Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 7 – Chapitre 3 – Partie 12

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Chapitre 3 : L’élagage

Partie 12

« Guh… Il fait froid ! Depuis quand fait-il si froid ? »

Nous n’étions absents que depuis trois jours, mais Brunhild était plus froid que jamais. C’était dur de se lever le matin.

La mer des arbres était juste au sud, mais il ne faisait pas froid l’hiver. Je ne savais pas si j’avais froid parce que j’étais habitué au climat là-bas, ou s’il venait de faire plus froid.

Le climat de ce monde ne fonctionnait pas selon la logique conventionnelle. Les saisons n’existaient pas partout, et là où elles existaient, elles étaient souvent extrêmes. Les lieux avec des saisons marquées n’avaient rien à voir avec le placement géographique. Il y avait toutefois de petites différences entre les climats de l’est et de l’ouest. Cela m’avait rappelé le fait que je n’avais aucune idée si le monde était même sphérique… Il aurait pu être plat. Un éléphant ou un serpent géant tenait peut-être ce monde en l’air.

Apparemment, les esprits contrôlaient le climat, mais je ne connaissais pas vraiment les détails. Je n’avais aucune idée si c’était lié à la magie, et même d’où venait cette magie. Un pays avec quatre saisons fonctionnelles annuelles pourrait se trouver juste à côté d’un pays où l’hiver ne prenait jamais fin. Il n’y avait pas de logique dans tout cela.

Je ne savais pas si c’était dû à la chance ou à quoi, mais Brunhild avait quatre saisons distinctes. L’environnement était généralement assez semblable à celui où j’avais grandi.

« J’aurais vraiment besoin d’un chauffage en ce moment… »

Ce ne serait même pas si difficile d’en faire un avec [Programmation], mais ce n’était pas comme si le froid était insupportable. En plus, on avait une cheminée. Mon grand-père avait l’habitude de dire que « le dérangement lui-même est une forme d’énergie », mais je m’éloignais un peu. Une bouillotte serait parfaite. L’élagage était officiellement terminé, et Pam avait renoncé à faire un bébé avec moi. Elle avait l’air un peu triste.

Je voulais qu’elle fasse ses preuves en tant que membre de la tribu de Rauli, ou plutôt, en tant que membre de la tribu du seigneur des arbres.

Brunhild avait été officiellement reconnu comme sauveur de la mer des arbres, et ils s’engagèrent à nous soutenir si jamais quelque chose arrivait. Toutes les tribus acceptèrent de me prêter leur force, si jamais j’en avais besoin.

Je ne connaissais pas tous les détails de ce qui était arrivé à la tribu de Rivet après ça. Pam venait de me dire que « la mer des arbres les a jugés » et en était restée là. J’avais décidé de ne plus rien demander d’autre à ce sujet.

J’étais sorti vers le balcon frigorifique, uniquement pour voir quelqu’un s’entraîner sur le terrain d’entraînement. Mais je ne les voyais pas très bien, car l’air était pesant le matin.

J’utilisais [Détection lointaine] pour les regarder, et je vis Moroha se battre avec quelqu’un. C’était Lu.

« Bon sang, il est si tôt… »

C’était probablement à cause de sa défaite. Lu était en colère parce qu’elle avait été vaincue par Rengetsu. Elle avait montré un visage fier, mais je le savais. Mes fiancées détestaient perdre.

Tout le monde dans le château avait été assez surpris quand j’étais rentré avec Moroha. Mais c’était tout naturel, puisque je n’avais jamais dit que j’avais une autre grande sœur avant.

Kousaka m’avait demandé combien de frères et sœurs j’avais, et je lui avais donné une réponse ambiguë… Mais je pense qu’il m’avait mal compris, parce qu’il m’avait fait ce genre de signe de la tête, comme pour dire « Autant, hein… ? » Ainsi, l’idée que la lignée Mochizuki était une lignée de coureurs de jupons fut acceptée.

Ce n’est pas ça, bon sang ! Nous ne sommes pas une bande de frères et sœurs de mères différentes ! Ce ne sont même pas mes frères et sœurs !

Ce qui les avait encore plus surpris, c’était la prouesse martiale de Moroha. Nous avions montré ses talents en la laissant se battre avec l’ordre de chevalier. C’était une bataille entre elle et quatre-vingts chevaliers. Elle gagna facilement sans même avoir reçu une égratignure.

Elle avait également souligné les faiblesses individuelles de chaque soldat et leur donna des indications sur lesquelles se concentrer. Elle n’était rien de moins que méticuleuse.

« … Ouaip, tu es bien la sœur du grand-duc. »

J’avais demandé à Moroha de se battre avec l’ordre des chevaliers chaque fois qu’elle avait du temps libre. S’ils s’entraînaient avec elle, ils deviendraient probablement plus forts avec le temps. Dans l’ensemble, c’était certainement un avantage.

« Bonjour ! »

« Bonjour, Touya. »

Je m’étais changé et j’étais allé dans la salle à manger. Yumina, Linze, Elze, Yae, Hilde et Karen m’attendaient. Je me sentais un peu somnolent, alors Renne m’apporta une tasse de tisane.

J’avais remercié Renne en lui donnant une petite tape sur la tête, quand la porte s’était soudainement ouverte. C’était Moroha et Lu, de retour de leur entraînement.

Nous déjeunions à sept heures du matin, tous les matins. Bien que nous n’ayons pas tous eu besoin d’être présents pour commencer à manger. Pourtant, si c’était possible, nous avions pris plaisir à manger ensemble. C’était pour cette raison que nous ne commencions à manger qu’après sept heures du matin. Tout le monde était là aujourd’hui, même Karen, qui d’habitude aimait dormir tard.

Sue venait nous rejoindre de temps en temps pour le petit déjeuner, mais il semblerait qu’elle était occupée aujourd’hui.

Sa chambre dans la maison d’Ortlinde était reliée à mon hall d’entrée, de sorte qu’elle pouvait aller et venir comme elle le voulait. Naturellement, seule Sue était capable d’accéder à ce portail particulier, et il avait été réglé pour enregistrer chaque fois qu’elle passait par là.

J’étais fiancé à elle, elle avait été donc autorisée à venir au château de Brunhild comme bon lui semblait. Mais je lui avais dit d’essayer de manger avec ses parents à la maison autant qu’elle le pouvait.

Il était préférable pour les parents de manger avec leurs enfants. Je ne voulais pas que le duc Ortlinde se sente seul ou triste.

Après le petit déjeuner, nous nous étions tous mis au travail. Yae, Hilde et Moroha s’étaient toutes jointes aux chevaliers pour s’entraîner. Yumina et Lu étaient allés parler avec le vieux Naito de l’urbanisme. Elze était allée s’entraîner et Linze était allée enquêter sur les cultures sélectionnées. Karen, d’un autre côté, était restée dans sa chambre et avait fait des trucs bizarres relatifs à son titre de Dieu de l’amour. En gros, nous avions fait ce que nous voulions ou ce que nous devions faire.

Je n’avais jamais forcé mes fiancées à faire quoi que ce soit d’officiel, mais il semblerait qu’elles aimaient m’aider dans mes affaires.

Mon plan pour la journée consistait à rencontrer toute personne qui demandait une audience. Si personne ne le faisait, j’aurais du temps libre. J’avais écouté Kousaka bavarder sur des questions intérieures ici et là, les divisant en questions urgentes, non urgentes et sans importance.

Kousaka essayait constamment de résoudre les problèmes en utilisant les citoyens, même si je pouvais résoudre ces problèmes en quelques secondes, mais il avait raison de le faire. Si je m’occupais de tout, le pays compterait sur moi pour toujours. Si le pays ne pouvait pas se suffire à lui-même, on ne pourrait pas vraiment l’appeler un pays. Je n’allais pas être là éternellement.

Chaque fois que j’avais proposé mon aide, Kousaka me voyait plus comme un obstacle que comme une aide. Pourtant, c’était confortable de ne pas avoir de responsabilités.

« À quel point il fera plus froid, je me demande… »

« Hm… Je ne crois pas que nous aurons plus froid cette année, monsieur. Même si c’est le cas, le tapis chaud que vous avez créé est une bénédiction pour nous tous pendant la saison froide. »

Laim, mon majordome, prit la parole en m’apportant mon thé noir. Il y avait énormément de grandes pièces dans le château, donc garder tout l’endroit au chaud était pénible. C’est pourquoi j’avais enchanté plusieurs tapis avec le sort de feu [Réchauffement] et je les avais placés partout dans le château.

J’avais aussi donné à Laim un costume spécialement taillé sur mesure et enchanté par ce sort. C’était une combinaison géniale parce qu’elle régulait sa propre température. Laim était très raide, alors je ne pensais pas qu’il accepterait le cadeau si je le lui offrais. C’est pourquoi j’avais utilisé son prochain anniversaire comme excuse commode pour l’y contraindre.

Après tout, je ne voulais pas que notre majordome tombe malade.

J’avais beaucoup de temps libre, puisque personne ne voulait me voir. Je n’étais pas complètement libre. J’avais décidé de passer mon temps à finir le piano que j’avais commencé à faire après mon retour de la mer des arbres.

Construire le piano n’avait pas été trop difficile. En gros, de l’extérieur cela apparentait à un gros truc vide. J’avais utilisé [Programmation] pour truquer les aspects que je ne comprenais pas bien. Le seul problème était de l’accorder. J’avais dû déterminer manuellement la tonalité à l’aide d’une application piano sur mon smartphone.

Malgré tout, j’étais assez excité et j’avais fini par fabriquer un piano à queue de 88 touches. Il aurait peut-être été préférable que je fabrique un piano droit de studio de soixante-cinq touches, mais il était trop tard.

Je n’étais pas sûr à cent pour cent, mais je venais tout juste de finir de l’accorder. Je m’étais assis sur la chaise et j’avais glissé mon doigt le long des touches. Do, re, mi, fa, sol, la, si, do. Je les avais joués dans l’ordre, puis à l’envers. Do, si, la, sol, fa, mi, re, do.

Ça faisait combien de temps que je n’avais pas joué... Quand j’étais petit, je n’arrivais pas à me servir de mon pouce. Je ne me souvenais pas comment j’avais pratiqué… mais je me souvenais avoir lutté pour pouvoir jouer avec mon majeur… Mes doigts étaient plutôt courts à l’époque, hein.

J’avais commencé à jouer l’air nostalgique de do, re, mi, fa, sol, la, si, do, suivi de do, si, la, sol, fa, mi, re, do. Je l’avais répété plusieurs fois pour faire bonne mesure.

Après être entré dans le flux, j’avais commencé à jouer Der Flohwalzer. J’étais un peu excité et j’avais fini par faire quelques arrangements différents. J’avais fini par jouer une version plus jazzy.

Après avoir fini de jouer, j’entendis quelqu’un applaudir. Je m’étais retourné et je vis Sakura. Elle se tenait à côté de Kougyoku.

« Est-ce… un instrument ? »

« Oui. Ça s’appelle un piano. C’est un instrument à clavier… mais il pourrait aussi être classé comme un instrument à percussion ou à cordes. »

« J’aimerais en savoir plus. S’il te plaît, un autre air… »

Hm… Voyons voir. J’en prendrai un autre facile. Ça fait un moment que je n’ai pas joué à celui-là, mais voilà, c’est mieux que rien… Je ne vois pas de meilleure chanson pour cette saison.

J’avais commencé à jouer, un tempo lent me guidant. C’était un air traditionnel de Noël. Pourtant, je ne savais pas si le mois de décembre existait dans ce monde.

La chanson s’appelait Jingle Bells.

Quelque chose me dit que l’Américain qui avait écrit cette chanson il y a plus de cent cinquante ans n’aurait jamais imaginé qu’elle serait jouée dans un autre monde.

Sakura hocha doucement la tête de gauche à droite. Elle avait l’air d’aimer ça. Kougyoku ferma aussi les yeux, comme s’il appréciait la mélodie. Ils avaient tous les deux commencé à fredonner sur la mélodie de la chanson.

Quand j’avais fini, elle avait applaudi doucement. Je me sentais un peu timide.

« La chanson… Apprends-la-moi. J’aimerais la chanter, » me demanda Sakura, des yeux de chiot étincelants dressés sur mon visage.

C’était assez inhabituel de sa part d’agir comme ça. D’habitude, elle était si repliée sur elle-même.

J’avais quand même répondu à sa demande et j’avais joué la chanson une fois de plus, cette fois en chantant les paroles et la mélodie. Sakura fredonnait pendant que je chantais. Une fois que j’avais fini, je lui avais dit que je recommencerais, mais elle m’avait dit qu’elle avait déjà mémorisé toutes les paroles. C’était bizarre.

J’avais recommencé à jouer la mélodie, et cette fois, c’était Sakura qui chantait. Ouah… Qu’est-ce que c’est que ce bordel !? Elle est… incroyable. Sa voix était claire, inébranlable et belle. Je ne savais pas qu’elle avait ce genre de talent en elle. Quand elle avait terminé, elle avait souri largement et semblait très heureuse.

« Incroyable… Penses-tu que tu puisses devenir une chanteuse ? »

« Je n’en suis pas sûr, mais j’ai peut-être aimé chanter. Pourrais-tu m’en montrer plus ? »

Je me demandais si ça pouvait l’aider à retrouver ses souvenirs, alors j’avais commencé à jouer toutes les chansons auxquelles je pouvais penser. Pop, rock, folk, comptines pour enfants. Occidental ou japonais, ça n’avait pas trop d’importance.

Incroyablement, elle avait mémorisé les paroles des chansons bien qu’elle ne les avait entendues qu’une seule fois. Sa mémoire était stupéfiante. Ironique, vu qu’elle était amnésique.

Pourtant, sa voix pourrait être une arme redoutable pour gagner sa vie. Elle pourrait probablement devenir une idole ou quelque chose comme ça… Ou du moins, si elle n’était pas si naturellement repliée sur elle-même.

Le piano que j’avais en ce moment n’était pas fait pour accompagner les chanteurs, alors je m’étais dit que je devais en faire un meilleur. Pour être honnête, j’étais un peu préoccupé par le fait d’apprendre à Yumina et aux autres à jouer, car je n’étais même pas sûr que cela les aiderait à manipuler le Fragarach.

Il n’avait pas fallu longtemps pour que d’autres entendent les notes incroyables de Sakura résonner dans tout le château. Avant même que je m’en rende compte, nous avions réuni tout un public.

Un tonnerre d’applaudissements s’était abattu sur nous une fois qu’elle avait terminé. Sakura regarda le sol par embarras, mais elle sourit doucement quand Linze lui donna quelques mots d’encouragement.

Ensuite, nous avions continué avec le mini-concert. C’était une fille timide et réservée à bien des égards, mais le chant avait fait ressortir une autre facette d’elle que je n’avais jamais vue auparavant.

J’avais continué à jouer pour elle, tout en faisant la note mentale suivante : télécharger quelques chansons sur mon smartphone pour qu’elle puisse les écouter.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

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