Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 6 – Chapitre 2 – Partie 4

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Chapitre 2 : Les deux princes

Partie 4

J’avais utilisé [Rappel] pour récupérer les souvenirs du prince Cloud de sa maison, et de là, j’avais ouvert une [Porte] vers le royaume de Lihnea. Honnêtement, je n’aimais pas utiliser ce sort sur les garçons, mais j’étais bien obligé de le faire. Je ne voulais pas lui tenir la main, encore moins pousser mon front contre le sien.

Pour sauver la reine Erya, la mère du Prince Cloud, nous avions formé un groupe de cinq personnes. Il y avait le prince lui-même, moi, Elze, Yae et Kohaku. Nous voulions faire usage de mobilité et de discrétion plutôt que d’utiliser une force brute écrasante. Les autres membres du groupe resteraient à la maison en attendant. Après tout, je ne voulais pas amener trop de monde.

Nous étions sortis de la [Porte] et nous nous étions retrouvés à Nimue, la capitale de Lihnea. Le prince Cloud était un peu désorienté, mais c’était tout à fait normal puisque c’était la première fois qu’il voyageait par le portail.

« W-Wow… Nous avons vraiment atteint Lihnea en quelques instants… »

Nous étions apparus dans une ruelle pour ne pas être vus. Heureusement, il semblerait que personne ne nous ait détectés.

De là, nous allons appliquer à la lettre le plan que nous avions conçu. J’avais dit au prince Cloud de rapporter la réponse de la proposition, et de le faire comme si de rien n’était.

Après tout, je n’avais pas encore rencontré le premier prince ou le Premier ministre. J’avais besoin de voir de mes propres yeux quel genre de personnes ils étaient. J’avais choisi [Invisibilité] pour que chaque membre de notre groupe soit indétectable. Tous sauf le prince Cloud.

« Quel sort incroyable… ! Je ne vous vois pas du tout… »

« Nous ne sommes invisibles que pour les yeux. Si quelqu’un nous cogne, on nous sentira. S’il vous plaît, guidez-nous, puisque nous ne connaissons pas bien l’endroit. »

Le prince Cloud fit un petit signe de tête avant de retourner au château à un rythme légèrement plus lent que la moyenne.

Nous avions marché le long d’une route plus calme avec moins de monde, jusqu’à ce que nous soyons enfin arrivés au château. Les gardes jetèrent un petit coup d’œil vers Prince Cloud, n’offrant guère plus qu’un grognement. Je me sentais mal à l’aise. On pouvait vraiment dire qu’il avait été malmené par toutes les personnes du château, malgré son statut de prince.

Nous étions entrés dans la salle du château, et quelqu’un était venu de l’autre côté. Le prince Cloud se raidit, gela sur place et inclina lentement la tête.

« … Je suis rentré, grand frère. »

« Haha. Cloud ? C’était rapide, n’est-ce pas ? Qui aurait cru qu’une limace comme toi pouvait ramper si vite ? Ce doit être un mauvais présage, je planifie la pluie demain… »

Il était plus petit que Cloud, et assez décharné. Il avait une coupe au bol. Les côtés de sa bouche se courbaient en pointes malveillantes lorsqu’il gloussait. J’avais su alors que c’était le Premier Prince, Zabune. Il portait des bottes dorées, un foulard de soie fantaisie et des vêtements de style bariolé sur tout le corps.

« … Quel goût horrible ! »

J’avais entendu Elze marmonner, mais heureusement Zabune ne l’entendit pas.

Baisse d’un ton, imbécile ! Ta voix n’est pas inaudible ! Derrière lui se trouvait deux hommes qui ricanaient, et une femme qui regardait le sol. Les hommes étaient probablement ses disciples, et la femme… semblait être une esclave. Elle portait l’un de ces colliers autour du cou, comme celui que j’avais vu à Sandora. Je n’avais jamais entendu que Lihnea avait des pratiques d’esclavage.

« Eh bien ? Crache le morceau. Quelle a été la réponse ? Une bonne nouvelle, j’espère ? »

« Ah, non… il semblerait que la fille de Duke Ortlinde ait déjà un fiancé… C’est pour cette raison qu’ils ont refusé. »

« … Excuse-moi ? Qu’est-ce que tu viens de dire ? Parle plus fort. »

« … J’ai dit qu’ils ont décl —» THWACK ! Avant que Cloud ne puisse finir sa phrase, Zabune l’avait frappé à la mâchoire.

« Petit oursin inutile. Pourquoi ne l’as-tu pas enlevée !? Si tu l’avais amenée, j’aurais pu lui mettre un collier et il n’y aurait plus eu de problèmes. Espèce de petite merde stupide et peu intuitive ! »

Whoa... Qu’est-ce qu’il vient de dire ? Mettre un collier sur Sue ? C’était ce qu’il avait en tête !?

« Cette petite salope m’a regardé et a rigolé pendant la fête à Refreese ! Elle ! Une simple fille de duc qui se moque de moi ! Une fois que je l’aurai, je l’attacherai, puis j’entraînerai son corps. Je vais lui briser l’esprit ! Alors on verra qui rira le dernier ! »

Qu’est-ce que c’est que ce bordel… ? Si tu portais cette tenue stupide à la fête, alors il est probable que toutes les personnes présentes auraient ri, salaud… ! Les autres invités ont dû se retenir par politesse. Mais Sue n’est qu’une enfant ! Fous-toi du plomb dans le crâne, ordure !

« Tsk. Je n’arrive pas à croire que tu sois aussi inutile. Quelle misérable merde j’ai pour un jeune frère… ! Eh bien ? Qui est le fiancé ? As-tu au moins découvert son identité, n’est-ce pas ? »

« … Il s’agit du grand-duc de Brunhild, Mochizuki Touya. »

« Brunhild… ? Cette nation naissante ? Pah ! À quoi pensent ces débiles ? Ils ne vont rien gagner s’ils la marient à une si petite nation ! »

Petite !? Quel trou du cul… ! C’est bien une chose que je peux dire, mais pas lui !

Le prince Zabune se mit à regarder Cloud. Tout à coup, il s’était mis à réfléchir à quelque chose, puis il avait commencé à sourire méchamment.

« Hé, Cloud. Retourne à Belfast tout de suite, et tu vas commencer à raconter certaines histoires. »

« Je ne comprends pas ? »

« Va répandre la rumeur que le grand-duc de Brunhild est un pervers qui utilise et abuse des femmes. Si cela se répand, ce pathétique petit Ortlinde pourrait reconsidérer la situation… Après tout, il ne voudrait pas que sa fille se retrouve dans le lit d’un tel homme. Ne suis-je pas malin ? »

Mec, j’ai vraiment envie de le gifler. Je vais vraiment frapper ce type… attends que je règle ton putain de compte.

« … Si je répands cette rumeur, pourrais-je revoir ma mère ? »

« Quoi ? Ne te l’ai-je pas déjà dit ? Ta mère est malade, elle est contagieuse. Espèce d’abruti. Et si tu tombais malade aussi ? Qu’est-ce qu’on ferait alors ? Hm ? Eh bien ? Tu devrais être reconnaissant que je veille sur toi en tant que ton vénérable frère aîné. Hah… je te le redis encore une fois, elle pourrait mourir d’une minute à l’autre. »

Zabune avait souri à la fin de sa dernière phrase, à laquelle Cloud répondit avec les poings serrés et un regard furieux. L’expression du prince Zabune changea immédiatement.

« … Qui es-tu pour me regarder de cette manière ? »

De nulle part, Zabune avait frappé Cloud dans le ventre. Cloud sentit la douleur l’envahir tandis que Zabune le frappait encore. Puis, il lui donna un troisième coup de pied impitoyable.

« Espèce de petite merde pathétique ! Espèce de misérable petit asticot visqueux ! Comment oses-tu ! Comment oses-tu !! Tu devrais être reconnaissant d’être encore en vie… Tu devrais lécher mes bottes et embrasser le sol sur lequel j’ai marché, tu comprends !? Peut-être que tu apprendras un peu de respect si je te l’enfonce, petite merde ! »

L’agression brutale du prince Zabune s’était finalement calmée, tandis qu’une autre personne entra dans la pièce.

« Zabune ? Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Ah, Mère… J’étais en train d’éduquer mon petit frère turbulent, n’y pense plus. »

Ce qui au départ semblait être un cochon dans une robe rouge voyante était en fait une femme humaine. La créature voyante, obèse et maquillée, s’était pavanée dans les escaliers recouverts de tapis rouge avec plusieurs bonnes derrière elle. C’était clairement la reine Dacia, la mère de cet idiot. Ils ne se ressemblaient presque pas, la seule caractéristique commune étant leurs bouches sales et leurs regards corrompus.

« Oh mon Dieu, Cloud… Tu devrais vraiment comprendre ta position ici. Contrairement à toi, Zabune est celui qui portera l’avenir de notre nation. Ne l’ennuie pas avec des choses aussi insignifiantes, d’accord ? Bien que, je suppose que tu ne peux pas t’en empêcher… Tu dois avoir tellement de sang de roturier en toi du côté de ta mère qu’une telle stupidité vient naturellement, hm ? »

Elle fixa Cloud de ses yeux froids et glacés, avant de se tourner soudain vers Zabune avec un sourire chaleureux. La vitesse de son changement d’expression était pour le moins inquiétante.

« Que s’est-il passé avec la demande en mariage, Zabune ? »

« Cloud a tout gâché. Il est inutile. »

« Oh, mon pauvre petit bébé… Eh bien, Belfast est un petit pays stupide… Je suis sûr qu’il va bientôt se délabrer ! »

Au lieu de me sentir en colère, je m’étais trouvé plus surpris et étonné par l’échange que je voyais. Ces gens étaient vraiment des personnes peu ordinaires.

« Une fois assis sur le trône, je ne manquerai pas de punir tous ceux qui m’ont déçu. En parlant de ça, maman… J’aimerais vraiment devenir roi. Je n’ai pas besoin de me fiancer. »

« Très bien… Allons en discuter avec Wardack. »

« Oui, s’il te plaît ! »

Ils étaient partis tous les deux, emmenant leur entourage avec eux, oubliant complètement Cloud.

C’est un duo mère-enfant qui ne pouvait plus être sauvé… Ils sont beaucoup trop corrompus. Pourquoi le roi a-t-il épousé ce porc ? Est-ce un mariage politique ou l’ont-ils fait chanter ?

« Venez, Lumière ! Confort apaisant : [Magie curative] ! »

Le prince Cloud s’était levé en titubant après que je lui avais jeté la magie de rétablissement. Sa respiration était cependant lourde.

« Est-ce que ça va ? »

« Ça va… Ça ne fait plus mal. Merci beaucoup… »

La douleur physique avait disparu, mais j’étais sûr que les cicatrices mentales restaient. Son poing était encore serré et tremblant. Je pouvais voir le blanc de ses articulations. Je me demandais combien de temps il avait dû endurer ce traitement. Pour moi, c’était un miracle que Cloud ait survécu à tout cela sans être complètement brisé.

« Quel type dégoûtant… ! »

« En effet… j’ai senti l’envie de le mettre en pièces. »

Elze et Yae avaient parlé. Leur ton collectif débordait de colère. Mais je les comprenais. Je voulais faire du mal à Zabune aussi. Et salement en plus.

« Mais c’était quoi ce collier d’esclave… ? »

« Notre pays interdit ostensiblement l’esclavage… Cependant, mon frère aîné achète encore des colliers à un marchand de Sandora qui est passé il y a quelque temps. »

Si je n’avais pas été là, Sue aurait pu finir esclave… J’avais alors décidé que je ne laisserais pas Zabune partir avec une simple raclée… Pourtant, je pensais que j’agissais trop rapidement.

Nous nous étions déplacés dans une zone non visible derrière une colonne, puis nous avions annulé le sort d’invisibilité. De là, j’avais pris la fille esclave comme cible et j’activais une [Porte].

« Whuh… Hein ? »

J’avais ignoré son mouvement de panique après avoir été soudainement attiré vers ma position, et j’avais immédiatement utilisé [Apportez] pour lui enlever cet appareil dégoûtant.

Ses mains étaient montées jusqu’au cou quand elle avait vu le collier dans mes mains. Dès qu’elle avait réalisé qu’elle ne le portait plus, des larmes avaient commencé à couler de ses yeux comme de la pluie.

« C’est enlevé… Le collier est… h-ha… il est enlevé ! »

J’avais révélé notre identité à la jeune fille nouvellement libérée et je l’avais ramenée à Brunhild par une autre [Porte]. Après avoir brièvement expliqué la situation à Yumina, je lui avais demandé de s’occuper de la fille. Puis, j’étais retourné à la mission.

Peu de temps après, le prince et son entourage revinrent dans un état d’agitation, mais nous avions réactivé le sort [Invisibilité] et nous nous étions remis à l’abri.

« H-Hey ! Mon jouet n’était-il pas ici !? »

« Non, je ne l’ai pas vue. »

Zabune roula les yeux suite à la réponse de Cloud, puis se retourna rapidement. Lui et ses copains avaient commencé à monter les escaliers. J’avais brièvement pensé à me servir de [Glissade] pour leur faire une sale chute, mais avant que j’aie pu le faire, l’idiot de prince s’était arrêté de monter.

« Quelque chose ne va pas, prince Zabune ? »

« Wardack ! Mon jouet a disparu ! Elle a disparu, comme ça ! »

Un homme d’une cinquantaine d’années était arrivé en se promenant en haut des escaliers. Il était vêtu d’une longue robe noire. Wardack… ?

« Effectivement, c’est le Premier ministre Wardack. », chuchota Prince Cloud d’une voix si faible que nous pouvions à peine l’entendre.

Wardack avait le visage d’un bouledogue… C’était certainement le visage d’un méchant, probablement.

« N’as tu pas donné l’ordre qui la force à revenir ? »

« Je l’ai fait, mais elle n’est pas venue ! »

« Dans ce cas, déclenche l’ordre de tuer. À quoi sert un jouet qui refuse de fonctionner ? On va trouver son cadavre, le retirer et te trouver un jouet fonctionnel. »

Le Premier ministre haussa les épaules, exhortant cet imbécile de prince. J’étais dégoûté. Comment un agent de l’État pouvait-il se comporter ainsi ?

« Putain, c’est quoi ce bordel… ! Je n’ai même pas encore pu profiter pleinement d’elle. Tous ses membres sont intacts, ce n’est pas juste ! »

Zabune soupira, mais tandis qu’il parlait, le collier dans ma main avait rapidement rétréci… Si elle l’avait encore sur le cou, ça l’aurait lentement tuée.

Leur manque de respect pour la vie humaine avait fait bouillir mon sang. Ils faisaient des choses contre nature comme si c’était parfaitement naturel, et leur incompréhension de la nature vile derrière leurs actes était déroutante. Ces gens étaient cruels. Leurs comportements étaient pires que ceux des animaux. Et il fallait les arrêter.

« Bonjour, prince Cloud. Tu es déjà rentré de Belfast, n’est-ce pas ? As-tu réglé la proposition ? »

Wardack se déplaça jusqu’en bas des escaliers, les yeux fixés sur Cloud. Il n’était en aucun cas poli, son ton était presque moqueur. Il regardait clairement le jeune prince de haut.

« Je suis désolé de dire que cela a été refusé… »

« Ah. Eh bien, peu importe. En fait, c’est très bien. Tu vas avoir une nouvelle mission, de toute façon. Tu devras te rendre au Royaume de Palouf pour délivrer un message. »

« À Palouf ? Pour quoi faire ? »

Le Premier ministre Wardack avait simplement souri, ricanant sans cesse, il se retourna et quitta la pièce sans dire un mot avec Zabune. Le prince aîné avait l’air d’être encore de mauvaise humeur.

J’avais invoqué une petite souris et l’avais rendue invisible, et je lui avais demandé de suivre Wardack. J’avais l’impression que son sourire, à l’instant même, était celui d’un intrigant. Je savais qu’il valait mieux enquêter plutôt que de le laisser faire.

La souris les avait vite rattrapés et leurs voix avaient été projetées dans mon esprit.

« Wardack… pourquoi envoyer Cloud à Palouf ? Y a-t-il de jolies petites filles nobles ou royales pour remplacer mon jouet manquant ? »

« Non, ce n’est pas pour le mariage. »

« Pour quoi alors ? »

« Une déclaration de guerre, mon garçon. Le prince Cloud déclarera la guerre au royaume de Palouf. »

Je le savais… Il avait mis au point un plan misérable.

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