Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 7 – Chapitre 3 – Partie 1

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Chapitre 3 : L’élagage

Partie 1

« Il fait de plus en plus froid, hein… »

Brunhild entrait dans sa saison hivernale. Il ne faisait pas aussi froid que dans le Royaume d’Elfrau au moment où je l’avais visité, mais c’était quand même assez mauvais. On aurait dit qu’il y avait aussi de la neige.

« Avons-nous suffisamment de contre-mesures pour repousser le froid ? »

« Toutes les maisons de Brunhild ont des cheminées. Nous avons aussi de vastes réserves de bois de chauffage. Au contraire, notre préoccupation devrait être de prévenir les incendies. »

C’était vrai. Nous avions formé une petite brigade de pompiers au cas où n’importe quel endroit s’illuminerait. De plus, il y avait un dispositif semblable à une pompe qui permettait d’éteindre rapidement les incendies. Kousaka fit preuve de rigueur dans son approche, c’était donc un plaisir de l’avoir dans les parages. Il semblerait que l’eau du canal de la ville serait notre principale méthode pour nous opposer au feu. Pour l’instant, il suffirait qu’ils partent en patrouille de temps en temps. Peut-être que je leur donnerais des claves qu’ils pourraient claquer ensemble pour alerter les autres ou quelque chose comme ça.

Après avoir terminé de gérer mes affaires, je m’étais dirigé vers les terrains d’entraînement de la cour. Hilde et Rebecca étaient toutes deux en duel.

Après qu’elle ait été officiellement annoncée comme ma fiancée, Hilde était venue vivre dans mon château.

En toute honnêteté, je ne m’attendais pas à ce qu’elle vienne vivre avec moi avant le mariage. Fiancée ou non, elle était toujours la princesse d’une autre nation, et avait des devoirs nationaux.

Contrairement à Yumina, qui avait semblé mettre un certain temps à s’installer avec moi, Lu et Hilde semblaient s’être installées relativement rapidement. Elles étaient à la maison. Comme on pouvait s’y attendre, Sue était la seule qui ne vivait pas avec moi. Mais elle y restait pourtant plus de deux nuits par semaine.

Apparemment, elle n’avait pas dormi non plus dans ma chambre. Elle était surtout restée avec Yumina. J’avais remarqué qu’elle passait quelques nuits chez Renne.

Ça ne me dérangeait pas qu’elle passe la nuit dans ma chambre, mais il fallait vraiment qu’elle arrête de se faufiler dans ma chambre pour me réveiller. Être réveillé deux fois par semaine par le corps d’une petite fille qui me frappait était un peu gênant.

Tandis que je grimaçais en me rappelant la douleur, Hilde se dirigea vers moi.

« Touya ! »

« Beau travail, Hilde. »

J’avais lancé [Rafraîchissement] afin de lui retirer toute sa fatigue. Chaque fois qu’elle en avait le temps, elle venait s’entraîner ici contre mes soldats. Je ne m’attendais pas à moins de la part d’un chevalier.

Hilde ne portait pas l’armure de Lestia qu’elle portait quand on s’était rencontrés. Au lieu de cela, elle portait une armure légère conçue pour les soldats de Brunhild. Malgré le fait qu’elle était chevalière, elle n’appartenait pas à l’ordre des chevaliers de mon pays. Elle-même avait dit qu’elle n’était pas chevalière de Brunhild, mais mon chevalier personnel… Je savais pertinemment que le commandant Lain se sentait un peu mal à l’aise quant au fait d’avoir quelqu’un qui m’était si proche se battant à leurs côtés.

« Pars-tu quelque part ? »

« Je vais à la guilde. La succursale de Brunhild a finalement ouvert, alors je vais vérifier. »

« Ooh… Puis-je venir avec toi ? »

« Je n’y vois pas d’inconvénient. Allons-y. »

La faire venir avec moi et lui faire voir la ville était à l’ordre du jour, donc c’était pratique. Je voulais qu’elle s’habitue à Brunhild le plus tôt possible.

Je quittais le château avec Hilde. En arrivant en ville, nous avons croisé une bande d’enfants excités qui ne semblaient pas du tout se soucier du froid.

« Hey, Seigneur ! Content de vous voir ! »

« Content de vous voir, Seigneur ! »

« Ah, oui… C’est bon de vous voir. Ne vous éloignez pas trop. »

« Ohkaaay ! »

Les enfants joyeux s’enfuirent vers les champs. J’y pensais depuis un moment, mais j’avais vraiment besoin de faire une école. Il serait utile d’avoir dans le pays des enfants capables de lire et d’écrire et d’acquérir d’autres compétences. Mais encore une fois, je n’avais pas de professeurs.

Nous n’avions pas beaucoup de gens talentueux dans la population active…

« Les enfants sont heureux… C’est bien, ça me rend aussi heureuse. »

« Oui… Nous avons réussi à bâtir le pays sans qu’ils aient besoin de participer et de travailler. C’est vraiment une bonne chose. »

Brunhild pouvait être considéré comme un pays assez aisé. Nous n’étions pas un pays pauvre, car la plupart des gens avaient un emploi, nous n’étions pas non plus un pays industriel… sauf si vous avez compté la production de bicyclettes. Je faisais des expériences dans les domaines du commerce, de l’agriculture et de la fabrication, mais il n’y avait encore rien de concret.

J’avais demandé à Flora d’améliorer plusieurs types de semences pour moi, donc je voulais lancer plus de production agricole, mais… notre territoire n’était pas très vaste, alors nous étions un peu limités dans nos opérations.

Tandis que je réfléchissais à de telles choses, nous étions finalement arrivés à notre destination, la salle de guilde de Brunhild. L’endroit était déjà un peu surpeuplé. Il semblait que la guilde fonctionnait comme n’importe quelle autre.

Je m’étais mis une cagoule sur la tête et j’étais entré. Maintenant que j’y pense, la foule était assez bruyante. Il y avait une tonne de gens devant le tableau des quêtes, qui vérifiaient les différents messages s’y trouvant. Une partie de moi était ennuyée dans cette atmosphère. J’avais complètement changé ma vie depuis mon arrivée dans ce monde.

Hilde n’arrêtait pas de regarder autour d’elle. Je me demandais si c’était la première fois qu’elle était dans une salle de guilde.

« Bienvenue ! Êtes-vous un nouveau venu ? »

« Ah, non… Je suis juste venu faire un petit tour. Le directeur est-il là ? »

J’avais donné une réponse vague à la réceptionniste aux oreilles de chat et je lui avais tranquillement montré ma carte. Il n’y avait après tout que deux rangs Or sur le continent.

« Qu… ! W-Wow… A-Ah… S’il vous plaît, attendez un instant ! »

La fille-chatte agitée trébucha dans l’escalier pendant que ses collègues la regardaient dans la confusion. J’avais brièvement capté le regard de quelques aventuriers, mais ils étaient très vite retournés à la liste des quêtes. Quelques-uns jetaient un coup d’œil à Hilde, mais ce n’était pas trop surprenant. Après tout, elle faisait tache dans le décor.

Au bout d’un moment, la fille aux oreilles de chat était descendue et parla à voix basse.

« Je vais vous emmener voir le directeur… Votre Altesse… ! »

La fille m’emmena en haut des escaliers, nous étions ensuite passés dans l’arrière-salle. Là, quelqu’un que je connaissais bien m’attendait.

« Hein ? Relisha, est-ce toi le manager ici ? »

Relisha, la chef de guilde elfique, se tenait là et me souriait. Elle était censée être l’une des grandes chefs de guilde de l’Ouest. Je me demandais si elle avait été rétrogradée.

« Non, pas tout à fait. Un chef de guilde peut choisir quelle branche de guilde sera sa base d’attache, mais je n’avais pas encore décidé. Cependant, après avoir établi la succursale de Brunhild, j’ai finalement fait mon choix. »

« Oh, donc c’est comme ça… »

J’avais baissé ma capuche et je m’étais assis. La pièce dans laquelle j’étais était étonnamment voyante, avec plusieurs documents et livres ornant l’endroit, bien rangés sur des étagères. Il y avait aussi divers objets chargés par magie. Les maîtres de guilde avaient certainement vécu des vies intéressantes.

« Ah, Grand-Duc… On m’a dit que vous étiez fiancée à la princesse de Lestia. Veuillez accepter mes félicitations. »

« Ah… Merci. »

« Ah ! Merci beaucoup ! »

Hilde… Tu es trop bruyante. Elle se tortilla d’embarras, complètement inconsciente de mes pensées alors que je la regardais.

« En ce qui concerne mes autres questions, l’incident de Yulong me préoccupe beaucoup. La branche de la guilde a été presque anéantie. Les survivants ont été grièvement blessés. Cela prendra beaucoup de temps, mais nous la reconstruirons. Les aventuriers sont nécessaires dans un endroit où le moral est ébranlé. »

Comme je m’y attendais, les effets de l’incident avaient été catastrophiques. L’information concernant la Phase avait été envoyée aux autres chefs de guilde, mais pas au personnel de chaque guilde. S’ils l’avaient su, ils auraient peut-être trouvé un moyen de s’échapper.

« Y a-t-il de nouveaux rapports d’activité de Phase ? »

« Non, pas du tout. Croyez-vous que cela pourrait se reproduire, Votre Altesse ? »

« Je ne pense pas que ce soit fini, mais je ne peux pas te dire quand ça se reproduira. Demain ? Dans un an ? Dix ans ? Je ne peux pas le dire. »

Relisha fronça légèrement les sourcils, plaçant une main sur son menton comme si elle était perdue dans ses pensées.

« Pour l’instant, nous pouvons continuer à diffuser les avertissements. J’espère cependant que la même chose ne se produira pas à Yulong… Surtout pas après la reconstruction. »

Relisha gloussa légèrement, comme si elle racontait une blague. Pourtant, il était indéniable que la possibilité d’un désastre soit toujours présente. J’avais assisté à une vraie déchirure à Yulong. Il n’y avait aucune garantie que cela ne se produise pas une fois de plus.

Les villes et les bâtiments eux-mêmes n’avaient pas été particulièrement endommagés, puisque la Phase visait exclusivement des cibles vivantes, mais beaucoup de gens ne voulaient pas y vivre simplement parce qu’un génocide avait eu lieu.

Les habitants de Yulong devinrent des réfugiés, n’ayant d’autre choix que de fuir vers les nations voisines. Certains d’entre eux devinrent des voleurs et des brigands, tandis que d’autres gagnèrent de l’argent en les battant… L’incident avait changé la vie de nombreuses personnes.

« Il y a encore beaucoup de gens à Yulong qui croient que l’invasion est votre œuvre, Grand-Duc. Mais personne en dehors de ce pays n’y croit, je peux vous l’assurer. Les réfugiés qui partent finissent toujours par apprendre la vérité. Plus ils rencontrent de gens, moins ils croient aux mensonges. Je suis sûre que cette histoire ne durera pas longtemps. »

« Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, honnêtement. J’en ai presque fini avec Yulong. »

« Ces derniers temps, ils ont regroupé les gens avec des slogans comme “Ne pardonne jamais, n’oublie jamais”. Il est tout à fait possible qu’ils puissent vous causer des ennuis à l’avenir. »

« Alors j’écraserai ceux qui les rallient, si ça devait arriver. Je ne suis pas une mauviette, donc si quelqu’un me cause des ennuis, je l’écrase. La paix engendre la paix, et la violence engendre la violence. »

Je n’avais pas d’autre choix que de prendre cette position. J’avais sympathisé avec Yulong, mais c’était une tout autre affaire. Je ne voulais rien avoir à faire avec leurs mensonges.

« Dans ce cas, nous diffuserons un tel message dans nos guildes. Quelque chose du genre : “Le grand-duc de Brunhild est un homme bienveillant, mais il frappera sûrement quiconque s’opposera à sa nation”. Quelque chose dans ce sens. »

J’avais pensé que cela suffirait. Bien que je ne voulais pas que le message soit trop exagéré… Mais je n’avais rien pu faire. J’avais décidé de changer de sujet.

« Comment va la guilde ? »

« Eh bien, tout se passe bien. Nous employons beaucoup de gens pour des quêtes générales, et des quêtes visant à tuer des monstres arrivant de Belfast et de Regulus. Le seul vrai problème, c’est qu’il n’y a pas de missions de haut niveau disponibles… Mais je suppose que c’est un témoignage de la paix résidant à Brunhild, non ? »

Il n’y avait pas de bêtes magiques dans le coin, et j’avais tué tous les brigands. Les quêtes ici ne seraient pas satisfaisantes pour les gens qui voulaient gagner beaucoup d’argent d’un seul coup, car il s’agissait surtout de petites quêtes.

Au même moment, j’entendis des voix tapageuses en bas. Je me demandais ce que ça pouvait être. Je le demandais à Relisha, et elle me répondit que les disputes étaient courantes dans les salles de guilde, et que les combats faisaient partie de la vie ici.

Je n’avais pas été trop surpris. Après tout, j’avais moi-même été impliqué dans quelques conflits de ce genre.

« Hé, crétin. Ce n’est pas un endroit où l’on peut se promener, compris ? »

« Allons donc. Me parles-tu durement parce que tu as une femme avec toi ? »

« Ferme-la. Je vais t’apprendre à être un vrai aventurier. Ton portefeuille sera mon paiement. »

… La situation n’avait pas l’air très amicale.

Les guildes n’intervenaient généralement pas dans les conflits entre aventuriers. Du moment que le bâtiment ne subissait aucun dommage, ce n’était pas leurs affaires.

Si les gens se bagarraient, ils le faisaient généralement dans la rue. C’était l’une des raisons pour lesquelles la guilde était construite avec une large zone devant elle.

Finalement, nous avions entendu des bruits de pas qui s’estompaient à mesure que les gens sortaient. Je pensais que le personnel leur avait demandé de partir.

« Oh, on dirait qu’ils l’ont emmené dehors », murmura Relisha en jetant un coup d’œil par la fenêtre.

Cela m’avait aussi rappelé ma propre expérience. Une fois, on m’avait dit de sortir dehors. À l’époque, ils avaient l’intention de m’humilier dans la ville, et pas seulement dans la guilde, mais ce furent eux qui au final furent humiliés.

« Hmph… N’ont-ils pas honte de s’en prendre à quelqu’un comme ça… ? C’est aussi une femme… »

Hilde regardait par la fenêtre. Elle semblait également plutôt intéressée.

« Cependant, elle me semble plus forte qu’eux. Le vois-tu ? Elle a déjà battu un tas de gens. »

« Incroyable. Elle doit être vraiment forte pour soulever cette hache… Elle a certainement le pied léger aussi. On dirait qu’elle est naturellement douée, car sa manière de bouger n’est pas conforme à ce que l’on nous apprend… Ses vêtements sont aussi étranges… »

« Je crois que c’est l’habit traditionnel de la tribu Rauli, de la mer des arbres. Je ne m’attendais pas à en voir une ici… »

Huh …? Qu’est-ce qu’elles viennent de dire… ? La tribu Rauli… Pourquoi ça me dit quelque chose ?

J’avais jeté un coup d’œil par une autre fenêtre et j’avais vu quatre hommes par terre. Une femme bronzée se battait contre un cinquième.

Quoi !? C’est elle !

« Touya ? »

Ignorant Hilde, j’étais sorti de la pièce, je m’étais rendu devant la réception et je me mis à courir vers l’extérieur. J’y étais arrivé juste à temps pour voir la fille donner un coup de pied au dernier homme sur le côté du visage.

Les spectateurs applaudirent tandis que la jeune fille regardait ses agresseurs de haut.

Soudainement, ses yeux tombèrent sur moi. Comme je m’y attendais, c’était elle. C’était la petite-fille du chef de la tribu Rauli, la fille qui m’avait mordu il y a longtemps. Elle s’appelait Pam, si je me souvenais bien.

« … Je t’ai trouvé. »

Hein ? Vient-elle de parler ? Je ne savais pas qu’elle parlait la langue commune.

Mes pensées avaient été interrompues par le fait que Pam s’était soudainement précipitée vers moi et m’avait enlacé. Elle me retourna et commença à frotter sa joue contre la mienne.

Attends juste une seconde ! La jeune fille portait quelque chose comme un manteau de peau, mais elle n’avait qu’une écharpe sur la poitrine et un pagne couvrant respectivement ses seins et sa région inférieure. Elle frappait contre moi, de différentes manières. Ils étaient aussi gros que dans mes souvenirs.

« Qu’est-ce que tu fais !? »

J’avais regardé vers l’entrée de la guilde et je vis Hilde debout là, son visage était tout rouge. Elle bougeait comme une folle.

C’est dangereux. Oh mon dieu… Oui, c’est une sensation familière…

« Qu’est-ce que tu fais !? Lâche Touya ! »

« Qui êtes-vous ? Voici l’amant de Pam. Pam va avoir un bébé avec lui. »

« Qu-qu-qu-Quoi !? »

Les joues d’Hilde devinrent plus rouges que des betteraves.

Qu’est-ce qui se passe ici !? Je ne comprends rien ! Que quelqu’un explique la situation, bon sang !

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