Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 6 – Chapitre 3 – Partie 4

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Chapitre 3 : Si vous êtes prêt, il n’y a rien à craindre !

Partie 4

Alors que l’on continuait la production de Frame Gear et d’Éther liquide, ma vie quotidienne n’avait pas du tout changé. C’était bien sûr normal.

Après quelques jours, la guilde m’avait versé la récompense et l’argent que j’avais gagné en vendant les matières premières. Honnêtement, le montant était franchement obscène. J’avais décidé de le garder en cas d’urgence, au cas où il y aurait un problème avec un Frame Gear entre autres.

J’avais utilisé ma [Porte] pour me diriger droit vers le hangar. Une fois arrivé, j’avais jeté un coup d’œil dans le hangar du Chevalier Baron et j’avais vu Rosetta et Monica grogner pendant qu’elles retiraient son blindage.

« Quoi de neuf ? »

« On travaille dur, maître ! Les bras du Chevalier Baron sont endommagés, alors on les répare. »

Hein ? Mais il n’avait été déployé qu’une seule fois. Je n’avais même pas remarqué que les bras étaient endommagés.

« Monsieur, ce Frame Gear n’est pas endommagé à cause des dégâts subis par l’ennemi pendant le combat, monsieur ! Ce Frame Gear a été endommagé par la puissance de ta magie, monsieur ! »

« Hein ? »

« Uhm, comment le dire… ton pouvoir magique est bien trop puissant. Ta magie est extrêmement pure, donc quand le Frame Gear l’amplifie… Eh bien, les pièces fixées sur le chevalier baron ne peuvent tout simplement pas le supporter. »

C’était comme ça que ça marchait ? Ça voudrait dire que je ne pourrais pas tout faire ?

« Le Chevalier et le Chevalier Baron sont tous deux de vieux modèles, monsieur ! Nous pourrions améliorer cela sur des modèles plus récents, monsieur ! »

« Nouveaux modèles ? »

« Les modèles laissés par le professeur comme documents préparatoires, etc. Nous avons des modèles qui servent de base à d’autres unités planifiées, les Frame Gears de bases. Il y avait des plans pour un Frame Gear spécialisé dans le combat rapproché, un autre pour le combat à distance, un autre automatisé et divers autres types différents utilisant le châssis squelette comme base. Et, euh… ce serait totalement personnalisable et tout ça ! De cette façon, vous pourriez le rendre super-méga unique et spécialisé pour chaque pilote individuel ! Hypothétiquement, ces Frame Gears n’auraient même pas besoin d’éther liquide pour fonctionner. Mais pas un seul d’entre eux n’a porté ses fruits. Ce ne sont après tout que des dessins. »

Eh bien, ça avait l’air génial. Avoir un Frame Gear spécifiquement adapté à mon style serait cool. Tout comme la possibilité d’échanger des pièces… Ce serait cool d’en faire au moins un.

« Alors, où est le plan pour celui-ci ? »

« Normalement, ils sont tous dans l’entrepôt… »

Ouaip. C’est ce à quoi je m’attendais. Si je me souvenais bien, le gynoïde de l’entrepôt était aussi une sorte de maladroite… Je me demandais si après tout ce temps, ces plans étaient encore présents.

Considérant que tant d’artefacts étaient déjà dispersés à travers la surface du monde… Ce serait un miracle si ces plans n’étaient pas brûlés en enfer.

« Eh bien, mon maître… Je pense qu’il est prudent pour le moment que tu t’abstiennes d’utiliser la magie à l’intérieur d’un Frame Gear. »

« Sérieusement ? »

« Je suis totalement sérieuse ! Je ne veux pas, par exemple, avoir à réparer ou à jeter un Frame Gear à chaque fois ! Après tout, il n’y a que nous deux comme membre du personnel d’entretien. »

Hmph… Je suppose que je ne pouvais rien dire quand elle me présentait cela comme ça. Même si les Frame Gears étaient fabriqués en permanence dans l’atelier, je devais toujours compter sur ces deux-là pour maintenir les Frame Gears dans le hangar… Attendez, attendez.

« Ne pourrions-nous pas simplement utiliser l’atelier pour fabriquer un nouveau Frame Gear à partir des restes du chevalier Baron ? »

« Tu es en train de nous suggérer que nous devrions utiliser des matériaux de production pour, euh… prendre les pièces des autres Frame Gears afin de les utiliser pour renforcer le Chevalier Baron ? C’est un traitement peu orthodoxe… »

« Oh, non… je veux dire juste jeter ce Frame Gear brisé dans l’atelier et le décomposer en pièces, alors… »

« Monsieur ! Avec tout mon respect, monsieur ! Si nous démontions ce Frame Gear dans l’atelier, toute sa mémoire de combat et ses données de réglage seraient complètement perdues, monsieur ! Veux-tu vraiment lutter encore et encore avec un Frame Gear de niveau 1 pour le reste de tes jours misérables, monsieur !? »

Elles me regardèrent toute les deux avec mépris. On dirait que j’avais dit quelque chose que je n’aurais définitivement pas dû dire.

« Et bien… si nous extrayions simplement ces données de combat et que nous les transférions dans un nouveau Frame Gear… »

« Bien sûr, dis-nous juste qui se chargerait de ce travail. Je ne crois pas que tu dois tout à fait au courant ni du processus fastidieux ni du temps qu’il faudrait pour transférer les données d’un simple Frame Gear de niveau deux. »

« Excuse-moi monsieur ! Et avec tout le respect que je te dois encore, monsieur ! Cela doit être très bien d’entraîner le sergent à nous crier dessus sur quelque chose que tu ignores complètement, monsieur ! Quand nous remplaçons ne serait-ce qu’une seule pièce, nous devons restaurer tous les circuits de mana et peaufiner tous les réglages… et maintenant tu nous demandes de tout faire à partir de zéro à chaque fois que ta pauvre personne sort et détruit nos créations… monsieur !? »

Des sirènes d’avertissement retentissaient dans ma tête. Les deux m’avaient regardé avec des yeux froids et morts. À la fin, elles m’avaient doucement fait pression pour que je me taise. Leurs yeux me suppliaient de ne plus casser de Frame Gear. Les dégâts subis lors des combats étaient normaux, mais ce que je faisais était la même chose que de détruire mes propres jouets.

Je m’étais vite enfui avant qu’elles ne me tabassent ou quelque chose du genre.

Je supposais que même elles avaient leurs limites. Naturellement, elles seraient en colère, c’était comme dire à votre réparateur de PC ce qui n’allait pas avec votre ordinateur tout en insistant sur le fait que vous aviez besoin de toutes ces barres d’outils gratuites sur votre navigateur internet. C’était vrai, je n’avais que la connaissance provenant du Japon moderne. Je parlais sans rien connaître sur le sujet et j’aurais vraiment dû me retenir la langue.

J’avais décidé de laisser le hangar seul pendant un petit moment. Je ne voulais plus que ces deux-là se fâchent contre moi… Après avoir fui la colère de Rosetta et de Monica, j’avais décidé de faire une petite promenade. Il y avait beaucoup de rizières et de parcelles de terres agricoles cultivées dans la partie est de Brunhild à ce moment-là, alors je leur avais rendu visite.

« Oho, Votre Altesse ? »

Je m’étais tourné vers la voix, et je m’étais retrouvé face à face avec une jeune femme.

C’était une femme, mais pas une femme ordinaire. Elle se tenait debout avec du lierre enroulé autour de son corps, des fleurs ornant ses cheveux de couleur verte, une jupe en forme de pétale ornaient sa taille, et des feuilles coulaient sur son dos comme des ailes. C’était une femme, mais pas une femme humaine. C’était une alraune.

Elle était l’une des cinq demi-humaines que j’avais recrutées pour mon ordre de chevalier.

« Oh hey. Tu t’appelles bien… Lakshy, c’est ça ? »

« Exactement ! Je suis un membre de l’ordre des chevaliers, Lakshy l’Alraune. »

Elle m’avait fait un petit sourire innocent, puis elle m’avait salué… Tu n’es pas une policière, tu sais.

« Pourquoi êtes-vous ici, mon seigneur ? »

« Eh bien… J’étais juste ici pour inspecter l’endroit. Et toi, alors ? »

« Eh bien, aujourd’hui est mon jour de congé alors… J’aidais sur le terrain ! »

Wôw, c’était impressionnant. Les Alraune étaient des démons… mais c’était aussi des plantes. Je supposais que l’agriculture était une sorte de vocation pour eux.

« Comment t’es-tu adaptée à la vie ici, Lakshy ? »

« Très bien, merci. Tout le monde est très gentil avec moi. Je me débrouille très bien et je fais de mon mieux. De temps en temps, il y a des voyageurs qui ont peur de me voir, mais cela ne me dérange pas ! »

Les démons et leurs semblables avaient fait l’objet d’un préjudice extrême. Dans certains pays, ils étaient même ségrégués et ostracisés. Bien qu’ils fassent rarement l’objet de mauvais traitements. Les démons étaient beaucoup plus forts que la plupart des humains.

Les gens avaient tendance à les éviter, simplement à cause de la façon dont ils étaient nés. Dans certains endroits particulièrement cruels, il y avait même des rumeurs selon lesquelles toucher quelqu’un d’ascendance démoniaque vous tuera ou vous maudira. C’était plutôt le bordel.

« Si je me souviens bien… tu viens du pays des démons, non ? »

« C’est exact. Je viens d’un endroit très éloigné de l’autre côté de la mer, au nord-est. Le pays s’appelle Xenoahs. L’environnement est dur, mais les miens ne sont pas trop dérangés par ce genre de choses. »

Le royaume des démons, Xenoahs… Rien que par son nom, cela projetait l’image d’une nation cruelle qui cherchait à dominer le monde, mais apparemment il fonctionnait simplement comme une nation normale.

Les citoyens qui s’y trouvaient étaient des démons, et ils n’interagissaient généralement pas avec les nations humaines. Ce n’était pas qu’ils étaient naturellement isolés ou quoi que ce soit d’autre, ils ne semblaient tout simplement pas très intéressés à ouvrir le dialogue avec les autres nations. De ce fait, on ne savait pas grand-chose sur le pays lui-même.

Le chef du pays était connu comme le seigneur suprême, et ses plus proches collaborateurs étaient connus comme les quatre seigneurs… Cela n’aidait pas vraiment à redorer leur image, du moins dans mon esprit. Lakshy m’avait dit que c’était un endroit assez agréable.

Pour être honnête, je ne pensais vraiment pas que les humains et les démons avaient besoin d’être aussi inquiets les uns pour les autres. Le plus grand problème était juste qu’une bonne partie de l’humanité craignait sans raison valable les démons. J’étais presque certain que s’ils interagissaient normalement, rien n’empêcherait les membres des deux espèces de devenir amis.

Eh bien, on pourrait aussi dire que le problème venait des démons, parce qu’ils n’essayaient pas d’être plus ouverts avec l’humanité… C’était probablement plus prudents et timides, plutôt qu’à une haine féroce contre l’humanité.

« Ce pays est aussi très agréable. Je suis heureuse d’avoir fait le grand saut et d’avoir demandé d’intégrer l’ordre. »

« Je suis heureux de l’entendre, Lakshy. Je compte sur toi. »

« Oui, mon seigneur ! »

Je ne voulais pas trop m’immiscer dans le travail sur le terrain, alors j’avais laissé Lakshy à ses fonctions et j’étais retourné en ville. Là, j’avais vu un autre démon. Il se tenait à l’endroit où la guilde était en construction.

Il mesurait environ trois mètres de haut et avait un corps brun-rouge. Ses bras étaient comme des troncs d’arbre et deux cornes dépassaient de ses cheveux blancs. C’était un ogre.

Il se baladait, torse nu. Il semblerait qu’il transportait du bois pour l’équipe de construction. Sa puissance correspondait à celui de cinq hommes bien entraînés. Un homme effrayant, en effet.

« Och, patron. C’est bon de vous voir. »

« Salut, Samsa. N’êtes-vous pas non plus en service? »

« Bien sûr que oui. Comme je mange autant que trois gars… mon salaire de base n’est donc pas très élevé, hein ? J’en avais parlé à Naito, et il m’avait arrangé ce boulot. Maintenant, mon ventre est plus plein que jamais ! »

Samsa l’ogre souriait le plus largement possible, ce qui… faisait un assez large sourire. C’était certainement l’homme qu’il fallait pour ce travail. Sa force n’était pas quelque chose dont on pouvait se moquer. Je n’avais aussi aucun doute sur le fait qu’il soit capable de manger abondamment au bar de la guilde, puisqu’il allait clairement être celui qui en construira la plus grande partie.

Apparemment, Samsa n’était pas vraiment une personne axée sur le combat, ce qui m’avait un peu surpris. Ce n’était pas comme s’il n’avait pas le corps pour ça, c’était certainement le cas… c’était que sa personnalité n’était pas bien adaptée pour ça. Pour parler franchement, il y avait une partie de lui qui avait peur de se battre.

Je ne voyais pas ça comme un défaut fatal pour un chevalier comme Samsa. L’ordre des chevaliers n’était pas seulement une force de frappe, il devait aussi être là pour aider le peuple, et c’était quelque chose que l’ogre amical était tout à fait disposé à faire.

Sa force profitait à l’heure actuelle à l’ensemble de la nation et il n’y avait pas un seul ennemi blessé en vue.

« Continue ton bon travail. Tiens, prends ça… Assure-toi d’en profiter avec tout le monde quand le travail d’aujourd’hui sera fini, d’accord ? »

J’avais sorti deux énormes morceaux de viande de sanglier enveloppé de tissu depuis mon [Stockage], puis je les avais posés sur le sol.

« Étonnant… Merci beaucoup, patron. Je vais tout donner, d’accord ? »

Samsa avait trimballé son bois et m’avait fait un sourire sincère. Il était certainement travailleur. J’avais réfléchi un peu à son sujet, pensant que sa grande carrure devait causer des problèmes de temps en temps. Je doutais qu’il puisse entrer dans la plupart des bâtiments, étant donné qu’il était plus large qu’une porte… Mais il avait l’air heureux, alors je n’avais pas trop insisté.

J’avais décidé que je voulais rendre le pays meilleur pour mon peuple. Des bâtiments plus civiques seraient une bonne idée. Une école était absolument nécessaire. Je ne pouvais pas négliger la jeunesse de demain.

Je marchais lentement jusqu’à mon château, réfléchissant à ce que je pouvais faire de plus pour mon peuple pendant que je regardais un groupe d’enfants courir vers leurs maisons.

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4 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

  2. Merci pour le chapitre.

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