Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 6 – Chapitre 3 – Partie 2

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Chapitre 3 : Si vous êtes prêt, il n’y a rien à craindre !

Partie 2

Après que j’ai commencé à utiliser le Frame Gear pour la première fois, le nombre de personnes faisant la queue pour utiliser les simulateurs de Frame Gear devint déraisonnable.

Ce n’était pas que je puisse faire grand-chose pour changer la situation, puisque la salle de jeu était un endroit prescrit pour que les chevaliers passent leur temps libre. À l’unanimité, ils avaient tous décidé de s’entraîner dans les simulateurs immédiatement après leur entraînement quotidien régulier.

Si ce monde avait quelque chose de semblable aux droits et aux devoirs des travailleurs, j’aurais peut-être eu à m’inquiéter d’une action formelle contre moi. Mais ce n’était pas comme si je les forçais à faire quoi que ce soit. Chacun s’entraînait de son plein gré.

Il y en avait aussi d’autres comme Baba et Naito, qui n’étaient pas particulièrement intéressés par le pilotage. Ils y voyaient plus un jeu qu’autre chose. De plus, le Frame Gear lui-même était ma propriété personnelle, plutôt que celle de Brunhild, de sorte qu’ils n’étaient même pas certains d’obtenir l’autorisation de le piloter.

Je m’étais rassuré en me disant que nous n’aurions pas besoin d’utiliser les Frame Gears à moins qu’une Phase intermédiaire ou avancée n’apparaisse, ce qui était certainement peu probable.

Mais cela n’avait pas ébranlé les peurs qui m’habitaient profondément.

« Je suis très heureuse de faire enfin votre connaissance, Grand-Duc de Brunhild. Je m’appelle Relisha Millian. Je suis chef de guilde, et en tant que tel, je m’occupe de toutes les opérations régulières de la guilde à travers le pays. »

J’étais face à une jeune femme d’une vingtaine d’années. Elle se tenait dans ma salle du trône, inclinant la tête. Ses cheveux étaient d’un blond doré éblouissant, assez longs aussi. Sa peau était remarquablement pâle et ses épaules étaient ornées d’un manteau vert. La fille tenait une épée d’argent à la taille.

Elle était vraiment séduisante, mais ce qui m’avait captivé n’était pas son visage éblouissant. C’était ses longues oreilles tranchantes.

« … N’aviez vous jamais encore rencontré d’elfes ? »

« Ah, désolé… excusez mon impolitesse. »

J’avais souri timidement tout en m’excusant par réflexe. Mes soupçons avaient été confirmés, c’était effectivement une elfe. Je ne savais même pas qu’il y avait des elfes dans ce monde.

Je n’avais pas vraiment beaucoup de connaissances sur les univers de fantasy, mais comme je m’en souvenais, les elfes étaient des gens hautains experts en arcs, et souvent doués en magie. Ils avaient aussi tendance à habiter les forêts. Cela dit, les connaissances imaginaires conventionnelles de mon monde n’étaient pas très pertinentes ici. Les règles pourraient être différentes.

Il était même possible que cette femme soit assez âgée malgré ses jeunes traits. Leen la fée, par exemple, paraissait plus jeune que son âge réel.

« Notre guilde est fière de savoir que l’un de ses membres n’est pas seulement un monarque, mais l’un de nos rares aventuriers de rang argent. »

« A-Aha... Eh bien, je ne suis pas le seul responsable, beaucoup de circonstances ont fini par se superposer, et… »

Oublie ça. Je vais juste laisser cela tel quel… J’ai l’impression qu’elle me considérait plus comme un bijou… Ce n’est pas comme si je n’aime pas la manière dont elle me regarde.

« Alors, qu’est-ce qui vous amène ici aujourd’hui ? »

« Ah, oui. Je suis arrivée dans ce magnifique duché de Brunhild avec une affaire en or. J’aimerais vraiment établir une branche de la Guilde des Aventuriers ici. »

« Hein ? Mais pourquoi ? Savez-vous qu’il n’y a pas de bêtes ou de monstres magiques dans le coin, hein ? »

J’avais chassé toutes les créatures locales jusqu’à l’extinction au moment où j’avais fondé le pays. Mais encore une fois, ça faisait un moment… on ne savait pas quel genre de bêtes aurait pu ramper jusqu’ici.

« Pardonnez mon impolitesse, mais si je peux être franche… le massacre des bêtes et des monstres n’est pas la fonction première de la guilde des aventuriers. Non, la véritable marque de fabrique de notre guilde, c’est l’esprit de camaraderie, c’est d’aider les citoyens en difficulté dans leur vie quotidienne. »

« Oh, je vois… »

Elle avait soulevé un point juste. Il n’y avait pas que des quêtes de chasse aux monstres sur les tableaux de la guilde. J’avais juste évité de regarder les demandes diverses. Il était probable que beaucoup d’aventuriers aidaient les gens dans le besoin dans leurs vies quotidiennes. Après tout, c’est en aidant les gens normaux que votre nom se répandait.

Si la Guilde ne s’occupait que des subjugations, il ne serait pas vraiment pratique d’ouvrir une succursale Brunhild.

« Dans ce cas, c’est d’accord. Je ne pense pas que ce sera un problème. Si vous pouviez consulter le vieux Naito pour choisir le meilleur emplacement, je suis heureux de vous avoir. »

« Euh ! Merci beaucoup ! Maintenant… si je peux faire une autre demande. »

Hmm ? Il y a autre chose ? Le nouveau chef de guilde leva lentement la tête tout en souriant doucement.

« Je suis ici pour vous livrer une quête personnelle de la Guilde, cher aventurier de rang Argent, très estimé Mochizuki Touya… Il y a un Béhémoth que nous vous demandons de détruire. »

« Un… Béhémoth !? »

Kousaka, qui se tenait paresseusement près de mon trône jusque-là, perdit soudain tout son sang-froid. Je n’avais aucune idée de ce dont ils parlaient. J’avais décidé de le lui demander.

« Pardon, c’est quoi un Béhémoth ? »

« … Un Béhémoth est, comme son nom l’indique, une énorme bête magique. Je suppose que vous pourriez considérer cela comme une aberration ou une mutation. De temps en temps, une bête de ce type apparaît. Leur taille varie, mais la plupart deviennent considérablement plus grandes que les bâtiments. »

Wôw, merde. On dirait un Kaiju [1]… Je n’avais jamais entendu parler de ces choses avant… Mais s’il s’agissait d’une mutation rare, cela ne devrait pas être surprenant.

« Les Béhémoths sont généralement tués en bas âge en raison de leur horrible potentiel de croissance. Mais, dans de rares cas, la créature peut atteindre sa pleine maturité, sans que personne puisse s’en apercevoir. Cela se produit habituellement si la créature naît au sommet d’une haute montagne, au fond de la mer, ou simplement en territoire inconnu. »

Relisha continua l’explication. On s’attendrait à ce que ce genre de chose se distingue un peu, mais la population totale de ce monde n’étant pas si grande, alors il était logique qu’il y ait des endroits où les monstres pourraient grandir sans être dérangés.

« Cela ne nous pose aucun problème tant que la créature vit tranquillement dans des zones inexplorées, loin de l’humanité, mais de temps en temps, elle rencontre la civilisation et commence à ravager les villes. Lorsque cela se produit, il n’est pas rare que toute l’armée d’un pays soit mobilisée pour tenter de réprimer la bête. Dans de tels cas, les taux de pertes sont abominablement élevés, et même après avoir vaincu le monstre, le pays touché est mis dans une situation désespérée. »

« Alors, où se trouve ce monstre ? »

« Ah, oui. Le Béhémoth est apparu dans la mer des arbres. Mais, d’après des témoins oculaires, il se dirige droit vers l’est et il se rend directement vers le royaume de Ryle. Sa trajectoire actuelle signifie aussi qu’en route, il va saccager et anéantir une petite ville, Tem. »

Ryle… si je me souviens bien, cet endroit borde directement la mer des arbres… Si ce monstre sort de la forêt et attaque, ils seront complètement cuits. J’avais des doutes sur le fait que je puisse le faire tout seul, mais il semblerait que je n’avais pas le choix…

« Mais attendez… pourquoi êtes-vous venu me faire cette demande ? Pourquoi le demande à moi, en particulier ? »

« Avec tout le respect que je vous dois, votre Grand Duché… nous avons entendu des rumeurs selon lesquelles vous auriez quelque chose qui pourrait se battre à pied d’égalité avec le Béhémoth. On dit que le grand-duc de Brunhild possédait un puissant géant au service de son armée, un énorme chevalier. »

Oh. Elle parlait certainement du Frame Gear, hein. Je m’attendais effectivement à ce que quelqu’un le remarque, mais je n’aurais pas cru que la Guilde soit la première à m’en parler.

Hrmph… que dois-je faire ? Mon pays se portera bien si je dis non, mais je serais mal à l’aise si cette ville était détruite.

« Cette demande vient-elle directement du royaume de Ryle ? »

« Effectivement. Naturellement, la récompense sera à la hauteur. »

« Ouverture de carte, dans la région autour de Ryle. Recherchez le Béhémoth. »

« Compris. Affichage de la carte. »

La carte avait été projetée sous mes yeux, et une seule épingle était apparue. Je n’avais jamais vu un Béhémoth auparavant, mais le sort de recherche avait fonctionné parce que je savais à quoi il ressemblait.

Le royaume de Ryle était une nation juste au sud-est de Ramissh. D’après la carte, le Béhémoth était en route pour Tem.

Hm… c’est peut-être une bonne occasion de tester les capacités du Frame Gear, mais… Oho…

« Excusez-moi. En ce qui concerne la récompense… J’aimerais faire une demande supplémentaire. »

« … Oui, et qu’est-ce que ce serait ? »

J’avais fait une petite recherche sur ma carte, puis je m’étais tourné vers Relisha qui était maintenant confuse.

« Dans le royaume de Ryle… euh… ouais, ici. J’aimerais avoir la permission de fouiller ces trois endroits comme récompense. Il y a des pierres de sorts enterrées ici, et je les veux. »

« Ce ne sont pas de trop grosses zones, alors je pourrais probablement en obtenir la permission. Donnez-moi un moment pour le leur demander. »

Hein ? Donnez-moi un instant ? Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? Relisha avait sorti une petite ardoise noire de format B6 et avait commencé à écrire dessus avec un stylo. Peu de temps après, elle s’était éclairée d’une faible lumière et les mots s’y fondirent, tout en disparaissant.

« Qu’est-ce que c’est ? »

« C’est un artefact connu sous le nom de Tracebook. En fait, ça fait partie d’un ensemble. Tous les mots que vous écrivez sur l’un d’entre eux seront livrés au Tracebook correspondant. C’est un outil puissant qui permet l’échange rapide d’informations… Les guildes s’en servent pour se coordonner. Mais ça n’a de la valeur que pour ceux qui occupent des postes de direction, comme moi et les directeurs des autres succursales. »

Heh, c’était cool. C’était une sorte de boîte mail rudimentaire. C’est en fait bien plus pratique que mes Mirroirs portatifs, puisque la messagerie est instantanée. Je me demande à quel point ils sont rares… il ne devrait pas y en avoir beaucoup.

Les miroirs portatifs étaient cependant pratiques en ce sens qu’ils pouvaient être produits en série. Alors, ils avaient au moins ça pour eux. Mais j’étais le seul à pouvoir les créer. Il était probable que l’artefact du Tracebook avait été utilisé à l’époque de l’ancienne civilisation de Partheno.

J’avais emmené Relisha dans une chambre d’amis plutôt que dans la salle d’audience, car on ne savait pas combien de temps mettrait la réponse pour arriver. Le contact de la guilde à Ryle avait probablement dû courir au château royal et relayer la demande. En attendant, j’avais décidé d’en savoir plus sur ce Béhémoth.

« Alors, ce Béhémoth… quel genre de monstre est-ce ? »

« Pour dire les choses simplement… c’est un énorme scorpion à deux queues. On lui a donné le nom de “Scorpinas”. Nous avons entendu dire qu’il se déplace lentement en raison de son poids élevé… On peut dire la même chose de tous les Béhémoths, quel que soit leur type. Mais ses pinces sont censées être tranchantes comme des rasoirs, et il peut envoyer du venin de sa queue. »

Du venin ? Putain de… D’après ce que j’avais compris, le Frame Gear déployait une barrière de protection de base autour du cockpit… mais je devrais peut-être envisager d’apporter un bouclier ou autre chose.

J’avais appelé Naito et l’avais consulté sur la construction d’une branche de guilde. Ce serait bien de faire venir des aventuriers, mais je ne voulais pas d’altercations ou d’incidents dans ma ville, alors nous avions décidé de la construire dans l’ouest de la ville, plutôt que dans le centre.

Apparemment, un bar approuvé par la corporation devait aussi être construit à côté de la guilde. Après avoir entendu cela, j’avais finalisé les plans pour installer un poste de garde de l’ordre des chevaliers dans la région. Après tout, je ne voulais pas qu’un ivrogne nous cause des ennuis.

Après avoir réglé ces détails, le Tracebook s’était soudainement mis à briller. Relisha avait sa réponse.

« Votre demande a été approuvée. Ils sont tout à fait d’accord pour vous céder les pierres de sorts à ces endroits. Mais uniquement après que la quête soit accomplie, bien sûr. Nous, la guilde, en serons aussi les témoins. »

D’accord ! On pourra créer plus d’éther liquide après ça… c’était donc une réponse positive. J’avais essayé d’utiliser [Modelage] pour rassembler un tas de petites pierres de sorts… mais l’incantation ne fonctionnait pas du tout, donc cette approche était inutile. Même les pierres de sorts du même type ne résonneraient pas ensemble et ne permettraient pas de faire de l’éther liquide. Les différences entre elles, aussi subtiles soient-elles, suffisaient à perturber le flux d’énergie magique entre elles.

Pour le dire simplement… la viande hachée se transformera en hamburger si vous la réduisez en purée, mais elle ne deviendra jamais un faux-filet.

« Très bien, défi accepté. Je m’en occupe tout de suite. »

« Merci. »

Je me séparai de Relisha et je me rendis à Babylone. J’avais demandé à Cesca de se rendre tout de suite en direction du Béhémoth. Je ne voulais pas qu’il atteigne Ryle. Je m’étais dit qu’il vaudrait mieux que Babylone s’y installe le plus tôt possible, au cas où des événements imprévus viendraient compliquer les choses.

Après avoir quitté le jardin, je m’étais dirigé vers le hangar.

J’étais passé devant le garage de Chevalier et j’étais allé au suivant. Dans celui-ci se tenait un chevalier noir foncé ayant une masse et un bouclier lourd.

Celui-ci était un peu plus grand que le Chevalier. C’était une unité de style commandant connue sous le nom de Chevalier Baron. Ce qui attirait le plus l’attention, c’était sa grosse corne qui jaillissait du front. Il n’était pas là à l’origine, mais je l’avais mis là. J’avais pensé qu’une unité de type commandant devrait avoir l’air un peu plus cool.

Rosetta m’avait dit qu’il était environ une fois et demie plus fort que le Chevalier. C’était un chiffre assez précis. Je m’étais demandé si elle deviendrait trois fois plus forte si je la peignais en rouge.

« Hm… ? Maître ? Genre, Babylone est-il vraiment en mouvement… »

Monica faisait quelques ajustements au niveau de l’épaule du Chevalier Baron quand elle m’avait appelé.

« Salut, Monica. Le Chevalier Baron peut-il se déployer ? »

« Je ne vois aucun problème, maître. J’ai fait toutes les modifications nécessaires. Il est aussi totalement alimenté avec de l’Éther liquide ! »

Super. Alors on va l’essayer, le Béhémoth peut être son premier ennemi. Enfin, j’ai l’occasion de le tester dans un combat réel contre un vrai monstre…

Oho, je viens de me souvenir d’une chose… Les matières premières du Béhémoth décédé seront-elles utiles ? Je suis prêt à parier que cela me fournira un sacré pactole, sans compter que la carapace devrait être bonne pour la défense. Je suis un aventurier en mission ! Une mission qui me permettra de me remplir les poches ! Je ferai de mon mieux, bon sang !

Notes

  • 1https://fr.wikipedia.org/wiki/Kaij%C5%AB

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6 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre. Je me demande si la corne et la couleur rouge n'est pas un client d'œil a Evangelion

  2. Merci pour le chapitre.

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