Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 6 – Chapitre 3 – Partie 1

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Chapitre 3 : Si vous êtes prêt, il n’y a rien à craindre !

Partie 1

« Aha, c’est donc ça, l’éther liquide… »

Flora m’avait remis une bouteille en plastique transparente contenant environ 50 cl de liquide vert émeraude. On aurait dit du soda au melon. Honnêtement, s’il y avait de la glace dedans, je l’aurais vraiment avalé sans me poser de questions.

« Alors, combien de temps pourrais-je utiliser mon Frame Gear avec une telle quantité ? »

« Tu pourras l’utiliser pendant environ un mois, vois-tu ? »

« Wôw, si longtemps que ça… ? Je pensais que je n’aurais pu l’utiliser quelques heures ou quelque chose comme ça. »

Je supposais ainsi que c’était plus économétrique que l’essence ou le kérosène… En fait, ce n’était probablement pas le cas. Étant donné ce qu’il avait fallu pour produire une si petite quantité, c’était déraisonnable.

« J’ai dit que l’éther liquide était un carburant, sais-tu ? Mais c’est en fait plus proche du système nerveux humain. C’est un fluide catalytique qui répand les intentions du pilote dans tout le Frame Gear. »

« Si cela ressemble réellement aux nerfs ou aux vaisseaux sanguins… est-ce qu’une si petite quantité suffira ? »

« Ce n’est pas un problème, tu sais. Ce n’est pas comme si le liquide se répandait dans l’intégralité du Frame, tu vois ? Il y a un mince squelette tubulaire qui stocke et répand le carburant. »

Franchement, je ne comprenais pas. Mais ça n’avait pas vraiment d’importance. Au final, un Frame Gear n’était rien de plus qu’un outil commode. Je pouvais l’utiliser même si je ne savais pas exactement comment il fonctionnait. J’avais décidé que je ne devrais m’en soucier que lorsqu’il tombera en panne.

« Alors, combien de bouteilles as-tu faites ? »

« Juste celle-ci pour l’instant, vois-tu ? Mais à partir de demain, je devrais pouvoir en faire environ dix. Quant au minerai d’éther… Je pourrais probablement en faire dix de plus jusqu’à ce que la pierre s’use, sais-tu ? »

Donc si j’ai dix Frame Gear… Je pourrais les utiliser pendant quelques mois. Ouais, ça semble à peu près juste… Après tout, on ne les sortira pas tous les jours.

Je quittais le laboratoire d’alchimie et j’apportais l’éther liquide à Monica dans le hangar.

Je lui avais passé le liquide et elle avait immédiatement versé dans le Chevalier, mon Frame Gear produit en série. Elle avait ouvert une partie de l’armure à l’arrière et avait poussé la bouteille contre lui. Avec une sorte de cliquetis de succion, j’avais entendu le bruit de l’air qui se précipitait, et la bouteille s’était rapidement vidée de son contenu.

« Woohoo ! Voilà, tu peux maintenant utiliser pleinement le Frame Gear si tu le veux ! Mais je t’en supplie, ne l’active pas dans cette zone, maître. Tu vas endommager mon précieux hangar si tu tombes ou bouges mal ! »

N’es-tu pas celle qui endommageait ton « précieux » hangar avec ta clé à molette tout le temps !?

Pourtant, elle avait raison. L’activer dans le hangar serait problématique. Il serait plus facile de le ramener au Duché afin d’y faire des tests, mais cela créera ses propres problèmes.

Je ne pensais pas qu’il serait sage de rendre les Frame Gears publics pour l’instant, mais en même temps, il serait prudent d’annoncer leur existence pour mieux nous préparer à l’invasion des Phrases. Je ne voulais pas trop y penser, mais il y avait de fortes chances que je ne puisse défendre que Brunhild. Pour cette raison, je m’étais dit que je devrais obtenir la coopération des autres nations.

Au moins, je n’avais pas encore eu besoin de parler de la Phrase à qui que ce soit. Cela ne ferait que provoquer une panique inutile. J’avais décidé d’informer les autres nations de l’existence des Frame Gear. Ce serait bien si je disais que ce n’était qu’un simple artefact ou quelque chose comme ça. Dans ce cas, ils ne trouveraient probablement pas ça trop étrange.

La principale préoccupation était que d’autres pays pourraient chercher à s’immiscer dans mes affaires après avoir appris l’existence des Frame Gear.

Je ne pensais pas avoir à m’inquiéter des dirigeants de l’alliance occidentale. Ils étaient bien conscients de ce dont j’étais capable et ils ne seraient pas enclins à me trahir. Au pire des cas, ils finiraient probablement par me harceler pour que je les laisse essayer le Frame Gear.

En toute honnêteté, tout pays qui se moquerait de moi le regretterait cruellement, alors je ne m’en inquiétais pas trop. Ils n’auront pas non plus la possibilité de me les voler. Mes Frame Gear seraient rangés en toute sécurité dans le hangar de Babylone.

D’accord, je suppose que je vais devoir mettre cette chose à la surface afin de commencer les tests. Je ne le cacherai pas, mais… Je suppose que je peux me permettre de le montrer à mes serviteurs et à mes chevaliers.

« Milord… qu’est-ce que c’est… ? »

« Wôw ! Incroyable ! C’est un vrai Frame Gear ! C’est vous qui avez fait ça, Votre Altesse !? »

« C’est… réel ? Vraiment ? Ce n’est pas une illusion ? »

Le commandant et ses vice-commandants se rassemblèrent autour de lui. Ils fixaient le Chevalier, la bouche grande ouverte. Divers citoyens et chevaliers, tout aussi abasourdis les uns que les autres, se tenaient également debout. C’était logique, vu l’horreur que ça représentait.

« H, hey, qu’est-ce que c’est que ce truc… ? Il peut bouger ? Peut-il vraiment le faire ? »

« Je parie qu’il essaie de le tester maintenant. Bonté divine, mon gars. Tu as fait quelque chose d’outrageux… »

Yamagata et Baba fixèrent le Chevalier. Eux aussi avaient été émerveillés par sa présence même. Je voulais m’attribuer le mérite, mais ce n’était pas comme si j’étais le créateur ou quoi que ce soit.

Ils avaient probablement supposé que j’avais construit l’armure parce que j’utilisais toujours [Modelage] pour fabriquer ceci et cela. J’avais décidé de ne pas corriger leur erreur. Au moins pour l’instant.

{Kougyoku… tout est bien préparé pour Yae ?}

{Tout est prêt, mon seigneur. Elle est prête et attend d’y aller.}

Yae et Kougyoku étaient tous deux à bord du Chevalier. Je n’avais pas installé de relais de communication, alors j’utilisais mes bêtes invoquées pour le moment. Cela ne me coûtait pas grand-chose, c’était donc une bonne solution de contournement.

Je me demandais si des haut-parleurs externes et des appareils de communication seraient des améliorations possibles pour les Frame Gears. J’avais décidé d’en parler à Rosetta plus tard.

{Roger, dans ce cas… Chevalier, avance !}

Avec un grondement, j’avais entendu quelque chose se mettre à ronronner. Des lumières étaient apparues à l’extérieur de l’Armure. J’avais pensé que c’était une étape de la procédure de mise sous tension. De l’air chaud était évacué par des bouches d’aération situées sur les jambes et la poitrine.

Lentement, mais sûrement, la jambe droite du Chevalier s’était déplacée vers l’avant, faisant un pas lourd et bruyant.

« Ça a vraiment bougé… »

Je n’avais pas vraiment entendu qui avait dit cela, mais cela résumait les sentiments de tous les habitants de la région.

Le Chevalier avait fait un deuxième pas. Il avait commencé à avancer à un rythme régulier, avait fait demi-tour et était revenu à sa position de départ.

Il avait répété la même suite de mouvement, mais cette fois-ci, il était allé encore plus vite. À chaque fois qu’il faisait un pas, de nouvelles vibrations secouaient le sol.

{Très bien, jusqu’à présent les mouvements de jambes semblent plutôt bons. Essaie le haut du corps maintenant.}

À mon commandement, le Chevalier s’était arrêté de marcher. Lentement, il avait sorti la lame attachée à sa taille. Il avait pris plusieurs positions martiales, répétant cycliquement ces positions assez rapidement. Il s’était déplacé sans heurts. Il ne semblait pas y avoir de problèmes.

J’avais choisi Yae comme pilote d’essai initial parce qu’elle était la personne ayant le moins de capacité magique que je connaissais. Je savais que si Yae pouvait se déplacer librement, n’importe qui le pourrait.

Au moment même où je pensais cela, le Chevalier s’était soudainement déséquilibré et s’était renversé sur le côté. Un choc incroyable avait fait vibrer la terre lorsqu’elle avait touché le sol.

{Yae, Kougyoku, allez-vous bien !?}

{O-Owowowowow… Je… Je vais très bien, je vais bien. Il semblerait que cet appareil absorbe très bien les chocs. C’était une sacrée chute, et je me serais sûrement fait mal autrement. Pour l’instant, ma seule blessure est un coude légèrement écrasé.}

La voix de Yae m’avait été transmise à travers ma connexion avec Kougyoku. J’étais content qu’elle n’ait pas été sérieusement blessée.

Rosetta s’était fait un point d’honneur de me mentionner que lorsque le Frame Gear démarrait, divers boucliers magiques étaient érigés autour du cockpit pour atténuer les dommages causés au pilote par les chocs. Je n’avais pas réalisé à quel point ils étaient efficaces jusque-là.

Le Chevalier se releva et se remit à marcher. Son armure extérieure n’était ni fissurée ni bosselée. Il était remarquablement solide.

Le Frame Gear s’était arrêté juste avant de nous atteindre à nouveau. La plaque au niveau de la poitrine s’était repliée vers l’extérieur et cela avait ainsi fait sortir Yae et Kougyoku. En même temps qu’ils sortaient de là, tous les chevaliers rassemblés avaient lancé des applaudissements. Gah, tu m’as fait peur ! Yae avait commencé à saluer lentement sous les acclamations. Ne laisse pas ça te monter à la tête, maintenant !

« Alors, comment était-ce ? »

Je m’étais retourné et j’avais demandé à Yae ce qu’elle en pensait.

« C’était beaucoup plus facile à déplacer que ce à quoi je m’attendais. J’avais aussi pensé que ça secouerait davantage, mais j’étais assez stable. Ce n’était pas du tout différent du simulateur de Frame. »

C’était assez logique pour moi. Les amortisseurs autour du cockpit devaient même supprimer les mouvements subtils de la marche. Au moins, ce serait probablement suffisant pour soulager Linze. Elle avait le mal des transports.

Pendant que je réfléchissais, j’avais de nouveau entendu les sons de démarrage provenant du Frame Gear. Je m’étais retourné pour constater que Chevalier était actif et qu’il se promenait.

« Quoi ? Qui !? »

« Je suis désolé… sœurette vient d’y aller et… »

Linze, dont le visage était terriblement agité, avait commencé à s’excuser abondamment auprès de moi. Merde, Elze ! C’est censé être mon tour ! Elle me volait l’amour d’un homme. C’était le rêve de tous les jeunes hommes que de se promener avec un robot géant ! C’était vrai que j’avais laissé faire le premier tour à Yae pour faire les tests, mais cela ne voulait pas dire que je voulais aussi abandonner le deuxième tour ! J’avais regardé le Chevalier qui courait maintenant, et j’avais un peu tapé du pied. Cependant c’était… vraiment cool. Ses mouvements étaient super intenses. Le Chevalier avait commencé à faire des sauts acrobatiques en même temps que des coups de poing et des coups de pied. Il n’avait pas du tout l’air de bouger avec difficulté. C’était à ce moment que j’avais réalisé à quel point Frame Gears était cool.

Peu de temps après, Elze était apparemment satisfaite. Elle avait sauté de hors de la poitrine, on voyait qu’elle était heureuse.

« Wôw ! Cette chose était tellement amusante ! Il a bougé comme je l’imaginais ! On dirait que mon entraînement dans le simulateur de Frame a payé, hein ? »

« Ouais, t’as été super ! Mais c’était mon tour, tu sais ! »

« Pssh… ne t’en fait pas pour les petites choses. Ne devrais-tu pas plus te comporter comme une personne royale ? Tu es le grand-duc, après tout. »

« Tais-toi, tais-toi ! Tu savais à quel point j’avais envie de monter dedans, bon sang ! Tu m’as volé ma place légitime ! »

Cela m’avait rappelé un incident qui s’était produit une fois à l’arrêt d’autobus. Une dame âgée était arrivée par le côté et était montée dans le bus devant moi. Elle avait fait semblant de regarder les horaires du bus jusqu’à la dernière minute. Quelle horrible vieille sorcière ! Personne ne devrait jamais, jamais couper la queue. C’était ce que faisaient les méchants. Même les bébés le savaient !

Alors que je me perdais dans ce souvenir désagréable, j’entendis une fois de plus le ronronnement du Chevalier au démarrage.

« Hey Hey — Non !! »

J’avais fait demi-tour et, bien sûr, le Chevalier était à nouveau pleinement opérationnel. Pourquoi est-ce que cela arrivait !? C’est mon robot ! Je veux le monter !

« Qui diable est dans le Chevalier !? Réponds-moi ! »

« … C’est Norn. Elle avait soudainement crié qu’elle était la suivante, et elle avait foncé droit devant. »

Yae me répondit avec appréhension, reculant un peu pendant qu’elle parlait.

Gaaah ! Va te faire foutre, salope de louve ! Tu n’es qu’une humble vice-commandante, comment oses-tu !? Alors que je me livrais à de telles pensées colériques, je m’étais retourné et j’avais remarqué que tout le monde faisait la queue et attendait son tour. Hé, quoi !? Qu’est-ce que c’est que ce bordel !? Et mon tour !?

J’avais justement éduqué tout le monde sur l’importance de ne jamais faire la queue, donc je serais damné si j’utilisais ma position royale pour désobéir à mes propres règles… même si c’était frustrant. Ainsi, j’avais rejoint la ligne comme tout le monde, prenant ma place à l’arrière. Tout le monde me suivait avec les yeux, c’était super embarrassant.

Ne me regardez pas comme ça ! Je ne suis pas pathétique, j’attends juste mon tour ! Je supposais que je n’avais pas vraiment le choix, hein… Bon sang… Ça craint !

***

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6 commentaires

  1. Il faudrait un dessin de l'engin 🙂 On monte comment dans le cockpit ?

  2. Merci pour le chapitre.

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