Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 7 – Chapitre 4 – Partie 1

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Interlude : Une multitude d’amour

Partie 1

« ... ilde ? »

« Hilde ? Hilde ! »

« Quoi !? »

Hildegarde, Première Princesse du royaume des Chevaliers de Lestia, hurla en réponse à la voix de son frère qui pénétra soudain dans sa conscience.

« F, F, Frère, pourquoi te mets-tu à crier comme ça, subitement ? »

« Ce n’était pas sorti de nulle part ! »

« Sais-tu combien de fois je t’ai appelé ? C’est comme si ton esprit était ailleurs et que tu n’arrivais pas à te concentrer, hein ? »

« Es-tu insatisfaite que j’aie pris le trône ? »

« C’est absurde ! Je pensais justement à quelque chose. »

Tandis qu’Hilde s’énervait devant les remarques de son frère Reinhard, la salle du conseil était enveloppée de ricanements.

Ils étaient dans la salle du conseil de l’ordre des chevaliers, le symbole de Lestia.

Actuellement, l’ordre des chevaliers était divisé en douze escadrons, Hilde servant de chef d’escadron pour le troisième. Soit dit en passant, le frère d’Hilde servait de chef d’escadron pour le premier.

Dans le pays de Lestia, le roi était le chef de l’ordre des chevaliers. Cette tradition était venue du premier roi qui avait proclamé :

« Ceux qui sont dignes d’être connus comme rois doivent se tenir à l’avant-garde afin de protéger leurs sujets et de les conduire à la gloire. »

L’homme qui était à la tête de l’ordre des chevaliers était le père d’Hilde et de son frère, le roi Reid Yunas Lestia.

Bien que le roi allait bientôt démissionner.

Le prince actuel héritera bientôt de son trône.

En d’autres termes, le nouveau chef de l’ordre des chevaliers sera Reinhard.

Le but du conseil d’aujourd’hui était de déterminer qui allait combler le vide laissé par lui en tant que nouveau commandant du premier escadron.

« Te retrouver captivée de manière à perdre de vue ton environnement est à la fois l’un de tes points forts et tes défauts. Cependant, il était inapproprié d’aborder un tel sujet dans ce contexte. S’il te plaît, change de sujet. »

« Eh bien… Inutile de me le demander. »

« Eh bien, je n’irai pas jusqu’à enquêter sur ce que tu pensais. »

Reinhard, nonchalamment, comme si de rien n’était, se tourna vers la liste des nouveaux candidats à la tête de l’ordre des chevaliers.

Hilde avait senti que Reinhard savait ce qu’elle ressentait vraiment et était devenue un peu gênée.

Elle s’éclaircit la gorge et, tout en retrouvant son sang froid, suivit l’exemple de son frère et tourna son regard vers la liste des candidats.

Pendant un court moment, elle avait écouté attentivement les recommandations des chefs d’escadron, mais ses yeux se posèrent sur l’épée à sa hanche.

Il n’y avait que trois épées de cristal dans ce pays. Son père en avait une autre et son grand-père avait la dernière. Sa capacité destructrice terrorisait le cœur des gens. Elle était vue comme une lame divine ou comme une lame démoniaque. Même la Sainte Épée Lestia, l’épée qui avait été transmise de génération en génération par la famille royale, faisait pâle figure en comparaison.

L’événement de cette époque lui était revenu à l’esprit. Le souvenir de ce garçon qui était vaillamment apparu lorsqu’elle avait été attaquée par les monstres immunisés à la fois contre l’épée et la magie. Le garçon qui l’avait sauvée du désespoir.

Lorsqu’elle se souvenait de l’événement, sa poitrine avait commencé à se réchauffer.

Il y a d’abord eu le sentiment de soulagement d’être sauvé. Mais après qu’il ait joyeusement repris sa route, elle avait développé le désir de devenir plus forte afin d’éliminer le sentiment d’incompétence qui s’était développé en elle en raison de sa faiblesse. En même temps, elle avait développé un intérêt pour ce garçon.

Elle avait eu la chance d’avoir pu écouter l’histoire du grand-duc de Brunhild d’un marchand qu’elle avait rencontré sur le chemin du retour au château.

Hilde n’avait pas seulement entendu parler que de sa force, mais aussi de ses dispositions. C’était ainsi que son intérêt s’était accru.

Tuer des Dragons, exterminer des Golems et mettre fin à un coup d’État, c’était une force avec laquelle il fallait compter, mais il y avait plus. Son activité philanthropique était très variée : il offrait des matériaux rares pour aider à la reconstruction de la ville de Mismede, ravagée par un dragon, et il avait créé des institutions pour que l’homme du peuple puisse apprendre à lire.

Hilde avait commencé à ressentir ce sentiment qui s’épanouissait en elle. Elle souhaitait ressembler à ce garçon.

« ... ilde. Hilde ? Hilde ! »

« Quoi !? » Une fois de plus, la voix de son frère l’arracha de sa rêverie. L’expression de Reinhard s’était transformée en une expression de frustration, ce qui était prévisible puisque cette même séquence s’était déjà produite deux fois.

« Je m’excuse. »

Hilde se recroquevilla et passa le reste de la réunion du conseil dans un état d’inconfort.

« Ah… J’ai vraiment merdé. »

Hilde soupira. Cela se passait sans arrêt récemment. Elle ne pouvait pas du tout se réjouir.

Hilde savait pourquoi, mais elle n’avait aucune idée de ce qu’il fallait faire.

« Ah !? »

Hilde avait entendu un cri tout près.

« Ohohohohohohoho... »

Un rire chaleureux résonna dans la même direction que le cri.

« Oh, grand-père. »

Si vous entendiez crier une femme dans ce château, il y avait 80 % de chances que ce soit l’œuvre de l’ancien roi. Hilde pensa que le cri venait probablement d’une nouvelle femme de ménage qui avait commencé l’autre jour.

Et comme elle s’y attendait, le roi précédent, son grand-père, s’approcha de Hilde de l’autre côté du couloir, la canne à la main. Il était en si bonne condition qu’il n’avait même pas besoin d’une canne, mais il insistait pour maintenir son image.

« Bonjour, Hilde. Tu as l’air un peu déprimée. »

« S’il te plaît, laisse-moi seule… »

La fille voulait crier après son grand-père, et exprimer sa souffrance. Exprimer que, contrairement à lui, elle avait de vraies peurs à affronter, mais qu’elle ne voulait pas non plus s’énerver.

N’ayant pas l’énergie de traîner autour de son grand-père déraisonnablement joyeux, Hilde l’avait dépassé en marchant.

« Hé, maintenant, ne fais pas de bêtises. Une lettre vient d’arriver de la guilde. »

« De la guilde… ? »

Son grand-père était l’un des deux seuls aventuriers de plus haut rang, il était de rang Or. Il avait des liens profonds avec la guilde et pouvait ainsi obtenir des informations ici et là.

« Ne sois pas effrayé. Yulong est tombé. »

« Quoi !? Yulong est tombé !? »

Hilde avait élevé la voix. Il lui avait dit de ne pas être effrayée, mais comment ne pourrait-elle pas l’être ?

L’empire céleste d’Yulong. La seule nation de tout l’Est qui pourrait rivaliser avec Lestia.

Hilde n’aimait pas trop l’empire d’Yulong.

Se basant sur le fait que les marchands d’Yulong avaient essayé de tromper les gens. Beaucoup d’entre eux semblaient croire que les autres étaient fautifs et idiots.

Et ils n’avaient aucun souci à laisser sortir de tels mensonges inconsidérés. Lorsqu’un habitant d’Yulong était pris en flagrant délit, il avouait rarement sa faute.

Disons, par exemple, que vous deviez attraper un voleur. Ils vous diraient que le magasin qu’ils ont volé le demandait. Ils s’étaient comportés comme si ceux qu’ils avaient blessés étaient les assaillants et qu’ils étaient eux-mêmes les victimes. Même à ce moment-là, ils montaient encore sur leurs grands chevaux, chicanaient de la manière la plus odieuse et avaient toujours l’audace de dire que les autres étaient en faute. Hilde était bouleversée par leur égoïsme en tant que peuple.

Et leur patrie était au courant de ces actes, mais elle n’avait rien fait pour les dénoncer. Ils avaient simplement fait semblant de ne pas voir. Il y avait tellement de fonctionnaires du gouvernement qui recevaient des pots-de-vin de la part des marchands. Ils ne pensaient donc pas que c’était immoral.

Leur logique était la suivante : puisque tout le monde le faisait, alors qu’y avait-il de mal à le faire ? Puisque d’autres s’en sortaient, ils pouvaient aussi bien le faire eux-mêmes. Ils pensaient qu’ils valaient mieux exploité plutôt que d’être exploité.

Ainsi, Lestia avait refusé de s’engager dans des relations commerciales avec leurs commerçants ou leur gouvernement. Même si l’offre leur paraissait généreuse, ils avaient juré de toujours décliner leur offre.

Le pays des ombres. C’était l’essence même d’Yulong.

Ainsi, Yulong était tombé. Cet état militariste était tombé. Elle qui s’appuyait sur son nombre écrasant de soldats pour écraser les petits pays voisins.

Ils feraient n’importe quoi pour obtenir la victoire. Assassiner, trahir et tendre une embuscade, tout était juste pour eux dans leur amour de la guerre. La population de Lestia tenait en haute estime le concept de « juste et équitable », ce qui lui donnait une autre raison de ne pas pouvoir accepter les habitants d’Yulong.

« Qui les a attaqués ? C’est impossible, es-tu en train de me dire que c’était Xenoahs ? »

« Non, c’est incorrect. Ils ont été abattus par des ennemis d’un autre monde. Tu devrais les connaître également. Le responsable de la chute d’Yulong est la Phase. »

« La Phase ! » Hilde n’oublierait jamais ces créatures de cristal. Les monstres qui l’avaient déshonorée pour son manque de puissance.

« La nouvelle rapporte qu’un essaim de milliers d’individus ont attaqué Yulong. Parmi leurs rangs, il y en avait un qui était à peu près aussi grand qu’un château et la lumière mystérieuse qu’il expulsait de sa bouche a totalement détruit la capitale, Shenghai. »

« Incroyable ! »

« En effet. J’en viens maintenant à l’essentiel. Quelqu’un a exterminé tout l’essaim qui a éliminé la ville. Le grand-duc de Brunhild. Il semble qu’il ait trouvé une relique d’une ancienne civilisation. C’est une sorte d’armée de géants qu’il a activée et utilisée pour exterminer l’essaim. »

« Es-tu sérieux !? »

Hilde avait haussé la voix plus fortement que tout à l’heure. Et c’était parce qu’il avait mentionné l’homme qui la préoccupait depuis longtemps. C’était un résultat inévitable.

Hilde avait tout entendu de son grand-père, du début à la fin. Le grand-duc de Brunhild avait coopéré avec d’autres nations avec lesquelles il avait des relations amicales et avait formé une alliance qui avait conduit à la défaite des Phases envahisseuses.

De plus, il ne s’attendait à aucune garantie de la part de Yulong et n’avait volé aucune terre.

Comme prévu de la part de Son Altesse le duc. Hilde avait été vraiment impressionnée par son incroyable capacité de mettre à genou un pays à un si jeune âge, mais les adultes semblaient avoir des opinions dissidentes.

« Personnellement, je pense que c’est effrayant pour un homme seul d’avoir un tel pouvoir. Si le duc en a envie, il pourrait effacer un pays ou deux de la surface de la planète. Même notre propre terre de Lestia. Hilde… qu’as-tu pensé de l’homme en question quand tu l’as rencontré ? »

L’ancien roi tourna son regard vers Hilde. Avec un soupçon d’hésitation dans sa voix, Hilde lui avait dit ce qu’elle ressentait vraiment dans son cœur.

« J’ai senti que c’était un homme poli avec une personnalité intègre. Il n’hésite pas à donner un coup de main à ceux qui en ont besoin… Au contraire, il le fait comme si c’était la chose la plus évidente à faire. C’est mon opinion sur lui. »

« Je vois… »

Elle ne l’avait rencontré qu’une seule fois. La conversation n’avait duré que quelques minutes. Comment avait-elle pu dire qu’elle savait quelque chose sur lui juste à cause de ça ? Elle réalisa que son discours était juste le reflet de ce qu’elle voulait réellement qu’il soit.

« Je n’ai pas la moindre idée du genre de relation que nous devrions nouer avec le duc. Certains disent que l’invasion de la Phase avait été entièrement orchestrée par lui pour qu’il puisse les chasser lui-même. Un one-man show. D’autres disent qu’il l’avait vu les convoquer. »

« C’est ridicule ! C’est évidemment un mensonge ! Tu sais que c’est le genre de tactique que Yulong utilise toujours ! »

« En effet. J’avais aussi soupçonné la même chose. Ils profiteraient de l’occasion pour faire appel à toutes les victimes du Duché afin d’exiger des réparations et les guerriers géants. Ce pays agit toujours de la même façon, par le chantage et l’extorsion », chuchota l’ancien roi tout en caressant sa barbe blanche.

Lestia avait connu le même sort dans le passé. Les habitants d’Yulong avaient prétendu qu’il y a cinq cents ans, la Sainte Épée Lestia leur avait été volée. Bien qu’il ne faisait aucun doute que Lestia n’y prêterait aucune attention, de telles rumeurs étaient frustrantes pour diverses raisons.

« Quoi qu’il en soit, nous devons décider d’une ligne de conduite. Et donc… Je vais me rendre à Brunhild afin de rencontrer le duc en personne pour déterminer ses véritables intentions. »

« Quuuuuuoi !? »

Hilde sursauta tandis que ses yeux s’ouvrirent. La raison de sa surprise n’était bien sûr pas le fait que l’ancien roi de Lestia, son grand-père, allait se diriger vers Brunhild, mais la pensée enfantine et égoïste qu’il n’était pas juste qu’elle soit exclue.

« J’y vais aussi. »

« Hein ? Eh bien, c’est… »

« Je vais y aller aussi ! Je vais en parler à mon père ! »

Hilde courut vers son père, le roi, sans écouter la réponse de son grand-père.

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