance, tu pourras la trouver en une fois. » (NdT : Après calcul 25 % de chance de réussir en une fois)

« Quoi ? De la chance ? »

« La question ne spécifiait rien sur la garantie du succès, elle demandait juste d’utiliser le moins de fois possible la balance. »

C’est exactement le genre de bêtises que j’attendais d’une ruine de Babylone. C’est désagréable jusqu’au bout… Ça me rappelle vraiment comment la femme elle-même agissait. Je me sens un peu sale, comme si je savais ce qu’elle pensait en ce moment… Je suis un peu mal à l’aise à ce sujet, mais… J’ai l’impression de bien la connaître.

Quelque temps plus tard…

« Veuillez suivre les règles de calcul suivantes. Dans ce système, qu’est-ce que X vaut ? »

36 = 1, 108 = 3, 2160 = 2, 10 800 = X. La question semblait assez simple, et je ne savais pas si elle y avait caché une sorte de ruse sournoise ou pas.

Mais au final, il n’y avait pas eu de piège. La réponse était 5.

(NdT : il y avait bien un piège… mais je vais vous laisser chercher. 10 800/2160 = 5)

Ce n’était pas vraiment un puzzle, juste une question standard. Ce n’était pas un problème difficile, mais je ne pouvais pas me permettre de me tromper et de me retrouver à l’entrée. Le mur s’était de nouveau ouvert, et je m’étais dirigé vers mon prochain problème. Je voulais que tout cela s’arrête.

Ding ding ding… Nous avons un gagnant !

J’avais finalement percé la dernière pièce, celle avec une pierre magique Néant, et je m’étais retrouvé face à un cercle magique familier.

« Enfin… Cela a pris beaucoup plus de temps que cela n’aurait dû… »

Même si c’était juste une farce stupide du Docteur, c’était vraiment chiant. Je grommelais légèrement tout en laissant la magie couler de mon corps dans les six piliers de pierre. Puis, en m’assurant que Kohaku était avec moi au milieu du cercle, j’avais laissé la magie Néant se répandre à mes pieds.

Un éclair de lumière nous engloutit avant de s’estomper progressivement. J’avais ouvert les yeux pour voir la vue familière de Babylone. Le ciel était calme et nuageux, et je pouvais voir les arbres se balancer dans la brise.

J’avais regardé autour de moi, curieux, et j’avais repéré un immeuble au loin. Je me demandais si j’avais trouvé l’entrepôt, la bibliothèque ou peut-être même le laboratoire de recherche.

J’avais commencé à marcher vers le bâtiment et, peu à peu, j’étais parvenu à le voir.

C’était rond, comme une grosse boîte de thon. Mais le plus frappant, c’était qu’il était entièrement en verre. Je pouvais tout voir à l’intérieur. Et je ne vis à l’intérieur que des étagères. Des douzaines, peut-être des centaines. L’intérieur était tellement bourré d’étagères remplies de livres que je pouvais à peine comprendre ce que je regardais.

Il était clair que j’avais trouvé la bibliothèque.

J’avais fait le tour de l’immeuble, à la recherche d’un moyen d’entrer. Finalement, j’avais trouvé un ensemble massif de portes doubles.

Je les avais poussés pour trouver une autre porte à l’intérieur. Après l’avoir ouverte et l’avoir traversée, je m’étais retrouvé dans la bibliothèque proprement dite.

« Whoa... »

« Bonté… »

Kohaku et moi avions été surpris. Il y avait des livres partout. Des livres à perte de vue.

Les rangées d’étagères mesuraient toutes au moins dix mètres de haut. L’endroit ressemblait presque à un labyrinthe de littérature.

De plus, je ne voyais aucun système d’échelle ou de marchepied, je n’avais aucune idée de la façon dont j’étais censé atteindre les étagères les plus hautes.

Je m’étais promené sur le beau tapis rouge, essayant de me rendre au centre de l’immeuble. Naturellement, ce n’était pas aussi facile que d’y aller en ligne droite, j’avais dû naviguer dans les étagères encombrées de la bibliothèque. Je me demandais si c’était intentionnel ou non.

Pourtant, regarder le plafond m’avait aidé à me faire une idée de la direction que j’allais prendre.

Après un certain temps d’exploration dans cette jungle de livres, nous étions arrivés dans une clairière parmi les étagères. Il n’y avait qu’un bureau et une chaise, et une énorme pile de livres sur le dessus du bureau. Une fille était enterrée parmi eux.

Elle semblait assez absorbée par l’un des tomes, refusant de lever les yeux ne serait-ce qu’un instant. Ses cheveux étaient coupés court, colorés d’un bleu glacial. Elle portait des lunettes sur le visage. Dans l’ensemble, elle ressemblait par sa tenue vestimentaire et sa stature aux autres gynoïdes que j’avais rencontrées auparavant. J’avais alors supposé que c’était le gynoïde terminal de la bibliothèque.

« Euh… »

« J’en aurai fini avec ce livre dans environ trente minutes. D’ici là, n’essayez pas de me parler. »

« Euh, d’accord… »

Elle était glaciale. Tu me traites comme une peste, hein ? Je veux dire… Dois-je attendre ?

Je m’asseyais dans la pièce tranquille, le bruit occasionnel d’une page qui tournait me hantait les oreilles. Je m’ennuyais, alors j’avais décidé de prendre un livre et de le feuilleter.

Lorsque j’avais tourné la page, la qualité du papier m’avait semblé inhabituelle. Hm… Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est un livre très ancien… Attends, c’est quoi ces lettres ?

« Il m’est impossible de lire ça… »

Hm… C’est quoi cette langue ? Cela ne ressemble pas à l’écriture de l’esprit ou à l’ancienne langue magique… Est-ce la langue utilisée à l’époque, le Parthénon ?

« [Lecture] : langue ancienne Parthénon. »

Oh, j’ai compris. Mais… oh. Je ne comprends même pas de quoi cela parle… On dirait un rapport un peu compliqué sur des bêtes magiques ou quelque chose comme ça… ?

J’avais quand même jeté le sort maintenant, pour pouvoir parcourir librement les titres des livres voisins et enfin avoir une idée de ce quoi ils parlaient. Cela signifiait que tous les livres ici étaient écrits dans l’ancienne langue de Parthénon.

« Manipulation de fluide mystique pour les nuls… »

« Herbes et épices magiques secrètes… »

« Astuces coquines nocturne, manuel pour débutants… »

Hm… Le titre avait attiré mon attention, alors je pris ce livre et je m’étais mis à le lire. Il s’agissait, comme il était indiqué par le titre, d’un simple guide pratique.

« Le principal problème est d’apaiser les tensions. Vous pouvez vous faire plaisir l’un et l’autre si vous êtes plus détendus… Si vous êtes majeur, essayez de boire un peu d’alcool pour vous détendre. Pas trop, cependant. Un excès d’alcool causera un désastre, alors pratiquez l’intoxication avec modération. Deuxième étape : Comment toucher leur… »

Hmhm… Hohohoho… Je… Je vois, oui… C’est une bonne chose… C’est… Étonnamment… Informatif, oui… Oh mon… Attends, tu peux faire ça ? Quoi... Cela rentre là ? Hm… C’est difficile, être décontracté semble exiger beaucoup de préparation…

« Vous aimez votre livre, n’est-ce pas ? »

« Gah !! »

Je sursautais vers le haut en entendant cette voix soudaine. Whoa, quoi !? Agh ! Ça fait déjà une demi-heure que je lis !? La jeune fille me regarda, clairement perplexe, en penchant la tête.

« Bienvenue à la bibliothèque de Babylone. Je suis le Gynoïde terminal de cette institution, Irisfam. Vous pouvez cependant m’appeler Fam. »

« O-Oh, d’accord… Je m’appelle Mochizuki Touya. Enchanté, Fam. »

J’avais remis le livre que j’avais emprunté sur son étagère, espérant désespérément que la fille n’avait pas vu ce que c’était.

« Eh bien, vous êtes ici… Cela signifie que vous avez résolu toutes les énigmes du Docteur. Ainsi, les droits de propriété du gynoïde 24, Irisfam, vous seront transférés. J’ai hâte de travailler avec vous, Maître. »

Comme je le pensais, le docteur Babylon était vraiment responsable de ces questions stupides. Pourquoi ferait-elle ça ? C’était juste ennuyeux… C’est quand même bien mieux que tous ces trucs érotiques débiles qu’elle m’avait fait faire jusqu’à présent… C’était vraiment le pir — hagh !! Avant que je puisse finir cette pensée, les lèvres de Fam étaient pressées contre les miennes. Notre salive s’était mêlée quand elle avait pénétré sa langue collante dans mes lèvres, la faisant tourbillonner autour de la mienne. Cependant, contrairement à Liora, elle fit en sorte que cela soit bref.

« Inscription terminée. Vos gènes sont stockés dans ma mémoire, Maître. Maintenant, la Bibliothèque est formellement votre propriété. »

J’aurais dû m’y attendre. Pourquoi ne m’y suis-je pas préparé ? Eh bien, ce n’était pas comme si j’avais le choix… Elle aurait prélevé mon échantillon génétique d’une façon ou d’une autre, donc embrasser était probablement le meilleur résultat pour tout le monde.

« Alors, j’aimerais savoir. Combien de Babylons ont été assemblés ? »

« Hm ? Oh, euh… J’ai le jardin, l’atelier, le laboratoire d’alchimie, le hangar, la tour, le rempart… Maintenant, j’ai la bibliothèque ! Ça fait sept. »

« Oh. Dans ce cas, venez avec moi. »

Fam tapa quelque chose dans le terminal au bureau central, et la bibliothèque avait soudainement pris vie. Elle avait commencé à se déplacer, probablement pour s’amarrer avec les autres au-dessus de Brunhild.

« Maître. J’ai une requête. La bibliothèque a besoin de plus de livres, voyez-vous. »

« Plus ? Il n’y en a pas déjà assez ici ? »

« La bibliothèque possède actuellement que 20 millions de livres. »

Quoi !? Même la bibliothèque nationale du Japon ne possède qu’environ dix millions… Bien que si vous incluez des choses comme les journaux, les magazines et d’autres choses du genre, cela représente probablement plus de 30 millions.

« J’ai lu tous les livres de la bibliothèque. C’est pourquoi il est urgent que j’aie du nouveau matériel. »

« Attends… Tu as lu 20 millions de livres ? »

« Il me faut en moyenne deux heures pour lire un seul livre. Je le fais depuis cinq mille ans. »

C’est absolument insensé. Tu ne dors pas ou quoi !? Cesca et Flora dormaient ou restaient immobile, et même Noël dormait régulièrement… De quoi es-tu fait !?

« Je ne bouge pas énormément, alors je dépense peu d’énergie. Cela dit, je suis autonome depuis cinq mille ans. Une fois que nous aurons le laboratoire de recherche, j’aurai besoin d’un entretien. »

Lire des livres depuis plus de cinq mille ans… Elle était plutôt hardcore. Je suppose qu’elle doit vraiment aimer la littérature… C’est exactement le genre de personne que je m’attends à rencontrer ici.

Je m’étais décidé à rentrer chez moi afin de faire mon rapport, car j’avais trouvé la bibliothèque. Après tout, Leen l’attendait depuis si longtemps…

◇ ◇ ◇

« Enfin !! C’est enfin arrivé ! C’est finalement arrivé ! »

Une jeune fille vêtue d’une tenue de lolita gothique sautait d’enthousiasme, agitant les bras en l’air. Naturellement, c’était Leen.

Près d’elle se tenait un ours en peluche, tout aussi excité et dansant comme un maniaque.

« Nous allons maintenant manger le fruit délicieux de la connaissance interdite ! Ancienne histoire autrefois inconnue ! C’est à moi maintenant, à moi, je te dis ! »

« … je sais que tu es toute excitée, mais je dois te dire que je mets temporairement une interdiction de lire les livres de la bibliothèque. »

« Qu’est-ce que tu viens de dire !? »

Leen me fixa, le feu dans les yeux.

Nous étions actuellement au château de Brunhild. Je n’avais encore emmené personne à la bibliothèque. J’avais décidé d’amener Leen (et Paula, apparemment) dans ma salle d’audience. J’avais annoncé la nouvelle de ma découverte à ce moment-là.

***

Partie 5

« J’ai besoin d’y penser de façon pragmatique. Tu es une ambassadrice de Mismede. Ce serait irresponsable de ma part de te donner un savoir ancien indescriptible. En plus, que vas-tu m’offrir exactement ? »

« Oh, donc c’est comme ça… Eh bien, je peux comprendre ce raisonnement, alors… Laisse-moi te faire une proposition. J’aimerais devenir le magicien de la Cour de Brunhild. »

« Hein ? »

Attends, quoi ? Je veux dire, je suppose que notre pays n’a pas de magicien de cour, mais… Hm. Je veux dire… c’est la matriarche des fées, donc ses capacités sont à tous les coups élevées…

Mais c’est une ambassadrice de Mismede, j’avais l’impression que ça compliquerait les choses. C’était une matriarche de clan et une personnalité influente d’une nation étrangère.

« Ce ne sera pas un problème. C’est vrai que je suis la matriarche du clan des fées, mais c’est plus un titre honorifique que n’importe quoi d’autre. Éris est celle qui s’occupe de la plupart du travail à Mismede. »

« Éris ? »

« La magicienne de la cour de Mismede. Je pensais lui donner le statut de matriarche du clan de toute façon, donc c’est très bien. J’aimerais prendre ma retraite et me consacrer entièrement à la poursuite de la connaissance. »

Hmph… Si c’est un titre honorifique, alors je suppose que ça ira… Ce n’est pas comme si je volais quelque chose comme des secrets d’État.

Je doutais que le roi Bestial s’en soucie aussi. Il voulait que les Demi-Humains soient plus respectés dans le monde entier, alors en prendre une comme magicienne de cour ferait du bien aux relations publiques. Honnêtement, il n’y aurait probablement pas de problèmes.

« Hm… Je ne serai pas impolie. Ce n’est évidemment pas suffisant pour te convaincre. Je promets d’utiliser toutes les connaissances que je trouverai dans la bibliothèque pour le bien de Brunhild. Et, pour adoucir l’histoire, je deviendrai aussi ta femme. »

« Non, non merci. En fait, maintenant que j’y pense… Tu n’es pas encore mariée, Leen ? »

« Tu es incroyablement habile pour esquiver une confession, Touya… N’y penses-tu même pas ? »

Elle se plaignait, mais je n’allais pas la distraire. Elle était en vie depuis environ 600 ans, alors j’étais sûr qu’elle aurait été mariée au moins une fois. Je n’aurais pas été surpris d’apprendre qu’elle avait des enfants.

« Je n’ai jamais été mariée et je n’ai jamais accouché. Comme je l’ai dit, la croissance d’un corps de fée s’arrête entre la fin de l’adolescence et le début de la vingtaine. J’ai été un peu précoce dans ma floraison… Par conséquent, je n’ai pas vraiment été considérée comme une personne pouvant se marier. Je reçois de temps en temps des propositions inhabituelles d’hommes douteux, mais j’ai ma fierté. Je ne m’inclinerai pas devant leurs fantasmes. »

C’était assez logique. Leen n’aurait pas changé jusqu’à sa mort. Sans parler du fait qu’elle était matriarche de clan, il fallait donc bien réfléchir au choix d’un partenaire.

Il y avait un vieux dicton qui disait de poursuivre une femme plus âgée jusqu’à ce que ses chaussures s’usent, mais… Je n’étais pas tout à fait sûr d’être aussi enthousiaste à l’idée.

« … N’aimes-tu pas les femmes plus âgées ? »

Leen me regarda avec une expression un peu mignonne.

« Ah, eh bien… Non. Je suppose, pas dans ton cas, mais, je veux dire… Ne te sens-tu pas trop vieille pour moi ? Mais en ce qui concerne le mariage, c’est une tout autre histoire. Je te fais confiance, Leen, et je t’aime beaucoup, mais… Eh bien… »

« Hm ? Je te trouve cependant tout à fait à mon goût. Je serais plus qu’heureuse de t’épouser. Ne l’as-tu pas remarqué ? Je t’aime beaucoup, Touya… »

Gah ! Ne dis pas quelque chose comme ça… !

Leen sauta et me regarda droit dans les yeux. C’était le chaos derrière son regard. Mon Dieu, je ne pouvais pas détourner le regard. Je me sentais comme une petite grenouille, hypnotisée par un serpent prédateur.

Juste au moment où j’allais lui dire qu’elle était trop proche, je sentis un petit baiser.

 

 

« Gh !? »

« Hehe... Tu as eu peur, comme un petit bébé… Tu as sept fiancés, n’est-ce pas ? Tu devrais être habitué à ce genre de petits gestes. »

Malgré son allure juvénile, elle avait définitivement un charme qui ne pouvait venir qu’après des années d’expérience…

C’est dangereux. Mon visage est rouge, c'est vraiment mauvais… Si c’était une étrangère, je ne me sentirais pas si en conflit, mais… C’est Leen ! Je la connais, c’est vraiment bizarre et gênant !

Alors que je me tenais là, figée, incapable de penser à quoi que ce soit pour répliquer, Leen sourit.

« Tu n’as pas besoin de me donner une réponse tout de suite. Si ça te convient, je serai ta maîtresse ou ton amante… Mais j’aimerais me marier au moins une fois dans ma vie. Tu verras que je suis du genre dévoué, tu sais… »

Elle s’était retirée complètement, mais pas avant de m’avoir donné un coup de poing sur la joue. Gh… C’était dangereusement mignon. J’ai failli oublier qu’elle a plus de 600 ans…

« Alors, mon chéri… Je peux utiliser la bibliothèque sans contrainte si je suis ta femme, pas vraie ? »

« C’était ton but depuis le début, hein !? »

« Eh bien, pas entièrement… Je te promets que je ne mentais pas quand je te disais que je t’aime bien. Tu pensais que je ne disais pas la vérité ? »

« H, hey maintenant, ça suffit… Tu peux jeter un coup d’œil à la bibliothèque. Mais ne partage rien de ce que tu apprendras là-bas. »

« Merci, mon chéri… Je t’aime. »

C’est suspicieux… Attends. Merde. Vient-elle de me piéger ? Je m’étais fait séduire !? … Non, disons que j’ai réussi à recruter une alliée puissante. Même si je viens d’être piégé, c’est mieux si je le justifie comme ça.

Tandis que je soupirais doucement, réfléchissant à des choses compliquées dans ma tête, Paula secoua lentement la tête comme pour dire « Bonté divine ». Hmph…

« Ooh... »

« Wôw… »

Leen et Hilde avaient laissé échapper leur surprise en entrant dans la bibliothèque. Les autres aussi avaient été stupéfaites, mais pas tout à fait autant.

Leen était stupéfaite par la bibliothèque et ses étagères, mais Hilde était plus surprise par Babylone elle-même. C’était après tout son premier voyage là-bas.

« Comment est-ce possible !? Il vole dans le ciel… !? Incroyable ! Incroyable ! Y a-t-il aussi des Frame Gears !? »

« Taisez-vous. C’est une bibliothèque. S’il vous plaît, on doit faire silence dans la bibliothèque. »

« Oh… Désolé. »

Hilde avait parlé fortement, mais Fam l’avait immédiatement fait taire. Elle se détendait sur un canapé tout près, le nez fortement enfoncé dans un livre. Elle était en train de lire des livres que j’avais récupérés du Lecteur Lunatique. Bien que j’aie fait en sorte qu’aucun des titres les plus… peu recommandables n’arrive dans cet endroit.

« Oh, comment suis-je censée prendre un livre de l’étagère du haut ? Y a-t-il un escabeau ? »

« Oh, touchez l’étagère et imaginez l’étagère dont vous avez besoin. »

Leen toucha l’étagère selon les instructions, et l’une des rangées de livres s’enfonça lentement à portée de main.

« Incroyable… Pour que cela puisse réagir comme ça, hein ? Attendez, ce livre… ! »

Les yeux de Leen s’ouvrirent alors qu’elle arrachait l’un des livres. Je ne pouvais pas lire le titre, et j’avais supposé que Leen non plus. Quoi qu’il en soit, elle avait commencé à feuilleter furieusement les pages.

« Quel genre de livre est-ce ? »

« C’est une encyclopédie sur la magie ancienne ! C’est écrit dans une ancienne langue magique, mais je peux lire ça… En quelque sorte ! Tu ne vois pas à quel point c’est incroyable !? Il y a des références non seulement sur la magie moderne, mais aussi sur la magie perdue dans le temps ! »

« C’est une bibliothèque. Silence. »

« Ah, désolée… »

Fam nous donna un autre avertissement. Elle n’avait même pas regardé son livre. C’était un peu grossier de sa part, mais au moins elle aimait la littérature.

« Le nombre de livres ici est incroyable, c’est… Ne serait-il pas difficile de trouver un livre ici ? »

« Non, c’est bon, regarde. Bibliothèque… recherche de livres sur les épées. »

En réponse à mes paroles, une flèche s’éleva jusqu’à la surface du tapis rouge. Il ne nous restait plus qu’à la suivre afin d’atteindre le livre que nous voulions.

De plus, remettre un livre sur n’importe quelle étagère le remettait à sa place. En gros, il y avait un service de tri automatisé. C’était très pratique.

Yumina sortit plusieurs livres et commença à les feuilleter avant de les jeter rapidement. Je me demandais si elle essayait de mettre Fam en colère.

« Ces livres sont écrits dans une langue que la plupart d’entre nous ne savent pas lire… On va devoir demander à Touya de nous créer des lunettes de lecture. »

« Les faire n’est pas un problème. J’ai juste besoin de savoir sur quelles langues les accorder. Peux-tu m’aider, Fam ? »

J’avais appelé Fam, celle-ci leva la tête. La fille s’approcha de moi. J’étais son maître, après tout, elle ne pouvait pas refuser mes ordres.

D’ailleurs, je lui avais donné une sélection de vêtements de Zanac, comme je l’avais fait avec Cesca et les autres filles. Je ne savais pas pourquoi elle avait choisi un uniforme de marin, mais c’était simplement une question de goût. Elle avait l’air d’une fille très studieuse.

« Dans quelles langues sont écrits les livres ici ? »

« Nous avons des livres disponibles en langue magique ancienne, écriture de l’esprit ancien, parthénois, langage caché de Remilia, langage divin de Lastia, langage divin, dialecte de Deigarese, pictogramme de Lorad, l’évangile, hiéroglyphes d’Esteba, langue abanese, karnar, Markur, Salieri Tradespeak, Urdenian, Gazur, la langue du continent des démons, et… Je ne me souviens d’aucun autre livre écrit dans une autre langue. Après tout, j’ai tout lu ici. »

C’est de la folie ! Mais je suppose que par rapport aux langues de la Terre, nous en avons plus. Ce monde est un peu plus uni que le mien.

Si je me souvenais bien, le Docteur venait de Parthénon, un ancien royaume magique qui régnait sur la moitié du continent. En gardant cela à l’esprit, il était facile de comprendre pourquoi la plupart des livres étaient écrits en parthénois.

C’était un royaume qui avait prospéré il y a environ cinq mille ans. Mais il avait été ravagé par la Phase. Oh, j’ai une idée.

« Montre-moi des livres en rapport avec la phase. »

J’avais essayé d’effectuer cette recherche comme test, et une flèche était apparue sur le tapis. C’était facile.

Le pays avait été dévasté, mais les survivants avaient dû écrire quelque chose.

J’avais suivi la flèche et m’étais dirigé vers l’étagère désignée. J’avais sorti un livre, qui était légèrement mis en avant dans la rangée. Puis j’avais invoqué [Lecture] pour comprendre l’ancienne langue du peuple parthénois. Ainsi, le titre du livre m’était visible.

« Les Cristaux magiques. »

J’avais parcouru le contenu du livre. Il mentionnait comment ils chassaient les humains, discutaient de leurs points faibles, parlaient de leur capacité à se régénérer et à absorber la magie, mais en fin de compte il n’y avait rien de plus qu’Ende ne m’avait pas déjà dit. Il n’y avait cependant aucune mention de la phase souveraine ou du fait qu’ils venaient d’un autre monde.

On y parlait de villes et même de villes ravagées par la Phase, mais l’information m’était largement inutile. Il semblerait que la phase avait tout simplement disparu du monde avant qu’une véritable solution puisse être trouvée. Tout ce qu’ils avaient laissé derrière eux, c’était du carnage et de la destruction. C’était tout ce qu’on avait pu enregistrer.

La Phase avait anéanti l’humanité. Humains, Demi-Humains, et Races démoniaques… De nombreuses nations avaient perdu leurs capitales, et les grands dirigeants du monde avaient pour la plupart tous été tués.

Il y avait beaucoup de récits enregistrés sur les derniers agissements des grands héros, mais aucun d’entre eux ne contenait de nouvelles informations que je pouvais utiliser à mon avantage. Les auteurs avaient simplement considéré la Phase comme de mystérieux êtres magiques. C’était vraiment logique.

« Oh mon… »

J’étais arrivé à la fin du livre, et j’avais trouvé plusieurs illustrations. Chaque type connu de Phase avait été dessiné, avec une petite étoile noire à côté indiquant sa force, sa taille et sa vitesse.

Comme je m’y attendais, ils n’étaient pas restés assis à ne rien faire. Ils cherchaient vraiment des moyens de prévenir la catastrophe.

Les types qu’Ende avait appelés Petites Constructions étaient ici. Je pouvais voir un grillon, un serpent, un coléoptère, une mante, une autruche, et divers autres constructions. Il y avait beaucoup de variété dans leurs formes, mais elles étaient certainement les plus faciles à abattre.

J’avais regardé un peu plus loin et je vis des croquis des Constructions intermédiaires. Les images étaient aussi nombreuses… il y avait une raie manta, une araignée, un requin, un chien, une libellule, une coccinelle, etc. J’avais remarqué quelques croquis de types que je n’avais jamais vus. Je me demandais si la civilisation antique avait réussi à les contrer efficacement.

De puissants sorts indirects les tuaient assez facilement. Mais ils étaient quand même massifs. Il fallait un Frame Gear pour les tuer sans dommages collatéraux.

Viennent ensuite les Constructions supérieures. Je vis un croquis du crocodile que j’avais combattu, mais qui ressemblait aussi à un ptérodactyle, un hérisson, un sanglier et quelques autres. S’ils étaient tous aussi puissants que le crocodile, ce n’était pas une mince affaire. S’opposer à ces choses avec une puissance de feu moins que monstrueuse serait tout simplement suicidaire.

J’avais encore une fois tourné la page. Le croquis que j’avais vu m’avait mis en état de choc. J’avais suffoqué d’horreur tout en murmurant lentement.

« Quoi... Est-ce que c’est… ? »

À côté de l’esquisse, il y avait une seule annotation.

« Construction humanoïde. »

Les individus esquissés ressemblaient à des gens normaux, à l’exception de minuscules protubérances de cristal sur diverses parties de leur corps. Quand j’avais vérifié leurs statistiques, elles étaient beaucoup plus fortes que les Constructions supérieures.

« … je n’avais aucune idée… »

J’avais pensé qu’ils devraient s’appeler Phase Humaine ou quelque chose comme ça. Selon le livre, ils apparaissaient rarement et étaient reconnus comme les êtres les plus puissants jamais vus dans le monde.

Je ne savais pas combien il y en avait. Mais je pouvais ressentir le danger. J’avais besoin d’améliorer nos défenses, et vite.

Inquiet, mais déterminé, j’avais fermé le livre.

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