Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 7 – Chapitre 2 – Partie 1

Bannière de Dans un autre monde avec un Smartphone ***

Chapitre 2 : Le premier amour de la princesse chevalière

Partie 1

Un mois s’était écoulé depuis l’invasion des Phases, et rien d’étrange ne s’était produit depuis lors. 

Le chef de guilde, Relisha, s’était présenté et avait demandé une explication sur ce qui s’était réellement passé. Apparemment, il y avait une succursale à Yulong qui avait été complètement détruite.

La guerre civile, si on peut même l’appeler ainsi, se poursuivait à Yulong. De temps en temps, un nouveau noble apparaissait et prétendait être l’empereur céleste légitime, pour être finalement tué par un autre noble se déclarant comme le véritable empereur céleste, et ainsi de suite.

Yulong n’était plus en tant que tel un pays unifié, il s’était divisé en plusieurs villes-États sur le territoire du premier pays. Il serait préférable de l’appeler maintenant la « région de Yulong », car elle n’avait plus d’identité nationale singulière. Je me demandais s’ils feraient ce que faisait l’Union Roadmare voisine, et s’ils finiraient par former une alliance unifiée entre les petits États.

« Ces idiots arrogants ne perdureront pas longtemps s’ils poursuivent leurs rêves printaniers. »

« Hm ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« Je dis que peu importe comment ils prospèrent, cela ne durera pas éternellement. Comme un petit rêve au début du printemps, leurs idéaux sont éphémères. »

Monica avait l’air confuse face à mon explication, alors j’avais laissé tomber. Après y avoir réfléchi, j’avais réalisé que Yulong avait probablement duré longtemps en tant que nation, donc ma réflexion n’était pas vraiment pertinente.

Le fait que Yulong avait été détruit par de mystérieux envahisseurs n’avait pas tardé à se propager à d’autres nations.

En fin de compte, contrairement à ce que je m’attendais, très peu de nobles de Yulong continuèrent à me calomnier. De plus, j’avais demandé à la guilde d’aider à atténuer les dommages en distribuant des dépliants et de l’information aux aventuriers. L’information concernait la Phase, expliquant à quoi elles ressemblaient, comment elles s’appelaient et le fait qu’elles avaient ravagé le monde dans le passé.

J’avais aussi révélé leurs forces et leurs faiblesses. J’espérais que les aventuriers seraient en mesure de gérer les petites Phases s’ils étaient au courant de cette information.

Après tout, nous n’avions aucune idée de l’endroit où elles allaient apparaître ensuite. Il fallait enfin rendre ces informations publiques.

Pourtant, si je devais croire ce qu’Ende m’avait dit, je n’aurais pas à m’inquiéter d’une autre grande invasion avant un moment.

« Alors, on ne peut avoir que quatre drones Fragarach équipés d’un train d’atterrissage en même temps ? »

« Monsieur oui, monsieur ! Si nous en équipons d’autres, la mobilité du Frame Gear sera entravée, monsieur ! »

Ce n’est certainement pas ce que nous voulions. Un Frame Gear qui ne pouvait pas bien bouger aurait aussi bien pu être un canard assis. La limite de quatre drones n’avait rien à voir avec le pilote, il s’agissait simplement d’une limite technique des schémas des Frame Gears désuets que nous avions en main.

Rosetta venait de terminer l’installation de quatre Fragarachs sur un chevalier baron, alors elle descendit rapidement de son épaule.

Ils étaient disposés en forme de croix sur le dos. Et comme ils étaient en forme d’épée et faits de phrasium, ils pouvaient aussi être utilisés comme armes conventionnelles en un clin d’œil.

L’utilisation d’un Fragarach pour attaquer était quelque chose qui consommait beaucoup d’énergie, donc ce n’était pas quelque chose que je pouvais faire utiliser aux gens trop souvent. J’avais demandé si nous pouvions utiliser [Transfert] à l’avance, pour donner aux pilotes plus de travail, mais apparemment, après synchronisation avec la longueur d’onde du pilote, le Frame Gear rejetait ma magie ou faisait en sorte que seul moi puisse contrôler les drones Fragarach. Aucune de ces deux solutions n’était particulièrement attrayante.

Nous avions fini de fabriquer la nouvelle arme, mais il y avait certainement beaucoup de choses à considérer…

{Mon seigneur, tout se passe bien… ?}

{Hm ? Kohaku ? Je vais bien. Il se passe quelque chose de ton côté ?}

Kohaku était de retour au château royal, alors j’avais été surpris de recevoir un message télépathique.

{Des représentants d’une nation étrangère sont arrivés au château. Ils désirent avoir une audience avec vous.}

{Des représentants étrangers ? S’ils viennent de Yulong, chassez-les, c’est tout.}

{Ils ne sont certainement pas de Yulong. Ils semblent provenir d’un endroit appelé Lestia. Une sorte de royaume des chevaliers.}

Oh, ça me dit quelque chose… N’est-ce pas l’endroit que j’ai survolé ? J’ai aidé cette Hildegard à lutter contre une Phase… ? Ouais, maintenant je m’en souviens ! Je l’ai sauvée et je lui ai donné une épée en phrasium. Je crois qu’elle a dit qu’elle souhaitait se racheter, ou quelque chose comme ça… Je me demande si c’est ça ! J’avais utilisé une [Porte] pour aller dans ma salle du trône, mais il n’y avait personne. Qu’est-ce que c’était que ce bordel ?

« Ah, Votre Majesté. S’il vous plaît, par ici. »

Je regardais autour de moi comme un crétin quand Lapis arriva et me fit signe de le suivre.

« N’y avait-il pas un groupe venu de Lestia ici ? »

« Effectivement… Mais quand je leur ai demandé d’attendre un peu, ils se sont dirigés vers le terrain d’entraînement pour voir notre ordre de chevalier s’entraîner à l’épée. »

Huh, c’est logique. S’ils venaient du Royaume des Chevaliers, ils devaient aimer les bons combats. Je peux comprendre pourquoi ils voudraient voir des soldats étrangers montrer leurs talents. Tant qu’ils regardent, ce n’est pas grave.

J’étais arrivé sur le terrain d’entraînement pour trouver Logan et une chevalière qui se battait en duel avec des épées d’entraînement. Mais ce n’était pas n’importe quel chevalier. C’était la princesse Hildegard ! Je ne savais pas comment réagir.

« Haaah !! »

La princesse chevaleresque porta le coup de grâce en criant à tue-tête pendant qu’elle désarmait son ennemi. L’épée de Logan s’envola en l’air. Elle avait beaucoup de talent, c’est sûr.

« Le match est terminé ! »

La voix de Nikola résonnait dans le champ. La foule, blottie autour d’elle et regardant attentivement le combat, s’était mise à applaudir. Je pouvais voir des membres de mon ordre de chevalier, ainsi que des chevaliers de Lestia.

« Merci beaucoup, vénérable princesse… »

« À vous aussi. »

Les deux échangèrent des plaisanteries, et avec cela le match était terminé. Alors que je me demandais si elle m’avait repéré, j’avais vu la fille accélérer le rythme et se diriger vers moi. Ses longs cheveux blonds scintillaient lorsque le vent doux soufflait dedans. Elle était vêtue de son armure habituelle, mais elle avait le plus joli petit sourire sur son visage. Maintenant que je la regardais mieux, elle avait l’air d’avoir l’âge de Yae.

« Votre Altesse… Ça fait un bail ! »

« Oui, c’est sûr. Mais au fait, que faites-vous ici, Princesse Hildegard ? »

Je l’avais saluée, mais j’avais été surtout surpris de la voir.

« Cette visite est ma façon de vous remercier pour cet incident. Il y a aussi quelque chose que je voulais vous demander… Pourtant, je ne suis pas ici en tant que représentante, mais plutôt en tant qu’accompagnatrice. »

« … Qui s’occupe de qui, exactement ? »

« Ça doit être moi. »

Un vieil homme était sorti du rassemblement des chevaliers de Lestia. Il avait l’air d’avoir près de soixante-dix ans. Il avait une longue moustache blanche sur le visage et boitillait avec une canne noueuse. Même s’il marchait avec une canne, son dos était complètement droit. Il avait un excellent équilibre et semblait en forme pour son âge. Soudainement, j’avais eu une idée de qui il pourrait être…

« C’est un plaisir de faire votre connaissance, Grand-Duc de Brunhild. Je m’appelle Galen Yunas Lestia. Je suis l’ancien roi de Lestia, et un aventurier de rang Or, tout comme vous. »

Le vieil homme prit une carte de la guilde dans sa poche et me la présenta. C’était vraiment sérieux. J’étais presque sûr que ce type était la seule autre personne sur la planète à partager mon rang.

« C’est un plaisir, monsieur. Je suis Mochizuki Touya. J’ai déjà entendu parler de vous. Maître Relisha vous a fait des éloges. »

« Ohohohohohohohohhhh… Vous avez ma gratitude, jeune homme. Vous nous avez apporté quelque chose de merveilleux récemment. Je me demandais si je pourrais vous remercier et faire le tour de Brunhild pour voir ce que cette belle nation a à me montrer. »

« Je suppose que ça peut s’arranger… Il ne se passe pas grand-chose en termes de visites touristiques, mais vous seriez mon invité d’honneur si vous décidiez de rester ici un moment. »

J’avais tendu la main pour serrer la main de l’ancien roi, mais d’une certaine façon… J’avais raté quelque chose. Attends, quoi ?

« Eeek !! »

Je m’étais retourné en réponse à ce cri soudain, et Lapis s’était mise à regarder son derrière et à trembler violemment. L’ancien roi avait en quelque sorte fait un pas rapide derrière elle, et faisait un mouvement de tâtonnement avec sa main.

Quoi ?

« Oh, vous devez me pardonner… C’est juste l’une de mes habitudes. Bonté divine… Quel cul exceptionnellement ferme ! Je peux vous dire que vous n’êtes pas une simple bonne, puisqu’elle est tonique à la perfection. »

« Grand-père, s’il vous plaît ! Nous sommes invités, nous ne sommes pas à Lestia ici ! Maîtrisez-vous… ! »

« Pardonnez-moi, ma main bouge instinctivement quand elle sent un fessier ferme. J’ai été assez patient jusqu’à présent, me retenant dans une magnifique mer de culs, mais je suis presque à ma limite, le savez-vous ? Bwahahahahahaah… »

Hildegard s’était soudainement fâchée contre l’ancien roi. C’était un peu choquant. Vu sa réponse, j’avais dû supposer que son comportement ici n’était pas anormal. Si je me souvenais bien, elle semblait un peu réservée quand j’avais mentionné l’ancien roi lors de notre dernière rencontre. Je comprenais maintenant pourquoi.

Mais plus important encore, je n’avais aucune idée de comment et quand il m’avait dépassé. Lapis était aussi une ancienne membre des Espions, c’était une espionne bien entraînée, il était donc impossible qu’il puisse la suivre avec autant de précision et de rapidité.

Le vieil homme n’était absolument pas une personne ordinaire. Il n’était clairement pas un aventurier de rang or pour rien. Là encore, il aurait pu être exceptionnellement doué pour être un pervers.

« Pardonnez-nous, s’il vous plaît ! C’est juste… les réflexes de mon grand-père qui s’installent. Une fois qu’il vous a touché, il vous laisse tranquille, alors ne vous inquiétez pas. »

« Haha… Bonté divine… »

Qu’est-ce que c’est que ce réflexe ? Je n’arrive pas à croire qu’il ait régné sur un royaume de chevaliers. Ce n’est pas du tout le genre de gars que j’imaginais !

Nous étions pour l’instant retournés au château de Brunhild. Ensuite, nous avions emmené le groupe de chevaliers de Lestia vers la caserne de notre propre ordre de chevaliers. Bien sûr, certains d’entre eux décidèrent de rester en tant qu’escortes pour la royauté en visite.

Nous étions entrés dans le château, et j’étais sur le point de les guider, quand…

« Eeek !! »

« Ohohohohohohohohhhhh… »

« Grand-père ! »

L’incident ne cessait de se répéter. Nos femmes de ménage n’avaient même pas eu la moindre chance. Honnêtement, j’avais peur qu’il finisse par provoquer un incident diplomatique.

J’avais été très tenté de le retenir avec [Gravité], quand…

« Oho… C’est Touya. Comment vas-tu ? »

Ma sœur… Karen avait marché tout à coup dans le coin. En un éclair, l’ancien roi de Lestia se tourna vers elle, sa main se faufilant vers elle.

Mais avant que je puisse cligner des yeux, le vieil homme était au sol, roulant dans la direction opposée.

« Quoi… »

De mon point de vue, la posture de Karen n’avait pas changé. Elle était clairement dans la même position. C’était comme si elle n’avait pas bougé. Le vieil homme abasourdi resta par terre, les yeux fixés dans l’espace.

« Hé, mon frère, c’est qui ce type ? »

« C’est l’ancien roi du royaume des chevaliers de Lestia. »

« Oh, mon Dieu… C’est certainement un vieil homme plein d’entrain, pas vrai ? »

J’avais présenté Karen à nos visiteurs de Lestia, qui avaient été tout aussi surpris que moi. Étant donné que Karen se faisait passer pour ma sœur, cela avait fait aussi d’elle techniquement un membre de la royauté.

« Pardonnez à ma sœur, elle peut être un peu… effrontée. »

« Non, mon Dieu, non ! C’était notre faute depuis le début ! Je pense honnêtement que mon grand-père avait besoin de quelque chose comme ça. Une petite punition divine, ahahaha. »

Elle n’avait aucune idée à quel point elle était proche de la vérité. Mais j’avais fermé ma gueule. Son grand-père avait eu la chance d’être légèrement blessé après avoir essayé de peloter le cul d’une vraie déesse.

« Mais vraiment, vous êtes incroyable. Comme attendue de la sœur aînée de Son Altesse ? C’est la première fois que je rencontre une femme qui peut repousser l’avance de mon grand-père… ces… ces… Euh… Il y a quelque chose sur mon visage ? »

Karen regardait attentivement Hildegard. Ses yeux étaient larges, comme si elle fixait l’âme de la pauvre fille et cherchait des secrets. Au bout d’un moment, Karen prit brusquement la parole.

« Vous êtes amoureuse, pas vrai ? »

« Quoi ? Quoi !? »

Hildegarde poussa un cri, se rétractant alors que du rouge virevoltait sur ses joues. Son expression calme avait complètement disparue, remplacée par un front abondamment transpirant et des yeux paniqués.

« Qu’est-ce que vous voulez dire ? L-amour !? L’amour !? HAHAHAHA ! Ha ! Ne soyez pas bête, madame ! »

« Mfuhuhuhu… L’amour ne peut jamais échapper à mon regard, voyez-vous ? Voulez-vous que je vous donne quelques conseils ? Vous devriez venir dans ma chambre plus tard, je vous apprendrai l’étiquette de la cour. »

Ma chère sœur aînée était partie vers la salle à manger après avoir laissé un étrange commentaire au passage. Hildegarde était rouge comme une betterave, les deux mains sur le visage. Je n’arrivais pas non plus à comprendre ce qu’elle marmonnait.

« Hé, euh, ça va ? »

« Hein !? Ouais ! HAHA ! Je vais très bien ! En fait, je vais vraiment, vraiment très bien. Merci beaucoup d’avoir demandé, mais je suis en pleine forme ! »

Es-tu sûr de ça… ? Si tu devenais plus rouge, il y aurait de la vapeur qui sortirait de tes oreilles.

Mais si Karen avait dit qu’elle était amoureuse, elle devait vraiment l’être. Quand la Déesse de l’Amour disait quelque chose à ce sujet, j’aurais tendance à y croire. Il semblerait qu’au final, même les femmes chevalières avaient le cœur de belles demoiselles. Rien qu’en pensant à l’homme qu’elle aimait, son visage était devenu si rouge. Ce type a de la chance.

Je me sentais un peu gêné, car elle n’arrêtait pas de me regarder de temps en temps. Elle avait dû être gênée que je l’aie vue dans un tel état.

« Quoi qu’il en soit… Princesse Hildegard, et euh, ancien roi… on y va ? »

« Ne m’appelez pas Hildegard, s’il vous plaît. Une telle formalité n’est pas nécessaire. J’aimerais que… vous m’appeliez Hilde. C’est comme ça que je préfère être appelé par mes proches… »

La princesse avait fait une demande timide. Ça ne me dérangeait certainement pas, puisque son nom était un peu trop long. Sur ce, j’avais décidé d’honorer sa demande pour ma propre convenance.

« D’accord, alors. Vous serez à partir de maintenant pour moi Hilde. »

« Super ! »

« Ohohohohohohhhh… »

La princesse Hilde sourit largement, mais son grand-père gloussait en arrière-plan.

Qu’est-ce qu’il y avait de si drôle, vieil homme !?

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

5 commentaires :

  1. Une bague de fiançailles de plus a préparé 🙂

Laisser un commentaire