Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 7 – Chapitre 3 – Partie 8

Bannière de Dans un autre monde avec un Smartphone ***

Chapitre 3 : L’élagage

Partie 8

Elle me sourit légèrement, mais cela m’irritait encore plus. D’accord, elle n’était pas sérieuse, alors allons-y à fond !

« … J’abandonne. »

J’étais là, hébété et plaqué au sol, dans un état d’abandon total. C’était impossible. Absolument impossible. J’avais réussi à l’effleurer une ou deux fois, mais je n’avais pas réussi à lui donner un vrai coup. Si j’avais été capable d’utiliser la magie, ça aurait pu marcher, mais mon niveau à l’épée seul avait des années de retard sur le sien. Je ne pouvais même pas espérer être comparé à elle. Après tout, c’était le dieu des épées. À quoi m’attendais-je ?

« Et bien, tu es beaucoup plus fort que je ne le pensais. J’ai même fini par devenir un peu sérieuse. Je parie que si tu continues à t’entraîner un peu plus fort, tu pourrais atteindre mon niveau, pas vrai ? »

Non merci… Ça ne m’intéresse pas d’être ton apprenti ou quoi que ce soit. En plus, si je deviens encore meilleur à l’épée, je ne pourrai pas me battre équitablement contre quelqu’un d’autre que toi.

« Je pouvais à peine voir leurs mouvements. »

« Pareil pour moi… Ces deux-là… sont incroyables… »

Hilde et Yae avaient l’air stupéfaites, mais elles parvinrent quand même à parler un peu. Même si elles pensaient que c’était incroyable, il y avait une différence claire et marquée entre mes compétences et celles de Moroha. Mais je n’avais pas eu la force de leur dire ça.

« Hmm ? À peine ? Ça veut dire que vous pouviez voir nos mouvements, même un peu, hein ? Wôw… vous êtes plutôt prometteuses… »

Moroha avait souri à Yae et Hilde. Toutes les deux la regardèrent avec étonnement. Je pouvais pratiquement voir les étoiles dans leurs yeux. Elles semblaient heureuses qu’elle les complimente. C’était ce que je m’étais dit.

« J’ai l’intention de rester avec Touya un moment, alors j’aimerais vous donner des leçons de maniement de l’épée. »

« Vraiment !? Merci, chère sœur ! »

« O-Oh bonté divine… Je vous remercie très sincèrement. »

Les deux filles semblaient encore plus excitées maintenant. Je n’avais pas pu m’empêcher de penser que c’était la naissance de deux nouveaux acolytes du Dieu des épées.

« Hmph… On dirait que la petite Moroha a volé deux de mes belles-sœurs, sais-tu… ? »

« Je te respecte encore beaucoup, Karen… »

« Aww ! Linzey-winzey ! Tu es une si gentille fille, je t’aime ! »

Karen fit à Linze un câlin d’ours pour des raisons que je ne connaissais pas du tout. Lu n’était pas complètement subjuguée comme les deux autres, mais elle s’intéressait aussi un peu à Moroha. Elle n’était pas complètement cinglée comme Yae et Hilde, donc sa réserve était compréhensible.

J’avais finalement retrouvé la capacité de bouger à nouveau, alors je m’étais lancé [Rafraichissement] sur moi-même, me retrouvant à nouveau en pleine forme. Bon sang… On dirait que j’ai encore des choses à apprendre.

Je ne savais pas exactement quand, mais nous avions attiré des spectateurs. Notre combat était assez sauvage, donc ce n’était pas si surprenant.

« Qui sont ces gens ? »

« Des invités de la tribu Rauli. Mais ceux-là ne sont pas leurs champions. »

« Bonté divine… mais ils sont si forts. Pourquoi celle-là ne participe-t-elle pas pour eux ? »

« Je ne sais pas. »

Les spectateurs avaient continué leurs chuchotements insouciants autour de nous. Pourquoi ne me battais-je pas dans ces duels ? C’était évident. J’étais un homme !

J’avais remarqué le manieur de bâton à tête chauve, et la combattante du clan des Dragons dans la foule.

Le chauve inclina la tête en me saluant, mais la fille dragonne me regarda sans bouger du tout. Huh… Son œil droit est doré, mais son œil gauche est rouge… Elle a un Œil mystique ou quoi ? Son regard s’était focalisé sur moi, et j’avais soudainement ressenti un sentiment de danger imminent. J’avais sorti mon Brunhild et j’appuyais sur la détente en quelques secondes.

Un homme tomba soudainement d’un arbre derrière la fille dragonne. Je lui avais envoyé une balle paralysante. Il tenait encore un arc et des flèches dans ses mains. Apparemment, il visait la fille dragonne.

« Connaissez-vous cet homme ? »

J’avais parlé à la fille dragonne en le pointant du doigt.

« … Un adversaire antérieur, d’une tribu que j’ai combattue aujourd’hui. »

C’était logique. Il voulait tout simplement se venger. Il ne supportait pas de perdre, alors il avait décidé de lui faire du mal. Un homme de la tribu Jaja était sorti et avait emmené le gars immobilisé.

L’élagage était plein de dangers, mais ce n’était pas comme si le fait d’attaquer les gens de façon déshonorante n’aurait pas de conséquences. Dans ce cas, sa tribu serait bannie du prochain élagage. Naturellement, à cause du déshonneur qu’il leur avait infligé, son peuple se retournerait contre lui. Au final, sa tribu allait sans doute l’exiler.

Il devrait errer dans la mer des arbres tout seul pour le reste de sa vie. C’était une punition suffisante.

« Je vous suis redevable. Je m’appelle Sonia Parallem. Je suis actuellement chez les Ruluch. »

La fille dragonne, Sonia, inclina lentement la tête devant moi.

« Et je suis Rengetsu. Merci beaucoup d’avoir aidé Sonia-san à sortir d’une situation potentiellement dangereuse ! »

Le manieur de bâton chauve inclina la tête également devant moi. Avec un nom comme Rengetsu, je me demandais s’il venait de Yulong ou d’Eashen. Je n’arrivais pas non plus à discerner son origine ethnique par la couleur de ses cheveux. Après tout, il n’en avait pas. Cependant, quand j’avais regardé de près ses sourcils, j’avais remarqué qu’ils étaient noirs.

« Rengetsu, d’où venez-vous ? »

« … Hm ? Je suis d’Eashen. Pourquoi ? »

Dieu merci… Ça aurait été chiant si ce type venait de Yulong… Les gens d’Eashen aimaient beaucoup voyager, même Yae errait quand je l’avais rencontrée pour la première fois. Ils agissaient probablement ainsi afin d’entraîner leur corps pour apprendre à connaître le monde.

D’un autre côté, les gens de Yulong ne voyageaient pas du tout. Disons plutôt que quitter le pays était difficile au départ en raison des anciennes politiques gouvernementales. Il y avait beaucoup de paperasserie et de réglementations complexes. Les gens en étaient arrivés au point où ils n’avaient pas pris la peine d’essayer de partir. Leurs nouvelles internationales avaient également été supprimées.

Mais l’ancien régime avait été complètement détruit, de sorte que les réfugiés quittaient Yulong à un rythme alarmant. Il n’y en avait pas beaucoup, puisque la plupart de la population avait été anéantie par la Phase, mais j’avais de la peine pour les nations qui devaient les accueillir.

« Je m’appelle Mochizuki Touya. Je suis en ce moment avec la… Tribu… Rauli Pardon, est-ce que ça va ? »

Sonia me regardait d’une manière bizarre, ce qui avait mis un frein à mon introduction. Je me demandais si elle invoquait son Oeil mystique.

« Uhm… Qu’est-ce qu’il y a ? »

« … Je ne suis pas sûre de vouloir connaître la réponse, mais… pourquoi vous faites-vous passer pour une femme ? »

Quoi ? Est-ce que mon [Mirage] est en panne ou quoi ? Ou peut-elle juste voir à travers ? Je l’avais tranquillement demandé à Sonia. Celle-ci avait acquiescé.

« Ah, ne vous inquiétez pas… Je sais que certaines personnes ont ce genre de hobby, je ne suis pas une personne qui juge. »

« Attendez une seconde ! Vous vous méprenez sur toute la situation ! »

Elle pensait que j’étais une sorte de travesti ou un homme qui aimait être vu comme une femme. C’était juste une illusion, je ne me travestissais même pas ! Je les avais emmenés tous les deux dans un endroit isolé pour m’expliquer.

La tribu Rauli ne serait pas déshonorée parce que je n’étais pas l’un de ses champions. Même si j’étais exposé, ma seule pénalité serait que je perde la possibilité de regarder les matches. Si c’était le cas, je n’aurais qu’à lancer [Invisibilité] et à regarder de cette façon.

« Alors… votre Œil mystique est-il la raison pour laquelle mon illusion ne marchait pas ? »

« Oui. J’ai l’Oeil mystique de la Révélation. Je peux voir à travers la supercherie visuelle. Tous les effets visuels causés par la magie sont complètement annulés par mon œil droit. »

Incroyable. Elle peut aussi annuler les sorts d’aveuglement. Mais si elle est prise au dépourvu, elle ne pourra peut-être pas le déclencher à temps.

« Ce n’est pas une grosse affaire, mais je préférerais que vous gardiez le silence. »

« D’accord. On est quittes, alors. Je vous ai remboursé ma dette pour m’avoir sauvée. »

C’est bon de voir des gens raisonnables dans le coin. Ces deux-là sont en fait plutôt sympas, on peut facilement parler avec eux… Selon le duo, ils n’étaient que de simples aventuriers qui parcouraient le monde ensemble pour s’améliorer. Apparemment, ils venaient juste d’arriver dans la région, et comme deux champions de la tribu Ruluch étaient tombés malades, alors ils avaient pris leur place.

« Nous avons eu la chance de voir votre bataille plus tôt, Touya. Vous êtes certainement quelque chose, mais… La femme que vous avez combattue, qui est-elle ? »

« Aha. C’est l’une de mes grandes sœurs, Moroha… C’est la cadette, et je suis le plus jeune. Gagner contre elle est pratiquement impossible. Quand il s’agit d’épée, elle est sans égal. »

« Sans espoir, vous dites… »

Le regard sur leurs visages en disait beaucoup. Ils ne m’avaient pas cru. Mais ça n’avait pas changé la vérité.

Pour l’instant, nous avions décidé de nous encourager l’un l’autre. Après ça, je m’étais séparé d’eux.

« Alors, tu étais là ? »

« Hm ? Pam ? »

Après ma séparation, Pam s’était pointée. Sa silhouette s’était révélée dans l’ombre, faiblement éclairée par le clair de lune.

« La tribu Balm ne va pas gagner, tu peux dormir tranquille. »

« C’est vrai… mais j’aimerais quand même voir comment… planifier le prochain élagage. J’aimerais vraiment porter ton enfant, Touya. »

« Tu as dit que tu abandonnerais si on gagnait. »

« Je sais que je l’ai dit. Et une femme Rauli ne rompt pas ses promesses. »

Pam avait un peu boudé. De toute évidence, elle était déçue.

« Si nous gagnons, utiliseras-tu ta loi pour bannir la tribu Balm ? »

« Hm, ça pourrait être le cas… Mais vu que nous sommes arrivés jusqu’ici, alors j’ai pensé à d’autres lois. Il est cependant difficile de penser à ce qui pourrait profiter à la tribu Rauli… »

Pam réfléchit tranquillement.

Quelque chose de profitable à la tribu Rauli, hein… ? Je suppose que le plus logique serait une loi qui profite aux femmes. Après tout, la tribu Rauli était opposée à l’égalité des sexes… Néanmoins, il serait préférable qu’elle ne mélangent pas leur politique du genre dans les lois de toute une région.

Après tout, la disparité entre hommes et femmes n’était présente que dans les tribus Balm et Rauli.

Cependant, si je devais l’admettre, je dirais que les femmes avaient probablement une vie plus dure que les hommes dans la mer des arbres.

« Oh ! Et si on faisait en sorte que seules les femmes puissent participer à l’élagage ? »

« Ne sois pas idiote. Ça ferait flipper les gens. »

Je suppose que tu as raison. Les autres tribus détesteraient ça. Il y a des tribus avec des femmes puissantes, mais la plupart des guerriers sont des hommes.

« Et si on faisait deux cérémonies d’élagage séparées, en fonction du sexe ? »

« Hm… Ça… pourrait être intéressant… Si elle était divisée par sexe, ma tribu aurait un avantage incroyable. »

Pam recommença à réfléchir.

Je n’étais pas si sérieux que ça… Mais je suppose qu’il est un peu injuste d’avoir des hommes et des femmes qui s’affrontent dans le même combat. Après tout, les Jeux olympiques ont deux catégories distinctes. Le corps d’un homme et le corps d’une femme étant fondamentalement construits pour des choses différentes. C’est un fait biologique, ce n’est pas de la discrimination, mais une simple différenciation.

« Mais si cette règle est établie, les tribus participeront probablement aux deux tournois. Cela ne va-t-il pas désavantager la tribu Rauli ? La tribu des Balm aussi. »

« C’est parfait. En fait, je préférerais ça. Si nous mettons cela en pratique, les tribus en général commenceront à valoriser davantage les femmes. »

Eh bien, c’était logique. Je n’y avais pas pensé sous cet angle. Si les femmes étaient placées dans une catégorie forcée, elles deviendraient également plus actives dans la société.

Cependant, si les femmes de toutes les tribus commencèrent à trouver leur force et leur indépendance, elles pourraient chercher un endroit où cette force sera mieux respectée. Elles pourraient même se retrouver bientôt avec la tribu Rauli. Cela rendrait la tribu plus forte… C’était vraiment rusé.

Améliorer la place de la femme dans la société n’était certainement pas une mauvaise chose… Du moins, ça n’aurait pas dû l’être, mais l’homme viril en moi se sentait un peu bizarre. J’avais peut-être proposé quelque chose d’étrange.

L’Esprit de l’Arbre devrait alors accorder deux lois si l’élagage était divisé en deux… Ce serait probablement une bonne chose.

Ce n’était pas comme si l’Esprit avait accordé la loi, il devait simplement déterminer si c’était approprié ou non. C’était aux tribus elles-mêmes qu’il appartenait de faire respecter la loi.

« Je consulterai les autres femmes de la tribu. Cela pourrait changer l’élagage de manière positive. »

Pam s’était enfuie d’un pas énergique. Comme je me demandais si j’avais fait ce qu’il fallait, l’Esprit des Arbres était soudainement apparu à côté de moi. Elle brillait comme d’habitude.

« Ce n’était pas une mauvaise suggestion. En conséquence, les femmes pourraient être mieux traitées dans la mer des arbres. La tribu Rauli est un exemple extrême, mais les autres tribus ont aussi des femmes avec du potentiel… »

Hm… Je vois, je vois… Alors ce n’est peut-être pas si clair… La tribu Rauli pourrait même se faire quelques rivales avec cette loi.

J’avais décidé de retourner vers les autres. L’Esprit de l’Arbre disparu aussi, juste comme ça.

Elle n’avait pas posé de questions sur Moroha, ce qui m’avait fait me demander si le Dieu de l’épée avait entièrement caché sa divinité. Mais il y avait toujours des fuites… Je n’avais aucune idée de la façon de fermer le robinet, alors j’avais eu le sentiment que cela me causerait de nouveau des ennuis avant longtemps.

Sur le chemin du retour, je m’étais soudainement retourné. J’avais vu des individus ombragés se diriger plus profondément dans la forêt. Ce sont… des membres de la tribu Rivet ? Ouais, ces masques sont trop uniques pour appartenir à d’autres.

À ce moment, je pensais qu’ils allaient aux toilettes. Je n’avais plus du tout pensé à cela. Malheureusement, cela s’était avéré être une terrible erreur.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

2 commentaires :

Laisser un commentaire