Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 7 – Chapitre 1 – Partie 6

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Chapitre 1 : Calamité

Partie 6

Tout ce à quoi je m’attendais avait fini par arriver.

Nous avions reçu une lettre officielle de Yulong. Le texte était assez long, mais voici ce qu’il disait :

« Ce territoire était à l’origine le nôtre, alors rendez-le-nous immédiatement. Vous n’avez pas le droit d’y construire un mur. Si vous n’obtempérez pas, vous serez sûrement la risée du monde, et votre attitude misérable sera exposée. En compensation des ennuis que vous nous avez causés jusqu’à présent, nous serons heureux d’accepter plusieurs de vos guerriers géants. Ce que vous appelez “Frame Gears”. Il est extrêmement éhonté d’utiliser ces armes, car elles avaient été créées à l’origine par les ancêtres de Yulong, il y a de cela des siècles. Ayez un peu d’humilité et remettez-nous notre technologie légitime, insolent voleur. »

« Ils ont un sacré culot de dire ça… »

« Ils essaient juste de se justifier. Ils ont l’air d’aimer ce genre d’histoires tordues », avait répondu Kousaka avec un petit haussement d’épaules et un sourire ironique.

Nous étions tous les deux dans une tour de garde sur la Grande Muraille.

La Grande Muraille entre Yulong et Hannock avait naturellement aussi un côté faisant face à Hannock. Il n’y avait cependant aucun piège ou de contre-mesures de ce côté-là. Sa structure était la suivante : le territoire de Hannock à l’ouest, puis le côté ouest du mur, puis le territoire de Brunhild, puis le côté est du mur faisant face au territoire de Yulong.

Je pensais que je donnerais le tout à Hannock une fois que la situation se serait calmée. Je leur donnerais aussi la Grande Muraille.

Cela ne me dérangeait pas vraiment parce que ce n’était pas comme si c’était un mur qui m’avait coûté beaucoup. Mais il faudrait que j’enlève les pièges.

« Alors, que devrions-nous leur envoyer en réponse ? »

« Oeil pour œil, dent pour dent. Impossible qu’ils puissent nous battre par la force brute, mais ils pourraient essayer. En fin de compte, je suis leur ennemi. Si on en arrive là, je me battrai contre Yulong moi-même. »

« … C’est incroyable, vraiment… Je ne peux même pas rire parce que je sais que vous ne plaisantez pas. Vous feriez un tyran magnifique, Votre Altesse. »

Je ne pouvais pas nier que j’étais égoïste de temps en temps. Je ne voulais même pas posséder mon propre pays pour commencer… J’aurais honnêtement été heureux avec une simple maison ayant un grand jardin. Je ne voulais pas me retrouver avec des responsabilités nationales.

Je n’étais même pas doué pour percevoir les impôts ou d’autres choses comme ça. Je payais de ma poche l’ordre de chevalier et mes servantes, plutôt que de leur faire percevoir de l’argent public.

La moitié de l’argent que j’avais reçu d’Olba avait été dépensé pour les matériaux des Frame Gears, et l’autre moitié était plus que suffisante pour couvrir mon personnel. Si je devais décrire mon ordre de chevalier, je ne pourrais pas la considérer comme une armée nationale. Cela ressemblait plus à une milice privée.

Pourtant, même si Yulong faisait la guerre contre nous, ils ne feraient que me cibler comme un ennemi.

« Tyran ou non, je suis conscient de ce que je suis. En plus, ça fait un moment que je dis ça, mais… ne devrais-tu pas être le grand-duc à ma place, Kousaka ? »

« Je dois refuser. Je crois honnêtement que si je reste à vos côtés, je pourrais vivre tout en vous voyant conquérir le monde entier. »

« Cependant, je n’ai pas l’intention de conquérir le monde… »

« Cela n’a pas vraiment d’importance. Souvent, les hommes se retrouvent dans des situations qu’ils n’avaient pas prévues une fois que cela est déjà arrivé. »

Il n’avait pas tort. Je serais capable de conquérir le monde assez facilement avec la puissance combinée de Babylone et de mes Frame Gears. Mais en toute honnêteté, je ne voulais pas faire ça. Je n’aurais fait que supprimer le monde entier avec une force écrasante.

J’aurais préféré que Yulong m’écoute et se retire.

Quelqu’un avait frappé à la porte. Après quelques instants, Tsubaki entra dans la pièce.

« Mon seigneur… Nous avons capturé un espion de Yulong. »

« Un de ces types masqués ? Bon travail. As-tu tiré quelque chose de lui ? »

« Nous l’avons soumis avec des poisons paralysants qui sont un peu plus faibles que votre sort [Paralysie]. Flora-dono nous a donné un sérum de vérité, donc on l’a interrogé avec ça. »

Qu’est-ce que tu leur as donné, Flora… ? Je suis sûr que cela ira puisque c’est un médicament de Babylone, mais c’est quand même effrayant… Apparemment, ils avaient réussi à le coincer avant qu’il explose, ils avaient enlevé son masque et utilisé le sérum de vérité sur lui. C’était évidemment un espion de Yulong, mais j’étais quand même réticent à demander des détails sur son interrogatoire.

« Ils devaient employer diverses méthodes pour voler les Frame Gears. Les plans comprenaient votre assassinat, l’enlèvement de vos fiancées, la corruption des membres de l’ordre des chevaliers, et d’autres tactiques douteuses. Tout avait été approuvé par l’empereur céleste de Yulong. »

« On dirait qu’on l’a attrapé au bon moment, donc… », murmura tranquillement Kousaka.

J’y allais doucement avec eux vu que jusqu’à présent je n’avais aucune preuve définitive contre eux, mais maintenant c’était différent. Je n’avais pas l’intention de me retenir. J’avais réalisé que si je ne faisais pas quelque chose de drastique, ils continueraient à agir.

« Je dirais qu’il est temps que l’on devienne un peu plus agressifs, non ? »

« Eh bien, je suppose que oui… S’ils planifiaient un assassinat, ce serait un motif de guerre. Mais vous n’avez pas l’intention de faire la guerre, n’est-ce pas ? »

Kousaka m’avait regardé, un sourire sur son visage. Il semblerait savoir à quoi je pensais. J’étais plus heureux que jamais de l’avoir au service de Brunhild. Il était remarquable.

« Si nous faisons la guerre, les innocents étrangers souffriront aussi. Idéalement, je voudrais éviter ça. Donc dans ce cas, je pense que je devrais faire une guerre personnelle. »

« Et comment comptez-vous faire ça ? »

« Je veux terroriser leur empereur céleste. »

Je ne voulais pas semer la panique ou affecter Yulong. Au lieu de cela, je voulais leur montrer que j’étais capable de riposter par la force s’ils se moquaient de moi. Je ne voulais pas me venger, je voulais juste prouver quelque chose.

« Comment, en particulier ? »

« Eh bien, je pensais… Je pourrais faire planter un couteau dans le mur près de son chevet, mélanger quelque chose d’amer dans sa nourriture et sa boisson comme pour simuler un poison, peut-être faire disparaître tout le monde dans le palais pendant quelques heures sauf lui… Juste pour qu’il sache que je pourrais le poignarder ou l’empoisonner, mais j’avais choisis de ne pas le faire. »

« Bon sang, c’est… certainement du harcèlement extrême. »

« … j’ai entendu dire que c’est la vraie nature de Sa Majesté, Kousaka-sama. »

« Psh… Ce n’est pas si extrême. Ça le rendra paranoïaque, pensant qu’il pourrait être tué n’importe quand et de n’importe quelle façon. Le mieux, c’est qu’il ne saurait même pas s’il est mort, il cesserait tout simplement d’exister, alors il devra vivre dans la peur constante… Je le garderais dans cet état jusqu’à ce qu’il s’excuse. »

« Eh bien, on ne devrait pas se lancer dans quelque chose d’aussi extrême tout de suite. Pour l’instant, je suggérerais qu’on envoie une lettre avec une petite implication qui suggère que nous savons que c’est lui qui est responsable de nos problèmes. »

« Au fait, que feras-tu si je me fais assassiner ? »

« Je n’ai pas fait de plan pour ça, parce que je pense que cela n’arrivera pas. »

Tsk, allez… Ne me traite pas comme si j’étais immortel ! Bien que, je voulais dire… Je suppose que c’était peut-être bien le cas, avec toute cette histoire de matière divine et tout ça. Si nous parlions de mon corps, je pourrais lentement devenir un dieu à part entière ou quelque chose du genre…

J’avais décidé qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter à ce sujet pour l’instant.

« D’accord, dans ce cas envoie cette lettre. Il vaudrait mieux qu’on règle cela dès que… »

« Seigneur ! »

J’avais sauté un peu par surprise quand Paolo avait fait irruption dans la pièce. Ne me faites pas peur, bon sang !

« Vous êtes survolté. Qu’est-ce qui se passe ? »

« Je suis désolé, Seigneur ! Excusez-moi, mais… il y a de la fumée au loin, qui monte du côté de Yulong ! Est-ce que ça ne veut pas dire que l’armée Yulong vient nous attaquer ? »

Cela sentait plutôt mauvais, alors on s’était précipités au sommet de la tour de garde. En regardant sur le territoire de Yulong, il y avait des panaches de fumée qui s’élevaient de partout. Le carnage était à la fois proche et lointain, à l’horizon et dans notre environnement immédiat.

« S’agit-il d’un système de signal de fumée, ou un feu de brousse… ? Non, ça ne pouvait pas être ça… »

Il était impossible qu’un feu de brousse soit si répandu. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait, mais il y avait le chaos partout. Du feu et de la fumée parsemaient le paysage.

« Quoi... Qu’est-ce que c’est au loin ? C’est… scintillant ? »

Scintillant ? Qu’est-ce qu’il racontait ? J’avais fermé les yeux, tout en regardant ce que Paolo m’avait montré. Ça ressemblait vraiment à quelque chose de brillant… Bien qu’à mesure qu’il s’approchait, j’avais remarqué qu’il reflétait davantage la lumière qu’il ne brillait lui-même.

Quelques secondes plus tard, la vérité m’était venue à l’esprit. Je criais déjà.

« Montez dans les Frame Gears, tout de suite ! À vos postes de combats, tout le monde ! Nous avons un ennemi qui arrive ! »

J’avais immédiatement invoqué [Vol] pour m’envoler là-bas et confirmer la réalité de ce cauchemar.

« Ghah... C’est quoi ce foutu timing !? »

Une foule rugissante de Phases se dirigeait vers mon mur.

Il y en avait de différentes formes et tailles, c’étaient surtout de petites et moyennes Phases, mais il y en avait quelques unes plus grandes. La majorité d’entre elles étaient de petites formes, mais il y avait quelques formes intermédiaires dans le mélange. Certaines avaient la forme de fourmis, d’autres de mille-pattes, d’autres des formes plus amusantes, comme celle sous forme d’autruche. Dans l’ensemble, il y avait dix formes de type de phrases plus grandes que mes Frame Gears standards.

Ils ne couraient pas très vite. Cependant, ce n’était pas le problème. Le problème, c’était qu’il y en avait environ une centaine.

« Cible bloquée ! Le noyau des Phases ! Invoquez [Apport] maintenant ! »

« Compris. Invocation d’[Apport]. »

Un gros noyau de Phrase de la taille d’une balle de softball était apparu dans ma main.

Merde, c’est mauvais… Je ne peux pas en extraire plus d’un à la fois, puisque le sort est limité à ce que je pouvais mettre dans ma paume. Les sortir un par un va prendre trop de temps, et je ne pourrai tuer que les plus petits de cette façon ! Qu’est-ce que je pouvais faire !?

« Prends au piège, ô Terre. J’invoque la colère du sol : [Liens de Terre] ! »

Les racines des arbres avaient éclaté du sol et avaient pris au piège les pattes des Phases qui arrivaient. Mais alors que je pensais que cela nous ferait gagner un peu de temps, les créatures s’étaient facilement libérées.

Elles s’étaient coupé les jambes… Vu qu’elles pouvaient les régénérer instantanément, alors elles les avaient simplement jetés pour avancer. Les Phases étaient vraiment monstrueuses dans leurs actions.

Par-derrière, Lain était arrivé dans son Comte Brillant, et Nikola s’était pointé avec son Chevalier Baron. Quelques Chevaliers étaient également apparus à leurs côtés. Ils avaient laissé quelques unités pour protéger le mur.

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