Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 6 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Frame Gear

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Chapitre 1 : Frame Gear

Partie 1

« Mmmh… ? »

J’avais ouvert mes yeux endormis, pour être salués par l’image floue du visage d’une fille. Le soleil du matin brillait dans la pièce et illuminait sa forme. La jeune fille dormait profondément, respirant à un rythme doux.

« … Yumina… ? »

Voir le visage de ma fiancée m’avait donné un sentiment de calme. J’avais fermé les yeux.

Elle tendit ses deux mains, se contorsionnant un peu en m’attirant à elle dans une douce étreinte. Je ne m’étais pas battu, mais je lui avais fait un câlin. J’avais souri. Mmmh… Je me sens comme à la maison… Tous mes problèmes vont disparaître… Je l’avais serrée un peu plus fort, et elle avait fait un adorable petit bruit. Ah, c’est si mignon… J’aimerais bien rester comme ça pour toujours… Attendez une seconde.

Mais que fait Yumina ici !? Je savais que j’étais allé me coucher seul hier soir ! Je voulais dire que j’allais dormir seul tous les soirs ! Tout le monde avait des chambres séparées, je ne faisais pas ce genre de choses avec elles ! Je n’étais pas un taré, je n’étais pas un obsédé ! Des sueurs froides avaient commencé à perler sur tout mon corps, m’éjectant de force du sommeil paisible dans lequel je venais d’être enveloppé.

« Aaaaaaaagh ! »

Je sautai du lit, tombant violemment par terre. Même si je m’étais blessé l’arrière de la tête assez durement, je n’avais pas vraiment ressenti la douleur due à mon état de panique.

« Hmm… Hein ? Ah… Touya. Bonjour… »

Yumina se frotta les yeux pendant qu’elle s’asseyait sur le lit. Ce pyjama soyeux lui va très bien, Yumina… Mais encore une fois, elle est toujours belle dans n’importe quelle tenue, CONCENTRES-TOI, TOUYA ! FOCUS !

 

 

« ... N’est-il pas normal qu’un couple marié partage le même lit ? Touya, tu as été tellement occupé avec des affaires liées au duché ces derniers temps, que tu ne m’as pas du tout prêtée beaucoup d’attention. C’était le moins que je pouvais faire pour avoir un peu de ta compagnie, non ? »

Elle avait parlé avec un sourire sur le visage, ponctuant sa phrase d’un petit rire.

N’avait-on pas eu un rendez-vous amoureux avec tout le monde récemment, n’est-ce pas !? Tu vas me donner une crise cardiaque si tu continues ces bouffonneries… En plus, on n’est même pas encore mariés !

N’a-t-elle pas douze ans, non… elle a déjà treize ans. Une fille de treize ans ne peut pas partager son lit avec un garçon de mon âge… Si c’était mon ancien monde, on m’aurait qualifié de paria social sans procès, que je l’aie touché ou non !

« Eh bien, à part ça, ne va-t-on pas à Belfast ? Nous l’avons arrangé. Bon, je me prépare, à tout à l’heure ! »

Yumina avait sauté du lit et s’était approchée de moi. Avant que je ne puisse comprendre ce qui s’était passé, elle s’était penchée et m’avait fait un petit bisou sur la joue.

Uwaah ! Profitant de mon étourdissement, Yumina sortit joyeusement de la pièce. Elle était rapide…

… Permettez-moi d’être clair sur une chose. Je n’avais pas levé la main sur elle !

Nous n’étions pas allés à Belfast depuis un bon moment. Le seul vrai changement, c’était que les chevaliers de garde du château s’étaient agenouillés pour nous saluer cette fois-ci. Je ne me sentais pas vraiment à l’aise, mais je n’avais pas parlé parce qu’il était probable qu’ils avaient décidé que c’était ainsi qu’ils devaient se comporter avec moi.

J’étais le grand-duc de Brunhild depuis des mois, mais je n’étais toujours pas habitué à la façon dont les gens me traitaient en ce moment.

Nous étions allés plus loin dans le château et nous avions finalement rencontré la reine Yuel. Elle était assise sur un canapé et semblait assez détendue. La bosse sur son ventre était énorme ! Elle devait en être à son huitième mois de grossesse.

« Ah, Yumina, Touya… bienvenue. »

« Comment vas-tu, maman ? Tu ne te sens pas malade du tout, n’est-ce pas ? »

Yumina s’approcha soigneusement de sa mère avant de toucher doucement son estomac. Un bébé allait sortir de là dans un ou deux mois… C’était assez bizarre d’y penser. Pourtant, c’était le miracle de la vie.

« Où est le roi ? »

J’avais regardé autour de moi, mais je ne pouvais pas voir sa peau ni ses cheveux. Je lui avais dit bien à l’avance que nous allions lui rendre visite, alors ça m’avait paru un peu étrange.

« Hmph… Si vous le cherchez, vous le trouverez sur le terrain de baseball. »

« Hein ? »

« Ils ont abattu une partie du mur du château dans le quartier ouest, puis ont nivelé le terrain et construit un terrain complet. », expliqua la reine Yuel, un sourire confus sur son visage.

Il a donc fait un terrain de baseball… Merde, j’aimerais pouvoir motiver les gens aussi bien. J’avais le sentiment que le projet n’était pas tant par souci du divertissement du peuple que parce que le roi voulait juste jouer avec les gens.

Je voulais véritablement vérifier cela, alors j’avais laissé Yumina derrière moi et j’étais passé par une [Porte]. Effectivement, il y avait un magnifique terrain de baseball qui occupait un terrain qui n’avait pas beaucoup d’intérêt avant.

« Wôw, c’est vraiment une affaire complexe… »

Sa Majesté et plusieurs de ses coéquipiers étaient tous blottis autour du monticule, bavardant. Qu’est-ce qu’ils racontaient ?

« Oho, Touya mon garçon ! Tu arrives au bon moment, viens par ici ! »

« Qu’est-ce qui se passe ici ? »

Le roi m’avait tout de suite remarqué et m’avait fait venir. Je me demandais ce qu’il voulait.

« Si la balle entre dans la zone du home run après un rebond, est-ce toujours un home run ? »

« Hein ? »

Sérieusement, qu’est-ce que tu me demandes… ? Pourquoi me demandes-tu cela si subitement ? Ce n’était pas comme si je savais… Je n’avais de toute façon vraiment joué au baseball qu’à l’école primaire. J’avais pris mon smartphone et j’avais cherché une réponse à sa question.

« Euh… Voyons voir… Les règles du baseball… un rebond… un home run… Ah, j’ai compris. C’est un double avancement de base. »

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Et bien, tes joueurs avancent de deux bases. »

« Oh ? Compris, continuons alors ! »

Quoi ? Tu viens de comprendre ça ? Même moi, j’avais à peine compris ! Quoi qu’il en soit, le jeu avait continué.

Je m’étais assis sur un banc avec Sa Majesté le roi et j’avais regardé son équipe jouer.

« Ils sont sacrément enthousiastes, hein… »

« Eh bien, nous avons un match amical avec l’Empire Refreese la semaine prochaine. Ils sont plutôt tendus et déterminés. »

Wôw, ils faisaient déjà ce genre de choses. Je ne m’attendais pas à ce que les matches internationaux commenceraient si tôt… J’espérais juste que ça resterait un divertissement public, et pas une manière de déterminer les résultats de la guerre ou quoi que ce soit d’autre.

« La reine Yuel a l’air en bonne santé, j’en suis heureux. »

« Oui. L’enfant grandit bien, et vite ! J’espère juste qu’elle va accoucher sans risque et en bonne santé. J’ai d’abord pensé que ce serait bien si l’enfant était une fille, étant donné que je te ferais entrer dans ma maison en tant que fiancé de Yumina, mais… Je pense que j’aimerais bien avoir un fils maintenant. Quelqu’un avec qui jouer à la balle, vois-tu ? »

C’était vraiment une bonne expérience de rapprochement pour un père que de jouer à la balle avec son fils. J’étais presque sûr que c’était le genre de choses que la plupart des pères souhaitaient avoir la chance de faire, comme par exemple boire de l’alcool avec leur fils et faire la fête.

En y repensant, je n’avais jamais eu l’occasion de boire avec lui… ? Quel horrible fils j’étais... J’étais désolé, papa.

« L’équipe est un peu inquiète, je l’admets… ils ne pensent pas que leur défense soit à la hauteur. L’autre équipe est beaucoup plus puissante que la nôtre. »

« Il faut un lanceur de finesse pour les déstabiliser. Lancer des balles incurvées serait votre meilleure chance. »

« Des balles incurvées ? » Les yeux du roi brillaient d’étincelles sournoises. Merde… Pourquoi avais-je ouvert ma bouche ?

C’était trop tard, le mal était fait. Il m’avait posé des questions sur les balles incurvées. Je l’avais arrêté, je lui expliquais qu’une balle pouvait être incurvée sans interférence magique.

Les gens de ce monde avaient déjà établi un accord tacite de ne jamais utiliser la magie dans un concours de prouesses physiques. Ils utilisaient des objets magiques pour détecter les sorts et les enchantements pendant les matchs de sport. Il s’agissait essentiellement d’une mesure anti-tricherie. Personne n’avait pensé que l’on pouvait lancer une balle incurvée sans utiliser réellement la magie.

Je leur avais parlé de la balle incurvée, la balle rapide, la balle fronde et les balles à vitesse variable. Sa Majesté le roi et les lanceurs m’avaient regardé avec beaucoup de scepticisme, alors j’avais fini par regarder un film pédagogique sur Internet. Après l’avoir vu en action, ils avaient cru que c’était possible.

Naturellement, ils m’avaient demandé de leur enseigner, mais je n’avais pas le niveau de compétence nécessaire pour une telle manœuvre. Je leur avais juste appris les bases, sur la façon de faire une petite rotation avec la balle, mais rien de trop complexe. Puis, je leur avais raconté un petit mensonge sur la façon dont ils le maîtriseraient s’ils le répétaient.

… Mais même si j’avais utilisé une méthode d’enseignement à moitié foireuse, ils avaient quand même trouvé le moyen de le faire ! Cela leur avait donné un avantage déloyal sur Refreese, alors je m’étais dit que je devrais aussi aller apprendre aux joueurs d’Imperium à le faire. Quel ennui !

Quand Yumina et moi étions rentrés de Belfast, nous avions été accueillis par Kougyoku. L’oiseau s’était précipité vers moi et s’était perché sur mon épaule.

« Mon seigneur, un de mes éclaireurs m’a apporté des nouvelles. »

« Oh ? Ont-ils trouvé quelque chose ? »

« Je ne sais pas si c’est le cas ou non. Ils ont trouvé une structure triangulaire à quatre côtés. Elle est faite dans un matériau étrange, noir comme la braise. »

Structure triangulaire à quatre côtés… ? Elle voulait dire une pyramide ? Le matériau noir dont elle avait parlé me disait quelque chose… Le cylindre du royaume d’Elfrau était fait du même matériau, n’est-ce pas ? Ce qui voulait dire que ça pourrait être une bonne nouvelle !

« Où se situe la ruine ? »

« Elle est sur une île isolée, située loin au sud-ouest de notre position. Elle est à l’ouest du royaume de Sandora. »

C’était assez éloigné, mais ce n’était pas une distance que nous ne pouvions pas parcourir. Je me demandais si nous devions y aller avec Babylone, ou si l’on devait utiliser le sort [Vol] à la place…

J’avais convoqué mon groupe habituel. Quand il s’agissait de Babylone, seules Leen et mes fiancées étaient au courant des détails. Je n’avais pas prévu de le dire à quelqu’un en dehors de mon duché. Je n’avais pas l’intention que les gens murmurent à mon sujet de façon suspecte avant que la Phrase ne vienne frapper à notre porte.

J’avais sorti l’application carte et j’avais confirmé la position. Leen regarda la carte, marmonnant quelque chose pendant qu’elle vérifiait l’emplacement de l’île.

« C’est une petite île… Elle est peut-être même plus petite que Brunhild. »

« Est-ce que quelqu’un y habite ? »

« Je n’en ai aucune idée. D’après ce que je sais, nous n’avons pas de relations diplomatiques avec qui que ce soit dans ce domaine. Et pour être franche je n’ai jamais entendu parler d’une telle île. »

Si c’était sur une île aussi éloignée, je n’aurais certainement pas pu la trouver simplement en l’explorant au hasard. Mes chers amis-oiseaux étaient instantanément montés encore plus haut dans mon estime.

« Ce sera donc ma quatrième Babylone ! Si j’ai de la chance, ce sera le hangar ou l’entrepôt. »

« Hmph, eh bien, je préférerais que ce soit la bibliothèque, puisque cela correspond beaucoup plus à mes intérêts. »

« En fait, je suis plutôt curieuse à propos de la tour, vraiment. »

« Je pense que ça finira par être le laboratoire de recherche… »

« Psh, si vous pensez tous ça, alors je parie que c’est le rempart. »

On s’était tous mis tout à coup à parier. Personnellement, j’avais pensé que nous devrions d’abord confirmer s’il s’agissait réellement d’une ruine de Babylone avant de devenir trop excité.

Sur ce, nous étions partis. J’espérais désespérément que ce serait le hangar ou l’entrepôt…

***

Partie 2

L’emplacement correspondait tout à fait à l’image d’une « île déserte ». C’était évident ce que je voyais depuis ma plate-forme d’observation de Babylone.

J’avais essayé d’utiliser ma magie de recherche pour trouver des gens, mais c’était inutile. Il n’y avait personne de vivant sur cette île. Nous nous étions posés sur une large plage de sable fin. J’avais une bonne vue du ciel. L’oiseau invoqué qui avait trouvé l’île m’avait remarqué, puis s’était posé. Whoa, quel grand oiseau ! Il était grand, avec des plumes brillante couleur émeraude, et il ressemblait à une grue.

« Les ruines sont dans la forêt, pas très loin d’ici. »

Kougyoku, perché sur mon épaule, s’était envolé. J’avais regardé devant moi et je n’avais rien vu d’autre qu’un groupe dense d’arbres. Je n’étais pas trop inquiet, car l’île n’était pas particulièrement grande.

« Touya-dono, il n’y a vraiment personne ici, n’est-ce pas ? »

« Eh bien, à en juger par ma recherche… Il n’y a certainement pas d’humains ici. »

Yae marchait devant, se frayant un chemin à travers les branches et les vignes qui bloquaient le passage. Un manque d’activité humaine aurait pu permettre à des monstres ou à des bêtes magiques de prospérer. Avec cette pensée en tête, nous avancions prudemment. Yae avait soudainement levé la main, ce qui nous avait tous fait rester sur place.

« … Il y a quelque chose d’étrange dans les environs. »

Yae préparait son épée pendant qu’elle parlait. Comme si l’on suivait son exemple, tout le monde préparait ses armes et regardait autour de lui avec des yeux entraînés et méfiants.

… Paula, tu n’as pas à te battre.

J’avais regardé l’ours en peluche animé, qui était inexplicablement en train de faire de l’ombre à l’air. Alors qu’elle retenait mon attention, j’avais senti une présence qui venait de devant nous dans les broussailles.

Une bête démoniaque monstrueuse, semblable à un rhinocéros, sortit lentement de l’ombre. J’avais dit que c’était comme un rhinocéros, mais il avait trois cornes. Dans ce cas, je supposais qu’il serait plus approprié d’appeler ça un tricératops. Il avait une seule corne au milieu du nez et deux cornes plus petites qui sortaient de son front. Il avait quatre grosses pattes et une peau dure qui ressemblait à celle d’un tatou. Ses yeux brillaient d’une couleur rouge sang. Sa poitrine se levait et descendait à un rythme instable. Il n’y avait pas deux façons de le gérer. Ce monstre était hostile.

Avec un grognement soudain, il avait baissé les cornes et il fonça vers nous à une vitesse incroyable.

Avant que je n’aie pu sortir mon Brunhild, Yumina avait réagi rapidement et avait tiré avec son Colt modèle 1860 sur la bête.

La balle qu’elle avait tirée explosa l’œil droit du rhinocéros. C’était un tir incroyable, vu qu’elle n’avait pas eu le temps de viser. La bête avait titubé et sa charge avait ralenti. Sentant sa chance, Linze avait jeté un sort.

« Enlacez-vous donc, glace ! Malédiction gelée : [Liens glacés] ! »

Les pattes du rhinocéros avaient été gelées au sol et son avance avait été complètement arrêtée. Lu sauta vers lui et lui fit quelques entailles au genou. La bête s’était mise à se tendre, essayant de briser la glace par la force brute.

Suivant le mouvement de Lu, Elze sauta et donna au monstre un crochet du droit vicieux, l’étourdissant. Yae, d’un autre côté, avait utilisé sa Touka pour mettre fin à tout cela, se frayant un chemin vers le cou du monstre en un mouvement rapide. Sa tête glissa hors de son corps, décapité.

« W-Whoa… »

Elles l’avaient tué en quelques secondes ! C’était quoi ce travail d’équipe !?

« Ce n’était pas du tout un défi, n’est-ce pas. »

« Je suppose… que c’était probablement un monstre de rang Vert… »

« Hmm, je m’interroge là-dessus. Je pense que les armes composées de fragments de Phrase nous ont vraiment donné un avantage ici. Si c’était juste une épée normale, cela aurait été bien plus difficile. C’était sûrement un monstre de rang bleu. »

« Tu as raison, il avait la peau dure. »

« Je suggérerais de le récolter, ou de garder le corps pour plus tard. »

Tout le monde découpait son cadavre avec ses armes. Je n’avais même pas eu l’occasion d’y toucher…

« On dirait un rhinocéros blindé, mais… Je n’ai jamais vu ce genre de bête magique avant. S’agirait-il d’une nouvelle espèce ? »

Tandis que Leen réfléchissait à de telles choses, j’avais attrapé le cadavre et je l’avais jeté dans le [Stockage]. J’avais décidé d’enquêter un peu plus en profondeur plus tard.

Après cela, nous avions continué. Nous avions affronté un serpent à deux têtes, un loup à six pattes et un singe à pattes longues. Les filles tuaient impitoyablement chaque bête sans que j’aie l’occasion de lever le petit doigt, et chaque bête que nous rencontrions faisait faire des commentaires à Leen concernant le caractère inhabituel de chaque spécimen particulier.

Elles semblaient similaires aux espèces connues, mais les petits détails faisaient qu’ils étaient différents. Je me demandais si c’était dû au fait que l’environnement de l’île avait influencé leur évolution, un peu comme les îles Galapagos dans mon monde.

L’île était complètement isolée du monde extérieur, il serait donc logique de supposer que les créatures qui y vivaient développèrent des besoins différents de ceux des habitants des régions plus peuplées.

Cela m’avait un peu inquiété, car cela aurait probablement signifié que les bêtes magiques que nous avions tuées jusque-là étaient des espèces en voie de disparition. Mais, apparemment, la conservation d’espèces comme celle-ci n’était pas considérée comme une priorité majeure dans ce monde. Je ne pouvais pas leur en vouloir. Des bêtes comme celles-ci menaçaient souvent des vies humaines, c’était donc un scénario « soit nous, soit eux ».

Les animaux communs comme les lézards, les oiseaux tropicaux et les rongeurs avaient généralement gardé leurs distances avec nous. J’avais supposé que c’était dû au fait que Kohaku et les autres bêtes célestes étaient avec nous. Leurs effets ne s’étendaient cependant pas aux bêtes magiques.

Tout en continuant, nous avions été attaqués plusieurs fois par d’autres bêtes. Elze et les autres s’en étaient occupés sans problème. Ne vous méprenez pas, j’étais heureux qu’elles puissent prendre soin d’elles et de moi, mais… Je me sentais un peu à l’écart.

« Oh. »

Finalement, nous étions arrivés dans une clairière située au centre de la jungle. Juste là, comme on s’y attendait, se trouvait une pyramide d’obsidienne.

Elle faisait environ huit mètres de haut, et chaque côté faisait environ dix mètres de long. Elle était couverte de vignes et de lierre, comme si elle n’avait pas été touchée depuis de nombreuses années. La structure réelle n’avait cependant pas du tout été endommagée.

« Ouais, je n’ai aucune idée d’où est l’entrée de ce truc… »

Je l’avais contournée, mais je n’arrivais pas à m’en rendre compte à cause de la densité des plantes qui recouvraient la structure. C’était ennuyeux, j’allais devoir m’en occuper…

« Sors, Feu ! Spirale tourbillonnante : [Tempête de flammes] ! »

Un tourbillon de flammes faisait le tour de la pyramide. J’en avais pris le contrôle, en faisant attention à ne pas brûler d’arbres dans les environs. Les vignes avaient été réduites en cendres assez rapidement. Il ne restait plus que la grande pyramide noire.

Je l’avais regardé de près et j’avais remarqué une fine rainure en forme de couture le long de sa surface. J’avais tendu la main pour y glisser un doigt.

« YYYOWCH !! »

C’ÉTAIT CHAUD, AH MERDE ! POURQUOI N’AVAIS-JE PAS ATTENDU !? Je regardais rapidement ma main. Heureusement, elle n’avait pas été brûlée. Je n’étais qu’un parfait idiot…

J’avais versé de l’eau froide sur la pyramide par le haut, et de la vapeur commença à monter rapidement de la structure.

Huh, attends un peu… elle est si chaude que ça ? J’ai de la chance de ne pas avoir été brûlé… Mais attends, pourquoi n’ai-je pas eu une seule marque sur ma peau ? Ma main n’est même pas un peu rouge…

J’avais pensé que c’était probablement lié au fait que techniquement, j’avais le corps d’un dieu enfant.

Welp, peu importe. Mais pour cette fois, je devrais lui être reconnaissant.

J’avais pensé que la différence rapide de température provoquerait peut-être des cassures ou des fissures à la surface, mais rien ne s’était passé. J’avais posé ma main sur la surface maintenant refroidie de la pyramide, et je tâtais le sillon dans sa longueur. Elle était à peu près à la hauteur des épaules. J’avais tâté le sillon dans sa longueur jusqu’à ce que j’atteigne une partie qui était plus large que les autres côtés. C’était juste assez large pour y mettre ma main.

C’était un peu comme cette Bouche de la Vérité à Rome, n’est-ce pas ? Suis-je censé mettre ma main dedans ?

… Ça n’allait pas me couper la main, n’est-ce pas ? J’avais prudemment tendu mon bras, je glissais ma main dans le trou, et une partie de la rainure avait commencé à briller d’un vert éclatant. Une partie de la pyramide s’était soudainement déplacée et s’était transformée en une forme semblable à une porte. Quoiqu’il n’y avait pas de poignée sur cette porte, cela ressemblait plus à une gravure de porte qu’à une porte elle-même.

« Encore ça, hein. »

J’avais tendu la main vers l’extérieur et j’avais touché la gravure de porte. Comme je m’y attendais, j’avais réussi à passer sans problème. Je m’étais retrouvé dans une pièce mal éclairée avec six piliers entourant un cercle magique. Ouais, c’était ça. C’était un cercle de téléportation vers Babylone.

« Je l’ai trouvé. Je vais me téléporter, d’accord ? »

« Compris. Fais attention, s’il te plaît. »

J’avais envoyé un message à Kohaku et aux autres dehors, puis j’avais commencé à activer les piliers.

Comme une horloge, j’avais activé le sort Néant en dernier, et une spirale de lumière éblouissante m’avait englouti.

Quand la lumière s’était éteinte, je m’étais retrouvé dans une scène familière.

Le ciel était bleu, parsemé de quelques nuages ici et là. L’herbe sur laquelle j’étais maintenant debout était verdoyante, et il y avait des arbres partout. La lumière du soleil brillait dans l’eau qui s’écoulait dans un chenal voisin. J’étais effectivement à bord d’une Babylone.

Je regardais autour de moi et j’avais soudainement remarqué un bâtiment noir à ma droite. Ça semblait s’étirer au lointain. J’avais aussi remarqué ce qui semblait être un bâtiment scolaire à proximité.

Les installations de Babylone étaient-elles aussi larges que l’île elle-même ? J’avais fait un pas en avant, dans l’intention d’enquêter, quand quelqu’un m’avait sauté dessus de derrière un arbre voisin.

« Hiyaaaaaaaaah !! »

L’agresseur m’avait balancé un bâton de métal lourd.

J’avais été pris au dépourvu, mais j’avais tout de même réussi à éviter l’agression de justesse. Pourtant, même à ce moment-là, j’avais pu voir clairement que le bout de cette arme avait laissé une empreinte considérable dans la terre. Je m’étais rapidement concentré sur ce qui m’avait attaqué et… je vis que c’était une gigantesque clé à pipe. Non, non. Je n’avais plus rien à faire ici. Nooooon.

« Écoute, voyageur. Tu as parfaitement réussi à esquiver mon agression. Sache bien que personne n’a jamais été capable de faire ça, jamais, wow ! »

Mon agresseur s’était téléporté d’un endroit à un autre alors qu’elle s’appuyait contre la clé à pipe. Ses cheveux étaient un long et désordonné faisceau de couleur rouge. Ses yeux étaient en forme d’amande, et son sourire effronté ne montrait pas le moindre signe de peur.

« Même si c’est peut-être parce que tu es le seul contre qui j’aie jamais lancé une attaque. »

Elle avait laissé échapper un rire sec à la suite de son propre commentaire. Cette jeune femme était sûrement un gynoïde terminal de Babylone. Elle avait parlé comme un homme plus âgé il y a une minute, puis elle s’était mise à parler d’une manière beaucoup plus féminine. Elle aussi portait une jupe, sa tenue générale était donc semblable à celle de Cesca et des autres.

Mais il y avait autre chose chez elle… Elle était terriblement petite. Elle semblait seulement un peu plus grande que Renne. Rosetta était la plus petite des gynoïdes terminaux de Babylone, mais celle-ci était plus petite qu’elle.

« Euh… qui es-tu ? »

« Je suis connu sous le nom de Fredmonica. Mais tu peux m’appeler Monica ! Je suis le gynoïde terminal de cette Babylone et tout ça ! Nomme-toi toi-même. »

« Je suis Mochizuki Touya. Touya est mon prénom. Je suis le maître du jardin, de l’atelier et du laboratoire d’alchimie… Ouais, c’est tout. »

« Le jardin… Le domaine de Cesca ! Je vois, tu es propriétaire de plusieurs Babylone. Tu es… très impressionnant. Alors tu dois aussi me montrer si tu as ce qu’il faut ! »

Monica avait saisi la clé à pipe et m’avait encore attaqué. Hé, calme-toi ! N’y a-t-il donc aucune limite ici !?

« [Glissade]. »

« Uwhoa ! » Monica avait soudain glissé en arrière, comme si quelqu’un l’avait poussée, et les deux jambes s’étaient levées en l’air. Oh… jolie culotte.

Monica s’était rapidement relevée et avait baissé sa jupe.

« As-tu regardé mes sous-vêtements ? »

« Hein ? Ahahaha… eh bien, il se peut que tu sois un peu jeune pour porter du noir. »

Oh, maintenant que j’y pense, si elle est identique à Cesca et les autres… alors elle devrait avoir environ cinq mille ans ? Je supposais qu’elle n’était donc plus très jeune. Monica s’était assise par terre, tirant sur sa jupe. Son visage était rouge cramoisi.

Allait-elle bien ? Chaque Gynoïde Terminal que j’avais rencontré jusqu’à présent avait une sorte de perversion bizarre, donc sa réaction me déconcertait. J’avais commencé à ressentir une peur profonde de l’intérieur.

« … Alors tu as aimé, tu ne me laisses aucun autre choix… »

« Hein ? »

« JE VAIS PURGER TES SOUVENIRS ! »

Monica s’était mise à gémir comme une Banshee1 et avait couru vers moi en agitant sa clé à pipe. Hé, c’est dangereux !

« [Bouclier]. »

« Huoh !! »

J’avais formé une barrière invisible devant moi, détournant l’attaque. Monica avait frappé l’avant de la barrière et s’était renversée à cause du recul. Elle était tombée un peu et s’était finalement arrêtée, sa position finale étant celle d’une fille qui s’était écrasée au sol, la tête haute dans les airs. Sa jupe, naturellement, avait été roulée jusqu’en haut, et sa culotte avait été complètement exposée à l’air libre. Tout compte fait, ses sous-vêtements étaient plutôt adultes. Ils étaient noirs et ornés de cordons de dentelle.

Elle avait fini par s’étendre vers l’extérieur, se roula sur le dos et s’allongea comme une étoile de mer. Euh… ta culotte était toujours pleinement visible.

« Le vrai malheur brille sur moi aujourd’hui… Je suis complètement foutue ! »

Elle avait un peu pleuré quand elle avait reconnu sa défaite. Et puis, tout d’un coup… J’avais senti une vague de culpabilité m’envahir. Du point de vue d’une personne de l’extérieur, on aurait l’impression que j’avais intimidé une enfant, que j’avais retourné sa jupe et que je l’avais ensuite fait pleurer. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça !

« Très bien, uwah… tu es accepté comme un individu compatible. Désormais, Fredmonica, gynoïde numéro vingt-huit, s’en remet entièrement à toi, waaah. »

S’il te plaît, arrête de pleurer. Te voir pleurer est terrifiant. Finalement, les larmes avaient cessé. Elle m’avait appelé depuis le sol.

« Maître, aide-moi à me relever. »

J’avais attrapé Monica par la main et je l’avais tirée vers le haut. Elle en avait profité pour m’attraper à l’improviste, elle m’enveloppa dans ses bras et me vola un baiser sur les lèvres.

« Mmmph !? »

Je me suis fait avoir ! J’ai été négligent et elle m’a piégé ! Pourquoi ne puis-je pas apprendre de mes erreurs !? Monica avait séparé ses lèvres des miennes peu de temps après. Un sourire étalé sur son visage, qui avait légèrement rougi.

« Identification terminée. Tes informations génétiques circulent en moi, Maître. Tu es maintenant entré en possession de la totalité du Hangar de Babylone, hourra ! »

« Le hangar de Babylone !? »

Putain de merde, c’était le hangar ! Je l’avais fait ! Bingo, bébé !

Notes

  • 1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Banshee

***

Partie 3

Monica m’avait montré le bâtiment noir, et nous y étions entrés. Plus que toute autre chose, j’avais été surpris par l’espace qu’il offrait. C’est quoi ce bordel ? C’est plus large à l’intérieur.

Comme son nom l’indiquait, l’intérieur du bâtiment ressemblait à un entrepôt. Il y avait des volets métalliques qui tapissaient les murs à gauche et à droite.

Sérieusement, jusqu’où va cette salle ? Je ne peux même pas en voir le fond…

« C’est quoi cet endroit ? »

« Es-tu surpris ? On a utilisé une magie spatiale pour le rendre plus large qu’il n’y paraît. Cela dit, un tel espace n’est tout simplement pas nécessaire. On n’a pratiquement rien en stock ici, n’est-ce pas ? »

J’avais pensé que c’était similaire à mon sort [Stockage]. La différence, c’était que le temps s’était arrêté dans mon espace [Stockage]. Je pouvais y conserver une soupe bouillante et chaude et la sortir quelques heures plus tard pour la trouver à la même température. J’avais pensé que [Stockage] était plus une magie de l’espace-temps qu’un simple sort spatial.

Je ne savais toujours pas pourquoi l’espace de stockage pouvait être aussi large… Attendez, est-ce que je ne passais pas à côté de l’essentiel ?

« Les Frame Gear ! Y a-t-il des Frame Gears ici ? »

« Hm ? Un Frame Gear ? Par ici, par ici. »

Monica s’était adressée à moi un peu sèchement, alors je l’avais suivie en faisant peu de commentaires.

Monica était arrivée devant l’un des volets métalliques et s’était approchée d’un bouton sur son côté. Cependant… elle avait beau essayer autant qu’elle le voulait, elle ne pouvait pas l’atteindre.

J’avais tendu la main pour l’appuyer à la place, et…

« Fils de… ! »

Monica avait fait basculer la clé vers le haut, elle avait écrasé le bouton de toutes ses forces. W, Whoa, calme-toi… Cette fille est une tête brûlée. Le bouton avait été anéanti, soit dit en passant, mais l’obturateur avait commencé à grincer. Monica avait un sourire suffisant sur son visage. Tout ce que je pouvais faire était de me demander comment elle comptait refermer ce volet.

J’avais jeté un coup d’œil vers cet intérieur sombre, et je m’étais retrouvé à regarder ce qui semblait être un chevalier géant.

Il mesurait environ dix mètres de haut. Il était de couleur grise, et ressemblait à un chevalier occidental traditionnel. Il n’était en aucun cas tape-à-l’œil, mais il dégageait une aura de robustesse et de fiabilité. Je ne pouvais m’empêcher d’être impressionné par l’aura écrasante qu’il dégageait.

« Ceci est donc un Frame Gear. »

« Effectivement. Cependant, celui-ci est un modèle particulièrement archaïque. Il y a cinq mille ans, on avait prévu de produire ces mignons en série si la guerre s’aggravait. »

Attendez, c’était un produit de masse ? J’avais été surpris, ça n’avait pas l’air particulièrement bon marché. Ils avaient probablement renoncé à les rendre tape-à-l’œil et s’étaient plutôt concentrés sur leur fiabilité en tant que combattants. Après tout, inutile de produire quelque chose en masse si ce n’était pas facile à contrôler.

« Il y en a d’autres ? »

« Nous avons, euh, quelques-uns en réserve, oui ! Il existe par exemple un modèle qui donne la priorité à la mobilité tandis que d’autres sont spécialisés dans les attaques physiques. Nous avions également prévu de construire un modèle plus avancé, mais… Je pense que ces plans sont sûrement dans l’entrepôt. »

Hmph… L’entrepôt, hein… Tout bien considéré, j’espérais qu’ils soient en sécurité. Même s’ils étaient tombés au sol, espérons qu’ils soient encore intacts.

« Je peux y entrer ? »

« Quoi, tu veux le faire marcher ? Je suppose que ça ira, mais ne t’attends pas à ce qu’il bouge. »

« … Hein ? »

Comment ça, ne t’attends pas à ce qu’il bouge !? J’ai fait tout ce chemin pour que tu me dises que ce foutu truc est cassé !? C’est quoi cette idée !?

« Pourquoi ça ne bouge pas ? »

« Il n’y a pas de carburant. »

Ahahaha… Oh, c’est donc pour ça. Du carburant, bien sûr ! Je ne savais même pas que ces choses consommaient du carburant. Je pensais juste qu’ils auraient besoin de pouvoir magique.

« Alors, qu’est-ce que ce gros gaillard consomme ? De l’essence ? »

« De l’essence ? Je ne suis pas familière avec un tel terme. Ce méchant garçon utilise de l’éther liquide, OK ? »

« … de l’éther liquide ? »

« L’éther liquide est un combustible que l’on crée en mélangeant leurs énergies magiques avec un morceau de minerai d’éther spécialement traité. Après ça, il s’alimente tout seul, compris ? Car cela liera le Frame Gear à une source magique, et il utilisera sa propre énergie pour fonctionner. »

Minerai d’éther ? Je n’avais jamais entendu parler de ça. Était-ce une sorte de minéral rare ? Quoi qu’il en soit, le Frame Gear ne bougerait pas d’un pouce sans lui. Moi qui venais de si loin, je n’avais fait aucun progrès. C’était décourageant.

« Monica, sais-tu comment en produire ? »

« J’ai bien peur que non. Je n’ai jamais été talentueuse à l’école de magie. »

Argh… Génial ! Je ne possédais donc qu’une grosse statue de robot. J’avais laissé mes épaules s’affaisser à cause de la déception, la jeune fille s’était soudainement mise à me cracher dessus pour me rassurer.

« Attends un instant, ne te décourage pas. Il n’y a pas que les Frame Gears ici, je te le dis. Il y a plein d’autres trucs ! On a des petits bateaux flottants, et des chariots automatisés qui déplacent des pièces ! »

Des chariots automatisés ? Comme des voitures ? J’avais envisagé de faire une voiture dans le passé, mais mon manque de compréhension m’avait fait abandonner. Mon intérêt avait été piqué une fois de plus. Oh, attends un peu…

« Avec quel type de carburant ces choses fonctionnent-elles exactement ? »

« … De l’ether liquide… »

Putain de merde ! Ils ne bougeront pas non plus ! Va te faire foutre, sale pervers de Doc ! Pourquoi n’as-tu pas laissé traîner des réservoirs pleins !? J’avais écouté les explications de Monica. Apparemment, la magie contenue dans l’éther liquide diminuait avec le temps jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. C’était un peu comme un soda, il perdra sa carbonatation si vous le laissiez de côté après avoir ouvert le bouchon.

Apparemment, cette magie pouvait faire voyager sur plusieurs années, mais cinq mille ans, c’était beaucoup trop long.

« Y a-t-il quelqu’un qui puisse créer de l’éther liquide ? »

« Ah… probablement le Gynoïde qui contrôle le laboratoire de recherche, mais elle est difficile à gérer. »

Monica fronça les sourcils en parlant, puis inclina un peu la tête.

Je me retrouve donc au point de départ… Maintenant je dois chercher le laboratoire de recherche ? C’est une chasse à l’oie plutôt nulle.

« Oh, euh… il y a une chance que Flora le sache ! »

« Pardon ? »

« Le laboratoire d’alchimie et le laboratoire de recherche… ont une relation étroite. Ils échangeaient des matériaux et des notes de conception entre eux, ce qui était naturel compte tenu de leurs domaines respectifs. J’avais eu une relation assez similaire avec Rosetta dans l’atelier, mais elle était un peu distante. »

C’est vrai. Une fois que Rosetta entrait dans l’atelier et se mettait au travail, vous ne pouviez pas la faire sortir.

J’avais décidé d’en parler à Flora. Espérons que cela mènera à une avancée.

J’avais ouvert une [Porte] pour pouvoir informer les autres de la situation.

« De l’éther liquide, je vois… »

Flora pencha la tête en réfléchissant à ce que j’avais dit. Le laboratoire d’alchimie était une installation dédiée à la production de produits chimiques et de nouveaux composés, alors j’avais pensé qu’il ne serait pas déraisonnable de poser des questions sur l’éther liquide là-bas.

« Je pense que je peux en produire, vois-tu ? »

« Super ! »

« Mais, vois-tu... Je pense qu’il sera d’une qualité inférieure à celle de l’éther liquide produit au laboratoire de recherche, vois-tu ? Si t’es d’accord, je pourrai t’en produire. »

Je me fichais de savoir si le matériel était de qualité inférieure. Pour l’instant, je voulais tout simplement me déplacer dans un Frame Gear. Mais, au moment où je m’apprêtais à danser une gigue joyeuse, Flora avait brisé mes espoirs par une simple phrase.

« Alors, où est le minerai d’éther ? »

Hein ? Le minerai d’éther ? J’avais regardé Elze et les autres, mais elles avaient haussé les épaules.

« Je n’ai jamais entendu parler de minerai d’éther. »

« … Oui, moi non plus. C’est vraiment étrange. »

Merde, sérieusement… ? Les choses ne pouvaient-elles pas s’arranger pour une fois ?

« Le minerai d’éther est imbibé d’un liquide spécialisé pendant sa taille et son traitement. L’éther liquide est finalisé après que le minerai réagit au pouvoir magique qu’il contient et l’infuse dans le liquide. Il vous faudrait un morceau de minerai d’éther de cette taille pour l’équipement que tu as mentionné. »

Flora avait mimé la forme d’un ballon de rugby avec ses mains. D’après sa description, c’était comme infuser du thé dans de l’eau chaude avec un sachet de thé. Pourtant, il n’y avait aucune raison de s’attarder sur les détails du processus, car je n’avais même pas de minerai au départ. Je ne savais même pas ce que c’était.

« Le minerai d’éther est un minerai généralement transparent qui possède de nombreuses teintes de couleurs différentes. Il peut intrinsèquement stocker, libérer et amplifier des pouvoirs magiques. Il y a cinq mille ans, il était assez facile de s’en procurer. »

Cesca nous avait donné cette explication, mais je ne pensais pas que cela aiderait. Linze, d’un autre côté, avait soudainement pris la parole. Hmm ?

« … Uhm… est-ce qu’il y a une chance que cela soit une pierre de sort… ? » Une pierre de sort ? Oh, je vois. Ces petits cailloux que j’utilisais pour vérifier mes affinités magiques. C’était généralement de petits bijoux dont les utilisateurs de magie ornaient leur équipement.

Linze avait fouillé dans sa poche et avait sorti quelques pierres de sort. Flora avait pris la plus petite des pierres et l’avait mise devant la lumière. C’était minuscule.

« Il n’y a plus d’erreur maintenant, vois-tu ? C’est un minerai d’éther. »

Hein… Je supposais que le nom avait dû changer durant les 5 000 dernières années. Attends, ça ne voulait pas dire que le problème était résolu ? Malgré la bonne nouvelle en apparence, tout le monde, sauf les gynoïdes, s’était senti tout d’un coup embarrassé.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« Je ne sais pas comment dire ça, mais il n’existe pas de pierre de sort de cette taille. »

« Pardon ? »

« Les pierres de sort sont considérées comme de vraies raretés… De minuscules fragments comme ceux-ci sont facilement trouvables, mais… les plus grosses le sont beaucoup moins. »

Il était vrai que la plus grande pierre de sort que j’avais jamais vue était cette pierre de vent sur le pendentif de Renne. Laim m’avait dit qu’elle était assez précieuse en raison de sa taille, mais elle n’avait que la taille d’une noix. Apparemment, il y en avait très peu.

« Le Trésor Royal de Belfast possède une pierre d’eau, mais elle ne fait qu’à peu près cette taille… »

Yumina avait mimé la forme et la taille d’une balle de base-ball dans ses mains. Me dis-tu sérieusement que même celle contenue dans un trésor royal n’avait pas la taille que je cherchais ?

« … En passant, combien coûterait exactement une pierre de sort de cette taille ? »

« Je n’en suis pas sûr… Je ne sais même pas si tu pourrais mettre un prix sur quelque chose d’aussi rare. »

C’est terrible ! En plus, je l’utiliserais comme un sachet de thé. Si je l’écrasais jusqu’à sa limite pour créer de l’éther liquide, est-ce qu’elle ne vaudrait carrément plus rien ? Devrait-on jeter quelque chose d’aussi précieux !? Mes rêves étaient en train d’être brisés en morceaux.

Yae, qui avait vu le désespoir se frayer un chemin à travers mon visage, s’était soudainement levée.

« Touya-dono, ne peux-tu pas utiliser ton sort de recherche pour trouver une pierre de la taille appropriée ? »

« Quoi ? »

Je n’en étais pas si sur. Pouvais-je chercher quelque chose enterré sous terre ? Attendez, en fait, j’ai trouvé cette ruine dans le désert, n’est-ce pas ? Et elle était enterrée. Je suppose qu’il n’y a rien de mal à essayer.

« D’accord. [Recherche]… Voyons voir… des pierres de sort de plus de trente centimètres de diamètre. »

Plusieurs épingles étaient tombées sur la carte des territoires de l’Ouest. Hein… C’est en fait plus facile que ce à quoi je m’attendais.

J’avais vite vérifié si l’une de ces épingles se trouvait sur le territoire de Brunhild. Par chance, il y en avait exactement une. Après tout, je n’étais pas très enthousiaste à l’idée de chercher des objets d’une valeur insensée sur le territoire d’autres pays.

D’accord, extrayons ces pierres magiques ! Hourra ! Pour être honnête, je commençais à en avoir marre de courir partout…

***

Partie 4

« Très bien, commençons à creuser. »

Je me tenais debout et je retroussais mes manches. Je creuserais dans la terre avec ma magie. Cela me semblait être la meilleure chose à faire.

Je savais qu’à cet endroit se trouvait la pierre de sort dont j’avais besoin, mais je ne connaissais pas son emplacement exact.

« Ouaip, je suppose que je n’ai pas d’autre choix que de creuser. »

J’avais commencé à creuser dans le sol avec la magie de la Terre. J’avais lancé [Vol], puis j’avais déplacé le sol touché sur le côté avec [Lévitation]. J’avais rencontré plusieurs épaisses couches de pierre en creusant en profondeur, mais j’avais persévéré.

J’avais beaucoup creusé, mais je n’avais toujours pas atteint la pierre de sort. Pour être honnête, je commençais à m’inquiéter un peu. Je ne voulais pas heurter une nappe phréatique.

Finalement, les roches avaient commencé à changer de consistance. Certaines d’entre elles étaient étincelantes, alors j’avais arrêté de creuser et je m’étais approché pour vérifier. J’avais trouvé de petites gemmes rougeâtres mélangées à la pierre et à la terre. Je me demandais si c’était des éclats de pierre de sort. Ça voulait probablement dire que j’étais proche.

Je supposais que j’y arrive… Je dois être un peu plus prudent à partir d’ici…

J’avais commencé à creuser plus lentement, jusqu’à ce que finalement… J’avais déterré une grosse pierre précieuse rouge !

Était-ce ça ? Je ne voulais pas l’endommager, alors j’avais soigneusement commencé à retirer la terre et les pierres qui l’entourent. Peu à peu, la pierre enfouie s’était libérée complètement de ses confins rocheux. Tout compte fait, elle n’était pas trop grande. J’avais fait une recherche qui ne couvrait que toutes les pierres qui avaient un diamètre supérieur à trente centimètres, donc il aurait pu s’agir de n’importe quelle taille supérieure. Il valait mieux qu’elle ne soit pas trop massive, sinon il aurait été plus difficile de la sortir.

J’avais enlevé la pierre de sort à l’aide de la [Lévitation]. En fait, elle était assez grande. Mon évaluation initiale était fausse. Elle mesurait plus de cinquante centimètres de diamètre. Elle avait un éclat et une beauté identique à celle d’une étonnante pierre précieuse.

Attends… ne pourrais-je pas gagner une énorme somme d’argent en trouvant des matériaux précieux comme celui-là ? J’y avais immédiatement réfléchi. Mais je m’étais souvenu de ce que Kousaka m’avait dit, sur le fait de ne pas compter sur mes propres capacités surpuissantes pour apporter de l’argent à mon pays.

Ce n’était pas quelque chose à quoi je voulais penser, mais quand je serais mort, le pays tomberait dans la déchéance s’il ne comptait que sur moi. Il vaudrait mieux éviter de faire de gros profits liés à mes compétences spécifiques, de peur que la population n’en devienne dépendante.

De toute façon, le développement de la nation se passait très bien.

Cependant, je pourrais peut-être utiliser cette méthode pour trouver les matières premières pour un Frame Gear… Ah, mais je pouvais difficilement terminer tout le processus pour extraire le métal du minerai.

Vendre cela nous rapporterait quand même beaucoup d’argent… J’avais rapidement dissipé ce genre de pensée de mon esprit : la puissance du Frame Gear était ma priorité absolue. Je ne pouvais pas être égoïste, et nous avions besoin de la pierre de sort pour faire le travail. Sur ce, j’avais rebouché le trou et j’étais rentré chez moi.

« Et bien, c’est plutôt gros, vois-tu… »

J’avais ramené la pierre de sort au labo d’alchimie, et Flora avait été très surprise. J’avais fini par utiliser [Modélisation] pour la diviser en deux, puisqu’il n’y avait aucune raison de tout utiliser. J’avais décidé que l’autre moitié pourrait être gardée en réserve au cas où l’on se planterait.

Flora avait dit que ça prendrait environ un mois. Après ça, j’étais retourné au hangar.

Je me dirigeais vers le garage contenant le Frame Gear et j’avais constaté que l’obturateur était encore ouvert. Le bouton était cassé. Je le savais…

J’étais entré dans le garage, le chevalier gris se tenait juste là où je l’avais laissé.

« Garde-à-vous ! Voici votre Maître ! »

« Hm ? Maître ? »

J’avais tourné le talon en réponse à la voix derrière moi. Rosetta et Monica étaient là. Rosetta portait sa combinaison de travail habituelle, mais Monica s’était changée en uniforme de camouflage. Elle n’était pas exactement à la bonne taille non plus.

Ce béret sur sa tête l’avait fait passer pour un soldat des forces spéciales… Comme d’habitude, la logique derrière l’esprit d’une gynoïde m’était étrangère.

« Quoi de neuf, vous deux ? »

« Ça fait cinq mille ans, monsieur ! Par conséquent, j’ai pensé qu’il était prudent d’effectuer un petit entretien de routine, monsieur ! Il y a des sorts appliqués au hangar pour que rien ne rouille ou ne se détériore, mais la saleté, les ordures et autres déchets ont tendance à s’empiler, monsieur ! »

« Comme c’est impoli de ta part... Où est cette prétendue poussière ? J’aime bien entretenir le hangar, c’est compris ? »

Monica avait fait la moue en réponse au commentaire de Rosetta. Je t’ai vu fracasser un bouton avec une clé à pipe… Entretiens-tu vraiment bien cet endroit ?

Rosetta s’était penchée pendant un moment, puis m’avait soudainement appelée.

« On ne peut pas activer ça, monsieur ! Mais aimerais-tu quand même t’asseoir dans le cockpit ? »

« Ouais, je pense que j’aimerais essayer. »

Dès que j’avais répondu, Rosetta grimpa dans le Frame Gear. Elle avait grimpé du pied aux genoux, puis à un pied sur le côté. Arrivée à la poitrine, elle avait poussé un petit panneau. Une sorte de sifflement s’était fait entendre, et une trappe thoracique s’était soudainement ouverte. Ooh !

J’avais copié les mouvements de Rosetta et j’avais grimpé vers le cockpit. Monica se tenait déjà à hauteur de mes yeux. Elle avait utilisé un chargeur à plate-forme à proximité. Si vous l’aviez, pourquoi ne l’aviez-vous pas utilisé dès le départ ?

J’avais regardé à l’intérieur. Il y avait un siège en cuir confortable au milieu, avec une manette de commande de chaque côté. Il y avait des jauges que je ne comprenais pas bien, des panneaux et une tonne de commutateurs et de poulies. Le design me paraissait plutôt rétro, je ne pouvais donc pas en comprendre le sens.

J’étais entré et je m’étais assis. C’était en fait assez confortable. Il y avait des pédales sous mes pieds, je pensais que cela allait servir pour le faire marcher.

« Une fois que tu auras compris les bases, tu devrais pouvoir le faire bouger, monsieur ! Après cela, tu apprendras simplement par l’expérience. Donne-moi ton attention pendant vingt minutes ! L’appareil balayera tes ondes cérébrales et s’ajustera en conséquence, monsieur ! Même un bébé peut le faire, monsieur ! »

« Ouais, euh, alors, fondamentalement, les pensées et les expériences du pilote auront un impact sur sa capacité à le piloter ? Si le pilote n’est pas un combattant expérimenté, il ne fera rien de plus que le bouger, d’accord ? »

Donc, même si le pilote devenait habile à manipuler le robot, cela sera limité par ses propres expériences. Dans ce cas, les meilleurs pilotes seraient des soldats ou des chevaliers. J’avais interrogé Rosetta à ce sujet et elle m’avait répondu que cela dépendait du Frame Gear. Apparemment, il y avait des unités qui répondaient mieux aux mages, etc. Il me semblait que je devrais choisir le pilote en fonction de ses caractéristiques individuelles par rapport à l’unité.

« J’espère que je pourrai le faire bouger bientôt. Il faudra du temps pour s’y habituer, mais je veux apprendre les ficelles du métier le plus vite possible. »

J’étais sorti du cockpit du Frame Gear et je m’étais dirigé vers Rosetta. Elle avait un sourire effronté sur son visage.

« J’espérais que tu dirais ça, monsieur ! J’ai fait quelque chose en secret pour toi ! »

Rosetta avait soudain pris la pose. Je n’avais aucune idée de ce qu’elle faisait. Je m’étais soudainement demandé si ce secret n’était pas la raison pour laquelle elle avait été si souvent enfermée dans l’atelier dernièrement. Rosetta nous avait guidés jusqu’à l’atelier. À l’intérieur, nous avions trouvé deux objets étranges qui ressemblaient à des orbes en forme d’œuf. Ils avaient à peu près la taille d’une petite voiture. Cela ressemblait à des œufs blancs, mais leur conception était clairement mécanique.

« Si tu peux prendre une minute pour m’écouter, monsieur ! Il s’agit d’un simulateur de Frame Gear, et il est à la pointe de la technologie, monsieur ! Je l’appelle module de Frame ! »

De manière fanfaronne, Rosetta m’avait expliqué sa création.

Un module de Frame ? Attends, était-ce un simulateur ? Cela signifiait que je pouvais reproduire l’expérience de contrôle d’un Frame Gear ?

Rosetta avait tapoté le côté de l’un des orbes en forme d’œufs, et le devant de celui-ci s’était ouvert vers le bas. Ce que j’avais vu à l’intérieur était à peu près identique au cockpit du Frame Gear dans le garage du hangar.

« Et ce truc marche ? »

« Oui monsieur ! Il n’est pas alimenté par de l’éther liquide ! Il fonctionne grâce à votre énergie magique, parce qu’il n’a pas besoin de bouger physiquement ! » Ouaip, je suppose que c’est logique.

Apparemment, l’éther liquide à l’intérieur d’un Frame Gear synchronisait la puissance magique contenue dans le fluide avec la puissance magique du pilote. Il faisait en sorte que la machine se déplace en tandem avec les pensées du pilote. Je suppose que cela devait faire du pilote le cerveau du mécanisme, et l’éther liquide était comme les nerfs.

Cela ne s’était pas arrêté là non plus. Le liquide était une sorte de catalyseur pour des réactions magiques incroyables qui actionnaient également le réacteur central de la machine. Rosetta et Flora m’avaient tout expliqué, mais ça m’avait dépassé. Je n’étais pas très scientifique. C’était mieux de dire « un magicien l’a fait » et de continuer ma journée.

Selon les filles, mon pouvoir magique était tel qu’il m’aurait même été possible de déplacer un Frame sans l’éther liquide, mais pour le tester, il aurait fallu construire un modèle unique à partir de zéro. Il y avait en fait un Frame Gear avec cette spécification exacte, mais les plans étaient… vous l’avez deviné, dans l’entrepôt. Pourtant, la perspective de construire mon propre Frame Gear qui ne fonctionnerait qu’avec ma magie seule était séduisante.

Très bien, essayons ce simulateur.

J’avais mis ma tête à l’intérieur et, bien sûr, c’était identique au cockpit du Frame Gear. Rosetta ferma l’écoutille, et une lumière vert pâle remplissait la zone.

« Tu m’entends, monsieur ? »

« Rosetta ? Je te reçois cinq sur cinq. »

« Voici la première chose que tu dois faire, monsieur ! Allume-le ! Touche le centre du panneau central juste en face de toi. »

Devant moi… Ce truc ? J’avais touché un petit panneau de la taille d’un bloc-notes B5, et plusieurs jauges avaient commencé à prendre vie. Il y avait trois grands moniteurs. L’un était devant moi, et deux étaient respectivement à ma gauche et à ma droite. Ils avaient tous commencé à s’allumer en même temps. J’avais été assez impressionné par le fait que les écrans soient tactiles. L’esthétique rétro m’avait déconcerté.

Le simulateur m’avait positionné à une hauteur considérable. Je me demandais si Frame Gears me donnerait la même sensation de taille. J’avais regardé autour de moi et j’avais vu une vaste plaine, avec ce qui ressemblait à une forêt au lointain.

« As-tu conçu cet espace toi-même ? »

« Non, monsieur ! Ce que tu vois est une zone simulée basée sur des informations visuelles prises dans tout le pays ! »

Aha, je me demandais pourquoi ça me semblait si familier. Malgré le fait qu’il s’agissait simplement d’une image sur un écran, cela semblait si réel.

« Commençons par marcher ! Garde-à-vous ! Appuie lentement sur la pédale de droite. Alterne ce mouvement avec une pression sur la pédale gauche. La marche ne devrait plus te poser de problème avec ça, monsieur ! »

J’avais fait ce qu’on m’avait dit, et l’unité avait commencé à avancer lentement. Whoa, ça tremblait vraiment !

« Si tu veux bouger, déplace ton centre de gravité. Le Frame Gear se déplacera vers la gauche ou vers la droite en fonction de tes propres mouvements. Si tu veux reculer, relâche l’accélérateur. Si tu veux foncer, appuie à fond sur la pédale, monsieur ! »

Oho? Oh mon Dieu… C’est intéressant… J’avais marché, je m’étais retourné et j’avais fait quelques pas en arrière. Il avait réagi en douceur, comme s’il répondait à mes caprices. Je me demandais s’il lisait déjà mes pensées pour pouvoir bouger plus facilement.

Peu à peu, sous la direction attentive de Rosetta, j’avais compris ce qu’il fallait pour s’accroupir, sauter et mitrailler. J’avais alors commencé à comprendre comment déplacer le haut du corps avec les manches de contrôle. Déplacer les bras vers le haut et vers le bas, les agiter, se retourner, et ainsi de suite.

Au bout d’un certain temps, cela ressemblait presque à un deuxième corps. Si je voulais tourner le cou du Frame Gear, ou bouger ses doigts, ou juste tourner un peu, je le faisais tout simplement en le voulant. Si une personne s’habituait à son Frame Gear, il le bougerait sûrement aussi facilement que son propre corps. On dirait qu’elles n’avaient pas tort quand elles avaient dit que n’importe qui serait capable de le piloter.

Alors que je m’habituais au Frame Gear, au point où je sautillais, sautais et marchais à cloche-pied, un autre mécha était soudainement apparu devant moi.

« Hein ? C’est quoi ce bordel ? »

Il ressemblait beaucoup au Frame Gear gris produit en série que j’avais vu dans le garage du hangar.

« Tu as l’air habitué à ça maintenant, hein ? Pouvons-nous passer rapidement à l’étape suivante ? »

« Hein ? Monica ? »

La voix que j’avais entendue lui appartenait. Ça devait vouloir dire que c’était elle qui était dans la deuxième machine. Il y avait après tout deux orbes. Elle avait dû entrer dans l’autre.

Deux épées simples et grises étaient soudainement tombées devant moi et Monica.

« Maintenant, nous allons essayer de faire une simulation de combat réel. »

Je vois… Donc la vraie raison pour laquelle il y avait deux orbes était pour créer un mode multijoueur, hein ?

J’avais pris l’épée et l’avais fermement saisie.

D’accord, allons-y ! Malgré le fait qu’il s’agissait plutôt d’un jeu VR, j’avais l’impression d’être à l’intérieur d’un vrai Frame Gear. C’était vraiment l’outil de formation idéal.

Cela m’avait rendu d’autant plus impatient d’essayer le vrai…

***

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Un commentaire :

  1. Merci pour les chapitres.

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