Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 7 – Chapitre 4

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Interlude : Une multitude d’amour

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Interlude : Une multitude d’amour

Partie 1

« ... ilde ? »

« Hilde ? Hilde ! »

« Quoi !? »

Hildegarde, Première Princesse du royaume des Chevaliers de Lestia, hurla en réponse à la voix de son frère qui pénétra soudain dans sa conscience.

« F, F, Frère, pourquoi te mets-tu à crier comme ça, subitement ? »

« Ce n’était pas sorti de nulle part ! »

« Sais-tu combien de fois je t’ai appelé ? C’est comme si ton esprit était ailleurs et que tu n’arrivais pas à te concentrer, hein ? »

« Es-tu insatisfaite que j’aie pris le trône ? »

« C’est absurde ! Je pensais justement à quelque chose. »

Tandis qu’Hilde s’énervait devant les remarques de son frère Reinhard, la salle du conseil était enveloppée de ricanements.

Ils étaient dans la salle du conseil de l’ordre des chevaliers, le symbole de Lestia.

Actuellement, l’ordre des chevaliers était divisé en douze escadrons, Hilde servant de chef d’escadron pour le troisième. Soit dit en passant, le frère d’Hilde servait de chef d’escadron pour le premier.

Dans le pays de Lestia, le roi était le chef de l’ordre des chevaliers. Cette tradition était venue du premier roi qui avait proclamé :

« Ceux qui sont dignes d’être connus comme rois doivent se tenir à l’avant-garde afin de protéger leurs sujets et de les conduire à la gloire. »

L’homme qui était à la tête de l’ordre des chevaliers était le père d’Hilde et de son frère, le roi Reid Yunas Lestia.

Bien que le roi allait bientôt démissionner.

Le prince actuel héritera bientôt de son trône.

En d’autres termes, le nouveau chef de l’ordre des chevaliers sera Reinhard.

Le but du conseil d’aujourd’hui était de déterminer qui allait combler le vide laissé par lui en tant que nouveau commandant du premier escadron.

« Te retrouver captivée de manière à perdre de vue ton environnement est à la fois l’un de tes points forts et tes défauts. Cependant, il était inapproprié d’aborder un tel sujet dans ce contexte. S’il te plaît, change de sujet. »

« Eh bien… Inutile de me le demander. »

« Eh bien, je n’irai pas jusqu’à enquêter sur ce que tu pensais. »

Reinhard, nonchalamment, comme si de rien n’était, se tourna vers la liste des nouveaux candidats à la tête de l’ordre des chevaliers.

Hilde avait senti que Reinhard savait ce qu’elle ressentait vraiment et était devenue un peu gênée.

Elle s’éclaircit la gorge et, tout en retrouvant son sang froid, suivit l’exemple de son frère et tourna son regard vers la liste des candidats.

Pendant un court moment, elle avait écouté attentivement les recommandations des chefs d’escadron, mais ses yeux se posèrent sur l’épée à sa hanche.

Il n’y avait que trois épées de cristal dans ce pays. Son père en avait une autre et son grand-père avait la dernière. Sa capacité destructrice terrorisait le cœur des gens. Elle était vue comme une lame divine ou comme une lame démoniaque. Même la Sainte Épée Lestia, l’épée qui avait été transmise de génération en génération par la famille royale, faisait pâle figure en comparaison.

L’événement de cette époque lui était revenu à l’esprit. Le souvenir de ce garçon qui était vaillamment apparu lorsqu’elle avait été attaquée par les monstres immunisés à la fois contre l’épée et la magie. Le garçon qui l’avait sauvée du désespoir.

Lorsqu’elle se souvenait de l’événement, sa poitrine avait commencé à se réchauffer.

Il y a d’abord eu le sentiment de soulagement d’être sauvé. Mais après qu’il ait joyeusement repris sa route, elle avait développé le désir de devenir plus forte afin d’éliminer le sentiment d’incompétence qui s’était développé en elle en raison de sa faiblesse. En même temps, elle avait développé un intérêt pour ce garçon.

Elle avait eu la chance d’avoir pu écouter l’histoire du grand-duc de Brunhild d’un marchand qu’elle avait rencontré sur le chemin du retour au château.

Hilde n’avait pas seulement entendu parler que de sa force, mais aussi de ses dispositions. C’était ainsi que son intérêt s’était accru.

Tuer des Dragons, exterminer des Golems et mettre fin à un coup d’État, c’était une force avec laquelle il fallait compter, mais il y avait plus. Son activité philanthropique était très variée : il offrait des matériaux rares pour aider à la reconstruction de la ville de Mismede, ravagée par un dragon, et il avait créé des institutions pour que l’homme du peuple puisse apprendre à lire.

Hilde avait commencé à ressentir ce sentiment qui s’épanouissait en elle. Elle souhaitait ressembler à ce garçon.

« ... ilde. Hilde ? Hilde ! »

« Quoi !? » Une fois de plus, la voix de son frère l’arracha de sa rêverie. L’expression de Reinhard s’était transformée en une expression de frustration, ce qui était prévisible puisque cette même séquence s’était déjà produite deux fois.

« Je m’excuse. »

Hilde se recroquevilla et passa le reste de la réunion du conseil dans un état d’inconfort.

« Ah… J’ai vraiment merdé. »

Hilde soupira. Cela se passait sans arrêt récemment. Elle ne pouvait pas du tout se réjouir.

Hilde savait pourquoi, mais elle n’avait aucune idée de ce qu’il fallait faire.

« Ah !? »

Hilde avait entendu un cri tout près.

« Ohohohohohohoho... »

Un rire chaleureux résonna dans la même direction que le cri.

« Oh, grand-père. »

Si vous entendiez crier une femme dans ce château, il y avait 80 % de chances que ce soit l’œuvre de l’ancien roi. Hilde pensa que le cri venait probablement d’une nouvelle femme de ménage qui avait commencé l’autre jour.

Et comme elle s’y attendait, le roi précédent, son grand-père, s’approcha de Hilde de l’autre côté du couloir, la canne à la main. Il était en si bonne condition qu’il n’avait même pas besoin d’une canne, mais il insistait pour maintenir son image.

« Bonjour, Hilde. Tu as l’air un peu déprimée. »

« S’il te plaît, laisse-moi seule… »

La fille voulait crier après son grand-père, et exprimer sa souffrance. Exprimer que, contrairement à lui, elle avait de vraies peurs à affronter, mais qu’elle ne voulait pas non plus s’énerver.

N’ayant pas l’énergie de traîner autour de son grand-père déraisonnablement joyeux, Hilde l’avait dépassé en marchant.

« Hé, maintenant, ne fais pas de bêtises. Une lettre vient d’arriver de la guilde. »

« De la guilde… ? »

Son grand-père était l’un des deux seuls aventuriers de plus haut rang, il était de rang Or. Il avait des liens profonds avec la guilde et pouvait ainsi obtenir des informations ici et là.

« Ne sois pas effrayé. Yulong est tombé. »

« Quoi !? Yulong est tombé !? »

Hilde avait élevé la voix. Il lui avait dit de ne pas être effrayée, mais comment ne pourrait-elle pas l’être ?

L’empire céleste d’Yulong. La seule nation de tout l’Est qui pourrait rivaliser avec Lestia.

Hilde n’aimait pas trop l’empire d’Yulong.

Se basant sur le fait que les marchands d’Yulong avaient essayé de tromper les gens. Beaucoup d’entre eux semblaient croire que les autres étaient fautifs et idiots.

Et ils n’avaient aucun souci à laisser sortir de tels mensonges inconsidérés. Lorsqu’un habitant d’Yulong était pris en flagrant délit, il avouait rarement sa faute.

Disons, par exemple, que vous deviez attraper un voleur. Ils vous diraient que le magasin qu’ils ont volé le demandait. Ils s’étaient comportés comme si ceux qu’ils avaient blessés étaient les assaillants et qu’ils étaient eux-mêmes les victimes. Même à ce moment-là, ils montaient encore sur leurs grands chevaux, chicanaient de la manière la plus odieuse et avaient toujours l’audace de dire que les autres étaient en faute. Hilde était bouleversée par leur égoïsme en tant que peuple.

Et leur patrie était au courant de ces actes, mais elle n’avait rien fait pour les dénoncer. Ils avaient simplement fait semblant de ne pas voir. Il y avait tellement de fonctionnaires du gouvernement qui recevaient des pots-de-vin de la part des marchands. Ils ne pensaient donc pas que c’était immoral.

Leur logique était la suivante : puisque tout le monde le faisait, alors qu’y avait-il de mal à le faire ? Puisque d’autres s’en sortaient, ils pouvaient aussi bien le faire eux-mêmes. Ils pensaient qu’ils valaient mieux exploité plutôt que d’être exploité.

Ainsi, Lestia avait refusé de s’engager dans des relations commerciales avec leurs commerçants ou leur gouvernement. Même si l’offre leur paraissait généreuse, ils avaient juré de toujours décliner leur offre.

Le pays des ombres. C’était l’essence même d’Yulong.

Ainsi, Yulong était tombé. Cet état militariste était tombé. Elle qui s’appuyait sur son nombre écrasant de soldats pour écraser les petits pays voisins.

Ils feraient n’importe quoi pour obtenir la victoire. Assassiner, trahir et tendre une embuscade, tout était juste pour eux dans leur amour de la guerre. La population de Lestia tenait en haute estime le concept de « juste et équitable », ce qui lui donnait une autre raison de ne pas pouvoir accepter les habitants d’Yulong.

« Qui les a attaqués ? C’est impossible, es-tu en train de me dire que c’était Xenoahs ? »

« Non, c’est incorrect. Ils ont été abattus par des ennemis d’un autre monde. Tu devrais les connaître également. Le responsable de la chute d’Yulong est la Phase. »

« La Phase ! » Hilde n’oublierait jamais ces créatures de cristal. Les monstres qui l’avaient déshonorée pour son manque de puissance.

« La nouvelle rapporte qu’un essaim de milliers d’individus ont attaqué Yulong. Parmi leurs rangs, il y en avait un qui était à peu près aussi grand qu’un château et la lumière mystérieuse qu’il expulsait de sa bouche a totalement détruit la capitale, Shenghai. »

« Incroyable ! »

« En effet. J’en viens maintenant à l’essentiel. Quelqu’un a exterminé tout l’essaim qui a éliminé la ville. Le grand-duc de Brunhild. Il semble qu’il ait trouvé une relique d’une ancienne civilisation. C’est une sorte d’armée de géants qu’il a activée et utilisée pour exterminer l’essaim. »

« Es-tu sérieux !? »

Hilde avait haussé la voix plus fortement que tout à l’heure. Et c’était parce qu’il avait mentionné l’homme qui la préoccupait depuis longtemps. C’était un résultat inévitable.

Hilde avait tout entendu de son grand-père, du début à la fin. Le grand-duc de Brunhild avait coopéré avec d’autres nations avec lesquelles il avait des relations amicales et avait formé une alliance qui avait conduit à la défaite des Phases envahisseuses.

De plus, il ne s’attendait à aucune garantie de la part de Yulong et n’avait volé aucune terre.

Comme prévu de la part de Son Altesse le duc. Hilde avait été vraiment impressionnée par son incroyable capacité de mettre à genou un pays à un si jeune âge, mais les adultes semblaient avoir des opinions dissidentes.

« Personnellement, je pense que c’est effrayant pour un homme seul d’avoir un tel pouvoir. Si le duc en a envie, il pourrait effacer un pays ou deux de la surface de la planète. Même notre propre terre de Lestia. Hilde… qu’as-tu pensé de l’homme en question quand tu l’as rencontré ? »

L’ancien roi tourna son regard vers Hilde. Avec un soupçon d’hésitation dans sa voix, Hilde lui avait dit ce qu’elle ressentait vraiment dans son cœur.

« J’ai senti que c’était un homme poli avec une personnalité intègre. Il n’hésite pas à donner un coup de main à ceux qui en ont besoin… Au contraire, il le fait comme si c’était la chose la plus évidente à faire. C’est mon opinion sur lui. »

« Je vois… »

Elle ne l’avait rencontré qu’une seule fois. La conversation n’avait duré que quelques minutes. Comment avait-elle pu dire qu’elle savait quelque chose sur lui juste à cause de ça ? Elle réalisa que son discours était juste le reflet de ce qu’elle voulait réellement qu’il soit.

« Je n’ai pas la moindre idée du genre de relation que nous devrions nouer avec le duc. Certains disent que l’invasion de la Phase avait été entièrement orchestrée par lui pour qu’il puisse les chasser lui-même. Un one-man show. D’autres disent qu’il l’avait vu les convoquer. »

« C’est ridicule ! C’est évidemment un mensonge ! Tu sais que c’est le genre de tactique que Yulong utilise toujours ! »

« En effet. J’avais aussi soupçonné la même chose. Ils profiteraient de l’occasion pour faire appel à toutes les victimes du Duché afin d’exiger des réparations et les guerriers géants. Ce pays agit toujours de la même façon, par le chantage et l’extorsion », chuchota l’ancien roi tout en caressant sa barbe blanche.

Lestia avait connu le même sort dans le passé. Les habitants d’Yulong avaient prétendu qu’il y a cinq cents ans, la Sainte Épée Lestia leur avait été volée. Bien qu’il ne faisait aucun doute que Lestia n’y prêterait aucune attention, de telles rumeurs étaient frustrantes pour diverses raisons.

« Quoi qu’il en soit, nous devons décider d’une ligne de conduite. Et donc… Je vais me rendre à Brunhild afin de rencontrer le duc en personne pour déterminer ses véritables intentions. »

« Quuuuuuoi !? »

Hilde sursauta tandis que ses yeux s’ouvrirent. La raison de sa surprise n’était bien sûr pas le fait que l’ancien roi de Lestia, son grand-père, allait se diriger vers Brunhild, mais la pensée enfantine et égoïste qu’il n’était pas juste qu’elle soit exclue.

« J’y vais aussi. »

« Hein ? Eh bien, c’est… »

« Je vais y aller aussi ! Je vais en parler à mon père ! »

Hilde courut vers son père, le roi, sans écouter la réponse de son grand-père.

***

Partie 2

« … Donc, tu dis que tu as accompagné le roi précédent contre sa volonté, n’est-ce pas ? Ce résumé est-il approprié ? »

« Eh bien, euh… Oui… Je suppose que c’est quelque chose comme ça. »

Hilde fit un sourire forcé en réponse à Yae alors qu’elle buvait son thé.

Un goûter avait été organisé sur la terrasse du château afin d’approfondir leur relation avec Hilde, qui était la dernière fiancée.

Bien sûr, les participantes autres que Hilde étaient Yumina, Elze, Linze, Yae, Sue, et Lu. Leur fiancé Touya était absent.

Les rencontres entre ces dames étaient assez fréquentes. Tout en servant à resserrer les liens, elles discutèrent également de la situation des autres fiancées et échangèrent leurs points de vue sur Touya.

« Touya devient étrangement agressif quand je le laisse seul. »

Telle était la position de Yumina.

« En parlant de ça, est-ce bon pour toi d’être ici ? N’as-tu pas dit que tu avais une position officielle dans l’ordre des chevaliers ? »

« Oui, tu n’as plus besoin de t’en inquiéter. J’ai décidé de faire du remplaçant qui avait été rejeté par mon frère mon propre remplaçant. »

Hilde répondit à la question d’Elze avec un sourire. Elle n’était plus chevalière de Lestia, puisqu’elle avait décidé de servir Brunhild… Ou plutôt, elle avait choisi d’être la chevalière personnelle de Touya.

« D’accord. Hilde peut résider ici bien que j’aimerais aussi vraiment résider ici… »

Sue parla tout en faisant la moue et en caressant Kohaku, qui était assis sur ses genoux. Yumina s’était ensuite adressée à sa cousine.

« Sue, mon oncle serait très contrarié si tu quittais la maison. Reste encore un peu là-bas, d’accord ? Tu peux venir ici quand tu veux, OK ? »

« C’est vrai… mais je finis toujours par penser à Touya quand je suis là-bas. Je suis un peu inquiète, mais je pense que tout se passera bien puisque tu es là, Yumina. Touya est une sorte d’idiot. »

Bien qu’elles pensèrent que ce sentiment était assez dur, tout le monde, sauf Hilde, acquiesça de la tête.

Personne n’avait la moindre idée de ce qu’il ferait si elles le quittaient des yeux une seconde. Il faisait la connaissance de personnes étranges, s’impliquait dans des histoires totalement absurdes, ou construisait quelque chose d’incompréhensible.

Même si ses bouffonneries n’avaient pas fait beaucoup de victimes, Hilde sentait son cœur s’affaiblir de plus en plus chaque fois qu’il la surprenait.

« C’était quand déjà ? Quand a-t-il fait cette boîte bizarre qui lave les vêtements ? »

« Oh… la machine à laver ? Cela a juste froissé tous les vêtements. »

Elze et Linze parlaient d’une étrange machine que Touya avait construite. Selon lui, il avait mal calculé la quantité de magie du vent qui devait produire la meilleure force de rotation. Utiliser trop de magie du vent pour générer la lame magique avait été sa plus grande erreur.

« Récemment, il a fabriqué ce truc bizarre qu’il appelle sèche-cheveux. C’était cependant vraiment une gaffe… »

« Cela crachait le feu à la manière d’un dragon enragé. »

Yae avait poussé un soupir à la suite du souvenir de Lu. Si Touya était là, il invoquerait probablement l’excuse suivante : il était difficile d’équilibrer la magie du vent et du feu.

« Comment quelqu’un peut-il avoir ce genre d’idée ? »

« Eh bien, nous sommes en train de parler de Touya là. »

Elze n’était pas très heureuse de la réaction de Yumina, mais elle était plus ou moins d’accords avec son sentiment.

Toutes les autres personnes autres que Hilde partageaient probablement la même opinion.

« Désolée de vous interrompre, mais en tant que nouveau membre, je vous serais reconnaissante d’écouter ma question. »

« C’est très bien. Qu’est-ce que c’est ? »

Elze avait attrapé une chips de pommes de terre en répondant à Hilde, dont le comportement pouvait être décrit comme rigide. Cette réunion servait également de fête de bienvenue à Hilde. Chacune avait l’intention de répondre à toutes les questions qu’elle pouvait.

« Comment décririez-vous les parents de Touya ? Depuis que je suis devenue sa fiancée, je pense qu’il serait bon de me les présenter… »

« Ah, à propos de ça. »

« La vérité, c’est que nous ne les avons jamais nous-mêmes rencontrés. »

« Vraiment ? Est-ce que ses parents sont décédés… ? »

« Je ne crois pas que ce soit le cas… mais je n’en suis pas si sûre, car Touya ne semble pas vouloir parler de ses problèmes familiaux. »

Il était évident d’après l’expression faciale de Linze qu’elle était troublée. Elle se sentait un peu exclue du fait qu’elle ne connaissait même pas les membres de sa famille malgré ses fiançailles avec lui.

Même si elle avait essayé d’obtenir des informations de lui, elle l’avait seulement vu faire un visage troublé, et il avait éludé le sujet. Linze et les autres avaient compris qu’au lieu de ne pas vouloir en parler, il y avait des hésitations qui l’empêchaient d’en parler.

En entendant cela, Hilde s’était soudainement rendu compte de quelque chose. Puisqu’il avait un pouvoir aussi écrasant, il ne serait pas étrange pour lui d’être éloigné de sa famille. Une grande puissance pourrait causer de grands malheurs.

« Il n’a pas la meilleure relation avec… »

« Mauvaise réponse ! Ce n’est pas que sa famille le déteste. La situation est juste un peu compliquée. Expliquer ce qui se passe à vous toutes serait un peu difficile, c’est tout. Attendez qu’il soit prêt à en parler. »

Toutes les personnes présentes, y compris le tigre, avaient été surprises au point de sauter hors de leur siège suite à la voix soudaine.

« C,C,C,Chère sœur Karen !? »

La sœur de Touya, Mochizuki Karen avait pris place à côté de Lu, elle avait pris les chips et avait commencé à s’en bourrer le visage.

« Quand es-tu arrivée ici… ? »

Hilde n’avait pas pu cacher sa surprise devant le fait que Karen était passée complètement inaperçue. Elle était assise à l’arrière et se détendait comme si elle avait été assise là tout le temps, mais rassurez-vous, ce siège était encore vide il y a une seconde à peine.

Hilde pensait qu’elle avait peut-être utilisé la magie de transport. Ça n’aurait pas été bizarre pour elle d’avoir des pouvoirs similaires à ceux de son frère.

Tandis qu’Hilde avait de telles idées en tête, Karen lui envoya un sourire.

« Il n’y a pas de raison de se précipiter, vous savez. Il devrait vous en parler dans peu de temps si vous prenez le temps de le connaître lentement. »

« Je vois… »

« Eh bien, tu veux tout savoir sur la personne que tu aimes ! Je suis au courant de l’histoire d’une demoiselle qui a été frappée par l’A-M -O-U-R. Et c’est là que j’interviens ! Je vais donner un scoop à mes jolies belles-sœurs, voyez-vous ? »

Toutes les oreilles des personnes dans la pièce s’étaient mises à trembler violemment en réponse aux paroles de Karen, à part celles de Kohaku.

Linze déglutit alors qu’elle s’asseyait en face de Karen. Linze ouvrit la bouche.

« Quel genre d’informations ? »

« Hehehehe. Je suis un livre ouvert sur le premier amour de ce garçon qui a eu lieu durant sa petite enfance ! Qu’est-ce que vous en dites ? »

« P,Premier amour !? Touya !? »

Yumina s’était approchée de Karen, elle était clairement entrée dans un état frénétique. On pouvait dire sans risque de se tromper qu’il n’avait jamais dit un seul mot à ce sujet. Eh bien, ça aurait été vraiment déconcertant de l’entendre se vanter de son premier amour à ses fiancées.

Il n’y avait aucun lien de sang entre Touya et Karen. Évidemment, elle n’avait pas vécu avec lui pendant leur petite enfance, et elle ne devrait pas non plus avoir la moindre connaissance de ses souvenirs à ce sujet. Mais à la fin, Karen était la déesse de l’amour.

Il n’y avait rien en matière amoureuse qui n’était pas à la portée de Karen. Elle savait tout de la vie de Touya, du moins sur les aspects romantiques. Elle connaissait les différents types de filles avec lesquelles il avait été jusqu’au premier magazine porno qu’il avait acheté.

Karen regarda autour d’elle chaque personne avec un sourire malicieux sur le visage.

« Voulez-vous en entendre parler ? »

« Absolument ! »

Elles hochèrent toutes la tête avec enthousiasme. C’était ce qui fit paniquer la bête céleste sur les genoux de Sue, qui était infiniment fidèle à son maître. Après tout, la vie privée de Touya était en grand danger.

Kohaku était conscient de son ignorance des sensibilités humaines, mais le tigre savait très bien qu’il devait l’en informer.

Il avait essayé de le contacter par télépathie, mais hélas, ça n’avait pas marché. Déconcerté, Kohaku leva les yeux et vit Karen lui faire un clin d’œil.

Bien qu’il ne sache pas comment elle le faisait, le tigre blanc devint absolument certain que c’était Karen qui l’empêchait de contacter son maître.

« Maître, pardonnez mon impuissance. »

Kohaku ferma les yeux, complètement déprimé.

***

Partie 3

« Ah… choo ! »

« Êtes-vous malade, Votre Majesté ? »

En me frottant le nez, je lui avais dit que j’allais bien. Ce n’était probablement pas un rhume ou quelque chose comme ça, mais j’avais ressenti un refroidissement étrange le long de ma colonne vertébrale.

C’est déjà arrivé, n’est-ce pas ? Eh bien, peu importe.

Nous avions ouvert une partie de la forêt pour construire un grand parcours d’obstacles.

C’était à la fois un lieu de jeu pour les enfants et un terrain d’entraînement pour les chevaliers.

Il était divisé en trois secteurs : pour débutant, intermédiaire et avancé. En d’autres termes, « pour les enfants, pour les adultes et pour les chevaliers. »

Il fallait traverser le parcours en entrant par ma droite et en sortant par la gauche. Les trois parcours étaient tous des demi-cercles construits autour d’un seul point. Celui à l’intérieur était celui pour les enfants, celui du milieu était pour les adultes, et celui de l’extérieur pour les chevaliers.

Pour les enfants, il s’agissait d’un simple parcours d’obstacles avec sauts de pierres, de l’escalade à la corde, et le franchissement de billes de bois, etc. En gros, c’était un endroit où ils pouvaient s’entraîner tout en s’amusant.

Le parcours d’obstacles pour adultes était plus difficile, il y avait de l’escalade, des ponts en rondins, un passage de cordes qu’il fallait passer comme Tarzan, etc.

Quant à celui des chevaliers…

« Uahhhhhhhhhh ! »

« Et c’est la deuxième fois que Logan échoue. »

En entendant l’énorme éclaboussure, je compris que quelqu’un était tombé dans l’étang, Lain mit une croix sur le papier qu’elle tenait dans ses mains.

Nous étions en train de tester l’intégralité du parcours. Eh bien, il avait été principalement fait par les chevaliers, qui avaient confiance en leurs capacités physiques.

« Dommage. Il était allé assez loin. »

« Honnêtement, cela arriverait à toutes personnes qui auraient de l’eau versée sur eux alors qu’ils sont suspendus à un mur. »

« J’avais d’abord pensé à utiliser de l’huile. »

« C’est encore pire », marmonna-t-elle.

Est-ce vraiment le cas ? Je pensais qu’il était assez normal d’utiliser de l’huile, surtout sur les dernières pierres du saut de pierre ou sur les murs raides de l’escalade.

J’avais créé beaucoup d’obstacles variés. Il y avait même des zones à graviter, où la gravité était plusieurs fois supérieure à la normale.

En effet, j’avais demandé aux chevaliers d’essayer de passer à travers des barres de singes dans des zones imprégnées de [Gravité]. Cependant, le sort était si fort que peu d’entre eux avaient survécu. Hmm… c’est de l’entraînement, donc je ne sais pas si je devrais l’affaiblir. Ouais, je vais juste le garder comme ça.

« Gwaaah ! »

Et voilà un autre chevalier. Il était sorti de l’étang et avait marmonné quelque chose en revenant au point de départ.

« J’ai compris maintenant ! Je m’en sortirai la prochaine fois… ! »

« Il faut que je m’y mette ! »

« Allons-y ! »

C’était bien de les voir s’enthousiasmer pour ça. Bon, ce n’était pas comme si c’était suffisant pour pouvoir s’en sortir.

« Il y a des pierres qui roulent, des ponts qui pivotent, des haches qui tournent… Es-tu sûr que c’est sans danger ? »

« Je les ai conçus pour que personne ne soit blessé. Les pierres sont assez légères pour ne pas casser d’os, tandis que les haches ne coupent pas du tout. Elles sont juste là pour garder les gens sur leurs gardes. »

Je comprenais pourquoi Lain était inquiet, mais contrairement au parcours pour enfants, celui-ci n’était pas un jeu. Ils s’entraînaient ici, et ils devaient être sérieux à ce sujet. Un peu de tension ne peut pas faire de mal.

« Uhyeeeeeaaaghhhhh ! »

Avec un grand élan, un chevalier venait de tomber de la pente raide. Il bougeait les bras comme s’il nageait dans les airs, mais ce n’était pas suffisant pour le faire atterrir dans la zone de sécurité, et il s’était retrouvé dans l’étang en dessous.

« Il n’avait pas assez d’élan. Ça arrive toujours quand on a peur de la vitesse. »

« … Ce parcours est-il réalisable ? »

« Eh bien, je l’ai terminé. »

« Vous ne devriez pas servir d’échantillonnage, Votre Majesté. »

Lain poussa un long soupir.

Eeeh… ? Les chevaliers continuèrent d’essayer de terminer le parcours jusqu’au soir, jusqu’à ce que Nikola arrive à le terminer, tout déchiré et en lambeaux.

Tu vois ? C’est possible.

Quand il était descendu du but, les chevaliers s’étaient tous précipités vers lui et l’avaient élevé très haut, l’acclamant bruyamment.

« Il l’a fait ! Il l’a vraiment fait ! »

« On a gagné ! »

« Nous avons terminé le parcours du démon ! »

« Vive le vice-capitaine ! »

Hé, qui traites-tu de démon ? C’est malpoli.

Honnêtement, j’étais un peu vexé que quelqu’un puisse être capable de le terminer. J’avais décidé que je devrais peut-être l’améliorer plus tard.

Bon, je devrais le garder comme ça jusqu’à ce que tout le monde soit capable de le faire.

Après l’entraînement, j’étais retourné au château, où les filles étaient toutes sorties pour me saluer, mais…

« Bienvenue, Touya-kun ! »

« Touya'-kun' ? »

Yumina, qui m’appelait toujours « Touya », me parlait maintenant avec un honorifique familier.

« Bienvenue à la maison, Touya-kun. »

« Bravo pour l’entraînement, Touya-kun. »

« Lu ? Linze ? »

Ces deux-là aussi se comportaient bizarrement.

Mon Dieu, elles se comportaient elles aussi de manière étrange. Bien que leur conception soit un peu différente, elles portaient toutes des uniformes d’école… de type marin. Et cela leur convenait aussi très bien.

« Hé, Yae ! Vas-y en première ! »

« S’il vous plaît, attendez ! Je-je ne suis pas habituée à m’habiller comme ça ! La jupe est trop courte ! »

« Je-je ne suis pas habituée non plus à porter des jupes, alors… ! »

Elze, Yae et Hilde se disputaient pour quelque chose derrière le pilier.

Que faites-vous toutes ?

Il semblerait qu’elles aient toutes attrapé le virus de l’uniforme de marin. Est-ce que j’ai raté un épisode dernièrement ?

« Oh ! Touya, tu es de retour ! Aimes-tu notre apparence ? »

« Toi aussi, Sue ? Que se passe-t-il ici ? »

Elle portait également un uniforme de marin. Et pour une raison quelconque, elle avait un jouet semblable à une mitraillette.

C’était mignon, mais dans son cas, c’était comme si elle était faite pour le porter, et ça ressemblait presque à un cosplay. Les autres avaient l’âge approprié, les uniformes semblaient donc également leur convenir.

« Aimes-tu ces vêtements, n’est-ce pas ? Nous ressemblons à ton premier amour, Shoko ! »

« … UH ? »

J’avais l’esprit vide.

Excusez-moi ? Shoko, est-ce que c’était, cette Shoko ? Il n’y avait qu’une seule personne à laquelle elle pouvait se référer, et c’était cette fille plus âgée qui vivait à côté de moi quand j’étais plus jeune.

Et elle a dit « premier amour » ? Comment le sait-elle !?

« On ne peut pas devenir plus vielle que toi, mais on peut au moins lui ressembler… », avait dit Yumina, le visage rouge jusqu’aux oreilles.

Attendez, attendez, attendez ! Est-ce pour ça qu’elles portent ça !? Il est vrai que Shoko était allée dans une école qui utilisait des uniformes de marin, mais… !

« D’accord, attendez… ! Qui vous a parlé de Shoko… ? »

« Karen l’a fait. »

« CETTE IDIOTE ! »

Qu’est-ce que tu leur as dit !? Pourquoi as-tu révélé mon secret comme ça !? Je ne l’ai jamais dit à personne !

« Qu’est-ce qu’elle vous a dit d’autre… ? »

« Quoi d’autre ? Ehm... »

« Comme le fait que tu allais la voir tous les jours. »

« Ou que tu as essayé d’attirer son attention avec des fleurs que tu as cueillies dans le parc. »

« Ou que tu as pleuré quand tu as appris qu’elle déménageait. »

« Oaaaagh… »

J’étais tombé à genoux sur le sol recouvert de tapis. Quel genre de punition est-ce là !? C’était arrivé avant même que je sois à l’école primaire ! Et de telles indiscrétions de jeunesse n’étaient certainement pas si rares ! J’avais aussi entendu dire qu’elle s’était déjà mariée quand j’étais au collège.

Je me demande si elle est heureuse. Non, attendez, ça n’a pas d’importance pour l’instant. Ce qui compte vraiment, c’est cette réalité embarrassante : mon premier amour a été révélé. Merde, je veux ramper dans un trou et mourir…

« Umm… est-ce que ça nous va mal ? »

« … Non, pas du tout. Vous êtes toutes adorables. »

J’avais levé mon pouce vers Linze, faisant disparaître l’inquiétude sur son visage.

Cela avait probablement été fabriqué à la boutique de Zanac, mais j’étais surpris qu’ils en aient fait autant de versions. Vêtements d’été, vêtements d’hiver… et l’uniforme de marin d’un blanc pur de Yumina devait être assez rare. Y a-t-il des tenues de cosplay parmi les uniformes normaux ? Est-ce que je leur ai vraiment donné tant de modèles… ? Eh bien, je ne fais pas vraiment attention quand je fais mes recherches sur mon smartphone et que j’utilise le [Dessin] sur ce que je trouve.

Gh… J’aime vraiment les voir toutes en uniforme de marin, mais ma stupide sœur mérite une punition sérieuse.

« Touya ? Pourquoi mon gâteau est-il si petit ? »

« Qui sait ? Peut-être que tu t’es conduite comme une mauvaise fille. »

Faisant semblant d’être ignorant, j’avais continué à manger mon propre gâteau. Contrairement aux autres, la part de gâteau de Karen était si petite qu’on se demandait si elle pouvait contenir une fraise.

Bien sûr, c’était moi qui l’avais coupé. Et évidemment, ma propre part était d’autant plus grande que la sienne.

Ressens le ressentiment de ma vie privée endommagée.

Pendant que je mangeais calmement mon gâteau, Karen avait dirigé sa fourchette dans ma direction et l’avait déplacée à la vitesse d’une étoile filante. Elle visait la grosse fraise dans mon assiette.

« Pas question ! »

Avec un son métallique satisfaisant, j’avais utilisé ma propre fourchette pour arrêter la sienne. Apparemment, son gâteau bien mérité n’était pas suffisant, alors elle s’était mise à en prendre plus aux autres.

« Un petit frère devrait être attentionné envers sa sœur aînée, vois-tu !? »

« Une sœur aînée ne devrait pas raconter les secrets de la vie de son petit frère ! »

« Calmez-vous, vous deux. »

Pendant qu’on se regardait dans les yeux, Yumina avait interrompu le combat.

« Nous, les filles, nous partagerons notre gâteau avec toi, Karen, alors viens le manger avec nous. »

« C’est bien approprié venant de toi, Yumina ! »

Merde, elle ne méritait pas ça ! C’était une personne qui continuera à faire des choses stupides jusqu’à ce que quelqu’un la punisse sévèrement. Eh bien, je devrais dire « dieu », plutôt que « personne », mais quand même. J’espérais qu’elle pourrait au moins agir d’une manière méritant le titre. J’aurais peut-être dû la dénoncer à Dieu.

Karen avait mangé le gâteau de Yumina avec l’expression la plus heureuse qu’on puisse imaginer.

« Vous êtes toutes de si bonnes filles. Je pense que je devrais vous confier un petit secret. »

« Un secret ? »

« Le premier livre érotique que Touya ait jamais eu était… »

« ARRÊTE CELA TOUT DE SUITE ! QU’EST-CE QUE TU RACONTES !? TU PEUX ARRÊTER, S’IL TE PLAÎT ? »

J’étais allé derrière elle et j’avais fermé sa bouche.

Putain, c’est agaçant ! Les dieux sont vraiment chiants !

Après cet échange, je lui avais dit que si elle continuait à divulguer mes secrets intimes, elle n’aurait plus de bonbons. Elle avait eu les larmes aux yeux et s’était mise à criée « Pas les bonbons ! » alors je pensais que j’étais en sécurité à cet égard.

Avoir un dieu aussi puéril comme parent, c’est ennuyeux…

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