Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 7 – Chapitre 3

Bannière de Dans un autre monde avec un Smartphone ***

Chapitre 3 : L’élagage

***

Chapitre 3 : L’élagage

Partie 1

« Il fait de plus en plus froid, hein… »

Brunhild entrait dans sa saison hivernale. Il ne faisait pas aussi froid que dans le Royaume d’Elfrau au moment où je l’avais visité, mais c’était quand même assez mauvais. On aurait dit qu’il y avait aussi de la neige.

« Avons-nous suffisamment de contre-mesures pour repousser le froid ? »

« Toutes les maisons de Brunhild ont des cheminées. Nous avons aussi de vastes réserves de bois de chauffage. Au contraire, notre préoccupation devrait être de prévenir les incendies. »

C’était vrai. Nous avions formé une petite brigade de pompiers au cas où n’importe quel endroit s’illuminerait. De plus, il y avait un dispositif semblable à une pompe qui permettait d’éteindre rapidement les incendies. Kousaka fit preuve de rigueur dans son approche, c’était donc un plaisir de l’avoir dans les parages. Il semblerait que l’eau du canal de la ville serait notre principale méthode pour nous opposer au feu. Pour l’instant, il suffirait qu’ils partent en patrouille de temps en temps. Peut-être que je leur donnerais des claves qu’ils pourraient claquer ensemble pour alerter les autres ou quelque chose comme ça.

Après avoir terminé de gérer mes affaires, je m’étais dirigé vers les terrains d’entraînement de la cour. Hilde et Rebecca étaient toutes deux en duel.

Après qu’elle ait été officiellement annoncée comme ma fiancée, Hilde était venue vivre dans mon château.

En toute honnêteté, je ne m’attendais pas à ce qu’elle vienne vivre avec moi avant le mariage. Fiancée ou non, elle était toujours la princesse d’une autre nation, et avait des devoirs nationaux.

Contrairement à Yumina, qui avait semblé mettre un certain temps à s’installer avec moi, Lu et Hilde semblaient s’être installées relativement rapidement. Elles étaient à la maison. Comme on pouvait s’y attendre, Sue était la seule qui ne vivait pas avec moi. Mais elle y restait pourtant plus de deux nuits par semaine.

Apparemment, elle n’avait pas dormi non plus dans ma chambre. Elle était surtout restée avec Yumina. J’avais remarqué qu’elle passait quelques nuits chez Renne.

Ça ne me dérangeait pas qu’elle passe la nuit dans ma chambre, mais il fallait vraiment qu’elle arrête de se faufiler dans ma chambre pour me réveiller. Être réveillé deux fois par semaine par le corps d’une petite fille qui me frappait était un peu gênant.

Tandis que je grimaçais en me rappelant la douleur, Hilde se dirigea vers moi.

« Touya ! »

« Beau travail, Hilde. »

J’avais lancé [Rafraîchissement] afin de lui retirer toute sa fatigue. Chaque fois qu’elle en avait le temps, elle venait s’entraîner ici contre mes soldats. Je ne m’attendais pas à moins de la part d’un chevalier.

Hilde ne portait pas l’armure de Lestia qu’elle portait quand on s’était rencontrés. Au lieu de cela, elle portait une armure légère conçue pour les soldats de Brunhild. Malgré le fait qu’elle était chevalière, elle n’appartenait pas à l’ordre des chevaliers de mon pays. Elle-même avait dit qu’elle n’était pas chevalière de Brunhild, mais mon chevalier personnel… Je savais pertinemment que le commandant Lain se sentait un peu mal à l’aise quant au fait d’avoir quelqu’un qui m’était si proche se battant à leurs côtés.

« Pars-tu quelque part ? »

« Je vais à la guilde. La succursale de Brunhild a finalement ouvert, alors je vais vérifier. »

« Ooh… Puis-je venir avec toi ? »

« Je n’y vois pas d’inconvénient. Allons-y. »

La faire venir avec moi et lui faire voir la ville était à l’ordre du jour, donc c’était pratique. Je voulais qu’elle s’habitue à Brunhild le plus tôt possible.

Je quittais le château avec Hilde. En arrivant en ville, nous avons croisé une bande d’enfants excités qui ne semblaient pas du tout se soucier du froid.

« Hey, Seigneur ! Content de vous voir ! »

« Content de vous voir, Seigneur ! »

« Ah, oui… C’est bon de vous voir. Ne vous éloignez pas trop. »

« Ohkaaay ! »

Les enfants joyeux s’enfuirent vers les champs. J’y pensais depuis un moment, mais j’avais vraiment besoin de faire une école. Il serait utile d’avoir dans le pays des enfants capables de lire et d’écrire et d’acquérir d’autres compétences. Mais encore une fois, je n’avais pas de professeurs.

Nous n’avions pas beaucoup de gens talentueux dans la population active…

« Les enfants sont heureux… C’est bien, ça me rend aussi heureuse. »

« Oui… Nous avons réussi à bâtir le pays sans qu’ils aient besoin de participer et de travailler. C’est vraiment une bonne chose. »

Brunhild pouvait être considéré comme un pays assez aisé. Nous n’étions pas un pays pauvre, car la plupart des gens avaient un emploi, nous n’étions pas non plus un pays industriel… sauf si vous avez compté la production de bicyclettes. Je faisais des expériences dans les domaines du commerce, de l’agriculture et de la fabrication, mais il n’y avait encore rien de concret.

J’avais demandé à Flora d’améliorer plusieurs types de semences pour moi, donc je voulais lancer plus de production agricole, mais… notre territoire n’était pas très vaste, alors nous étions un peu limités dans nos opérations.

Tandis que je réfléchissais à de telles choses, nous étions finalement arrivés à notre destination, la salle de guilde de Brunhild. L’endroit était déjà un peu surpeuplé. Il semblait que la guilde fonctionnait comme n’importe quelle autre.

Je m’étais mis une cagoule sur la tête et j’étais entré. Maintenant que j’y pense, la foule était assez bruyante. Il y avait une tonne de gens devant le tableau des quêtes, qui vérifiaient les différents messages s’y trouvant. Une partie de moi était ennuyée dans cette atmosphère. J’avais complètement changé ma vie depuis mon arrivée dans ce monde.

Hilde n’arrêtait pas de regarder autour d’elle. Je me demandais si c’était la première fois qu’elle était dans une salle de guilde.

« Bienvenue ! Êtes-vous un nouveau venu ? »

« Ah, non… Je suis juste venu faire un petit tour. Le directeur est-il là ? »

J’avais donné une réponse vague à la réceptionniste aux oreilles de chat et je lui avais tranquillement montré ma carte. Il n’y avait après tout que deux rangs Or sur le continent.

« Qu… ! W-Wow… A-Ah… S’il vous plaît, attendez un instant ! »

La fille-chatte agitée trébucha dans l’escalier pendant que ses collègues la regardaient dans la confusion. J’avais brièvement capté le regard de quelques aventuriers, mais ils étaient très vite retournés à la liste des quêtes. Quelques-uns jetaient un coup d’œil à Hilde, mais ce n’était pas trop surprenant. Après tout, elle faisait tache dans le décor.

Au bout d’un moment, la fille aux oreilles de chat était descendue et parla à voix basse.

« Je vais vous emmener voir le directeur… Votre Altesse… ! »

La fille m’emmena en haut des escaliers, nous étions ensuite passés dans l’arrière-salle. Là, quelqu’un que je connaissais bien m’attendait.

« Hein ? Relisha, est-ce toi le manager ici ? »

Relisha, la chef de guilde elfique, se tenait là et me souriait. Elle était censée être l’une des grandes chefs de guilde de l’Ouest. Je me demandais si elle avait été rétrogradée.

« Non, pas tout à fait. Un chef de guilde peut choisir quelle branche de guilde sera sa base d’attache, mais je n’avais pas encore décidé. Cependant, après avoir établi la succursale de Brunhild, j’ai finalement fait mon choix. »

« Oh, donc c’est comme ça… »

J’avais baissé ma capuche et je m’étais assis. La pièce dans laquelle j’étais était étonnamment voyante, avec plusieurs documents et livres ornant l’endroit, bien rangés sur des étagères. Il y avait aussi divers objets chargés par magie. Les maîtres de guilde avaient certainement vécu des vies intéressantes.

« Ah, Grand-Duc… On m’a dit que vous étiez fiancée à la princesse de Lestia. Veuillez accepter mes félicitations. »

« Ah… Merci. »

« Ah ! Merci beaucoup ! »

Hilde… Tu es trop bruyante. Elle se tortilla d’embarras, complètement inconsciente de mes pensées alors que je la regardais.

« En ce qui concerne mes autres questions, l’incident de Yulong me préoccupe beaucoup. La branche de la guilde a été presque anéantie. Les survivants ont été grièvement blessés. Cela prendra beaucoup de temps, mais nous la reconstruirons. Les aventuriers sont nécessaires dans un endroit où le moral est ébranlé. »

Comme je m’y attendais, les effets de l’incident avaient été catastrophiques. L’information concernant la Phase avait été envoyée aux autres chefs de guilde, mais pas au personnel de chaque guilde. S’ils l’avaient su, ils auraient peut-être trouvé un moyen de s’échapper.

« Y a-t-il de nouveaux rapports d’activité de Phase ? »

« Non, pas du tout. Croyez-vous que cela pourrait se reproduire, Votre Altesse ? »

« Je ne pense pas que ce soit fini, mais je ne peux pas te dire quand ça se reproduira. Demain ? Dans un an ? Dix ans ? Je ne peux pas le dire. »

Relisha fronça légèrement les sourcils, plaçant une main sur son menton comme si elle était perdue dans ses pensées.

« Pour l’instant, nous pouvons continuer à diffuser les avertissements. J’espère cependant que la même chose ne se produira pas à Yulong… Surtout pas après la reconstruction. »

Relisha gloussa légèrement, comme si elle racontait une blague. Pourtant, il était indéniable que la possibilité d’un désastre soit toujours présente. J’avais assisté à une vraie déchirure à Yulong. Il n’y avait aucune garantie que cela ne se produise pas une fois de plus.

Les villes et les bâtiments eux-mêmes n’avaient pas été particulièrement endommagés, puisque la Phase visait exclusivement des cibles vivantes, mais beaucoup de gens ne voulaient pas y vivre simplement parce qu’un génocide avait eu lieu.

Les habitants de Yulong devinrent des réfugiés, n’ayant d’autre choix que de fuir vers les nations voisines. Certains d’entre eux devinrent des voleurs et des brigands, tandis que d’autres gagnèrent de l’argent en les battant… L’incident avait changé la vie de nombreuses personnes.

« Il y a encore beaucoup de gens à Yulong qui croient que l’invasion est votre œuvre, Grand-Duc. Mais personne en dehors de ce pays n’y croit, je peux vous l’assurer. Les réfugiés qui partent finissent toujours par apprendre la vérité. Plus ils rencontrent de gens, moins ils croient aux mensonges. Je suis sûre que cette histoire ne durera pas longtemps. »

« Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, honnêtement. J’en ai presque fini avec Yulong. »

« Ces derniers temps, ils ont regroupé les gens avec des slogans comme “Ne pardonne jamais, n’oublie jamais”. Il est tout à fait possible qu’ils puissent vous causer des ennuis à l’avenir. »

« Alors j’écraserai ceux qui les rallient, si ça devait arriver. Je ne suis pas une mauviette, donc si quelqu’un me cause des ennuis, je l’écrase. La paix engendre la paix, et la violence engendre la violence. »

Je n’avais pas d’autre choix que de prendre cette position. J’avais sympathisé avec Yulong, mais c’était une tout autre affaire. Je ne voulais rien avoir à faire avec leurs mensonges.

« Dans ce cas, nous diffuserons un tel message dans nos guildes. Quelque chose du genre : “Le grand-duc de Brunhild est un homme bienveillant, mais il frappera sûrement quiconque s’opposera à sa nation”. Quelque chose dans ce sens. »

J’avais pensé que cela suffirait. Bien que je ne voulais pas que le message soit trop exagéré… Mais je n’avais rien pu faire. J’avais décidé de changer de sujet.

« Comment va la guilde ? »

« Eh bien, tout se passe bien. Nous employons beaucoup de gens pour des quêtes générales, et des quêtes visant à tuer des monstres arrivant de Belfast et de Regulus. Le seul vrai problème, c’est qu’il n’y a pas de missions de haut niveau disponibles… Mais je suppose que c’est un témoignage de la paix résidant à Brunhild, non ? »

Il n’y avait pas de bêtes magiques dans le coin, et j’avais tué tous les brigands. Les quêtes ici ne seraient pas satisfaisantes pour les gens qui voulaient gagner beaucoup d’argent d’un seul coup, car il s’agissait surtout de petites quêtes.

Au même moment, j’entendis des voix tapageuses en bas. Je me demandais ce que ça pouvait être. Je le demandais à Relisha, et elle me répondit que les disputes étaient courantes dans les salles de guilde, et que les combats faisaient partie de la vie ici.

Je n’avais pas été trop surpris. Après tout, j’avais moi-même été impliqué dans quelques conflits de ce genre.

« Hé, crétin. Ce n’est pas un endroit où l’on peut se promener, compris ? »

« Allons donc. Me parles-tu durement parce que tu as une femme avec toi ? »

« Ferme-la. Je vais t’apprendre à être un vrai aventurier. Ton portefeuille sera mon paiement. »

… La situation n’avait pas l’air très amicale.

Les guildes n’intervenaient généralement pas dans les conflits entre aventuriers. Du moment que le bâtiment ne subissait aucun dommage, ce n’était pas leurs affaires.

Si les gens se bagarraient, ils le faisaient généralement dans la rue. C’était l’une des raisons pour lesquelles la guilde était construite avec une large zone devant elle.

Finalement, nous avions entendu des bruits de pas qui s’estompaient à mesure que les gens sortaient. Je pensais que le personnel leur avait demandé de partir.

« Oh, on dirait qu’ils l’ont emmené dehors », murmura Relisha en jetant un coup d’œil par la fenêtre.

Cela m’avait aussi rappelé ma propre expérience. Une fois, on m’avait dit de sortir dehors. À l’époque, ils avaient l’intention de m’humilier dans la ville, et pas seulement dans la guilde, mais ce furent eux qui au final furent humiliés.

« Hmph… N’ont-ils pas honte de s’en prendre à quelqu’un comme ça… ? C’est aussi une femme… »

Hilde regardait par la fenêtre. Elle semblait également plutôt intéressée.

« Cependant, elle me semble plus forte qu’eux. Le vois-tu ? Elle a déjà battu un tas de gens. »

« Incroyable. Elle doit être vraiment forte pour soulever cette hache… Elle a certainement le pied léger aussi. On dirait qu’elle est naturellement douée, car sa manière de bouger n’est pas conforme à ce que l’on nous apprend… Ses vêtements sont aussi étranges… »

« Je crois que c’est l’habit traditionnel de la tribu Rauli, de la mer des arbres. Je ne m’attendais pas à en voir une ici… »

Huh …? Qu’est-ce qu’elles viennent de dire… ? La tribu Rauli… Pourquoi ça me dit quelque chose ?

J’avais jeté un coup d’œil par une autre fenêtre et j’avais vu quatre hommes par terre. Une femme bronzée se battait contre un cinquième.

Quoi !? C’est elle !

« Touya ? »

Ignorant Hilde, j’étais sorti de la pièce, je m’étais rendu devant la réception et je me mis à courir vers l’extérieur. J’y étais arrivé juste à temps pour voir la fille donner un coup de pied au dernier homme sur le côté du visage.

Les spectateurs applaudirent tandis que la jeune fille regardait ses agresseurs de haut.

Soudainement, ses yeux tombèrent sur moi. Comme je m’y attendais, c’était elle. C’était la petite-fille du chef de la tribu Rauli, la fille qui m’avait mordu il y a longtemps. Elle s’appelait Pam, si je me souvenais bien.

« … Je t’ai trouvé. »

Hein ? Vient-elle de parler ? Je ne savais pas qu’elle parlait la langue commune.

Mes pensées avaient été interrompues par le fait que Pam s’était soudainement précipitée vers moi et m’avait enlacé. Elle me retourna et commença à frotter sa joue contre la mienne.

Attends juste une seconde ! La jeune fille portait quelque chose comme un manteau de peau, mais elle n’avait qu’une écharpe sur la poitrine et un pagne couvrant respectivement ses seins et sa région inférieure. Elle frappait contre moi, de différentes manières. Ils étaient aussi gros que dans mes souvenirs.

« Qu’est-ce que tu fais !? »

J’avais regardé vers l’entrée de la guilde et je vis Hilde debout là, son visage était tout rouge. Elle bougeait comme une folle.

C’est dangereux. Oh mon dieu… Oui, c’est une sensation familière…

« Qu’est-ce que tu fais !? Lâche Touya ! »

« Qui êtes-vous ? Voici l’amant de Pam. Pam va avoir un bébé avec lui. »

« Qu-qu-qu-Quoi !? »

Les joues d’Hilde devinrent plus rouges que des betteraves.

Qu’est-ce qui se passe ici !? Je ne comprends rien ! Que quelqu’un explique la situation, bon sang !

***

Partie 2

« Je ne peux pas permettre ça. »

« Pourquoi ? Si l’enfant né de Touya et Pam est une fille, notre tribu l’élève. Si l’enfant est un garçon, tu l’élèves. »

Yumina répondit simplement en soupirant et en secouant la tête.

« Je suis désolé, mais tu n’es pas faite pour devenir la femme de Touya. Tu dois vraiment partir. »

« Pam ne veut pas être mariée. Avoir la semence de Touya me conviendra. Avec la semence de Touya, je ferais le bébé le plus fort qui deviendra la reine de la mer des arbres. »

Eh bien, ses intentions étaient certainement claires et simples. On tournait en rond depuis des heures. Pam avait quitté la mer des arbres pour me retrouver. Elle avait appris la langue commune au cours du voyage. Il semblerait donc qu’elle était plus intelligente que je ne l’avais d’abord cru.

Après l’agitation au sein de la guilde, une conférence nuptiale avait été convoquée. Le thème de la réunion était « Peut-on accepter Pam ? »

« Pam ne sait pas pourquoi cela vous pose des problèmes. »

« Tu es plus que libre de vouloir un bébé, Pam, mais c’est une tout autre histoire si c’est aussi l’enfant de Touya. Tu privilégies la prospérité de ton peuple au bonheur de Touya. Une personne comme toi ne peut pas porter son bébé. »

Yumina fixa Pam d’un regard imposant et furieux, il y avait une force incroyable derrière ses mots. En toute honnêteté, elle m’avait aussi fait un peu peur.

« … Le bébé n’a pas besoin d’être celui de Touya, n’est-ce pas ? Ce n’est pas nécessaire que ce soit lui si tu veux un enfant fort. Va juste coucher avec des hommes forts, je suis sûre que l’un d’eux va s’imposer. »

Linze lâcha aussi quelques mots amers. Elle semblait être entièrement d’accord avec la position de Yumina.

« Impossible. Pam a donné à Touya la morsure du serment. Ça veut dire que Touya appartient à Pam. »

« Comme c’est égoïste ! Touya ne reconnaîtrait jamais quelque chose d’aussi stupide ! »

Hilde se leva de sa chaise et cria sur Pam. On aurait dit que la morsure que Pam m’avait donnée il y a quelque temps était l’équivalent d’une promesse dans leur culture. Quelque chose comme : « J’ai marqué ce type comme étant le mien, alors reculez. »

Leur culture ne se souciait vraiment pas des hommes ou de leur situation personnelle. Elle était entièrement à prédominance féminine. C’était assez semblables à l’idée traditionnelle des Amazones.

« Commençons par le début, d’accord ? Pourquoi veux-tu porter l’enfant de Touya-dono ? Il doit sûrement y avoir plus que ta simple raison, non ? »

Yae adopta une approche plus douce en interrogeant Pam, à laquelle la fille à la peau brune répondit en fronçant les sourcils et en marmonnant.

« Nous sommes une tribu guerrière… Mais nous n’attaquons pas les autres, sauf pour faire des enfants. Nous nous battons pour protéger notre foyer, mais pas pour attaquer les autres. Pourtant, dernièrement, de nombreuses tribus nous attaquent plus fortement et plus durement. Il nous faut du sang fort pour rester dans la mer des arbres. Mais aussi pour gagner pendant l’élagage. »

« Hm… ? C’est quoi l’élagage ? »

Sue inclina légèrement la tête et posa une question. D’après ce que j’ai compris, l’élagage, c’est le fait de couper les branches et les feuilles gênantes des arbres afin de les embellir ou d’aider les fruits à pousser.

« L’élagage est la guerre entre les tribus de la mer des arbres. Tous les dix ans, des guerriers de chaque tribu se battent pour décider quelle tribu est la plus forte. La tribu gagnante devient la Tribu du Seigneur de l’Arbre et peut établir sa loi dans la mer des arbres. »

Tous les dix ans, hein… Ça a l’air intéressant. Je suppose que la tribu gagnante peut établir une loi pour rendre les choses plus faciles pour sa tribu et plus dures pour les autres.

« Une loi ? Alors, tu peux choisir n’importe quoi ? Et si vous vouliez faire une loi pour expulser une tribu ? »

Elze m’enleva les mots de la bouche. Je me demandais si vous pouviez faire une loi comme « La Tribu A doit s’engager à obéir à la Tribu B » ou quelque chose comme ça. Cependant, je doutais que vous puissiez faire une loi aussi stupide que « Donnez-moi cent lois de plus ».

Dans les histoires classiques impliquant des situations avec un seul souhait, il y avait habituellement une règle contre le fait de souhaiter plus de souhaits.

« Si le Grand Arbre aux Vœux le permet, oui. Si elle ne déshonore pas la tribu, alors elle deviendra une loi. »

« Super… “Le Grand Arbre aux Vœux” ? »

« C’est notre divinité gardienne. Elle accorde à toutes les tribus la bénédiction et la protection des esprits. »

Comme l’un de ces arbres auxquels vous attachez des talismans ? Je me demande quand même ce qu’elle entendait par esprits. Avec un peu de chance, il sera sans doute différent de celui qui s’est déchaîné à Ramissh… S’il y a un arbre à souhait comme ça, je me demande… La mer des arbres possède-t-elle un esprit forestier ?

D’après ce que j’avais compris, les esprits étaient pour la plupart bénins. Dans le cas de celui de Ramissh, il était devenu fou parce qu’il avait été enfermé sous terre pendant des siècles. En plus, c’était devenu une espèce d’abruti après avoir fusionné avec Ramirez et gagné sa négativité.

Les gens de la mer des arbres vivaient leur vie en vénérant cet arbre à souhait et vivaient selon un credo spirituel. D’une certaine façon, ils étaient semblables aux habitants de Ramissh.

« La tribu Rauli perd des membres depuis 70 ans maintenant. D’autres tribus obtiennent du sang neuf, du sang fort. Le bébé de Pam et Touya gagnera l’Élagage. Il restaurera notre honneur et notre gloire. Si Pam ne fait rien, la tribu Rauli sera bientôt détruite par la tribu Balm. »

« La tribu Balm ? C’est aussi une autre tribu dans la mer des arbres ? »

« Oui. C’est une tribu qui dit que les femmes sont moins bonnes que les hommes. Ils volent les femmes des autres tribus, les rendent enceintes, font beaucoup de bébés. Si c’est un garçon, ils l’élèvent comme guerrier. Si c’est une petite fille, ils chassent la mère et l’enfant. »

Ce n’est cependant pas si différent de la tribu Rauli… En toute honnêteté, c’est juste un renversement des rôles. Non pas que je dise que l’un ou l’autre ait raison, c’est plutôt affreux.

Il semblerait y avoir une haine profonde entre la tribu à prédominance masculine, Balm, et la tribu à prédominance féminine, Rauli. Compte tenu de leurs croyances, il ne pourrait probablement jamais y avoir de paix entre les deux.

Les deux tribus étaient assez fortes pour garder l’autre en échec, mais l’arrivée de la Phase sous forme d’araignée causa des dégâts catastrophiques au peuple Rauli. Les guerriers qui devaient représenter la tribu dans l’élagage finirent par mourir. À cause de cela, ils étaient des cibles faciles pour la tribu Balm.

« Nous avons renoncé à gagner le prochain Élagage. Espérons seulement que Balm ne gagne pas et ne devienne pas la Tribu du Seigneur des Arbres. Mais l’enfant de Pam et Touya peut gagner le prochain Élagage, et nous deviendrons la Tribu du Seigneur des Arbres. »

C’était certainement un plan à long terme. Pourtant, après avoir entendu parler de sa situation, je n’avais pas pu accepter. Je ne voulais pas qu’elle donne naissance à ma fille juste pour la faire se battre. Ce serait horrible.

« Quand aura lieu le prochain Élagage ? »

« Nous nous battrons dans un mois. Une grande honte tombe sur la tribu si elle ne participe pas. Nous allons perdre. Je ne pourrais pas me battre parce que je suis là. L’élagage nécessite cinq champions de tribu, ils doivent combattre les cinq champions des autres tribus. Si tu n’as pas de chance, tu peux mourir. »

Ça avait l’air terriblement dangereux. D’après ce que j’avais entendu dire, l’Élagage suivait un ensemble de règles simples. C’était semblable à un tournoi de cinq contre cinq. Cela commençait à ressembler de plus en plus à un événement militaire.

« Hm… »

« Yumina ? »

Yumina était perdue dans ses pensées alors que Lu essayait de l’appeler.

« Quel genre de loi la tribu Balm ajoutera-t-elle s’ils gagnent cet Élagage ? »

« Probablement une loi qui conduira la tribu Rauli au bord de la Mer des Arbres. La chasse sera difficile, la terre est mauvaise. On aura du mal à vivre. Cela nous tuera lentement avec le temps. Et on ne pourra pas se plaindre de Balm qui a fait cette loi. Ils prendront ensuite nos terrains de chasse. »

« Alors quel genre de loi la tribu Rauli ferait-elle si elle gagnait ? »

« La même loi, on chassera la tribu Balm pour qu’elle meure lentement. »

Ces types sont vraiment les deux faces d’une même médaille. Il vaudrait mieux qu’ils se mettent à s’entendre… Ne peuvent-ils pas devenir une grande tribu mettant en place l’égalité des genres ? J’avais beaucoup plus pensé à l’égalité des sexes ces derniers temps, surtout en ce qui concernait la famille.

« Ne veux-tu un enfant de Touya que pour l’utiliser pour chasser la tribu des Balm ? »

« Ce n’est pas uniquement pour cette raison, mais disons que c’est la principale. »

« … Très bien, alors. Faisons un marché. Nous pouvons aider la tribu Rauli à gagner le prochain Élagage. Nous pouvons aider votre tribu à atteindre ce… Statut de la tribu des Arbres. En échange, renonce à Touya. »

Attends, sérieusement !? Vas-tu participer à ce jeu de survie !? Je veux dire, j’aimerais aussi aider Pam, mais… Je ne peux pas lui donner un bébé, c’est beaucoup trop.

« … Pouvez-vous gagner ? »

« Difficile à dire, mais c’est mieux de prendre le risque que de perdre maintenant et parier sur la prochaine décennie, non ? », répondit Yumina avec un petit sourire.

Une sorte d’intensité féminine sortait de cette fille, je le sentais.

Maintenant que j’y pense, dans une dizaine d’années, mon enfant n’aura que neuf ou dix ans. Elles ne pensaient pas la mettre dans un jeu de survie à ce moment-là, hein ?

« … Si tu le dis. Si vous pouvez gagner, alors je serais heureuse. Mais si vous perdez comme moi, alors je ferais un bébé avec Touya. »

« Je doute qu’on en arrive là. »

Yumina et Pam se souriaient doucement. Mais pour je ne sais qu’elle raison, c’était terrifiant.

Apparemment, si Yumina et les filles rejoignaient temporairement la tribu Rauli, elles seraient autorisées à participer à l’Élagage. Je n’avais pas pu m’empêcher de trouver ça un peu bizarre.

Ce serait comme si huit étrangers venaient remplacer votre équipe de baseball. Ce ne serait plus l’équipe d’origine, mais juste un groupe de gars au hasard.

« Yumina-dono, es-tu sérieuse ? »

« Je pense que c’est le meilleur compromis que nous puissions obtenir. Sommes-nous tous d’accord ? »

J’avais regardé autour de moi et je n’avais trouvé personne en désaccord. Une partie de moi voulait s’y opposer. Je ne voulais pas voir les filles se blesser.

Mais je savais que si je m’y opposais, elles diraient quelque chose comme… « Tu veux tellement avoir un bébé avec Pam, hein ? Je vois, je vois… Est-ce à cause de ses énormes seins ? Tu aimes tant que ça les seins !? » J’avais l’impression que certaines d’entre elles s’inquiéteraient, alors je ne pouvais pas vraiment dire ce que je pensais.

Beaucoup de mes fiancées avaient un certain malaise au sujet de leurs seins, ce que je trouvais un peu idiot. La plupart d’entre elles étaient encore en croissance, donc c’était bien.

En termes de taille des seins, Yae avait les plus gros, puis Hilde, puis on trouvait Linze loin derrière, puis Elze, puis Lu, puis Yumina, et… si vous pouvez appeler cela des seins, Sue. Les nichons de Pam étaient plus gros que ceux de Yae, alors même elle pouvait se sentir en manque de sécurité.

Flora m’avait parlé d’un médicament douteux pouvant faire grossir les seins… mais je n’en étais pas si sûr… Si Yumina s’était soudainement pointée avec un méga rack éreintant, je ne savais pas ce que j’allais ressentir.

« Alors nous représenterons la tribu Rauli. Nous gagnerons l’Élagage et le titre pour votre tribu. Mais il y a un nombre limité de participants, non ? »

« C’est vrai… Je suppose que si Pam y va pour représenter sa tribu, les quatre autres seront moi, Hilde, Lu et Yae, non ? » dit Elze.

Cela semblait juste, puisque Yumina et Linze n’étaient pas capables de combattre au corps à corps. Toutes les deux étaient des combattantes à longue portée. Sue ne pouvait pas faire grand-chose non plus pour se battre.

Bien qu’elle ait appris la lutte avec Lapis, Cécile et Renne. Elle s’intéressait beaucoup à ces bonnes. Je me demandais si elle voulait en devenir une.

En tout état de cause, un plan d’action avait été décidé. C’était un peu gênant, mais je n’arrivais pas à placer un mot durant tout ce temps.

« Ah, Yumina ? J’ai une question… »

« Oui, Sue ? »

Sue inclina un peu la tête, tout en parlant à Yumina.

« Allons-nous toutes aller à l’Élagage ? »

« Je suppose que oui. Vous pouvez toutes encourager la tribu Rauli pendant qu’elles se battent. En plus, il peut se passer quelque chose qui nous forcera à avoir besoin d’un remplaçant. »

« Et Touya ? »

« Il est au centre de tout ça, donc oui. Je veux qu’il nous encourage toutes pendant que nous nous battons… Ce serait bien qu’il soit là en cas d’incident. »

Je n’avais certainement pas prévu de les laisser s’occuper de tout elles-mêmes. Je les accompagnerais à la fois comme soutien moral et comme soutien réel s’il arrivait quelque chose de mal. Après tout, je n’avais aucune idée de ce qui pourrait arriver. J’aurais aimé croire qu’il n’y aurait pas d’acte criminel, mais je ne savais pas sur quelle base me référer pour penser cela.

« Touya est un homme. »

« Ah… »

Tout le monde avait soudainement fait le même bruit. Et elle avait raison. Si je me faisais passer pour un invité de la tribu Rauli, mon sexe serait quelque chose que les gens trouveraient bizarre. S’il m’arrivait quelque chose, on me dirait probablement de me taire parce que j’étais un étranger, alors je devais m’assurer d’être reconnu comme membre de la tribu. Mais je ne savais pas quoi faire.

« … Un travestissement, je suppose. »

« Pas question ! Pas question, bon sang ! »

J’avais finalement trouvé la force d’exprimer mes objections face au marmonnement oisif de Linze.

***

Partie 3

L’élagage.

Toutes les tribus de la mer des arbres se sont rassemblées sous le Grand Arbre des Vœux. On disait qu’ils concouraient pour l’honneur sous le jugement de leur divinité tutélaire.

C’était définitivement quelque chose qui ressemblait à un jeu de survie.

Nous y avions participé en tant que membres de la tribu Rauli et nous voulions gagner. De cette façon, nous pourrions leur obtenir le titre de Seigneur des Arbres. Sinon, Pam me supplierait sans cesse d’avoir un bébé… L’élagage durerait au total trois jours, ce qui au final n’était pas terrible. Elze et Hilde avaient hâte de se battre. C’était le genre de personnes qui aimaient tester leurs capacités. De plus, si tout allait bien, nous tisserions des liens solides avec la tribu qui contrôlera la mer des arbres jusqu’au prochain élagage.

Linze voulait vraiment que je me travestisse, mais j’avais fini par m’en sortir. J’avais pu utiliser [Mirage] pour changer mon apparence en celle d’une femme. Quelqu’un le découvrirait s’il me touchait, mais j’étais prêt à prendre le risque. J’avais renvoyé Pam au village de Rauli en utilisant la [Porte].

Je m’étais aussi rendu compte qu’il serait difficile de tenir des conversations avec eux dans leur langue, alors j’ai appris le sort Néant [Traduction] pour l’occasion. Il traduisait essentiellement des mots parlés. Pour l’auditeur, je parlerais leur langue. De mon côté, ils parleraient la mienne. Tout le monde était gagnant.

C’était un peu comme la communication innée que j’avais avec Kohaku et mes autres convocations.

Pour l’instant… Pam, Yae, Elze, Hilde et Lu avaient été choisies pour participer. J’avais pensé qu’il faudrait peut-être faire appel à un remplaçant en cas de blessure, mais apparemment, ils devaient bloquer les équipes qui souhaitaient participer.

Je voulais participer, car cela rendra les choses encore plus simples, mais Pam et les autres femmes de la tribu Rauli s’étaient opposées à l’idée. Apparemment, si la tribu Rauli envoyait un homme, même déguisé, à l’élagage, ce serait considéré comme déshonorant. Même s’il s’agissait d’une participation en tant qu’aide extérieure, elles y mirent leur veto.

Il s’agissait pour elles d’un cas de type « l’homme n’a pas le droit de parole ». Honnêtement, c’était un peu effrayant d’être près d’elles. Une partie de moi se languissait de la sécurité de la tribu Balm.

Après cela, un mois s’était écoulé.

Le jour était enfin arrivé, nous nous étions dirigés vers le Grand Arbre des Souhaits.

« Phew… »

L’arbre était grand. C’est tout ce que j’avais pu dire à ce sujet.

Qu’est-ce que c’est que ce bordel... Il mesure plusieurs dizaines de mètres de large… De belles feuilles vertes et de belles branches étalées à perte de vue, le tout à partir d’un tronc remarquablement épais. L’arbre n’était pas aussi grand que large. Il évoquait l’image d’un parapluie entièrement déplié dont la plus grande partie de la prise était coupée.

La lumière du soleil traversait ses feuilles, illuminant le sol en points et en stries. Toutes les grandes tribus de la mer des arbres se rassemblèrent pour se prélasser dans cette lumière.

Il y avait plusieurs souches d’arbres éparpillées autour du Grand Arbre des Vœux. Même les plus petits mesuraient une vingtaine de mètres de diamètre. Apparemment, ils faisaient aussi partie du grand arbre et servaient de terrain de jeu pour les duels.

Deux cent quarante tribus vivaient dans la mer des arbres. Mais une seule, la tribu Jaja, avait accueilli la cérémonie de l’élagage. Ils étaient aussi connus sous le nom de Tribu du Jugement. Apparemment, c’était la seule tribu que les esprits avaient laissée vivre à la base du Grand Arbre des Vœux. Ils avaient un droit de propriété assez impressionnant sur les terres qu’ils appelaient la Terre des Vœux. En échange, ils n’étaient pas autorisés à participer à l’élagage. Apparemment, ils travaillaient comme les prêtres de la région, transmettant la volonté des esprits aux autres tribus.

« … Il y en a beaucoup, hein… »

Je jetai un coup d’œil nerveux autour de moi. Il y avait des tribus de personnes grasses, des tribus de personnes minces. Je vis des tribus avec des décorations bizarres sur la tête, des tribus avec des bracelets jangly… J’avais même vu une tribu pleine de gens avec de très mauvaises moustaches et une tribu de gens vêtus de la tête aux pieds dans des capes vertes à capuchon.

Comme je m’y attendais, la plupart des membres des tribus ici avaient la peau exposée, hommes et femmes. Personne n’était assis là avec sa jonque, mais certaines tribus portaient si peu de vêtements que je ne savais pas quoi regarder.

« Je suis content qu’on ne se démarque pas. »

« Touya… Ce serait mieux si tu ne fixais pas autant les femmes. Après tout, en ce moment tu en es une. »

Lu me fit ce petit commentaire en retour, je lui répondis par une toux tout en raidissant ma posture.

Tout le monde portait des vêtements traditionnels Rauli. En d’autres termes, des plastrons de poitrine et des pagnes. Les filles étaient clairement embarrassées, alors elles portaient des petits ponchos et des jupes enveloppantes au-dessus des tenues de base. Les vêtements semblaient cependant convenir à Elze pour qu’elle puisse se battre librement.

Ma projection [Mirage] portait la même chose qu’elles. Mais en dessous de tout ça, je portais juste un short et un t-shirt. Après tout, je ne voulais pas qu’on me touche et qu’on ressente la sensation des vêtements.

Sue portait aussi des vêtements de style Rauli et elle était mignonne, mais je n’avais pas senti d’excitation quand je l’avais vue dedans. Les autres filles, cependant… Je devais détourner mon regard, car elles étaient très stimulantes.

Mais bon, beaucoup des tribus que je regardais portaient encore moins de vêtements, donc c’était modeste par rapport aux normes régionales.

« Y a-t-il une raison pour laquelle on se batte sur des souches ? »

« Si, il y en a une. Les esprits offrent leur protection divine aux zones situées au-dessus des souches. Les attaques mortelles sont annulées à l’intérieur de l’enceinte. Si quelqu’un essaie de frapper mortellement quelqu’un à la tête, par exemple, la personne sera simplement assommée à la place. Les coups mortels sont simplement déclassés. »

Je ne savais pas comment ça marchait, mais les esprits étaient certainement intéressants. Je me demandais si c’était similaire à mon sort [Bouclier]. D’un autre côté, cela permettait d’éviter des dommages mortels, donc c’était probablement très différent. Cela me fit penser à des mécaniques dans certains jeux où les dégâts s’arrêtaient à 1 HP.

En d’autres termes, mourir pendant le défi était impossible. Mais apparemment, il y avait encore des gens qui mourraient de temps en temps. Les souches étaient à environ deux mètres du sol, donc si un participant tombait et se faisait une mauvaise chute, l’impact les tuerait.

« Et la magie ? »

« Ah… Tout est annulé. Tu ne devrais pas non plus utiliser de techniques basées sur le feu ici. Tu seras chassé de la région, et la Tribu du Jugement te mettra sur leur liste noire. »

Donc même la magie n’était pas autorisée. Cela signifiait qu’Elze ne serait pas du tout capable de lancer [Renforcement]. Tout le monde était aussi équipé d’armes régulières, vu que les armes enchantées étaient devenues inutiles.

Je pouvais comprendre pourquoi ils avaient interdit le feu. Si celui-ci venait à se propager, cela aurait été horrible. Apparemment, il y avait un grand ruisseau d’eau juste à l’extérieur de la Terre des Vœux. La plupart des gens y préparaient de la nourriture par mesure de sécurité.

Il y avait des sièges disposés au milieu des branches des arbres pour que les partisans puissent regarder en bas et encourager leur tribu. Les arbres étaient reliés par des ponts suspendus.

« Quand commence le premier match ? »

« Bientôt. Si nous gagnons contre trois autres tribus, nous en aurons fini pour aujourd’hui. C’est comme ça qu’on passe aux matches de demain. »

Deux cent quarante tribus se battent trois fois… Ce tour devrait réduire le nombre d’équipe participante à trente. Si les matches d’aujourd’hui sont les préliminaires, ceux de demain seront les finales.

Tout d’un coup, une cloche retentit de quelque part. Tout le bavardage et le murmure des voisins s’éteignirent, et une voix s’éleva devant tout le monde.

« Il est temps. Tous les participants doivent dégager la zone. Tout ce qui viendra ensuite dépendra de la volonté des esprits. »

Un homme de la tribu du Jugement, vêtu d’un uniforme blanc, prit la parole. Les spectateurs des autres tribus commencèrent à s’éloigner, se dirigeant vers les plates-formes d’observation de la cabane dans les arbres.

Nous avions aussi décidé de partir.

« Très bien les filles. Assurez-vous de faire de votre mieux. Pensez à votre sécurité. »

« Je ferai de mon mieux. »

« Compris. »

« Laisse-nous faire ! »

« Je ferai de mon mieux. »

« Allons-y, alors ! »

Yae, Elze, Hilde et Lu suivirent Pam jusqu’à la souche d’arbre où elles devront se battre.

Nous nous étions dirigés vers les sièges au sommet d’un arbre voisin, en montant quelques marches et en faisant notre chemin pour nous asseoir. Notre vue sur la zone de combat était plutôt bonne.

« Je suis un peu excitée… »

Sue s’était penchée vers l’avant contre le rail de sécurité, regardant fixement le site en contrebas. Tout le monde dans cet arbre appartenait à la tribu Rauli.

Il y avait une cinquantaine de spectateurs de cette tribu en particulier… J’avais trouvé le fait d’être le seul homme un peu gênant. Et même si elles me voyaient physiquement comme une femme, elles savaient que j’étais vraiment un mec. J’aurais vraiment dû y penser plus fort. J’aurais pu utiliser [Invisibilité] ou quelque chose comme ça.

Pourtant, cela aurait rendu l’intervention plus difficile en cas d’urgence. Il valait mieux se déguiser en membre de la tribu Rauli, même si c’était inconfortable.

« Oh, Touya… Jette un coup d’œil là-bas. »

« Hm ? »

J’avais regardé l’endroit que Linze pointait, et je vis des rayons de soleil qui brillaient comme des projecteurs, concentrés sur le représentant de chaque tribu. Lentement, les rayons s’étaient déplacés, guidant chaque combattant jusqu’à sa scène.

Je levai les yeux vers les branches et je les vis bouger librement leurs feuilles pour guider la lumière. Je ne pouvais pas croire ce que je voyais. Le Grand Arbre à Souhaits avait-il vraiment sa propre volonté ? Apparemment, les lumières avaient choisi les adversaires pour le combat.

Je n’avais pas eu beaucoup de temps pour réfléchir, parce que les batailles commencèrent immédiatement. Il n’y avait même pas eu de cérémonie d’ouverture.

« Tous les combats sont des un contre un ? »

« Apparemment, si les trois premiers gagnent, les deux autres n’auront pas à se battre. »

En d’autres termes, si l’un des représentants était un grand combattant, ils pourraient encore perdre si les quatre autres n’étaient pas bons. S’il ne s’agissait que d’un tournoi à élimination directe, une seule personne pouvait porter toute l’équipe, mais ce n’était pas le cas ici.

Une défaite était comptabilisée si l’adversaire se rendait, ou s’il était dans l’incapacité de poursuivre le combat. Le fait de tomber de la souche comptait également comme une défaite. Il était interdit de tricher, et toute personne qui déshonorerait sa tribu serait disqualifiée.

Je regardais une autre souche et je vis deux personnes se battre. Un grand homme fit tomber une hache sur la tête de son ennemi. Alors qu’elle aurait dû se fendre en deux comme un melon dans des circonstances normales, le gars était tombé là où il se tenait.

On aurait dit que les esprits offraient une sorte de protection divine. Toutes les blessures ne pouvaient pas être évitées, il y avait encore des coupures et des ecchymoses sur le corps de l’homme battu, de sorte qu’il était probable que tout ce qu’elle faisait était d’empêcher le coup fatal. L’homme était simplement inconscient au lieu d’être mort.

« Oh, le match de Rauli arrive. »

Yumina pointa du doigt un endroit qui était assez loin de notre champ de vision. J’utilisais donc [Mirage] et [Vision élargie] en tandem pour projeter un flux du match dans les airs.

Des exclamations étonnées vinrent de tous les côtés de la foule. Il semblerait que ma magie était encore utilisable, puisque je n’étais pas celui qui était sur scène.

J’avais changé la taille de la projection pour en faire un écran large devant le public. Lu était la première à se battre.

Son adversaire était un grand type portant une lance. Il y avait une différence de taille d’environ quarante centimètres entre elle et lui. Lu le confronta, brandissant ses deux poignards.

« Battez-vous ! »

L’arbitre, vêtu de blanc, baissa la main et Lu se dirigea vers l’homme. Celui-ci poussa sa lance en avant en réponse, mais elle l’avait repoussé à l’aide avec l’une de ses lames et dirigea son attaque ailleurs.

Lu fit un tacle glissé, sortit son bras gauche et transperça durement le flanc de l’homme.

Un son terne résonna, comme une déchirure de chair. Le lancier s’était effondré. Elle l’avait battu en moins d’une minute.

Les cris de joie de la tribu Rauli résonnaient.

Lu ne s’entraînait pas avec Yae et moi pour rien. De son point de vue, le type à la lance était beaucoup trop lent dans ses mouvements.

De plus, les lames jumelles comme les siennes demandaient des mouvements souples et rapides. Sa technique consistait à confondre et à éblouir l’adversaire avec un jeu de pieds rapides et des mouvements de diversions. Cela ne ressemblait pas à la force brute d’une personne possédant une hache ou une épée, mais cela ne manquait pas de finesse.

Cela ne voulait pas dire qu’elle ne pouvait pas vaincre leurs ennemis en un seul coup. Viser les points vitaux ou les points faibles signifiait qu’elle pouvait tuer très rapidement. Et comme elle se spécialisait dans l’agilité et la précision, elle était pratiquement faite pour ça.

Lu nous avait regardé et nous avait fait une pose de victoire.

De cette façon, les rideaux tombèrent sur notre première bataille.

***

Partie 4

Le premier jour, nous avions gagné avec une relative aisance, passant au tour suivant en remportant trois victoires. Personne d’autre que Lu, Elze et Yae n’avait eu à se battre. La décision avait été prise en seulement trois matches. On était sur la bonne voie.

Mais on avait probablement eu de la chance. Nos adversaires n’étaient pas particulièrement coriaces.

« Espérons que nous pourrons maintenir cet élan demain. », murmurai-je tranquillement en regardant le soleil se coucher, le jour partant à ses côtés.

Nous étions dans une forêt au bord de la rivière, un peu loin de la Terre des Vœux. Les matches étaient terminés, tout le monde préparait son repas.

Même les tribus qui avaient perdu étaient venues pour préparer leurs repas. Je m’étais dit qu’ils allaient regarder les autres matches, indépendamment de leurs propres défaites.

Nous aurions pu facilement rentrer chez nous et manger dans le château, mais la tribu Rauli étant partie à la recherche de proies pour cuisiner pour nous, nous avions décidé de rester pour goûter à la cuisine tribale traditionnelle.

J’avais sorti une fosse de barbecue de [Stockage], j’avais allumé le charbon de bois et je l’avais préparée pour la cuisson. Ensuite, j’avais sorti du sel, du poivre et d’autres sauces.

Après un certain temps, les femmes de la tribu Rauli revinrent avec un tas de ce qui semblait être des oiseaux et des lapins morts. Cet endroit était un terrain de chasse libre pendant l’élagage. Pendant le reste de la période de dix ans, seule la tribu des juges était autorisée à chasser ici. Il y avait donc plus qu’assez d’animaux sauvages pour tout le monde. Un grand nombre d’animaux avaient été chassés et tués pendant les trois jours de l’élagage, mais leur nombre s’était toujours suffisamment reconstitué avant que l’élagage suivant ne se produise. Je me demandais si c’était une autre partie de la bénédiction de l’esprit.

« Cuisiner de temps en temps en plein air au milieu de cette nature enchanteresse n’est pas si mal, hein ? »

« Mm, tu as raison… Ah, Touya… Celui-là brûle ! »

Yumina m’aidait à griller le dîner. Nous ressemblions toutes les deux à des femmes du point de vue d’une personne de l’extérieur, alors j’espérais que personne ne trouverait notre proximité vraiment étrange.

Manger de la viande seule ne serait pas très bon, alors j’avais sorti quelques poivrons, oignons et citrouilles de mon [Stockage] pour les utiliser. Je les avais tranchés, grillés un peu et mis sur une brochette avec la viande. Comme touche finale, j’avais badigeonné le tout de sauce barbecue. Un délicieux mélange, si je puis dire.

« C’est une première pour moi… mais j’aime bien. »

Lu sourit un peu en croquant prudemment dans la nourriture. Je n’avais pas été trop surpris. Une princesse enfermée de Régulus n’aurait jamais eu ce genre de nourriture avant. J’étais heureux qu’elle soit heureuse.

Elle était peut-être heureuse et détendue, mais j’étais assez mal à l’aise à l’idée d’être entourée de tant de filles. J’étais plus qu’un peu à côté de la plaque, c’est sûr. J’avais le sentiment que l’ancien roi de Lestia serait un peu plus proactif que moi dans une telle situation.

Alors que je réfléchissais en moi-même, j’entendis un bruit derrière moi. Deux mecs costauds se battaient l’un contre l’autre. Ils sembleraient être au milieu d’une dispute. C’était un peu ennuyeux, alors j’aurais aimé qu’ils aillent ailleurs.

« Il y a beaucoup de tribus ici, donc le fait qu’ils se battent de temps en temps n’est pas vraiment une surprise. »

Pam avait mordu dans le rôti pendant qu’elle parlait. Apparemment, pendant l’élagage, vous n’aviez pas le droit d’intervenir pendant les disputes, seules les tribus des personnes impliquées avaient le droit de s’exprimer. Les deux hommes qui se disputaient ne semblaient de toute façon pas être des participants actifs. Non pas que cela ait changé quelque chose pour moi.

« Hm… On dirait qu’il y a des gens étranges ici. Oh, attends, c’est juste les monstres de Rauli. »

Quelques gars musclés passèrent devant les deux hommes qui se disputaient. Leur corps ressemblait à des triangles à l’envers, car leur poitrine était extraordinairement large et musclée. Ils avaient des cicatrices et des tatouages qui couraient sur le long de leurs corps. Leurs têtes étaient rasées, à l’exception des mohawks qu’ils avaient au milieu. Ils allaient sûrement rien apporter de bon.

« Qu’est-ce que vous voulez, merdeux de Balm ? »

Pam mâchait sa viande, un regard noir dirigé vers les hommes. De toute évidence, ils appartenaient à la tribu Balm.

Ils se moquèrent de nous avec les yeux remplis d’une attitude moralisatrice. Certains d’entre eux riaient et nous souriaient aussi. Je n’avais jamais voulu ressembler à un gars comme ça.

« Nous sommes plutôt surpris que vous soyez venues cette fois. Est-ce que vos meilleurs et plus brillants soldats n’ont pas été tués dans cette attaque il y a quelque temps ? Joliment misérable, n’est-ce pas ? Mais ce sont des femmes comme toi. »

« Vous êtes dégueulasse… Vous manquez de respect envers nos soldats tombés au combat ? »

Pam et les autres femmes de la tribu Rauli s’abaissèrent un peu afin de leur faciliter la tâche au combat. Les membres de la tribu Balm avaient également changé de position, comme s’ils anticipaient une attaque. Une atmosphère tendue s’était rapidement développée entre les deux tribus.

« Non, nous ne leur manquons pas de respect… Je pense simplement que des hommes de notre tribu auraient tué ce monstre en quelques secondes. »

« Pfft. Alors, vous êtes ignorant et stupide. Même si toute la tribu de Balm était rassemblée, elle ne ferait rien à cette créature de cristal. Elle vous aurait anéanti. »

« Que dis-tu !? »

Ils se criaient dessus maintenant. Ils se crachaient du venin sans but précis. Toute cette situation m’avait rappelé que les chats seraient toujours en conflit avec les chiens.

« Ne sois pas idiot ! Si les putains de Rauli pathétiques pouvaient le tuer, alors nous le pourrions tout aussi bien. »

« Eh bien, je suis triste de dire que ce n’est pas notre tribu qui l’a vaincue. Cet honneur revient à Touya ici présent. »

« Hm !? »

H-Hey maintenant… Ne me pointe pas du doigt ! Toute l’équipe de Balm tourna la tête pour me regarder.

« Cette salope ? »

Un homme de la tribu de Balm était venu vers moi. Il semblait mesurer environ un mètre quatre-vingt-dix. Il me regarda comme s’il me démolissait. Puis finalement, il sourit d’une façon qui me fit flipper.

« Tu es une jolie petite chose, hein ? Je suis un peu touché. »

« Grossier personnage ! »

« Hein !? »

Je n’avais pas pu m’empêcher de le dire. Ce n’était pas forcément ma faute ! De mon point de vue, un gros morceau de bifteck me matait ! Ça me donna la chair de poule.

« Espèce de pute ! »

L’homme enragé essaya de m’attraper par le bras.

« Ne me touche pas ! »

« Gaugh ! »

J’avais frappé l’homme à l’estomac, le faisant reculer de quelques mètres. Je ne pouvais pas me permettre d’y aller doucement avec lui. J’avais peur pour ma chasteté !

« Salope ! »

« Attrapez-la ! »

J’avais évité tous les membres de la tribu de Balm qui me suivirent, les repoussant un par un. Je leur donnais des coups de pied plutôt que des coups de poing. Je ne voulais toucher aucun d’eux. Honnêtement, j’avais un peu compris ce que devait être le sort de certaines femmes dans la vie quotidienne… Se laisser berner par de gros types effrayants ne pouvait pas être une expérience agréable pour les deux sexes.

« Attrapez cette salope, attrapez-la ! »

« Haaaaaaaaaaaaah !! » Une grosse masse de viande mâle chargea sur moi. C’était horrible !

« [Bouclier] ! »

« Ghuawuh !? »

Je les avais tous arrêtés avec une barrière invisible. Ils tombèrent au sol un par un. C’était vraiment dégoûtant.

« La tribu de Balm n’est vraiment pas un sujet de conversation, hein ? Avoir autant de mal contre une seule fille ? »

« Guh… »

Pam riait de façon provocante envers les membres de la tribu tombés au sol. Mais j’aurais vraiment préféré qu’elle ne le fasse pas. Je n’avais pas envie d’y aller pour un second round.

Les autres hommes avaient honte, leurs visages étaient rouges. De leur point de vue, ils avaient été complètement ridiculisés par une seule femme. Il n’y avait pas moyen qu’une tribu misogyne ne soit pas fâchée pour ça.

« Prenez vos hommes et allez-vous-en d’ici. Ce serait pénible si vous laissiez traîner un tel tumulte. » J’étais tout à fait d’accord avec Pam. Si ça persistait, je développerais de la machophobie ou quelque chose comme ça.

« On s’en souviendra ! »

Les membres de la tribu de Balm s’enfuirent en courant, entraînant avec eux leurs vaincus.

Ils étaient dégoûtants. Leurs yeux sur moi me donnaient l’impression d’être un morceau de viande bon marché. Je n’avais jamais voulu être le genre d’homme qu’ils étaient.

« C’était donc la tribu des Balm ? Ils n’étaient pas si durs que ça. »

« Aucun d’eux n’était le champion de leur tribu. Selon les standards de Balm, ces gars étaient doux. Ils étaient en plus mineurs. Ce sont des mômes qui n’ont pas subi les rites de passage. »

Pam répondit à la question d’Elze. Je ne pouvais pas croire ce que j’entendais. D’après ce que j’avais compris, vous étiez considéré comme un adulte dans la mer des arbres lorsque vous avez quinze ans. Ces monstres musclés étaient encore plus jeunes que moi… ! Je croyais que c’était des vieux flippants.

C’est impossible… C’est impossible qu’ils aient le même âge que des collégiens… Est-ce qu’ils reçoivent un entraînement intense ou quelque chose comme ça ? Bon sang… Tout d’un coup, je n’avais plus très faim.

Une fois le barbecue terminé, il était temps de se reposer. Les femmes des tribus dormaient à tour de rôle, certaines faisant office de guetteuses alternantes.

Apparemment, c’était pour se méfier des monstres qui rôdaient dans la forêt, mais la menace d’attaques d’autres tribus était aussi très réelle. Toutes les tribus n’étaient pas hostiles, mais nous étions certainement en compagnie de certains types violents.

J’avais été tenté d’ouvrir [Porte] afin de me barrer, mais partir après avoir entendu parler du problème m’aurait laissé un mauvais goût dans la bouche.

J’avais dressé une barrière autour de nous à l’aide d’un [Bouclier] et j’avais décidé de me joindre au quart de garde. Après tout, la barrière était au mieux une mesure temporaire. Les cinq championnes n’avaient pas à prendre la garde de nuit. Elles avaient besoin de toutes leurs forces pour les matches du lendemain. On leur avait permis de dormir toute la nuit. Avoir Sue dans la garde aurait été aussi inutile, alors on l’avait aussi laissée dormir.

Il n’y avait que moi et des femmes de la tribu Rauli. Nous entourions un feu de camp flamboyant, en faisant attention aux alentours.

Linze et Yumina avaient pris le quart de garde au tour précédent, alors elles dormaient sainement dans des sacs de couchage à proximité.

Soudainement, j’avais senti quelque chose d’étrange. Quoi... C’est…

Je m’étais levé et j’avais marché plus profondément dans les arbres. Les femmes de la tribu Rauli m’avaient brièvement regardé dans les yeux, mais elles étaient ensuite retournées à ce qu’elles faisaient. Elles avaient probablement supposé que je faisais une pause pipi ou quelque chose comme ça.

Je marchais de plus en plus profondément, et la présence que je ressentais devenait de plus en plus forte au fur et à mesure que je marchais. Je l’avais reconnu. Cela ressemblait à ce que j’avais ressenti à Ramissh.

***

Partie 5

J’étais arrivé dans une clairière au fin fond de la forêt.

C’était ici. Juste ici. J’avais trouvé l’endroit. 

« M’entends-tu ? »

Tous les arbres dans les environs avaient été soudainement bousculés par le vent. Le clair de lune brillait sur moi, illuminant la clairière.

Au clair de lune, une lueur verte commença à se révéler à moi.

« Nomme-toi toi-même. » 

Le feu vert changea progressivement de forme. Au bout d’un certain temps, elle prit la forme d’une jeune fille aux cheveux émeraude éblouissants. Elle portait une robe d’une seule pièce et son corps émettait une faible lumière verte. Ses yeux brillaient comme du précieux jade.

« Es-tu… un esprit ? »

« Effectivement. Je suis l’Arbre qui préside sur la Mer des Arbres. Je suis l’Arbre des Vœux incarné. »

« C’est bien ce que je pensais. J’ai ressenti quelque chose de semblable à ce que j’avais ressenti à Ramissh. Bien que, à l’époque, la présence semblait… plus sale. Plus toxique. »

J’avais senti une faible présence de l’Arbre des Vœux lui-même, mais celle-ci était beaucoup plus présente chez cette fille. Si elle ne s’était pas pleinement manifestée, je ne l’aurais probablement pas du tout remarquée.

« C’est toi qui… ? As-tu combattu l’Esprit des Ténèbres ? Alors c’est toi qui l’as sauvé ? »

« Sauvé ? J’ai couru et je l’ai exorcisé, c’est tout. »

« Les esprits sont des êtres immortels, mon enfant. Comme le monde tourne, nous aussi. L’Esprit des Ténèbres reviendra un jour pour marcher sur la terre. Plus important que cela… Qui est-ce que tu es au juste ? Pourquoi portes-tu si peu de vêtement ? C’est quoi cette… odeur ? Ce sentiment ? Ton corps laisse échapper du pouvoir au-delà même du mien. »

Hm… Peut-elle sentir le pouvoir divin ou quelque chose comme ça ? Je suppose que j’ai jeté beaucoup de sorts tout à l’heure… Peut-être que mon pouvoir a un peu échappé quand je faisais ça. J’avais défait mon [Mirage] afin de révéler ma vraie nature.

« Je suis Mochizuki Touya, le grand-duc de Brunhild, un duché situé juste au nord de cette région. Je suis actuellement soumis à des circonstances… spéciales, mais à toutes fins utiles, je suis un être humain. »

« Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire… ? »

L’esprit de l’Arbre semblait confus. Je ne savais pas vraiment quoi faire. Il était clair que mon explication de la situation n’était pas très satisfaisante… mais je ne savais pas si elle me croirait si je lui parlais de Dieu.

Je n’avais pas non plus vraiment l’impression que la situation était assez grave pour appeler Dieu Tout-Puissant ici… Mais il y avait une autre option, même si elle était un peu gênante.

J’avais ouvert une [Porte] et je l’avais mise devant moi. Il semblerait qu’elle dormait dans son lit quand le portail s’était ouvert.

« O-Owie ! Qu’est-ce qui se passe ici, Touya !? Ça fait mal, sais-tu ? »

Karen, ma chère sœur, regarda autour d’elle les yeux à moitié ouverts. Elle portait un pyjama rose couvert de cœurs roses… C’était un peu bizarre.

J’avais un peu réfléchi à la façon dont j’avais traité Karen, et j’avais réalisé que je n’avais pas été très gentil. Mais quand je l’avais regardée, je n’avais pas vraiment eu l’impression que c’était une déesse. Elle était imprudente, aimait faire des farces, était terriblement égoïste et me volait mes collations !

Mais même ainsi, je ne pouvais pas la détester. D’une certaine façon, je me sentais vraiment comme un membre de sa famille. Elle m’avait aussi traité comme un petit frère… alors j’étais satisfait.

« Salut, Karen. Peux-tu faire le même truc que faisait Dieu Tout-Puissant ? »

« Hein ? Je ne sais rien du tout, vois-tu ? Parles-tu de la Libération Divine ? »

« Oui, cela doit être ça. »

Tout à coup, une lumière jaillit du corps de ma sœur, aveuglant tout le monde dans les parages. Ce n’était pas aussi écrasant que celle du Dieu Tout-Puissant, mais c’était vraiment incroyable. Même si elle était un peu idiote, elle faisait clairement partie d’un panthéon divin.

« Hmm… Tu penses peut-être à quelque chose d’impoli ? »

« A-Ah, je suis désolé ! Pardonne-moi ! Laisse-moi partir !! »

Elle avait immédiatement commencé à me pincer les joues. Ça faisait un mal de chien.

Pendant que je frottais mon pauvre visage, l’Esprit de l’Arbre s’était prosterné devant nous.

Il semblerait que l’aura divine était même efficace contre des êtres comme elle. Les dieux avaient un pouvoir incroyable, après tout. Même si ce dieu était… Karen.

« Je peux savoir quand tu penses à des choses méchantes, vois-tu ? »

« Agh, je suis désolé ! Pardonne-moi ! »

… Vraiment, les dieux étaient terrifiants.

« Alors… Le Seigneur Touya est pour Dame Karen… »

« Mon petit frère dans ce monde, oui. C’est aussi un individu doté du pouvoir du Dieu Tout-Puissant, vois-tu ? »

Ce n’était pas toute la vérité. Ce n’était pas comme si le pouvoir m’avait été conféré pour une raison particulière, c’était un simple coup de chance. Une erreur de la part du vieux, c’est tout.

Mais quand même, l’esprit de l’arbre semblait satisfait, alors c’était fini.

« Pourquoi un homme comme lui est-il présent à l’élagage ? »

« Je suis ici pour encourager les membres de ma famille, certaines d’entre elles participent. Ah, c’est vrai… Ne truque pas le tournoi en ma faveur. »

« Je-Je vois… »

Eh bien, la tribu Jaja était le groupe chargé de déclarer le gagnant, donc elle n’avait probablement rien à voir avec ça.

Pourtant, cette situation était intéressante. Il semblerait que, tandis que Karen pouvait supprimer complètement sa divinité… Je n’étais pas capable d’un tel exploit. C’était ainsi que l’esprit de l’arbre avait eu vent de moi au début. Ce n’était pas dangereux pour le moment, alors j’avais décidé de ne pas m’inquiéter. De toute façon, c’était probablement un pouvoir que j’apprendrais avec le temps. Le pouvoir divin n’était pas quelque chose qu’on pouvait simplement enseigner et transmettre, c’était une chose innée.

« Alors… cet élagage… c’est un festival ou quelque chose de ce genre ? »

« Autrefois, les tribus se battaient pour régler leurs différends. J’ai utilisé ma protection spirituelle pour m’assurer qu’ils ne perdent pas la vie. Peu de temps après, c’est devenu une tradition et une fête, bien qu’il s’agisse maintenant de questions d’honneur et de territoire. »

« Ah, je me souvins de quelque chose, sais-tu ? Je me souviens que l’esprit de l’Arbre des Vœux avait la capacité de nourrir et de protéger la vie. C’est logique pour moi ! »

C’était intéressant. L’Esprit des Arbres avait la capacité de préserver la vie, ce qui devait être l’un de ses talents innés. Mais elle ne semblait pas si indulgente que ça quand on tenait compte des gens qui sont morts pendant l’élagage.

Néanmoins, si elle pouvait protéger n’importe qui, n’importe où, ce n’est pas comme si la lutte pour la survie était si ardue dans la mer des arbres.

« C’est assez intéressant, sais-tu… Oui, j’aimerais bien voir cet élagage de première main. J’encouragerai Yae et les autres ! »

« Attends, ne rentres-tu pas chez toi !? »

« Le sais-tu… dire quelque chose comme ça après avoir convoqué de force une fille jusqu’ici… C’est plus qu’un peu grossier… sais-tu ? »

« Owowowowowowowowow !! »

J’avais été une fois de plus pincé sans merci.

Le deuxième jour de l’élagage était arrivé.

Les tribus qui s’étaient qualifiées pour le deuxième tour étaient toutes prêtes à partir. L’ordre du jour de la journée comprenait deux matchs. Les huit vainqueurs se qualifieront pour la finale, qui aura lieu le lendemain.

En toute honnêteté, je ne voyais aucune équipe qui pouvait rivaliser avec l’équipe Rauli.

« Au fait… quelle tribu a gagné le dernier élagage ? »

« Ils s’appelaient les Panau, mais ils sont partis depuis longtemps. »

Ce n’était pas très surprenant. Une dizaine d’années s’étaient écoulées depuis le dernier élagage. C’était une très longue période dans un endroit construit autour de la survie des plus forts.

Il y avait beaucoup d’adversaires, mais ils n’étaient pas encore à la hauteur de notre équipe. En ce qui concerne notre liste, Lu était définitivement le maillon faible. Pam était plus forte qu’elle, et Elze était plus forte que Pam quand elle employait [Renforcement]. Sans aucun sort de fortification, Yae et Hilde étaient aussi fortes qu’Elze l’était avec [Renforcement].

Je n’imaginais pas que quelqu’un puisse battre notre équipe, mais nous devions absolument tenir compte de la compatibilité des armes et des types d’adversaires auxquels elles pouvaient être confrontées. Ce serait mauvais si Pam, qui maniait une hache, était confrontée à un manieur de couteau agile. Ce serait mauvais aussi si Elze, une combattante au corps à corps, se trouvait face à un adversaire ayant une lance. Nous avions également dû tenir compte de l’ordre de combat.

L’ordre d’aujourd’hui était différent de celui d’hier. Yae était en tête, puis Pam, puis Hilde, puis Elze, et enfin Lu, la capitaine. Elle était en dernière position dans l’ordre des combattants.

« Wahoo! Le combat de Yae va commencer, vois-tu !? Applaudissons-la ! Sors-le du terrain ! Yae, Yae, c’est notre fille ! Si elle ne peut pas le faire, je vais vomir ! »

« Karen… Ce n’est pas du baseball… Et ce n’est pas non plus un événement de pom-pom girl. »

Karen était à mes côtés, se pavanant comme une idiote. Naturellement, elle portait aussi la tenue Rauli. Ça aurait été gênant si elle était restée en pyjama, mais cela restait pourtant embarrassant.

Karen s’était vraiment démarquée parce qu’elle avait une belle silhouette. Je n’aurais pas dû être trop surpris par son corps. C’était littéralement une déesse, après tout.

Alors que j’étais perdu dans mes pensées, Yae avait facilement abattu son ennemi. Il n’y avait pas lieu de s’inquiéter de l’affrontement. L’équipe ennemie avait l’air complètement abasourdie. Ils avaient dû envoyer un homme fort, mais si c’était ce qu’ils avaient de mieux à offrir, on s’en sortirait très bien.

Notre équipe gagna assez facilement. Pam et Hilde avaient toutes deux gagné leurs matchs sans problème.

« C’est quoi ce… Elles ont toujours été aussi fortes ? »

Elles s’entraînaient tous les jours et accomplissaient de temps en temps des quêtes de guilde. Mais quand même, même si elles s’entraînaient quotidiennement dans nos installations privées, la vitesse de leur montée en puissance m’avait surpris.

Tandis que je murmurais et réfléchissais, Karen se tourna vers moi.

« Hm… Je me demande… Il se peut qu’elles se transforment en Pupilles, sais-tu ? »

« Pupilles ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« Le pouvoir divin que tu détiens n’est que le pouvoir des dieux… mais il ne s’est pas réveillé complètement en toi. Tu ne peux pas l’utiliser à la demande, sais-tu ? Si je devais décrire ce que tu es en ce moment… Je t’appellerais un demi-dieu, vois-tu ? »

Attends… Je suis déjà à ce niveau ? Je veux dire, j’ai senti mon corps bouger un peu, mais quand même… Cela signifie que je perds mon humanité encore plus vite que je ne l’avais prévu.

« Ceux que j’appelle les Pupilles sont ceux qui ont reçu les bénédictions d’un dieu. Touya, tu distribues inconsciemment des fragments de ta divinité aux gens que tu considères comme ta famille. On pourrait le considérer comme une bénédiction née de l’amour d’un dieu… Si nous l’examinions à une échelle plus macro, nous, les dieux, nous sommes tous les Pupilles de Dieu dans le monde. Son tout-puissant pouvoir est distribué à nous, sa famille, vois-tu ? »

***

Partie 6

Ah, je comprends un peu… Il est certain que je considère ces filles comme ma famille. Je veux qu’elles soient protégées. Donc ça veut dire que j’en ai fait mes Pupilles sans le savoir ? Huh… Donc je suppose que Karen, et même moi, sommes les Pupilles du Dieu Tout-Puissant.

« Ces filles ne s’éveilleront jamais à leur propre pouvoir divin ou quoi que ce soit d’autre, mais, en raison de ta présence, elles peuvent développer des capacités spéciales. Je suis sûre que si les choses continuent comme ça, elles resteront dans l’histoire comme les humaines les plus fortes. »

« Elles deviendront aussi puissantes !? »

« L’amour de Dieu n’est pas insignifiant, vois-tu ? Les êtres qui sont aimés par le divin deviennent simplement puissants. C’est l’ordre naturel des choses. Le processus s’inversera si jamais tu en viens à les détester. »

Cela n’arrivera pas. Je ne pouvais pas m’imaginer détester l’une de ces filles… Mais je ne savais pas que je les rendais plus puissantes en m’occupant d’elles.

« Pourtant… tu n’es qu’un demi-dieu… Elles sont un peu puissantes pour… Oh… Oh ! »

« Hein ? »

« Oh, je vois… C’est comme ça, alors… ? Je suppose que c’est bon, vois-tu ? »

« … S’il te plaît, arrête de te rassurer. Dis-le-moi, c’est tout. »

J’avais grommelé contre Karen, qui pour une raison quelconque s’était soudainement mise à murmurer à elle-même.

« Ah, eh bien… Ces filles… il semblerait qu’elles soient aussi mes Pupilles. »

« Quoi ? »

« Je te considère comme mon petit frère, Touya. Ainsi, en tant que membre de ta famille, elles font aussi partie de la mienne, et je les aime beaucoup. Mais mon amour pour elles n’est pas aussi fort que le tien, vois-tu ? »

C’était logique. Elle était après tout le dieu de l’amour. J’étais un simple demi-dieu. Les filles avaient aussi une bonne relation avec elle. Ça m’avait fait plaisir de les voir s’entendre avec leur belle-sœur.

« … Quelque chose ne va pas ? »

Linze nous appela, la curiosité l’avait gagné. Tous les applaudissements dans les parages l’empêchaient de nous entendre parler. Même si elle l’avait entendue, elle aurait eu du mal à comprendre.

« Non, tout va bien. »

« Je vérifiais combien Touya t’aime, Linze. »

« C’est… alors !? Je-je, euh… Je-je t’aime aussi… »

« Ehehehe ! C’est vrai, c’est vrai ! Espèce de mignonne ! »

Karen fit un gros câlin à Linze, qui était maintenant rouge comme une betterave.

Ouaip… C’est donc l’amour d’un dieu. Très bien, je comprends pourquoi ce sont aussi ses pupilles.

« Touya, regarde par là. »

« Hm ? »

Je regardais dans la direction que Yumina m’avait indiquée et je vis deux hommes debout au sommet de l’une des souches de l’arène. L’un des hommes était grand, brandissant une grande épée. L’autre était chauve, plus agile et maniait un bâton de bo.

L’homme immense était clairement de la mer des arbres, mais l’autre homme semblait différent. En regardant la couleur de sa peau, il semblait être d’origine orientale. Je me demandais si c’était un assistant comme nous.

Il continuait d’esquiver habilement chaque coup, usant le géant avec aisance. Finalement, il vit sa chance et la saisit, poussant le bâton dans la poitrine de son ennemi. Le géant avait été plaqué au sol en quelques secondes, et le chauve fut déclaré vainqueur. Il s’inclina devant son ennemi et retourna dans la tribu qu’il représentait.

Il était fort, et aussi clairement habile. Il avait peut-être été engagé par l’une des tribus pour gagner le tournoi pour eux. D’ailleurs, cela n’avait aucun rapport, mais essayez de dire « chauve se bagarrant avec un bo » très vite. C’est une sacrée torture pour la langue, non ? Je n’ai pas pu le faire plus de trois fois.

Je continuais à regarder, tout en ayant ces idées stupides dans ma tête, jusqu’à ce que je vois un autre étranger sortir pour représenter cette tribu. J’avais été surpris de voir émerger une femme qui n’avait pas l’air à sa place parmi les gens d’ici.

Ses oreilles étaient pointues comme des couteaux, ses pupilles étaient d’un or pur. Il y avait des traces d’écailles sur sa peau brune. En plus de cela, une large queue sautait par-delà son derrière, et deux cornes incurvées poussèrent de ses cheveux noirs courts. Je n’avais jamais rien vu de tel.

« Elle est du clan du dragon, n’est-ce pas ? », m’avait chuchoté Yumina.

Le Clan du Dragon… C’était probablement le cas. Le Clan du Dragon était l’un des sept clans demi-humains de Mismede.

« Le Clan du Dragon est peu nombreux. Parmi les clans de Mismede, ce sont ceux qui comptent le moins de membres, mais c’est une race noble de guerriers, et on dit qu’ils sont exceptionnellement puissants. C’est la première fois que j’en vois un en chair et en os. »

Je n’en avais pas vu non plus quand on était à Mismede. Apparemment, le clan du Dragon n’aimait pas s’impliquer dans la politique et ne concentrait généralement ses intérêts que sur l’entraînement et l’exercice. Ils n’occupaient pas non plus de postes élevés à Mismede.

Elle portait des gants gris foncé. On aurait dit que c’était une bagarreuse comme Elze.

Au moment où son match commença, elle s’était avancée en un éclair. En quelques secondes, elle était à quelques centimètres de son ennemi brandissant une hache. Sa paume droite avait été projetée. Le mouvement étant presque imperceptible à l’œil nu. Un grondement retentit, et son adversaire fut propulsé hors des limites. Elle n’avait même pas posé sa main sur lui.

Qu’est-ce que c’est que ce bordel… ? Est-ce une sorte de… libération d’énergie stockée ? Ça n’a pas pu être magique, c’est interdit sur le ring.

Tout comme le chauve, elle s’était inclinée et était retournée dans son camp. Elle avait l’air assez digne. Je me demandais s’il s’agissait d’élèves d’une école de combat qui enseignait le respect envers un ennemi vaincu, comme au kendo ou au judo.

« On dirait que gagner ne sera pas un jeu d’enfant. »

« On dirait bien. »

Nous avions regardé les autres champs de bataille et vîmes divers guerriers à l’allure farouche. Cependant, aucun d’entre eux ne semblait aussi imposant que le chauve et la fille dragon.

« Quoi !? » Karen avait soudain fait un bruit bizarre en regardant une silhouette. Je me demandais ce qu’elle avait vu. Je regardais et je vis deux personnes s’affronter à l’épée. L’un d’eux était clairement un membre d’une tribu de la mer des arbres. L’autre semblait être un étranger venant d’un autre pays. C’était une épéiste, elle tenait une épée dans une main et parait habilement les attaques de son ennemi. Ses cheveux étaient courts et violets, et sa peau était d’un blanc très pâle.

« Pourquoi... Oh… Oh mon Dieu… »

Incroyable. Elle ne bouge pas du tout… Elle bloque même les attaques venant de derrière ! Comment peut-elle faire tout ça !? Plus important encore, comment peut-elle faire tout ça d’une seule main !?

Finalement, son adversaire manqua d’énergie, et elle l’abattit en le frappant à l’épaule. D’un seul coup, il avait été mis à terre. Sa victoire avait été scellée.

Qu’est-ce que c’est que ce bordel... Elle a gagné sans faire un seul pas ! Ce type n’avait pas non plus l’air d’un bouffon.

Malheureusement, la tribu de l’épéiste n’était vraiment pas à son niveau, et ses alliés perdirent les quelques matches suivants.

« Quoi... Pourquoi ? Pourquoi est-elle ici ? »

« Hm ? »

Karen la connaît ? Nous l’avions vue sortir des Terres des Vœux, mais elle s’était soudainement retournée. Pour une raison quelconque, elle m’avait fait signe de la main et m’avait souri.

Quoi ? Hein ? Est-ce que je la connais ?

« Touya… J’ai besoin de toi un moment. Yumina, je vais t’emprunter ton fiancé un moment, merci. »

« Hm ? Très bien. »

Karen m’avait emmené loin, loin des Terres des Vœux. Et, comme si nous étions attendus, nous étions tombés sur l’épéiste. Elle se tenait à l’ombre d’un arbre, souriante.

« Yo. »

« Ne me dit pas Yo ! Qu’est-ce que tu fais ici !? »

Karen croisa les bras, une expression absolument incrédule sur son visage. L’épéiste répondit avec un rire sec et sans peur.

« Officiellement, je suis là pour t’aider. Officieusement, j’ai pensé que ça pourrait être amusant. »

« Hrmph... »

L’identité de l’épéiste m’était complètement inconnue, mais j’avais eu une idée terrible. Je ne voulais cependant pas que ce soit vrai…

« Karen… Cette fille… Est-elle… ? »

« Oui. Elle est comme moi. C’est le dieu des épées. »

« Le dieu des épées !? »

J’avais raison, et c’était un dieu du combat, rien de moins… Et apparemment, c’était une capricieuse qui venait pour s’amuser. Mais quand même, j’avais vraiment l’impression que les dieux avaient un peu trop de temps libre. Bien que, je suppose que capturer des dieux serviles était techniquement du travail, même si cela ressemblait plus à une excuse commode pour s’amuser…

« Enchanté de te rencontrer. Bien que je t’ai espionné de temps en temps, j’ai donc l’impression de te connaître déjà. C’est cool, mon frère. »

« Euh… Dans ce cas, je suis ravi de te rencontrer. Je m’appelle Mochizuki Touya. »

« Oh, mais euh… Hé, Dieu de l’Amour. Karen, c’est quoi cette histoire de famille ? »

« C’est mon identité ici-bas ! Je suis sa grande sœur, sais-tu ? Mochizuki Karen ! Ça sonne bien, non ? »

Karen gonfla la poitrine et se racla la gorge. Je ne savais pas pourquoi elle jubilait. Puis l’épéiste, ou plutôt… le Dieu de l’épée avait dit quelque chose de complètement excentrique.

« Ça a l’air cool. D’accord, je serai aussi sa sœur. »

« C’est interdit, sais-tu ? Je suis la seule grande sœur ici ! »

Karen commença à rougir et à rire comme une idiote. En réponse, le Dieu de l’épée lui serra les deux mains l’une contre l’autre.

« Je te dis que c’est cool. Je suis sa deuxième sœur, donc ça fait de moi ta petite sœur. Allez, Karen… Grande sœur… »

« Je suis la grande sœur de deux enfants ? »

« Oui, exactement. Je suis ta petite sœur, hein ? »

Karen fit un geste exagéré en tapant du menton. Finalement, elle claqua la langue en nous regardant tous les deux. On aurait dit une pièce de théâtre.

« Très bien alors ! C’est entendu, vois-tu ? »

« Super. Ça fait aussi de moi ta sœur, alors sois gentille avec moi. »

Le Dieu de l’épée, qui était inexplicablement devenue ma seconde sœur, se tourna vers moi et sourit.

Et, juste comme ça, j’avais maintenant un autre membre de ma famille.

Qu’est-ce qui a bien pu de se passer ?

***

Partie 7

« Touya a une autre sœur !? »

« C’est vrai, sais-tu ? Elle s’appelle Mochizuki Moroha ! La Petite Moroha ! C’est ma petite sœur, sais-tu ? »

« Enchantée de vous rencontrer. »

Le Dieu de l’épée… ou plutôt, Moroha, ma sœur… serra la main de Linze. Tout le monde était déconcerté par l’apparition soudaine de ma deuxième sœur. Je ne pouvais pas les en blâmer, car j’étais perplexe moi aussi.

« Désolée d’avoir mis autant de temps à te rencontrer. Nous sommes les humbles fiancées de ton frère… C’est un honneur. »

« Ouais, c’est bien. Je te connais, toi. Tu es Yumina, celle-là c’est Linze, et celle-là c’est Sue, hein ? »

« Ah, tu nous connais ? »

« Ouaip. Je vous ai observé d’en haut… »

« Lettres ! Des lettres ! Ouaip ! Karen lui a écrit des lettres, c’est comme ça qu’elle vous connaît ! »

Ma nouvelle sœur était sur le point de dire quelque chose de stupide, alors je m’étais vite immiscé. Moroha ne semblait pas du genre à bien comprendre les situations. Elle avait l’air un peu étourdie. Elle était à peu près aussi belle que Karen, mais elles étaient dans deux catégories différentes. Karen était mignonne, mais Moroha avait un air de dignité… elle était classe.

Elle était vraiment grande, et elle avait pour elle une certaine grâce. Si j’avais découvert qu’elle faisait partie d’une troupe de danseurs itinérants, je n’aurais pas été surpris.

« Mais quand même… que fais-tu dans un tel endroit, hein ? »

« Oh, euh… J’ai essayé d’entrer de force afin de participer. Ça avait l’air intéressant, non ? J’ai fini par perdre parce que mes coéquipiers n’étaient pas très forts. Mais je suis venue ici pour voir comment devenir plus forte. »

Moroha avait trouvé une excuse commode pour détourner l’interrogatoire de Sue.

Apparemment, elle regardait d’en haut, mais elle avait trouvé la situation si intéressante qu’elle était descendue, s’était introduite de force dans une tribu et s’était battue comme un de leur membre comme si c’était normal. Mais la tribu la traitait comme une vieille amie. Je me demandais s’ils avaient été hypnotisés… Il ne devrait pas être impossible pour un dieu de manipuler quelqu’un comme ça.

Strictement parlant, il leur était interdit de s’immiscer dans les affaires des mortels…

Mais apparemment, cela se limitait à la non-utilisation de leur pouvoir divin ici, sur Terre. S’ils faisaient des choses avec leur corps humain surpuissant, alors c’était permis. Leurs capacités physiques étaient fondamentalement au sommet du potentiel de l’humanité. Ils n’étaient pas des maîtres, mais des monstres.

Pourtant, même si je les suppliais d’effacer la Phase ou de restaurer Yulong, ce ne serait pas possible. Ces dieux inutiles étaient tout simplement incapables d’agir en dehors de leurs domaines respectifs.

« De plus en plus forte ? Est-il possible que l’habileté de Touya avec une lame soit le résultat de ton entraînement ? »

« Ah… En quelque sorte, je suppose. Mais l’art de l’épée de Touya est en grande partie le résultat de ses propres techniques. »

« Mais il n’y a personne au monde qui puisse égaler Moroha, vois-tu ? C’est la plus grande combattante d’épée de la planète. »

Karen avait commencé à se vanter, comme si le talent de Moroha était le sien. Elle était exactement comme elle. C’était aussi un dieu. Je me demandais s’il serait possible de demander à Moroha de former notre ordre de chevalier.

Pourtant, elle était le Dieu de l’épée… Il était tout à fait possible qu’elle n’eût aucun talent pour les haches ou les lances. Eh bien, il était aussi possible qu’elle soit forte avec les poignards et les lames courtes, alors j’avais décidé de le lui demander plus tard.

« Oh, le match de Yae va commencer ! Elles iront en finale si elles gagnent. »

La voix de Sue mit un terme à mes réflexions. Je m’étais ainsi tourné vers la scène. Les matches d’aujourd’hui détermineront les huit premiers, et ils se disputeront le titre de Seigneur des Arbres un jour plus tard. Mais à l’heure actuelle, il restait seize équipes.

« La tribu Balm a gagné et a aussi avancé. »

« Comme nous le pensions, leurs champions ne sont pas ceux qui se sont battus avec nous la dernière fois. Ils ont l’air forts. »

C’était évident. S’ils avaient gagné avec la chair à canon que j’avais vue hier, ils auraient eu beaucoup de chance.

J’avais décidé d’arrêter de penser à ces tarés afin de regarder le match de Yae.

L’ennemi de Yae était un homme tribal couvert de tatouages. Il tenait un tomahawk dans chaque main.

Au moment où le match avait commencé, il chargea vers Yae, levant sa main droite haut. Yae recula, l’évitant facilement, puis elle utilisa sa main gauche pour parer sa main droite. Elle sauta immédiatement en arrière, ce qui provoqua la séparation des combattants.

« Yae a remporté ce combat. »

« Hein ? » murmura Moroha à elle-même en regardant le match.

L’homme se rapprochait de Yae, mais elle continuait simplement à esquiver ses attaques, comme si elle attendait que quelque chose se passe. Et puis, Yae changea d’emplacement. Elle esquiva habilement son tomahawk et laissa son katana l’emporter, coupant la chose en deux. La lame de l’arme était tombée hors des limites. Elle n’avait pas fait son mouvement de descente en piqué. Quand son katana revint, il coupa l’autre arme en morceaux.

Après ça, son arme frappa sur le torse de l’homme. Il avait été vaincu d’un seul coup.

« Le katana de Yae ne serait pas capable d’affronter une arme aussi destructrice. Il y a après tout une chance que la lame soit endommagée. Si elle l’avait attaqué et qu’il l’avait bloqué avec ses armes, ce serait la même histoire. Elle attendait son heure pour détruire le tomahawk. Même si elle a tiré sa lame et l’a vaincu d’un seul coup, elle aurait pu y mettre fin beaucoup plus tôt. La vérité, c’est qu’elle s’amusait. Elle testait probablement ses capacités, pour voir si elle pouvait le désarmer complètement. Elle a besoin de plus d’entraînement. »

Oho… Je vois… Je ne comprends pas tout à fait, mais elle semble… Moroha, le Dieu de l’Épée, comprenait tout d’un simple regard.

Pour le reste du match, Pam et Hilde remportèrent leur match sans problème, ce qui avait permis à la tribu Rauli d’accéder à la finale en toute sécurité.

Nous avions réussi à atteindre le dernier combat sans complications.

« Hm ? »

En regardant les autres combats, j’avais remarqué que la tribu des Balm combattait un groupe étrange.

Ils avaient des corps allongés et maigres avec une posture voûtée. Ils portaient tous des masques inhabituels sur le visage et des griffes sur les doigts. Eh bien… appeler ça un masque n’était pas tout à fait vrai, puisque cela ressemblait plus à un filtre à gaz. Pendant une demi-seconde, j’aurais pu facilement les confondre avec des gens d’une opération de nettoyage de matières dangereuses.

Leurs yeux avaient l’air… bizarres, aussi. Presque comme s’il y avait une sorte de folie en eux.

Le combattant actuel de la tribu des Balm, un homme costaud portant une lance ne s’en sortait pas très bien. Il avait des tonnes de petites égratignures sur tout le corps.

Il avait avancé son arme, mais son objectif avait été complètement dévié. L’homme respirait lourdement et transpirait comme un bœuf. Il semblait plus que fatigué.

« Hum, du poison ? »

« Quoi ? » commenta soudainement Moroha, à ma grande surprise.

Si c’était du poison… alors leurs griffes en étaient probablement recouvertes.

« Ce n’est pas comme si elle pouvait tuer ou quoi que ce soit, mais il semblerait qu’elle provoque des étourdissements, des engourdissements et de la somnolence. Ce n’est pas seulement sur leurs armes, mais il est aussi répandu sur toute la scène. »

« N’est-ce pas contre les règles ? »

« On pourrait le croire, mais non. La magie est interdite, mais rien d’autre. Bien sûr, les choses déshonorantes sont aussi interdites, mais tout est flou en ce qui concerne le poison. Après tout, certaines tribus utilisent le poison pour chasser leurs proies. »

Je suppose que c’est vrai. Mais je me sens un peu lâche. J’imagine que ces maigres ne sont pas vraiment forts, alors ils utilisent du poison pour compenser leur manque de force physique… C’est une façon assez intelligente de compenser, je le reconnais.

Je m’étais dit qu’il n’y avait pas de problème inhérent à se battre avec ce dans quoi on est spécialisé.

Le guerrier des Balm était complètement abasourdi, l’homme voûté chargea vers l’avant et enfonça ses griffes dans l’estomac de l’ennemi. Jeu, set, match.

Après ce tour, la tribu des Balm prit un coup énorme au moral. Ils n’avaient pas non plus mis longtemps à perdre les deux combats suivants. Les empoisonneurs, connus sous le nom de la Tribu des Rivets, avaient complètement éliminé les Balm de l’élagage sans grande fanfare.

« Huh, la tribu des Balm a perdu. »

« Au moins, la tribu des Rauli peut se reposer un peu plus facilement maintenant. »

Cela signifiait que la tribu des Balm ne pouvait pas prendre le titre de Seigneur des Arbres, ils ne pouvaient donc pas créer une loi qui nuirait à la tribu des Rauli, ce qui était une grande source de soulagement.

Pourtant, ce poison était certainement inquiétant. S’il était vraiment éparpillé sur la scène de combat, on n’avait même pas besoin de recevoir un coup pour qu’il fasse effet. Ils sembleraient mener des batailles défensives afin d’attendre que le poison fasse effet. Après tout, ce n’est pas la peine de se battre quand on peut attendre que son adversaire sorte.

Heureusement, la bénédiction de l’esprit empêchait le poison de se répandre au-delà des limites de l’arène des souches.

Bien que je supposais que ce soit une confirmation subtile que l’esprit de la forêt et les juges approuvaient le poison. En parlant de ça, l’arbitre sur scène avait aussi été affecté par le poison, mais ce n’était pas une dose mortelle, il serait sur pied en quelques heures.

Même s’il s’agissait d’une quantité non mortelle, c’était un préjudice majeur. J’avais décidé qu’il serait sage pour Yae et les autres de préparer les contre-mesures nécessaires. Après tout, elles pourraient se retrouver face à cette tribu.

J’avais posé des questions sur l’historique de la tribu des Rivet dans l’élagage, mais apparemment c’était leur première participation. C’était une tribu relativement nouvelle qui s’était séparée d’une tribu plus importante. La tribu d’origine utilisait quelques poisons pendant la chasse, mais le groupe d’échardes était beaucoup plus concentré sur le poison.

Les tribus de la mer des arbres n’étaient pas vraiment des familles, mais plutôt de minuscules sociétés. De nouvelles tribus naissaient tout le temps. Régulièrement, d’anciennes tribus s’effondrèrent ou fusionnèrent.

« Oh. »

Le combattant du Clan des Dragons se battait ailleurs. Elle se déplaçait avec la même démarche délibérée, ne faisant pas de mouvements inutiles. Comme avant, son ennemie avait été anéantie.

C’était le troisième match de la tribu, donc celle qu’elle représentait se qualifia aussi pour la finale.

Chacune des huit tribus les plus importantes avait un élément qui lui était propre. L’une d’elles portait des fourrures pleines de ce qui semblait être des jaguars, une autre avait une arme usagée faite d’os d’animaux, et ainsi de suite. C’était vraiment des groupes variés.

J’étais un peu préoccupé par le défi.

« Doit-on vraiment faire ça ? »

« Ouais. Ne te retiens pas. Viens à moi avec tout ce que tu as. Mais la magie n’est pas autorisée. »

Après avoir présenté Moroha aux autres filles, Hilde et Yae lui demandèrent de se battre avec elles.

Karen n’arrêtait pas de jubiler au sujet du talent à l’épée de Moroha, ce qui avait suscité l’intérêt des deux. Mais Hilde et Yae participaient encore à l’élagage, donc je ne pouvais pas me permettre de les épuiser. Il y aura un match important le lendemain. Ce serait trop risqué.

Mais malgré cela, Hilde et Yae continuèrent à demander de voir un exemple des compétences de Moroha. Donc, après quelques disputes, il avait été décidé que nous allions mener une bataille fictive.

« Pourquoi dois-je le faire ? »

« Il n’y a aucune autre personne qui puisse le faire. »

C’était assez vrai. Même en excluant Yae et Hilde, ce n’était pas comme si je pouvais laisser Linze ou Yumina se mesurer à elle.

C’était juste une opportunité. À vrai dire, j’étais moi-même un peu curieux. J’avais pris mon épée en mithril dans mes mains et j’avais affronté Moroha.

« Assure-toi d’aller jusqu’au bout, d’accord ? »

« Alors je vais commencer ! Haaah ! »

Je m’étais précipité vers elle et j’avais frappé avec mon épée, puisque je voulais tester quelque chose. Ma sœur aînée para le coup avec aisance et tourna autour de moi, puis me frappa avec sa propre épée dans le dos. Je m’étais penché et j’avais à peine réussi à esquiver la lame.

Je m’étais repositionné et j’essayais une feinte. J’avais fait semblant de viser son torse avec une frappe horizontale, mais j’avais soudainement déplacé mon mouvement vers le haut pour aller chercher son bras. Cependant, avant que je puisse faire quoi que ce soit, Moroha m’avait foncé dessus et m’avait fait perdre l’équilibre. J’étais tombé par terre et j’avais roulé sur une distance considérable. Elle n’avait pas couru après moi, ce qui signifiait qu’elle n’utilisait même pas son plein pouvoir.

***

Partie 8

Elle me sourit légèrement, mais cela m’irritait encore plus. D’accord, elle n’était pas sérieuse, alors allons-y à fond !

« … J’abandonne. »

J’étais là, hébété et plaqué au sol, dans un état d’abandon total. C’était impossible. Absolument impossible. J’avais réussi à l’effleurer une ou deux fois, mais je n’avais pas réussi à lui donner un vrai coup. Si j’avais été capable d’utiliser la magie, ça aurait pu marcher, mais mon niveau à l’épée seul avait des années de retard sur le sien. Je ne pouvais même pas espérer être comparé à elle. Après tout, c’était le dieu des épées. À quoi m’attendais-je ?

« Et bien, tu es beaucoup plus fort que je ne le pensais. J’ai même fini par devenir un peu sérieuse. Je parie que si tu continues à t’entraîner un peu plus fort, tu pourrais atteindre mon niveau, pas vrai ? »

Non merci… Ça ne m’intéresse pas d’être ton apprenti ou quoi que ce soit. En plus, si je deviens encore meilleur à l’épée, je ne pourrai pas me battre équitablement contre quelqu’un d’autre que toi.

« Je pouvais à peine voir leurs mouvements. »

« Pareil pour moi… Ces deux-là… sont incroyables… »

Hilde et Yae avaient l’air stupéfaites, mais elles parvinrent quand même à parler un peu. Même si elles pensaient que c’était incroyable, il y avait une différence claire et marquée entre mes compétences et celles de Moroha. Mais je n’avais pas eu la force de leur dire ça.

« Hmm ? À peine ? Ça veut dire que vous pouviez voir nos mouvements, même un peu, hein ? Wôw… vous êtes plutôt prometteuses… »

Moroha avait souri à Yae et Hilde. Toutes les deux la regardèrent avec étonnement. Je pouvais pratiquement voir les étoiles dans leurs yeux. Elles semblaient heureuses qu’elle les complimente. C’était ce que je m’étais dit.

« J’ai l’intention de rester avec Touya un moment, alors j’aimerais vous donner des leçons de maniement de l’épée. »

« Vraiment !? Merci, chère sœur ! »

« O-Oh bonté divine… Je vous remercie très sincèrement. »

Les deux filles semblaient encore plus excitées maintenant. Je n’avais pas pu m’empêcher de penser que c’était la naissance de deux nouveaux acolytes du Dieu des épées.

« Hmph… On dirait que la petite Moroha a volé deux de mes belles-sœurs, sais-tu… ? »

« Je te respecte encore beaucoup, Karen… »

« Aww ! Linzey-winzey ! Tu es une si gentille fille, je t’aime ! »

Karen fit à Linze un câlin d’ours pour des raisons que je ne connaissais pas du tout. Lu n’était pas complètement subjuguée comme les deux autres, mais elle s’intéressait aussi un peu à Moroha. Elle n’était pas complètement cinglée comme Yae et Hilde, donc sa réserve était compréhensible.

J’avais finalement retrouvé la capacité de bouger à nouveau, alors je m’étais lancé [Rafraichissement] sur moi-même, me retrouvant à nouveau en pleine forme. Bon sang… On dirait que j’ai encore des choses à apprendre.

Je ne savais pas exactement quand, mais nous avions attiré des spectateurs. Notre combat était assez sauvage, donc ce n’était pas si surprenant.

« Qui sont ces gens ? »

« Des invités de la tribu Rauli. Mais ceux-là ne sont pas leurs champions. »

« Bonté divine… mais ils sont si forts. Pourquoi celle-là ne participe-t-elle pas pour eux ? »

« Je ne sais pas. »

Les spectateurs avaient continué leurs chuchotements insouciants autour de nous. Pourquoi ne me battais-je pas dans ces duels ? C’était évident. J’étais un homme !

J’avais remarqué le manieur de bâton à tête chauve, et la combattante du clan des Dragons dans la foule.

Le chauve inclina la tête en me saluant, mais la fille dragonne me regarda sans bouger du tout. Huh… Son œil droit est doré, mais son œil gauche est rouge… Elle a un Œil mystique ou quoi ? Son regard s’était focalisé sur moi, et j’avais soudainement ressenti un sentiment de danger imminent. J’avais sorti mon Brunhild et j’appuyais sur la détente en quelques secondes.

Un homme tomba soudainement d’un arbre derrière la fille dragonne. Je lui avais envoyé une balle paralysante. Il tenait encore un arc et des flèches dans ses mains. Apparemment, il visait la fille dragonne.

« Connaissez-vous cet homme ? »

J’avais parlé à la fille dragonne en le pointant du doigt.

« … Un adversaire antérieur, d’une tribu que j’ai combattue aujourd’hui. »

C’était logique. Il voulait tout simplement se venger. Il ne supportait pas de perdre, alors il avait décidé de lui faire du mal. Un homme de la tribu Jaja était sorti et avait emmené le gars immobilisé.

L’élagage était plein de dangers, mais ce n’était pas comme si le fait d’attaquer les gens de façon déshonorante n’aurait pas de conséquences. Dans ce cas, sa tribu serait bannie du prochain élagage. Naturellement, à cause du déshonneur qu’il leur avait infligé, son peuple se retournerait contre lui. Au final, sa tribu allait sans doute l’exiler.

Il devrait errer dans la mer des arbres tout seul pour le reste de sa vie. C’était une punition suffisante.

« Je vous suis redevable. Je m’appelle Sonia Parallem. Je suis actuellement chez les Ruluch. »

La fille dragonne, Sonia, inclina lentement la tête devant moi.

« Et je suis Rengetsu. Merci beaucoup d’avoir aidé Sonia-san à sortir d’une situation potentiellement dangereuse ! »

Le manieur de bâton chauve inclina la tête également devant moi. Avec un nom comme Rengetsu, je me demandais s’il venait de Yulong ou d’Eashen. Je n’arrivais pas non plus à discerner son origine ethnique par la couleur de ses cheveux. Après tout, il n’en avait pas. Cependant, quand j’avais regardé de près ses sourcils, j’avais remarqué qu’ils étaient noirs.

« Rengetsu, d’où venez-vous ? »

« … Hm ? Je suis d’Eashen. Pourquoi ? »

Dieu merci… Ça aurait été chiant si ce type venait de Yulong… Les gens d’Eashen aimaient beaucoup voyager, même Yae errait quand je l’avais rencontrée pour la première fois. Ils agissaient probablement ainsi afin d’entraîner leur corps pour apprendre à connaître le monde.

D’un autre côté, les gens de Yulong ne voyageaient pas du tout. Disons plutôt que quitter le pays était difficile au départ en raison des anciennes politiques gouvernementales. Il y avait beaucoup de paperasserie et de réglementations complexes. Les gens en étaient arrivés au point où ils n’avaient pas pris la peine d’essayer de partir. Leurs nouvelles internationales avaient également été supprimées.

Mais l’ancien régime avait été complètement détruit, de sorte que les réfugiés quittaient Yulong à un rythme alarmant. Il n’y en avait pas beaucoup, puisque la plupart de la population avait été anéantie par la Phase, mais j’avais de la peine pour les nations qui devaient les accueillir.

« Je m’appelle Mochizuki Touya. Je suis en ce moment avec la… Tribu… Rauli Pardon, est-ce que ça va ? »

Sonia me regardait d’une manière bizarre, ce qui avait mis un frein à mon introduction. Je me demandais si elle invoquait son Oeil mystique.

« Uhm… Qu’est-ce qu’il y a ? »

« … Je ne suis pas sûre de vouloir connaître la réponse, mais… pourquoi vous faites-vous passer pour une femme ? »

Quoi ? Est-ce que mon [Mirage] est en panne ou quoi ? Ou peut-elle juste voir à travers ? Je l’avais tranquillement demandé à Sonia. Celle-ci avait acquiescé.

« Ah, ne vous inquiétez pas… Je sais que certaines personnes ont ce genre de hobby, je ne suis pas une personne qui juge. »

« Attendez une seconde ! Vous vous méprenez sur toute la situation ! »

Elle pensait que j’étais une sorte de travesti ou un homme qui aimait être vu comme une femme. C’était juste une illusion, je ne me travestissais même pas ! Je les avais emmenés tous les deux dans un endroit isolé pour m’expliquer.

La tribu Rauli ne serait pas déshonorée parce que je n’étais pas l’un de ses champions. Même si j’étais exposé, ma seule pénalité serait que je perde la possibilité de regarder les matches. Si c’était le cas, je n’aurais qu’à lancer [Invisibilité] et à regarder de cette façon.

« Alors… votre Œil mystique est-il la raison pour laquelle mon illusion ne marchait pas ? »

« Oui. J’ai l’Oeil mystique de la Révélation. Je peux voir à travers la supercherie visuelle. Tous les effets visuels causés par la magie sont complètement annulés par mon œil droit. »

Incroyable. Elle peut aussi annuler les sorts d’aveuglement. Mais si elle est prise au dépourvu, elle ne pourra peut-être pas le déclencher à temps.

« Ce n’est pas une grosse affaire, mais je préférerais que vous gardiez le silence. »

« D’accord. On est quittes, alors. Je vous ai remboursé ma dette pour m’avoir sauvée. »

C’est bon de voir des gens raisonnables dans le coin. Ces deux-là sont en fait plutôt sympas, on peut facilement parler avec eux… Selon le duo, ils n’étaient que de simples aventuriers qui parcouraient le monde ensemble pour s’améliorer. Apparemment, ils venaient juste d’arriver dans la région, et comme deux champions de la tribu Ruluch étaient tombés malades, alors ils avaient pris leur place.

« Nous avons eu la chance de voir votre bataille plus tôt, Touya. Vous êtes certainement quelque chose, mais… La femme que vous avez combattue, qui est-elle ? »

« Aha. C’est l’une de mes grandes sœurs, Moroha… C’est la cadette, et je suis le plus jeune. Gagner contre elle est pratiquement impossible. Quand il s’agit d’épée, elle est sans égal. »

« Sans espoir, vous dites… »

Le regard sur leurs visages en disait beaucoup. Ils ne m’avaient pas cru. Mais ça n’avait pas changé la vérité.

Pour l’instant, nous avions décidé de nous encourager l’un l’autre. Après ça, je m’étais séparé d’eux.

« Alors, tu étais là ? »

« Hm ? Pam ? »

Après ma séparation, Pam s’était pointée. Sa silhouette s’était révélée dans l’ombre, faiblement éclairée par le clair de lune.

« La tribu Balm ne va pas gagner, tu peux dormir tranquille. »

« C’est vrai… mais j’aimerais quand même voir comment… planifier le prochain élagage. J’aimerais vraiment porter ton enfant, Touya. »

« Tu as dit que tu abandonnerais si on gagnait. »

« Je sais que je l’ai dit. Et une femme Rauli ne rompt pas ses promesses. »

Pam avait un peu boudé. De toute évidence, elle était déçue.

« Si nous gagnons, utiliseras-tu ta loi pour bannir la tribu Balm ? »

« Hm, ça pourrait être le cas… Mais vu que nous sommes arrivés jusqu’ici, alors j’ai pensé à d’autres lois. Il est cependant difficile de penser à ce qui pourrait profiter à la tribu Rauli… »

Pam réfléchit tranquillement.

Quelque chose de profitable à la tribu Rauli, hein… ? Je suppose que le plus logique serait une loi qui profite aux femmes. Après tout, la tribu Rauli était opposée à l’égalité des sexes… Néanmoins, il serait préférable qu’elle ne mélangent pas leur politique du genre dans les lois de toute une région.

Après tout, la disparité entre hommes et femmes n’était présente que dans les tribus Balm et Rauli.

Cependant, si je devais l’admettre, je dirais que les femmes avaient probablement une vie plus dure que les hommes dans la mer des arbres.

« Oh ! Et si on faisait en sorte que seules les femmes puissent participer à l’élagage ? »

« Ne sois pas idiote. Ça ferait flipper les gens. »

Je suppose que tu as raison. Les autres tribus détesteraient ça. Il y a des tribus avec des femmes puissantes, mais la plupart des guerriers sont des hommes.

« Et si on faisait deux cérémonies d’élagage séparées, en fonction du sexe ? »

« Hm… Ça… pourrait être intéressant… Si elle était divisée par sexe, ma tribu aurait un avantage incroyable. »

Pam recommença à réfléchir.

Je n’étais pas si sérieux que ça… Mais je suppose qu’il est un peu injuste d’avoir des hommes et des femmes qui s’affrontent dans le même combat. Après tout, les Jeux olympiques ont deux catégories distinctes. Le corps d’un homme et le corps d’une femme étant fondamentalement construits pour des choses différentes. C’est un fait biologique, ce n’est pas de la discrimination, mais une simple différenciation.

« Mais si cette règle est établie, les tribus participeront probablement aux deux tournois. Cela ne va-t-il pas désavantager la tribu Rauli ? La tribu des Balm aussi. »

« C’est parfait. En fait, je préférerais ça. Si nous mettons cela en pratique, les tribus en général commenceront à valoriser davantage les femmes. »

Eh bien, c’était logique. Je n’y avais pas pensé sous cet angle. Si les femmes étaient placées dans une catégorie forcée, elles deviendraient également plus actives dans la société.

Cependant, si les femmes de toutes les tribus commencèrent à trouver leur force et leur indépendance, elles pourraient chercher un endroit où cette force sera mieux respectée. Elles pourraient même se retrouver bientôt avec la tribu Rauli. Cela rendrait la tribu plus forte… C’était vraiment rusé.

Améliorer la place de la femme dans la société n’était certainement pas une mauvaise chose… Du moins, ça n’aurait pas dû l’être, mais l’homme viril en moi se sentait un peu bizarre. J’avais peut-être proposé quelque chose d’étrange.

L’Esprit de l’Arbre devrait alors accorder deux lois si l’élagage était divisé en deux… Ce serait probablement une bonne chose.

Ce n’était pas comme si l’Esprit avait accordé la loi, il devait simplement déterminer si c’était approprié ou non. C’était aux tribus elles-mêmes qu’il appartenait de faire respecter la loi.

« Je consulterai les autres femmes de la tribu. Cela pourrait changer l’élagage de manière positive. »

Pam s’était enfuie d’un pas énergique. Comme je me demandais si j’avais fait ce qu’il fallait, l’Esprit des Arbres était soudainement apparu à côté de moi. Elle brillait comme d’habitude.

« Ce n’était pas une mauvaise suggestion. En conséquence, les femmes pourraient être mieux traitées dans la mer des arbres. La tribu Rauli est un exemple extrême, mais les autres tribus ont aussi des femmes avec du potentiel… »

Hm… Je vois, je vois… Alors ce n’est peut-être pas si clair… La tribu Rauli pourrait même se faire quelques rivales avec cette loi.

J’avais décidé de retourner vers les autres. L’Esprit de l’Arbre disparu aussi, juste comme ça.

Elle n’avait pas posé de questions sur Moroha, ce qui m’avait fait me demander si le Dieu de l’épée avait entièrement caché sa divinité. Mais il y avait toujours des fuites… Je n’avais aucune idée de la façon de fermer le robinet, alors j’avais eu le sentiment que cela me causerait de nouveau des ennuis avant longtemps.

Sur le chemin du retour, je m’étais soudainement retourné. J’avais vu des individus ombragés se diriger plus profondément dans la forêt. Ce sont… des membres de la tribu Rivet ? Ouais, ces masques sont trop uniques pour appartenir à d’autres.

À ce moment, je pensais qu’ils allaient aux toilettes. Je n’avais plus du tout pensé à cela. Malheureusement, cela s’était avéré être une terrible erreur.

***

Partie 9

Le troisième jour de l’élagage avait commencé.

Le jour était venu de mettre fin à ce conflit. Les huit autres équipes se battraient, et la tribu des Seigneurs des Arbres sera déterminée au coucher du soleil.

Pam avait parlé de ma proposition aux autres femmes de sa tribu, et elle avait été accueillie avec enthousiasme. J’avais eu un peu peur d’avoir fait quelque chose d’inutile, mais j’avais décidé d’oublier tout ça. Tout ce qui devra arriver arrivera.

Les quatre premiers matches se dérouleraient en même temps. De cette façon, les quatre dernières tribus seraient déterminées rapidement. Par la suite, deux matches se dérouleront l’un après l’autre pour déterminer les finalistes. Ensuite, la finale commencerait.

Les tribus se faisaient face, au sommet des souches d’arbres dans les Terres des Vœux.

Je ne savais pas vraiment pourquoi les arènes étaient en forme de souches… Apparemment, elles se volatilisèrent une fois l’élagage terminé. J’avais pensé que c’était dû au pouvoir de l’esprit, ou quelque chose comme ça. J’avais décidé que ça ne valait pas la peine d’y penser ou de m’en inquiéter.

« Notre premier combat sera… contre une tribu de gens étranges. »

Ils étaient vêtus de plumes d’oiseaux de la tête aux pieds, portaient des manteaux autour du cou qui me faisait penser à des ailes d’oiseau, et avaient des ornements de tête façonnés à partir du crâne de ce que je ne pouvais que supposer être des oiseaux géants. C’est… certainement un ensemble… Je me demande si c’est une équipe de ninja scientifique ou quelque chose comme ça…

Une fois le match commencé, l’oiseau s’était mis à bondir vers l’avant à une vitesse incroyable. Whoa! Ce type est rapide ! Elze, qui le surveillait, n’avait pas bougé d’un poil.

L’homme n’arrêtait pas de courir autour d’Elze, effectuant à sa guise des feintes et des attaques réelles. Il n’arrêtait pas d’essayer de faire semblant de la faire sortir, de ne charger que pour reculer, de sauter ou de se rouler comme un fou. Malgré tout, Elze n’avait pas bougé.

Soudainement, il augmenta encore plus sa vitesse, profitant de l’élan pour se retrouver derrière le dos d’Elze. Il sortit ensuite une dague et visa droit dans la nuque d’Elze, mais elle l’évita magistralement. En un rien de temps, Elze lui porta un coup si violent que cela brisa le crâne de l’oiseau que portait l’homme. J’étais à peu près sûr que cela aurait brisé son crâne si la protection n’était pas en place. Aïe.

Le membre de la tribu des oiseaux était tombé et il ne pouvait pas se lever. Il n’allait pas mourir, mais il n’était pas certain qu’il s’en sortira indemne.

Après Elze, Yae et Hilde avaient toutes les deux remporté des victoires faciles. La tribu de Rauli était la première à se qualifier pour les demi-finales.

« Incroyable, sais-tu ? Elles les ont totalement submergés ! »

« S’ils affrontaient des adversaires lents et costauds, leur tactique aurait fonctionné. Il est judicieux de recourir à des interruptions rapides, mais elles ne faisaient pas le poids face à Elze et aux autres. Ils n’étaient pas de tailles contre elles. »

Comme Karen et Moroha l’avaient dit, il s’agissait de la pire équipe possible pour nos ennemis. Les filles étaient devenues encore plus fortes depuis le premier jour. C’était terrifiant…

Attendez, ne me dites pas qu’ils sont aussi devenus les Pupilles de Moroha !? Yae et Hilde la fréquentent depuis quelque temps, mais… oh, euh… C’est ce qui s’est certainement passé, hein ?

Eh bien, ce n’est pas comme si c’est une mauvaise chose. Je me sens juste un peu mal, car elles se sont toutes engluées dans mes circonstances étranges maintenant.

« Ah, Touya. Regarde là-bas. »

« Hm ? »

Linze désigna Rengetsu, le gars luttant avec son Bō. Il venait d’abattre son propre adversaire. La tribu de Ruluch avait également remporté une victoire facile.

Ainsi, les quatre dernières tribus avaient été déterminées. L’une d’entre elles était également la tribu Rivet, celle qui agissait avec du poison.

J’avais préparé des masques de filtration pour Yae et les autres comme ultime contre-mesure, juste au cas où nous devrions combattre contre eux.

Les quatre dernières étaient :

Les Femmes Fatales, la tribu de Rauli.

Les Ravageurs Toxiques, la tribu de Rivet.

Les Maîtres Martiaux, la tribu de Ruluch.

Et la tribu de Remna, qui était vraiment forte.

Avec cela, nous avions les quatre syllabes de base en japonais. Ra, Ri, Ru, Re ! Ro avait cependant disparu,… Je n’avais pas eu un ensemble complet.

« Devrions-nous nous inquiéter de la tribu de Rivet ? »

« Eh bien, il y a aussi la tribu de Ruluch, puisque c’est celle de Sonia. Cela peut être serré, cela dépend de vos adversaires. »

Ce serait assez facile s’ils tombaient contre la tribu de Remna. Tout ce qu’ils avaient pour eux était leur capacité physique. Cela aurait été dommage qu’ils se soient fait prendre par l’un d’eux. Les hommes de Remna avaient la force physique nécessaire pour briser la colonne vertébrale d’un ours avec un bras. Les filles devaient juste rester hors de leur portée, ce qui ne serait pas trop difficile en raison de la simplicité de leur style.

« Oh, le premier match commence. Oh mon… »

Sue fit un geste vers la scène. Les branches avaient commencé à bruisser et à craquer lorsque la lumière du soleil éclaira les deux équipes sélectionnées. Rauli et Ruluch.

« C’est le groupe de Sonia… Ce sera dur. »

En toute honnêteté, je ne pensais pas que Lu aurait eu une chance si elle affrontait l’un des deux. La même chose s’appliquait probablement à Pam. Je me demandais si Yae et Hilde seraient en mesure de faire face à Sonia. Elze perdrait probablement contre Rengetsu en raison de son style de combat. Si Pam et Elze étaient assommées par Rengetsu et Sonia, et que Lu perdait son combat… Nous serions éliminés.

Mais je pensais vraiment que nous avions plus de chance de gagner que de perdre.

Les deux équipes s’étaient déplacées vers leurs positions respectives sur l’arène. On pouvait le voir clairement d’ici, mais les participants ne savaient pas qui ils allaient combattre avant le début de la bataille.

« Oh mon Dieu… »

Lu avait été jumelé avec Rengetsu, et Elze avait été jumelé avec Sonia. C’était un peu inquiétant. Même si elles perdaient, Yae, Hilde et Pam pourraient gagner. Je m’inquiétais seulement pour Pam.

Ce serait une certaine victoire pour nous si Lu ou Elze gagnaient leurs batailles.

Elze avait les meilleures chances de gagner, mais il s’agissait essentiellement d’un duel de cogneurs. Je n’étais pas certain de ses chances contre Sonia. Si elle était capable d’utiliser [Renforcement], elle aurait l’avantage, mais un tel luxe n’était pas offert.

Le premier match avait commencé, Lu et Rengetsu marchèrent vers le milieu de la souche. Il y avait une grave différence de taille entre eux. Rengetsu mesurait plus de cent quatre-vingts centimètres, tandis que Lu ne mesurait même pas cent quarante-cinq centimètres. On aurait dit un adulte se préparant à combattre un enfant. Je me demandais si les gens trouveraient déshonorant que Rengetsu la batte.

L’arbitre avait annoncé le début du combat. Lu prit une position offensive avec ses deux lames, et Rengetsu prépara son bâton. Le bâton de l’homme était d’un argent étincelant, et chaque extrémité était ornée d’une pointe d’or. Au premier coup d’œil, je dirais que c’était une arme faite de Mithril et d’orichalque. Il s’en était sorti comme un pro. Sa force n’était clairement pas à négliger, mais si le bâton avait été fait de fer et d’or au lieu de métaux légers, j’aurais été encore plus terrifié.

Lu s’élança vers l’avant, et Rengetsu réagit en déplaçant son bâton. Elle avait frappé le côté de son bâton avec l’une des lames et essaya d’utiliser son élan vers l’avant pour lui sauter à la poitrine. Rengetsu répondit de la même façon en poussant son Bō dans le sol et en faisant du saut à la perche au-dessus d’elle. Son agilité était folle.

Hmph… Je suppose que ce type était vraiment un niveau au-dessus. Il l’a entièrement mise à nue.

« Lu… Est-ce que Lu gagnera ? »

« Allons, elle ne laissera pas ça se terminer si facilement. »

Lu tint ses épées, les retourna et fonça droit dans la mêlée. Elle envoya des suites de coups contre lui, essayant de l’épuiser avec un barrage écrasant. Elle était à la fois légère sur ses pieds et monstrueusement implacable. C’était presque effrayant… Cependant, j’avais remarqué quelque chose de bizarre dans ses mouvements.

« Wôw… Elle bouge comme une bagarreuse, hein ? Elze lui a-t-elle appris ça ? »

Moroha comprit immédiatement. Elle avait vu exactement ce qui se passait. Les mouvements de Lu étaient presque identiques à ceux d’Elze. Il semblait qu’elle apprenait bien.

« Guh ! »

Rengetsu endura l’agression en utilisant son bâton, lui refusant l’accès à ses points vitaux. Pourtant, Lu avait l’avantage, puisqu’elle l’épuisait. Au bout d’un moment, il se retrouva coincé, jetant son bâton sur le côté et prenant quelques pas en arrière.

Lu, cependant, le poursuivi sans relâche. C’était alors que Rengetsu changea son plan d’attaque. Il s’était soudainement précipité en avant, jetant le bâton aux pieds de Lu. Celle-ci trébucha, et il poussa sa main contre sa poitrine alors qu’elle perdait l’équilibre.

« Augh ! »

Lu tomba au sol et roula sur le côté avant de se relever. Ça fait vraiment mal.

Rengetsu, enfoiré ! Qu’est-ce que tu crois que tu fais à ma princesse, hein !? Espèce d’abruti d’âne chauve ! Je vais te tuer ! Mes pensées s’étaient brièvement mises en colère de façon incompréhensible.

Calme-toi, calme-toi. Ce n’est qu’un simple combat. Laisse tomber, laisse tomber. Tu te vengeras plus tard… Tu fera goûter tes [Glissades] à ce salaud.

Cette fois, c’était au tour de Rengetsu de lancer un barrage d’attaques contre Lu. Elle pouvait à peine éviter le bâton alors qu’il se frottait contre elle. Elle lâcha l’épée dans sa main gauche et attrapa le bâton sous son aisselle. Mais au moment où elle s’apprêtait à lancer son contre, Rengetsu lâcha son bâton.

« Quoi ? Uwah ! »

« Haaah !! »

Lu avait soudain perdu son équilibre. Rejetant son bâton, Rengetsu tendit la paume de sa main et cria à haute voix. En un instant, une force invisible sembla jaillir et assommer Lu à reculons.

Attendez, est-ce la même explosion de force qu’avait utilisée Sonia ? Je suppose qu’ils étaient alliés, donc ce n’était pas trop surprenant.

Lu avait réussi à garder son sang-froid et, après avoir volé dans les airs, s’était posé gracieusement sur ses pieds. Hors limites, cependant.

« Le gagnant est Rengetsu ! »

L’arbitre annonça le vainqueur d’un coup. Un tonnerre d’applaudissements et d’acclamations retentit de l’autre côté de la salle.

Lu avait été vaincu. On l’avait simplement repoussé sous un mauvais angle. Si elle n’était qu’un mètre plus près du centre, elle aurait été encore dans le coup.

« Alors… elle a perdu. »

« Hé, on ne pouvait pas s’attendre à ce que ce soit du gâteau. Même Lu savait qu’elle pouvait perdre. »

J’avais tapoté une Sue ronchonnante sur la tête, puis j’avais regardé Lu. Elle avait rassemblé ses armes et serré la main de Rengetsu. Elle semblait vraiment déçue. Il n’y avait aucun doute qu’elle aurait aimé pouvoir continuer. Mais de mon point de vue, elle avait fait un match incroyable.

« Eh bien, maintenant que c’est arrivé, nous devons vraiment gagner le prochain… »

Elze et Sonia étaient toutes les deux montées sur scène.

Toutes deux étaient des combattantes au corps à corps, et elles avaient toutes les deux montré leur état de préparation en frappant leurs gantelets ensemble.

Elles avaient pris position l’une en face de l’autre, regardant l’autre en face. L’arbitre leva la main et regarda entre les deux. Puis, il lâcha un rapide.

« Commencez ! »

Whoooooooosh. Elles avaient toutes les deux foncé l’une vers l’autre à toute vitesse. Leurs poings volaient vers le visage de leur ennemi, et les deux coups étaient liés. C’était un incroyable contrecoup, des deux côtés. Quoi !!! C’était beaucoup trop rapide ! Et pourquoi elles souriaient !?

« Tu es… plutôt bonne. »

« Toi aussi. »

Oh allez, qu’est-ce que vous êtes !? Des chefs de gangs se bagarrant sur une rive !? Elles s’étaient séparées et avaient immédiatement commencé à échanger des coups. Elze lâcha une droite, et Sonia l’absorba avec son gantelet. Sonia avait ensuite fait un crochet du gauche, mais Elze l’avait aussi paré.

Le son du métal était intense.

Clang. Thwack. Thump. Thud. Scrape! Le son du métal sur le métal imprégnait l’air autour de la scène. C’était terrifiant. La terreur était amplifiée par le fait qu’elles riaient toutes les deux. Elles se tapaient dessus constamment et gloussaient. C’était vraiment effrayant ! Je doutais que quelqu’un puisse comprendre à quel point j’étais paniqué !

D’accord, c’est tout ! Allez, maintenant ! Au revoir, d’accord ! C’est ça !

J’étais mal à l’aise, comme un homme possédé.

Le métal continuait à résonner, encore et encore. Implacable. Frappe, bloque. Frappe, bloque. Frappe, bloque…

On aurait dit qu’elles suivaient une règle tacite consistant à se frapper à tour de rôle. La vitesse augmenta lentement jusqu’à ce qu’il ne s’agisse plus que de deux rafales de coups de poing.

« Hiyaaaaaah !! »

« Gaaaaaaaaah !! »

Le son du métal grattant retentit alors que leurs poings se rapprochaient, les deux se dirigeant droit devant eux.

Pendant un moment, elles restèrent immobiles, souriantes et riantes tout le temps. Je ne savais pas à quelle hauteur elles montaient, mais c’était effrayant.

Puis, elles avaient toutes deux fait un bond en arrière en même temps avant de se précipiter et de lancer une série de coups de pied. Les jambières sur leurs jambes se cognèrent et sonnèrent lorsqu’elles se frappèrent l’une contre l’autre. Après cela, les sons métalliques des gantelets en conflit se répétèrent une fois de plus.

***

Partie 10

« Hiyaaah ! »

Elze exécuta un coup de pied pivotant. Sonia essaya de le bloquer, mais l’élan était trop fort, ce qui poussa la jeune fille à reculer davantage. Elze chargea en avant avec la ferme intention de la suivre, mais Sonia s’esquiva rapidement sur le côté et la frappa avec sa queue.

Elze prit tout le poids de la queue en forme de fouet et fut elle-même un peu renversée.

Sonia passa à l’offensive pour tenter un coup de pied tombant, mais Elze mit les deux bras croisés et bloqua le coup parfaitement. Sonia attaqua les gantelets d’Elze et profita de l’élan pour créer une certaine distance entre elles.

Cette bataille brûlante continua à monter en température, avec les passes offensive et défensive rendant la foule excitée.

« Moroha, que va-t-il se passer, le sais-tu ? »

« Difficile à dire. Ce n’est pas un combat à l’épée. Malheureusement, mes connaissances en matière de poings sont un peu plus limitées. Elze a une mobilité supérieure, hein ? Mais Sonia s’en sort bien avec sa puissance. L’écart entre les deux n’est cependant pas si énorme. Sonia a encore un atout dans sa manche, un qu’elle n’a pas encore joué. »

Tu veux dire ce truc de libération d’énergie… Elze ne lui a pas vraiment donné l’occasion de l’utiliser jusqu’à présent, puisqu’il n’y a pas eu du tout d’ouvertures.

Elze n’avait pas pu utiliser [Renforcement] également. Yae avait regardé plusieurs vidéos d’arts martiaux sur mon smartphone, et Elze aussi. Elles avaient beaucoup appris en faisant des recherches sur les différentes manières que les gens avaient de combattre.

Les deux commencèrent lentement à ralentir un peu leurs mouvements, probablement parce qu’elles manquaient d’énergie. Quoi qu’il en soit, leurs poings n’arrêtaient pas d’aller et venir, encore et encore.

Elze fit un puissant balayage vers Sonia, mais elle avait réussi à éviter d’être déséquilibrée en stabilisant la position de sa queue. Sa queue, c’était vraiment quelque chose. Je me demandais si ça la maintenait plus stable et équilibrée que les humains normaux.

Sonia utilisa ensuite sa queue pour attaquer Elze. Elze s’était renforcée et prit le plus gros de l’attaque avec ses gantelets. Puis, elle saisit fermement la queue, la tira vers elle et lança Sonia par-dessus son épaule avec toute la force qu’elle pouvait rassembler.

« Haaaaaaaah !! »

« Guh ! »

Sonia avait été assommée. Elze s’était précipitée pour porter le coup de grâce. Hélas, Sonia roula sur le côté et esquiva habilement l’attaque. Elle se leva, se renforça et tendit la paume de sa main. Merde, ce n’est pas bon !

« Haaaa !! »

Avec un fort boum, Elze avait été assommée en vol. Elle traversa l’intégralité de la scène, mais elle réussit à ne pas tomber hors des limites.

Merde ! C’était dangereusement proche de la situation qu’avait vécu Lu.

Je savais que cette position n’augurait rien de bon. C’était une sorte d’attaque à distance invisible. Elze n’avait même pas été touchée directement, mais elle avait quand même été frappée de plein fouet.

Elze était à genoux et semblait beaucoup souffrir. Sonia, refusant de lâcher prise, commença à charger vers elle une fois de plus. Elze se leva et la bloqua, mais la douleur de l’attaque précédente faisait encore des ravages. Elze avait été mise en position défensive et la ligne de démarcation de la scène était juste derrière elle.

« Haaaaaaaaa ! »

Sonia lança son poing droit vers l’avant, mais Elze l’avait attrapé en utilisant son poing gauche. Sonia avait ensuite lancé une attaque de la main gauche, mais Elze l’avait attrapée en utilisant sa main droite ! Sonia avait levé la jambe pour essayer de donner un coup de pied à Elze, et c’était à ce moment qu’Elze utilisa sa prise sur les mains de la fille pour commencer à la lancer en arrière.

Elze leva sa propre jambe, plaçant le plat de son pied sur les abdominaux de Sonia, puis elle commença à projeter la fille vers le haut avec toute sa force.

Ça avait l’air assez peu conventionnel, mais c’était une sorte de lancer en l’air. La tête d’Elze était penchée sur le bord de la scène alors qu’elle était sur le dos et avait hissé Sonia dans les airs, bien que les règles stipulaient que tout votre corps devait être sorti pour que cela compte comme une défaite.

« Ghhhh… ! »

On aurait dit qu’Elze était sur le point de réussir à jeter Sonia hors des limites, mais… Sonia s’était tordu le corps et fouetta la queue, s’échappant de l’emprise d’Elze. Son corps était penché vers l’arrière, vers le centre de la scène.

Sonia était à peine en équilibre sur le bord de l’arène, mais elle n’était pas hors limites. Soudain, Elze s’approcha d’elle par devant.

« Hiyaaah ! »

Elze cria et amena une droite dirigée directement vers son ennemi. Et, par réflexe, Sonia leva les bras pour se défendre contre le coup. Éviter ou esquiver n’était pas possible étant donné sa situation précaire.

Malheureusement pour Sonia, le coup de poing était suffisamment puissant pour ruiner son équilibre, l’envoyant se précipiter dans les airs et complètement hors des limites. Jeu, set, match.

« La gagnante est Elze Silhoueska ! »

L’arbitre déclara le vainqueur et le public s’était déchaîné. Les deux avaient été chaudement applaudis.

« Elle a gagné ! Elze a gagné ! »

Sue se réjouit joyeusement. Mais honnêtement, ça ressemblait plus à un match nul. Elze était vraiment blessée. Ni l’une ni l’autre n’avait réussi à éliminer son adversaire. Mais quand même, je croyais que si c’était un vrai combat, un combat sans règles, Elze serait sortie vainqueur.

Elze serra la main de Sonia alors que nous les applaudissions toutes.

Nous avions une défaite et une victoire. Tant que deux autres de nos combattants gagneraient, nous serions en finale.

Je pensais que Pam était un poids mort, mais c’était mal de ma part de penser ça. Elle s’était comportée comme une championne dans le troisième match et gagna en moins de trois minutes. Elle poussa son ennemi hors des limites avec une fureur implacable. La fille était comme un tourbillon.

Yae avait ensuite pris la relève et s’était emparée de la victoire avec la plus grande aisance. Avec cela, la tribu Rauli assura facilement son succès sur la tribu Ruluch. On avait atteint la finale.

« D’une façon ou d’une autre, on a réussi. »

Je n’avais ressenti qu’un soulagement. La tribu Ruluch était la tribu qui me préoccupait le plus, donc le match final allait probablement être un jeu d’enfant.

Je jetais [Rafraîchissement] et un peu de magie de rétablissement sur les participantes. Juste pour être sûr, j’avais cependant donné la priorité à Elze et Lu. Elles en avaient le plus besoin.

Après ça, j’avais lancé [Glissade] et fait tomber Rengetsu à plusieurs reprises. Il était assis avec les autres membres de la tribu qu’il représentait, quand il glissa soudainement et se cogna la tête contre le sol. Il se leva, complètement confus, et n’avait aucune idée de ce qui se passait. Il était sur le sol, donc il n’avait pas été blessé ou quoi que ce soit, il était juste choqué.

« Qu’est-ce que tu fais… ? »

« Eh bien… il a blessé Lu, alors je me suis vengé. »

« Cette fille-dragon m’a aussi fait mal ! »

« Je sais… mais je ne pouvais pas vraiment m’énerver contre ton combat. C’était comme regarder un drame à sang chaud. »

Elze grogna légèrement et fit la moue. Ce n’était pas à moi de m’immiscer dans une bataille entre deux filles. Mais si son adversaire était un homme, je l’aurais sûrement tourmenté…

« Quoi qu’il en soit, nous sommes en finale. Encore un combat et on sera les gagnants. Ah, prenez ça. »

J’avais remis à Elze et aux autres une petite fiole de pilules qui ressemblait à la chose ronde dans le soda Ramude. C’était un antidote que j’avais demandé à Flora de produire. Il éliminait complètement le poison du corps humain.

« Il y aura du poison dispersé sur la scène, alors portez vos masques en attendant votre tour. Puis quand il sera temps pour vous de vous battre, enlevez votre masque et mangez-en un dès le début de votre combat. De cette façon, leurs griffes ne vous feront rien, puisque le poison sera annulé. Vous n’aurez pas non plus à vous soucier du poison passif. Une pilule devrait durer environ dix minutes, alors essayez de gagner avant. Prenez-en trois. »

Après cela, les filles retournèrent aux Terres des Vœux. Si le poison était une méthode viable, un antidote en était une autre. Ce n’était pas de la magie, donc ça n’allait pas à l’encontre des règles.

Nous étions retournés à nos places dans les tribunes, mais nous avions rapidement constaté qu’il y avait de l’agitation.

Une fois que nous avions pris place, nous avions découvert que la tribu Rivet avait déjà gagné leurs combats et qu’elle avait été déclarée finaliste. Peu importe la façon dont tu le regardais, c’était un peu rapide.

« La tribu Remna est passée à l’attaque quand le round commença, mais elle s’est effondrée immédiatement. Il semblerait que la tribu Rivet ait une sarbacane. Leur fléchette était aussi extrêmement étroite, donc personne ne pouvait la voir… Même s’ils utilisaient des masques pour se défendre contre le poison dispersé, ils ne pouvaient rien faire contre le poison entrant directement dans leur corps ! De plus, le poison agissait incroyablement rapidement. Ce n’était pas immédiatement mortel, mais si la personne atteinte ne recevait pas de soins médicaux rapidement… Eh bien, ça pourrait être moche. »

J’avais regardé en bas sur le terrain pendant que Moroha me parlait, et j’avais vu Elze remettre des pilules d’antidote aux membres de la tribu tombés au combat. Ouais, bon travail… Je leur en avais donné quelques-unes à toutes. Partager, c’est aimer.

« Quand même, tu as dit une sarbacane ? C’est assez peu pratique à moins que le poison qui l’accompagne ne fonctionne. »

S’ils avaient utilisé des armes comme des shurikens ou des couteaux, ce serait une autre histoire… Pourtant, ce poison était quelque chose à ne pas négliger. C’était certainement une sorte de toxine efficace, mais ce n’était pas comme si elle pouvait tuer. Je me demandais quel était le poison.

S’il avait des effets paralysants, il pourrait s’agir d’une neurotoxine, comme la tétrodotoxine d’un poisson-globe. Cependant, cette toxine n’avait certainement pas pris effet immédiatement. La tétrodotoxine vous engourdissait pendant une longue période, puis vous tuait.

Je n’avais pas vu de poisson-globe dans ce monde. C’était donc difficile à dire. Une réponse plus probable était simplement que je ne connaissais pas les poisons de ce monde. Flora était vraiment incroyable, puisqu’elle avait pratiquement fait une panacée universelle contre le poison.

Cela étant dit, j’étais certain de pouvoir également supprimer les effets avec [Recouvrement]. Cependant, mieux valait prévenir que guérir.

La dernière arène de la Terre des Vœux allait se lever.

Celle-ci était un peu plus grande que celles utilisées pour les matchs jusqu’à présent. Les cinq champions de chaque tribu se tenaient de chaque côté.

Yae et les filles portaient des masques filtrants comme je leur avais dit de le faire, de même que l’arbitre. C’était assez drôle de voir tout le monde avec ces choses.

La finale avait commencé.

Yae était allée en premier. Son adversaire était l’homme maigre et recourbé que j’avais déjà vu auparavant. Celui avec les griffes. Il y avait une petite ouverture sur le devant de son masque, d’où sortait quelque chose de semblable à un tube. C’est probablement là que la carabine était sortie.

Il portait le masque pour ne pas être empoisonné, ce qui voulait dire que la soufflette n’était pas attachée à sa bouche. Je ne savais pas trop comment il avait pu faire passer l’air par la fléchette. Son masque devait avoir été conçu de manière intéressante.

Yae déchira son masque et avala la pilule. Cela la rendrait totalement immunisée contre leur duperie toxique. Son ennemi masqué la regarda d’une manière quelque peu confuse, mais il prépara tout de même ses griffes. En réponse, Yae sortit son katana.

« Combattez ! » Yae s’avança vers son adversaire dans une flamboyante démonstration de vitesse dès que le match débuta. L’homme paniqua et tenta de tirer avec la fléchette de sa sarbacane. Yae leva la main pour protéger ses yeux, tout en restant complètement focalisé sur la cible. La fléchette lui perça la main, mais elle l’ignora et attaqua plutôt son ennemi. Elle lui donna un seul coup au milieu du ventre.

« Ugahagh !!! »

L’homme toussa et cracha inintelligiblement alors qu’il sortait de son périmètre.

« La gagnante est Kokonoe Yae ! »

C’était fini en un éclair. Tout l’endroit se tut un instant, personne ne sachant quoi dire. Mais alors une acclamation rugissante avait englouti la foule comme une vague.

Elle devait savoir que la sarbacane arriverait. Elle en avait probablement entendu parler par l’un des chasseurs de Remna.

« Notre poison n’a pas marché… ? Pas possible ! »

L’ennemi d’Hilde, un homme plus jeune qui ressemblait à une grenouille, marmonnait de frustration. Il n’avait pas dû être capable de croire ce qu’il venait de voir pendant le combat de Yae, mais c’était trop tard pour lui aussi. Le gars avait l’air également de trembler un peu.

Comme Yae l’avait fait avant elle, Hilde chargea avec insouciance et sans se soucier de rien, ignorant la fléchette empoisonnée et envoyant le gars grenouille vers la défaite.

« Gurribitaaagh ! »

Le poison était sans effet, ce qui avait anéanti le moral de l’ennemi. Pam prépara sa hache alors que son ennemi, un grand homme tremblant, se tenait devant elle.

Il n’était pas de taille face à elle. Sa fléchette n’avait rien fait non plus, et Pam avait été totalement victorieuse. Sa hache étant tombée impitoyablement sur sa tête.

« … Gh !!! »

Le dernier des champions de Rivet perdit connaissance.

« La gagnante est Pam ! La tribu de Rauli prend ainsi le titre ! C’est la nouvelle Tribu du Seigneur de l’Arbre ! »

Il s’agissait d’une victoire consécutive en trois combats. C’était franchement un peu ennuyeux pour une finale. Malgré tout, tous les participants avaient chaleureusement applaudi comme si leur vie était en jeu. L’élagage était enfin terminé.

Pam avait mis son masque de guerrière et cria vers le ciel. En réponse, toute la tribu de Rauli fit entendre son meilleur cri de guerre unifié.

C’était comme ça. Tout est bien qui finit bien.

C’était ce que je pensais, mais j’avais ressenti quelque chose.

« Hein… ? »

Le sol grondait… On pouvait même dire qu’il tremblait. J’avais soudainement vu tous les arbres à l’extérieur des Terres des Vœux commencer à se dessécher. Leurs feuilles étaient toutes éparpillées au sol.

C’est quoi ce bordel !?

« Guhahahah... Nous allons le prendre maintenant… Le pouvoir de l’Esprit, je veux dire… ! »

Un des membres de la tribu de Rivets avait murmuré ça.

Le sol s’était mis à trembler violemment. Les ondes de choc commencèrent à déferler partout à mesure qu’un grand nombre d’arbres mouraient et que plus de feuilles tombaient sur le sol.

« Qu’est-ce que c’est que ça !? »

J’avais entendu quelqu’un crier, et je m’étais tourné pour regarder. J’avais vu… des arbres. D’énormes arbres, en mouvement. Ils marchaient dans notre direction. Il s’était avéré que le vrai combat final n’avait même pas encore commencé.

***

Partie 11

« Des golems de bois… Mais ils sont beaucoup trop gros ! Ils ont fini par devenir des Béhémoths ou quoi ? Mais pourquoi y en a-t-il autant… !? »

Plusieurs Golems de bois recouverts d’écorce piétinaient l’endroit, détruisant tout ce qui se trouvait sous leurs pieds. Ils faisaient chacun plus de vingt mètres de haut. Du point de vue de la forme, ils étaient identiques à un Golem de Mithril, mais pas du point de vue de la taille.

Un… Deux… Trois… Oui, il y en a au moins dix. Est-ce qu’ils ont détruit la vie de la flore locale ou quelque chose comme ça ? Le Golem le plus proche tenta d’entrer dans les Terres des Vœux, mais se trouva repoussé par une barrière verte.

Une petite sphère verte brillante de la taille d’une balle de baseball était apparue sous mes yeux.

« Seigneur Touya ! »

« Esprit de la forêt ? Est-ce toi ? »

« Oui. J’ai actuellement concentré la majeure partie de mon pouvoir afin d’ériger une barrière, alors pardonnez-moi mon apparence. Pourriez-vous utiliser votre pouvoir pour évacuer les tribus locales de la région ? Leur cible, c’est moi, alors s’il vous plaît, sortez les spectateurs innocents d’ici ! Ils veulent absorber l’Arbre des Vœux et infuser mon pouvoir spirituel dans un Golem de bois ! »

Si un Golem de bois consommait l’Arbre des Vœux, il serait probablement capable de contrôler le pouvoir d’un esprit de la forêt. Il était probable qu’ils s’étaient préparés à ce que cela se produise pendant un certain temps.

Les gens derrière tout ça, c’était évidemment la tribu de Rivet. S’ils avaient gagné l’Élagage, ils allaient empoisonner l’Arbre à Vœux et l’assimiler dans un de leurs Golems après qu’il ait été affaibli… Ou peut-être qu’ils avaient l’intention de transformer l’Arbre à Vœux lui-même en un Golem. Il n’y avait aucune raison de réfléchir, de toute façon.

Mais ensuite, la tribu de Rauli arracha la victoire, alors ils avaient dû recourir à un autre plan. Et c’est ce qui avait abouti à la situation actuelle… Ils ne savaient pas quand abandonner. Ou plutôt, ils étaient trop stupides pour savoir.

… Moroha décida soudainement de me balancer toutes ces informations sur moi. Je n’arrivais pas à y croire. J’avais vu la tribu de Rivet la veille au soir, ils devaient donc s’y préparer. J’aurais dû les vaincre tous à ce moment-là.

J’utilisais [Vol] pour descendre en piqué et paralyser deux membres de la tribu de Rivet. Le pouvoir de l’esprit était concentré sur le maintien de la barrière, donc ma magie fonctionnait très bien.

« Dites-moi, qu’est-ce que c’est ? »

« Des golems de bois. Notre tribu les a élevés à partir de jeunes arbres… Nous les avons fait se nourrir de la vie des arbres voisins pour qu’ils deviennent des Béhémoths, grâce aux ajustements que nous leur avons faits… »

« Ajustements ? »

« Nous avons mélangé divers poisons et remèdes, et les avons trempés dans leur écorce… Il a fallu beaucoup de temps pour les transformer. Ils devraient être capables de drainer l’arbre des vœux, ainsi que… utiliser le pouvoir de l’esprit, et avec ce pouvoir, la tribu de Rivet régnera en maître sur la mer des arbres… Kuhuhuhu... »

Eh bien, c’était exactement comme Moroha l’avait dit.

Ne crois pas que tu as encore gagné, connard ! Il est temps pour nous de te faire du mal !

« [Porte]. »

J’avais ouvert un portail dans le ciel, permettant à un Frame Gear de tomber.

Le chevalier baron était tombé d’environ un mètre en l’air, mais il avait tout de même réussi à faire une lourde chute alors qu’il atterrissait dans les Terres des Vœux. Il tenait une épée dans une main, et l’équipement Fragarach y était également fixé.

« Qu’est-ce que c’est que ça !? »

« Tais-toi. Il est temps de tester ma nouvelle arme. Je briserai tes stupides Golems, et l’orgueil de ta tribu en même temps ! »

Le membre de la tribu Rivet avait l’air absolument stupéfait quand je m’étais approché de mon Frame Gear. Mais soudain, Yumina et Linze m’avaient crié dessus.

« Touya, laisse l’une de nous deux faire. »

« Hein ? Tu veux contrôler le chevalier baron ? »

« Oui… Aucune de nous n’a été capable de faire quoi que ce soit. Ni pendant l’incident de Yulong ni pendant l’élagage… »

Oh, mais bien sûr, c’est vrai. Nous n’avions pas besoin de magie lors de l’incident de Yulong, et elle était interdite durant les combats de l’élagage…

Eh bien, nous devrons nous battre à nouveau contre la Phase à un moment donné, et le Fragarach permettra à des gens comme Yumina et Linze de canaliser leur pouvoir magique dans un morceau d’arme physique… Je me demandais si elles y sont préparées.

« Bon, très bien. Mais faites attention, s’il vous plaît ! Vous pouvez compter sur mon soutien. »

J’avais ouvert une autre [Porte] et j’avais apporté un autre Frame Gear. Bien que celui-ci ait été peint en bleu… Il était équipé d’une masse. C’était en fait le Frame Gear spécialisé du Vice-Commandant Norn, mais avoir Linze ou Yumina à bord ne ferait pas forcément de différence.

Yumina était montée dans le noir, tandis que Linze avait pris le bleu. Elles les avaient mis en marche et avaient synchronisé leurs schémas magiques avec l’équipement.

« … Commencez l’accordage magique. Activez l’emplacement principal. »

« Compris ! Emplacement primaire enclenché ! On charge le Fragarach ! Le réglage est terminé. Pas de complications. »

« … Aucune complication ici non plus. »

J’avais sorti une radio de [Stockage] et j’avais communiqué avec les deux filles. Tout semblait aller pour le moment.

« Yumina, tu prends les ennemis à droite. Linze, tu peux gérer la gauche. Si vous sentez votre magie s’affaiblir, souvenez-vous que vos bagues de fiançailles ont un surplus de pouvoir magique stocké en elles. »

« Compris. »

« Bien reçu ! »

Le Chevalier Noir et le Chevalier Bleu s’étaient mis à courir dès le départ, se tournant vers leurs Golems respectifs avec leurs armes en main.

« Frappe réellement, Foudre ! Que des centaines de coups de tonnerre tombent : [Javelot foudroyant] ! »

« Perce, ô glace ! Pointe glacée : [Aiguille de glace] ! »

Le Chevalier Noir tira des éclairs de son épée, et la masse du Chevalier Bleu s’était imbibée d’épines de glace. Puis, ils lancèrent des attaques contre les Golems.

Yumina utilisait la magie du vent, ce qui était logique, mais Linze était clairement attentive. Son meilleur élément était le feu, mais elle ne voulait probablement pas que les arbres s’enflamment. La foudre était dangereuse et pouvait normalement causer des incendies, mais la foudre créée par magie n’avait pas eu de tels effets secondaires.

Deux Golems tombèrent sous leur assaut, et deux autres se précipitèrent hors des Terres des Vœux.

« N’en faites pas trop, mais j’aimerais que vous testiez les capacités du Fragarach. Méfiez-vous, c’est tout. »

Toutes les deux se dépêchèrent de rencontrer les autres Golems des bois qui arrivaient, mais Yumina fit son premier pas.

« Fragarach, activation ! »

Quatre lames de cristal commencèrent à flotter à l’arrière du chevalier noir. Puis, elles avancèrent, se déployant et orbitant autour du Frame Gear.

« Allez-y ! »

Comme pour répondre au cri de Yumina, les lames de cristal s’écrasèrent sur un Golem de Bois à une vitesse supersonique. Il s’était éclaté en quelques secondes. Le Fragarach avait été conçu pour être assez robuste pour briser une Phase, donc le bois n’était rien.

Les lames déchiquetèrent le noyau du Golem de Bois et retournèrent en orbite autour du Chevalier noir, flottant librement selon un motif circulaire. Ils fonctionnaient aussi comme un système défensif, puisqu’ils étaient basés sur les Orbes Satellites de Babylone.

« Est-il difficile de viser plus d’un ennemi en même temps ? »

« Effectivement ! Je ne pense pas que ce soit impossible, mais c’est difficile de se concentrer assez rapidement. Je pense qu’avec l’expérience, ça deviendra plus facile à gérer. »

C’était logique. Rosetta m’avait parlé du rythme et du tempo, et de l’importance de s’habituer au rythme de la bataille. C’était comparable au fait d’apprendre à jouer d’un instrument. C’était la même chose. Comme quand tu jouais du piano et faisais faire des choses différentes à tes mains gauche et droite.

Je pouvais en fait manipuler les quatre épées Fragarach avec aisance, mais je pouvais probablement remercier mes parents pour cela. Ils m’avaient fait jouer du piano quand j’étais enfant. Je n’aurais jamais pensé que cela ferait de moi un combattant plus efficace.

Cela m’avait rappelé que je n’avais jamais vu un seul piano dans ce monde. J’avais fait une note mentale pour en faire un plus tard, car cela pourrait m’aider à apprendre comment contrôler des systèmes d’armes comme celui-ci. Je voulais aussi jouer du piano, parce que cela faisait longtemps que je n’en avais pas joué.

« Fragarach, action… »

Les Fragarach de Linze furent lancés et commencèrent à déchirer son opposant. Cependant, contrairement à Yumina, deux de ses lames bougeaient en même temps.

Linze avait pu attaquer deux cibles en même temps. Pourtant, ses mouvements étaient beaucoup moins précis qu’ils ne l’auraient été si elle avait simplement attaqué avec les quatre à la fois sur la même cible. Cela s’améliorera sûrement avec de la pratique.

« C’est impossible… Comment… !? »

Un membre de la tribu de Rivet regarda avec horreur ses beaux Golems se transformer en morceaux d’écorce.

En fait, j’avais complètement oublié ces types. J’avais ciblé tous les membres de la tribu de Rivet sur mon application cartographique, et j’avais appuyé sur le bon vieux bouton [Paralysie]. C’était assez facile de les localiser, puisqu’ils avaient l’air si différents des autres.

La plupart des Golems étaient morts à ce moment-là. S’ils avaient été faits de Mithril ou d’orichalque, nous aurions gagné beaucoup d’argent aujourd’hui. Qu’ils aient été ou non raffinés de manière sélective, le bois n’était en fin de compte que du bois. Ils n’avaient aucune valeur en termes de matière première. Peut-être qu’ils étaient bons pour allumer un feu ou quelque chose comme ça.

« Voilà, c’est fait. »

Linze détruisit le dernier qui restait. Tous les Golems étaient tombés. Toutes les tribus présentes dans les Terres des Vœux acclamèrent et célébrèrent en voyant que la victoire était acquise. En tout cas, toutes les tribus sauf la tribu de Rivet.

Mais les arbres dans les environs avaient subi des dégâts considérables. C’étaient sûrement tous des arbres extrêmement anciens, à en juger par leur taille.

L’esprit sphérique s’était rapproché de moi une fois de plus. Elle avait probablement utilisé beaucoup de son énergie sur la barrière, donc il lui faudrait un peu de temps avant de pouvoir reprendre forme humaine.

« Merci, Seigneur Touya… Comment vous remercier ? »

« Pas besoin… En fait, je devrais m’excuser d’avoir saccagé les arbres par ici. J’aurais pu faire mieux. »

« Pas du tout… Je concentrerai mon énergie plus tard et je les rétablirai comme ils étaient. »

Oh ? Tu peux faire ça ? Eh bien, je suppose que je pouvais m’y attendre d’un esprit de la forêt…

L’esprit s’était soudainement précipité vers le porte-parole de la Tribu du Jugement, et semblait communiquer avec lui.

Au bout d’un moment, l’homme éleva la voix.

« Ces hommes rusés avaient comploté pour s’approprier l’Arbre des Vœux, mais leurs ambitions ont été piétinées depuis ! Les envoyés de Brunhild, une nation lointaine, nous ont protégés, nous et notre chère maison ! Nous, les tribus de la mer des arbres, leur offrons maintenant notre plus profonde gratitude ! Que la bénédiction de l’Esprit soit toujours avec eux ! »

« Que la bénédiction de l’esprit soit avec eux, toujours ! »

Alors que tout le monde applaudissait chaleureusement, j’avais renvoyé les deux Frame Gears à la maison. Yumina et Linze avaient été officiellement reconnues comme les sauveuses de Brunhild, et avaient donc agi comme nos représentants dans la mer des arbres. Cela me convenait parfaitement. C’était elles qui avaient tué les Golems des bois.

Les membres de la tribu de Jaja rassemblèrent tous les membres de la tribu de Rivet, puis les emmenèrent quelque part. Je leur avais aussi demandé de rassembler les autres membres de la tribu de Rivet sur toute la mer des arbres, car ma paralysie de masse aurait dû affecter tout le monde dans la forêt qui leur était liée.

Ainsi, la tribu de Rauli avait été formellement déclarée Tribu du Seigneur de l’arbre, et leur nouvelle loi de Séparation de l’élagage par sexe avait été acceptée.

La règle sema la confusion et le bavardage dans la plupart des autres tribus, mais elle avait été acceptée par l’esprit de la forêt et mise en application.

La règle n’était pas si mauvaise une fois que j’y avais vraiment réfléchi, et les autres tribus semblaient être également du même avis. Tout le monde en avait profité, car ce n’était qu’une occasion de plus de remporter la victoire. Bien que rien ne changerait pour la tribu de Balm, vu qu’ils n’avaient pas de femmes.

Pourtant, ils semblaient accepter la décision, disant qu’ils étaient heureux de ne plus jamais avoir à affronter la tribu agaçante de Rauli.

Ainsi s’était terminée notre incursion dans la mer des arbres, et notre expérience très turbulente de l’élagage.

***

Partie 12

« Guh… Il fait froid ! Depuis quand fait-il si froid ? »

Nous n’étions absents que depuis trois jours, mais Brunhild était plus froid que jamais. C’était dur de se lever le matin.

La mer des arbres était juste au sud, mais il ne faisait pas froid l’hiver. Je ne savais pas si j’avais froid parce que j’étais habitué au climat là-bas, ou s’il venait de faire plus froid.

Le climat de ce monde ne fonctionnait pas selon la logique conventionnelle. Les saisons n’existaient pas partout, et là où elles existaient, elles étaient souvent extrêmes. Les lieux avec des saisons marquées n’avaient rien à voir avec le placement géographique. Il y avait toutefois de petites différences entre les climats de l’est et de l’ouest. Cela m’avait rappelé le fait que je n’avais aucune idée si le monde était même sphérique… Il aurait pu être plat. Un éléphant ou un serpent géant tenait peut-être ce monde en l’air.

Apparemment, les esprits contrôlaient le climat, mais je ne connaissais pas vraiment les détails. Je n’avais aucune idée si c’était lié à la magie, et même d’où venait cette magie. Un pays avec quatre saisons fonctionnelles annuelles pourrait se trouver juste à côté d’un pays où l’hiver ne prenait jamais fin. Il n’y avait pas de logique dans tout cela.

Je ne savais pas si c’était dû à la chance ou à quoi, mais Brunhild avait quatre saisons distinctes. L’environnement était généralement assez semblable à celui où j’avais grandi.

« J’aurais vraiment besoin d’un chauffage en ce moment… »

Ce ne serait même pas si difficile d’en faire un avec [Programmation], mais ce n’était pas comme si le froid était insupportable. En plus, on avait une cheminée. Mon grand-père avait l’habitude de dire que « le dérangement lui-même est une forme d’énergie », mais je m’éloignais un peu. Une bouillotte serait parfaite. L’élagage était officiellement terminé, et Pam avait renoncé à faire un bébé avec moi. Elle avait l’air un peu triste.

Je voulais qu’elle fasse ses preuves en tant que membre de la tribu de Rauli, ou plutôt, en tant que membre de la tribu du seigneur des arbres.

Brunhild avait été officiellement reconnu comme sauveur de la mer des arbres, et ils s’engagèrent à nous soutenir si jamais quelque chose arrivait. Toutes les tribus acceptèrent de me prêter leur force, si jamais j’en avais besoin.

Je ne connaissais pas tous les détails de ce qui était arrivé à la tribu de Rivet après ça. Pam venait de me dire que « la mer des arbres les a jugés » et en était restée là. J’avais décidé de ne plus rien demander d’autre à ce sujet.

J’étais sorti vers le balcon frigorifique, uniquement pour voir quelqu’un s’entraîner sur le terrain d’entraînement. Mais je ne les voyais pas très bien, car l’air était pesant le matin.

J’utilisais [Détection lointaine] pour les regarder, et je vis Moroha se battre avec quelqu’un. C’était Lu.

« Bon sang, il est si tôt… »

C’était probablement à cause de sa défaite. Lu était en colère parce qu’elle avait été vaincue par Rengetsu. Elle avait montré un visage fier, mais je le savais. Mes fiancées détestaient perdre.

Tout le monde dans le château avait été assez surpris quand j’étais rentré avec Moroha. Mais c’était tout naturel, puisque je n’avais jamais dit que j’avais une autre grande sœur avant.

Kousaka m’avait demandé combien de frères et sœurs j’avais, et je lui avais donné une réponse ambiguë… Mais je pense qu’il m’avait mal compris, parce qu’il m’avait fait ce genre de signe de la tête, comme pour dire « Autant, hein… ? » Ainsi, l’idée que la lignée Mochizuki était une lignée de coureurs de jupons fut acceptée.

Ce n’est pas ça, bon sang ! Nous ne sommes pas une bande de frères et sœurs de mères différentes ! Ce ne sont même pas mes frères et sœurs !

Ce qui les avait encore plus surpris, c’était la prouesse martiale de Moroha. Nous avions montré ses talents en la laissant se battre avec l’ordre de chevalier. C’était une bataille entre elle et quatre-vingts chevaliers. Elle gagna facilement sans même avoir reçu une égratignure.

Elle avait également souligné les faiblesses individuelles de chaque soldat et leur donna des indications sur lesquelles se concentrer. Elle n’était rien de moins que méticuleuse.

« … Ouaip, tu es bien la sœur du grand-duc. »

J’avais demandé à Moroha de se battre avec l’ordre des chevaliers chaque fois qu’elle avait du temps libre. S’ils s’entraînaient avec elle, ils deviendraient probablement plus forts avec le temps. Dans l’ensemble, c’était certainement un avantage.

« Bonjour ! »

« Bonjour, Touya. »

Je m’étais changé et j’étais allé dans la salle à manger. Yumina, Linze, Elze, Yae, Hilde et Karen m’attendaient. Je me sentais un peu somnolent, alors Renne m’apporta une tasse de tisane.

J’avais remercié Renne en lui donnant une petite tape sur la tête, quand la porte s’était soudainement ouverte. C’était Moroha et Lu, de retour de leur entraînement.

Nous déjeunions à sept heures du matin, tous les matins. Bien que nous n’ayons pas tous eu besoin d’être présents pour commencer à manger. Pourtant, si c’était possible, nous avions pris plaisir à manger ensemble. C’était pour cette raison que nous ne commencions à manger qu’après sept heures du matin. Tout le monde était là aujourd’hui, même Karen, qui d’habitude aimait dormir tard.

Sue venait nous rejoindre de temps en temps pour le petit déjeuner, mais il semblerait qu’elle était occupée aujourd’hui.

Sa chambre dans la maison d’Ortlinde était reliée à mon hall d’entrée, de sorte qu’elle pouvait aller et venir comme elle le voulait. Naturellement, seule Sue était capable d’accéder à ce portail particulier, et il avait été réglé pour enregistrer chaque fois qu’elle passait par là.

J’étais fiancé à elle, elle avait été donc autorisée à venir au château de Brunhild comme bon lui semblait. Mais je lui avais dit d’essayer de manger avec ses parents à la maison autant qu’elle le pouvait.

Il était préférable pour les parents de manger avec leurs enfants. Je ne voulais pas que le duc Ortlinde se sente seul ou triste.

Après le petit déjeuner, nous nous étions tous mis au travail. Yae, Hilde et Moroha s’étaient toutes jointes aux chevaliers pour s’entraîner. Yumina et Lu étaient allés parler avec le vieux Naito de l’urbanisme. Elze était allée s’entraîner et Linze était allée enquêter sur les cultures sélectionnées. Karen, d’un autre côté, était restée dans sa chambre et avait fait des trucs bizarres relatifs à son titre de Dieu de l’amour. En gros, nous avions fait ce que nous voulions ou ce que nous devions faire.

Je n’avais jamais forcé mes fiancées à faire quoi que ce soit d’officiel, mais il semblerait qu’elles aimaient m’aider dans mes affaires.

Mon plan pour la journée consistait à rencontrer toute personne qui demandait une audience. Si personne ne le faisait, j’aurais du temps libre. J’avais écouté Kousaka bavarder sur des questions intérieures ici et là, les divisant en questions urgentes, non urgentes et sans importance.

Kousaka essayait constamment de résoudre les problèmes en utilisant les citoyens, même si je pouvais résoudre ces problèmes en quelques secondes, mais il avait raison de le faire. Si je m’occupais de tout, le pays compterait sur moi pour toujours. Si le pays ne pouvait pas se suffire à lui-même, on ne pourrait pas vraiment l’appeler un pays. Je n’allais pas être là éternellement.

Chaque fois que j’avais proposé mon aide, Kousaka me voyait plus comme un obstacle que comme une aide. Pourtant, c’était confortable de ne pas avoir de responsabilités.

« À quel point il fera plus froid, je me demande… »

« Hm… Je ne crois pas que nous aurons plus froid cette année, monsieur. Même si c’est le cas, le tapis chaud que vous avez créé est une bénédiction pour nous tous pendant la saison froide. »

Laim, mon majordome, prit la parole en m’apportant mon thé noir. Il y avait énormément de grandes pièces dans le château, donc garder tout l’endroit au chaud était pénible. C’est pourquoi j’avais enchanté plusieurs tapis avec le sort de feu [Réchauffement] et je les avais placés partout dans le château.

J’avais aussi donné à Laim un costume spécialement taillé sur mesure et enchanté par ce sort. C’était une combinaison géniale parce qu’elle régulait sa propre température. Laim était très raide, alors je ne pensais pas qu’il accepterait le cadeau si je le lui offrais. C’est pourquoi j’avais utilisé son prochain anniversaire comme excuse commode pour l’y contraindre.

Après tout, je ne voulais pas que notre majordome tombe malade.

J’avais beaucoup de temps libre, puisque personne ne voulait me voir. Je n’étais pas complètement libre. J’avais décidé de passer mon temps à finir le piano que j’avais commencé à faire après mon retour de la mer des arbres.

Construire le piano n’avait pas été trop difficile. En gros, de l’extérieur cela apparentait à un gros truc vide. J’avais utilisé [Programmation] pour truquer les aspects que je ne comprenais pas bien. Le seul problème était de l’accorder. J’avais dû déterminer manuellement la tonalité à l’aide d’une application piano sur mon smartphone.

Malgré tout, j’étais assez excité et j’avais fini par fabriquer un piano à queue de 88 touches. Il aurait peut-être été préférable que je fabrique un piano droit de studio de soixante-cinq touches, mais il était trop tard.

Je n’étais pas sûr à cent pour cent, mais je venais tout juste de finir de l’accorder. Je m’étais assis sur la chaise et j’avais glissé mon doigt le long des touches. Do, re, mi, fa, sol, la, si, do. Je les avais joués dans l’ordre, puis à l’envers. Do, si, la, sol, fa, mi, re, do.

Ça faisait combien de temps que je n’avais pas joué... Quand j’étais petit, je n’arrivais pas à me servir de mon pouce. Je ne me souvenais pas comment j’avais pratiqué… mais je me souvenais avoir lutté pour pouvoir jouer avec mon majeur… Mes doigts étaient plutôt courts à l’époque, hein.

J’avais commencé à jouer l’air nostalgique de do, re, mi, fa, sol, la, si, do, suivi de do, si, la, sol, fa, mi, re, do. Je l’avais répété plusieurs fois pour faire bonne mesure.

Après être entré dans le flux, j’avais commencé à jouer Der Flohwalzer. J’étais un peu excité et j’avais fini par faire quelques arrangements différents. J’avais fini par jouer une version plus jazzy.

Après avoir fini de jouer, j’entendis quelqu’un applaudir. Je m’étais retourné et je vis Sakura. Elle se tenait à côté de Kougyoku.

« Est-ce… un instrument ? »

« Oui. Ça s’appelle un piano. C’est un instrument à clavier… mais il pourrait aussi être classé comme un instrument à percussion ou à cordes. »

« J’aimerais en savoir plus. S’il te plaît, un autre air… »

Hm… Voyons voir. J’en prendrai un autre facile. Ça fait un moment que je n’ai pas joué à celui-là, mais voilà, c’est mieux que rien… Je ne vois pas de meilleure chanson pour cette saison.

J’avais commencé à jouer, un tempo lent me guidant. C’était un air traditionnel de Noël. Pourtant, je ne savais pas si le mois de décembre existait dans ce monde.

La chanson s’appelait Jingle Bells.

Quelque chose me dit que l’Américain qui avait écrit cette chanson il y a plus de cent cinquante ans n’aurait jamais imaginé qu’elle serait jouée dans un autre monde.

Sakura hocha doucement la tête de gauche à droite. Elle avait l’air d’aimer ça. Kougyoku ferma aussi les yeux, comme s’il appréciait la mélodie. Ils avaient tous les deux commencé à fredonner sur la mélodie de la chanson.

Quand j’avais fini, elle avait applaudi doucement. Je me sentais un peu timide.

« La chanson… Apprends-la-moi. J’aimerais la chanter, » me demanda Sakura, des yeux de chiot étincelants dressés sur mon visage.

C’était assez inhabituel de sa part d’agir comme ça. D’habitude, elle était si repliée sur elle-même.

J’avais quand même répondu à sa demande et j’avais joué la chanson une fois de plus, cette fois en chantant les paroles et la mélodie. Sakura fredonnait pendant que je chantais. Une fois que j’avais fini, je lui avais dit que je recommencerais, mais elle m’avait dit qu’elle avait déjà mémorisé toutes les paroles. C’était bizarre.

J’avais recommencé à jouer la mélodie, et cette fois, c’était Sakura qui chantait. Ouah… Qu’est-ce que c’est que ce bordel !? Elle est… incroyable. Sa voix était claire, inébranlable et belle. Je ne savais pas qu’elle avait ce genre de talent en elle. Quand elle avait terminé, elle avait souri largement et semblait très heureuse.

« Incroyable… Penses-tu que tu puisses devenir une chanteuse ? »

« Je n’en suis pas sûr, mais j’ai peut-être aimé chanter. Pourrais-tu m’en montrer plus ? »

Je me demandais si ça pouvait l’aider à retrouver ses souvenirs, alors j’avais commencé à jouer toutes les chansons auxquelles je pouvais penser. Pop, rock, folk, comptines pour enfants. Occidental ou japonais, ça n’avait pas trop d’importance.

Incroyablement, elle avait mémorisé les paroles des chansons bien qu’elle ne les avait entendues qu’une seule fois. Sa mémoire était stupéfiante. Ironique, vu qu’elle était amnésique.

Pourtant, sa voix pourrait être une arme redoutable pour gagner sa vie. Elle pourrait probablement devenir une idole ou quelque chose comme ça… Ou du moins, si elle n’était pas si naturellement repliée sur elle-même.

Le piano que j’avais en ce moment n’était pas fait pour accompagner les chanteurs, alors je m’étais dit que je devais en faire un meilleur. Pour être honnête, j’étais un peu préoccupé par le fait d’apprendre à Yumina et aux autres à jouer, car je n’étais même pas sûr que cela les aiderait à manipuler le Fragarach.

Il n’avait pas fallu longtemps pour que d’autres entendent les notes incroyables de Sakura résonner dans tout le château. Avant même que je m’en rende compte, nous avions réuni tout un public.

Un tonnerre d’applaudissements s’était abattu sur nous une fois qu’elle avait terminé. Sakura regarda le sol par embarras, mais elle sourit doucement quand Linze lui donna quelques mots d’encouragement.

Ensuite, nous avions continué avec le mini-concert. C’était une fille timide et réservée à bien des égards, mais le chant avait fait ressortir une autre facette d’elle que je n’avais jamais vue auparavant.

J’avais continué à jouer pour elle, tout en faisant la note mentale suivante : télécharger quelques chansons sur mon smartphone pour qu’elle puisse les écouter.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Laisser un commentaire